Différentes conceptions de la Mort

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Différentes conceptions de la Mort

Message  Sif d'Asgard le Dim 10 Jan 2016 - 13:53


Le briefing a été simple : Merna, un village du compté de Custer dans l’état du Nebraska des Etats-Unis d’Amérique, avait cessé d’émettre des signes de vie. Le temps que les autorités locales constatent cela puis le fassent remonter à leur supérieur et envoient une équipe sur place, plusieurs jours c’étaient écoulés. Cela assurait que, quelqu’ait été le problème, il était soit déjà résolu soit bien plus complexe à résoudre. Loi de Murphy obligeant, c’était la seconde option qui avait été retenue : quoi qu’il se soit passé là-bas, les enquêteurs c’étaient retrouvés aux prises avec des morts-vivants, les rapports retenant bien vite l’attention des analystes du SHIELD ayant eux-mêmes fait appel aux Vengeurs. Considérant les km² de superficie du village et lesquels 400 habitants qui devaient s’y trouver, l’envoi d’un seul Vengeur devait suffire à traiter le problème.

J’ai répondue présente, ayant déjà pu confronter des morts les pieds dans la neige sur Helheim, mais j’ai tout de même eues des questions à poster alors que le Quinjet me conduisait au lieu-dit. Premièrement, j’ai voulu savoir s’il était possible de parler à Custer des moyens qu’il avait mis en place pour confiner la zone ; les Agents du SHIELD ont une fois de plus semblés désabusés et m’ont gentiment évité le déplacement en me donnant les informations en leur possession, une chose que j’ai grandement appréciée. Par la suite, il a également été question du type de morts et l’on m’a répondu que cela ressemblait à un « épisode spécial Noël de Walking Dead », ce qui m’a laissé perplexe considérant que la festivité était déjà passée. Néanmoins, que les morts marches signifie qu’ils ont des jambes et donc sont encore suffisamment physique pour que ma lame suffise à les renvoyer à la terre. Le fait de savoir si c’était du à une à une épidémie ne m’intéressait pas, non, puisqu’en ma nature d’Asyne je n’ai à craindre aucune maladie et que la mort fonctionne différemment pour moi que pour les Humains. Par contre, essayer de trouver la source du problème fut un détail qu’ils ont bien fait de me préciser ; je n’aurais jamais cherché à savoir pourquoi ou comment ils étaient morts considérant que je m’en allais les tuer, pour moi la réponse tombait sous le sens. Avoir précisé cela m’a légèrement persuadé, plus encore que mes compétences d’investigation n’ont été que mitigée durant l’enquête en suite de Janet van Dyne, qu’ils ne misent pas réellement pour trouver les réponses. Au moins n’auront-ils pas fait le voyage pour rien, eux non plus.

L’atterrissage me laisse tout loisir de croiser les forces alliées sur lesquelles on m’a déjà briefée mais je ne leur accorde guère plus que l’attention polie avant de laisser les Agents du SHIELD interagir me contentant d’écouter en constatant que ma présence perturbe les gens de Custer. J’ignore s’il s’agit de l’armure corseté à gorgerin ouvert sur une chemise de maille, la jupe de lamelles de cuir rouge couvrant cette même chemise, les braies noires, les bottes renforcées, les épaulières, les brassards et les protèges-mains, le bouclier servant de fourreau à mon épée, les dagues croisées magnétisées à l’arrière de ma ceinture, ou un mélange de tout cela. Le fait que je m’avance bras-nus alors qu’ils considèrent les températures négatives, une chose ne me parlant nullement, ne doit pas aider à mon intégration parmi eux.

D’un autre côté, je ne suis pas venue m’intégrer et agir ; c’est ce que je fais dès qu’on m’en laisse la possibilité, franchissant le périmètre de sécurité pour commencer à couvrir les centaines de mètres de champs enneigés qui le sépare de Merna. Suivant l’avenue centrale, je longe le parc à direction des lignes de chemin de fer à moitié faites de bois qui marquent l’entrée dans la zone habitée. C’est là que résident encore les Morts, sous un pâle soleil et une neige commençant à geler.

