S'il play à la Cour

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Re: S'il play à la Cour

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Sam 16 Avr 2016 - 10:49


Chapitre XI : le Début de la Fin


Non, j’ai rien à dire monsieur le juge.

On m’a vivement conseillé de me la fermer, je le fais. Mais je ne me démonte pas pour autant, même s’il est indiscutable que je vive très mal la situation. Ce qui est un droit aux Etats-Unis nous a conduits à avoir une comparution devant un tribunal pour enfant en France ; c’est dégueulasse. On se tient tous les trois côte à côte, Léo à ma droite et Maya à ma gauche, dans cette pièce sombre meublée d’un unique bureau derrière lequel ce tiennent juge, scripte et procureur. On a un avocat et nos tuteurs légaux respectifs avec nous, sachant que leurs présences ne sont pas d’une grande aide puisqu’ils nous en veulent presqu’autant que le procureur suscité. Le procès de la Cour des Miracles se tient parce que les autorités ont décidé qu’on devait être jugés pour nos actes afin d’interdire ces derniers, peut-être même de faire un exemple même si le fait que la séance soit à huit clos m’en fait douter. C’est drôle, j’aurais pensé qu’avec l’état d’urgence, ils ne s’embarrasseraient pas de paperasse. D’un autre côté, toute cette mise en scène a un effet psychologique tellement plus important que n’importe quelle interdiction ne l’aurait eu. Les choses passent sur Léo sans qu’il manifeste quoi que ce soit comme toujours, il a du envisager cette possibilité il y a longtemps déjà sans jamais en parler et attend donc que cela passe en une absence naturelle. Maya a plus de mal, elle est aussi coupable qu’on lui dit et c’est triste à voir, au point de regretter de l’avoir embarquer là-dedans. Moi… je ne veux pas en parler.

Pourtant, Arlequin avait déjà évoqué le fait que les autorités ne veuillent pas de nous, une fois qu’elles auraient découvert notre vraie nature. L’Histoire apprenait que les premiers super-héros européens étaient soit des militaires, des armes pour les différentes nations du continent, soit des criminels. On avait beau nous dire que les choses avaient changé, les Etats montaient toujours leurs groupes de super-sécurités pour disposer de leur indépendance envers les anglo-saxons et un certain nombre de combattants de rue étaient traités comme des criminels. C’était le cas de mon mentor et il m’avait prévenue que cela serait mon cas aussi, non pour l’avoir aidé mais pour avoir voulu faire cela sans être sous contrôle de quelqu’un. La société était gangrenée de personnes cherchant le contrôle et, malheureusement, celles-ci arrivaient souvent à leur fin. Nombre d’hauts fonctionnaires avaient commis des crimes mais il était impossible de leur porter justice car ils possédaient le contrôle ; plus qu’une immunité présidentielle ou autre passe-droit plus ou moins pleinement assumé, nombre de personnes malhonnêtes avaient la protection des groupes de super-sécurité. C’était pour cela qu’Arlequin restait un marginal et s’en prenait à des personnes précises, évitant le radar d’êtres dont la puissance était exploitée souvent à l’encontre de leurs valeurs. Même quelqu’un d’une grande pureté pouvait être au service d’une personne malhonnête et il s’en trouvait alors pieds et poings liés car jamais il ne pourrait porter justice à cette malhonnêteté.

Je n’ai peut-être pas toujours été honnête pour ma part mais je n’ai pas mérité l’accusation assassine du procureur. Et si je ne l’ai pas fait, que dire de Léo et de Maya ? J’ose à peine imaginer ce qui attend Martin, dont l’âge joue une fois de plus en sa défaveur. J’espère qu’il n’aura pas à dire adieu à sa vocation de pompier. Cela me fait déjà mal de voir Abeille culpabiliser comme si la douceur du miel ne consolait pas de la piqure de l’abeille alors penser le rêve de Macky brisé par son envie de faire plus et de nous protéger… Que peut-on faire lorsque cette justice à laquelle on a toujours cru se retourne contre nous pour devenir injuste ? Je prends une grande inspiration alors que les plaidoyers continuent. C’est une discussion d’adulte, à n’en pas douter : ils défendent leurs intérêts et font ce qu’on leur a dit de faire, ce qu’ils sont payés pour faire, sans conviction ou croyance. Ils sont des personnes au-delà du système qu’est leur travail mais dans le cadre de celui-ci ils ne sont plus que des rouages remplaçables et interchangeables. Je suis habituée à voir et à comprendre les choses, j’ai essayé d’en améliorer aux côtés de gens qui me sont chers et partagent cette aspiration, certes en suivant des exemples quasi-divins mais également en restant à une échelle humaine. Ce que je vois et comprends ici n’est qu’une lutte pour minimiser ou maximiser une condamnation dont personne ne doute et que tous trouvent légitime.

