Il faut y croire [Tessa]

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Il faut y croire [Tessa]

Message  John Haydson le Sam 11 Mar 2017 - 14:30

We could be Heroes

« Alors comment va Petit Sauveur ce matin ? »

Je me jetais dans les bras de Patrick Fy dans un rire. Patrick avait 17 ans presque 18. Il était en dernière année de lycée. C'est lui qui m'avait fait visiter l'institut le premier jour. C'était un costaud pour son âge. Cheveux courts et brun, épaules larges, il ne rêvait que d'une chose : Naviguer et botter les fesses de tout ceux qui l'embêteraient et ce sans se faire engueuler.

Patrick n'est pas quelqu'un de méchant mais c'est un dur un vrai et il en a encaissé dans sa vie. Il paraît qu'il est entré à 9 ans ici et que c'était le plus jeune de l'institut à cette époque, qu'il en a morflé comme pas deux mais qu'à présent il est respecté autant que détesté. Il y a le clan des pros et des antis.  Mais à vrai dire lui il s'en moque, il a appris à se débrouiller seul et tout ce qu'il veut lui c'est être libre, pour ça il apprend plein de trucs sur la navigation dans les bouquins ! Son livre préféré c'est «  Le silence de oiseaux » de Dorothée Piatrek. Un livre sur une prison pour enfants sur une île au milieu de la mer. Il me l'a lu le deuxième jour jusque tard, quand je suis allé dormir le ciel était plein d'étoiles. Je trouve qu'il ressemble au héros Marcel de ce livre par contre je réfute ressembler à son protégé Dominique, ou peut-être à la fin, je ne sais pas trop.

Ce soir là après la lecture Patrick que j'appelle « Pat » s'est allongé dans l'herbe pour regarder le ciel étoilé d'hiver :
«  Dis Pat, c'est vrai que les étoiles servent de boussoles aux marins ? »

Il cracha l'herbe qu'il mâchonnait dans un :
«  Ouais Petit Sauveur ! D'ailleurs tu sais comment on repère le nord ? »

Je haussais les épaules. Il leva la main :
« Tu vois la casserole là formée par les étoiles très brillantes ? C'est la grande ourse ! »

Il bougea son bras et indiqua une étoile un peu plus loin :
« Tu parcours cette distance à partir de la casserole et tu tombes sur l'étoile polaire et elle est située toujours au nord ! »

Je fixais longtemps l'étoile sans un mot avant de répéter rêveur :
« Au Nord Pat, tu navigueras jusqu'au Nord et tu la trouveras ta liberté ! » Il a dû me ramener au bâtiment car je me suis réveillé le lendemain dans mon lit, sur moi une petite corde avec un nœud de marin sur ma couverture, ah je vous l'ai pas dit mais Pat contrôle tout ce qui est corde, fil, lien, couverture etc bref tout ce qui est en tissu synthétique ou naturel, il peut le déplacer par la pensée et en faire ce qu'il veut comme s'il manipulait des marionnettes. Il a une passion pour tout ce qui est cordage en particulier ceux des bateaux, il rêve de monter sur les grands-mâts, il dit qu'il aurait la tête dans le ciel et qu'il serait enfin seul et libre.

J'aurais bien aimé l'accompagner mais je savais que nos vies ne feraient que se croiser. Nous étions deux comètes qui se donnent un coup de pouce juste un instant, c'est peut-être pour cela que notre amitié naissante était si délicieuse. Du moins le croyais-je jusque là. Ce matin alors que j'allais en cours il semblait étrangement silencieux.


« Alors Pat t'as zappé le p'tit dej pour être aussi silencieux ? »
le taquinai-je, Pat déteste sauter un repas et il est plutôt bavard avec moi d'habitude, avec les autres bien moins mais il dit qu'il n'a pas à leur raconter sa vie. « Tu es en grade 2 de primaire Petit Sauveur n'est ce pas ? Cela correspond au CE1 en France, moi je suis au grade 12, Terminale en France. » Je ne comprenais pas vraiment où il voulait en venir mais soit. « Oui et alors ? » « Arrête de faire le con tu sais de quoi je veux parler ! »

Je n'en avais aucune idée. Il s'accroupit en face de moi et me prit les épaules.


«  Aujourd'hui j'ai 18 ans, aujourd'hui je commence mon ascension vers la majorité, l'an prochain je compte quitter l'institut pour intégrer une école de marine.

A l'institut il y a une fille, Elia Johnsy, ses parents vivent en France elle les a peu connus, trimballée de famille en famille avant qu'une famille américaine décide de l'adopter puis il y a eu son don... Tu sais, elle est paumée, je l'aide comme je peux depuis sa première année, il y a trois ans, elle en avait 12, moi 15, aujourd’hui elle a 15 ans mais elle est toujours aussi fragile

Elle pense que c'est mort et beaucoup d'élèves le pensent aussi pour elle. Tu vois cette fille elle a fait plein de conneries... son don a failli tuer ses parents adoptifs, elle croyait plus en la vie, en la liberté, je l'ai remontée. Elle contrôle mieux son don à présent mais elle a toujours peur, d'elle même. Elle a toujours peur d'envoyer une vague mentale qui détruirait une partie ou intérieurement le fonctionnement du cerveau de quelqu'un. Mais j'ai confiance en elle. Elle déteste son don mais je suis sûr que tout don peut faire autant de bien que de mal. Le tout... »


Il posa sa main sur mon cœur puis sur ma tête.


