Fox & Crow

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Fox & Crow

Message  Tessa le Mer 30 Aoû 2017 - 9:14


Les nuages obscurcissent le ciel de Jersey City mais il ne devrait pas pleuvoir avant ce week-end, ce qui ne change pas grand-chose considérant le taux d’humidité de plus de 80%. Il rend l’air moite en plus d’être tiède, ses 25°C étant dans les moyennes de température de septembre. Le vent s’agite à une dizaine de kilomètres par heure en direction de l’est, de Manhattan, et agite légèrement mon trench-coat gris alors que j’avance dans la rue qui suit cette même teinte, descendant Palisade Avenue. A chaque carrefour, j’entraperçois les couleurs plus vives des arbres, une rue plus loin, mais ce n’est pas la leur vers laquelle je me dirige. Entre deux bâtiments de briques rouges délavées se trouve coincé une section de mur bleue taguée de motifs variés et colorés renvoyant au nom de l’établissement, petit ovni reprenant une fable de La Fontaine et un roman de F. Scott Fitzgerald. Le Corbeau et le Renard comme Les Heureux et les Damnés sont des œuvres que je n’ai pas vraiment lu mais dont j’ai connaissance, l’une comme l’autre ne m’ayant pris qu’un instant de vie. Je n’accorde pas un regard aux poteaux de bois sombre qui délimitent les quelques tables de terrasse, simplement posés sur le trottoir et liés entre eux par une corde dont le beige absorbe l’humidité comme une éponge, ni à l’ardoise encadrée de ce même matériaux et qui indique l’Happy Hour. C’est pour celle-ci que j’ai donné rendez-vous à 5h, même si elle ne change pas grand-chose non plus.

La salle est étonnamment grande lorsqu’on considère le bâtiment dans lequel elle se trouve, suffisamment pour que les tables et le bar soient accompagnés d’une petite scène en fond de salle. Des locaux s’y produisent, un guitariste et chanteur, un violoniste et un bassiste canalisant le chaos animé d’autres locaux et éclipsant les discours des écrans encastrés entre les présentoirs derrière le bar. Le bois, bien qu’en meilleur étant que celui de l’extérieur, est l’élément principal de la décoration : il se retrouve au sol et aux murs, seul le plafond encore carrelé, et compose le mobilier comme les instruments de musique. Dissimulés derrière mes verres teintés, mes pupilles se dilatent un instant pour appréhender chaque élément de ce nouveau décor dont la luminosité artificielle, principalement apporté par des lampes de plafonnier  prenant la forme de chandelier modernes aux ampoules nues, permet d’y voir de façon plus colorée qu’à l’extérieure. La vingtaine de clients présents se répartie en une moitié en spectatrice du groupe et un tiers en pilier de bar ainsi ne prends-je même pas la peine de ralentir avant de me diriger vers une place libre.

Dos au spectacle et face au mur mitoyen de l’entrée, j’ai choisi l’un des bancs aux sièges rembourrés et m’y installe en gardant un œil sur la porte. Mon manteau trouve sa place à mon côté puis je replace correctement mon tour de cou avant de croiser les bras, mes doigts gantés touchant l’extrémité de leur vêtement, au niveau de mon biceps, et reposant contre mon débardeur. Je croise les jambes de façon plus savante encore, guidant le jeans slim comme les news rock qui le recouvrent partiellement dans l’axe de vue de l’entrée. A l’exception citée précédemment, tous mes vêtements sont noirs à l’instar de la partie supérieure de ma chevelure, certaines mèches ayant été décolorées pour tendre vers le blanc. C’est là le principal changement de mon apparence et il n’est pas dit qu’il dure encore longtemps, à l’inverse des Cyberlunettes aux verres rouges qui n’ont quasiment jamais cessé de dissimuler mes yeux bleus.

Mon attente sera de courte durée, je suis à l’heure précise comme à mon habitude. Le présent n’est que confirmation d’un futur possible parmi d’autres et j’ai à la conscience les plus probables, réagissant plus qu’agissant même quand c’est moi qui prend une initiative. Je ne fais rien sans raison et je sais que Jubilation en a conscience. Revoir une amie éloignée a de grandes chances de faire suffisamment plaisir pour que je m’en rende compte mais l’interaction informatique m’a toujours été suffisante ainsi fallait-il plus pour que je m’engage dans une invitation comme celle-ci. Le Fox & Crow n’est pas seulement un bar relativement proche de son appartement, c’est aussi un renvoie à des éléments signifiants qui m’ont poussé à le favoriser lui plutôt qu’un autre ; des éléments auxquels il n’est pas nécessaire de prêter attention, cela dit. Ma logique est plus complexe qu’elle ne semble mais je laisse le soin aux autres de statuer si elle me rend mécanique et prévisible ou particulière et imprévisible. L’un comme l’autre peuvent avoir leur utilité et ne m’importent pas au-delà de celle-ci.

Chaque chose vient en son temps cependant ainsi il n’est pas dans mon intention de commencer par l’aspect utilitariste, quand bien même les probabilités vont à ce que j’y vienne rapidement. Brusquer les gens peut être utile également mais ce n’est pas le cas, présentement, et, à défaut d’interpréter afin d’être plus sociable que je ne le suis réellement, j’escompte bien évaluer l’état de Jubilee avant de l’embarquer dans du boulot. Je ne me lèverai pas pour l’accueillir cela dit, rentrant simplement mes jambes sous la table afin de ne plus entraver le passage pour me faire remarquer une fois ce but atteint, et me contenterai d’observer et de déduire avec cette froideur que certains me passent et d’autres considèrent comme de l’indifférence. Les menus sont sur la table et, si je savais avant même de venir que je me tournerais vers un Ruby Crow, j’attendrai que Jubilation ait fait son choix avant de le manifester. M’en aller chercher les boissons ou attendre qu’on nous prenne en charge dépendra du besoin de mon interlocutrice à réfléchir ou non, comme c’est le cas lorsque je reçois quelqu’un à mon loft ; avec la nuance que la personne m’accompagne dans celui-ci, puisqu’il n’est personne pour nous servir.

Je peux faire beaucoup de choses sans sortir de chez moi, motivant d’ailleurs que j’y passe la majeure partie de mon temps malgré une sortie hebdomadaire minimale afin d’user de la piscine de l’Institut, et aurais parfaitement pu accomplir la tâche que je me suis fixée sans parcourir les 91,8km qui séparent l’Institut de cet endroit. Je l’ai déjà fait une fois par le passé, une occurrence qui a portée ses fruits et que j’escompte cultiver avec cette rencontre. La faire physiquement permettra d’entretenir quelque chose d’autre, même si je ne la manifeste pas beaucoup. L’amitié.

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Re: Fox & Crow

Message  Jubilation Lee le Sam 9 Sep 2017 - 12:38


« Un deuxième bébé ? Fergie s’est arrêtée quelques instants sur KTU radio, 103.5 pour répondre aux dernières rumeurs autour d’elle et de son mari Josh Duhamel. Le couple s'apprêterait en effet d'accueillir un deuxième enfant dans leur famille. La chanteuse maladroite est apparue dans un Morning Show en Caroline du Sud ce vendredi pour en parler. Elle communiqua ses ressentis à propos de ces rumeurs, son avis sur la vie qu’elle essaye de mener désormais et surtout comment son quotidien familial est. « J’ai vu tellement de rumeurs à propos de tout ça » dit-elle à propos des bruits courants indiquant que sa famille se dirigerait vers une adoption. « Je n’ai aucune idée de ce que l’avenir me réserve. Pour l’heure, j’ai juste continué mon travail, tourné mes vidéos et accouché de ma créativité. C’est comme si je donnais naissance à un autre type d’enfant, pas une naissance par le ventre… mais par l’âme. »
Kendall Jenner a été aperçu flirtant avec Blake Griffin. Une source a confirmé à l’US Weekly que la supermodel de 21 ans a été vu accompagné de la star de NBA âgée lui de 28 ans en plusieurs occasions ces dernières semaines. « Ils sont définitivement ensemble. Kendall et Blake sont ensemble” nous confie une seconde source avant d’ajouter. “Ils passent du bon temps ensemble. »

La vampire relève le regard de son tabloïd, abaissant le torchon éditorial sur ses genoux nus. L’air dépité et vide, elle pousse un long soupir avant de jeter le magazine sur la pile d’où elle l’a emprunté. Elle se relève alors de son trône tirant la chasse d’eau et commentant avec finesse et justesse
« US Weekly c’est vraiment de la merde. »

Après être sortie des toilettes et avoir passé un peu de temps devant le miroir, elle décida de retourner dans la salle principale du bar. Elle était déjà sortie depuis plusieurs heures avec Emily avant que cette dernière ne la lâche soi-disant pour aller réviser. Jubilee avait rendez-vous un peu après avec une vieille connaissance et elle avait fait en sorte que ses petites activités ne se chevauchent pas pour éviter de mettre dans l’embarras l’une ou l’autre. Ce n’est pas réellement qu'Emily serait dérangée de voir arriver une X-Women à la table où elle et Jubilee discutaient et buvaient, mais c’est plutôt l’inverse. De mémoire, Tessa n’est pas le genre de personne qui apprécie les imprévus. Calculatrice et parfois froide, la cyberpathe a toujours eu un don pour anticiper et prévoir les événements. Et si Jubilee, par son manque de bienséance, transformait un rendez-vous plutôt sérieux en soirée entre filles, cela risquerait de ne pas lui plaire.
C’est alors qu’elle allait s’asseoir, après avoir passé la porte menant vers les salles de bains et toilettes, qu’elle entendit une voix l’appeler.

« - Jub ?
- C’est moi
- Ça va ? Qu’est-ce que tu fais là ?
- Oh Adam, super timing moi qui voulait te draguer tu me surprends à la sortie des chiottes... Comment tu vas ? Tu chantes ce soir ?
- Ça va bien, oui je vais chanter, mais plus tard.
- The Archer marche bien ?
- C’est pas mal, j’ai eu de super retour même si c’est pas la gloire internationale encore.”
- Encore, patience...
- Merci d’ailleurs.
- Pour ?
- Le studio et le matos, ça m’a vraiment dépanné… Je ne savais pas que tu connaissais des stars.
- Ah, pas de soucis. Bah tu sais, quand on est une star soi-même, c’est facile d’avoir du réseau dans le show-business… Dazzler, Beyoncé, Kanye West. Tous de vieux amis
- Sérieux ?
- Nan… Juste Dazzler
- La meilleure des trois, c’est le principal
- C’est clair !
- Tu restes là ?
- Ouais, faut que j’aille retrouver quelqu’un. Elle doit être déjà là à mon avis, c’est pas le genre à être en retard. On se voit après ton passage peut-être, si tes groupies te lâchent les baskets.
- Oui, sans problème, vu que j’en ai pas…
- Des baskets ?
- Hein ?
- Hm, pardon, moi et l’humour, tu sais… Aller, à toute, chante bien. »

Se dirigeant vers les tables, Jubilee aperçut Tessa et se dirigea pour s’asseoir en face d’elle.