J’accélère mon pas afin d’entreprendre au plus vite ce pourquoi j’ai été entrainée. Pour l’heure, le village m’a l’air calme mais je gage qu’à me rapprocher de son centre je ne tarderais à faire sortir ce que je suis venus chasser, même si je n’ai pas la moindre idée de s’ils agiront coordonnés ou non. Cela ne m’importe pas, je n’ai pour l’heure pas dégainée ma lame de son fourreau magnétique et garde à l’esprit que je ne cherche pas seulement la bataille : il me faut aussi des réponses.

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Proserpine le Mer 13 Jan 2016 - 18:08

Il fallait bien entendu que je commence une nouvelle vie terrienne pour que des problèmes absolument consternants arrivent en Hades. J'étais, ces derniers jours, trop occupée à guider une âme égarée sur le chemin de ma demeure pour me tenir régulièrement informée des affaires. Bien des divinités mineures sont capables de maintenir l'ordre quand aucun danger ne nous menace. Cependant, cette fois, le danger est venu sans prévenir. Après trois jours d'absence, j'ai donc eu le grand plaisir d'apprendre par Alecto que plusieurs dizaines d'âmes avaient subitement disparues du Tartare. Une porte s'était ouverte sur terre, et forcément, les éternels condamnés s'étaient rués dedans. C'était un cas aussi grave qu'exceptionnel. Parfois, des activités anormales sur la planète humaine créaient des failles dans les limbes, mais nous y avions rarement droit. Quelle magie du hasard ou volontaire aurait pu, en effet, toucher spécifiquement le petit territoire des olympiens quand les contrées démoniaques occupaient un espace plus large, tant en hectares que dans l'esprit des hommes ? Je trouvais pour ma part qu'avec nos effectifs ridicules comparé aux autres, il était tout à fait scandaleux de venir nous piller. Mais il restait difficile de savoir s'il s'agissait d'une attaque contre nous, d'une regrettable erreur, voire d'un problème dimensionnel. A choisir, j'aimerais éviter la dernière option, on ne sait jamais à quel point un pont entre les mondes peut devenir catastrophique lorsqu'on en ignore l'origine, et puis, il n'y aurait alors personne à punir. Ce serait assez contrariant. Après quelques recherches, il a été établi que tout venait d'un village du Nebraska, où l'on pouvait relever un nombre soudain et assez anormal de morts en quelques heures. A ce stade, il était difficile de savoir ce qui avait provoqué le drame, une distorsion de la réalité, des cas de possession, de résurrection ?

J'ai emporté mes meilleurs guerriers pour me rendre sur place. Pas de tenue de ville cette fois, je venais en tant que déesse en colère, et je portais par conséquent une robe de soie d'un vert amande grisonnant attachée sur une épaule avec une fibule d'or blanc, et des lanières enroulées tout autour des mollets. Pour une sortie dans une prairie enneigée, on avait vu moins suspect mais je venais réparer un tort, il était donc normal que le petit malin derrière l'affaire puisse se préparer un minimum à ce qui l'attendait. Vous voyez, je fais des efforts, j'essaye d'être fair-play. Tout est particulièrement calme mais le vrombissement d'un hélicoptère indique clairement que les autorités essayent aussi de comprendre ce qu'il se passe. J'espère juste qu'ils ne vont pas me compliquer les choses. Avant d'entrer dans la ville, je longe le petit cimetière, endroit stratégique où le portail s'est apparemment ouvert. Les plaques de marbre sont fracturées, les cercueils éventrés, la terre retournée. Oh, un rite de type nécromancien ? J'en lève doucement les yeux au ciel. Vraiment, si les humains brûlaient proprement tous ces cadavres, il n'y aurait pas tant de problèmes. Ceci dit, j'ai aussi de quoi être assez inquiète. Que l'on lâche une armée de zombies sur un village pour x raison, soit, les mortels ont une capacité étrange à s'ennuyer en moins d'un siècle d'existence. Mais je doute que l'ont ait pu trouver beaucoup de corps très frais étant donné l'âge des tombes, et encore moins permettre aux âmes de réinvestir les restes de leur enveloppe charnelle. Certains des portés disparus du registre avaient plus de 3 000 ans ! Je suis donc prise de la crainte terrible de découvrir mes pauvres sujets irréversiblement endommagés par la magie. Je dois en apprendre plus sur le sort et le coupable, mais je trouve peu de traces. Le terrain est beaucoup trop ravagé. Je jure que si l'auteur de tout ça s'est fait déchiqueté par ce qu'il a déclenché, je retournerai tous les Enfers pour le retrouver.