«  Le tout c'est que les deux en toi soient d'accord avec tes projets d'avenir. Tu es plus qu'un outil Petit Sauveur, tu es plus que le gosse qui sauvera les mutants en aidant Magneto un jour, tu es toi et toi tu peux faire de grandes choses ou minuscules cela dépendra de tes projets. Mais je t'écrirai je te soutiendrai seulement veille sur elle d'accord ? »


Je fis silence avalant l'information avant de maugréer : «  Oui mais en attendant je n'ai plus de cachet pour dormir, je ne tiens pas à ce que comme toi quand je me suis endormi dans le parc les autres sachent mon secret car je parle en dormant. Mais oui... » Je levais la tête pour fixer ses yeux : «  Oui je promets de veiller sur elle et à ce qu'elle décide de vivre et d'avancer ! »

Je baissais le regard, ne pas pleurer... « Dans quelques mois, tu peux partir alors n'hésite pas et gagne cet océan tant rêvé , moi je suis un battant. »

Il me fourra des somnifères prescris pour lui dans la poche et m’ébouriffa les cheveux dans un rire heureux :
«  Merci Petit Sauveur ! Tu es bien plus que battant tu es toi !Et tu vas protéger et aider plein de mutants ! Ah et coupe le somnifère en deux, tu sais bien que la dose est trop forte pour toi sinon !  » Je souris heureux, on ne restait pas longtemps triste avec Pat.

Aujourd'hui pas de cours, les profs étaient à une réunion de je ne sais pas quoi, pas tous mais ceux que j'avais aujourd'hui si, Pat en revanche avait mathématiques et physique je le laissais donc y aller et décidais de m'entraîner dans le parc. Pat disait que le sport aidait au contrôle des dons, j'aimais courir je me mis donc à courir mais je savais mal caler mon souffle et la respiration devint difficile au bout d'un moment il faut dire 1 mètre 12 et 19 kilos ce n'est pas bien solide mais j'y arriverai et un jour je serai solide, baraqué comme Pat ! Fort de ces résolutions je repris ma course. Je tombais assez vite sur quelque chose qui m'étala au sol. Je tournais un regard coupable, une gamine, de 13 ans ?, me regardait terrifiée, au bord des larmes, balbutiant des excuses.
«  Me suis pas fait mal, je retourne courir ! » maugréai-je autant de mécontentement que pour la réconforter maladroitement.

Mais elle se mit à pleurer, je me souvins de la phrase de Pat...Protéger plein de mutants...les aider...Papa et maman le voulaient aussi. Du haut de mes sept ans je me retournais, non sans mal vers l'inconnue. Elle avait des cheveux blonds et des yeux rougis de larmes, dans un ronchonnement je lui tendis un mouchoir.
«  Faut pas pleurer t'sais, tout ira bien ! » Maladroitement je lui pris la main et m'exclamais en la levant un peu : «  Il faut se battre ! » Elle arrêta de pleurer dans un rire rassuré, je lui souris et lui demandais : « Comment tu t'appelles ? » Elle eut une hésitation avant de murmurer : «  Elia Johnsy, 15 ans. » « D'acc mais tu dois en être fier regarde ! » répondis-je. « JE  M'APPELLE JOHN HAYDSON ET J'AI 7 ANS ET JE LE CRIE AU MONDE ! A TOI ! » Elle parut d'abord avoir peur mais se prêta assez vite au jeu, criant la même phrase avec son propre nom et âge.  Nous finîmes pliés en deux de rire. La sonnerie de fin du premier cours retentit. Moi mes profs étaient toujours en réunion mais Elia, elle était lycéenne non ?  «  Un type de ma classe m'a dit que je n'avais plus le droit de venir en cours, ça lui pollue la vie... » avoua t'elle en réponse à mon regard vers le manoir.

«  C'est un imbécile qui a côtoyé trop de non-mutants sûrement ! Tu fais ce que tu veux ! » m'agaçais-je. Cela la fit sursauter. «  Toi aussi comme Patrick tu les détestes hein ? Patrick lui il veut qu'on lui fiche la paix...Tu sais ses parents ont été tué par des non-mutants, c'était un accident selon les forces de l'ordre, un... dommage collatéral mais il n'a jamais accepté, jamais pardonné, et quand il est allé à l’institut il n'a jamais pu approuver la clémence du professeur Xavier. C'est un bon élève, il est intelligent et maîtrise son don mais... » «  Il veut être libre... » J'avais fini sa phrase elle acquiesça. Je comprenais parfaitement à quel point le départ dans quelques mois de Pat pouvait la terrifier, cela me faisait peur moi même mais... Je serrai sa main dans un : «  Elia, j'ai promis et je tiens toujours mes promesses, on ne sera pas seul après le départ de Pat ! On sera deux amis OK ? »

Elle me sourit en acquiesçant et se leva avec courage dans un :
«  Allez j'ai cours d'anglais ! » j'acquiesçais dans un : «  Oui ça c'est la bonne attitude ! Fonce ! » Elle me sourit filant vers le bâtiment.

Je repris ma course repensant à Elia et à la demande de John, à Magneto, à papa, à maman mais très vite en pensant aux parents j'eus du mal à rester brave, je n'avais que  sept ans malgré mes airs de brave j'étais qu'un gamin, je l'oubliais souvent. Je sortit une petite statuette en bois représentant personne ne sait de ma poche de veste pour me réconforter.
«  Tout va bien Doudou veille sur moi ! » Je ravalais mes larmes et repris ma course avant de...chuter à nouveau sur quelqu'un...Et mince alors !