« Hello ! T’es là depuis longtemps ? T’as commandé un truc ? »

Appuyant sa main gauche sur l’épaule droite de Tessa, Jubilee accola sa joue contre la sienne, lui donnant une bise en guise de salutation, se penchant légèrement avant de s’asseoir.

« Comment ça va ? Ça fait longtemps qu’on s’est pas vu non ? »

»


Dernière édition par Jubilation Lee le Dim 17 Sep 2017 - 6:08, édité 1 fois

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Re: Fox & Crow

Message  Tessa le Dim 10 Sep 2017 - 10:26


Mon attente est de courte durée et l’entrée de Jubilation s’écarte des plus grandes probabilités. Toutes les conversations m’entourant sont analysées à défaut que j’y prête une véritable attention mais cela change lorsqu’une nouvelle s’engage après l’interpellation d’un diminutif familier. Tout aussi familier que la voix qui y réagit, me conduisant à retourner le visage pour accorder une part mon attention visuelle en plus de celle de l’auditive. La boutade de Jubilee a quelque chose de nostalgique, même si je ne suis pas certaine de mon sentiment, et sa discussion avec Adam Melchor, un artiste d’enregistrement dont le jeu de guitare folklorique et les chants impressionnants s’articulent en une mélodie familière et des paroles personnelles pour créer un récit vif mais vulnérable, me conduit à lui laisser une intimité inhabituelle. D’ordinaire, je prête attention aux visages familiers lorsqu’ils sont captés par une caméra liée à mon réseau mais n’en ai pas les paroles, aujourd’hui ce sont les échanges verbaux qui me parviennent et je tourne mon regard ailleurs. The Archer finira forcément par marquer, les autres archers promus par les médias Newyorkais ont tous un potentiel élevé ; qu’ils se trouvent dans la Young Force, les Jeunes Vengeurs ou soient plus indépendants. La nature de la relation entre la vampire et le chanteur m’intéresse cependant plus que les archers et les suppositions se font même si le trait d’humour les oriente doublement : d’une part vers une amitié sans tabou justement du fait de la plaisanterie, d’autre part vers une possibilité de plus considérant que tout trait d’humour a un fond de vérité conscient ou non. Dazzler en est une illustration.

La discussion ne s’attarde cependant pas, même si l’Adam reste à portée de main pour examen ultérieur, et c’est à mon tour d’avoir l’attention de l’amie commune. Je ne fais rien pour l’attirer cependant, continuant de fixer ce qui est du vide pour quiconque de l’autre côté de mes verres teintés. Sans raison apparente, un léger sourire apparait sur mon visage lorsqu’il est question que The Archer ait au moins une groupie, Jubilee. Elle et l’humour, c’est une affaire à suivre ; si on y arrive, à la suivre.

Mon visage redevient impassible alors que les pas s’approchent de moi et je range mes propres jambes sous la table, l’utilité de la précédente position accomplie. L’interpellation déclenche une réaction automatique et je fais la bise avec la politesse requise avant de répondre aux deux questions m’ayant été posées, ce que je fais en me contenant de deux mots applicables à chacune d’elle.

Pas encore.

Je ne suis pas encore ni là depuis longtemps ni commandé. Un simple "non" aurait suffit mais commencer par une réponse fermée alors qu’il ne s’agit que des salutations est contreproductif, mieux vaut garder des termes dirigeant vers une suite.

Depuis le dimanche 31 mai 2015, quand j’ai annoncé que j’allais quitter le SHIELD. J’ai recommencé des activités plus intenses depuis mais mon projet d’études ne s’est pas concrétisé.

Devenir étudiante dans le supérieur considérant mes capacités peut être perçu comme absurde, j’en conviens parfaitement, mais cela aurait assuré une certaine couverture si le SHIELD décidait de garder la traçabilité d’une ancienne agent d’analyse. D’un autre côté, mes anciens "supérieurs" ne seront pas surpris de me voir reconvertie dans le trading ; c’est une utilisation plus égoïste de mes capacités mais c’est une utilisation rationnelle. Surement plus rationnelle que de chercher une quelconque reconnaissance de mes connaissances en matière de biologie sous tutorat d’Henry McCoy ; d’un autre côté, j’accepterais toujours, même deux ans après, un cursus spécialisé à ses côtés.

Et toi ? Ta recherche de stabilité a porté ses fruits au point que tu envisages de la mettre à l’épreuve ?

Cela fait plus de quatre ans que le vampirisme a modifié le code génétique de Jubilee mais la première année fut difficile pour celle-ci. Le départ pour le Bureau du Paranormal était celui d’une recherche d’équilibre, tant face aux changements advenus dans ses relations à l’Institut suite à celle-ci que face au traumatisme de la transformation en escomptant protéger d’autres personnes de celle-ci. Evaluer la réussite de cette entreprise ne se fait ni en un instant ni réellement par les mots mais l’un comme les autres sont partis-prenants. Et puis c’est l’occasion de nouveaux traits d’humour comme d’un déni relativement aisé.

Ton panda roux te tient toujours la compagnie appropriée ?

Je comprends, intellectuellement parlant, pourquoi tant de gens les apprécient et la difficulté qu’il y ait de pouvoir en disposer d’un comme NAC, considérant son statut UICN d’espèce en danger. J’ignore s’il est meilleur compagnon qu’Agnees mais je n’échangerai pas ; cette dernière reste une amie intime, même si moins intime que les rumeurs le colportent, et le seul animal à m’intéresser n’est pas adapté à la compagnie. Pour ne pas dire qu’il n’est pas adaptable à la compagnie.

Croisant les doigts et apposant mes poignets sur la table, j’attends confirmation de mes suppositions avant de poursuivre. Si je n’ôte pas mes lunettes, je tâche de manifester physiquement la part mon attention qui ce concentre sur Jubilee.

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Re: Fox & Crow

Message  Jubilation Lee le Dim 17 Sep 2017 - 6:10


« Posant ses fesses sur le siège, son sac sur celui d’à côté et son smartphone sur la table, elle l’écoute. Tessa ne manqua pas de lui envoyer la date précise de leur dernière rencontre, comme à son habitude.

« Je sais pas vraiment si elle a porté ses fruits… Les choses sont pas aussi simples au point que prendre un appartement un peu plus loin de Manhattan et changer de boulot me rendent stable. Mon état de santé l’est cependant, tu as raison sur ce point. J’ai encore énormément à apprendre du vampirisme, de son fonctionnement. Aussi bien sur le plan biologique que surnaturel. Mais bon… Tu sais ce que c’est, I’m a slow learner comme on dit. Donc j’essaie de m’entourer des personnes qui peuvent m’aider le plus possible. Et c’est pas les génies qui manquent à notre époque. La preuve ! Ahah, je me tiens juste devant un. »

Lui souriant, elle ne peut s’empêcher d’être gênée par le fait que Tessa garde ses lunettes de soleil pour discuter. Jubilee a toujours été fan de cet accessoire de mode, mais c’est vrai qu’avant d’être vampire, elle préférait les mettre sur son front pour discuter ou lorsqu’elle rencontrait des gens. Elle a toujours eu l’impression d’être impolie sinon. Non, elle n’en veut pas à Tessa, la pauvre petite à suffisamment de problèmes pour sociabiliser que ce détail n’est pas si gênant. Peut-être est-ce un moyen pour elle de se sentir en sécurité. Qui sait ?

« En tout cas je ne compte pas m’arrêter là. Le vampirisme a des penchants que je combattrais toujours que ce soit intérieurement ou pour les autres. Je ne pense pas en venir à bout un jour. Des fois j’en viens même à penser que vouloir l'éradiquer n’est pas la bonne option. Enfin… trêve de bavardage… Tu n’as jamais été très loquace toi hein ? Faut pas me laisser partir comme ça sinon je dure des heures à parler de tout et surtout de rien. Enfin… Ne va pas croire que je ne sais pas tenir ma langue, j’ai été X-men je te rappelle, la culture du secret est quelque chose qu’on m’a appris autant qu’à toi. Quoique tu maîtrisais déjà l’art du mensonge et de la manipulation avant l’Institut peut-être… »

Jubilee leva la main, pour interpeller le serveur, sans succès.

« Y’a un truc qui tourne pas rond chez Koby… Il est très… Comment dire. Spécial. Tu me diras c’est ni son environnement naturel ni l’environnement qu’il a connu lorsqu’il a grandi alors forcément, ça doit pas être simple pour lui. Mais des fois, j’ai l’impression de le comprendre de manière limpide, comme si ses yeux me parlaient… Y’a une sorte de lien qui s’est créé entre nous, c’est assez particulier. Il est comme un petit copain. Je l’aime autant que je le déteste etje crois que c’est réciproque. Bon après j’ai pas eu des expériences très “normales” avec les “petits copains”, mais bon… Tu vois ce que je veux dire ? Ou pas d’ailleurs… Je t’ai jamais vu sortir avec quelqu’un… Ahaha. »

Elle s’arrêta, un instant, réfléchissant à ce qu’elle venait de demander avant de sourire bêtement.

« On va croire que c’est une obsession… À chaque fois que je revois une ancienne collègue, je peux pas m’empêcher d’aborder ce sujet… Excuse-moi. »

Deuxième tentative, la main se lève, un peu plus haute cette fois, sans succès. C’est à croire que Tessa avait choisi l’emplacement où on pouvait se fondre le plus dans le décor.

« Bon allez, je te payes un coup ! »

Si la main ne suffit pas, utilise ta bouche, comme disait le vieil adage. Jubilee pris une inspiration et décida de rompre l’ambiance calme du bar.

« Josh ?  Josh !? JOSHUAAAA ?! Ouais… ici, la naine chieuse, voilà ! Ahah ! Tu pensais pas que j’avais autant de coffre hein… T’as sursauté ?! Ahah… C’est bien la première fois que je te fais de l’effet. Hum, oui… heu… On va prendre quelques trucs à boire… Hum… Peut-être pas un truc trop fort pour toi Tessa… J’ai pas envie de te voir danser sur la table comme à ton habitude dès que t’as bu une un shot. Donc, heu… Du coup… Deux blue moon. Merci. »

Non, elle ne l’avait jamais vu, il ne s’appelait peut-être pas Josh non plus. Mais le résultat était le même, il allait lui apporter du breuvage.

