L'invasion apocalyptique des extraterrestres de l'espace

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Message  Yitzhak Anavim le Jeu 18 Juil 2019 - 9:57

Dans la vie, il y a deux catégories de personnes. Celles qui attendent que le temps passent et s'ennuient, et celles qui ont des projets, beaucoup de projets, trop de projets. Quand je suis bloqué sur un projet, je passe à un autre projet. Quand un projet n'est pas en accord avec mon humeur du moment, je passe à un autre projet. Et c'est sans compter des projets plus urgents qui s'imposent au milieu des autres. Ou ceux qui s'imposent tout court, même s'ils ne sont pas très urgents. Par exemple, l’incarcération injuste d'un jeune mutant dans un coin paumé de la Californie, c'est un truc qui s'impose sans crier gare, mais qui ne constitue pas une urgence absolue dans mon existence. Dans la sienne, sans doute. Mais, en ce qui me concerne, j'avais des études à finir, un début de carrière politique à organiser, beaucoup d'autres personnes à aider avec une plus grande efficacité parce que méthodes déjà vérifiées et optimisées, et… d'autres trucs. Des plans de machine à droite et à gauche. Je n'abandonne jamais aucun projet. Certains progressent juste plus lentement que d'autres. S'infiltrer dans une prison prévue pour accueillir des mutants, même quand ce n'est pas le Cube, demande toujours une haute préparation. Je ne voulais pas le faire à moitié, je ne voulais pas cesser toute activité pendant des mois pour m'y consacrer non plus. Il y avait plus important. Et puis, quand je suis sur l'élaboration d'une nouvelle machine, je me dis toujours qu'il vaut mieux la terminer avant car elle aura des chances d'être utile pour la réussite d'un plan d'infiltration en pause. D'ailleurs, j'ai eu l'idée d'un certain nombre d'inventions et améliorations à mon pouvoir grâce à l'idée de ce que je devrais accomplir dans un futur relativement proche. Bon, ça a mis deux ans. Je faisais des recherches sur la géographie des lieux et le niveau de technologie comme certains regardent une série netflix, pour passer le temps, me détendre, mais utilement.

Attendre le bon moment, pour agir, c'est aussi attendre le moment où on a envie de le faire. Se forcer, c'est gâcher ! Enfin, je vois l'opération libération d'un mutant comme une mission solo, un moment sportif, que je m'autoriserai avec plaisir dans une période en manque d'action, où elle sera une nouveauté  bienvenue. Autrement dit, une fois le plan parfaitement établi, j'ai attendu d'avoir la pulsion, le coup de tête, pour décider de le mettre à exécution. Vous savez, c'est un peu comme préparer un tas de plats à l'avance et les stocker dans un gros congélateur. Après, ça permet de manger ce qu'on veut juste en le réchauffant, parce que le boulot a déjà été fait avant. Si vous m'avez donc bien lu, je n'avais aucune idée que j'allais me retrouver à faire un voyage depuis Ghenosha jusqu'à la Californie quand je me suis réveillé le jour où j'ai finalement décidé de tout mettre en place. Je connaissais la vie et les horaires de tout le personnel qui s'occupait de la surveillance de l'aile où se trouvait Theodore Wu par cœur. Comme il en avait juste pris pour tentative d'homicide sans avoir manifesté de capacités gravement dangereuses, il n'était pas excessivement protégé, de quoi annuler ses pouvoirs pour qu'il se tienne tranquille, et rien de bien plus grave. Des démarches judiciaires étaient encore en cours pour clamer son innocence, mais c'est long ce genre de trucs, surtout quand il y a un cas de mutation à risque au milieu. Je pensais pas qu'il allait refuser mon offre de gagner peut-être 10 ans de liberté même si ça impliquait d'être recherché. De toute façon, ils allaient vite l'oublier. Se faire une nouvelle vie tant qu'on a rien fait de gravissime, c'est pas si dur avec les bons contacts. Et les bons contacts, ça tombe bien, c'est juste moi. En plus, j'avais préparé un plan super marrant. Oui, parce que j'ai tendance à faire que des projets qui m'amusent, même quand il pourrait y avoir plus efficace et prudent. C'est un vice terrible. J'aurais pu m'arranger pour prendre une identité d'un membre du S.H.I.E.L.D, préparer de faux documents, faire un aller retour en « empruntant » Theo pour une longue durée en le faisant passer par la sortie officielle sans que personne ait le temps de voir qu'il y avait un gros problème. Ça avait même été l'idée première. Mais je l'ai arrêté en cours de route. C'était chiant. J'arrivais à un résultat trop parfait, trop simple. C'était autant laisser un exécutant faire le boulot.