Cela s’appelait l’hypocrisie, une chose dont il fallait une droiture rare pour se prémunir et qui, à notre époque, était devenu un ciment social presque plus important que l’altruisme et la bienveillance. Arlequin ne se prétendait ni bienveillant, ni altruiste, mais il n’était certainement pas hypocrite. Il n’avait aucune raison de l’être et préférait la sincérité comme l’omission à toute forme de corruption sociale. Il avait même été sincère sur son omission comme ses valeurs quand au fait que je pourrais toujours le questionner sur ces dernières mais qu’il n’en dirait jamais plus que ce qu’il voulait. Cela ne me gênait pas car je lui faisais confiance. Et son omission avait posé moins de problème que sa sincérité, au final. Mais bon, sa sagesse ne m’empêchait pas de trouver les adultes hypocrites en règle générale, surtout envers les adolescents. A l’époque, je croyais que la pire phrase c’était « j’ai été adolescent avant toi » ; ben justement, si tu l’as été, pourquoi tu fais pas l’effort de comprendre ? Les adultes avaient eus le droit de faire des conneries durant leur adolescence et ne voulaient pas que les adolescents les fassent à leur tour… foutage de gueule complet. Arlequin comprenait quand bien même l’étape lui semblait normale et qu’il considérait qu’une fois adulte, je reproduirais ce même comportement. Après, personnellement je ne pensais pas qu’Arlequin ait eu similaire problème avec ses parents et comme il taisait son passé, je ne savais même pas s’il avait eu des parents en fait.

Les miens, de parents, entreprennent de parler de moi et de répondre aux questions qui leur sont posées. Maman tient un discourt qui aide autant Léo et Maya qu’il m’enfonce moi mais cela ne me surprend en rien vu toutes les pseudo-discussions qu’on a essayé d’avoir depuis qu’elle sait pour la Cour des Miracles. Papa s’exprime enfin sur le sujet, face à moi en tout cas. Il n’est pas surpris qu’avec les exemples donnés par les médias et mon échec scolaire, j’ai entrepris de faire du super-héroïsme clandestin. Il ne cache pas non plus qu’il était arrangeant pour son département d’avoir des livraisons de petit criminel, cela contentait bien le ministère de gonfler un peu les chiffres, mais néanmoins il est en accord avec le fait que ce genre de combat n’est pas celui d’enfants. D’enfants. Nan mais merde là ! On n’est plus des enfants. On est pas en âge d’être jugés comme des adultes mais on est plus des enfants. On est un vide juridique. Il aurait tellement fallut plaider ça en fait. Le procureur est d’accord avec moi : on est pas des enfants. Néanmoins, notre accord s’arrête très vite : on est des délinquants. C’est son objectif à lui, nous faire finir en centre éducatif fermé, un joli mot pour maison de correction, si les suivis psychologiques ne s’avèrent pas suffisant. Ce qui, pour mon cas, n’est pas à prouver.

Autant, ma psychologue n’avait jamais sue pour la Cour des Miracles ou pour Arlequin, autant la Cour des Miracles et Arlequin avaient parfaitement sus pour ma psychologue. On déconnait dessus avec les copains et on raisonnait dessus avec mon mentor. Pour lui, c’était une bonne chose : cela permettait de s’assurer que je ne fasse pas ce que je faisais pour de mauvaise raison. Je n’avais pas besoin d’évoquer directement mes secrets puisque le suivi était motivé par mon agression et en vu du procès où j’étais victime, même si tout cela avait été prémédité, mais cela ne m’empêchait pas de chercher plus la distraction qu’autre chose. Néanmoins, j’étais contente d’avoir  deux adultes et demi pour essayer de me comprendre, dommage qu’aucun ne fut un parent ; et oui, je ne compte Macky que comme un demi-adulte. Ceci étant dit, les discussions avec ma psychologue avaient pris en intensité suite au dévoilement de la Cour des Miracles et son avis sur moi devait être des plus pertinents.

Il l’est, puisqu’elle est amenée à témoigner. Je me sens trahie en l’écoutant. Plus trahie encore que par ma mère avec qui je n’ai jamais été autant en conflit ou avec mon père qui n’a pas dit grand-chose comme d’habitude. Je pense qu’il n’y a qu’un témoignage de membre de la Cour des Miracles qui aurait pu me faire plus ressentir la trahison que ce que fait ma psychologue. Sans doute est-elle aussi consciente que moi que je ne lui dirais plus jamais le moindre mot et, de toute façon, elle admet n’avoir rien vu venir et ne pas réussir à me faire évoluer. Je croise mes doigts de malaise devant moi alors que ce fait m’interroge ; n’ai-je réellement pas progressé avec elle ou l’ai-je suffisamment bien caché pour la berner elle aussi ? Qu’importe, dans tous les cas c’est une personne de plus à m’enfoncer sous couvert de l’honnêteté. Suis-je réellement comme tous le disent ? Je veux bien avoir été manipulatrice et indigne de mes amis mais je ne suis pas traitresse et violente. Je baisse les yeux à mon tour, regardant mes mains et les serrant pour me contenir. Peut-être n’est-ce pas eux qui me trahissent, peut-être est-ce moi qui récolte les germes de mes trahisons. Cela fait mal.