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Re: Il faut y croire [Tessa]

Message  Tessa le Mer 15 Mar 2017 - 7:04


Il est rare que je sorte plusieurs fois par jour tout autant que je parle à plusieurs personnes séparément au sein d’une même journée, puisque je n’accompli rien sans motif. L’aide à Leandra me conduit néanmoins à le faire aujourd’hui, peut-être par influence de son propre besoin de liberté suite à notre interaction télépathique. Toute douée que je sois et protégée par mes pare-feux dans le domaine, des effets secondaires ne sont pas à exclure surtout considérant que je ne suis pas zoopathe. Pour moi, un cerveau humain est bien plus proche d’un ordinateur que d’un cerveau animal même si je sais cette impression erronée ; un organisme capable de se réorganiser pour adopter les propriétés d’un animal et disposant d’un trouble de la personnalité multiple en conséquence était une expérience inédite et, tout instantané qu’il soit, mon apprentissage n’est pas exempt d’erreurs. Difficile de savoir si c’est l’une d’elle qui me conduit à marcher dans la neige qui blanchit toujours plus Graymalkin Lane à mesure qu’elle tombe, ayant fait disparaitre les herbes qui avaient résisté jusqu’à quelques jours plus tôt.

Mes new-rocks sont d’autant plus lourdes que leurs attaches convoient l’eau cristallisée lorsqu’elles s’échappent de la couche formée par cette dernière mais le ralentissement ne me dérange pas. Pas plus que la caresse laissée par mon cache-poussière derrière moi, celui-ci suffisamment long pour toucher la neige également, ou que la morsure du froid sur les parties laissées découvertes par mon débardeur, mes gants longs et mon jean slim. Mon souffle laisse son éphémère marque également, réchauffant régulièrement mes lèvres là où le reste de mon visage reste froid tant dans la température que dans l’expression. Le contraste entre ma pâleur de peau et la noirceur de ma chevelure, bien que nuancée par les mèches blanchies, doit être similaire à celui entre la couleur de ma tenue et celle de mon environnement. Seules véritables touches de couleur, les arbres nus qui m’environnent et leurs reflets rouges sur mes Cyberlunettes.

Ma vision altérée par les teintes et les fenêtres informatiques n’est pas la seule chose qui diffère des raisons pour quoi j’apprécie cette balade, après tout l’environnement où j’ai grandi était également montagneux avec une flore de conifères résistants à la neige et non de feuillus victimes de celle-ci. Mais ça ne saurait gâcher ni le froid qui m’environne ni la solitude qu’il me permet. J’apprécie l’eau et la natation pour la bulle intemporelle et douillette qu’elles me permettent de créer, une pause relaxante dans le reste de mon existence même si je m’en sers pour exercer une endurance de haut niveau, et j’apprécie le froid et la neige, par similitude et retour aux sources. La morsure glacée sur ma peau à chaque instant, la brulure guère plus chaude dans mon nez et ma gorge lorsque j’inspire, la brièveté de chaleur lorsque j’expire jusqu’à ce que mon environnement reprenne ses droits, le faux silence de l’hiver troublé par mon souffle et mes pas, les traces que je laisse comme les autres derrière moi… ce n’est pas suffisant à ce que je retire mes lunettes pour faire du moment quelque chose de personnel voir d’intime mais cela fait du bien tout de même. La notion du temps me reste comme toutes les données traitées par mes pouvoirs et je sais où je vais même si ce n’est nulle part en particulier, l’itinéraire de ma ballade étant anticipé comme le sont mes actions de norme et participant peut-être à limiter mon appréciation. Comme la potentielle influence de Leandra, cela n’importe pas réellement.

Mais à force de diminuer la valeur des choses, on finit par devenir négligent. Et, c’est une erreur que je ne peux pas me permettre, pas quand j’ai la capacité de l’éviter. Comme face à Besty en éliminant la possibilité que Shane Elhonna ait donné mon signalement à la Ligue des Assassins pour leur permettre de déduire que je serais X-Woman alors même que j’ai quitté l’Institut Xavier pour l’Initiative ; le souvenir est là et je le déprécie grandement, prenant une seconde pour me crisper d’un fait que je ne puis changer mais qui m’agace d’exister. Tout en visualisant la scène passée avec une exactitude photographique, je perçois les événements présents et me retourne dans ce que mon ouïe a jusqu’ici jugé secondaire. Maintenant que cela m’a heurté dans le dos et s’en est retourné par incapacité à me renverser, l’importance est revenue à cette norme accordée par ma simultanéité.

Je baisse un visage impassible vers l’enfant qui m’a foncé dedans, le détaillant de mes yeux dissimulés. Mon geste se termine et les choses me sont limpides le concernant, les seules suppositions problématiques venant de son jouet. John Haydson, garçonnet placé à l’Institut suite à une décision juridique elle-même engendrée par un homicide involontaire à cause de ses pouvoirs mutants et franc partisan de la Confrérie par embrigadement parental. Trop jeune pour être un élève comme les autres et trop endoctriné pour réussir à s’intégrer malgré cela, il c’est tourné vers quelques réfractaires à l’Institution alors même que leur réinsertion est réelle. L’exemple de Patrick Fy, qui sert de grand-frère, est parlant : sa dépréciation des humains disparaitra lorsqu’il en côtoiera des similaires à lui-même, chose particulièrement aisée au sein d’un équipage maritime. Comme lui, la maturité et l’habituation sortiront l’enfant qui me fait face des idées qui lui ont été mises dans la tête.