Donc, j'avais repris à zéro pour trouver quelque chose de plus satisfaisant. Ce jour, Sergio Mora, surveillant de prison à la vie très passable (je l'avais observé un peu plus longtemps que nécessaire, fasciné par la nullité de son existence) n'arriva jamais à son travail. Ce jour, Sergio Mora, c'était moi, trait pour trait, tandis que le vrai avait respiré de quoi subir une opération chirurgicale de 10h avant de pouvoir quitter son appartement. Je connaissais sa journée de travail type, ses relations avec ses collègues, sa manière de s'exprimer. Je n'ai eu aucun problème à entrer sans me faire remarquer, et faire presque comme à son habitude. La différence était que j'en profitais pour visiter les lieux en direct, et envahir le réseau informatique l'air de rien. Un grand spectacle, ça se prépare. Une fois certain d'avoir pris à peu près tout le contrôle du bâtiment, je suis allé avoir l'asiatique qui tirait la tronche derrière les barreaux. Il appréciait pas des masses ce pauvre type de Sergio Mora. Je lui ai fait un sourire qui avait rien à voir avec les sourires de Sergio, et j'ai ouvert la porte pour aller à sa rencontre.

– Yo. Tu dois te demander ce que ce bon vieux Sergio te veut. Alors je vais t'expliquer tout de suite ce qu'il en est. Je te préviens d'avance, on va pas avoir le temps pour des questions. Je ne suis pas Sergio, Sergio pionce chez lui. Je suis un mutant de la Confrérie, et je viens te sortir d'ici. T'es d'accord sur le principe ?

En disant ça, je m'approche de ses poignets retenus par des bracelets inhibiteurs pour les désactiver. Mais je m'interromps avant de le faire.

– Bon, écoute-moi bien. Ceci est une évasion participative. Une fois que je désactive ça, ça va être le bordel, ok ? Je compte sur toi pour me prouver que tes pouvoirs ont de l'intérêt.

Forcément, si le matériel devient soudain défaillant, c'est l'alerte générale partout. Mais j'ai piraté le système. Il y aura bien un système d'urgence qui va se déclencher, mais ça ne sera absolument pas celui auquel on pourrait s'attendre. J'ai bossé un scénario de malade, un vrai film. Je l'ai intitulé « L'invasion apocalyptique des extra-terrestres de l'espace ». J'avais pas d'inspiration alors j'ai fait un titre très long pour que ça se remarque pas. Une fois le machin éteint, tous les écrans de surveillance vont afficher la belle tête d'un genre de skrull (quand je vous dis que ça faisait partie de mes moments détente ce plan évasion, je mens pas) qui va annoncer la prise de contrôle des lieux et l'intention de libérer tout le monde, en précisant, bien sûr, que la moitié de personnel de la prison a déjà été remplacé. C'est tellement kitsh l'invasion extraterrestre, j'adore. A partir de là, ça devrait être la panique à bord. Les caméras de surveillance vont évidemment se brouiller et quelques explosions pas bien dangereuses mais inquiétantes vont se déclencher par-ci par-là, avec des fumigènes. Ça va être une vraie zone de guerre. Avec un peu de chance, le personnel va même se taper dessus. Autant dire que dans ce vaste chaos, qu'un prisonnier se ballade dans les couloirs ne va être la préoccupation de personne. Je passe quand même une veste de gardien à Theo.

– Mets ça, tu vas pas trop te faire remarquer non plus. Attend encore un peu, c'est maintenant qu'on va se marrer.