Les proches étaient de nos faiblesses, Arlequin avait renoncé à tous les siens pour cela. Que ça soit par les souffrances que d’autres leurs infligeraient ou par celles qu’ils nous infligeraient, nos attaches restaient des entraves dont il fallait se libérer pour agir au mieux. C’était là que j’avais bloqué, malgré que j’avais foutues en l’air mes relations avec mes amis et que j’allais en faire de même avec ma famille. Oui, je croyais que l’action dépassait la personne l’entreprenant mais je ne voulais pas avoir à tout sacrifier pour l’action. Je faisais ce que je faisais par croyance, pas par résolution, et si je n’avais plus personne à qui destiner mon action je n’avais plus aucune raison de la faire. Egoïsme limitant s’il le voulait mais pour moi, c’était simplement normal. Normal d’être attachée à ma famille et à mes amis, même si ça n’allait pas au mieux, et normal de chercher à garder ce contact, cette affection. Il n’avait jamais été question d’humanité dans ce que nous discutions mais cela en faisait parti, à mes yeux.

J’ai l’impression d’être seule. Je sais que mes parents ne veulent pas que je finisse en centre, probablement pas plus que ma psychologue, mais j’ai cette sensation de les avoir perdus. Ils m’ont trahie mais je ne peux pas leur en vouloir, à leur écoute ils ont tenté leur possible pour m’aider et j’ai refusé ou détourné cela. C’en est à tel point qu’il faudrait me juger à part de Léo et Maya tant j’attire plus l’attention qu’eux. Peut-être cela leur permettra de s’en tirer à meilleur compte que moi ou peut-être que je les entrainerai avec moi dans ma merde. Dans un cas comme dans l’autre, c’est du déjà vu. Cela m’en met les larmes aux yeux. Peut-être les choses ne sont-elles pas si injuste que cela, finalement. Peut-être que j’ai effectivement fait plus de mal que de bien avec la Cour des Miracles comme je l’ai fait à la Cour des Miracles. Je ne veux juste pas abandonner. Je sais que c’est ce que je veux faire, ce que je peux accomplir. Quoi que j’ai fait après, tous mes amis ont cru en moi pour cela. Arlequin a cru en moi pour cela. Dans la vie, il faut toujours se concentrer sur les personnes qui croient en soit plutôt que celles qui ne le font pas et le seul véritable crime ici c’est de les avoir trahie. C’est peut-être dégueulasse pour mes parents mais s’ils avaient cru en moi cela serait très différent. Je regrette tellement que cela n’ai pas été le cas.

Vivre sans regret était chose difficile pour Arlequin et je me demandais s’il en avait eu lorsqu’il m’avait battue ou encore lorsque j’avais protégé mon père. C’était une autre chose sur lui que je ne saurais jamais et je n’avais jamais su pour les moindre de ses regrets. Ses silences me disaient qu’il en avait, il était humain ou l’avait été après tout, mais aucun indice ne pouvait me laisser supposer lesquels. Enfin, si l’on excluait tous ces sacrifices qu’il avait fait à la Justice afin d’être intouchable et inatteignable. Le fait de ne jamais parler de son passé pouvait signifier tant qu’il le regrettait que son indifférence envers cela même s’il pouvait également occulter ses regrets. Pour ma part, j’avais beaucoup de regrets mais un optimisme chronique les concernant : quoi qu’il puisse arriver, cela s’arrangerait. J’étais chanceuse après tout. Chanceuse dans mes rencontres comme dans mes relations, que je les méritais ou non, dans mes actes comme dans mes choix, quelqu’ils fussent. J’en étais persuadée tout autant que j’étais persuadée d’influencer cette chance. Une gratouille derrière l’oreille et c’était bon ; je ne me sentais pas invincible, non, mais j’ignorais jusqu’à quel point je pouvais pousser ma chance et, dans les faits, cela pouvait être similaire d’un point de vue extérieur. Si seulement j’avais plus pensé à ce point de vue là.

