All is fair in love and war [Lilian]

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Re: All is fair in love and war [Lilian]

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Lun 26 Oct 2015 - 13:20

Lilian est le premier de mes amants à qui j’ai abandonné le contrôle pendant l’amour. Cela ne veut pas dire que je me contente d’être d’une passivité complète mais laisser son pouvoir jouer avec mes sensations est une situation bien trop agréable pour tenter de contrer ses désirs. Là où j’ai toujours besoin de me sentir dominant, nos étreintes sont un moyen de lâcher du lest dans un environnement privé, une bulle d’intimité où personne n’est là pour juger de mes capacités de dirigeant. Pourtant, lorsque l’occasion de reprendre les rênes apparaît, je me jette dessus pour ne plus la lâcher. Il est rare que j’ai le Britannique à ma merci et je m’empresse donc de faire un sort à nos tenues respectives pour admirer ce corps apparemment si fragile et pourtant si puissant, si dangereux.

Pendant ce temps, Lilian n’est pas en reste et je ne retiens pas le frisson de plaisir qui s’empare de mon être lorsque son pouvoir entre en action. Le toucher précautionneux et pourtant violent des filaments contre ma peau sonne comme un retour bienvenu à la normale, une normale totalement en dehors des sentiers tracés par la société mais qui se soucie de ce que peuvent penser les gens alors que j’ai trouvé ce que certains passent toute une existence à chercher : une âme jumelle. Pourquoi jumelle et pas sœur ? Parce que les frères et sœurs peuvent être fondamentalement différents mais que ce qui rend le lien entre des jumeaux si fort est tout autant leur profonde similarité que leurs différences multiples. Liés indéfectiblement, ils ont aussi besoin d’espace et vivre attachés l’un à l’autre est ce qui peut leur arriver de pire, juste après une séparation définitive. Un peu comme dans notre cas : nous côtoyer trop souvent est voué à l’échec car nous faisons ressortir les pires côtés de nos personnalités respectives mais, parallèlement, nous avons besoin de l’autre pour maintenir nos tendances autodestructrices à distance.


– Je ne t'avais plus vu avec la peau si lisse depuis longtemps… Je sais que ce n'est pas très en accord avec mon rôle de protecteur, mais je t'aime moins comme ça.

La voix pas encore assez rauque de désir du Britannique à mon goût me tire de mes pensées et je ne peux retenir un léger rire à l’écoute de sa remarque.

-Désolé, je ne veux pas te vexer mais j’ai beau savoir que tu en es parfaitement capable t’imaginer dans le rôle du gentleman protecteur est une image tellement incongrue que je n’ai pas pu me retenir. Tu t’imagines en super-héros défendant la veuve et l’orphelin ?

Mon fou rire augmente encore plus mais, lorsque je me calme, mon ton se fait plus mutin.

-Enfin, si tu tiens à remplir le poste de garde du corps personnel, je n’ai rien contre tu sais. Je ne suis juste pas certain que tu gagnes au change en termes de salaire. A moins bien sûr que tu n’acceptes les paiements en nature, auquel cas je suis sûr de pouvoir combler tes attentes, finis-je d’une voix faussement hautaine.

Et, comme pour confirmer mes dires, je m’applique à lui apposer un magnifique suçon sur l’épaule. Je choisis volontairement un endroit peu visible car je n’ai pas besoin d’afficher ma possession aux yeux de tous. Lilian sait qu’il m’appartient autant que je lui appartiens et c’est tout ce qui compte. Par ailleurs, il sait que j’ai horreur des marques visibles – j’ai une réputation à tenir en société et arriver en réunion d’affaires comme si je sortais tout juste du bordel n’inspire que moyennement confiance aux investisseurs – et nous avons par conséquent un accord tacite pour éviter les marques publiques. Dans le fond, ça ne fait que rendre le tout plus excitant. Ce n’est que dans la nudité qu’apparaissent vraiment les canevas de nos corps amoureux. Et étant l’heureux propriétaire d’un tatouage sur l’omoplate depuis mes quatorze ans je peux vous assurer que montrer des côtés cachés dans l’intimité d’une chambre ne laisse jamais personne indifférent.