En attendant, il n’en reste pas moins au sol et je ne fais pas partie de l’habituation ou même de l’Institut qu’il a pu découvrir et côtoyer. Je ne m’y rends pas sans raison et, n’étant pas étudiante, c’est le matériel sportif comme la base des X-Men qui sont mes principaux points d’intérêts. Connaitre le dossier de chaque élève et professeur que j’observe au travers du système de surveillance fait simplement parti de mon apprentissage de connaissances à visée encyclopédique. Casey et Leandra m’ont prouvé que, comme vis-à-vis d’autres organisations, les résidents de l’Institut connaissaient mon existence même sans être membres des X-Men mais cela n’empêche pas que je puisse être une étrangère. Surtout à un nouvel arrivant.

Je me baisse pour passer ma main sous son aisselle et le remettre debout sans grand effort considérant son poids. Cela fait, je me redresse complètement et ramène mes bras le long de mon corps pour marquer la distance et la neutralité. Si Anna n’aime pas les enfants en règle générale, je n’ai rien contre eux par principe mais puis les déprécier s’ils ont quelque chose qui me déplait, généralement une répugnance ou une trop grande affection. La situation ne s’y prêtant pas, les possibles que j’anticipe sont sereins de ce côté-là.

De même, je ne demande pas à John Haydson s’il va bien car je l’observe simplement derrière mes lunettes rouges.

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Re: Il faut y croire [Tessa]

Message  John Haydson le Jeu 30 Mar 2017 - 17:34

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Elle me relève la dame sans un mot, sans une expression. J'ai mal au genou, il doit être un peu rouge rien de grave. Mais je m'en veux de ma faiblesse, pas longtemps, quelques secondes. La dame m'observe je lui rend la pareille. Elle porte de grosses chaussures, un jean et un débardeur en dessous d'un long manteau. Ainsi que des lunettes rouges. N'importe qui se serait fixé sur les lunettes mais j'ai grandi dans l'idée que les pouvoirs mutants n'avaient rien d'étranges mais étaient dans l'ordre des choses, non c'est plutôt le fait qu'elle était peu couverte cette adulte qui m’inquiète.

Encore si le froid ne semblait pas l'atteindre j'aurais mis ça sur un don mutant mais de la buée due au froid sortait à chacune de ses expirations. Je m'aperçois soudain que je grelotte, dans un sourire je me dis que cette inquiétude aurait pu aussi bien se rapporter à moi même. Mais apparemment aucun de nous deux ne se souciait trop du froid ambiant.

Je laisse donc mon inquiétude première et murmure un
« Désolé » avant de vouloir me remettre à courir mais j'ai le souffle coupé par ma respiration mal répartie durant ma précédente course, je décide donc de faire une pause et m'assois en silence sur une grosse pierre à quelques pas de l'adulte.

De mes petites mains je dessine une maison dans la neige. Parfois la maison me manque c'est vrai, parfois j'aimerais...Je voudrais...

Je secoue la tête et me frotte vivement les yeux. Je n'ai pas le droit de penser vouloir être un petit garçon mutant comme les autres, car je suis le sauveur, car papa et maman comptent sur moi et Magneto aussi. Je ravale mes larmes et souffle dans l'air frais, cela fait de la buée, je souris, ris presque et me relève en m'étirant de tout mon petit corps.

Je ne parle pas à l'adulte, cependant je ne la quitte pas des yeux pour autant, parfois les mots sont inutiles. Je regarde tomber la neige en silence, la vois virevolter entre les branches d'arbres du parc. Elle danse la neige, je me demande si Pat va bien, il déteste cette ambiance un peu comme à Noël, Pat déteste ce qui lui rappelle ce que les non-mutants lui ont fait, à lui l'orphelin et à ses parents morts.

Mon regard qui s'est assombri l'espace de quelques secondes s'éclaire : Un flocon vient de me tomber sur le nez tel un petit papillon blanc, je souris à nouveau. Puis j'ouvre grand la bouche essayant d'en capturer, l'un tombe sur ma langue et pendant un instant la joie de l'enfance l'emporte sur l’entraînement, je tente de gober les flocons avec un bonheur sans borne. Le vent se fait plus fort comme ragaillardi par ce jeu d'enfant. Ce n'est que quand je manque de trébucher une deuxième fois sur l'adulte que le jeu cesse.


« Vous ne connaissez pas ? C'est un super jeu ! On le faisait souvent quand il neigeait avec papa ! Ça s'appelle le Gobe-flocon ! Vous avez déjà essayé ? » demandai-je vivement avec le bonheur de l'enfance. Mais je me reprends très vite, il ne faut pas qu'elle pose de question sur ma vie avec papa, papa était l'homme que son gosse de 7 ans a tué accidentellement à cause de son don, rien d'autre, ma gorge se serre, il était mieux que ce fragment de vérité reste ainsi, pour Magneto, pour Papa, pour tous. Je suis le sauveur, ils comptent sur moi.

Je jette un regard à la dame, elle ne semble pas fatiguer, peut-être pourrait-elle me conseiller pour la course, je ne demande que peu d'aide mais cette fois un coup de pouce n'est pas de refus :
« Dîtes Madame...Vous faîtes de la course aussi ? Si oui comment place-t-on le souffle ? » Je fourre Doudou dans ma poche à cette question au cas où il attrape du mal avec ce froid. Moi je dois m’entraîner.