« Bon sinon… Comment se passe le boulot ? Tu sais que j’ai toujours rêvé bosser avec toi à l’Institut… Et puis le hacking m’a toujours fasciné… J’essaie de m’y mettre en autodidacte, mais c’est pas aussi étincelant de talent que toi. Enfin… Étincelant est pas forcément le bon terme mais tu m’a comprise. »

»

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Re: Fox & Crow

Message  Tessa le Mar 19 Sep 2017 - 7:33


Avoir le doute pour réponse à ma première question ne me surprend pas, il est quelque chose que j’observe régulièrement chez autrui. Quand à ce que les choses soient plus complexes qu’elles n’y paraissent, je suis en désaccord mais comprends pourquoi : Jubilee n’a pas le recule nécessaire sur sa situation pour l’analyser correctement. Changer d’environnement permet une nouvelle fondation sur laquelle construire sa stabilité, pas la stabilité en elle-même puisqu’il s’agit d’une perturbation en soit, et c’est l’adaptation qui importe. Adaptation qui a amélioré la santé ; un pilier de stabilité. Les choses sont donc toujours en progression et l’apprentissage se poursuit, je reste peut-être impassible à cela mais j’en prends connaissance.

L’aspect biologique du vampirisme m’intéresse, sans doute pourrais-je aider à en percer les mystères mais cela ne sera accompli que si mon aide est requise, tandis que l’aspect surnaturel est déconsidéré ; le surnaturel me semble hors de propos, tout pouvant être expliqué et compris. Il n’est donc, par définition, ni surnaturel ni magie, juste des choses plus complexes qu’elles ne semblent. Ce qui est loin d’être rare lorsqu’on cherche à outrepasser les couches superficielles d’un domaine. Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir un apprentissage lent, contrairement aux autres c’est quelque chose d’instantané chez moi et il en perd toute valeur puisque ne réclamant aucun investissement. Je ne suis pas un génie, même si je me garde de le préciser par vanité et acquiesce au compliment pour que Jubilee sache qu’il est apprécié. Un génie est une personne qui marque son temps en révolutionnant un ou plusieurs domaines, ayant donc un impact sur la mémoire collective de l’humanité, ce que je me garderais bien de faire. Pour ma part, ma mutation me rend polymathe, je possède la connaissance approfondie d’un grand nombre de sujets différents. Un polymathe a plus d’aisance à être reconnu comme génie puisqu’il peut être amené à associer des connaissances de domaines inhabituels pour ses découvertes, ce qu’un spécialiste ne pourra pas faire, mais cela ne change rien dans mon cas. Le sort de l’Humanité ne m’intéresse pas, je suis seulement concernée par celui de mes proches.

Merci. Et si tu as besoin de mon aide pour trouver des réponses, n’hésite jamais.

Je ne souris pas en réponse à celui de Jubilation mais mon hochement de tête est la réaction la plus naturelle qui me soit venue, ou plus exactement la plus sincère. Je sais la gêne et le malaise que peuvent causer mes Cyberlunettes comme mon attitude froide mais les premières résultent de mon besoin d’occupation tandis que la seconde provient d’une volonté de sincérité au-delà des artifices dont je suis capable. Mes penchants sont moins dangereux que le vampirisme mais ils n’en sont pas moins nuisibles lorsque l’on cherche à aller au-delà de la superficialité, chose qui me prend plus d’efforts à faire dans le domaine du social que dans celui de la connaissance. Ne jamais réussir à en venir à bout est quelque chose que je comprends parfaitement, une impression avec laquelle je peux entrer en empathie, tandis que la reconsidération d’une volonté d’éradication me laisse imperturbable. Les contraintes environnementales surclasseront toujours les instincts car l’instinct de survie conduit à l’adaptation, d’où l’importance de l’environnement. Kitty me parlait récemment des ours ayant cessés d’hibernés au sein de zoos, c’est un exemple. Cela ne signifie pas qu’il est aisé de se débarrasser de nos penchants instinctifs, cela signifie juste qu’il est possible de le faire. Après, je doute bien moins que je ne parle et, comme le constate mon amie, je ne parle pas beaucoup.

L’élément de comparaison n’aide pas mais la voir s’ouvrir ainsi et monologuer est agréable. Cela fait parti de Jubilation et, contrairement à ce qu’on peut penser, j’apprécie d’autant plus les personnes drôles et bavardes que je profite de leur conversation sans trop participer. Un monologue de plusieurs heures ne saurait être gênant, d’une part il est intéressant dans le cas d’une personne pour qui j’ai des affects et d’autre part je continue mes activités durant ce temps, n’étant que très rarement mono-tâche. Faire beaucoup de choses ne signifie pas que je les fais mal, pas plus que le débit de paroles de Jubilee nuit à sa capacité à conserver des secrets. Tout est une question de maitrise de ce que l’on fait. C’est d’ailleurs pour cela que la supposition de ma maitrise de l’art du mensonge et de la manipulation avant l’Institut et les X-Men me conduit à sourire légèrement, amusée.

Quel bel euphémisme.

Je suis arrivée à l’Institution Charles Xavier parce que les probabilités m’ont conduite à être repérée au cours d’une mission et que mes capacités pouvaient permettre de faire quelque chose de moi. Mais les premières années à Graymalkin Lane m’ont vu poursuivre mes penchants et l’utilisation pathologique du mensonge comme la superficialité des affects et l’usage de manipulation afin d’obtenir ce que l’on veut des autres sont parmi les trois plus marquants. Le suivi psychologique m’a permis d’outrepasser cela et l’encouragement de liens sincères a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, les séquelles restant présentent mais la froideur inexpressive témoignant du décalage entre ce que je suis et ce que je ressens. Comme tout le monde, j’ai plus de facilité à être lucide sur mon environnement que sur moi-même.

Et c’est en cela que l’animal de compagnie est intéressant. Lui aussi doit s’adapter à son nouvel environnement et, à défaut de comprendre l’adage "I’m a slow learner", je conçois particulièrement que les influences réciproques conduisent à rendre vrai le dicton "tel animal tel maitre". Ce n’est pas plus simple pour Koby que pour Jubilee et leur complexité interfère avec le fonctionnement de l’autre. Ils sont liés car ils vivent ensembles et ont des affects profonds, d’où cette compréhension instinctive qui s’installe entre eux. L’adaptation à l’environnement, une fois encore. Quand à ce qu’il soit "comme un petit copain", je ne considère pas une nécessité de conflit dans une telle relation même si la proximité est effectivement propice aux complications. Chacun doit faire la part des choses pour s’adapter à l’autre et il y a forcément des erreurs dans cet apprentissage. Quand à ne pas avoir eu des expériences très "normales" avec des "petits copains", je vois ce que Jubilee veut dire et elle fait bien de marquer l’accent sur la normalité ; une notion qui se perd même si une norme reste.

Certains voulaient me caser avec Doug Ramsey, si tu te rappelles de lui. D’autres supposaient, ou supposent encore, un couple avec Agnees.

Non, ce n’est pas une obsession, c’est simplement le même signe qu’observé précédemment avec Adam Melchor. Jubilation est travaillée par la recherche d’un partenaire et ma question implicite sur sa remise en cause d’une éventuelle stabilité retrouvée a sa réponse. Une réponse qui m’adoucit les traits de bienveillance.

Tu t’excuseras quand tu auras trouvé quelqu’un et que cela sera ton sujet principal voir exclusif, d’accord ?

Je tâche de mettre une intonation encourageante, anticipant parfaitement l’intérêt que la plupart éprouvera pour l’élu de Jubilee. Intérêt que je partage, sachant que j’ai une information d’avance de part ma connaissance du candidat Melchor. Reste à voir si quelqu’un en voudra ou si elle restera tue quelque part dans mon cerveau. Les informations ont, à mes yeux, une valeur identique et tout ce qui n’est pas estampillé du sceau du secret coure le risque d’être dévoilé si le besoin s’en fait sentir, cela n’a pas changé. Ce n’est pas pour rien que la plupart des informations me concernant sont secrètes.

Me faire inviter alors que je suis à l’origine de la rencontre ne me dérange pas le moins du monde, j’y vois la marque de bonne volonté qui motive l’action plus qu’une impolitesse quelconque. De plus, il n’est question que de me payer un coup et il n’est pas certain que cela se limitera à cette quantité. J’anticipe les probables, comme toujours.

Je croise les bras alors que Jubilation se fait remarquer d’une façon bien à elle, pas vraiment surprenante mais tout de même rafraichissante, et attends qu’elle ait fini en ne pouvant retenir un petit sourire. D’une part, le discourt est amusant, d’autre part les réactions du public et l’ordre que cela met en leur sein est à la mesure, d’une dernière part la criarde n’est elle-même pas certaine d’où elle crie. Quand à la provocation qu’elle me lance, voici qui m’offre l’occasion de répliquer un nouveau fait avec indifférence.

Je n’étais pas ivre et tu n’étais pas présente lorsque j’ai dansé sur la table.

Je n’ai pas besoin d’être saoul pour entreprendre des actions que la plupart des gens considère comme désinhibées, j’ai juste à y voir un intérêt. C’est exactement pour cela que personne ne s’imagine l’origine réelle de mon surnom de "Lady", s’arrêtant aux manières que j’aime à avoir depuis que j’ai reçu une bonne éducation. C’est d’ailleurs cette bonne éducation qui m’évite de faire une remarque quand au choix de boisson, bien différent de mon intention ; et de mes habitudes de consommation. Sans être alcoolique, les cocktails font tout de même parti de mon quotidien.

Comme le boulot d’ailleurs, une question à laquelle je ne réagis pas du tout alors même que c’est celle qui me motive principalement à être ici. D’un autre côté, l’absence parfaite de réaction est une réaction chez moi. Je ne savais pas que Jubilee avait rêvé de bosser avec moi à l’Institution et ce n’est pas un mal que cela ne se soit pas fait considérant le faux démarrage que la Cyber-Team de Riley a connu. Quand à l’étincelante de talent, c’était la aussi une croyance de Singularity à laquelle j’ai fait face alors que ce n’était pas le bon terme. Mais je l’ai comprise comme je comprends Jubilee.

Oui. Mais je ne suis pas talentueuse, je suis cyberpathe. Kitty a du talent dans le domaine mais je suis meilleure car mes capacités naturelles me le permettent.

Ce qui est pareil pour la quasi-totalité de ce que je suis et sais faire. D’aucuns trouvent cela dommageable, voir méprisable, d’ainsi se baser entièrement sur ses pouvoirs. Mais mes capacités sont présentes à chaque instant que je vis et me les retirer reviendrait à me plonger dans une mort cérébrale. Plus que la plupart des mutants, je suis mes capacités ; je ne me limite pas à elles mais elles forment mes fondations, ma stabilité. Ni un don ni une malédiction, juste un fait.

Décroisant mes bras, je reprends ma position précédente en croisant mes doigts et apposant mes poignets sur la table. Face à Jubilee, je parle calmement.