A force d'explorer le terrain, je sens cependant une présence qui émane de la ville, quelque chose de puissant, qui n'est pas humain. J'abandonne rapidement le cimetière où plus rien ne gît pour pénétrer les rues de la petite ville. Tout est curieusement silencieux. Les morts doivent être passablement désœuvrés maintenant qu'ils n'ont plus personne à mastiquer ou dévorer. A travers une fenêtre, j'entends quelqu'un appeler faiblement au secours, mais ce n'est qu'un rescapé apeuré. Aucun intérêt. Une sorte de râle écœurant résonne non loin. Je m'occuperai de ces aberrations plus tard. D'abord, il me faut identifier l'autre présence et que vois-je ? Une Sif perdue qui déambule sur le qui vive mais sans avoir l'air de savoir exactement à quoi s'attendre. Elle est nerveuse et me repère vite. Je m'approche d'un pas tranquille et lui demande en fronçant les sourcils, moitié perplexe moitié affligée :

– J'espère que les tiens n'ont rien à voir avec les désagréments que nous connaissons en Hades… Même si vous vous ennuyez des facéties de Pluton, il doit se reposer et ceci est d'un goût assez navrant je dois dire…


Et disant cela, je pousse un soupire en pointant du doigt l'amie qui vient droit sur nous. Ce pourrait être une parodie tant la fusion entre le squelette humain et l'âme de la dryade est incomplète. J'espère qu'ils ne ressembleront pas tous à ça. On dirait un zombie en état de décomposition avancé mais enroulé de lierre et de liserons par un incompréhensible souci esthétique. En d'autres circonstances, ce serait drôle. Mais ça ne l'est pas, c'est même précisément ce que je redoutais, un risque que l'âme se soit complètement évaporée pour ressusciter un souvenir palpable de ce qu'elle avait été. Du reste, je ne pense pas les asgardiens vraiment responsables de ce bazar, mais après tout, il suffirait qu'un de leur magicien dissident ait quelques projets de domination mondiale ou envie de provoquer un incident diplomatique pour s'amuser ? Il vaut mieux pour eux que ce ne soit pas le cas.


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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Sif d'Asgard le Jeu 21 Jan 2016 - 13:40


Je sens le contact du fuseau de mon épée dans la paume de ma main avant même de m’être retournée et ne voit la première créature à s’approcher de moi qu’une fois que mes réflexes m’ont mise en position de garde, la lame en prolongement du regard et le bouclier prêt à la parade. La créature, sans m’être familière, ne m’est pas inconnue : sa robe de soie est typique de son panthéon  et la reconnaissante de son visage aux yeux froids et aux cheveux sombres ne permet que de m’apprêter à un combat qu’il me faut gagner au plus vite même s’il est impossible de la vaincre définitivement.

Comme son époux Pluton, Proserpine n’est pas le genre de créature à trouver la mort dérangeante et elle est une coupable presque trop simple à ce qui se trame ici. Son accusation renvoie d’ailleurs à similaire soupçon même si, contrairement à Hadès, Hel n’a jamais été geôlière des morts qui lui sont confiés et le Walhalla permet de devenir l’un des champions d’Odin.

Prends garde à tes accusations, Proserpine fille de Cérès…

Je n’ai le temps d’en dire plus, accordant un instant de regard à ce qu’elle désigne du doigt et m’interrompant de ce fait. Cela ne m’effraie pas mais me dégoute, chose insuffisante à ébranler ma concentration ou ma volonté. Je n’ai peut-être jamais vu ou imaginé similaire fusion entre un cadavre et un arbre mais ce que c’est m’importe moins que le fait que cela puisse être détruit.

D’un bond, je suis à l’encontre de la créature non-morte ; mon bouclier heurte son visage avec dix fois plus de force que la plus puissante des balles humaines et ma lame ne tarde pas à en faire de même pour empaler le torse, l’Uru traversant chair et végétal dans un craquement sec. Mes bras s’écartent dans le même mouvement, utilisant ma force et ma vitesse pour simplement déchiqueter le monstre sans autre forme de procès. Mon mouvement ne se stoppe que quelques mètres plus loin, la dissipation de l’élan ayant creusé des sillons à même la neige pour en révéler la pate pétrolière des routes humaines et les barres de fer de leurs rails.