La pause pour délibération m’offre l’occasion de m’enfermer dans les toilettes du tribunal pour m’isoler de tout cela. Mon envie de pisser n’est qu’un détail secondaire, c’est surtout mon mal que je veux cacher. J’aimerai tant pouvoir me montrer hargneuse et assurée comme à l’habitude, j’aimerai tellement pouvoir être moi, mais je n’y arrive pas. Les éclats sont venus de toutes les personnes et ça je n’encaisse pas. Quand des gens me frappent, je sais que je m’en remettrais. C’est comme des chutes et autres écorchures, les conséquences finissent par passer et on peut recommencer en s’améliorant. Mais quand des gens me tailladent le cœur, je fais quoi ? Enfin, à part m’entêter envers et contre tout. Je ne peux pas les abandonner. Je ne peux pas les rayer de ma vie comme s’ils n’avaient jamais existés. Je ne peux même pas les ignorer. Alors je souffre. Je ne souffre pas devant eux parce qu’ils n’ont plus cette intimité et cette confiance pour que je leur laisse voir que je souffre mais je le fais quand même. Les trois murs et la porte des toilettes ne limiteraient pas assez les sons pour que je puisse souffrir bruyamment alors je le fais en silence mais je le fais quand même. Cela n’ira pas forcément mieux après mais au moins, je serais soulagée. C’est toujours comme ça que ça marche de toute façon.

Etant petite, j’avais toujours eue Maman derrière moi pour m’aider à me développer et elle ne manquait rien de mes chagrins. Avec l’adolescence, c’était dans le silence et la distance de Papa que je m’étais retrouvée. Puis il y avait eu les amis, au sein de la Cour des Miracles. Puis Arlequin et, d’une certaine manière, ma psychologue. Je n’avais jamais vraiment été seule et je savais ne pas être prête à l’être. Mon mentor voyait en cela une limite, il avait probablement entièrement raison. Une limite que je ne voulais pas franchir. Cela avait eues les conséquences que cela avait eues quand il avait cherché à me pousser mais j’avais toujours été aussi sincère que lui sur le sujet. Peut-être aurais-je du être plus sincère avec les autres aussi. Mais la Cour des Miracles me dépréciait pour mon allée vers Arlequin et mes parents m’auraient dépréciée pour mon allée vers la Cour des Miracles alors je m’étais tue. Les choses auraient pu être incroyablement différentes si je ne l’avais pas fait mais nous étions d’accord avec Arlequin : mieux valait l’omission. Cela évitait nombre de souffrance pour tous les partis puisque je n’étais pas capable de me détacher de mes liens.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que mes liens ont lâché et que je suis seule. Même après sa disparition, Arlequin continue de me faire la leçon. Et à l’aube de la dissolution de la Cour des Miracles, je continue de posséder les mêmes limites qu’à son commencement. Je ne veux pas retourner à la barre et à cette mascarade, je ne veux pas savoir ce que fera la Justice pour nos petits cas problématiques. Je ne veux pas sortir de ces chiottes parce que c’est l’endroit le plus adéquat pour être dans la merde et que je le suis plus que la cuvette sur laquelle je suis assise ne peut en contenir. Je balance tout cela à Maman, qui m’attend de l’autre côté de la porte, sans pouvoir dissimuler le déraillement de ma voix. Qu’elle y retourne elle, qu’elle aille entendre une sentence décidée par des gens qui ne me connaissent pas et qui n’ont rien à foutre de moi. Je suis une anecdote dans leur vie alors que ce qu’ils décident va changer la mienne. C’est peut-être ça la Justice. Maman essaie de me rassurer, elle dit des choses qui auraient été tellement mieux à dire durant son témoignage. Je l’aime aussi et je m’en veux de l’avoir trahie, de lui avoir mentie, de l’avoir trompée. Tout autant que je m’en veux d’avoir trahis, mentis et trompés mes amis. Mais je ne lui dis pas plus que je leur dirais à eux. Ce ne sont pas des choses qui se disent, ce sont des choses qui se comprennent. Mes amis l’ont compris. Mes parents… ils sont adultes. Ils sont trop vieux pour ces choses-là.

Je ne suis pas sortie de ces toilettes pour aller écouter le procès et cela n’a pas plaidé en ma faveur. Mais de toute façon, rien n’avait vraiment plaidé en ma faveur donc ce n’était pas grave. L’avocat a tourné ma réaction comme cela l’arrangeait et le procureur aussi mais le verdict était déjà fait. Sans surprise, la Cour des Miracles était dissolue et nous devions laisser faire les autorités qualifiées, les « professionnels » comme les flics nous avaient dit. Léo, Maya et moi, avions désormais un casier judiciaire et une condamnation aux CEP avec sursis ; autrement dit, nous étions libres mais si l’on récidivait on allait en prison sans passer par la case départ, comme au Monopoli. La différence avec le Monopoli, c’était qu’on pouvait tenter le pas-vu pas-pris. Je n’ai jamais réussi à être sérieuse à propos de ce procès après coup car c’était une chose dont je préférais rire que pleurer. Hors j’avais prise beaucoup d’avance sur le seconde donc il fallait bien rattraper avec le premier. Cependant, j’avais retenue une leçon et elle n’avait rien de positif. La Cour des Miracles avait été condamnée à la potence ce jour-là et il allait falloir trouver une alternative. Heureusement, j’avais de la chance et l’entêtement qu’il fallait ainsi celle-ci ne tarda à m’apparaitre.

