Singe sicilien et renard moscovite

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Singe sicilien et renard moscovite

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Sam 9 Mai 2015 - 6:39

Feuilletant une dernière fois le dossier pour me remémorer les enjeux de la réunion, je ne sais ce qui m’énerve le plus. Les multiples dossiers médicaux relatant os cassés, hématomes multiples et autres blessures ou les photos du camion transportant ma dernière cargaison d’héroïne en flammes à quelques mètres seulement du bateau d’où la cargaison provenait originellement. Santinelli s’est vraiment surpassé cette fois-ci. Il s’en est pris à mes deux ressources de revenus à la fois tout en se faisant un malin plaisir de traumatiser les filles pour qu’elles en déduisent que je suis incapable de les protéger. Et il n’est pas loin d’avoir réussi. Car, pour autant que j’ai pris en charge les frais d’hospitalisation des blessées et leur ai proposé de rester dans les chambres privées du casino à leur retour, nul besoin de lire leurs pensées pour réaliser que plus d’une se demande désormais sérieusement si travailler pour le casino n’est pas un risque inconsidéré. Ce ne sont après tout pas des filles de la rue mais des professionnelles qui savent se protéger et ont choisi le casino justement pour la protection que mes hommes offraient. Elles ne sont pas stupides, elles se doutent que toutes les affaires ne sont pas des plus légales mais tant qu’elles encaissent à la fin de la nuit, elles ne posent pas de questions. Sauf que si travailler pour moi commence à s’avérer dangereux, elles n’hésiteront pas à partir, entraînant peut-être même avec elles leurs compagnes et compagnons de travail. Ce qui s’avérerait un manque à gagner substantiel.

Raison de plus pour mettre les choses au point avec Santinelli. Je ne sais pas pour qui il me prend mais je ne suis pas un blanc-bec qu’on attaque sans conséquences. Et maintenant que je suis certain qu’il est derrière les attaques contre mon business, j’ai toute l’intention de régler mes comptes avec lui. Si possible sans violence. La dernière chose dont j’ai besoin c’est de perdre des hommes dans une guerre entre familles et d’attirer l’attention des autorités par la même occasion. Je vis très bien sans apparaître sur les principaux radars de la police, pas besoin de se faire inutilement remarquer. Car, si être totalement invisible est impossible – quelqu’un quelque part sait forcément ce que je suis mais tant que je ne cause pas trop de remous,  il ou elle n’aura nul besoin de venir me chercher des noises – être prudent ne l’est pas. D’où le fait que j’ai exigé de Santinelli un rendez-vous en tête-à-tête. En premier lieu, il a bien entendu refusé mais lorsque je lui ai fourni les preuves qui pointaient dans sa direction concernant le malencontreux « accident » arrivé à mon chargement d’héroïne, il n’a pas eu d’autre choix que d’accepter ou de se préparer à la guerre. Ce qu’il ne veut pas plus que moi. Que je dérange son business et qu’il cherche à me mettre le plus de bâtons possibles dans les roues est une chose, qu’il soit prêt à se lancer dans une guerre ouverte en est une autre.

En parlant des preuves, je serai curieux de savoir qui me les a fournies. Dimitri est en effet arrivé un beau jour dans mon bureau avec un paquet de feuilles relatant les transactions financières entre le comptable de Santinelli et une équipe de mutants spécialistes des explosions dont mes hommes avaient reconnu la marque sur mon camion détruit. Il m’a alors expliqué qu’un mail avec ces informations était arrivé sur son adresse privée le matin même. Autant vous dire qu’il était loin d’être heureux que quiconque connaisse ladite adresse alors qu’elle est censée être un secret bien gardé et qu’il était des plus méfiants vis-à-vis de l’information fournie mais, après vérification de mes propres investigateurs, il s’est avéré qu’elle était correcte. Décidant que je n’avais pas le temps de me préoccuper de ce mystère pour le moment avec la menace que Santinelli faisait peser sur mes affaires, j’ai donc poursuivi mon investigation et il n’a pas été difficile de faire coïncider les descriptions des clients ayant attaqué mes protégées avec celle de plusieurs sous-fifres de Santinelli. A partir de là, j’étais en position de force pour exiger une réunion avec le vieux Sicilien.

Réunion à laquelle je ne vais plus tarder à me rendre. Je referme donc le dossier, le range dans mon porte-documents et m’habille pour sortir. Dimitri et deux de ses principaux lieutenants, Sergueï et Anatoly, m’attendent à l’entrée du loft et nous nous engouffrons tous les quatre dans la limousine, Sergueï derrière le volant comme à son habitude. On quitte rapidement Manhattan en direction des abords du Queens. Santinelli m’a en effet donné rendez-vous dans un petit restaurant familial italien qu’il possède dans le coin, m’assurant que nous y serions tranquilles. Naturellement, je me suis empressé d’y dépêcher une demi-douzaine de mes hommes en avance pour qu’ils s’installent à proximité en cas de besoin. La télépathie a en effet cet avantage merveilleux de me permettre de donner silencieusement des ordres à mes hommes sans besoin de moyens de télécommunication s’ils sont dans un rayon de cent mètres. Il suffit donc que l’un d’entre eux soit stratégiquement positionné et il n’a plus qu’à relayer l’information par talkie-walkie aux autres.

Nous arrivons finalement à destination après trois-quarts d’heure de route et Sergueï se gare devant le restaurant. La rue est anormalement tranquille et je ne serais pas surpris que Santinelli possède l’intégralité du quartier. Je sais aussi qu’il y a une chance sur deux que je sois en train d’entrer directement dans la gueule du loup et je suis venu préparé à toute éventualité. Vouloir la paix n’empêche en effet pas de préparer la guerre en cas de besoin. Ainsi, lorsque le gorille à l’entrée du restaurant fait mine de vouloir me fouiller à la recherche d’une arme, je lui jette un regard glacial.


-Si tu penses sincèrement que je vais te permettre de me mettre tes pattes graisseuses dessus, tu rêves éveillé. A peu près autant que ton patron s’il croit une seconde que je vais me délester de ma protection au beau milieu de son territoire. Je suis certes venu négocier mais Santinelli ne m’a donné aucune raison de lui faire confiance alors je ne vois pas pourquoi je viendrais désarmé. Le même raisonnement s’appliquant bien entendu à mes compagnons.

Pendant mon petit discours, Sergueï et Anatoly se sont rapprochés de moi, comme pour me protéger du moindre danger et Dimitri s’est redressé de toute sa hauteur pour impressionner son adversaire. L’Italien est en effet loin d’être un poids plume mais, à côté de mon second qui cumule une carrure de bodybuilder avec une taille plus élevée encore que mes 187 cm, il ne fait pas le poids. Il nous laisse donc passer à contrecœur et je prends la direction de la seule table occupée d’où la silhouette grassouillette de Santinelli a observé toute la scène avec un faux sourire bienveillant. Il m’adresse d’ailleurs la parole comme si nous étions des amis de longue date alors que je prends place face à lui, Dimitri s’asseyant sur ma droite tandis que Sergueï et Anatoly restent debout derrière nous.

-Et bien Kolyakov, te voilà bien tendu ! Ce n’est pas une attitude propre à la jeunesse, si tu continues comme ça tu ne tiendras pas longtemps dans ce business.

Les paroles sont mielleuses et écœurantes, tout comme le personnage, mais je saisis parfaitement l’insulte et les menaces derrière. Il critique mon jeune âge et mon inexpérience et me propose déjà de prendre ma retraite. On m’avait prévenu que ce vieux singe avait plus d’un tour dans son sac derrière ses airs bonhomme mais je n’y croyais qu’à moitié. Apparemment c’était bien vrai et ma méfiance déjà élevée jusqu’ici ne fait qu’augmenter. Je ne sais pas ce qu’il a prévu mais ce qui est sûr c’est que ce n’est rien de bon. Heureusement j’ai également quelques atouts bien gardés dont je saurai faire usage le moment venu.
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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Yitzhak Anavim le Mer 13 Mai 2015 - 15:34

Ces derniers mois, j’ai vu avec plaisir la mafia italienne perdre du terrain face à la présence de plus en plus agressive des russes. Même plus besoin que je m’occupe de faire capoter leurs petites combines, on s’occupait très bien de leur pourrir la vie à ma place. J’adore les imaginer enrager dans leur coin, c’est mon petit plaisir personnel, quoique inavouable. Parce que bon… J’ai un peu de mal à caser dans une conversation normale le pourquoi de ma haine tenace contre les siciliens, pourquoi mon ambition de nettoyer la ville des pourritures se limite essentiellement à leur organisation et non aux autres. Je pourrais bien entendu dire que ces connards n’hésitent pas à utiliser des mutants contre leur gré, mais ils ne sont pas les seuls à faire un business du gène x. Mon principal motif, c’est la vengeance, si on peut encore parler de vengeance à ce stade. Avant, j’arrivais à dire que je voulais retrouver l’amie qu’ils m’ont retirée parce qu’elle était la fille trop rebelle d’un Santinelli et qu’il fallait la « rééduquer » pour rendre sa mutation utile, mais je me suis fait à l’idée depuis quelques temps qu’il n’y a plus grand-chose à faire pour elle. Si elle vit encore aujourd’hui, alors elle doit plus ressembler à un légume qu’à une jeune étudiante. Rien que d’y penser ça me fait gerber. Alors oui, il y a ça. Et pourtant, ce n’est encore pas suffisant. S’il n’y avait que ça, j’aurais fait mon possible pour tuer une bonne partie de sa famille depuis longtemps. Mais non, il me faut faire un truc plus tordu, juste les détruire à petit feu, les laisser dans le désespoir de savoir qu’à chacune de leurs actions un peu trop ambitieuses, quelqu’un sera là pour semer le désordre dans leurs rangs. Je veux les sentir chialer mentalement parce que mon ex est avec eux, parce qu’il s’est bien foutu de ma gueule, parce qu’il mérite de souffrir et les autres aussi mais lui, surtout, je lui accorderai pas de tirer la moindre gloire d’une voie choisie par lâcheté.