Me retournant vers Proserpine et le cadavre, j’avance jusqu’à celui-ci pour broyer la partie la plus importante qu’il en reste sous la force de mes talons. Comme leurs divinités, les non-morts tendent à être difficiles à détruire de façon classique.

Asgard n’est pas impliqué et s’il s’agit là de l’œuvre d’un magicien d’Yggdrasil, il sera jugé par ceux à qui il a fait du tord. Si les non-morts d’ici appartiennent à l’Hadès, les vivants tués étaient étasuniens et ce seront d’abord ceux-ci qui jugeront le coupable ; tu auras tout loisir de le récupérer une fois mort, pour peu que les humains ne le condamnent pas à cela.

Je me tais alors que des bruits, tout faibles soient-ils, commencent à se faire entendre dans les quartiers d’habitations s’étendant au-delà de la frontière ferreuse où je me trouve et, ignorant les silos à grains qui se trouvent à son côté afin de contenir les récoltes faites aux alentours, je me retourne à nouveau vers la continuité de l’avenue centrale filant vers l’ouest et le village.

Les plus proches bâtissent ressemblent à des hangars plus qu’à des demeures mais, une fois le bureau de la famille US Post passé, ce sont de véritables chaumières humaines qui se tiennent. Et ce sont de celles-ci que sortent maladroitement de nouvelles horreurs, plus ou moins humaines, comme attirées par la destruction de leur homologue. Claudicant afin de descendre les escaliers des esplanades de leur seuil, les non-morts passent sous les griffes d’arbres noirs semblant aussi pourris qu’eux et commencent à former une colonne dans l’avenue.

Ce n’est ni rapide ni ordonné et je regarde faire cela sans intervenir ni même réellement chercher à comprendre le pourquoi du comment. Ils ressemblent à une coulée de boue charnelle mais ce qui me pose réellement problème est la différence d’état d’un cadavre à l’autre. Sans tous êtres fusionnés, certains sembleraient toujours vivants s’ils n’avaient ni comportement ni trace de leur non-mort ; et un pouls comme une respiration, accessoirement. Ont-ils tous été ramenés d’un royaume des morts où certains ont-ils été précipité dans cette monstruosité avant d’être passé de l’autre côté ?

Mon attention dévie un instant de la horde qui s’assemble pour en revenir à mes pieds alors que l’une des mains du squelette arboré s’en saisit maladroitement. La traversant de part en part de ma lame d’un mouvement précis, je l’écarte de mes bottes d’un geste circulaire qui l’expédie en avant des autres non-morts. Il semblerait qu’en effet, ils soient difficiles à tuer. Viser la tête et le cœur, comme je l’ai fais précédemment, ne servant manifestement à rien je m’apprête à simplement à un long et brutal combat ; d’autant plus long d’ailleurs qu’il est fort possible que les quatre centaines d’habitants de Merna ne soient pas représentatives des non-morts qui s’y trouvent à présent.

Tournant un instant mon visage vers derrière moi, je cherche des yeux Proserpine. J’ignore si elle est responsable de tout cela, quoi qu’elle en ait dit, mais si je ne parviens à voir de raisons d’ainsi agir je ne lui fais pas confiance. La mort fait parti du cycle de la vie et la culture d’Asgard l’accepte comme une chose positive, révérant les morts plutôt que de les regretter, mais les divinités touchées par son pouvoir sont bien plus dangereuses que la moyenne ; et je ne serais pas surprise que la magie de Proserpine puisse m’être fatale. Je n’en garde pas moins ma propre magie et une affaire plus urgente à régler qu’elle, affaire qui pourrait nous pousser à être des alliées de circonstance d’ailleurs. Je ne lui demande pas ce qu’elle fera ou escompte faire, non que je n’en ai cure mais je le verrai bien assez vite.

Rangeant d’un geste simple mon bouclier dans mon dos, je place ma main ainsi libérée sur la poignée de mon arme en parfaite symétrie avec son homologue. Dans un bruit métallique, la seconde lame d’Uru s’échappe de son confinement puis j’écarte les mains, divisant ainsi en deux lames distinctes mon épée enchantée. Les doctrines de combat offensives d’Odin me semblent plus adéquates à la masse grouillante de mes ennemis que celles défensives de Freya, quand bien même les techniques resteront miennes.