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Re: Il faut y croire [Tessa]

Message  Tessa le Lun 3 Avr 2017 - 6:16


L’instant de douleur de John Haydson cède place à un autre instant de culpabilité puis à l’intérêt. La culpabilité est une émotion complexe qui m’est étrangère, mélangeant dégout, peur et tristesse, tandis que le froid est une sensation familière, pour ne pas dire naturelle. Ce n’est pas le cas de mon vis-à-vis et sa réaction corporelle déclenche de la joie. Une excuse superficielle suffit à ce que l’enfant veuille s’en retourner à ce qui a été interrompu, n’y accordant pas plus d’importance et continuant son chemin avec naturel, mais le souffle lui manque et c’est sur un siège improvisé qu’il s’en va.

Je pourrais en faire de même mais ne le fais pas pour l’heure, anticipant les situations possibles et le chemin que trace le blondinet en leur sein. Je ne considère pas les enfants plus imprévisibles que les adultes car chaque individu à sa propre logique et que même celles en construction restent sensées. Le voir dessiner dans la neige en attendant de se reprendre et de repartir est une manifestation de l’approche des êtres de son âge, même si son passif le fait différer de la norme. La tristesse accompagnant le souvenir de la maison ainsi évoqué est parfaitement anticipée à l’inverse de la nouvelle culpabilité et du rabrouement physique qui l’accompagne. Heureusement, comme avec l’obstacle que j’ai représenté, John passe vite à autre chose ; cette fois, c’est plus de l’intériorisation cependant.

L’attention de l’enfant peine à se fixer sur moi, son esprit trop vif pour l’immobilisme dont je fais preuve, et les flocons sont le nouvel intérêt puis jeu de celui-ci. Cela ne va pas sans tristesse mais celle-ci continue ses allers-retours et l’absence de focalisation enfantine continue de faire aller de l’avant, toujours de l’avant. Tomber est permis, se relever est obligé ; les enfants le font naturellement, sans même le prendre en considération.

Sans doute parce que je n’ai toujours pas bougé et continue de le laisser au sein de mon champ de vision, John cherche à s’expliquer de son action. Non, je n’ai jamais essayé le jeu du Gobe-flocon. Lorsque je devais ingurgiter de la neige pour m’hydrater, j’ai toujours cherché à la faire bouillir auparavant pour éliminer au maximum les impuretés et m’éviter la diarrhée. L’hygiène n’était pas ce qui m’importait le plus durant mon enfance et mes jeux étaient bien moins inoffensifs à défaut de n’être innocents ; dans le mauvais sens du terme.

Je reste silencieuse, tournant le visage vers John alors que sa joie laisse place à l’interdiction et à nouveau à la culpabilité. Le sujet change et les questions d’ordre pratique sont plus aisées à répondre, ouvrant sur une discussion entre nous par rangement de la statuette de bois qui servait jusqu’ici d’interaction principale. Si respirer est naturel on peut aussi apprendre à mieux le faire et cela a fait parti de mon cursus pour atteindre une condition physique à pouvoir concourir aux Jeux Olympiques.

En course d’endurance, les deux erreurs les plus courantes sont de respirer par le nez, qui n’est pas assez important pour capter l’air nécessaire, et de respirer de façon paradoxale, en cherchant à renter le ventre et à gonfler la partie haute de la cage thoracique à l’inspiration.

Commencer par les problèmes possiblement existant n’est pas un reproche, surtout avec le ton neutre que j’emploi pour énoncer des faits, mais permet au contraire de poser une base à considérer pour être efficace sur la suite.

Il faut au contraire gonfler le ventre pour permettre la libre descente du diaphragme et ainsi provoquer un appel d’air plus important dans les poumons. Rentrer le ventre vient avec l’expiration, dont la durée conseillée est trois fois plus longue que l’inspiration.

J’ignore ce qu’il y a avec le chiffre trois mais de la sainte trinité aux triangles, il semble être vecteur de stabilité et de confiance pour l’esprit humain. Théoriser cette observation n’est cependant pas intéressant actuellement, pour peu que cela le soit un jour.

Il convient de contrôler le diaphragme et les muscles pulmonaires afin qu’il n’y ait ni arrêt, ni saccade, ni précipitation. Petit à petit le souffle va s’adapter à la vitesse et il deviendra instinctif.

Ma condition actuelle prête plus à la performance qu’à l’endurance mais les connaissances sont irrémédiablement gravées dans ma mémoire et je les utilise de cette manière qui me fait mériter le pseudonyme de Sage. J’ajouterai bien qu’il serait plus aisé à John de s’entrainer au sein du gymnase de l’Institut mais s’il ne l’a pas fait c’est pour une raison et les probabilités vont vers une mise à l’épreuve plus dure que les autres afin d’être un cran au-dessus ; cette discussion est donc terminée avant d’avoir commencée. Beaucoup le sont et généralement je réclame confirmation de mes anticipations mais la réaction de l’enfant à l’évocation de son père implique que tout ce qui touche à son passé et à son endoctrinement doit venir de lui, non de moi. Forcer le passage ne m’intéresse pas d’autant plus que cela a de fortes chances de créer une opposition. J’anticipe et suis le chemin qui me parait le plus adéquat, comme la plupart du temps.

Essaie de maitriser ta respiration à l’arrêt avant de reprendre ta course.