Ça fait quoi, quatre ans, cinq ans que c’est terminé ? Il n’empêche que je n’ai même pas envie de travailler sur moi-même pour essayer de digérer ce qu’il m’a fait. Peut-être que si un jour je lui trouve un remplaçant, je passerai à autre chose, mais j’ai quand même du mal à tourner la page. Il m’a trop menti. C’est juste dégueulasse de découvrir à tout juste quinze ans que le premier amour de ta vie a torturé des femmes et tué des enfants, et autres trucs que je veux même pas essayer d’imaginer. Bon, on peut dire que je l’avais cherché avec ce besoin terrible qu’on peut avoir ado de s’enticher du premier venu, mais quand même, après que j’ai découvert la vérité, j’ai encore cru que je pourrais changer un désaxé pareil. En parlant de désaxé, je peux pas dire que s’amuser à entretenir sa haine de cette manière soit beaucoup plus sain mais… comment vous dire, ça soulage. Et il y a Vanozza. Et il y a les autres mutants. Et il y a trop de bonnes raisons pour ne pas arrêter de leur nuire maintenant que c’est devenu une idée fixe chez moi en fait, quitte à soutenir des organisations toute aussi puantes que la leur. Parce que dans cette guerre, je suis pas un super-héros ou un redresseur de torts à la Punisher, j’ai pas de honte à soutenir les pires crapules pour en faire tomber d’autres. Faut être méthodique après tout, se prendre trop d’adversaires à la fois, c’est débile et, au moins, j’ai pas la connaissance de sales trucs qu’ont fait les russes aux mutants. Bon, aprèèès on peut toujours parler de la situation des juifs chez eux, mais c’est pas forcément le moment de multiplier les combats non plus, c’est un coup à se retrouver à détester tout le monde.

En tout cas, je peux vous dire que la bande de Santinelli est très en forme en ce moment. Dans le genre coups de pute pour faire la misère à ces sales russkovs, ils y sont allés fort. Sans doute qu’ils commencent à perdre sérieusement patience et ne savent plus se tenir. Comme je suis toujours plus ou moins en train de les espionner, et que je me suis même mis à l’italien pour ça, j’ai intercepté une grande partie des messages qui commanditaient les attaques, pour les balancer à un des bras droits du groupe russe concerné, histoire de leur permettre de régler les problèmes eux même. Ce serait quand même dommage de mettre sa vie en danger quand on peut juste provoquer une tuerie de gang. Je vous dis, salauds utiles comme les autres les russes, je suis pas là pour trop leur sauver la mouille non plus. Sauf que… ce soir si en fait. Parce qu’ils ont fait la connerie de croire qu’ils étaient capables de négocier avec Santinelli tout en désamorçant un éventuel traquenard. Alors, j’ai aucune idée de ce qu’ils ont prévu précisément – je parle pas russe, et pas encore le temps de trouver un interprète volontaire pour traduire ce genre de trucs sans poser de questions – mais du côté des ritals, il y a de quoi faire un massacre si les choses tournent mal, sachant que, dans tous les cas, ils veulent s’offrir la tête du jeune Kolyakov, ce genre industriel sexy qui jure à la face du monde médiatique qu’il n’a absolument rien à voir dans le marché noir. Objectivement, ce serait quand même dommage d’envoyer à la mort un si bel homme mais, surtout, ça serait un coup très dur pour toute sa clique et une victoire magnifique pour les italiens. Donc, pas question de la leur offrir. J’interviens rarement directement dans leur planque, parce que je cours toujours un peu le risque d’être identifié, mais je n’ai pas vraiment le choix si je veux leur empêcher de prendre un coup d’avance dans le jeu.

J’ai l’air on ne peut moins suspect habillé tout en noir avec le visage couvert, mais de toute façon, il n’y a pas âme qui vive dans le quartier pour une raison franchement pas rassurante, et je préfère me déplacer sur les toits tel le chevalier noir (yeah). Je sais qu’il y a une cour intérieure au restaurant La Perla, dans laquelle on fait manger quelques clients quand on en autorise l'accès au public. Une partie du mur donne sur un entrepôt à pain et charcuterie, qui donne lui-même sur la cuisine, ouverte sur la salle principale où se déroule toute la scène. J’entre donc en me fondant dans le premier mur et en essayant de ne pas trop l’esquinter au passage mais c’est pas évident, ça fait un peu beaucoup de cailloux à emmagasiner d’un coup. Leur mur aura un sale gueule, genre épaisseur réduite de moitié avec des débris autour, mais tant pis. Je tends l’oreille en affinant au maximum mon ouïe. Visiblement, personne dans la cuisine, et comme les convives viennent d’arriver, les hostilités ne risquent pas de commencer de suite de suite. Ce sont des italiens, ils ont le sang chaud mais ils aiment la mise en scène. Du coup, comme ce serait quand même idiot d’être dans un garde-manger sans rien toucher, je me prépare un sandwich à la mortadelle en attendant que les festivités commencent. Faut bien passer le temps utilement, puis toute cette nourriture, ça m’a sérieusement rappelé que j’ai rien avalé depuis le bol de céréales de ce matin à cause de toute cette pression, en plus, c'est cool, ils ont ce pain italien un peu brioché trop bon.

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Scipion : Je puis nier une chose sans me croire obligé de la salir ou de retirer aux autres le droit d'y croire.
Caligula : Mais c'est de la modestie, cela, de la vraie modestie ! Oh ! cher Scipion, que je suis content pour toi. Et envieux, tu sais... Car c'est le seul sentiment que je n'éprouverai peut-être jamais. [Caligula, Camus]
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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Mar 19 Mai 2015 - 14:03

Plutôt que de réagir à la provocation facile de Santinelli, je lui adresse un regard impassible et me contente de répondre sans élever la voix mais avec une insolence évidente, caractéristique si facile à imputer à cette jeunesse qu’il s’est fait un plaisir de me rappeler que je possède. A chacun donc de jouer avec ses atouts.

-Un conseil qui aurait une valeur quelconque si tu ne faisais pas tout pour obtenir ce résultat même.

Le micro-froncement de sourcils que je perçois sur les traits du Sicilien est suffisant pour me prouver que j’ai fait mouche. Il commence à comprendre que se contenter d’invoquer mon âge ne lui suffira pas à me déstabiliser. Pire, la différence de génération et sa décision de jouer la carte du paternalisme m’autorise à me couler dans le rôle du jeune loup plein d’ambition – ce que je suis par ailleurs – qui n’a aucun respect pour ses aînés. Et là où son ton anormalement familier apparaissait naturel de par son ascendant en termes d’années, le mien semble comme une première attaque. Une ambiguïté que je me fais un plaisir de laisser planer car, contrôler le rythme de la conversation est essentiel dans une négociation, encore plus lorsque l’adversaire est un grand amateur de spectacle.

En outre, si la situation était moins critique, je pourrais même apprécier son ironie. La facilité avec laquelle nous avons tous enfilé le costume qui convient aux clichés de nos origines ne m’échappe en effet nullement. Là où la présence de Santinelli occupe tout l’espace, je me fais un devoir de contenir mon ardeur. Et, alors que ses hommes révèlent volontairement leurs mauvaises intentions dans leurs postures et leurs regards, prototypes même de la vigueur et la promptitude méditerranéenne ; les miens sont de véritables statues, fidèles à leur image de géants des glaces.

Délaissant mes réflexions pseudo-philosophiques sur les identités hérités et/ou revendiquées, je reprends l’initiative en choisissant d’avancer mon premier pion. Les attaques de Santinelli m’ont en effet forcé la main et, si je ne l’oblige pas à reconnaître ses torts devant témoins, je ne pourrais jamais demander réparation et encore moins exiger qu’il cesse de s’en prendre à mes affaires.


-Ces dernières semaines ont en effet vu mon business faire face à plusieurs inconvénients majeurs dont l’origine, étrangement, semble toujours remonter jusqu’à toi. Dimitri, je te prie.

Ouvrant le dossier rassemblant toutes les preuves incriminantes et liant notamment Santinelli à l’équipe de mutants s’en étant pris à mon chargement d’héroïne, Dimitri entame son accusation. Pour l’instant, nous avons volontairement décidé de ne pas aborder les attaques de ses hommes sur mes filles qui pourraient trop aisément être rejetées comme des actions indépendants dont il ne savait rien. Alors que sa signature sur l’autorisation de transfert de paiement après la réussite de l’action  des mutants est difficilement réfutable.