La puanteur atteint mes narines et je prends une grande inspiration pour retenir mon souffle face à cette gêne pestilentielle mais, étonnamment, c’est un arrière goût de farine cuite. Cette incongruité passée, je m’élance à nouveau à la bataille pour faucher les corps au rythme d’une douzaine par seconde, chaque lame prélevant son tribu en un demi-cercle d’argent. Mais qu’importe de broyer et de taillader des êtres qui deviennent deux cibles différentes une fois tranchés en deux.

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Proserpine le Mar 2 Fév 2016 - 17:48

Comme moi, Sif m'identifie rapidement. Et si j'en crois sa réaction, elle ne semble pas apprécier que je puisse imaginer les asgardiens responsables de ce carnage. Sans me laisser intimider par sa remarque, je lui tourne un petit sourire satisfait. C'est une guerrière droite, loyale, et tout ce qu'il faut pour faire une brave personne, je n'ai aucune raison de mettre sa parole en doute. Savoir que les asgardiens sont aussi perplexes que moi est assez rassurant. Il est plus confortable d'avoir un problème diplomatique avec de petits humains qu'avec les dieux d'une autre dimension. Elle est cependant plus sur la réserve vis-à-vis de moi. Bien sûr, tous les coups fourrés de Pluton n'ont jamais été pour jouer en ma faveur auprès de son peuple, surtout que son cher Thor a eu quelques démêlés avec lui. Mais je ne suis pas aussi insensée. Pourquoi dresserais-je une armée de morts-vivants dans un village au milieu de nulle part ? Certaines divinités perdues peuvent avoir ce genre de lubies. Elles font la joie des super-héros qui s'embarquent alors dans un combat spectaculaire pour les renvoyer d'où elles viennent après une demi-journée de chaos. Quelques siècles plus tôt, il aurait été possible de reprendre le pouvoir sur les humains avec la force brute. Hélas, nous n'avons pas su saisir notre chance, et ce temps est révolu. Il faut ruser, les disperser, les égarer. Et même si je gouverne des âmes perdues, il ne s'agit pas moins de mon peuple. Jamais je ne m'amuserais à infliger cette souffrance contre-nature à mes sujets. En contemplant la dryade-zombie, je songe cependant qu'elle ne l'a pas volé. Elle pourrait peut-être même avoir un réel plaisir à retourner au Tartare après cette mésaventure si le maléfice le lui permet toujours.

Je laisse l'asgardienne s'amuser avec la sinistre créature qui clopinait vers nous, en observant le combat avec intérêt. Je n'avais encore jamais vu de mort-vivants d'origine « magique » et le premier constat est qu'ils sont plutôt résistants. Par précaution, la guerrière lui écrase la tête du talon mais le corps éventré et sans tête continue à trembloter, comme prêt à se reconstituer. Je m'en détourne cependant pour entendre Sif préciser qu'Asgard n'a rien à voir avec cette affaire. Elle me tient ensuite un discours stupide sur le fait que c'est aux humains de juger le coupable. Eh ! Ne suis-je donc pas la première à laquelle le tort a été causé ? C'est Mon royaume qui a été pillé. Le massacre du village arrive en second plan. Je la fixe donc d'un air très peu convaincu. La justice humaine était plutôt efficace à une époque, mais elle est dégénérée de toutes parts aujourd'hui. Certains tuent pour rien, tandis que d'autres tiennent pour des raisons mystérieuses à garder les criminels en vie le plus longtemps possible tout en les confinant dans des cellules. Les lois morales ont une autorité si grandes qu'ils préfèrent risquer la mise en liberté d'un fou qu'avoir le poids d'une mort sur la conscience. Ils sont amusants. Mais tant qu'ils ne viennent pas s'immiscer dans mes affaires, ils peuvent bien se démener comme ils veulent, le résultat est le même, et notre justice beaucoup plus sérieuse.

– Je suis la première offensée, sans saccage de l'Hades, pas de morts. Crois-tu que j'ai du plaisir à voir ces âmes souffrir ? Mais peu importe, il peut bien vivre cinquante ans en prison si cela amuse les humains, je viendrai personnellement m'occuper de lui le jour de sa mort.