Je glisse les mains dans les poches alors que j’observe John, marquant mon attente. Ce mouvement fait, c’est principalement le vent qui limite mon immobilisme, agitant cheveux et cache-poussière, malgré l’implication régulière de ma respiration. Respiration que je modifie afin de donner l’exemple de mes dires, entrouvrant la bouche et gonflant le ventre à l’inspiration puis le pressant dans une expiration plus lente. Respirer est naturel mais on peut apprendre à mieux le faire, à le maitriser, hors mon naturel est la maitrise justement.

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Re: Il faut y croire [Tessa]

Message  John Haydson le Sam 15 Avr 2017 - 10:45


Dumbo - Vianney


"En course d’endurance, les deux erreurs les plus courantes sont de respirer par le nez, qui n’est pas assez important pour capter l’air  nécessaire, et de respirer de façon paradoxale, en cherchant à renter le ventre et à gonfler la partie haute de la cage thoracique à l’inspiration."

J'avais 7 ans, je connaissais ce qu'était un nez, un ventre en revanche une cage thoraxique... Je regardais autour de moi avec une certaine frayeur. Allait-elle me mettre en prison ? Mais je ne m'enfuis pas pour autant, un sauveur ne s'enfuit jamais.


" Il faut au contraire gonfler le ventre pour permettre la libre descente du diaphragme et ainsi provoquer un appel d’air plus important dans les poumons. Rentrer le ventre vient avec l’expiration, dont la durée conseillée est trois fois plus longue que l’inspiration."


Bon diaphragme....je ne savais pas ce que c'est, peut-être une sorte d'ascenseur ? Après tout, il fait descendre l'air dans les poumons. Mais ça voulait dire qu'il y avait un ascenseur en moi ? c'était...perturbant...


"Il convient de contrôler le diaphragme et les muscles pulmonaires afin qu’il n’y ait ni arrêt, ni saccade, ni précipitation. Petit à petit le
souffle va s’adapter à la vitesse et il deviendra instinctif."


Contrôler l'ascenseur en moi, pour qu'il ne prenne jamais de vacances et aille à la vitesse de mon souffle et du fonctionnement de mes poumons. OK j'allais tenter !

"Essaie de maitriser ta respiration à l’arrêt avant de reprendre ta course." dit la dame.

Sitôt dit sitôt essayé ! De plus la dame semble donner l'exemple ! Je m'applique beaucoup mais ma respiration est trop sacadée, peut-être en raison du froid et de la fatigue, quoi qu'il en soit je ne réussis pas tout à fait l'exercice, un peu déçu je marmonne au bout d'une dizaine de minutes d'acharnement :
"En même temps je suis pas un gardien d'ascenseur !"

La dame comprit-elle ? Peu importe car j'enchainais : " Je recommence !"

Mais la pression que je me mettais était-elle que je ne pouvais pas y arriver, je me rappelais une phrase de papa: * Si tu te sens mal pense à une partie de football ensemble, et concentre toi sur le jeu, la ballon est ton don, la cible ton but. Le tout juste un simple jeu d'endurance et de stratègie ! *

Je me concentrais sur ce conseil, juste un jeu, un jeu...Je visualisais l'ascenseur comme en face de moi et tentais de l'attraper, de contôler, visualiser ses mouvements, je le vis bouger devant mes yeux, j'étais plus calme, je me sentais mieux respirer. Je souris sans quitter ma concentration. Ce fut un cri peuplé de larmes qui me déconcentra:
"MEURTRIER ! T'ES QU'UN MEURTRIER HAYDSON ! MON PAPILLON ! MADAME MON PAPILLON !'

Je mis quelques secondes à piger que ce dont l'élève d'une douzaine d'années parlait était la chose jaune à mes pieds.


'' Il est mort..." commentais-je un peu fatigué.

" BIEN SUR QU'IL L'EST ! C'EST LE JOUR DE LIBERATION DE THITO ! CRETIN !"


Thito le papillon du club de science de ma classe, Thito élevé avec patience et douceur par ses membres. Il n'y avait que peu de jeunes enfants ici, en fait j'étais le seul. C'est pour cela que j'étais dans la classe des 10-12 ans autement dit les premières années de collège, avec pour moi exclusivement des cours et des exercices de CE1 cela va sans dire.


"Je suis..." commençais-je troublé alors que le reste du club arrivait murmurant: " Il lui a volé son seul jour de vie..." "Thito était un papillon étrange, il adorait le froid..." " Il était un peu spécial mais il méritait de voir la neige...'' " Notre bébé..." " Vous aviez raison le nouveau est pas normal !" " Le Sauveur ? tu parles ! Le tueur oui !"

Non j'ai pas fait exprès je voulais juste contrôler ma respiration ! J'ai pas vu Thito ! J'ai pas fait...Je veux juste aider les mutants... Alors vous qui en êtes me detestez pas s'il vous plaît ! Etait crié par tout mon être.  Mais il ne sortit de ma bouche qu'un : " Desolé.." Ma gorge me piquait, ne pas pleurer, ne pas pleurer devant les autres...Je partis en courant laissant la carcasse du papillon et ses jeunes élèveurs furieux et tristes sur place. Je courais à en perdre haleine, tant pis pour ma respiration je m'entrainerai plus tard...Je repérais un arbre et y grimpais avec l'agilité d'un petit singe, il y avait un arbre que je grimpais souvent dans le jardin de papa.

Papa...

Je laissais aller mes larmes quand je vis que j'étais seul, de gros sanglots entrecoupés de murmures :
" Je veux rentrer à la maison..." [/i]Je n'étais pas un sauveur en cet instant, juste un petit garçon de 7 ans en larmes en haut d'un pommier sans feuille mais glissant de neige hivernale. Epuisé je mis ma tête dans mes genoux et fis silence jusqu'à entendre des pas.