D’ailleurs, en parlant de ne pas être indifférent aux attentions de l’autre, j’en reviens à la remarque précédente du Britannique une fois mon suçon correctement appliqué.


-Je suis néanmoins d’accord avec toi. Cette peau de bébé pourrait certes plaire au sexe féminin mais ce soir ce n’est pas une dame qui partage ma couche que je sache, il est donc temps de changer tout cela. Tu ne voudrais tout de même pas que je doute de tes affections pour moi ?

Qui a dit que jouer avec le feu pouvait se révéler dangereux déjà ? Dommage que j’ai toujours trouvé les couleurs de l’âtre fascinantes.

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Re: All is fair in love and war [Lilian]

Message  Lilian D'Eyncourt le Mer 4 Nov 2015 - 19:33


IAMX - Spit it out

A l'aube de leur relation, Nikolaï avait été un partenaire de choix, le genre de proie qui se dérobait sans cesse et pouvait montrer les crocs. Il avait aimé la difficulté, la sensation de danger quand il s'enfonçait un peu plus dans sa vie intime. Le jeune homme pouvait lire en lui, était assez intelligent pour comprendre ce qu'il était, et s'était laissé séduire au lieu de reculer. Il le travaillait patiemment depuis des mois pour abattre ses résistances, rendre leur couple plus sécuritaire que ce à quoi il ressemblait au début. D'abord, ils s'étaient tournés autour comme deux prédateurs. Mais si le russe était un renard, le britannique était un loup. Il gardait l'ascendant avec une aisance évidente. Plutôt que partager le territoire, Nikolaï avait cédé au plaisir de s'abandonner à plus fort, à laisser de côté sa manie du contrôle qui le rongeait. Et s'ils se tenaient tous deux en haute estime, ils n'appréciaient pas vraiment leur rapport pour les mêmes raisons. Son compagnon  découvrait la possibilité d'être différent, moins sur ses gardes, plus docile, de ce qu'on lui demandait en public. Lilian gardait son rôle habituel. Il était loin d'un obsédé du contrôle qui nourrissait en secret des fantasmes de soumission, au contraire. Nikolaï le laissait aller au bout d'un vice trop réprouvé. Il n'avait pas à jouer les princes charmants ou à dissimuler sa mutation et les pulsions sauvages qu'elles impliquaient. A leur manière, ils exorcisaient leurs souffrances profondes,  s'autorisaient des libertés interdites, qui menaçaient leur équilibre mental et qui en valaient la peine malgré tout. Parce que leurs existences extérieures les oppressaient. Ils n'avaient pas fait les bons choix dès le départ et avaient le sentiment de plonger dans un point de non-retour inévitable. Pour Lilian, la rencontre avec le russe avait eu l'effet d'un électrochoc révélateur. Aujourd'hui, perdre leur lien signifiait retourner à une normalité forcée qu'il supportait de moins en moins. Il ne voulait plus refouler sa mutation, et lutter en permanence contre une partie de lui-même qui souffrait, se desséchait, quand il la brimait.

S'il aimait les attentions que Nikolaï donnait à son corps, il lui fallait toujours un certain temps, un état d'esprit particulier pour lâcher prise entre les bras d'un autre quand il n'avait pas le contrôle. Il pouvait finir par apprécier, mais il restait toujours de la réserve, voire de l'appréhension au début, comme si ce n'était pas tout à fait naturel. Il ne comprenait pas très bien la notion du donnant-donnant, et, s'il avait des difficultés à l'avouer, son initiation particulière à la sexualité avait creusé les conflits de son inconscient. Comme sa remarque amusa le russe, il ne fit pas beaucoup d'efforts pour mettre entre parenthèses les prémices de leurs ébats. Il sourit à sa question moqueuse et y répondit avec le plus grand sérieux, même si son expression était pleine d'ironie :

– Je m'imagine parfaitement, mais le monde n'est pas prêt pour un super-héros comme moi… Tu auras donc le privilège sans partage de connaître le plus grand secret de ma personne.