Je lui tourne un sourire féroce, toujours avec le visage de Sergio qui est vraiment pas adapté à ces expressions, parce qu'il a de grosses joues rebondies et un œil terne de gros débile en général, pas aujourd'hui évidemment. L'alarme se met à retentir au bout d'une longue minute pour alerter le personnel d'une invasion extraterrestre. Il ne faut faire confiance à personne blablabla. Excellent. Et l'annonce est couverte par des bruits d'explosions. Le reste du personnel ne fait plus du tout ce qu'il est censé faire. On fonce ! Ou pas ? Enfin, je comprends pas ce qu'il me fait le Theo. Alors que tout se passe relativement bien, il s'arrête à un tournant dans une zone pas du tout prévue par mon plan pour me dire qu'on peut pas parler sans Neil. C'est qui lui ? Il est sérieux ? Je lui dis que je suis là pour réparer une injustice, pas pour sauver tous les fous du coin. Mais il me dit qu'on parle de son pote et que lui aussi il est victime d'une injustice. J'ai pas le temps de m'intéresser à l'histoire, je sens que je vais pas avoir le choix que de collaborer parce qu'il va pas me suivre gentiment et que c'est fichu pour s'en sortir en suivant le plan à la lettre dans tous les cas.

– Il est fort ton pote ? je demande simplement en levant un sourcil.

Ce qu'il me répond me convainc amplement. Par contre, c'est con, c'est sans doute une zone dans laquelle ils vont rassembler des forces pour protéger les résidents les plus dangereux d'une attaque. Moi, je voulais juste libérer un petit mutant qu'on avait oublié, pas un type dont le potentiel inquiète.

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Message  Theodore Wu le Lun 16 Sep 2019 - 14:56

Je tape doucement sur mon lit un rythme que je suis le seul à entendre. Je ne suis pas assez con pour faire assez de bruit pour déranger d'autres détenus. Je pensais que le système scolaire était castrant, mais ça, c'était avant de faire personnellement connaissance avec le système carcéral. D'abord, y a les stupides bracelets. En plus d'être démodés, ils neutralisent les facultés des mutants. Donc, une prison de mutants est avant tout une cage à lions tous plus frustrés et confus les uns que les autres. L'ambiance est électrique, on se sent vite chez soi. Les gardiens contiennent les débordements, mais une violence sournoise teinte toutes les interactions. Ici, tu risques bien plus qu'une retenue, et une bagarre dans la cour se termine le plus souvent par la mort. Parce que les gardiens n'ont pas de mal à nous laisser nous entretuer. Ils n'encouragent pas les bagarres, mais ils ''suivent les protocoles'' avec une lenteur travaillée. Nous ne sommes pas dans la même catégorie qu'eux, nous sommes moins humains.

J'ai mis quelques semaines à me trouver une place dans un gang. À mon arrivée, je ne me faisais pas d'illusions sur mes chances de bien m'en sortir seul, même en ravalant mon obstination habituelle contre l'autorité. Faire partie d'une famille imaginaire d'incarcérés ne m'a d'ailleurs pas sauvé de tous les maux et m'en a attiré à certaines occasions. Toutefois, m'entourer de ces gens m'a forcé à choisir de leur faire un minimum confiance et à travailler en équipe avec eux. Et faire des projets secrets me distrait de mon envie permanente de m'exploser les mains contre un mur pour enlever les sales bracelets.

J'ai failli perdre le contrôle plusieurs fois contre des gardiens et contre d'autres détenus, mais je me suis concentré sur le travail des avocats de mon frère pour trouver un angle pour défendre ma cause. Ils ne pourront rien faire si je passe pour un fou furieux. Je n'ai jamais touché un gardien même si plusieurs m'ont brutalisé, et même les fois où j'avais le temps de le leur faire regretter avant l'intervention de renforts. Les détenus m'ont donné plus de fil à retordre en me provoquant directement. J'ai la bonne habitude de frapper plus fort quand on me tape en premier, mais j'ai chaque fois calculé mes coups pour épargner mon assaillant. Je n'ai pas eu pas le choix de répliquer : je ne peux pas passer pour faible ici. Les faibles, ils se font bouffer.

Je lève mollement les yeux à l'ouverture de la porte de ma cellule. Qu'est-ce que ce vieux débile de Sergio me veut? Je n'ai pas peur de lui comme de certains gardiens qui profitent de leur statut pour se défouler sur les détenus; il me répugne simplement. Il est toujours loin de l'action quand il est sur le lieu d'une bagarre et il le fait exprès de nous rappeler que la vie existe hors d'ici. Il passe entre les cellules en racontant ses sorties et ses passe-temps avec tellement de détails qu'on jurerait qu'il récite un texte qu'il a inventé.

