Diables et Démons

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Diables et Démons

Message  Léviathan le Lun 24 Juil 2017 - 7:28




Diables et Démons
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Il est amusant de voir combien les humains se croient de plus en plus intelligents et malins. Oui, les possibilités offertes par nouvelles les technologies sont toujours plus grandes mais accroissent-elles réellement les connaissances ? Aujourd’hui, lorsqu’on veut savoir l’heure, on sort son téléphone, lequel est généralement réglé automatiquement. Au Moyen-âge, quand on voulait savoir l’heure, on devait user d’un astrolabe ; en régler les disques concentriques en fonction de la date et du lieu où l’on se trouvait puis en aligner l’aiguille centrale sur le soleil ou sur une étoile, qu’il fallait donc reconnaitre, et enfin se reporter sur le cadrant pour pouvoir déduire l’heure qu’il était. Ce qui signifie qu’au Moyen-âge, un enfant qui voulait savoir l’heure devait avoir des notions d’astronomie, il devait avoir compris un peu, au moins un peu, sa place dans l’univers. Mais l’Humanité a fait tellement de progrès depuis… tellement de progrès qu’on n’est même plus obligé de comprendre. Et l’on tire une fierté de cela, peut-être même un orgueil. On est supérieur à nos prédécesseurs car ce qui leur demandait réflexion et effort ne nous demande plus ni l’un ni l’autre ; la Technologie le fait pour nous. Mais qu’advient-il lorsque la Technologie n’est pas apte à compenser et que l’Humain doit s’en remettre à lui-même ?

Un frisson me parcourt, tant causé par l’Envie que je ressens autour de moi que par une certaine fraicheur. Je prends une grande inspiration nasale, l’odeur de renfermé et de crasse courant à l’intérieur de ma gorge colleté jusque dans mes poumons dont le gonflement presse ma poitrine contre une ceinture en V qui bloque de mes épaules jusqu’à mon entre-jambes. Le touché me renseigne également sur les liens qui me maintiennent immobilisée aux accoudoirs et aux pieds de celle-ci, en plus de ceux à la gorge et au buste cités précédemment, ainsi que le froid métallique de la chaise à haut dossier, mes cheveux trop courts pour protéger l’entièreté de mon dos, de mes reins, de mes fesses, de mes cuisses, de mes pieds ou de mes avant-bras. Je souffle par le nez tout en gardant mes yeux clos, laissant mon ouïe recueillir les paroles comme mon odorat a récupéré les senteurs un instant auparavant.

Ça a marché, s’essouffle un premier, son parlé mal assuré rendant sa voix légèrement moins grave qu’elle pourrait être.

Bien sur que ça a marché, poursuit un second, plus sec, on a tout fait comme il faut.

Vous êtes sûrs ? Elle n’a pas l’air consciente,
constate une troisième, froide et féminine.

Peut-être est-ce du fait que l’invocation m’a réveillée et que je n’ai pas encore les idées claires malgré que j’y ai répondu, à moins qu’il ne s’agisse du fait que ce soit la première dans cette vie et que cela entraine un mal d’invocation ; au pire, il s’agirait  d’une mise en scène. Voire, éventuellement, d’une composition des trois. J’ouvre les paupières et déclenche un mouvement de recul chez un membre du trio, lequel attire mon regard en premier lieu. Il est grand et maigre, vêtu d’un t-shirt sous une veste et un pantalon en jeans, avec les yeux cachés derrières des lunettes teintées et une nervosité palpable. Il est assis sur un banc de bois vieillit, un peu plus loin.

Il m’a l’air parfaitement conscient, intervint de nouveau le sec, me faisant tourner les yeux vers lui.

Il est l’élément le plus proche de moi, grand aussi même si moins que le premier, et plus musclé, vêtu d’un costume sans cravate, avec un regard dur et une barbe courte. Il soutient mes yeux lorsque ceux-ci le détaillent, me faisant face en tête de son trio, puis je passe à la suite et fin.

S’il faut que ça change, appelles-moi.

Elle est moyenne mais athlétique, vêtue d’une veste à fleur, d’un jeans et de bottes militaires, avec des yeux prédateurs et des bras croisés dont l’une des mains tient une gourde. Tous suintent d’Envie comme s’ils en suaient et je n’ai pas besoin de beaucoup détailler leur appartement pour comprendre pourquoi. Les murs sont vieux, les meubles de bois sont usés et probablement récupérés, les lampes murales sont nues… aisé de vouloir plus, aisé de "jalouser" les autres ayant mieux. Cette constatation faite, je baisse les yeux pour, plus que constater cette nudité dont je ne me figure pas l’utilité, percevoir le cercle d’invocation au sol comme les formules écrites qui courent sur mes liens.

Comme tu peux le constater, tu es prisonnier.

La démonologie n’est pas quelque chose que la technologie soustrait aux savoirs des gens, même s’il est des organisations comme l’Hydra pour chercher cela, mais elle ne semble pas avoir échappé à la croyance humaine qu’ils sont plus malins que leurs prédécesseurs. Je relève les yeux pour te fixer avec perplexité, petit chef de cette bande, sans rien perdre de mon calme.