Il lui laissa le temps de se remettre de son rire. Il le savait nécessaire pour signifier définitivement la fin des tensions, prouver qu'ils restaient parfaitement complices et rendre absurde l'idée d'une séparation. Par un habile glissement, Nikolaï revint à des choses plus sérieuses, comme la question du salaire, en suggérant un moyen immédiat de régler le problème. Ou, devrait-il dire, ce faux problème qui dissimulait quelques tensions futures. Mais la véritable discussion arriveraient plus tard, quand ils seraient disposés de corps comme d'esprits à l'aborder plus sereinement. Les dents qui se plantèrent dans la chair de son épaule eurent un effet plus immédiat que toutes les caresses de Nikolaï. La violence l'aidait à décrocher, à arrêter de penser, de calculer ses moindres gestes pour atteindre un état où il n'arrivait plus à évaluer la profondeur des marques qu'on lui infligeait. Et les mots de son amant ne furent qu'un signal pour lancer de plus grandes hostilités. Le russe jouait un jeu dangereux en le mettant au défi de lui prouver son affection au nombre de stigmates qu'il pourrait lui infliger, mais il ne risquait pas la mort comme certains de ses autres amants. Il ne vivait pas leurs étreintes comme un moyen de défoulement à moitié détaché de la réalité. Sa mutation se connectait vraiment à lui, à son cœur, à ses sensations. Il absorbait son plaisir comme sa douleur, il était, dans cet état, davantage Nikolaï que lui-même, et savait donc très bien quand il devait calmer sa fougue. Après avoir enchaîné des plans sexe sur le pouce, tous plus ennuyeux les uns que les autres, il mesurait avec une puissance renouvelée à quel point il lui était impossible d'atteindre une pleine satisfaction avec quelqu'un d'autre. Il imprima ses ongles, son sang dans sa peau avec d'autant plus de fermeté qu'il était heureux de le sentir contre lui, de pouvoir jouir en lui. Ce fut aussi brutal que passionné. L'étourdissement délivrait sa parole, et, entre deux baisers, ses mots pouvaient devenir très spontanés. Si on le laissait aller où il voulait, il finissait par baisser les armes, à entamer une régression vers une sensibilité plus pure, qui avait le pouvoir pervers de vous donner envie de lui pardonner toutes ses vilenies. Il lui accorda tout ce qui était resté coincé dans sa gorge, il l'aimait, il lui avait manqué, il le trouvait magnifique et je voulais jamais le perdre.

Ils avaient fini par se déplacer jusqu'à la chambre en traçant quelques sillons de sang sur le plancher. Comme toujours à la fin de leurs ébats les plus enthousiastes, l'appartement ressemblait à une scène de crime. L'excitation lui faisait souvent perdre le contrôle de son pouvoir, et son sang suintait sur sa peau, passait de l'état solide à liquide et adsorbait tout, en particulier les coussins et les draps. Mais il s'en fichait, il pouvait les changer régulièrement et avait même investi dans du matériel pour tout faire brûler rapidement. Quand le calme revint, il s'amusa à compter les marques dans le dos de Nikolaï et à les retracer du bout des doigts, sur les bords rougis qui n'étaient pas les plus douloureux.

– Je pense que tu as assez de preuves de mon affection pour disparaître un nouveau mois, murmura-t-il avec une pointe de provocation. Je peux bien supporter d'avoir d'autres problèmes de communication s'ils se règlent de cette manière, ça a toujours son charme.

On disait que certaines personnes avaient besoin de se disputer sans cesse pour rester attachés l'un à l'autre. Souvent, il s'agissait en réalité d'individus avec une grande immaturité affective, incapables de gérer leurs sentiments autrement qu'en les faisant exploser à tout va. Il ne se voyait pas exactement de cette manière, mais il était vrai qu'il avait une fâcheuse tendance à mettre régulièrement ses relations en danger. Elles étaient comme des coupes qui se remplissaient, débordaient, et qu'il brisait en oubliant qu'il pouvait juste les vider.