Je peux t’aider pour le hacking également. Et même plus. Ton envie de travailler avec moi devrait trouver satisfaction mais nous y reviendrons plus tard.

Je n’ai jamais fait parti des jeunes prodiges des X-Men comme Jubilee ou Kitty, mon trouble de la personnalité ayant compromis toute avancée rapide dans les X-Men et m’ayant conduit à me diriger vers des missions qu’aucun autre n’aurait entrepris. Mais, l’envie de travailler avec Jubilation est présente également même si je la manifeste de façon différente. Néanmoins, les boissons ne sont pas apportées ainsi ne vais-je pas déjà m’effacer derrière les projets qui, d’un certain point de vue, constituent mon boulot. Les X-Men, bien qu’ils me salarient, ne sont pas sensés être un travail ; et ils ne le sont pas. Mais j’ai passé suffisamment de temps à être employée par le SHIELD pour savoir que la forme même d’un travail n’est pas quelque chose qui me convient, tant au niveau des horaires "fixes" que de l’absence de fin en soit. La Vidocq Society me suffit à rendre des services civiques et le trading haute-fréquence m’assure surtout de disposer de fonds pour mes projets. Projets qui, en définitive, ne correspondent pas à la définition classique de travail mais me conduisent à m’investir par vocation, ce qu’un travail devrait être.

Outre la famille, c’est du traiding qui compose mes revenus. Ça me simplifie beaucoup le blanchiment d’ailleurs.

Suivre l’argent est toujours un moyen d’investigation. Le salaire des X-Men est très confortable mais il faut bien le blanchir pour conserver le secret sur ceux-ci et l’Institution Charles Xavier pour Jeunes Surdoués ne peut pas s’en charger pour mon cas, puisque je n’y suis pas employée.

Après, ma principale occupation reste l’observation et l’accumulation d’informations et de connaissances. Je continue de m’assagir.

Ce terme est polysémique. Tout en étant littéral puisque je deviens plus sage, accroissant mes savoirs, et plus mature, puisque c’en est fini de l’adolescence, il renvoie également au fait que je suis de plus en plus Sage, l’X-Woman, par opposition à Lady, l’adolescente sociopathe, et à Tessa Doe, l’agente du SHIELD.

Enfin, je me tiens à disposition des membres de l’Institut s’ils ont un quelconque problème à résoudre et le courage de venir m’en faire part. Cela m’a même conduit à prendre sous tutelle une étudiante.

Jubilation c’est rapidement retrouvée tutrice X-Men, précoce comme toujours, et l’entrainement d’Amanda di Lauro a été très efficace puisqu’elle est aujourd’hui reconnue comme surdouée martiale et l’une des rares à battre Betsy. Jubilee comme Amy ne font plus parti des X-Men mais les relations restent, quand il y a la volonté de les cultiver. Je n’ai jamais eu la volonté d’avoir une étudiante et c’est possiblement surprenant de ma part, considérant ma préférence pour l’antagoniste face au mentor. Le plus surprenant reste de voir qui est la concernée, quand bien même il me semble improbable que Jubilee l’ait jamais rencontrée. Comme tout chez moi, il y a une logique et elle échappe simplement à ceux qui ne grattent pas assez les couches de superficialités. Et comme ce qui est important chez moi, je préfère rester évasive.

De ton côté, à part surveiller ta consommation d’alcool alors que tu y es immunisée, qu’est-ce que le Bureau te conduit à faire ?

Une information importante pour la suite même si j’ai déjà mes probabilités. Jubilee, tant par sa nature que par sa formation, a de quoi être une agente polyvalente au sein du groupe et je suis certaine qu’il sait employer correctement cette ressource. Même dans le SHIELD ils y arrivaient et pourtant ils sont loin d’être les meilleurs de leur domaine ; même s’ils le croient sincèrement.

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Re: Fox & Crow

Message  Jubilation Lee le Lun 8 Jan 2018 - 0:14


« Des plus simples questions peuvent naître, les plus complexes des réflexions existentielles : De l’adolescent perdu dans un monde trop grand, à qui on demande machinalement ce qu’il veut “faire plus tard” ; à la réunion informelle, où l’on te demande d’expliquer en quoi consiste ton métier. Qu’est-ce que le Bureau te conduit à faire ? Est en effet une question des plus simples dans sa formulation, dans son implication et sa compréhension. Pourtant, Jubilee resta pensive quelques instants, face à la complexité cachée de l’interrogation. Elle n’a jamais autant traversée de doutes et de peurs que ces quelques années passées au  BPRD. Bien que sa nouvelle condition de vampire n’a rien arrangée, le changement d’environnement professionnel, idéologique et personnel fut difficile pour elle à assumer. Partagée entre sensation de traitrise de son ancienne maison et perception d’ignorance de ce grand et puissant groupe policier… Jubilee, il fallait l’avouer, s’était perdue.

« Comment te dire… J’sais q’c’est pas pro’ de te parler de tout ça, mais... On va dire que je m’moque des conventions une énième fois… »

Divulguer des informations de l’organisation interne du BPRD a une représentante à qui on peut difficilement faire confiance n’est pas ce qu’on pourrait appeler, un comportement corporate. Mais toutes les informations que Jubilation Lee peut divulguer et toutes les informations que le BPRD peut vouloir dissimuler ne peuvent pas vraiment rester cachée d’une personne comme Tessa très longtemps. D’ailleurs, Jubilee s’en va peut être lui enseigner des choses qu’elle sait déjà, mais feindra ne pas maîtriser ou connaitre. Jubilee s'interrompit alors qu’on lui amenait sa commande. Elle leva alors son verre vers Tessa.

« C’est vrai que je ne peux plus me bourrer la gueule. C’est pas mal tu me diras parce qu’au moins j’ai pas de gueule de bois le lendemain mais bon, l’euphorie me manque un peu parfois… Surtout quand je vois dans quoi je la retrouve… À l’euphorie alors, en espérant pouvoir la retrouver un jour dans l’alcool. »

Dit-elle en trinquant avant d’en boire une grande gorgée. Elle poursuivit alors son exposé, venant, ça et là, piquer dans les petits amuses gueules et autres cacahuètes servis sur leur table.

« Oui du coup… Au bureau je peux pas dire que c’est la fête tous les jours. C’est assez spéciale comme ambiance : tout semble très secret et personne ne semble se parler ni se connaître. Les ordres de missions sont vagues et inconsistants. La hiérarchie est aussi très étrange. Il n’y a pas de titres à proprement parlé. Du jour au lendemain quelqu’un peu venir me voir et me donner des ordres et la semaine d’après c’est à moi de m’occuper d’un dossier. J’ai beaucoup de mal à m’y faire.

Et puis la vie de Bureau c’est pas simple non plus. Je dirais que chez le BPRD, y’a deux types d’individus. Ceux qui ont gagné leur liberté d’une manière pas forcément très explicite, et les petites mains. Sans surprise, je fais partie de la deuxième catégorie, mais j’ai pu rencontrer ceux de la première catégorie qui semblent vraiment opérer de manière plus autonome. Ils ont des caractères bien trempés et des profils atypiques. Genre, bien plus que le miens… Ahah.

Mais que ce soit l’un ou l’autre, je ne me faisais pas du tout cette idée du travail au BPRD. Je crois que je me projetais trop comme on est chez les X-mens, à collaborer dans l’ordre et la bonne humeur. C’est dingue, parce que je ne me rendais pas compte à quel point le groupe des X-mens peut être soudés et fraternel. De l'intérieur on y voit pleins de failles, comme partout, mais c’est une fois à l'extérieur qu’on se rend compte que l’herbe est peut être plus verte que ce qu’on pensait.

Du coup, j’essaye de devenir un peu plus autonome. J’ai rencontré un type talentueux, un scientifique. Il m’apprends beaucoup de chose et je progresse dans des domaines que je ne soupçonnais pas. Je trafique du matos, je gère mes propres réseaux de renseignements, mes propres installations… Je me mets au Hacking et à lire des forums étranges et des articles de journaux de faits-divers en Tchécoslovaquie dans les années 50...

D’ailleurs… Rentrer dans ce groupe a été une vraie confusion pour moi sur le plan du surnaturel. Je m’attendais à voir une organisation et un partage de la connaissance plus avancé qu’ailleurs. Avec des experts pointus et des agents calés dans ces domaines. Mais je me rends compte que ces informations circulent très mal. C’est comme si une grande culture orale était maintenue sur ce groupe. Tu trouve pas ça bizarre qu’avec l’ampleur qu’ils ont ils n’aient pas… je sais pas… Modernisé ou passé la vitesse ? En terme de… d’administration, gestion de la connaissance, théorisation… Enfin bref. Ils y a énormément d’incompréhensions de la pluparts des phénomènes et c’est ultra empiriques. Les logiques utilisées sont du plus de l’ordre du tâtonnements ou de l’intuition que de la démonstration mathématique classique.

Celui avec qui je travaille a sûrement été l’un des rares à théoriser les choses. Et je l’aide encore à théoriser des choses nouvelles sur lesquelles on bosse. Donc ouais, je bosse pas mal sur des interventions où il faut se démerder comme on peut. Prendre les infos, faire des mesures, analyser, comprendre, faire des rapports et mettre en place un plan d’intervention. Mais tu vois, encore un exemple, ce schéma d’intervention là, que je viens de te dire. Ben… On me l’a jamais vraiment explicité c’est moi qui bosse comme ça mais bon…

Si ça se trouve on me cache juste des choses parce que je bosse avec les X-mens. Y’a surement des enjeux diplomatiques qui me dépassent actuellement. Mais j’ai pris mes résolutions, je compte pas rester la petite vampire de service très longtemps.


»

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Re: Fox & Crow

Message  Tessa le Mar 16 Jan 2018 - 6:48


Avoir le besoin de réfléchir pour répondre à ma dernière question ne me surprend pas, rare sont les personnes à pouvoir synthétiser instinctivement une activité composant la majeure partie de leur temps. C’est, en un sens, tant mieux puisque témoin de variété. Après, cela augmente la difficulté lorsqu’on cherche à aller en profondeur ; une règle qui s’applique à la quasi-totalité des sujets. Cela ne va pas être professionnel de parler de la profession de Jubilation, le décalage de cette déclaration est apprécié même si sa cause est un certain malaise. Quand aux conventions, elles sont utiles mais non limitatrices sans quoi elles deviendraient des règles. C’est comme remercier le serveur qui nous apporte nos boissons : c’est une question de politesse de le faire mais la politesse n’est pas une règle, juste une convention. Il n’y a, en théorie, aucune pénalité juridique à ne pas la respecter, elle facilite simplement les choses. En pratique et dans la présente situation, elle permet d’éviter d’être désagréable sachant que, si on l’est, le serveur aura toujours un moyen de nous le faire payer discrètement. D’où qu’il faille prendre des boissons alcoolisées d’ailleurs, elles désinfectent tout éventuel crachat.