Puis-je vous demander quelque chose ? dis-je d’une voix innocente malgré l’absurdité de l’action, demander la permission afin de pouvoir poser une question revenant à poser une question sans demander la permission. Comment votre chaise et vos liens auraient-ils tenus si je n’avais pas eue une forme humaine ?

Je regarde le doute s’immiscer dans les esprits et les corps, l’homme sur le banc se tortillant sur place et la femme décroisant les bras alors que tu tournes le regard vers elle. Ce qu’il y a de magnifique avec le doute c’est qu’il est comme un feu d’artifice : indiscernable dans la nuit d’un esprit jusqu’à ce qu’il explose et illumine ledit esprit comme une révélation. Les traces qu’il laisse finiront par retomber et disparaitre mais une fois instillé, il est parfois très difficile de s’en défaire. Ajouter à un rituel d’invocation des éléments venus d’un autre afin d’essayer de me contraindre est typique de cette perte de compréhension des choses, jamais l’on aurait pensé tenter pareille folie au Moyen-âge où l’on savait que le démon serait aussi honnête qu’il pouvait l’être car, s’il ne l’était pas, il ne pourrait y avoir de marché. Du fait, aucun d’eux n’avait intérêt à malmener l’autre, à défaut de lui accorder la moindre confiance, et essayer de baiser l’autre passe forcément par la négociation et les petites lignes du contrat, pas par une action aussi grossière qu’une tentative de séquestration. En créant une nouvelle dimension infernale, Victor von Doom a pu baiser des démons mais tu es loin de ses capacités.

Je te regarde te saisir de la gourde et me prouver mes pensées lorsque son contenu m’asperge le visage, sans autre effet que me mouiller et coller mes cheveux à ma peau. L’eau sacrée ne fonctionne que si la foi, ou quelqu’autre lien que ce soit, permet à son employeur de canaliser l’énergie d’une dimension angélique pour altérer le liquide ; ce qui, sans surprise, n’est pas le cas avec toi. Je laisse donc le doute croitre un peu plus en tes camarades et en toi, baissant la tête autant que l’entrave à ma gorge me le permet lorsque c’est l’entièreté de la gourde que tu me verse sur le crâne. Tu aurais plus vite fait d’essayer de me noyer dans une baignoire, si tant est que ta demeure en ait une, pour obtenir quelque chose de moi, tu sais ? D’un autre côté, cela ne ferait guère plus d’effet.

Je t’avais dis que ces conneries marcheraient pas, geint le plus éloigné alors que la tête pensante du groupe s’éloigne d’un pas.

Légèrement agacée par la situation, je prends une grande inspiration nasale afin de me détendre et de profiter de la situation. Si l’eau qui coule sur ma peau est tiède, l’intérieur de mon âme boue sous les envies frustrées et restreintes de tes compères et de toi. Rouvrant les yeux, je fais de nouveau face aux deux plus courageux de la bande, lesquels murmurent entre eux. Lorsque vous en terminez, la femme s’absente quelque instant au-delà de ce que mon angle de vue me permet de voir tandis que tu t’en reviens à moi et t’en vas jusqu’à m’empoigner les bras et me fixer au plus près, ton visage à quelques centimètres du mien. Tu as confiance en ton rituel comme en toi à défaut de savoir si c’est à tord ou à raison, c’est amusant.

Tu vas nous donner un empire à rendre jaloux Wilson Fisk.

Je ne peux retenir un pouffement à ce vœu. Un empire criminel comme celui du Caïd prendrait des années à construire, même avec l’assurance de réussir grâce à un pacte démoniaque, et, si quelqu’un comme le parrain de Hell’s Kitchen envie quelque chose, il s’en emparera par ses propres moyens. Bon nombre de démons s’amusent beaucoup des souhaits qui leurs sont soumis, l’invraisemblance et l’irréalisme étant couramment de mise. Présidant à l’Envie, il est vrai qu’il est plus difficile pour moi de rire des souhaits qui me sont soumis lorsque ceux-ci sont gorgés de mon péché mais il en est certain pour être plus absurdes que d’autres ; même si, en définitive, tous sont plus ou moins absurdes. Heureusement, j’apprécie énormément l’absurde.

Vos âmes n’en valent pas le prix.

Et ta liberté, elle en vaut le prix ?


Je t’offre mon plus beau sourire, dévoilant une dentition que tu ne tardes pas à cogner du poing. Tu te recules, satisfait, alors qu’il n’est même pas de sang pour s’échapper de ma bouche à cette futile démonstration de force. La plupart des démons n’apprécient guère qu’on leur endommage leur hôte et la plupart des humains n’aiment pas être brutalisés, je tâche cependant de me montrer tolérante en connaissance que je guérirais entièrement puisque je suis le Léviathan. Je fais donc face avec une parfaite sérénité en me disant que, considérant que Wilson Fisk est ta référence, tu dois être originaire d’Hell’s Kitchen à Manhattan voir t’y trouver encore. En d’autres termes, Emma ne m’en voudra pas trop si je lâche un peu la bride sur tes amis et toi. Et en parlant du trio, la dernière prend beaucoup de temps pour revenir.

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