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Re: S'il play à la Cour

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Sam 23 Avr 2016 - 13:30


Chapitre Final : le Voyage du Héros


C’est pour vous faire plaisir.

Il n’y a pas que cela mais il y a beaucoup de ça. Les derniers mois n’ont pas été plus agréables pour eux que pour moi, même s’ils en sont autant responsables que moi, mais je tente d’améliorer les choses. Je les ai beaucoup détestés et je les détesterai encore, je le sais, mais cela ne m’empêche de les aimer quand même. Ce n’est pas une chose qui se dit mais c’est vrai. C’est une chose qui se montre et pour ça je ne suis pas douée. Et je ne serais pas douée à l’avenir non plus. Mais l’avenir n’est pas encore arrivé et je préfère qu’il soit prometteur que sinistre. Papa a toujours parlé de faire un voyage aux USA quand il aurait l’argent pour et, s’il n’a jamais réussi à l’avoir, j’ai gagné un voyage à New York grâce à un concours à la con sur internet, le genre de concours qu’on ne fait jamais et que je n’aurais pas fait non plus si je n’avais pas ma chance ainsi qu’une nécessité de le gagner ; ça n’a jamais marché avec le loto, pourtant j’ai bien essayé, mais pour le voyage quatre personnes tous frais payés c’est passé comme une lettre à la poste : après plusieurs essais. Des vacances en famille après toute la merde des derniers mois font plaisir même si Papa n’en perd pas de vue que je suis une fouteuse de merde et me le signifie clairement. On est au moins d’accord sur ma nature et il a entièrement raison quand à ma multiplicité d’intentions. Papa a toujours rêvé d’aller à New York mais ce n’est pas que cela qui m’a motivée à faire ce concours, parmi d’autres d’ailleurs. Ce qui m’intéresse également c’est de prendre un nouveau départ.

La Cour des Miracles était terminée et, malheureusement, mon groupe d’amis se disloquait avec elle. Encore. Macky c’était sorti relativement bien de son procès mais il avait renoncé au super-héroïsme définitivement afin de ne pas foirer sa carrière dans les pompiers, se limitant à l’héroïsme auquel il avait toujours aspiré. On c’était dit qu’on pourrait continuer de ce voir comme avant mais je ne crois pas que ni les autres ni moi n’y avions véritablement cru ; comme tous les autres, il était surveillé mais sa hiérarchie serait plus intrusive que nos parents et lui ne pouvait pas se contenter de se rebeller comme nous pouvions le faire. C’était triste mais c’était ainsi. Abeille avait aussi arrêté, sans surprise, pour revenir à sa normalité limitée ; elle restait la bizarre mais serait la bizarre sage. Au moins, on continuait de ce voir au collègue comme au-dehors, restant amies avec pas mal de temps libre. Ses parents n’aimaient pas qu’elle me côtoie mais elle n’avait pas des masses d’amis à côté donc j’étais tolérée dans certaines heures, principalement celles de cours et celles où nous pouvions être surveillées ; plus de soirée chez Macky et pas de soirées chez l’une ou chez l’autre, c’était admis. C’était chiant mais c’était admis. Zombie, lui, avait déménagé. Sa mère avait pris la situation et le procès à sa manière d’autiste et trouvée une solution toute faite à ce problème ; mon meilleur ami se retrouvait alors à aller vivre en province, loin de nous. Super-pédagogie mais mesure de sécurité efficace à n’en pas douter. On gardait le contact téléphonique et informatique mais il me manquait ce con même si je ne lui précisais que le fait qu’il soit con. Il ne risquait pas de le prendre mal même si le déménagement semblait l’avoir affecté tout de même.