Déconnectant de la voix profonde de mon second, je profite de cette occasion volontairement créée pour tenter une première incursion dans la psyché du vieux singe. J’ai en effet organisé le coup avec Dimitri d’avance, ce dernier devant prendre l’initiative d’attaquer Santinelli qui, trop occupé à ne pas réagir à ses propos, se désintéresserait momentanément de moi, me permettant d’aller voir quels sont ses projets réels. Car depuis son acceptation de me rencontrer, j’ai la sale impression qu’il manigance un mauvais coup. Il a beau ne probablement pas vouloir une guerre ouverte, cela ne signifie pas qu’après s’être si clairement impliqué dans la ruine de mes affaires, il va soudainement changer d’avis pour mes beaux yeux arctiques.

La première impression qui m’assaillit est celle d’une exaspération grandissante. Ce bon vieux Santinelli n’apprécie que très moyennement que nous soyons en possession de documents clairement confidentiels et se creuse tant bien que mal les méninges pour savoir lequel de ses hommes a pu le trahir en nous fournissant des informations aussi sensibles. Mais je n’ai pas le temps de profiter de la saveur gratifiante de cette première victoire car le sentiment suivant qui envahit l’esprit du Sicilien est bien trop inquiétant pour cela.


**Présente-moi toutes les preuves que tu veux bambino sciocco*, cela te fera une belle jambe dans l’au-delà. A moins que Nostra Signora** s’intéresse à tes doléances, si tant est qu’elle t’ouvre ses bras**

La haine quasi tangible qui je perçois à l’écoute de cette pensée et les images d’un macabre notable de mon cadavre criblé de balles étendu sur la table tandis que Santinelli et ses hommes se gorgent de Chianti faillissent provoquer mon retour incontrôlé dans mon corps. Heureusement, je suis capable de me rattraper à la dernière seconde et c’est dans le calme que je rejoins mon enveloppe corporelle. Mais si je fais un effort surhumain pour ne rien laisser voir de la découverte traumatisante que je viens de faire, mon rythme cardiaque, lui, s’accélère notablement – ce que Lilian ne manquerait pas de remarquer – et je prends quelques secondes pour respirer alors que j’entends Dimitri demander :

-Alors don Santinelli, qu’avez-vous à répondre à nos accusations ?

Sans prendre la peine de m’intéresser à sa réponse – de toute façon, il se trouve dans une position inconfortable et je doute qu’il réponde dans l’instant, ne serait-ce que s’il veut contrôler ses pulsions meurtrières quelques secondes de plus – j’établis immédiatement le lien mental avec Dimitri et les deux autres et les informe de ce que je viens d’apprendre. En effet, une des raisons pour lesquelles je n’ai amené que trois hommes avec moi – outre ceux qui sont cachés aux alentours – est car je ne peux mettre en contact que cinq esprits en comptant le mien. Ainsi avec Dimitri, Anatoly et Sergei, je peux encore intégrer Arkady qui dirige le groupe parqué à l’extérieur et qui sera chargé de relayer l’information aux cinq autres. Mais en attendant d’inclure ce dernier à la conversation, je veux prévenir les trois qui se trouveront le plus clairement dans la ligne de mire lorsque les hostilités commenceront.

**Ne réagissez pas à ce que je vais vous dire mais Santinelli a décidé de me liquider, c’est pour ça qu’il a accepté cette rencontre. Je vais immédiatement prévenir Arkady mais, en attendant qu’il fasse le premier mouvement, contrôlez-vous**

Sans surprise Dimitri et Sergei restent totalement impassibles face à mes paroles, si ce n’est qu’un observateur attentif pourrait remarquer la dureté renouvelée de leur regard. Malheureusement Anatoly est incapable de retenir ses émotions et, en parallèle de la ribambelle de grossièretés dont il abreuve notre canal privé, tout son corps se tend, ce qu’aucun des hommes de Santinelli ne manque et ne parlons même de Santinelli lui-même. Or, ce dernier n’ayant toujours pas répondu à la question de Dimitri, je m’empresse de prendre à nouveau la parole pour tenter de limiter les informations qu’il pourrait déduire du changement d’attitude d’Anatoly. Car s’il ne devinera jamais que j’ai appris son plan par télépathie, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne décidera pas d’accélérer son plan pour éviter tout type de complication imprévue. Or, tant que je n’ai pas eu le temps de prévenir Arkady nous sommes en désavantage marqué.

-Et bien, j’attends ta réponse, qu’as-tu à dire pour ta défense ? Comme tu pourras le constater la patience de mes hommes est limitée.

*gamin idiot
**Notre Dame

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Yitzhak Anavim le Mar 26 Mai 2015 - 17:07

Au moins, La Perla, c’est pas un attrape-touriste comme on en voit plein dans le coin. Leur bouffe est bonne. Si je devais faire une critique de consommateur sur internet, je suis sûr que je pourrais leur mettre cinq étoiles, mais je pense que j’en retirerais au moins deux pour l’ambiance. Contrairement à pas mal de resto, c’est vrai qu’ils se donnent la peine d’offrir un peu d’animation, mais le règlement de compte mafieux pendant le dîner, c’est quand même un peu tendu. Quand on est à cran, on se retrouve avec l’estomac noué, et ça c’est pas terrible pour la digestion. Après, c’est une remarque que je me fais pour la clientèle plus fragile. Moi, je vais bien, j’écoute avec attention même si je ne vois pas grand-chose avec un capteur auditif relié à des micros. Kolyakov et Santinelli s’affrontent. On sent que le vieux rital se sent comme un lion dans son domaine. Il a déjà épinglé pas mal de rivaux. Il se sent confiant maintenant que les russes se sont jetés tête la première dans son piège. Sa proie est à sa merci, ne se doute probablement de rien, et, s’il faut perdre des hommes de main dans la bataille pour l’avoir, il n’hésitera pas. Ceci dit, sous sa grande assurance, je sais qu’il est déstabilisé et qu’il est aussi en train de préparer un acte désespéré. Toutes ces fuites d’information, c’est pas bon pour les affaires. Il doit se demander qui est la fouine, être au bord du délire de paranoïa, et, forcément, il a besoin de se montrer courageux, flamboyant, pour garder le respect de sa bande. Un choix radical, comme celui de tuer directement le problème, c’est couillu quoi. Si ça réussit, son regain de popularité et de crédibilité est assuré. Mais si ça foire… Aha, les amis, j’ai hâte de voir de quelle manière il va se dépatouiller du gros bordel dans lequel il est en train de se fourrer. Pauvre type, j’ai presque envie de dire. L’humiliation totale. Et en plus, si on commence à vraiment croire qu’il y a des traîtres autour de lui, des vocations de traîtres vont se créer. Parce que bon, si certains l’ont fait, "pourquoi pas moi ?" peut-on se dire. Elle est dure la vie de parrain les meufs !

Les russes ne font pas trente-six mille révérences pour lui faire l’étalage de toutes ses frasques. Il devait s’y attendre, mais je crois que ça l’énerve quand même. Ça l’énerve, parce que c’est vrai, parce qu’il doit penser à toutes les personnes qui auraient pu livrer les informations, et se rendre compte que même si ses hommes sont de son côté à l’heure actuelle, il se pourrait bien qu’ils se sentent un peu gênés aussi d’avoir un patron qui sait si mal garder ses secrets. C’est pas bon pour leur assurance vie, ce genre de trucs. Alors il reste contrit, il met un petit temps à répondre. Le silence est pesant. Kolyakov le relance, et j’imagine que sous la peau de son crâne, quelques veines doivent palpiter de rage. Il me semble que c’est le moment pour moi de sortir de la réserve pour le glisser à quatre pattes derrière le bar en briques rouges par lequel les cuistots font passer les plats. On pourrait dire que j’ai l’air débile, mais comme je porte une combinaison noire en mode super espion, ça passe. Tout est une question de look, vous voyez ! Du wombat lourdeaux je passe à la veuve sournoise. Et, je sais pas pourquoi je pense à des trucs aussi inutiles alors que ça risque de saigner à quelques pas de moi. La réponse de Santinelli sonne vraiment pas bien du tout. Il commence par battre doucement dans ses mains, avec un air que j’imagine bien moqueur pour le bluff. Le ton aussi est particulièrement mielleux. La fourbasse a pas tellement d’autre choix qu’assumer insolemment ses actes si elle ne veut pas perdre la face et continuer de dominer le jeu.

— Ma défense ? Quelle défense ? Vous avez des espions efficaces, ah, benissimo. A votre place, je ne m’en vanterais pas tant. Depuis le temps que vous nous attaquez sur notre terrain, je commence à croire que vous avez du mal à rester à votre place, à la faire à la loyale, capisci ? Allora… Pourquoi serions-nous plus tendres ? Mais vous voulez que cette guerre ridicule cesse, je le souhaite aussi. Il serait bon de fixer des limites tous les deux. Seulement, il va falloir commencer par me faire confiance mon cher ami.

Rejeter toute la faute sur les russes en sous-entendant que tous leurs échecs leurs sont imputables, c’est plutôt pratique. Après tout, que pourraient-ils bien dire. « Les informations sont apparues par magie par mail » ? Dans le contexte présent, on peut pas dire que ça soit très crédible. Donc, Santinelli aurait eu raison d’attaquer leurs convois. Il se rattrape auprès de ses hommes, mais j’entends aussi un mouvement. Il s’est levé. D’autres pas m’indiquent aussi qu’on s’est dirigé vers la porte pour la fermer. Ça me semble un peu évident, ce serait bête de laisser une éventuelle cavalerie débarquer facilement.