" Qu'est ce que vous me voulez ?"

Je m'aperçus soudain de mes larmes et tentais de les ravaler : " Je pleure pas !" C'était un mensonge étant donnée que mon visage se couvrait de larmes. Mais ma voix sanglotante se fit plus sombre et dure dans un : " J'ai pas fait exprès...Le papillon... Je ne suis pas un meurtrier..."

Je n'étais qu'un môme de 7 ans perdu dans une guerre bien plus âgée que moi.


[HRP: A toi ^^ ]
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John Haydson

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Re: Il faut y croire [Tessa]

Message  Tessa le Ven 21 Avr 2017 - 5:14


Mon vocabulaire cause la perplexité de John Haydson mais ne l’empêche pas de comprendre l’action à accomplir, à défaut qu’il dispose des capacités de concentrations nécessaires à se souvenir des mots lui étant étrangers afin de chercher leurs significations par la suite. Je suis habituée à ce que les gens ne comprennent pas dans le détail mes paroles, tant qu’ils disposent d’une compréhension globale je n’ai pas plus à leur demander. C’est mon fonctionnement que de m’attarder sur chaque détail et de les recombiner pour obtenir l’image globale, j’ai compris depuis longtemps que ce n’était pas le cas de la norme humaine. La différence ne m’a jamais vraiment dérangé, peut-être par indifférence plus que par acceptation d’ailleurs même si nous sommes dans une école qui enseigne à passer outre. Certains étudiants qualifient l’Institut de "Anormal Sup’" même si la normalité est remise en cause dès le plus jeune âge.

Je regarde le garçonnet tenter de respirer de manière analogue à la mienne. Il peine mais s’entête et mon attention reste divisée entre lui est les fenêtres informatiques qui l’entourent, mes Cyberlunettes continuant d’actionner mon esprit avec un automatisme normé. Les secondes s’écoulent pour devenir des minutes et l’acharnement de John n’est que l’une des choses que j’observe, m’évitant l’ennui qu’il y aurait à faire cela seul. J’ai déjà eu à m’occuper pendant que Leandra se familiarisait avec elle-même, heureusement que je suis cyberpathe et non télépathe cette fois. Néanmoins, je reconnais à l’enfant sa volonté en tenant de l’acharnement et la légère surprise qu’il cause avec son improbable phrase d’abandon. Comprendre rétroactivement n’est pas difficile, l’ascenseur devant être la visualisation mentale du fonctionnement interne de John, et il n’est aucun commentaire à faire là-dessus.

Me surprendre est difficile de par mes anticipations et, même quand c’est le cas, il est rare que je réagisse à la mesure de la surprise. L’émotion qui advient quand le cerveau n’a pas le temps de produire les hormones nécessaires aux autres n’en reste pas moins une émotion et c’est un domaine où j’ai une grande résistance, tant par mes capacités que les restes de mon trouble de la personnalité. Les personnes étant dans leur monde et exprimant des propos dont elles sont seuls à comprendre la cohérence entrainent une imprévisibilité qui peut me surprendre comme n’importe qui d’autre mais je n’y accorde guère d’importance. La surprise est brève, lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’une autre émotion par la suite. En somme, beaucoup d’effort pour peu de résultat dans mon cas même si de mes amies savent le faire.

Et ce jour se démarque des autres dans ses imprévus, l’arrivée quasi-impossible d’un papillon en cette période me conduisant à tourner la tête pour l’observer derrière mes lunettes jours. Sa suite apparait rapidement dans ma vision périphérique et les suppositions se font, suppositions pour la plupart navrantes. Le pire arrive cependant lorsque l’insecte décède sous la surveillance de ceux qui l’ont conduit à la mort avec une innocence bien familière et c’est sans doute pour cela que je la trouve navrante, le sentiment parfaitement clair dans mon cerveau cette fois-ci.

Meurtrier ; c’est un désagréable cri tant par son volume que l’accompagnement larmoyant qui raisonne dans la bouche d’une personne qui pourrait se le crier dans une glace. L’accusation revient à la charge et désigne, interrompant la concentration à défaut d’aider à la compréhension du benjamin de l’Institution comme de cette classe à laquelle John a été affecté et qui, plus que le connaitre, doit avoir été averti des précautions à prendre du fait d’un passif problématique. On peut s’attendre à la compréhension de la part des jeunes gens mais ils sont également victimes de l’innocence et de la reproduction des mauvaises habitudes qu’ils voient. Décevant de trouver aussi stupide créature que le jeune accusateur même si le condamner ne sert à rien. Compréhensible qu’Anna déteste les enfants quand on voit cette classe, son manque de bon sens et ses actes. Aucun professeur pour encadrer, voici qui engendre une nécessité de m’impliquer pour remettre les choses en ordre.

Thito le papillon aimant du froid s’étant fait voler son seul jour de vie par le nouveau précoce aux idées Confréristes… voici qui me dégoute suffisamment pour que je le manifeste. Il était un peu spécial MAIS il méritait quelque chose, parce que cette absence de normalité n’était pas suffisante à entraver ses droits. John n’est pas normal et cela contribue à le condamner. Son "pseudonyme" est évoqué sans recul. Je perçois une bêtise que je n’aurais jamais cru trouver à l’Institut et qui me satisfait pleinement de ne surveiller que leurs images et non leurs paroles tant elles sont décevantes et indignes de la chance qui leur est offerte.