Avoir le besoin de réfléchir pour répondre à ma dernière question ne me surprend pas plus que le faire en abordant d’autres sujets. Mon amie tache de positiver l’immunité aux poisons de son nouvel organisme mais derrière l’optimisme perce le regret. Les regrets, même. Alors même que mon membre se tend afin de trinquer et que mes yeux participent en suivant la convention voulant qu’on fixe la personne avec qui on le fait, mon esprit s’active à une chose de plus : trouver une solution au problème juste énoncé. Les propriétés désinfectantes évoquées précédemment deviennent cependant un point négatif dans la distillation d’un alcool sanguin mais la solution est cependant trouvée.

En miroir, je bois une gorgée de bière également puis repose mon verre pour en revenir à ma position précédente tout en observant Jubilee faire ce qui lui est inutile de faire : manger des amuse-gueules. Consciente de l’absence d’apport énergétique que cela lui procure, mes évaluations vont à une action machinale d’origine psychologique ou, ce qui est préférable, que les papilles perçoivent encore le goût des aliments et que l’intérêt pour pareilles "friandises" soit donc sincère, non palliatif. Elles prolongent le temps de réflexion, cependant, ce qui est une utilité toute aussi valable même si n’excluant pas une autre.

Aucun lieu n’est agréable à vivre chaque jour qui passe, pour peu qu’on y passe suffisamment de temps ; la superficialité permet de découvrir les qualités, puisqu’elles sont mises en avant, tandis que l’approfondissement dévoile des défauts, puisqu’on devient suffisamment familier pour les percevoir. Evidemment, il est des qualités cachées comme des défauts visibles, faire primer les premières sur les seconds est simplement une convention crée pour des raisons de bon sens. Tout comme le secret au sein d’une organisation basée sur la magie, même si l’absence de familiarité entre les membres semble plus improbable déjà. Les ordres de missions sont probablement à la hauteur des informations récoltées sur la menace, aisée à percevoir mais difficile à identifier de par une diversité sans commune mesure avec ce que les X-Men peuvent rencontrer, par exemple. Que la hiérarchie tienne plus d’un groupe de super-sécurité que d’un groupe d’investigation et d’intervention classique était prévisible : beaucoup trop d’agents sont passés par les Super-Héros avant de se rendre au BPRD, difficile de leur imposer une structure rigide. Difficile aussi d’intégrer les personnes habituées à plus de discipline, également.

La difficulté de vie est déjà traitée, je ne m’y attarde donc pas. Quand aux deux types d’individus, on en revient également sur ceux ayant un passif et une puissance Super-héroïque par opposition à ceux plus normés. Cette séparation doit résumer en grande partie les deux catégories faites par Jubilee, à savoir les Agents Indépendants et les Petites Mains. Que mon interlocutrice fasse parti de la seconde catégorie en vient de sa discipline et de sa bonne volonté à aider, parfois problématique lorsqu’il s’agit de ne pas être exploité par des gens aux caractères plus invasifs et décisionnels. Des profils auxquels Jubilation a manifestement été confrontée et qui la font rire d’amertume ; un rire auquel je ne réagis pas.

A explorer l’étranger effrayant, l’esprit de la jeune vampire s’en revient au familier rassurant et je continue d’écouter cela sans un geste. La comparaison entre X-Men et BPRD est une chose que j’apprécierais faire également mais qu’elle soit à l’avantage de notre famille ne me surprend pas. En l’état actuel de mes connaissances et moyennant les ignorances que je sais posséder sur certains des autres groupes de Super-Sécurité, j’évalue que les X-Men sont probablement la meilleure organisation de la planète sur la plupart des domaines ; que cela soit la puissance destructrice, les capacités martiales, la cohésion ou le travail social. La perception interne à l’organisation fausse partiellement mon analyse mais j’en suis consciente, me limitant donc à un seuil de "probable" et non de "très probable" afin de compenser mon ignorance par probable surévaluation des groupes qui me sont étrangers. Pour l’aspect de voir les défauts une fois en approfondissement là où l’on perçoit surtout les qualités dans le superficiel, c’est un point déjà raisonné également et je ne m’y attarde pas autrement qu’avec un sourire destiné à confirmer à Jubilee mon accord.

Un sourire qui reste et s’accompagne d’un acquiescement à sa volonté de devenir plus autonome. Je redeviens impassible à l’évocation d’un homme provenant lui aussi des Petites Mains. La possibilité qu’il soit d’un quelconque intérêt affectif, comme le candidat Melchor croisé précédemment, est largement inférieure à celle qu’il se développe comme un mentor et Jubilation me le confirme dans l’instant, passant enfin à ce qu’elle fait concrètement au sein du BPRD. L’introduction a peut-être été longue et pleine d’informations déjà anticipées mais elle m’a apporté son sentiment et un point de vue plus éclairé sur la réponse qu’elle me fournit à présent, me permettant de comprendre avec une efficacité encore accrue. Trafiquer du matos prend donc synonyme de débrouillardise, ce qui se retrouve dans la gestion des réseaux d’informations et des installations. Le hacking a déjà été évoqué et l’aide proposée tandis que les forums étranges et les articles de journaux me font sourire, me renvoyant à mes propres activités machinales. Néanmoins, là où l’on peut s’attendre que ce système D provienne d’une volonté d’autonomie et de rentrer dans la cour des grands, des Agents Indépendants, la possibilité qu’il s’agisse simplement de faire correctement son travail a été largement entretenir par la déclaration jusqu’ici.

Et elle est confirmée par la suite, une chose qui me fait légèrement pincer les lèvres. La confusion d’entrer dans similaire milieu n’est pas étonnante, après tout le surnaturel détruit la notion d’impossible avec plus d’aisance que la mutation, mais l’énoncé des attentes anticipe une déception plus improbable ; même si, à mes yeux, logique. Le BPRD n’a pas intérêt à archiver la connaissance, il a plus intérêt à mettre en lien ceux qui la possède pour qu’ils travaillent de concert. Après, cette possibilité a déjà été traitée par une déclaration précédente, sur l’absence de communication interne. Une grande culture orale est logique considérant la culture dans laquelle évoluent les Agents du BPRD mais elle est inutile s’il n’est pas moyen de la communiquer. Je comprends pourquoi, malgré l’ampleur de l’organisation, elle ne se soit pas modernisée ni passée à la vitesse supérieure sur les domaines évoqués ; j’anticipe cependant que cela me vaille une longue parole à mon tour. Quand aux logiques de tâtonnement et d’intuition plutôt que de contremesures prévues à l’avance, les X-Men sont également dans ce cas malgré une centralisation de l’information ; Betsy m’a fait bien comprendre la méthode lorsque je me suis intéressée au monde des assassins.

La moyenne des gens n’aiment pas qu’il soit question de théoriser ou de décortiquer les mécanismes car cela implique qu’il y ait des mécanismes, qu’elle ne soit pas unique et merveilleuse mais au contraire un élément qu’il est possible de comprendre et d’anticiper. Que le mentor de Jubilation ne soit pas de cette norme et que mon amie cherche également à s’en séparer est logique considérant les éléments à ma disposition, justement parce qu’ils ont un fonctionnement et une logique compréhensible. On croit souvent l’être humain imprévisible, que cela soit à cause de sa psychologie ou de ses émotions ; la première est une construction à travers le temps comme les expériences et les secondes des hormones sécrétées fonction de l’environnement et de la psychologie, tout cela ne rend que plus prévisible moyennant une connaissance poussée du sujet. La science et l’étude fonctionnent pour tout, l’être humain n’a aucune raison d’être l’exception à cela.

Le BPRD n’en est pas une non plus et que la débrouillardise prime pour les interventions également est raccord avec des éléments énoncés précédemment. Le schéma d’intervention est cohérent, poussant un peu plus loin que le bon sens super-héroïque qui pousse certains à se rendre sur place et improviser ensuite, mais il n’est pas enseigné et probablement très personnel à Jubilation et quelques autres Petites Mains n’ayant pas la possibilité d’affronter quelqu’adversaire que ce soit avec leurs capacités propres. La supposition de la rétention d’information pour cause de collaboration est improbable mais trahit bien le manque de confiance ressenti et, conséquemment, apporté. La diplomatie est un autre nom de la politique ainsi n’a-t-elle pas à être notre affaire, justement parce que ses enjeux nous dépassent. Face à ce sentiment d’exclusion, cependant, Jubilee se renforce une nouvelle fois à rejoindre la cour des grands.

J’acquiesce donc à sa conclusion, impassible par conscience qu’un encouragement serait malvenu dans le cadre d’un renforcement négatif.

Il est improbable que ce soit ta liaison avec les X-Men, chose préétablie par ton passif et mise à profit par ta liaison avec les X-Gardiens, qui motive le silence.

Mon tour étant venu de parler, je m’anime un peu plus pour ne plus me contenter d’être simple confidente s’abstenant de juger mais dévoiler un peu plus de Sage ; de préférence, sans le faire d’une façon mécanique que même Danger n’aurait pas forcément. M’emparant de mon verre à mon tour, j’en bois une gorgée puis entreprend de me relancer dans mon exposé.

Un magicien ne partage jamais ses secrets. Si le BPRD centralisait ses informations sur les lois "surnaturelles", beaucoup de ses membres deviendraient plus dangereux qu’ils ne le sont aujourd’hui.

La magie permet de faire beaucoup de choses, pour ne pas dire tout et n’importe quoi, ainsi éviter le partage des connaissances dans le domaine c’est éviter que chacun puisse faire tout et n’importe quoi. A mes yeux, Zatanna Zatara a autant de possibilité que Wanda Maximoff et il faut limiter les êtres de cette dangerosité potentielle.

Ton organisation lutte afin d’éviter l’émergence de dangers magiques, elle ne doit donc pas en créer elle-même. Ce qui ne change rien au problème d’absence d’entraide cependant.

Les X-Men sont solidaires, ce sont une famille. La Batman Incorporated également, au point d’être surnommée la BatFamily. La Young Force l’est aussi, dans un sens plus amical que réellement familial mais les liens prédominent sur les objectifs également. Le BPRD, tout comme les Vengeurs, n’est pas dans ce cas. C’est un métier, une profession, avant tout. L’hyperspécialisation des éléments est un problème aisé à contourné par la communication et l’entraide entre eux mais, puisque tel n’est pas le cas, c’est une faiblesse de l’organisation.

Un moyen simple de le régler serait d’inclure dans votre dotation d’agent un téléphone satellitaire crypté contenant les numéros des autres agents ainsi que leur spécialisation. Reste à savoir à qui suggérer l’idée.