Sergio m'explique qu'il n'est pas Sergio. Il ne se présente pas, mais il m'explique travailler pour la Confrérie. Il peut bien travailler pour le Diable, je n'en ai rien à faire parce qu'il désactive mes bracelets. Je modifie leur consistance pour les fragiliser et je les broie entre mes mains en moins de quelques secondes. J'avais oublié ce que c'était que de ressentir de la joie pure. Je mets la veste de gardien à toute vitesse. Je profite du message d'alerte pour retirer la taie de mon oreiller. Ce message d'alerte, justement… Mais quelle folie! Je ne pensais pas la Confrérie aussi marrante.

Nous passons quelques corridors sans attirer l'attention, jusqu'à ce qu'un gardien me reconnaisse et le signale à ses trois copains. Je plaque le mec de la Confrérie au mur et je me jette vers les gardiens, mon corps déjà préparé à parer les balles. Un gardien se retrouve en boule au sol, prisonnier de ses vêtements solidifiés, un autre est enfermé dans une cellule, dont j'ai ramolli pour l'y faire passer puis durci de nouveau les barreaux, et un autre est entre deux barreaux de cette cellule, enroulés autour de sa taille. Le dernier est simplement menotté avec ses propres menottes. Hey, quand on improvise, toutes les idées ne sont pas originales.

Nous croisons un autre petit groupe de gardiens auxquels je fais subir un sort similaire. Ma précieuse taie d'oreille se révèle utile de nombreuses fois, que ce soit pour aveugler, immobilier ou frapper nos ennemis. Je m'éclate comme jamais.

Jusqu'à ce que je pense à Neil. Oh. Je ne peux pas le laisser ici. Il semblait déjà se faire chier même en liberté. Pas-Sergio ne se montre vraiment pas enthousiaste à l'idée d'aller chercher mon ami. Je lui sors mon plus beau sentimentalisme : je ne partirai pas sans Neil! Je mise sur le fait qu'il n'a pas mis tout ce bordel pour repartir sans moi. J'ai une utilité aux yeux de la Confrérie. Ils me veulent en liberté, en vie et de bonne humeur. Du moins, je l'espère en feignant la confiance.

En route vers Neil après avoir convaincu mon sauveur d'aller le chercher, je me défoule sur quelques gardiens. J'ai amplement le choix, d'ailleurs, parce que le chemin vers mon ami grouille de braves petits employés. Je me sens coupable. Parce que j'étais quand même prêt à laisser Neil ici si l'autre me disait que l'aider mettait en péril notre évasion. Je me concentre à brutaliser des gardiens.

Je barricade la porte derrière nous avec la taie d'oreiller pendant que Pas-Sergio s'affaire à désactiver la cellule d'isolement de Neil. L'isolement… Tu parles d'une torture monotone. On te fiche la paix, personne ne te fait de mal, mais le temps te passe physiquement sur le corps, lentement, lourdement.

Les gardiens essaient d'ouvrir la porte qui ne bouge pas. J'ai à peine le temps de dire à Neil ce que nous sommes en train de faire. Une détonation. Je regarde le fou de la Confrérie. Je regarde Neil qui ne tombe pas même s'il vient de se faire tirer dans la tête. Je regarde la taie. C'est silencieux dans ma tête. Je ne comprends pas ce qui se passe.

Neil arrache la porte. Elle tombe à côté de moi. Bang. Un gardien – est-il entier? - tombe sur la porte. Bang. Un autre gardien hurle. Puis un autre. Je reviens à moi, mais je suis déjà en train de combattre. J'ai repris la taie, je ne sais pas quand. Je ne réfléchis pas et je frappe, écrase, pousse… Je m'amuse beaucoup moins que quelques minutes plus tôt. C'est peut-être l'abondance de morts qui joue sur mon moral. Mais l'important est de sortir d'ici.
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Message  Neil Rasmussen le Sam 21 Sep 2019 - 12:33