John panique. John s’excuse. John s’enfuit. Les choses se déroulent comme je l’anticipe et le temps de mon intervention arrive afin que chacun tire le plus d’enseignement possible de cette altercation. Je déprécie mes erreurs car j’ai les capacités de ne pas en faire mais ne condamnerais pas les autres pour les leurs à moins qu’ils persistent à les faire. Il est probable qu’un jour, tous ici aient cette pensée également mais il va falloir l’énoncer afin qu’ils s’en rappellent, leurs professeurs l’ayant probablement déjà fait auparavant. Et au passage, il sera possible de corriger l’ignorance également.

Quand sommes-nous ?

Question simple lancée à l’intention de la classe afin d’attirer son attention et d’atiser sa réflexion au-delà des larmes. Comme toujours, je ne donnerais que les informations que j’ai à donner et garderai les autres pour moi. Mais il n’est pas dur de comprendre que, avec une journée de vie et un cerveau aussi primaire que le sien, Thito n’était pas capable d’aimer le froid mais cherchait simplement à explorer son environnement et à faire ce que font toutes les espèces pour survivre. Les choses s’enchainent car je n’ai pas besoin de leur participation active pour les mener là où je veux qu’elle soit. S’il est des enfants pour répondre tant mieux mais c’est superflu. Ils doivent juste prendre conscience des choses. Ils n’ont aucune preuve que ce soit John Haydson qui soit responsable du décès et non la température ambiante dans laquelle ils ont relâché leur papillon.

En mars. En hiver. Soit la période de l’année où il n’y a pas d’insectes. Cela vient du fait qu’ils ne sont pas capables d’y survivre. Thito inclus.

Il est peut-être plus facile d’accuser autrui que de ce remettre en question mais vous allez cependant devoir le faire. Où sommes-nous ?

Dans le parc. Le parc de l’Institution Charles Xavier. Soit dans l’école d’une personne qui prône l’acceptation des gens indifféremment de leur mutation et la seconde chance pour des mutants qui ont connu des accidents avec leurs pouvoirs.

S’il faut citer ceux d’entre vous qui sont dans ce cas et ceux qui ont peur de l’être, c’est possible. Mais vous condamne-t-on ou vous condamnerait-on pour cela ?

La première question a visé à les accrocher, la réponse étant simple. Fournir la réponse a permis de laisser comprendre la nature de l’affaire et de l’injustice qu’ils ont créée. Confirmer cela aurait pu engendrer une opposition et du conflit mais j’ai fourni la porte de sortie dans la confirmation et ai accrochée immédiatement avec une nouvelle question simple. Question dont la réponse a encore entrainé un développement logique énoncé afin d’être sure qu’aucun des enfants présents ne passe à côté. La phrase suivante les implique dans la position qu’eux-mêmes ont infligé à leur benjamin tout en interrogeant sur leur propre expérience. Je sais ce que je fais et s’il en est pour s’opposer à mes mots par émotionnalité ou mauvaise foi, je ne crois pas qu’ils oseront s’opposer à mon allure et à ma voix froide. Il y a des moyens plus pédagogiques de les amener à comprendre ce que je veux leur faire comprendre mais je laisse ce soin à leurs véritables professeurs.

Non, on vous aide. Alors faites-en de même. Apprenez à accepter l’autre et à lui laisser une chance plutôt qu’à agresser de vos préjugés et vos accusations. Retrouvez John Haydson et excusez-vous.

M’opposer à eux ne m’intéresse pas et serait contre-productif, je les encourage donc à suivre le chemin qu’on fait pour eux par considération qu’ils n’aimeraient pas qu’on les traite de la manière dont ils viennent, par stupidité ou moutonnerie, de traiter John. Les punir n’aurait servi à rien, quitte à les faire culpabiliser autant que cela soit un moteur pour qu’ils apprennent et réparent leur erreur.

Ce n’est pas une suggestion.

La causalité est souvent représentée comme un chemin de domino où chacun entraine le suivant. Cette simplification à l’extrême n’empêche pas l’idée d’être vrai mais le plus important reste que l’enchainement se fasse comme on le souhaite. Je ne connais pas plus chacun des élèves ci-présent que John Haydson ou la plupart des autres étudiants de l’Institution Charles Xavier, je suis une membre des X-Men avant d’être une membre de l’Institut pour peu que l’on me considère comme tel considérant que je n’y vis pas plus que je n’y travaille ou n’y étudie. Mais j’y ai été réinsérée et je suis capable de transmettre cette éducation et les valeurs qui l’accompagnent.

Je n’hôte pas mes Cyberlunettes aux verres rouges car je n’ai pas besoin de dévoiler mes yeux glacés pour forcer le mouvement. Suivre John Haydson n’est pas non-plus difficile, les traces au sein de la neige conduisent droit à sa position même s’il faudra lever les yeux pour l’apercevoir. Pour ma part, je reste en arrière les bras croisés, observant les choses se dérouler afin de vérifier que mes actions ont bien favorisé les anticipations que je privilégie afin que les choses soient au mieux, de mon point de vue. Evidemment, je garde en conscience d’autres situations possibles mais s’il est des enfants pour préférer la condamnation à l’aide alors cela sera accompli pour leur propre cas également. C’était implicite dans mes paroles et ils sont suffisamment âgés pour avoir compris. Pas de possibilité d’incompréhension par le vocabulaire cette fois.

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Tessa
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