Le cryptage reste à la discrétion du BPRD mais je pense que l’organisation a moins d’adversaires capables de retourner ce genre d’accessoire contre elle que la moyenne des groupes de Super-Sécurité. Je m’en chargerais avec plaisir mais si la confiance n’est pas faite en l’une de leur propre agent jamais elle ne serait faite envers moi. Et, autant je peux déplorer le manque de confiance envers Jubilation, autant je comprends parfaitement celui envers ma personne.

Je suis loin d’être la personne la plus soudée et fraternelle des X-Men mais, si tu as besoin d’elles, je mettrais mes connaissances à ta disposition. Que cela soit pour t’aider à gagner tes galons d’indépendance ou à fabriquer un alcool pour vampire.

Je n’ai jamais été très douée pour juger de ma véritable valeur, tendant à m’accorder une importance bien supérieure à celle que je possède réellement, mais je considère que mes capacités me permettent de faire à peu près tout. S’il n’est donc aucune personne à venir voir, je suis le choix le plus approprié. Cela ne mérite pas qu’on y trinque mais j’y bois quand même un coup, seule. Je comprends la volonté de Jubilation d’aller de l’avant et de faire ses preuves mais je ne la partage pas, pour la simple raison que cela risque de la faire entrer en conflit avec les éléments déjà en place ; des éléments qui préféreront lui dire quand ils la jugent égale à eux que de la voir essayer de l’être sans leur demander leur avis. Il n’est cependant ni mon rôle de juger de cela ni de dissuader quiconque d’agir d’une telle manière, ne serait-ce que parce que la possibilité exister qu’il n’y ait pas conflit mais reconnaissance ou encore que le conflit débouche sur la reconnaissance. Il n’y a pas de bonne méthode à mes yeux, seulement des méthodes différentes plus ou moins appropriée à la situation. Et, considérant la situation qui m’est faite du BPRD, je ne saurais évaluer une méthode plus adéquate qu’une autre avec certitude. Dans le doute, l’essai est ce qui permet d’être fixé au plus rapidement.

Peut-être, afin de faciliter la théorisation et la classification des phénomènes, serait-il intéressant de te renseigner sur le fonctionnement des SCP.

Il est possible que l’un des forums étranges évoqué par Jubilation soit la Fondation SCP elle-même mais leur travail d’écriture consiste justement à mêler le surnaturel au scientifique et à l’académique. L’une des manières que j’avais d’envisager le BPRD était analogue à la Fondation, à savoir ne rien révéler de la magie que le Bureau emploie mais archiver tous les rapports d’incidents à portée de leurs agents. Il suffisait alors d’un système d’échelon décimal, comme au SHIELD, pour gérer l’information accessible audit agent et le tour était joué.

Je suis venue ici pour une opération officieuse visant à passer un nouveau palier du partage de la collaboration et de l’entraide inter-organisation, cela fait un moment que j’ai compris que le Bureau du Paranormal n’est pas un candidat intéressant pour les Illuminati. Sans qu’il ait été évoqué explicitement, j’ai donc trouvés une réponse à mon projet. Néanmoins, il n’est pas question de me détourner d’une amie à cause de cela, surtout lorsque le domaine qu’elle espère améliorer pour progresser est l’un de mes favoris.

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Re: Fox & Crow

Message  Jubilation Lee le Dim 21 Jan 2018 - 16:58


« Soulevant un point très intéressant, Jubilee fronça les sourcils tout en buvant sa bière. Il était en effet très probable que certaines informations soient cachées d’elles comme d’autres membres du BPRD pour ne pas leur donner plus de puissance dans un contexte où les secrets magiques peuvent mener à la découverte de forces insoupçonnées. Malgré tout, pour Jubilee, il y avait une distinction à faire.

« Mais je me demande vraiment si - en tant que magicien - partager tous ses secrets est nécessaire… Je ne demande pas que Strange livre la formule magique pour faire un parfait soufflé au fromage même quand tes invités sont en retard… Je lui demande juste de donner accès à l’ensemble du groupe à ses connaissances factuelles et historiques. »

Posant son verre, elle poursuivit en fixant la table alors que ses pensées étaient mises en forme par des gestes de ses mains. Elle tapotait et dessinait des formes inexistantes sur le bois de la table comme pour illustrer ses propos.

« Déjà, si on arrivait à avoir une base de données basique prenant en comptes :
Nom de l’incident
Type de menace
Comptes rendus des relevés
État actuel
Méthode employée
Personnes impliquées
Témoignages récoltés
Et j’en passe
Ce serait juste une mine d’information en or pour effectuer petit à petit de l’analyse basique. C’est bien beau leur magie et leur précognition à la con. Mais c’est toujours flou et laisse place à l’interprétation. C’est pas pour rien qu’on fait pas voler des satellites avec de l’astrologie, mais de l’astronomie…
»

Se prenant le visage rapidement entre les mains, Jubilee poursuivit avant de fixer à nouveau son interlocutrice.

« Et là c’est juste un premier jet, mais injecte des informations croisées avec des données de mythes et légendes locales où tu centralises l’information locale sur une matrice et une map. Ajoute une couche de data en temps réel avec des relevés effectués dans des zones critiques un peu partout sur la planète. Ajoute une surveillance permanente des quantités immenses des infos sur le net avec des systèmes de crawl et d’intelligence artificielle comme la CIA fait depuis 15 ans, pour comprendre ce qui se dit, chercher des mots clefs spécifiques et classer les infos.
Mélange le tout avec une bonne dose de talent en data science et data mining et tu as le meilleur système de surveillance et d’intervention sur le paranormal de la planète.
»

Elle croyait en ce qu’elle avançait. Elle avait, mine de rien, beaucoup étudié la question et était moins sotte que certains pouvaient penser. Même si une langue un peu acerbe et une faculté à en dévoiler beaucoup persistaient chez la vampire. Elle n’était pas une manipulatrice, mais quelqu’un d'honnête, douée d’un certain type d’intelligence qui ne faisait que resplendir à mesure qu’on la nourrissait de challenge divers et scientifique. Oui, une certaine naïveté pouvait la pousser à faire confiance - à tort diront certains - à Tessa dans une certaine mesure. L’avenir dira si cela jouera en faveur de Jubilee ou non.

« Et non, pour ça, on a pas besoin de savoir quelle culotte Strange a choisie ce matin. »

Proposition intéressante et base d’une communication saine. Jubilee se permit de rebondir sur ce que venait de souligner Tessa avec les communications satellitaires.

« Oui, ils ont commencé à bouger sur la communication satellitaire. Mais bon, pour moi il faudrait même passer par de la télépathie ou de la communication magique comme certains savent faire au BPRD. Ou alors faut qu’on balance nos propres satellites de communication dans l’espace, mais on se retrouve souvent dans des situations où les communications classiques sont coupées par EMP ou perturbation astrale… »

Le cas sur lequel travaillait actuellement Jubilee avec le scientifique O’Donnell était symptomatique des difficultés à communiquer sur le terrain lorsque les communications classiques sont autant perturbées.

« Le SCP, j’ai beau chercher j’ai rien trouvé de concret à propos d’eux. Je ne sais pas si ils se servent d’internet pour masquer leurs véritables actions derrière un voile troll du “c’est de la fiction” ou à l’inverse, je ne sais même pas s’ils existent vraiment. Il y a aussi la possibilité qu’ils soient connectés au BPRD d’une manière ou d’une autre et que je n’aie pas accès à cela. Nan, vraiment, même si leurs théories, classifications et systèmes d’informations semblent intéressants. Je reste sceptique à tous les niveaux les concernant… »

Mais trêves d’affirmations. Jubilee avait, en venant rencontrer son ancienne collègue, certaines demandes en tête. Et rien n’avancerait si elles ne les formulaient pas.

« Quoiqu’il en soit, j’aurai besoin de ton aide pour présenter un système complet aux grands pontes du BPRD. J’aimerai que le truc soit solide et tu es la meilleure pour ça. J’ai hésité à en parler à Kitty, elle qui est une sorte de petite génie de l’informatique. Mais je pense pas que la manipulation d’informations aussi vaste soit dans son champ de compétences. Après… C’est sur, tu pourras toujours te jouer de moi et construire une architecture où tu puisses y pénétrer et chopper l’infos comme bon te semble. Ou bien ouvrir des backdoors et vendre les accès au plus offrant.
Mais honnêtement. Soit on fait ça nous-même au BPRD et tu seras quand même capable d’avoir accès à cette info et, pire, d’autres personnes pourront sûrement faire de même. Soit tu m’aides, et tu seras la seule à avoir accès ce qui, en cas de fuite de l’infos en question, ne jouera pas vraiment en ta faveur. Loin de moi l’idée de te menacer de quoique ce soit, c’est juste que je suis pas dupe et je sais que l’Institut pourrait apprécier piocher dans cette base de données de temps à autre, mais je te fais assez confiance pour ne pas mettre le BPRD ni moi-même en danger. Donc… Le choix est fait de mon côté.
»

Voilà la limite de la naïveté de Jubilee : son pragmatisme. Elle préférait faire confiance à Tessa même si cela pouvait s’avérer être une erreur, que de ne rien faire ou faire les choses mal et seules dans son coin.

« En revanche… Je ne voudrais pas parler de toi au BPRD. Car j’ai peur que peu importe ce que je leur propose, ils refusent s'ils savent que les X-mens peuvent avoir la main dessus. Il faudra également prendre garde à ce que le système ne puisse pas se faire envahir par la magie leur permettant de filtrer les infos. Donc oui, clairement, si je te parle de tout ça, c’est que j’ai besoin de ton aide pour avancer. Mais avant…
Je veux savoir ce que t’en penses, toi. Pas en tant qu’X-men, pas en tant qu’ancienne ou future collègue… Mais en tant que toi, Tessa. Si je me goure complètement, je préfère que ce soit toi qui me le dises maintenant parce que ton avis a toujours été instructif.
»

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Re: Fox & Crow

Message  Tessa le Ven 26 Jan 2018 - 5:21


A défaut de froncer les sourcils en miroir à Jubilation, je trouve sa réponse tout aussi intéressante que le point que j’ai soulevé sur la sécurité interne du BPRD. Non, partager tous ses secrets n’est pas nécessaire et il est très peu de personnes pour pouvoir réellement prétendre ne rien cacher. Avoir son jardin secret fait parti de la norme, ne serait-ce que lutter contre ses défauts est déjà conserver un secret. Cela étant, il n’est ni question de défaut ni de puissance pour mon interlocutrice mais de simplement connaitre le passé de son groupe et les interventions qu’il a mené ; exactement comme je l’imaginais. Et comme cela n’est pas le cas, en dépit du bon sens. Le bon sens est la chose la plus mal répartie au monde mais je ne suis pas étonnée que des êtres comme HellBoy ou Bayonetta n’aient aucune considération pour "l’administratif" que serait la rédaction d’un rapport sur leurs activités. Les gens de leur trempe veulent une cible et l’autorisation de s’en charger à leur manière, non rendre des comptes. C’est une forme de liberté, même si contreproductive au travail en groupe.