Chacun gère les choses à sa façon et la mienne c’est de retomber sur mes pattes : mon animal totem reste le chat, après tout. Ce n’est pas parce que je tente de me faire bien voir que j’en oublie mon indépendance et mon autarcie. Et au-delà d’elles, ma vocation. Je quitte le salon pour retourner dans ma chambre, laissant mes parents aux bons soins de la télévision dont les nouvelles relatent toujours régulièrement les hauts faits d’Héros et les discours de Carol Danvers quant aux événements récents aux USA, avec le sentiment qu’Arlequin continue d’avoir raison. Je m’installe au bureau sous ma mezzanine et pose les pieds sur le plan de travail, poussant de ma chaussure le casque cabossé et soudé à la porc fabriqué à partir de micro-ondes afin d’apporter le champ de confinement à la Magneto-like. Je le regarde frotter légèrement contre les feuilles de papier manuscrites qui sont éparpillées au-dessous en soupirant. Il n’a jamais été utile alors même qu’il a vu le jour dès la première année de la Cour des Miracles, ayant nécessité un après-midi de récupération et un autre de bidouillage avec Léo pour commencer à se fabriquer des gadgets de super-héros. Une relique d’une époque qui me semble si loin tellement les choses ont changé depuis, l’innocence et les aspirations détruites par un monde que l’on espérait améliorer à notre échelle, et dont l’efficacité n’a pas plus été prouvée que mes pouvoirs. Mais au moins ce casque est-il lié à beaucoup de bons souvenirs, tellement on a déconné dessus.

Les souvenirs, on n’en avait beaucoup discuté la dernière fois qu’on c’était vus tous ensembles. La Cour des Miracles avait commencé dans un garage et finie dans un tribunal, avait commencé par des petits criminels et finie par des terroristes, avait commencé par des espoirs et terminé par des renoncements. C’était une aventure, notre aventure, et elle avait eu ses hauts et ses bas. On la regretterait tous parce qu’on se regretterait tous mais il fallait l’accepter. Après tout ce qui c’était passé, Martin n’arrivait plus à déconner comme avant et moi je déconnais encore plus qu’avant ; et pourtant j’avais déconné dans tous les sens du terme. Mais cela faisait partie de mon charme, cette insouciance à la limite de l’impertinence et cette croyance obtuse en ma chance me poussant à la tester. Mon procès n’était plus à faire et aucun d’eux n’avait cherché à faire le remake, une chose qui m’aurait pourtant plue car j’étais certaine qu’à assurer ma défense je m’en sortirais mieux que l’avocat qu’on avait eu. Après tout, j’étais The Lucky One. Personne ne pouvait m’enlever cela, ni mes amis, ni les juges, ni mes parents, ni même Arlequin ; j’étais qui j’étais et je ne cesserai pas de l’être avant de cesser d’être. Et puis si l’on voulait positiver, on avait gagné en popularité au collège puisqu’on avait accompli le théorème du super-héros tel qu’établi par Link the Sun : des gens cools normaux à qui il arrive un truc pas cool et pas normal et qui fait qu’ils deviennent super-cool et absolument pas normaux du tout. On était des gens cools normaux, à savoir la chanceuse sportive, le génie autiste, la bizarre gentille et le pompier moral, à qui il était arrivé des problèmes dans la bande de pote à cause d’Arlequin, ce qui n’était pas cool et pas normal, et qui étaient devenus du coup super-cools et pas normaux. Juste qu’on nous interdisait de continuer pour laisser faire les professionnels. Cette déclaration décourageait du fait de la barrière qu’elle met entre les gens qui peuvent faire et les gens comme nous qui ne sont pas capables.

Personnellement, plutôt que de me sentir comme la merde qui aurait arrangé tout le monde que je sois, je considère juste qu’il faut accomplir le même parcourt que les professionnels. C’est tellement con qu’il faut quelqu’un de mon niveau pour y penser, les autorités et leur interdiction de l’héroïsme clandestin étant bien trop intelligentes pour ça. Mais hors de question que je demande auxdites autorités, pas après ce qu’elles nous ont fait, et du coup il faut trouver des alternatives. Hors, ça m’est tombé tout cru dans le bec comme un sushi échappé d’une paire de baguettes quand les médias mondiaux ont relatée l’apparition de la Young Force à New York ; merci ma chance. Ça c’est passé avec une violence bien américaine quand Carol Danvers, symbole des Vengeurs et de la super-sécurité étatsunienne, est tombée sur la gueule d’un Starbuck, firme toute aussi représentative du mode de vie et de l’American Way of Life, afin de confronter un groupe de jeunes héritiers de la Justice League. Beaucoup de bruits pendant, de ce que j’ai compris, même s’il n’y a pas eues de pertes à déplorer mais, plutôt que de se concentrer sur l’attaque terroriste sponsorisée par le gouvernement justifiant le second amendement permettant aux citoyens de se défendre contre lui par les armes, tout le monde s’est intéressé aux héros du jour. Starbuck a eu son équipe de super-héros afin de concurrencer McDo et les Vengeurs et tout l’internet c’est rangé derrière la Young Force ; ou contre les Vengeurs, potentiellement, même si ça revient un peu au même. C’est trop tôt pour le dire mais, pour moi, elle semble vraiment partie pour devenir le nouveau rêve américain de toute ma génération. Et comme j’ai été bercée par les Disney à défaut de l’être trop près du mur, me voilà à vouloir tenter ma chance également ; c’est bien plus une mentalité américaine que de laisser chacun libre d’essayer et de se viander là où l’Europe préfère sélectionner auparavant afin de garder des castes bien définies et héritées de l’histoire moyenâgeuse, à mon avis, mais du coup je me suis donnée la chance que le vieux continent ne m’a pas accordée sur le nouveau.