Un lit, une salle de bains, une télé, une basse et juste la place pour faire des pompes pour soulager ses muscles ; ça ressemblerait presque au genre de piaule que j'aurais pu voir à la fac. Sauf que le ciel, je le vois à travers ma fenêtre depuis deux ans. Ils disent que je suis trop dangereux pour qu'on me fasse sortir. Les mutants, ils connaissent, ils savent comment bloquer leurs pouvoirs. Pour les miens, ils ne savent pas. La cellule dans laquelle ils m'ont fichu a été prévue pour des types comme Hulk. Les sédatifs normaux fonctionnent pas sur moi, ils ont déjà essayé. Alors ils me tiennent enfermés, avec le moins de divertissement possible pour essayer de me casser l'esprit. Leur but, c'est que je finisse par collaborer et craindre suffisamment le retour ici pour rester sage. Mais, comme j'ai tenu bon, ils ont fini par m'accorder de vagues privilèges. J'ai eu droit à un instrument de musique, je peux regarder la télé une heure par jour, un moment que je finis par attendre avec autant d'impatience que celui du repas. J'ai droit à un livre par mois aussi, à condition de rendre le précédent. Et pas question de le choisir. Le mois se termine bientôt. J'ai hâte, même si je sais que ça va encore être un roman à la con. Faudrait pas en plus qu'ils me filent un truc qui a trop de chances de m'intéresser. J'en peux plus de parcourir Raisons et sentiment, quel livre de merde. Puis j'essaye même plus de m'en plaindre. La dernière fois que j'ai demandé un truc d'Histoire ou de philosophie ils m'ont apporté Twilight juste pour se foutre de ma gueule. Et j'ai fini par le lire, vu que j'avais rien d'autre à foutre. Mais à voix haute, pour faire chier aussi. Ça les a un peu calmés. J'ai pas eu droit à la suite de la série. Mes gardiens sont des sadiques, je crois que c'est un trait de caractère important pour supporter ce genre de sale boulot, surtout pour être affectés à ma cellule.

C'est encore pire depuis un an, depuis que j'ai raté ma tentative d'évasion, même si le projet est clair pour personne. Tout ce qu'ils ont pu constater, c'est que j'avais réussi à charmer celle qu'ils m'ont mise à un moment. Leur idée c'était de me donner une compagnie qui pourrait me rendre plus docile, me rassurer, ou je ne sais trop quoi. Contrairement à d'autres, elle n'était pas fermée à l'échange. J'ai senti que je pouvais la faire fléchir, alors j'y ai travaillé. J'ai même trouvé une utilisé aux livres débiles qu'on me filait. Elle trouvait mignon de me voir lire des romans qu'on aurait pas imaginé un instant dans les mains d'un criminel. Ça lui a tout de suite fait relativiser ma dangerosité. Bande de cons, va. Elle m'a proposé de me faire lire les livres qu'elle aimait bien. J'ai accepté. C'était pas plus dans mes goûts, mais ça donnait de quoi faire du lien. Pendant quatre mois, j'ai établi un genre de vie quotidienne bizarre avec Bianca. C'était presque amusant. Une fois par mois, on pouvait se faire passer des messages plus secrets dans les livres que je lui rendais et qu'elle me donnait. Dans le dernier, je lui demandais de trouver un moyen de désactiver caméra et micro pour une demi-heure, pour partager un vrai moment juste tous les deux, en faisant croire à une panne de système. Le plan, c'était : elle ouvre, je me barre. Mais voilà, elle avait l'air tellement inquiète de ce que je faisais, tellement émue de pouvoir m'approcher, que j'ai pas réussi à la pousser et à lui faire comprendre que je l'avais utilisée tout ce temps. Elle était pas particulièrement belle, pas spécialement mince, presque la quarantaine, le visage usé, et c'était clair qu'on l'avait mise là pour me donner une présence féminin, mais rien qui me rende trop dingue. Ceci dit, ça restait une femme, la seule que je voyais en un an. Donc, quand elle m'a pris dans ses bras, je me suis dit que c'était déjà pas si mal, que m'évader était moins important. On s'est pas fait prendre. Mais ils ont remarqué l'étrange panne. Ça a suffit à éloigner Bianca par sécurité, surtout qu'ils avaient remarqués qu'on se parlait un peu trop. Et, une autre année sans personne avec qui parler ni plan à projeter, une autre année ici, c'est l'enfer.