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Re: All is fair in love and war [Lilian]

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Dim 8 Nov 2015 - 13:09

Il me fait la tourner la tête. Au sens premier de l’expression. Je finis toujours nos ébats étourdi et à la limite de l’anémie. Allongé sur son lit, alors que ses mains se baladent sur mon corps meurtri, je reprends peu à peu mon souffle et mes esprits. Mon rythme cardiaque tente de retrouver une cadence naturelle pour éviter d’accélérer les hémorragies en fin de vie. Pourtant, je ne me sens nullement en danger. Au contraire, toute l’endorphine secrétée me laisse dans un état de sérénité planante. A moins que ce ne soit la perte de sang. Quoiqu’il en soit, je me sens bien, réellement bien, comme je ne m’étais pas senti depuis longtemps.

La tentative d’assassinat des Siciliens ne me semble soudain plus qu’un lointain souvenir et je voudrais ne jamais retrouver la dure réalité. Mais je sais qu’elle m’attend, fidèle et cruelle, à la porte de l’appartement. Dès que j’aurais mis un pied dehors, toutes les belles fantaisies de monde quasi parfait auxquelles je suis prompt à croire post coït partiront en fumée pour me laisser face à un quotidien bien plus sombre que je ne le souhaiterais parfois. Sans aller plus loin, ma relation avec Lilian ne s’est pas brusquement améliorée sous prétexte qu’il vient de nous mener tous deux au septième ciel. Mais je ne veux pas y penser pour l’instant. Je me sens d’humeur à faire l’autruche encore un peu plus longtemps. Raison pour laquelle je ne réagis pas à la provocation facile du Britannique.

Il aurait pourtant été si aisé de sauter sur l’occasion de remettre une couche d’insécurités sur le tapis mais, à quoi bon ? Il ne fera rien pour les faire disparaître et, même s’il le faisait, je ne suis pas sûr que je croirais un mot sortant de ses lèvres. Sans compter que je suis fatigué. Physiquement et émotionnellement. Jusqu’à aujourd’hui, je ne m’étais pas autorisé à ressentir pleinement la terreur d’échapper aux griffes de la grande faucheuse et je réalise à retardement que lâcher toute la tension d’un coup est exténuant. Alors, réprimant un grognement d’inconfort tandis que les doigts de Lilian tracent le contour d’une blessure encore trop fraîche, je relance la discussion dans une tout autre direction, fermant consciencieusement les yeux sur tous nos problèmes non résolus. Ou plutôt cherchant à les éviter en jouant sur les paramètres extérieurs plutôt que sur les intérieurs. Car si nos caractères respectifs ne sont pas prêts de se transformer du jour au lendemain, quelques changements dans notre environnement pourraient s’avérer les bienvenus.

-Un charme qui s’efface néanmoins bien vite pour qui ne sait raviver la flamme autrement. C’est d’ailleurs toi qui dit toujours qu’il faut savoir varier les plaisirs. Alors que dirais-tu d’une escapade rien que tous les deux ?

Je l’imagine déjà se demander si je suis tombé sur la tête et ce sans même avoir besoin de m’infiltrer dans ses pensées. Je poursuis donc avant qu’il ne regrette nos ébats et ma semble-t-il folie amoureuse.

-A vrai dire, il s’agirait moins d’un weekend en amoureux que d’un rendez-vous d’affaires mais je me suis dit que tu pouvais être intéressé. En effet, désormais que mon frère cherche à étendre notre empire vers l’Asie, il semble cohérent de se rapprocher de notre côté également et pour cela je m’apprête à signer un contrat de location pour un certain nombre de docks à Long Beach où les méthaniers de la flotte familiale pourront accoster en toute tranquillité.

Et en quoi cela le regarde-t-il vous demanderez-vous ? Mais j’y arrive justement, un peu de patience.