Une base de données accessible de tous est salutaire pour celui-ci et Jubilee la réduit à une forme simple et efficace bien que volontairement non exhaustive. C’est cependant suffisant pour l’exemple et j’acquiesce lentement afin de signifier mon accord à la considération de cette base de données : une mine d’or, en effet, qui devrait être la base de l’organisation. En lieu et place, c’est la localisation magique et la divination qui sont employées ; des outils efficaces pour les initiés mais inaccessibles pour les profanes. Et l’on en revient aux raisons de ne pas former une organisation entière d’initiés, afin d’éviter la création de menaces magiques. Il n’est pas pour rien que l’on fait voler des satellites avec une science et non des croyances, je suis en accord même s’il n’est nul besoin de le manifester. Peut-être l’aurai-je du, considérant l’action suivante de mon amie. Se prendre la tête est littéral, dans son cas, et laisse clair le sentiment de confusion et de frustration qui la motive. Elle est devenue agente du BPRD pour trouver des réponses sur sa nouvelle nature, entre autres causes, mais n’a trouvé que des questions.

La partie plus technique qui s’en suit me fait apposer mes deux mains contre ma bière, coudes sur la table et buste en avant, afin de manifester un intérêt qu’elle ne croise peut-être que trop peu parmi ses collègues. La recherche d’informations est une base quelque soit le domaine où l’on travaille, malgré un aspect possiblement laborieux lorsque l’on manque de la curiosité à découvrir de nouvelles choses, et peut être perçue de façon diamétralement opposée lorsqu’il s’agit du surnaturel. Il est aussi aisé de la considérer comme primordiale, puisque l’on s’aventure à l’encontre d’éléments dépassant les cadres qui nous sont familiers, que de la percevoir comme inutile, puisque l’on peut faire face à des éléments mal documentés qui peuvent dépasser notre compréhension. Tout comme Jubilation, je crois en la première option car considère qu’il n’est rien pour dépasser notre compréhension si nous disposons de toutes les connaissances permettant de disséquer les mécanismes d’une chose, quel qu’elle soit. Mais c’est là un gros effort et investissement, possiblement inutile quand une munition de calibre 20mm permet d’en terminer plus rapidement ou aisément. Qu’importe récolter et croiser des données dans ce cas vu que la plus vieille solution du monde, la violence, reste efficace.

Parallèlement, la méthodologie mise en place par Jubilee est une solution certes moins facile que celle que j’ai proposée mais plus efficace, pour la seule raison qu’elle cherche l’anticipation des menaces et non la réaction. La recherche automatique d’information via les robots d’indexation puis son tri par des intelligences artificielles afin de croiser les sources pour extraire au mieux les connaissances les plus probablement véridique à partir des données récoltées puis les classer fonction de leur surface géographique permettrait au BPRD, sans même disposer d’une base de données fiable, d’avoir une première approche face aux événements qui sont en phase d’émergence. Cela fonctionne parfaitement pour les X-Men et le repérage d’apparition de nouveaux mutants nécessitant notre aide, puisqu’une irruption incontrôlée de capacités surhumaines laissera toujours des traces. Le Cerebro permet de localiser la personne à l’instar de ce que font les sortilèges de radiesthésie pour les radiations dimensionnelles mais il ne s’agit, dans un cas comme dans l’autre, d’un ordinateur épiant le partage humain de la connaissance. Pourtant, entre internet et les médias de masse, nous nous trouvons à cette époque. Une constatation que je mets à profit, passant le plus clair de mon temps de façon analogue à ce que Jubilation souhaite mettre en place, et qui me fait sourire à sa déclaration de meilleur système de surveillance de la planète. En l’état actuel de nos technologies, cela l’est. C’est cependant trop spécialisé pour que la plupart des gens s’y intéresse ; peut-être la Ligue des Assassins, en plus des X-Men, du SHIELD, de la BatFamily…

Je réagis à la blague amère de mon amie concernant les capacités de Strange, me plaçant en compréhension de l’exutoire qu’est celle-ci. Je ne suis probablement pas la première personne à qui Jubilation parle de sa méthodologie et, quand bien même je suis bien placée pour en parler à l’instar du reste, si elle est venue me voir c’est par l’opportunité que je lui ai offerte. J’anticipe qu’elle ait quelque chose à gagner à m’en parler et je n’ai pas proposée mon aide en vainc cependant, une fois encore, on vient me voir lorsqu’il n’y a pas de candidat éligible ; d’où l’amertume envers le Bureau. Je comprends qu’on puisse laisser quelqu’un se débrouiller pour voir ce qu’il sera capable de faire en autonomie tout comme je comprends que ledit quelqu’un puisse se sentir abandonné et non soutenu, un sentiment qui ne sera pas forcément comblé par d’éventuelles félicitations s’il réussit et clairement accru s’il échoue. Pour l’organisation, minimiser l’investissement minimise les coûts d’échecs sans nuire à ceux de réussite. Pour la personne, c’est tout une interprétation consciente ou non. Pour Jubilee, il s’agit de mettre en doute la confiance qu’on place en elle et d’y chercher des explications comme de vouloir faire ses preuves ; chose qui ne la motive que plus dans son projet. J’ignore si la manœuvre est consciente de la part du Bureau ou si c’est le désintérêt qui est responsable mais, dans tous les cas, c’est une méthode efficace pour tirer le meilleur parti de ses employés investis quand bien même elle est moralement usante.

Le BPRD progresse lentement mais il progresse tout de même, voici un aspect peut-être plus positif que ce qui a été dit de lui jusqu’ici. La communication satellitaire est une première étape qui peut sembler d’ores et déjà obsolète face à de la télépathie ou de la communication magique, en effet. Cependant, c’est une étape et la télépathie comme la communication via les énergies dimensionnelles reste réservée à une élite au même titre que la connaissance. J’ignore ce qui est plus dans les possibilités du Bureau entre démocratiser des appareils de communications magiques ou d’envoyer ses satellites ans l’espace mais j’ai une solution concernant le second cas, la même que j’use pour les Illuminati, et elle ne saurait être coupée par des perturbations classiques. Reste à savoir s’il est dans mon intérêt de la dévoiler mais je m’anticipe parfaitement bien.

S’il n’est pas à exclure que certains SCP soient inspirés de faits divers, il n’y a rien de concret dans la Fondation. Il s’agissait plus de s’inspirer de leur approche que de leur contenu.

Voici qui devrait disperser un scepticisme que je n’avais pas l’intention de donner. La Fondation SCP est de la fiction, même si son but est de mettre le doute sur ce sujet et qu’elle est probablement plus complète que les archives du BPRD sur ses activités. Ce sont en effet leurs théories, systèmes de classification et d’information qui peuvent être utile pour inspirer ceux que Jubilation tente de mettre en place, rien de plus.

Ce sujet conclut, nous en passons à un autre qui ne me surprend pas le moins du monde. Il y a un sentiment qui s’agite en moi à la confirmation que Jubilation vient réclamer mon aide mais je ne saurais m’avancer au-delà de mes probabilités sur la nature de celui-ci. Je n’agis donc pas en phase avec moi-même mais le fais de manière sincère et reste donc impassible à la demande, me contentant de regarder quel possible elle confirme et quels termes elle implique. Nous en sommes donc au projet qui pourra améliorer le BPRD et récompenser, ou non, les difficultés rencontrées par mon amie au cours des dernières années. S’il est incontesté que Kitty a une plus grande créativité que moi dans le domaine informatique, à l’instar de Batgirl, cela ne devrait pas être contesté que je sois capable de traiter bien plus d’informations qu’elles deux ; après tout mes capacités mutantes me permettent de faire plus en une seconde qu’un cerveau humain en une vie. Mais Shadowcat comme sa rivale sont sans doute plus fiables que moi, que quelqu’un partage cet avis me fait sourire de façon satisfaite. Jubilee anticipe comment je pourrais lui faire défaut d’une façon qui me ressemble, en piratant les informations, comme d’une autre qui ne me ressemble pas, en les vendant. On pourrait croire qu’elle me connait mal du fait mais j’évalue que c’est le contraire : elle me connait suffisamment pour savoir que je suis plus intelligente que cela.

Soit le BPRD fait cela en interne et je serais très probablement capable d’y accéder puisqu’ils n’ont pas les compétences nécessaires à ce protéger d’êtres du niveau de Brother Eye, de Cyborg ou du mien, soit le BPRD fait cela avec moi et on s’assure que seuls les gens capables de me rivaliser puissent trouver une faille ; des gens qui n’ont probablement aucun intérêt à la chercher, à part moi. D’où que je me montrerais plus intelligente que cela. L’idée d’une menace me fait sourire, puisque c’est par la peur que les X-Men imposent le silence à des organisations comme l’Arme X et le Club des Damnés même après que ses membres aient été enfermés à perpétuité et qu’il ne soit donc possible de s’en prendre qu’à leurs propres pour les atteindre ; dans une telle perspective, difficile de trouver le BPRD menaçant et je n’implique même pas la variable du manque de préparation. Accéder aux données du Bureau comme l’Institut le fait avec l’Initiative et la Young Force est moins intéressant que de le faire de manière analogue à ce qui est accompli avec l’Excalibur et l’Alpha Flight. Le choix est donc fait de mon côté aussi, depuis bien plus longtemps que la question de Jubilee d’ailleurs.

Mon sourire s’agrandit et ma tête se penche légèrement en avant alors qu’il est question de garder mon implication secrète : voici qui me plait suffisamment pour que j’en sois consciente et le manifeste comme tel. Sans avoir eu à tellement agir, j’en suis arrivée à une situation qui est des plus intéressantes pour moi quand bien même je n’ai nullement cherché à la favoriser. Sans me surprendre, c’est un plaisir très rare que Jubilation me fait et cela justifie parfaitement notre amitié. Les protections magiques sont un défi hors de mon champ de compétence mais c’est là l’occasion de l’agrandir, comme à chaque instant qui passe. Et la demande qui conclut cela me conduit à avoir une nouvelle action relativement rare mais pas inédite, mes mains déposant mon verre pour s’en venir retirer mes Cyberlunettes.

Mes yeux d’un bleu à l’intensité glaciale fixent Jubilation.

Une puis l’autre, les branches de mes lunettes sont pliées et celles-ci sont déposées au côté de mon verre sans même que je cesse un instant de donner sens à l’expression "lire une personne comme un livre ouvert" ; quand bien même le sentiment d’une dissection visuelle est peut-être plus approprié. Je ne garde pas mes yeux cachés que parce que mes Cyberlunettes m’occupent l’esprit, me protégeant de ma principale faiblesse qu’est l’ennui, mais aussi parce que je tends à mettre mal à l’aise lorsque je me dévoile ainsi. Je le fais en une occasion surtout : lorsque les choses deviennent personnelles pour moi. Et c’est le cas.