J'ai remballé la dernière offre qu'on m'a faite il y a huit mois. A ce moment, je me sentais encore assez de force pour tenir. Ils m'avaient prévenu, pour bien me faire peur, que si je ne saisissais pas ma chance, elle ne se représenterait pas avant plus d'une année. Ça m'a agacé ce coup de pression. Maintenant, je me sens bête. Je me retrouve à espérer qu'ils reviennent chaque fois que j'entends la porte s'ouvrir. Mais, aujourd'hui, c'est pas la porte qui attire mon attention, c'est l'alarme générale qui résonne jusque dans ma cellule. Une attaque extra-terrestre, qu'ils disent. Je me tiens prêt. J'espère qu'ils oublieront pas ma partie si le but est de libérer tout le monde. Tout ce que je vois, arriver, c'est un type latino habillé en gardien, avec une arme à feu puissante qui a rien à fiche dans les mains d'un gardien, et… Theo ? Je lui lance un regard surpris, mais c'est le vieux gardien qui me parle. A son ton, je comprends que c'est pas du tout le type un peu âgé et gras du bide que je crois voir.

– C'est toi Neil alors ? qu'il me lâche sèchement.
– Ouais.
– Parfait. T'as de la chance d'avoir un pote qui pense à toi.
Il pose les mains sur les barreaux. Je lui dis qu'il arrivera jamais à casser ça, que ça s'ouvre juste avec un code. Il me fait un sourire et me sort :
– Qui a parlé de le détruire ?
Les barreaux se mettent à fondre dans ses mains. Enfin, le métal se met à envelopper ses mains, ses bras, une grande partie de la surface de son corps. Pratique comme pouvoir. Je suppose que c'est un mutant. Je pose pas plus de questions et je me faufile à travers la brèche qu'il a créée. Theo contient l'intrusion. Apparemment, même en craignant une menace extra-terrestre, ça peut plaît pas qu'on touche à moi. Le faux-gardien me lance :

– Écoute, ta libération était pas dans le programme, alors va falloir que tu nous aides maintenant. T'es prêt à activer ton pouvoir ?
Je le regarde un peu perplexe.
– J'en sais rien, ça s'est déclenché qu'une fois et depuis je suis en prison.
– Tu te fiches de moi là ? Tu veux me faire croire qu'ils gardent sous haute surveillance un type qui représente aucun danger pour personne ?
Je lui réponds un peu agacé :
– Sans doute que j'en représente un, mais je sais pas comment ça fonctionne.
– Ok, c'est compris, donc, tu ne nous sers à rien. Pas besoin de poids mort.
Et là, j'ai pas le temps de réagir tellement c'est rapide et incongru. Le type lève son arme et me tire une balle droit dans la tête. Elle fait que rebondir, en me projetant ceci dit contre les barreaux. Je me redresse, une main posée là où j'ai senti l'impact.
– Mais t'es complètement cinglé ?! T'es là pour me sauver ou me buter ?
– Wahou…
Là, c'est lui qui recule. Il ajoute :
– Putain de flippant.
Le faire de me tirer dessus à déclenché un truc. Qu'on veuille me tuer, comme ça, gratuitement, ça m'a fait bouillir de l'intérieur. Les couleurs se sont comme fondues autour de moi. Je sens que je ne suis plus comme avant. J'ai envie de faire couler le sang du con qui vient de m'agresser. J'entends sa voix au loin qui me dit « Va aider ton pote, faut qu'on passe cette porte. Je suis là pour t'aider, vous sortirez pas sans moi... » J'ai encore assez de lucidité pour comprendre qu'il serait idiot de déchiqueter mon sauveur. Je le tourne dans la direction de Theo qui galère avec les gardiens. Les visages de tous les types qui ont kiffé me pourrir la vie se mettent à tourner dans ma tête. J'ai une occasion en or de leur faire pour de vrai tout ce que j'ai pu imaginer dans mes moments d'ennuis, les broyer, leur écraser les yeux, tirer sur leur mâchoire, arracher la tête, les entrailles et libérer, enfin, toute l'énergie que j'ai accumulé sans pouvoir vraiment me dépenser pendant deux ans. Je pourrais pas dire tout ce que j'ai fait exactement avant de me réveiller dans le jet de notre sauveur, un jeune homme en fait, avec une bouille que j'aurais jamais pu mettre sur un tueur psychopathe. Ça m'a fait bizarre de le voir me sourire avec sa belle gueule quand j'ai émergé et me dire que c'était en réalité cette même gueule qui m'avait tiré dessus sans aucune hésitation peu avant. D'ailleurs, fallait que je m'assure d'un truc après avoir observé mes bras et mes vêtements éclaboussés de sang séché.