-J’avais néanmoins pensé que c’était aussi l’occasion rêvée de tâter le terrain pour voir si la cité des Anges est en condition d’accueillir un nouveau lieu de débauche. Après tout, le Fatal Games se porte mieux que jamais, pourquoi donc se contenter des baleines de la côte est quand toute la côte ouest nous attend ?
terminais-je avec un sourire de requin.

Pour être tout à fait honnête, la raison principale de ce voyage hors de la Grosse Pomme est de me faire un peu oublier des services de police tandis que les dossiers de l’affaire avec Santinelli prennent la poussière sur les bureaux du NYPD. Je ne sais d’ailleurs dans quelle mesure c’est la prise de conscience que je m’apprêtais à quitter de nouveau la ville - ce qui avait originellement causé le froid entre nous - qui m’a poussé jusqu’à son perron dans une tentative de sauver ce qu’il nous restait de relation. Mais peu importe dans le fond, désormais que le mal est fait, je peux bien tenter de nous sortir un peu de notre train-train quotidien, non ? Bien que je reconnais que, comparé à la moyenne, le nôtre est pour le moins plus excitant.


-Je n’ai pas encore de date de départ fixe, je dois juste rencontrer mes bailleurs dans le courant de la semaine prochaine alors si tu te sens de visiter quelques lieux potentiels pour le petit frère du Fatal, tu es le bienvenu. Je comprendrais néanmoins que tu aies autre chose à faire.

Après tout, pour autant que j’apprécierais grandement sa présence à mes côtés pour ce qui pourra aisément passer pour un voyage d’affaires – il est le directeur artistique de mon casino je vous rappelle, quoi de plus logique qu’il participe à la décision d’étendre notre ligne ? – il a son propre empire médiatique à gérer et je ne sais dans quelle mesure il peut me faire un trou dans son emploi du temps. Car, croyez-moi, derrière une impression de businessman débauché, Lilian est un redoutable homme d’affaires qui travaille bien plus qu’il ne le laisse croire au grand public.

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Re: All is fair in love and war [Lilian]

Message  Lilian D'Eyncourt le Mer 18 Nov 2015 - 21:06

Ses étreintes épuisaient Nikolaï. Il était difficile à comprendre que le jeune homme soit revenu pour perdre près d'un litre de sang, et, qu'en le voyant ainsi meurtri et blafard, Lilian n'éprouvât pas le moindre sentiment de culpabilité. Il continuait de lui caresser tendrement la peau. Sa faiblesse avait un il ne savait quoi de sensuel. En même temps, il se demandait s'il pouvait le nourrir de son sang, lui donner de sa force en retour en lui laissait une parcelle de sa mutation. Et, plus l'idée se formait dans sa tête, plus elle ne lui semblait pas totalement absurde. Pourtant, son gène n'avait jamais manifesté la volonté de coloniser un autre corps, même quand il en avait abandonné au porte de la mort, faute de pouvoir les sauver. C'était nouveau et, une fois encore, il lui était difficile de déterminer si les pensées n'étaient que des fabulations personnelles, ou si une modification s'opérait en lui. Dans tous les cas, il se retint de tenter une transfusion, il ne voulait certainement pas prendre le risque de soumettre son amant à une maladie qui grandissait dans son corps et peut-être son esprit. Le sentait-il sans oser le lui dire avec ses dons de télépathie ? Non. Il n'imaginait pas Nikolaï lui dissimuler une chose si perturbante. Ce n'était probablement rien. Il avait été perturbé de mesurer toute la fragilité de leur couple, et le bon sens lui échappait. De toute manière, leurs retrouvailles passionnées le plongeait dans une langueur trop profonde pour lui inspirer de longues pensées angoissées. Il s'étira doucement et se resserra contre le russe en fermant les yeux pour se concentrer sur les variations de ses pulsations cardiaques. Son corps reprenait ses droits, et le sentir lutter pour retrouver son énergie avait quelque chose d'apaisant, même s'il était le premier responsable de son état.