— Il se trouve que j’ai à l’étage une salle privée bien plus confortable pour en discuter autour d’un excellent vino rosso del Piemonte. Je ne le réserve qu’aux invités de marque…

Aie, c’est pas bon du tout. Enfin, Santinelli n’est pas si crétin non plus, je me doute bien qu’il fera tout pour éviter la fusillade et protéger sa grosse panse dodue d’une balle perdue. Il va isoler Kolyakov de ses hommes, les faire descendre, et le descendre juste après ou inversement. A partir du moment où ils seront dans les escaliers, impossible de savoir ce qu’il pourra se passer. Le silence qui suit me laisse clairement deviner que les russes sentent venir le sale coup et flippent pour leur tête. Maintenant, je dois juste savoir ce que je fais… Les russes tentent de proposer une autre alternative, comme si Kolyakov avait déjà une idée trop nette de la suite pour accepter même par politesse. Santinelli ne cèdera pas. Ça pourrait aussi exploser ici. Il vaut mieux que ça pète ici. Je peux pas prendre le risque de perdre de vue ne serait-ce que de quelques secondes ma cible. Un plan… J’ai pas de plan. Je vois pas comment préparer un plan à l’avance dans une situation où tu sais que, de toute façon, ça va finir en boucherie. Le seul truc que je puisse faire, c’est semer la confusion. Je pense que les italiens seront un peu plus faciles à perturber que les russes. Ils sont moins sur la défensive, mais prêts à réagir à n’importe quelle agression, tandis que les russes savent que leur seule chance de s’en sortir est d’abord de dégommer les italiens. Tenez, dans le doute, je vais faire un truc, je me crée un bandana avec le drapeau russe par-dessus ma cagoule. C’est débile, et alors hein ? ça alimentera la parano des siciliens en prime, donc c’est parfait. Pour semer la confusion, faudrait que je crie un truc rapide susceptible de rendre suspicieux d’emblée. Je prends le premier truc qui me passe par la tête :

— Oh putain !! Un chinois !!

C’est toujours louche un chinois, surtout dans une cuisine où il confond les cannelloni avec des nems. Mais bon, on a pas trop le temps d’épiloguer là-dessus parce que j’ai déjà bondi sur le comptoir pour tirer au hasard sur la première tronche basanée dans ma ligne de mire. Voilà, c’est cool, c’est gratuit. J’espère que les autres russes sont armés. Mais ce qui m’intéresse, c’est d’écarter à tout prix Nikolaï Koyakov avant que tout le monde ait suffisamment repris ses esprits pour penser à lui tirer dessus. Donc je fonce, en brûlant un maximum d’énergie pour arriver sur lui en un éclair et le pousser sans ménagement vers l’escalier, plus proche que la sortie. Et pas la peine d’aller vers la porte avec les deux gardes dessus, le plus sûr ça va être de sortir par les toits, puis de l’éloigner au plus vite des fusillades.

— Bouge toi !! C’est bon, j’te couvre !!

Je prie pour qu’ils se soient pas ramené avec un mutant dans le tas. Mais dans l’immédiat, ça a l’air d’être juste des gus armés. Dans l’immédiat. Avec les italiens, faut toujours se méfier et c’est pour ça qu’on a pas intérêt à traîner d’ici à ce qu’ils nous sortent une quelconque arme secrète. Pour l’instant, j’essaye juste d’avoir des yeux partout pour tirer sur tous ceux qui se mettent en joue vers nous, ou m’interposer devant une balle. J’ai choisi de me mettre un alliage de métal sur la peau. Ils savent que le véritable Yitzhak Anavim est capable d’absorber des trucs, donc on va éviter de leur filer des indices. Heureusement que j’ai un pouvoir multifonctions ! Une fois la porte de la montée fermée, je pose la main sur la serrure pour la faire fondre entièrement et rajouter du métal par-dessus. Ça la rendra un peu plus difficile à péter s’ils y vont avec l’épaule. Je les entends jurer derrière. Je sais pas si les hommes du russe s’en sont tirés. A priori, toute l’attention était focalisée sur nous deux. Puis bon, c’est pas comme si j’en avais vraiment quelque chose à faire. Je me dépêche de monter les escaliers et je lance à Kolyakov :

— Faut pas trop traîner Anastasia, y’a une fenêtre par l’arrière, j’espère que t’as pas peur du vide !

Ouais bon, je devrais pas sortir des références à moitié insultantes maintenant, mais c'est pas ma faute. J'essaye de dédramatiser la situation et de rendre mon sauvetage plus cool, ça se voit pas ?

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Dim 31 Mai 2015 - 6:20

La mauvaise foi de Santinelli est incroyable. En d’autres circonstances, j’aurais pu apprécier les couilles qu’il faut pour accuser un concurrent commercial qui vous a volé des clients à la loyale, à savoir en proposant un meilleur service que le vôtre – après tout ce n’est tout même pas de ma faute si la dope que ses hommes vendent n’atteint pas la cheville de mes produits ! – d’avoir provoqué l’attaque illégale qui l’a touché en contrepartie. Les lois du marché sont claires : rendez votre marchandise plus attractive et les clients que vous piquerez à d’autres vous appartiennent légalement. Détruisez la marchandise d’autrui à coup d’explosifs et on est en droit de vous demander des comptes. Sauf que la situation n’est pas des plus propices à la contemplation de l’ironie du sort.

J’aurais tout le temps de m’extasier sur les talents d’esbroufeur de Santinelli si je ressors d’ici vivant. Et au vu de la façon dont ses hommes nous bloquent ostensiblement la sortie ça s’avère à chaque seconde moins évident. Il faut que je trouve les cinq secondes nécessaires à prévenir Arkady avant qu’on ne se retrouve à la merci des Siciliens sans renforts. Et la première chose à faire pour cela c’est refuser net sa proposition de quitter les lieux. Plus on s’éloigne de l’entrée, plus le trajet qu’Arkady et sa troupe auront à parcourir avant d’arriver à nous sera long et plus nos chances de survie s’amenuiseront. Alors, restant tranquillement assis, je réponds froidement à sa proposition :


-La confiance est une denrée rare que je n’offre qu’à ceux qui s’en montrent digne. Je ne vois donc nul besoin de nous déplacer, les chaises ici sont bien assez confortables pour moi. Amenez donc votre Piemonte si vous y tenez, il serait criminel d’en refuser un verre, mais vous ne me ferez pas quitter cette place sans raison.

La provocation finale, destinée à accélérer son attaque pourrait sembler un acte idiot et légèrement désespéré mais seule la deuxième épithète est véridique. En effet, s’il prend ombrage de mon refus et décide de me faire bouger par la force, le temps de se remettre de la contrariété, j’aurais les fameuses cinq secondes dont j’ai besoin pour prévenir Arkady de se tenir sur ses gardes, prêt à faire sa grande entrée à mon signal. J’allume ainsi le contact télépathique et m’apprête à chercher la fréquence de l’esprit d’Arkady lorsqu’un cri sur ma droite suivi du bruit d’une arme se déchargeant me fait revenir à la réalité. J’ai à peine le temps d’apercevoir un type tout de noir vêtu avec un bandana du plus mauvais goût attaché au-dessus de sa cagoule s’en prendre aux hommes de Santinelli qu’il se retrouve devant moi et me pousse vers les escaliers. Trop décontenancé pour réagir avec prudence, je suis ses conseils. Après tout, il est clair comme de l’eau de roche qu’il n’est pas de mèche avec les Siciliens vu qu’il vient d’en descendre un. Et je ne crois pas qu’il puisse s’agir d’une mise en scène pour m’éloigner de la scène et m’abattre une fois seul car Santinelli n’est pas assez retors pour pondre un plan pareil. Du moins je l’espère très fortement.

Grimpant les marches quatre à quatre, je décide d’accorder ma confiance à l’inconnu masqué le temps de prévenir Arkady de ramener ses fesses toutes armes dehors et le plus vite sera le mieux. Sans surprise, il était déjà en chemin dès le bruit d’un coup de feu entendu – ça fait du bien de constater que mes hommes savent réagir en situation de crise – alors je me contente de lui décrire la situation en le moins de mots possibles pour qu’il sache à quoi s’attendre. Je constate aussi que j’ai perdu de vue Dimitri, Sergei et Anatoly mais je leur fais confiance pour s’en sortir. Sans compter que Dimitri serait capable de m’abattre lui-même s’il me voyait faire demi-tour pour les aider au lieu de me mettre en sécurité en premier. J’aime cet homme comme un père – faux j’aime cet homme plus que mon propre père – mais son loyalisme radical tout en étant rassurant m’inquiète parfois un peu. N’a-t-il aucun instinct de survie lorsque ma vie est en jeu ? Ce n’est pas naturel !

Un autre qui a un instinct de survie douteux c’est mon sauveur. Outre sa façon de s’auto-désigner bouclier humain – pas que je me plaigne, je ne fais constater – celle qu’il a de s’adresser à moi pourrait lui coûter cher auprès de quelqu’un d’autre. En ce qui me concerne, ça m’amuse plus qu’autre chose. Bon, je m’inquiète un tout petit peu pour sa santé mentale et également son âge – la voix que j’ai entendu est celle d’un quasi adolescent – mais jusqu’ici il s’est bien débrouillé alors je vais continuer à parier sur lui. De toute façon ce n’est pas comme si j’avais vraiment d’autres choix alors que nous sommes seuls de ce côté de la porte.