Je n’avais parlé à personne de ce plan, pas même quand Léo m’avait interrogé sur la Brigade Chimérique. Elle était relancée une énième fois et participait même à l’Alliance des Champions de l’Europe, une chose qui l’intéressait particulièrement et pouvait nous permettre de poursuivre. Pour ma part, je ne croyais pas qu’on les intéressait : on était des ados, par définition incontrôlables surtout pour un gouvernement ayant réussi à être presqu’aussi impopulaire que des terroristes. Et puis de quoi aurait-il eu l’air s’il nous avait arrêtés pour nous rembaucher après ? Il n’y avait que les américains pour fonctionner ainsi. Sans compter que la Brigade, comme les Vengeurs ou les Luchadores, c’était un groupe paramilitaire destiné à servir les intérêts de l’Etat. Ok, ça impliquait protéger les citoyens mais ce n’était que sur affectation : voyait-on Captain Marvel ou Radium combattre des petits criminels de rue pour sécuriser un quartier ? Non. Leurs parties c’étaient le terrorisme et les guerres, c’était les interventions à l’étranger et la défense du territoire ; ce qui se passait de façon courante sur le territoire, cela ne les regardait pas. Ils étaient politiques et médiatiques hors ce n’était ni dans l’un ni dans l’autre que la Cour des Miracles avait jamais agi et je gardais cette visée. Pire, quand politiques et médias s’en étaient mêlés, ça avait été la fin. Donc non, la Brigade Chimérique et les autres groupes étatiques ne m’intéressaient pas et c’était réciproque, même l’Excalibur dont j’étais pourtant admiratrice. Et même dans le cas contraire, on n’avait personne à qui s’adresser pour être testés. On avait peut-être leur adresse mais ils ne nous ouvriraient pas leurs portes, il ne fallait pas rêver.

C’est pour cela que je suis confiante en la Young Force : ils sont apolitiques et se concentreraient sur la sécurisation des rues dans un combat contre le crime organisé. Après avoir ramenés mes pieds au sol, j’avance ma chaise pour être au bureau et je soulève le casque anti-ondes afin de récupérer les feuilles de brouillon qui se trouvent dessous. Google étant mon ami, j’ai tapé « lettre de motivation » pour avoir la méthodologie et j’ai commencé l’exercice. Puis après j’ai recommencé l’exercice. Plusieurs fois. Je n’ai jamais travaillé un tel devoir de ma vie mais je ne lâche rien. Je sais que je dois me démarquer parce que ce genre de demandes ils doivent en recevoir des centaines et que j’ai plus de choses contre moi que pour moi mais ils me donneront ma chance, je suis confiante. Après tout, je suis The Lucky One et qu’on ne vienne pas me dire que c’est un joker parce qu’en réalité je flippe à me retrouver sans rien et seule. C’est le cas mais je préfère la mauvaise foi et la volonté, ça m’a toujours été plus utile que le défaitisme que j’ai pu observer chez d’autres. Je peux aider la Young Force, je peux m’y intégrer. Je peux peut-être même être la première pierre d’un mouvement international puisque je me doute bien que je n’irais pas à New York indéfiniment. Mais les dix jours que durent le voyage me permettront de trouver la solution, j’en suis certaine, ainsi reste-t-il simplement à faire mes preuves. A gagner ma chance. Et considérant que la seule personne à me l’avoir donnée l’a fait après m’avoir avertie et sauvée ainsi qu’avant que ça ne lui coute la vie, je dois avouer n’être pas à l’aise avec l’exercice consistant à convaincre que cela vaut la peine. Je me persuade que c’est le bon choix, bien consciente de risquer de devoir faire le même choix que mon mentor pour arriver à mes fins. Je ne veux cependant toujours pas le faire et je regarde le nombre de ratures qui en ont résulté.