Je ne peux te répondre sans passer pour une cynique qui aimerait voir le monde brûler. Je vais donc être directe : pour moi, le monde brule déjà.

Je passe le plus clair de mon temps à collecter des informations à travers le web et les médias audiovisuels comme littéraires et à croiser les sources pour extraire au mieux les données exploitables que je classifie selon un degré de pertinence et d’utilité mais garde tout de même en mémoire du fait de l’incapacité d’oublier la moindre seconde de mon vécu. Je passe le plus clair de mon temps à prendre conscience d’évènements et de discussions à travers l’entièreté du globe à la recherche de ceux qui pourraient être intéressant au travers de tout le chaos généré à chaque seconde par plus d’individu que je ne pourrais jamais en croiser physiquement au cours de ma vie. Je passe le plus clair de mon temps à voir l’étendue de l’Humanité dans ce qu’elle a de meilleur et de pire, sachant que le pire attire toujours plus l’attention que le meilleur. Tout est causal et je suis l’une des rares personnes sur ce monde à ne pas avoir moyen d’en douter car je le vois. J’observe un cancer dont je fais parti chercher à faire survivre un organisme duquel il dépend non pour ne plus nuire à celui-ci mais pour continuer de pouvoir croitre en son sein. Je fais constamment face à une interrogation simpliste mais que trop peu doivent se poser : l’Humanité mérite-t-elle d’être sauvée ? Il n’y a pas de bonne réponse, juste un choix. Un choix que l’on a fait pour nous, aussi bien dans la culture que dans la nature car nous sommes programmés à chercher la survie et le développement. La différence entre la sociopathie et la psychopathie en tient à l’origine du trouble : sociologique pour la première et psychologique pour la seconde, en somme l’environnement externe ou l’environnement interne à un individu. Si ma mutation était responsable de mon trouble, je serais une psychopathe hors je m’évalue encore et toujours comme une sociopathe. Une sociopathe qui a été suivie et dont le trouble a été guéri, malgré des symptômes persistants. Des symptômes suffisamment persistants pour que je me considère toujours comme une sociopathe. Suis-je illogique et contradictoire avec moi-même ? Non. Mais je ne peux user de mes capacités comme je le fais sans séquelles, pas plus que je ne le pouvais en grandissant en Afghanistan.

Le projet que tu veux mettre en place peut grandement améliorer l’efficacité de ton organisation et ta méthode est cohérente, c’est également celle qui rythme ma vie psychique.

Voici tout ce que je dévoilerais de mes pensées et sentiments, n’aimant pas parler de moi. C’est rare que l’on me demande de le faire et c’est probablement injuste envers Jubilation mais j’évalue comme improbable la possibilité qu’il sorte quoi que ce soit de bon de mon esprit et ai le bon sens de ne pas partager le contenu de celui-ci, du fait. Je suis sincère envers ma famille, je sais juste quelle sincérité est attendue et je ne mentirais donc pas.

Tu ne te goures pas.

Tu dois être prête à affronter l’inertie du monde, cependant. Bien qu’imparfait, le BPRD a fait ses preuves et fonctionne bien actuellement. Ta tentative de changer les choses a un risque élevé de s’heurter à ceux qui y verront une contrainte ou, pire, une critique par rapport à ce qu’ils font déjà.

Les pontes de ton organisation ont un point de vue différent du tien et, dans toute leur sincérité, pourraient ne pas comprendre l’utilité de ton projet. Tu l’as dit toi-même, le Bureau évolue déjà et risque de considérer que tu veux brusquer les choses plutôt que les laisser se faire en leur temps.

Afin de minimiser les risques de conflit, tu as trois possibilités principales : réclamer l’autorisation d’agir, au risque de te la voir refuser. Agir et présenter tes résultats, au risque de les voir dénigrés. Cesser d’agir et attendre qu’on vienne te chercher, au risque que ce ne soit pas le cas.

C’est ton choix.

Maintenant, si tu es prête à pousser dans la seconde option comme ce que ton intention laisse à penser, je t’aiderais. Je ne dis rien que je ne puisse accomplir.

Quand à être une faille au sein du BPRD, je n’en ai pas l’intention. Je préfère exploiter les forces des autres que leurs faiblesses, il est plus facile pour eux de contrer les secondes que les premières.

Si ton projet arrive à terme et que la base de données du BPRD voit le jour, je souhaiterais que tu participes à l’un de mes projets personnels.

Je suis une personne impulsive mais je compense cela par l’intelligence. Je n’irais pas me servir chez les autres si j’ai un moyen, officiel ou officieux, qu’ils acceptent de me donner ce que je veux de leur plein gré.

La causalité, toujours. Si je vole quelqu’un, je suis son adversaire. Si je conduis quelqu’un à me donner, je suis son alliée. Etre adversaire comme alliée m’indiffère et je serais ce qui est le plus utile que je sois. Dans le cadre du BPRD, c’est l’alliance qui est le plus profitable aux X-Men. Oui, nos adversaires actuels sont obsolètes et faciles à combattre mais il n’est pas question de se reposer sur les lauriers de nos fondateurs. Peu d’entre nous ont de l’intérêt pour l’espionnage et le contre-espionnage, bien qu’on dissimule nos traces tout de même et maintienne une omerta qui ferait pâlir de jalousie les mafias si elles le savaient, mais nous avons tout de même des spécialistes en la matière. Oui, la Confrérie nous a piquée la X-Force et la Cyber-team c’est dissoute avant même d’être active malgré les fonds colossaux qui lui ont été alloués mais les Protocoles Xavier sont toujours là.

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Re: Fox & Crow

Message  Jubilation Lee le Dim 10 Juin 2018 - 18:48


« L’inertie du monde... L’inertie est la faculté d’un corps physique à conserver l’état de mouvement dans lequel il est. Que ce soit un mouvement nul, de repos, ou un mouvement déplaçant ledit corps dans l’espace. Ce n’est pas une grandeur, c’est une faculté de réaction à la matière lorsqu’elle est soumise à des perturbations et forces extérieures. On considère toujours plusieurs paramètres pour le calcul de l’inertie. Chaque paramètre implique le mouvement du corps. Sot est celui considérant l’inertie du monde comme une structure même du cosmos, capable de se transformer en énergie : l’inertie se calcule. On considère alors la force d’inertie, le champ de force d’inertie, le champ d’inertie, la masse inertielle, le référentiel d’inertie, l’oscillation d’inertie, les moments d’inertie, les principes d’inertie, la constante d’inertie, le volant d’inertie et l’inertie thermique. Mais les théorèmes physiques résidus de cours éparses à l’Institut n’aideront pas Jubilee ici. Car l’inertie du monde évoque bien l’inertie des sociétés, des groupes, des individus et des volontés de tout un chacun formant un tout et se mouvant à travers le champ des contraintes et des besoins. Tel un maillage préétabli où chaque partie exerce une force sur les autres afin de conserver l’état global de la structure. Une personne comme Jubilee est-elle bien la mieux placée pour interagir avec ce maillage ?

Elle est l'électron libre dans l’atome, la planète naine dans une ceinture d’astéroïde, l’élève du fond de la classe, l’attrapeuse dans un match de quidditch : elle évolue selon ses propres règles préférant se casser la figure que de suivre un chemin indiqué. Et si ses genoux sont pleins de plaies, c’est qu’elle n’apprend peut-être pas très bien ses leçons. L’important c’est de se relever, disaient-ils. Pour elle, l’important c’est de se relever avec classe, avec panache. La tête haute et l’ego démesuré, elle ne se laissera sûrement pas abattre par l’inertie du monde. Elle ne se laissera pas emporter par la routine bureautique d’un collectif de magiciens se reposant sur leurs lauriers. Jubilation Lee à la rage d’une vampire sous un soleil d’été, transpirante et souffrante, mais arborant le sourire carnassier d’une bête prête à bondir. Le BPRD a pu faire ses preuves, cela ne constituera pour elle jamais une excuse pour ne pas se surpasser. Elle est née talentueuse dans un domaine et l’est devenue dans d’autres. Elle a connu la rançon de la gloire avant même de monter sur les podiums, elle est la feignante cherchant le moyen le plus efficace de gagner du temps et de l’énergie. Elle est l’efficacité erratique d’une enfance sacrifiée sur l’autel de l’héroïsme : elle est sa propre inertie. Sa propre force centrifuge l’attirant vers les ennuis et les erreurs comme le sang attire les requins de ce monde sans commune mesure. De ce monde carnassier où elle est loin d’avoir les crocs les plus longs.

Alors ce choix est le sien, mais choisir bien ne fait pas partie de ses qualités. Elle réclamera donc l’autorisation d’agir en présentant ses résultats initiaux et attendant qu’on vienne l’arrêter.

« C’est donc décidé. Nous voilà complices. J’ai déjà la structure de la Base de Données en tête. J’ai beaucoup réfléchi à sa composition et son architecture et je crois qu’avec un peu de ressource et d’huile de coude, il est possible d’organiser quelque chose de très performant ! Je suis soulagée que tu me soutiennes. J’avais peur de ta réaction au début… Je dois te l’avouer. J’avais peur que tu te moques et… oui, ça peut paraître bête, me prenne de haut avec un regard froid en me disant que je ne savais pas de quoi je parlais et tout… Ahah… Désolé. Je me suis trompé sur ton compte. Cela fait plaisir d’avoir des amis sur qui compter. Merci Tessa. Je suis plus motivée que jamais. Je vais me mettre au travail très vite ! Faudrait qu’on se voie plus souvent. Je pensais pas dire ça un jour, mais… C’est agréable de discuter avec toi. J’ai pas vraiment de personne avec qui discuter du travail, d’informatique ou d’autres sujets de ce genre sans prise de tête. Mais j’ai quand même un peu l’impression de parler que de moi… Pourquoi est-ce qu’on inverserait pas les rôles un petit peu ? Quels sont tes projets en ce moment ? Comment ça se passe avec les X-mens ?  Tu sais… L’époque de l’Institut me manque souvent… J’ai passé la plupart de ma vie là-bas. Enfin… C’est l’impression que j’ai en tout cas. Je sais pas pourquoi j’ai encore du mal à tourner la page. C’est comme une partie de moi. Je sais qu’on se considérait comme une famille, mais tu vois. Même si mes parents me manquent, j’ai fait le deuil et j’arrive à avancer. Mais pour l’époque de l’Institut… C’est différent. J’arrive jamais à prendre des décisions sans imaginer ce que ça serait si j’étais encore là bas… Encore… normale. »

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