-Je te rassure Vladimir, je n’ai pas peur du vide, encore moins quand il en va de sauver ma pomme. Ah et désolé pour le nom mais j’ai déjà un Dimitri derrière la porte alors, si je suis Anastasia, il ne te reste plus qu’à endosser le rôle de Vladimir. Tu me semble un peu jeune pour ça mais on fera avec.

Et bien quoi ? Il ne va tout de même pas être le seul à faire de l’humour bas de gamme ! Je suis très doué à ce petit jeu et puisqu’il a commencé, je vais me faire un plaisir de continuer. Sans compter que ça évite le moment délicat de demander l’identité de l’autre, il sera Vladimir jusqu’à nouvel ordre. Si on s’en sort en vie j’aurais l’occasion de tenter d’en savoir un peu plus sur ses activités diurnes.

Pendant qu’on discute, on continue de courir en direction de la fenêtre avec la fusillade au rez-de-chaussée en bruit de fond. Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour Dimitri et les autres mais je me rappelle sans cesse qu’ils en ont vu d’autres et que j’ai mieux à faire que me préoccuper pour leurs miches quand les miennes ne sont pas mieux loties. En effet, le haut des escaliers n’est pas pourvu de porte et nous n’avons donc pas pu mettre de nouvelle protection entre nos poursuivants et nous. Heureusement la fenêtre n’est plus qu’à quelques mètres et avec elle la liberté qu’elle représente. Sauf qu’évidemment les choses se passaient trop bien pour qu’un revirement de fortune ne fasse pas son apparition. Et alors que nous ne sommes plus qu’à deux mètres de la fenêtre, un plop se fait entendre derrière nous et quatre hommes font leur apparition, trois d’entre eux armés jusqu’aux dents et accrochés fermement au quatrième.

Ils ont un téléporteur il ne manquait plus que ça ! Me jetant instinctivement derrière un sofa, j’évite de très près – trop à mon goût – la rafale de balles qui atterrit à l’endroit où je me trouvais quelques secondes plutôt. A peine à l’abri, je sors mon Glock de son holster et, sans réfléchir de trop à ce que je fais, je sors la tête un instant pour viser le téléporteur. Avant tout, il faut s’assurer que ce connard ne ramène pas plus de renforts. Malheureusement, j’ai beau être un excellent tireur, la ligne de mire est catastrophique – un des gorilles suréquipés est en plein dedans – sans compter que je dois tout de même faire attention à ma peau. Je tire donc comme je peux et atteint le téléporteur au niveau de la clavicule si j’en crois son geste de douleur et la main qu’il porte à son épaule. Le type ne perd pas de temps à disparaître de nouveau et j’espère que la blessure sera au moins suffisante pour l’empêcher de transporter plus d’hommes sans mourir d’exsanguination. Bon, et maintenant il serait peut-être temps de savoir ce qu’il est devenu de mon sauveur, c’est qu’avec tout ça, j’ai arrêté de m’intéresser à lui.


-Vladimir, toujours en vie ?

Quand je vous disais que c’était utile de pouvoir nommer les gens ! Et puis si ça convainc les Italoches que j’ai des renforts un peu partout, ça ne sera qu’un bon point de plus.

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Yitzhak Anavim le Lun 8 Juin 2015 - 15:47

J’ai réussi à toucher quelques types avant de nous barricader derrière la porte, et, de ce que j’entends ça  l’air d’être un sacré carnage. Les russes n’étaient bien entendu pas seuls, et aux cris et bruits de pas qui retentissent, les italiens vont clairement devoir se séparer s’ils veulent atteindre leur cible quand même. Ça serait pas le plus pertinent pour eux. Ils risquent de vraiment perdre trop d’effectifs en s’éparpillant et, surtout, je pense pas que Santinelli sera très chaud pour se priver de ses meilleurs soldats alors que sa propre vie est menacée. Vous imaginez le délire ? En plus d’échouer à faire sauter la tête d’une personnalité clé chez leurs rivaux, les ritals se font buter un de leur chef. Là, je crois qu’on peut plus parler de déshonneur, même un viol collectif impliquant des animaux serait moins honteux. En tout cas, j’ai connu des sauvetages plus difficiles pour l’instant. Il est pas difficile mon russe, il est réactif, obéit quand je lui dis de se sauver, trébuche pas dans les escaliers comme un con et se sent pas obligé de m’insulter en hurlant qu’il n’a pas besoin de moi, en exigeant des réponses alors que c’est pas le moment. Non parce que, des gens en danger de mort qui semblent tout faire pour vous empêcher de les sortir de la mouise, ça existe aussi, et c’est foutrement insupportable.  Mais Kolyakov est cool. On sent le type qui a l’habitude de gérer les situations ultra dangereuses et ça le rend capable d’attraper au vol mes références débile spour plaisanter avec moi. Là, je dis respect. Dommage que ce soit un crétin mafieux, je risquerais de le trouver sympa trop vite s’il continue comme ça. Au moins, je peux me dire que je sauve un gars qui a assez de bon cotés pour pas mériter de crever comme une merde. Me faut quand meme un temps de réflexion pour comprendre ses histoires de Vladimir et Dimitri. Il a l’air assez bon prince pour s’adapter au niveau culturel de l’Américain moyen, qui peut déjà s’estimer très callé s’il pense au dessin animé Anastasia quand on lui parle de révolution russe. Alors j’ai pas des souvenirs très frais en tête mais je visualise bien deux types, un vieux gros et un jeune premier. Putain, c’est quand même dingue de chercher à revisualiser un film d’animation pour enfant alors que des gens se font butter à quelques pas ! Bref, je crois que je peux pas être le beau qui gagne la princesse parce qu’il a déjà un « Dimitri ». Un gars qui a ce rôle ou qui porte juste ce prénom ? Bah, ça m’empêche pas de tenter, la perche est trop belle.

- On peut aussi faire une autre distribution des rôles. Je peux m’appeler Vladimir et garder la place de Dimitri…

Si j’étais pas masqué, je lui aurais sans doute envoyé un regard bien appuyé, mais je vais pas prendre le risque de dévoiler mon visage pour ce genre de bêtises, déjà que le moment est pas spécialement approprié pour s’envoyer des blagues et sous-entendus foireux. On a d’ailleurs de quoi reprendre très vite notre sérieux parce que, alors que la sortie s’offre à nous, les italiens ont sorti une de leur carte spéciale, un téléporteur et trois gros loubards. Ils perdent pas de temps, ils ont bien raison. Nikolai – bah je peux bien l’appeler par son petit nom maintenant – a direct le réflexe de se mettre hors de portée de tir et c’est heureux. Je crois que leur plan est simple, le descendre coûte que coûte. Moi, ils ont bien vu que j’allais pas être un adversaire simple, ils ont misé sur l’effet surprise et c’est raté. Je me jette direct sur le gars qui a la gâchette trop facile et je lui envoie une décharge que personne n’a vu venir en appuyant une simple paume sur sa tête pendant que j’essaye de le retenir. Ça explose littéralement. J’ai les doigts qui s’enfoncent dans sa cervelle mais j’ai pas le temps pour trouver ça dégueulasse, il y en a deux autres. Je sais pas où est le téléporteur. Dans mon champ de vision direct, un type armé d’une machette veut venger son pote et je l'ai pas calé assez vite pour l’éviter. La lame s’enfonce dans mon crâne ou, plutôt se fait absorber par mon crâne en restant à dépasser de moitié. Il en tire de gros yeux. J’aime bien ce genre d’effet surprise, ça a tendance à déstabiliser l’adversaire le millième de seconde qu’il faut pour lui régler son compte dans la foulée. Donc, je lui renvoie la politesse avec une lame en pleine gorge et il s’effondre. Je laisse pas le temps au dernier de choisir entre sa cible, une petite poussée d’adrénaline et il se retrouve avec deux balles dans les genoux puis une dans la tête. Je prends pas de risques, ils ont tendance à être souvent protégés par des gilets ces types.

Comme le silence se fait à nouveau, Nikolaï s’inquiète pour moi. Ça a l’air de l’amuser de m’appeler par mon prénom russe, ou alors il trouve l’idée pas mal pour vraiment donner l’illusion aux italiens que je fais partie de leurs forces secrètes. Dans tous les cas, je trouve pas ça désagréable d’entendre mon nouveau nom de baptême avec la prononciation parfaite du pays. C’est mignon même.  Je lance un dernier regard autour de moi pour m’assurer que les types sont bien morts – enfin vu l’absence caractérisée de tête sur le premier abattu, c’est pas non plus la peine de lui prendre le pouls – et je lâche pas l’arme que je me suis créée dans l’action.

- Ouais c’est bon, mais on va pas trainer, j’ai pas réussi à avoir leur téléporteur. Tu l’as touché toi ? J’ai rien vu…

La machette qui dépasse de ma tête lui fait un drôle d’effet et je laisse mon corps rejeter ce qui en dépasse. Le manche tombe avec un bout de la lame qui semble avoir été comme fondue. J’ai pas le temps de lui expliquer, je me penche vers la fenêtre, puis je saute sur le rebord pour voir ce qu’on peut faire. Ils vont pas tarder à se rappliquer dans la cour et là, on risque d’être très vulnérables. On va devoir agir vite, donc je lui explique rapidement ce qu’il va se passer.