C’était con, moi qui me voulait prête à prendre des risques et à faire des sacrifices, je détruisais les choses vis-à-vis des autres et ils en payaient le prix tout autant que moi. Papa et Maman, Léo, Maya et Martin, Arlequin… tous m’avaient fait confiance et cela avait fini en larme, en crise ou en disparition. Peut-être était-ce pour cela que j’aurai dû renoncer à tous mes liens, non pour me priver de la faiblesse qu’ils composaient mais pour éviter d’être une douleur et un poids pour eux. J’y avais beaucoup songé durant la soirée d’adieu alors qu’on n’évoquait qu’à demi-mots ou sous couvert de l’humour les déconnades ayant précipitée la fin de la Cour des Miracles. C’était vrai après tout, comment j’avais pu faire confiance à un mec habillé en arlequin avec un masque cornu sur la tête ? La seule chose de plus flagrante comme avertissement s’eut été s’il m’avait proposé des bonbons ! Des bonbons arlequin, évidemment. Mais il fallait aussi voir que tous les super-héros n’avaient pas classe et la distinction de costume christico-angélico-Justice League. Rien que les Vengeurs tiraient une de ses tronches entre la bannière étoilée, la boite de conserve rogue et or, le géant vert et le viking divin. Ça n’excuserait rien, je le savais bien, mais ça expliquait. Je ne cherchais pas d’excuses ou à m’excuser, même si j’aurais sans doute dû, simplement à donner ma pensée. Je le faisais beaucoup trop pour mon âge, les profs étaient tellement d’accord avec ça ! Pas de bol pour eux, parce que pour moi c’était impossible, mais les seuls qui n’avaient à le subir c’étaient ceux qui ne le faisaient pas eux-mêmes. Malheureusement, c’étaient des cas rares et cantonnés à des matières secondaires. Arlequin avait réussi à m’enseigner car on discutait tous les deux et que j’apprenais en pratique, pas en théorie, tandis que j’avais énormément appris avec les potes aussi parce que j’avais la volonté d’apprendre et de progresser à leur côté.

J’ai espoir que cela fonctionne ainsi dans la Young Force car je ne crois pas que des groupes étatiques le feront ainsi. Je me contrefous d’avoir un diplôme, mine de rien j’ai déjà raté le brevet, et je ne veux pas de formation didactique avec des professeurs assis sur leur petite estrade. Je cherche un groupe, des coéquipiers que je puisse appeler amis, des gens avec leurs qualités et leurs défauts qui sont réunis par un même objectif mais y sont tenus, non par un salaire ou une vocation, mais des liens personnels. J’ai faite l’erreur de faire passer ma vocation avant les miens avec la Cour des Miracles mais j’apprends de mes erreurs. Comment réussir à signifier tout cela ? Comment réussir à dire à des étrangers tout ce que je n’arrive pas à dire à mes proches ? Le nombre de feuilles que je tiens entre mes mains témoigne de mes essais. Je sais que je le ferais avec humour parce que la vie, il vaut mieux en rire qu’en pleurer, mais je n’arrive pas à trouver les mots justes. Sans doute enverrais-je un travail inachevé qui de déplaira car, désormais que le voyage est gagné, le temps est compté. Sans doute devrais-je également forcer les choses afin de montrer que, malgré la forme humoristique, l’affaire est sérieuse.

L’affaire était tout aussi sérieuse que la Cour des Miracles l’avait été. Pour moi en tout cas. Mais, comme pour la Cour des Miracles, on venait au monde avec les meilleurs espoirs de celui-ci et pour celui-ci afin d’être au mieux remis à sa place en celui-ci. Je ne fus pas recrutée par la Young Force. C’était comme un entretien d’embauche : pas le bon profil. Même la jeunesse super-héroïque ne voulait pas de moi et je ne sus que faire face à cela. La solution d’Arlequin me aux personnes que j’aimais. J’étais certaine que cela m’aurait permis d’intégrer la Young Force que de n’avoir nulle part d’autre où aller mais je ne voulais toujours pas sacrifier ma famille à mon aspiration ; un tord dans le monde du super-héroïsme, j’en avais l’impression. Cependant, ce fut de mes proches que vint la solution puisque mon père s’en alla trouver l’ACE. Ironique de ce dire que ce furent ceux en qui je n’avais pas cru qui crurent en moi mais c’était là une chance que je ne pouvais pas gâcher. J’étais chanceuse, j’étais peut-être la personne la plus chanceuse au monde. Mais la véritable manifestation de ma chance ne fut jamais par mes réussites ou par mes échecs, elle fut toujours par les rencontres que je fis et les liens que je tissais. Je n’ai jamais été digne de cette chance mais elle ne m’a jamais fait défaut et j’étais trop concentrée sur mon aspiration pour le voir. Quand à savoir si j’étais à la hauteur de mon aspiration, c’est une chose que nous ne pourrons découvrir qu’ensemble.

S’il play à la Cour


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The Lucky One
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Lucy "Lucky" Prissy

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