Rencontre du Troisième Type [PV Jennifer]

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Rencontre du Troisième Type [PV Jennifer]

Message  Timéo Tega le Mar 3 Nov 2015 - 20:23

L'homme leva le nez vers le ciel. Déjà dans le teint orangé du crépuscule avait envahie la moitié des cieux et la lumière nacrée su soleil couchant se reflétait sur d'imposants nuages annonciateurs d'averses. Le coucher d'une étoile était toujours une chose magnifique. Sur chaque monde qu'il avait visité, il avait prêté une attention particulière à ses quelques instants fragiles. Il avait vu ce qu'aucun ne devait voir : La fin d'une étoile. Le dernier couché, et le jour en plein nuit. La fin d'un monde, d'un système. Le spectacle était à la fois magnifique et terrifiant. Et il lui laissait à jamais la honte et  la responsabilité du plus horrible de ses actes.

Doucement, il reprit la route menant à son appartement. Après son arrivée, il avait compris qu'il était pour le moment bloqué sur la Terre et que personne ne viendrait l'aider. Peut être était-ce sa fin. Sa destinée. Vivre ici. Écrire sur ce monde plein de surprise. Et y mourir. Peut être que c'était la fin de son voyage. Mais ne serait ce pas une délivrance ? Tout ses gens qu'ils voyaient dans cette rue. Avaient ils consciences que leurs jours étaient comptés. Que chacun disparaîtrait un jour et que rien ou presque ne subsisterais alors. Peu réalisait à quel point la vie était magnifique et cruel : Toute joie et toute douleur n'était que fugace sensation. En définitif, rien n'en resterait. La fin était la même pour tous, quelque soit le commencement. Il s'était souvent demandé depuis le cataclysme si il ne serait pas mieux d'écourter cette supercherie. D'éviter à chacun des souffrances souvent pires qu'une fin en douceur.

Et pourtant, il avait recommencé. Quelques jours auparavant, il avait retenu cette jeune femme par le bras. Il l'avait vu se faire renverser par une voiture, à un croisement. Il n'avait plus sauvé quelqu'un depuis des décennies. Avant la guerre, il avait sauvé des millions de personnes, mettant fin à des guerres ou prévenant des grandes catastrophes. Mais la fin des siens et son acte de colère avait eu raison de son engagement. Interférer avec le temps était dangereux et il n'était pas prêt à en subir de nouveaux les conséquences. Pourtant, il avait fait une exception pour elle. Cette fille, il ne la connaissait pas. Du moins, pas en dehors de ses visions. Mais il avait sentit le bien en elle et il n'avait pu se résoudre à la laisser mourir. Lui qui avait tué par le passé s'était sentie incapable de la regarder succomber ici. Alors il l'avait tirer par le bras pour lui éviter l'impact. Puis, il s'était rendue compte de son acte. Et alors que la jeune femme lui avait fait face, l'homme c'était mis à courir dans la foule. Vite, il avait disparu, et avait espéré être vite oublié.

Perdu dans ses pensées il remonté la rue menant à son immeuble. Bientôt, il s'arrêta devant le bâtiment et entra dans la battisse de brique. La nuit était à présent tombée, et l'on pouvait distinguer dans son cou une ligne bleue scintillait, semblant incrusté sous la peau. L'homme monta doucement les escaliers. Dans sa tête se bousculait une multitude d'idée. Devait-il reprendre son rôle d'Oracle ? Il n'était pas prêt. Après l'avoir perdue, elle. Après les avoirs tous condamnés. Il avait commis l'impardonnable et il lui paraissait bien indigne d'espérer un soupçon de rédemption ou de bonheur. Son futur serait terne et sans espoir. Il ne se sentait prêt à rien d'autre que se calme qu'il vivait depuis des décennies. Et pourtant, trois jours avant, sa fugue passée s'était exprimé dans un instant d'espoir et de vie. Comme une étincelle au cœur de l'obscurité.

L'homme entra enfin dans l'appartement. Un petit trois pièces, quelque peu miteux. Un canapé, une table basse, et une chaîne hi-fi occupait la pièce principale. Sur le mur, une impressionnante bibliothèque tranchée avec le papier-peint bon marché qui couvrait les murs. Une odeur acre, propre au immeuble de seconde zone emplissait l'air. Contre la fenêtre, un bureau complètement couverts de feuille et de livre donné la réplique à la bibliothèque dans le dialogue des objets incongrus. Ils semblaient sortie d'un appartement bien plus huppé occupé par un cinquantenaire cultivé. Le reste et l'appartement en lui même donnait plus la sensation d'être dans l'appartement d'un jeune isolé et complètement perdu.  Une bouteille de whisky trônait encore sur la table basse, à coté d'un verre carré, renforçant l'impression de déchéance. Et pourtant, très bon bourbons et verre de cristal.

Timéo regarda autour de lui. C'était son chez lui. Il ne manquait pas d'argent pour avoir mieux. Mais il se sentait bien ici. Sa vie avait sa place dans cet univers imparfait. Alors que le bureau et la bibliothèque lui rappelait sans cesse sa mission et son origine, le reste n'avait cesse de lui évoquer sa médiocrité. Il était responsable de plus que beaucoup ne pourraient jamais l'imaginer. Et son mal n'avait pas finit de le dévorer. Et la crasse et la laideur de cet appartement lui assurait de ne jamais oublier à quel point il n'était qu'un monstre. Un monstre impardonnable. Sans espoir. Seul.
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Timéo Tega

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