- Ecoute, ça va être simple. Je saute sur le toit, je te tends une corde et tu t’accroches, ok ?

Ça implique de le laisser quelques secondes tout seul, mais je suis pas encore assez expert pour le porter comme Iron Man. Puis enfin, l’énergie, c’est moi qui la crée. C’est un peu plus bio, mais moins durable. Va falloir la faire un peu plus artisanale. Donc, je me propulse jusqu’au toit, je forme une corde avec un nœud prévu pour les pieds, et je la lui envoie. Ensuite, l’exosquelette de mes bras m’aide à le remonter sans trop faire d’efforts mais pendant que je m’occupe de ça, impossible de savoir s’ils nous ont déjà repérés d’en bas.


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Mer 24 Juin 2015 - 17:01, édité 1 fois

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Mer 17 Juin 2015 - 15:38

Je rêve ou le gamin vient de me faire une proposition romantique ? Naan, je dois être sous le coup de l’adrénaline et entendre des sous-entendus là où il n’y en a pas. Pour commencer, la population masculine attirée par son propre sexe, ne serait-ce qu’en partie, est suffisamment limitée pour que les chances que mon sauveur providentiel en fasse partie soient quasiment nulles. Sans compter que, même si par le plus grand des hasards, il était effectivement intéressé par les hommes, il faudrait un sacré culot pour me faire des avances vu la situation. Non, définitivement, il a juste proposé d’endosser le rôle de jeune premier pour ne pas se taper la carrure de ce bon vieux Vladimir. Et, étant donné celle de mon Dimitri, l’échange est plutôt logique. Non pas que mon second ait le moindre embonpoint mais en termes de taille et d’épaules, ça colle. Oh et puis merde, je suis vraiment en train de philosopher sur un classique d’animation alors que je suis poursuivi par une bande de Ritals en chaleur qui veulent ma peau ? Des générations de Kolyakov doivent se retourner dans leurs tombes ! Enfin, après, pour ce que ça me fait, ils pourraient tout aussi bien être en train de danser la samba…

Heureusement pour ma santé mentale mais certainement pas physique, l’arrivée impromptue des tueurs téléportés, me ramène à la réalité et j’échappe de peu à une mort certaine. Je m’enquiers ensuite de la santé de mon jeune acolyte et alors que j’entends sa voix, je sors la tête de derrière mon sofa. La scène qui m’accueille me tire une moue dégoûtée. Je ne sais pas ce que Vladimir a fait mais ce n’est pas franchement ragoûtant. Enfin, le principal c’est qu’il se soit débarrassé de nos poursuivants. Et ça pour s’en être débarrassé, c’est du travail bien fait ! Pas de plus propres – la matière grise sur le parquet ça fait mauvais genre – mais on n’a pas le temps de chipoter.


-Je l’ai touché pour sûr mais est-ce que ce sera suffisant pour l’empêcher d’amener la nouvelle vague c’est pas dit. Gorille number one était dans ma ligne de mire et je ne me trimballe pas encore avec des balles capables de perforer un homme pour atteindre celui qui se tient derrière.

Quoique, après ce soir, je vais peut-être bien investir. On n’est jamais trop sûr. Après cette réflexion, mon regard tombe de nouveau sur lui et mes pupilles s’agrandissent devant le spectacle qu’il présente avec une machette à moitié plantée dans le crâne. Ça ressemble à un mauvais déguisement d’Halloween sauf que, vu comment il s’en débarrasse comme si c’était la chose la plus normale du monde, tout cela est bien réel. Et sacrément impressionnant au passage. Je n’avais jamais vu une mutation pareille. Pas la temps néanmoins de chercher à en apprendre plus car le voilà qui reprend les rênes de l’opération et m’explique comment quitter les lieux par la fenêtre. En soit, rien de bien compliqué, ça pourrait presque être amusant en d’autres circonstances. Mais rajoutez la menace d’une mort prochaine à n’importe quelle situation et le côté fun disparaît bien vite. A moins d’avoir des tendances masochistes poussées mais je n’en suis pas encore là. Et le premier à évoquer mes activités nocturnes avec Lilian je l’étripe !

Mais je m’égare de nouveau. Il faut croire que la simplicité avec laquelle Vladimir règle tous les problèmes enlève au danger de la situation, du moins dans la perception que j’en ai. Bien évidemment, il suffit que je pense cela pour que les choses se compliquent et alors que je mets le pied sur le nœud si gentiment fabriqué par mon jeune et intrépide ninja aux goûts douteux en termes de bandana, voilà que le téléporteur fait sa deuxième entrée. Malheureusement pour sa tronche, cette fois-ci j’ai déjà mon Glock dans la main et, tout en m’accrochant d’une main à la corde de fortune, je lui en mets une entre les deux yeux. Question de revanche. Sans surprise, les nouveaux transportés ne s’en émeuvent cependant pas. Je constate d’ailleurs avec bonheur qu’ils ne sont que deux cette fois-ci, comme quoi mon tir de tantôt aura au moins servi à quelque chose.

Sans plus attendre, je descends le premier en déchargeant droit sur sa pomme. La première balle érafle sa joue mais la seconde lui traverse l’œil droit. Je serais bien resté observer la façon comique dont son corps mets quelques secondes avant de réaliser qu’il n’y a plus personne à la maison et s’effondrer en conséquence mais son compagnon qui me prend pour cible m’en empêche. Je m’empresse donc de sauter les deux pieds sur la corde et gueule à Vladimir de me remonter. Reste plus qu’à espérer qu’il a de la force le gosse parce que ma marge de manœuvre est hyper limitée et, si j’ai pu éviter la première rafale en me déportant sur la droite au moment de me jeter dans le vide, je ne suis pas sûr de pouvoir renouveler l’exploit. En attendant, je reprends l’initiative et tire de nouveau. Sans viser cette fois-ci. De toute façon, mon premier chargeur est presque à sec donc l’objectif est surtout d’obliger l’adversaire à s’abriter et gagner ainsi les précieuses minutes qui me mettront à couvert sur le toit et au passage de changer de chargeur. Après tout, même si j’ai réglé son compte au téléporteur, j’ai du mal à croire qu’on sera tranquilles pour autant.

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Yitzhak Anavim le Mer 24 Juin 2015 - 17:03

Nikolaï m'assure qu'il a bien touché le téléporteur et je le crois volontiers. J'ai pas forcément envie de me récupérer une armée sur place ou d'avoir à me battre avec un adversaire aussi imprévisible si je peux éviter. Ok, j'ai un pouvoir pratique, mais mon endurance a des limites. En plus, j'ai quelqu'un à protéger, et même si mon russe est pas un manche au tir, ça va pas changer grand-chose avec une dizaine de personnes pour tenter de lui en loger une dans la face. S'il a bien géré son coup, le mutos est au moins affaibli. Il a pas traîné avant de disparaître ce connard. Sans doute un professionnel de la baston. Je me méfie un peu mais on a pas tellement le luxe d'attendre tranquillou s'il aura l'affront de se ramener ou pas. Je mise sur la fuite rapide sans dépense d'énergie inutile, soit, je compte sur Nikolaï pour grimper sur le toit tout seul. Quand j'entends les coups de feu d'en haut, je flippe grave. Non, sérieux ? Me dites pas que j'ai fait une si grosse erreur et qu'ils me l'ont crevé ! En un quart de secondes, j'ai le temps de revoir ma dernière action et de maudire tous les dangers inutiles qu'elle impliquait. Si je faisais moins d'opérations kamikaze, j'angoisserais pas autant ! Et je vous dis pas mon soulagement quand je sens mon fil se tendre et que je vois ma fière princesse au bout. Son regard est toujours fixé vers la fenêtre. Il a visiblement pas descendu tout le monde. J'accélère à fond en absorbant la corde au fur et à mesure pour le faire remonter automatiquement. Côté force, pas de soucis, l'exosquelette me donne de bons appuis. Puis bon, c'est pas non plus comme si je remontais un sac de 10 tonnes. Quand il est assez près de moi, je lui tends une main pour le hisser plus facilement.

– Yo, il s'est passé quoi ? Le téléporteur est de retour ? Il en reste là-dedans ?

Comme pour répondre à ma question, je sens un mouvement pas très rassurant en-dessous de nous. Je baisse la tête, une détonation retentit direct et j'ai une cartouche qui m'arrive dans l’œil. Mais, surtout, je vois un type taillé comme un buffle qui monte tranquille sur le mur en mode Spiderman. Putain. Genre, le téléporteur suffisait pas, faut qu'ils nous en expédient un autre. Je cherche pas à analyser le truc, je lui renvoie un bon tir sur le crâne sauf que… Mes capacités d'as de la gachette en prennent un coup, la balle l'atteint même pas, elle est déviée au dernier moment. Ok, génial, je crois que je saisis l'embrouille, il doit contrôler la gravité autour de lui ou un délire comme ça. Suuuuuper. Je me recule, un peu plus tendu.