– Tout à l'heure, t'as vraiment essayé de me tuer ou…
– Vu toutes les sécurités mises en place pour toi, aucune chance que ça te tue, dit-il simplement. Je voulais juste te donner un coup de pouce.
Il me tourne un sourire de petit con.
– Je t'ai dit que je maîtrisais pas mon pouvoir, vous auriez pu vous faire massacrer aussi !
– Ouais, massacre, c'était clairement le mot.
Je me tais un instant. J'ai pas de souvenirs clairs, mais je sais que je me suis pas arrêté aux gardiens que je pouvais pas encadrer. Je lui dis sombrement :
– J'ai pas la moindre idée du nombre de personnes qui sont...
– Je dirais, une petite vingtaine. Peut-être plus. A un moment, j'ai arrêté de compter.
Pourquoi est-ce qu'il me dit tout ça avec un ton si froid ? Comme s'il parlait d'une formalité. J'étais mortifié. Fichus mes plans de faire profil bas pour sortir de là. Si on me trouvait maintenant, je crois bien que j'allais passer directement par la case extermination. Et tous ces gens ? Ils avaient sans doute pas mérités de finir comme ça, putain. Je pouvais pas m'empêcher à penser à leurs familles, à ce que ça allait leur faire d'apprendre qu'un fou furieux avait démembré sauvagement l'un des leurs. J'ai même pas de mots. Rien à fiche qu'il soit le pilote du jet, même s'il est pas devant le tableau de bord, je me jette sur lui et le choppe par le col. Il bronche pas. Il me regarde juste bêtement et me sort :
– C'est marrant, t'as un air de clown chelou avec tout ce sang autour de la bouche.
Comment tu peux frapper quelqu'un qui te sort un truc aussi absurde et dérangeant. Il est fort, je dois admettre. Ou totalement débile. Mais le fait que j'hésite me fait plutôt dire qu'il est fort. Un vrai terroriste d'élite. Alors je le relâche. Il ajoute :
– Sage décision, l'avion ne va pas se conduire tout seul, et je pense pas que t'aies envie de te crasher avec lui. Oublie pas que je t'ai libéré pour faire plaisir à Theo.
C'est vrai, Theo. Je le regarde. Il a l'air de trouver la scène plutôt divertissante, lui. Ça me dépasse. Je sais vraiment pas quoi dire à part un plat : « Je suppose que je dois te remercier. T'as pensé à moi après deux ans. C'est… sympa... »
Assez touchant, à vrai dire. J'aurais sans doute fait la même chose pour lui, mais la loyauté m'étonne toujours de la part des autres. C'est pas si courant qu'on pourrait le croire. Même si, dans la situation actuelle, je suis partagé. Je lui en aurais jamais voulu de partir sans moi. Je lui en aurait peut-être même encore moins voulu en sachant ce qu'allait devenir cette évasion.
Le confériste m'a proposé d'aller à Genosha avec lui, j'ai refusé. Ça me disait rien un état avec des mutants, où l'idéologie finale allait dans l'idée d'empêcher aux humains normaux d'exister. J'aurais peut être pas été contre si j'avais été un mutant, mais c'était pas le cas. Donc, il a proposé de me lâcher à New-York. Je connaissais pas la ville, mais j'ai accepté. Il m'a dit qu'il pouvait m'aider à me refaire une vie, une identité, tout ce dont j'avais besoin. Je lui ai dit que je voulais rien, qu'il en avait déjà franchement trop fait à mon goût. Il a quand même insisté pour me filer des contacts louches, et il est parti, avec Theo. D'ailleurs, je m'en veux un peu. J'ai pas été très agréable pendant tout le voyage en avion. L'autre me tapait trop sur les nerfs et j'étais trop hanté par ce que j'avais fait. J'ai pas pris le temps d'essayer de renouer un semblant de complicité avec lui. Sur le moment, j'en avais pas envie, surtout qu'il avait l'air de le trouver bien cool et à son goût, le petit terroriste. Qu'il se débrouille. Et maintenant, j'allais devoir me débrouiller seul dans une ville inconnue où personne ne m'attendait.

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