Même serein, il restait cependant toujours piquant. En vérité, Lilian était très loin de la personne neutre aux sentiments mesurés qu'il montrait en public. Il canalisait en permanence des sentiments négatifs, excessifs. De fait, il se montrait souvent très rancunier. En affaires, ses collaborateurs apprenaient vite qu'il n'excusait rien, n'oubliait rien. On pouvait bien faire toutes les courbettes du monde pour l'inciter à passer outre une petite trahison, il prenait toujours soin de la rappeler, à défaut de se venger systématiquement. Entretenir la flamme de la culpabilité était déjà, en soi, une vengeance. Nikolaï savait sans doute qu'il était inutile de réagir à ses provocations. Elles n'étaient qu'une manière de remuer le couteau dans la plaie et n'appelaient même pas de réponses parce que Lilian resterait vexé tant qu'il n'aurait pas trouvé un nouveau motif de contrariété. Cependant, son compagnon avait peut-être trouvé un moyen de le contourner. C'était aussi ce qu'il aimait chez lui, il se donnait du mal pour faire tenir leur union, cherchait des solutions là où il ne voyait jamais que des problèmes. Il attachait des personnes à lui, leur redonnait des raisons de l'aimer quand tout s'enlisait, mais au final, il ne faisait jamais que donner de l'impression de mouvement dans des relations stagnantes, toujours entraînées dans les mêmes souffrances. Mais, contrairement aux autres, Nikolaï n'en faisait pas le dominant absolu auquel revenaient toutes les décisions vraiment importantes. Proposer une escapade n'était pas une idée folle en soi. Il l'écouta d'abord d'une oreille, prêt à se laisser séduire par l'idée si cela pouvait leur faire oublier un temps les difficultés que leurs activités respectives leur feraient rencontrer dans le futur. Il s'étonnait cependant que le jeune homme soit naïf au point de croire qu'un voyage romantique pouvait les sauver.

Or, Nikolaï était heureusement plus malin que ça. Il se redressa un peu en l'entendant devenir beaucoup plus sérieux et lancer une soudaine réunion d'affaire entre les draps poisseux. La situation l'amusa. Il devina aussi très vite où son amant voulait en venir, et cela le plongea dans ses sentiments encore assez peu expérimentés. Au plus profond de lui, il ne demandait effectivement qu'à être plus présent dans les activités de Nikolaï. Sa grande dépendance professionnelle et la vulnérabilité dans laquelle elle le laissait, en faisait une relation très différente de toutes celles qu'il avait pu avoir. Il ne pouvait plus vraiment être disponible ou absent selon ses envies (car si le jeune homme lui disait être libre tel jour et à telle plage horaire, faire du chantage n'y changerait strictement rien), il ne pouvait plus considérer avec indifférence ses longs silence radio. Car s'il ne répondait pas au téléphone, qu'est-ce qui lui disait qu'il n'était pas retenu par des criminels, coincés par la police, ou mort ? La tentative d'assassinat avait rendue d'autant plus réelle cette possibilité. Mais il n'aurait jamais vraiment demandé à s'impliquer davantage dans ses affaires. Ils pouvaient voir ça comme une collaboration plus étroite, mais il n'en était rien. Plus il suivait Nikolaï dans ses affaires, plus il renonçait aux siennes. S'il avait souvent monté des magouilles peu légales pour faire tourner son empire médiatique, il restait dans une situation stable. Il avait déjà pris un risque en prenait la direction artistique d'un casino officieusement tenu par la mafia russe, et aux États-Unis qui plus est. S'il persévérait, sa place risquait d'être de plus en plus dure à tenir. Il devrait réviser sa manière de procéder, renoncer à certains capitaux pour investir sur d'autres marchés. Nikolaï lui faisait confiance, mais en partisan de la plus minime prise de risque possible, Lilian n'acceptait qu'à moitié la folie dans laquelle il plongeait. Il avait beau savourer l'ascendant qu'il exerçait sur son compagnon pour les joutes verbales, celui-ci le menait sur un autre terrain, et ce depuis qu'il était entré dans sa vie pour lui demander des conseils « commerciaux ». Il avait senti le piège prêt à se fermer sur lui, résisté comme il avait pu, mais maintenant qu'ils étaient ensemble, qu'ils voulaient rester ensemble, il n'était qu'un pion britannique au milieu des russes. Cependant, il ne savait plus très bien ce qu'il avait à préserver, et même si Nikolaï était loin d'être idiot, il savait que son intention première n'était pas de l'utiliser. Il serait, de toute manière, assez inconscient de lui faire confiance s'il n'agissait pas par lui-même. Il n'était fiable qu'avec ceux qu'il désignait. S'ils se débrouillaient bien, peut-être réussiraient-ils, au final, à unir leur compétences pour construire quelque chose ensemble. Il voulait en tout cas rester optimiste.