– Heu… Là, va vraiment falloir se tirer et vite mec. On a un mutant qui a l'air salement intouchable au cul. Et en plus il vise à la perfection on dirait.

En disant ça, je me suis tourné vers lui et si il se posait la question de savoir si le gars m'avait touché ou pas, la teinte argentée qu'a pris mon œil le confirme. Je lui montre un chemin sur les toits. J'ai pas de super jet à lui proposer mais je vois à peu près par où on peut filer sans se faire repérer. On doit atterrir dans une mansarde vide, descendre, attraper la voiture que j'ai laissé là, un truc tout pourri que j'ai acheté une misère juste pour l'occasion. Ouais bon, c'est pas la classe mais l'intérêt c'est de l'abandonner et d'éviter d'avoir à voler une caisse avec le risque qu'un glandu soit à la fenêtre, prêt à appeler la police pour rajouter du piment à la fête. Je peux aller plus vite que Nikolaï, donc je vais essayer de mettre hors d'état de nuire l'adversaire avant.

– C'est bon prend de l'avance, je m'en occupe.

En fait, je dis ça mais je m'en occupe pas si bien parce que, en testant l'arme blanche dessus pour voir ce que ça donne, il me repousse si brutal avec ses grosses paluches et son pouvoir d'expulsion que je m'éclate la tête comme il faut sur les tuiles. Entre les céramiques et mes os en métal, ça fait un bruit assez vénère, suivi d'un trou dans la toiture, mais elle s'en remettra. Moi par contre, je suis un peu sonné. Je sais pas exactement ce que j'ai pris, ceci dit ma cagoule s'humidifie d'un coup et c'est sûr que mon front a pas aimé le choc. Bon sérieux, ça craint. Un ennemi que je peux pas toucher avec des armes, je le détruis comment là ? Me faut un autre type d'attaque. Et j'ai ce qu'il faut. Croyez pas que je suis juste un bourrin pas préparé à me retrouver confronté à ce genre de situation. Nan, nan, quand je suis obligé de dire adieu aux flingues, j'ai d'autres trucs sous la main. Je me relève rapidement, même si je tangue un peu et j'ouvre mes paumes sur deux petites machines sympa qui s'envolent vers lui. Ça le déconcentre assez pour le faire renoncer à son idée de viser sa cible. Et là, avant qu'il ait le temps de réagir, j'enclenche le truc, ça fait un bruit horrible, genre une fourchette sur un tableau multiplié par 100. Vous avez mal aux dents hein ? Moi, j'ai des bouchons depuis que ça a commencé. Le mutos en a les tympans tellement brisés qu'il pousse un gémissement et lâche son gun. Je plonge de suis pour l'attraper, et même l'absorber. Plus de flingue, ça fait le problème de l'attaque à distance en moins. Et je cours rejoindre Nikolaï. Sans m'arrêter je lui crie :

– Bon, j'ai pas le temps de le prendre en combat singulier si on veut se sortir de là vite, on va devoir être rapides !

Parce que passé la surprise, je me doute bien qu'il va envoyer valser mes drones, si ce n'est pas déjà fait. Au pire, je peux en faire d'autres, genre des qui envoient des flashs dans la gueule pour varier un peu. Tenez, je devrais les utiliser quand il aura besoin de sauter entre deux toits, là ça risque de bien le décourager de nous suivre !

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Nikolaï M. Kolyakov le Mer 1 Juil 2015 - 4:57

Je n’ai pas le temps de répondre à l’avalanche de questions de Vladimir que nous voilà de nouveau sous un feu nourri. Je décide néanmoins prudemment de ne pas risquer de coup d’œil pour voir qui nous poursuit. De toute façon, je n’en ai laissé qu’un en vie alors ça réduit nettement les possibilités. Ah moins bien sûr qu’entre temps, la cavalerie ait eu le temps de nous rattraper mais je refuse de croire que Dimitri and les autres les aient laissé passer si facilement. Un instant j’envisage d’ailleurs de contacter mon second télépathiquement pour savoir comment ils s’en sortent mais je me retiens à la dernière seconde. Mes hommes les plus proches ont beau être relativement habitués à ce que je les contacte mentalement, cela n’empêche jamais une première surprise à l’écoute d’une voix étrangère dans leur esprit et l’inattention pendant un combat peut signifier la mort. Je ne déconcentrerai donc pas Dimitri. J’aurais tout le temps de prendre de ses nouvelles une fois en sécurité. Ce qui est encore loin d’être le cas.

J’hoche donc la tête aux paroles de Vladimir et nous nous remettons en route aussi vite d’humainement possible. Il m’indique un toit un peu plus bas que celui où nous nous trouvons où s’ouvre une porte mal huilée. Si elle s’ouvre, notre salvation ne devrait plus être très loin. Mais encore faut-il d’abord se débarrasser de notre poursuivant. Tel le preux chevalier dont il a endossé le rôle Vladimir m’intime donc l’ordre de poursuivre tandis qu’il s’occupe du tas de muscles qui nous suit. En d’autres circonstances, l’idée de laisser un adolescent me servir de bouclier me tirerait une moue contrariée – j’ai un minimum d’honneur – mais cet adolescent a laissé bien clair qu’il est loin d’être un enfant sans défense. Mon pragmatisme prend donc le dessus. Cependant, avant de prendre du recul pour sauter jusqu’à la mansarde d’à côté, je me surprends à déclarer.


-Je t’attends en face, reviens en un seul morceau si possible.

Je sais que c’est un peu idiot de devenir sentimental au beau milieu d’une situation d’urgence mais je m’en voudrais de voir mon sauveur du jour finir sous les balles d’un mutant inconnu. J’ai en effet eu une chance de cocu en réussissant à me déporter une fois qu’il avait déjà tiré, ce qui m’a évité de finir le corps de corps criblé de balles tandis que je me faisais remonter mais je doute que le type fasse la même erreur deux fois. Heureusement que Vladimir, pour aussi mystérieuse que son intervention et ses raisons restent, semble posséder un pouvoir des plus utiles pour ne pas terminer sous forme de gruyère ensanglanté.

Alors que je suis presque arrivé au bord du toit, j’entends un cliquètement désagréable mais me force à ne pas me retourner. Il ne manquerait plus que je me rompe le cou en plein saut parce que j’ai détourné le regard de mon objectif final. Accélérant un peu plus, j’enjambe donc les deux-trois mètres qui séparent les deux toits et me réceptionne sans trop de mal. Le toit est en effet en béton et plat et non en tuiles et penché, ce qui facilite grandement l’arrivée même si mes joints en prennent néanmoins un bon coup. Me retournant pour observer l’état de mon guide, un crissement des plus désagréables m’oblige à me boucher les oreilles mais je suis heureusement assez loin pour ne pas subir de plein fouet l’attaque. Il en va bien différemment du mutant qui s’effondre au sol en se tenant la tête. D’ici je ne vois rien mais je ne serais pas étonné que du sang s’écoule de ses tympans brisés. Bien fait pour sa gueule !

Deux secondes plus tard, Vladimir atterrit à mes côtés dans une souplesse hallucinante. Ses paroles m’amènent à reporter mon regard sur notre poursuivant qui se remet tant bien que mal debout et a l’air on ne peut plus déterminé à nous faire payer ses oreilles décimées. Un sourire mauvais se dessine alors sur mes lèvres. Qu’il vienne donc nous chercher, je sais exactement comment l’accueillir.


-Nul besoin de combat singulier. J’ai une idée pour nous en débarrasser. Prépare-toi néanmoins à déguerpir en quatrième vitesse si elle échoue.

Sans me préoccuper de savoir s’il est d’accord, je fixe mon regard dans celui noir de rage de l’adversaire et pénètre sans difficulté dans son esprit. Je le savais, les tas de muscles ne pensent jamais à protéger leurs esprits contre une attaque télépathique. N’ayant pas le temps de me réjouir, je me concentre sur le flot de souvenirs récents qui affluent vers moi et très vite, je trouve celui que je cherche. Le gardant sous la manche, je m’attèle ensuite à la seconde partie de mon plan, la plus difficile des deux. Concentré comme jamais – ça fait très longtemps que je n’ai pas usé mon pouvoir de cette façon, probablement depuis mes cours en Russie – je cherche la partie du cerveau reliée au nerf optique et lorsque c’est fait je m’y accroche. Les premières secondes sont floues mais bien vite je constate que mes yeux et ceux de mon hôte passager sont synchronisés et que je vois désormais ce qu’il voit. M’assurant que le souvenir que j’ai récolté tantôt est toujours fermement accroché à mon esprit intangible, je vérifie où le mutant en est. Plus que quelques secondes et il entamera son saut pour nous rejoindre.

Retenant à grand-peine un rire sadique, je le laisse donc entamer son envol et lorsque son premier pied quitte les tuiles, je gueule dans son esprit : « Bouh », avant de laisser le souvenir des machines de Vladimir explosant ses tympans envahir son esprit. Je m’empresse ensuite de ressortir, retrouvant mon corps avec un sacré mal de tête. Je m’efforce néanmoins de vérifier si mon plan a réussi et si j’en crois le cri angoissé qui résonne soudain c’est le cas. Fixant mon regard sur l’espace entre les deux toits, je n’y vois plus le mutant et quelques instants plus tard, un horrible craquement se fait entendre quelques mètres plus bas. Satisfait de voir que mon plan a fonctionné – je vous avais bien dit qu’envahir l’esprit de quelqu’un de non préparer pouvait avoir des conséquences fatales – l’adrénaline commence à retomber et je réalise que j’ai mis trop de temps à quitter son esprit et que le crissement atroce des drones de Vladimir m’a affecté également. Evidemment, n’étant pas dans mon propre corps, mes tympans n’en sont nullement affectés mais le mal de crâne qui s’est emparé de moi est brutal. Portant la main à mon front, je m’adresse donc à l’adolescent :


-Rappelle-moi de ne jamais t’énerver, tes engins sont des armes redoutables.

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Re: Singe sicilien et renard moscovite

Message  Yitzhak Anavim le Lun 13 Juil 2015 - 18:46

Il était mignon Niko à me demander de lui revenir entier quand même. Bien sûr que je vais pas me laisser démonter la gueule par un vieux type sorti d'on ne sait où. Je suis le grand Cymrod, le terrifiant Nero, je me suis battu contre des dinosaures et plusieurs mutants à la fois, j'ai suivi des entraînements avec la merveilleuse Talia Al Ghul et… mince quoi, je suis presque une légende urbaine, je peux pas périr en m’immisçant de manière pas forcément héroïque dans un règlement de compte entre mafieux, pour régler une affaire personnelle, et offrir ma tête à un inconnu. Des gars avec des pouvoirs, j'en ai fiché pas mal dans ma vie. Je peux vous dire que celui-là, j'en ai jamais entendu parler. Donc, vous me direz, ça veut peut-être dire que c'est un discret, un pro qui gère à fond son job. Et je vous réponds que je ne suis pas d'accord, c'est le grand public qui ne connaît pas les tueurs à gage prodige. Quand on sait où fouiller pour trouver les informations, on a tous les noms qu'il faut. Bon, il m'a touché. J'en suis pas non plus à la pire blessure de ma vie. De la peau arrachée sur le front c'est que dalle, c'est pas comme se faire traîner sur du bitume pendant plusieurs mètres ou s'encastrer dans un mur. Je m'en sors pas si mal. Tout ce que j'espère, c'est que ce salaud ne réussira pas à nous suivre sur l'autre toit et, surtout, qu'on ne se retrouvera pas dans une impasse avec un autre invité surprise. Plus je perdrais du temps en combat, moins je serai efficace. J'ai déjà brûlé pas mal d'énergie, je peux refaire le plein atomique mais disons que je risque de tomber raide à la fin du parcours si je suis obligé de trop tirer sur la corde. Enfin, dans l'immédiat, ça m’empêchera pas de créer autant de gadgets qu'il faudra pour ralentir notre adversaire. Sauf que, sur l'autre toit, le russe me raconte qu'il a une idée. Ah ? Mais qu'il faudra courir comme des dératés si ça foire. Pas cool. Je suis à peu près sûr de le prendre de court avec mes flashs, je sais pas si c'est une bonne chose de laisser Nikolaï gérer. Ceci dit, il m'en laisse moyen le choix vu qu'il se tourne vers l'autre mutant d'un air déterminé. J'avoue, je suis bien trop curieux pour suivre mon propre plan. Puis ma princesse a vraiment changé d'attitude je vous jure. Elle a eu une expression étrangement sadique, pas le genre de truc qu'on réussit à montrer si on se contente de bluffer.

Et ça pour être bluffé, on peut dire que j'en reste même un peu sur le cul. Sérieux, j'ai rien capté. Nikolaï est resté à fixer l'armoire à glace et soudain, son expression s'est décomposée. Il a perdu l'équilibre, une lueur vraiment horrifiée dans le regard, et puis il s'est ramassé. On aurait pu penser qu'il allait utiliser son pouvoir pour amortir sa chute mais même pas… Je sais pas ce que lui a fait le russe, mais ça avait pas l'air super sympa. Mince. Quand j'y pense, il y a des chances pour que ce soit une attaque psychique. On arrête plus les rebondissements. Peut-être que j'ai fait une bonne action au final. J'ai sauvé un mutant ! Bon, deux autres y sont passés dans la foulée, mais quand même, savoir que Nikolaï est de mon coté rend mon expédition beaucoup plus satisfaisante. Ce qu'il vient de faire l'a pas mal affecté on dirait. Il se tient le front, il me parle soudain de mes drones. Je suis pas trop sûr de comprendre où il veut en venir.

– Heu… Tu viens de faire quoi là ? Tu as réveillé le bruit de mes drones dans sa mémoire ? J'espère que tu vas pas me dire maintenant qu'en fait tu pouvais t'en tirer sans moi depuis le début parce que je risque de me sentir con hein ! Allez viens…

Vu son état, je ne le pense pas assez résistant pour transpercer l'esprit de tout le groupe de mafieux en bas, mais on ne sait jamais ce que peut réserver une mutation dont on ne connaît rien après tout. La situation d'urgence l'a forcé à me dévoiler une partie de lui ultra-confidentielle, et c'est quelque chose d'assez cool, sauf s'il a le projet et les capacités de me faire un lavage de cerveau ensuite. Tout bien réfléchi, la révélation est moyennement positive. Certes, j'ai appris un truc qui risquerait de faire du dégât si ça venait à être dévoilé mais, d'un autre coté, j'ai pas tellement les moyens de me défendre contre de la télépathie et Nikolaï peut de la même manière attraper des souvenirs bien compromettants en se payant une visite dans ma tête. Ça doit être ça le deal caché, il peut se permettre de me révéler un gène x secret, vu qu'il me prouve par cette même occasion que je vais pas pouvoir lui cacher toute ma vie comme prévu. Et un homme qui agit à visage masqué, on se doute bien qu'il a des raisons de vouloir garder son identité pour lui. Mouais. J'avais pas prévu d'en faire mon ennemi de toute manière ! Je repousse toutes les questions qui bataillent dans mon esprit à plus tard et je fonce avec Niko sur la porte du toit. Elle est déjà ouverte. Même pas besoin de fondre le verrou. Par précaution, je scelle derrière nous, ça évitera au cas où de donner trop d'indices sur la manière dont on s'est enfuis. L'immeuble est désaffecté. On descend tout en sautant une marche sur deux (enfin en ce qui me concerne) et, arrivés en bas, je fais signe à mon « partenaire » de ralentir pour observer si la voie est libre dehors. Moyen.

– On va encore faire appel à un de mes supers engins, je lui chuchote. Tiens toi prêt à sortir dès que ça explose.

Et là, je fais apparaître entre mes mains un autre mini-robot. Ça me demande un petit peu plus de temps, heureusement qu'on est plus menacés. Celui-là, je dois pas le rater, sinon on va se faire repérer. Et puis, j'ai envie de peaufiner mon truc, histoire de fuir dans une caisse toute pourrie, ok, mais avec panache. Quand c'est prêt, j'envoie la bête en silence. Et je la dirige juste à l'opposé d'où se trouve la voiture. Une fois assuré qu'elle est bien en place, je lance en me jetant contre le porte :

– Maintenant, la voiture bleu crade de cent ans au coin de la rue !

La dixième de seconde qui suit, ça explose, et on fonce jusqu'à la voiture, je me rue sur le volant et démarre à fond sous une autre explosion. Malgré le stress, je pense quand même à lever un regard au ciel pour admirer mon œuvre. Là, en plein New-York, un feu d'artifice a éclaté, et les lettres « BIG FAIL » avec un cœur sur le i de « fail » brillent un instant en lettres dorées dans le ciel. Un vrai artiste je vous dis. J'ai un sourire content de moi, je peux pas m’empêcher de dire à Nikolaï :

– Bon ok, j'ai pas géré le carrosse, mais avoue que ça en jette !

Je roule sans me presser, c'est pas le moment d'attirer l'attention. Mon style a totalement changé aussi parce que le mec cagoulé en combinaison noire dans une voiture, c'est pas terrible non plus. J'ai retrouvé mon vrai visage, et une tenue lambda. Un instant, vu que l'épave a pas de port usb, je pianote sur l'autoradio pour trouver la fréquence d'une chaine musicale indépendante qui passe des trucs assez énervés que j'aime bien en général. Je sais pas vous, mais quand l'adrénaline retombe d'un coup comme ça, j'ai besoin de musique pour faire une bonne transition. En plus, ça couvrira nos discussions.

Quand on arrive à un feu, mon premier réflexe est de sortir un miroir pour regarder mon front. C'est pas qu'il pisse le sang mais la peau s'est éclatée en fait. J'ai une grosse auréole rouge et c'est un peu suspect aussi. Du coup, je recompose des tissus artificiels par-dessus pour le cacher. En chantonnant tranquille "There is no need to pray, Repentance is in vain, The message from the underworld says we're all insane". J'ai reconnu, c'est une chanson de Agent Orange. Dans l'ambiance pas vrai ? Puis, j'explique aussi la suite du plan à Nikolaï.

– On va pouvoir commencer à souffler un peu. Je pense pas qu'ils aient repéré la voiture mais je suis pas forcément pour la garder très longtemps. Dès qu'on arrive en centre ville, je la gare sur la première place qui se présente. Ce sera plus secure de rentrer en se fondant dans la foule.


Dernière édition par Yitzhak Anavim le Lun 27 Juil 2015 - 13:49, édité 1 fois

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