– Je ne suis pas plus attaché à New-York que toi et, en un an, j'ai déjà à moitié épuisé toutes les sources d'excitations nouvelles qui ont suivi le lancement du projet. Je connais le fonctionnement de la ville par cœur, le casino tourne déjà parfaitement sans moi, maintenant que le personnel est formé, c'est exact. Je suis loin d'être un expert de la côte Ouest, mais je pourrais relever ce nouveau défi. Je suis sûr qu'ils contemplent déjà avec envie le Fatal Games là-bas. – Il inclina son visage vers lui pour embrasser ses lèvres. – Cependant, tu sais que j'ai toujours d'autres choses à faire. Laisse moi le temps de me déléguer quelques tâches, et je pourrai te donner mes dates.

Les dates, il aurait pu les lui donner de suite. Il avait déjà en tête les jours où sa présence était la moins nécessaire et était, de toute manière, assez connu pour sa tendance à prendre des congés au rythme de ses coups de tête. Mais il n'était pas question de se montrer à l'entière disposition de Nikolaï de suite. Il plaisanta ensuite sur le fait qu'il lui était impossible de se concentrer plus longtemps sur ses discours d'affaires alors qu'il était si nu et si offert à côté de lui, et l'entraîna à nouveau, le cœur un peu plus léger, et avec des gestes plus indolents, plus doux, sans aucun filament de sang. Il ne tenait pas non plus à malmener Nikolaï jusqu'à l'évanouissement, et sa mutation était satisfaite, comme en témoignait le carmin de son teint. Il était en forme, mais plus enclin à des démonstration affectueuses assez conventionnelles.


Dernière édition par Lilian D'Eyncourt le Lun 2 Mai 2016 - 20:34, édité 1 fois

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Re: All is fair in love and war [Lilian]

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Ven 27 Nov 2015 - 13:29

Sa façon de m’annoncer qu’il doit vérifier son emploi du temps titille ma curiosité et c’est presque instinctivement que je sonde superficiellement ses pensées pour réaliser qu’il ne s’agit que d’un jeu de sa part. De séduction ? Certainement mais pas uniquement. Lilian est plus complexe que lui-même ne le réalise parfois. Quelque part, il joue moins avec moi qu’il ne joue avec lui-même. Il craint d’apparaître trop attaché, trop dépendant, non pas tant à mes yeux qu’aux siens. C’est lui qu’il cherche à duper lorsqu’il change constamment d’avis. L’objectif est de ne jamais sembler suivre une ligne droite, d’être un point d’interrogation constant. Et pour cela, le premier qui doit avoir du mal à suivre, c’est lui-même. Pourtant, le fait est là : il a déjà accepté en son for intérieur et, s’il se sent mieux à prétendre le contraire, ce n’est pas moi qui vais le contrarier. Je suis venu dans de but de nous réconcilier, j’ai atteint mon objectif, il serait idiot de faire marche arrière pour une simple broutille.

-Très bien, j’attendrais tes disponibilités avant de contacter les bailleurs et comme ça on pourra prendre nos billets d’avions ensemble.

Il ne prend pas la peine de répondre à ma suggestion, démontrant par-là qu’elle est acceptée, et préfère m’attirer de nouveau dans ses bras pour un nouveau round. Et croyez-moi ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. C’est qu’on a toute la nuit devant nous et plusieurs semaines à rattraper.

The end

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