Et au final, il m'amuse bien de le laisser en vie en lui annonçant quelle grande punition l'attendra le jour de son trépas, il pourra trembler d'avance à l'idée de sa damnation programmée. Les Nornes sont capables de lire les destinées de chacun. S'il ne meurt pas aujourd'hui, le jour et l'heure de sa fin ne m'échapperont pas. De toute façon, je ne veux pas m'embêter avec Sif pour des choses qui n'ont aucune importance à mes yeux. Elle semble juger ma réponse acceptable pour l'instant puisqu'elle s'avance dans la ville afin de mieux constater l'étendue du désastre. Je la suis plus lentement, examinant les alentours, et en essayant de sentir une quelconque aura magique. Si le lieu du rituel n'était pas le cimetière, alors où ? J'ai pris avec moi le spectre d'un voleur de génie, un soldat fiable, le genre à très bien supporter sa condition à mes côtés, l'importance que je lui donne au-delà de sa mort depuis des siècles. Je me tourne vers lui et lui murmure :

– Il faut fouiller les caves ou les mansardes. Si un rituel à eu lieu, on peut partir du principe que le sorcier l'a fait dans un endroit assez protégé.

Il acquiesce doucement et s'évapore pour faire le tour des habitations dont sortent des armées de monstres, sans doute alertées par la mort d'un des leurs. Seraient-ils connectés ? Je reconnais d'autres résidents du Tartare. Des centaures connus pour leur cruauté, des satyres qui ont outragés des dieux, des harpies sans pitié… Toutes les créatures de l'Olympe ne finissent pas torturées après leur mort, mais celles-ci avaient dépassé les limites imposées par les dieux. Si nous avons toujours cautionnés les incidents avec les humains (on ne peut pas trop en demander à un centaure, encore moins à un minotaure !) l'arrogance peut coûter très cher. Le rituel a réveillé des esprits vengeurs terribles, rebelles, sans doute animés par leur seule soif de destruction. A leur côté, les humains semblent aussi hagards. Ils ne sont pas dans le même état de putréfaction mais certains sont trop déchiquetés pour qu'il soit crédible de les voir tenir debout. L'un d'eux a même la tête qui pendouille piteusement dans le dos. Il ne doit pas rester grand monde en vie. Vu les créatures infernales qui ont déferlé sur le village, les humains n'ont eu aucune chance. Nous l'avons bien constaté en Enfers, tout a été plié en moins de trente minutes. Sif ne se pose pas la question de trouver un moyen de les sauver, comme cela arrive parfois, quand des cadavres semblent si cruellement vivants. Elle taille et tranche dans le tas. Les faibles humains tombent, et les autres, comme la dryade plus tôt, tombent mais continuent de s'agiter, et semblent retrouver doucement des forces. Elle va s'épuiser. Je suis cependant si fascinée par la scène que je ne remarque pas qu'un mort s'est approché de moi et a posé sa main putréfiée dégoûtante sur mon épaule. Je me retourne vers ce qui était autrefois une jeune femme et l'attire violemment contre moi pour la carboniser dans mes bras. A ses gémissements, les zombies les plus proches se précipitent, et viennent se consumer contre mon corps en fusion comme des moucherons sur une ampoule. C'est une chance, les humains ressuscités sont idiots. Mais les autres ? De violentes secousses agitent le sol. Et, puisqu'on parlait de minotaure, l'un d'eux apparaît justement, grand et puissant malgré les os qui saillent de sa chair grise. Mon soldat revient au même moment, et semble m'indiquer une voie à suivre. J'avance vers lui en faisant un écart pour éviter la créature manifestement plus intéressée par Sif, puis je me ravise un instant. Peut-être que je devrais voir si elle est capable de s'en sortir avec ce nouvel adversaire en plus de toutes les autres créatures coupées en deux ou non ?


Dernière édition par Proserpine le Mar 23 Fév 2016 - 15:41, édité 1 fois

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Sif d'Asgard le Ven 12 Fév 2016 - 9:55


J’ai la force, l’invulnérabilité, la vitesse et la dextérité pour moi. Même avec leur nombre et leur capacité à continuer le combat, ce n’est qu’une question de temps et d’efforts avant que cette bataille ne soit finie. Le combat n’a rien de spectaculaire à mes yeux, même s’il durera en effet une demi-journée, et n’est en rien joyeux puisque Proserpine est seule à avoir sourit.  Un sourire que j’ai ignoré, concentrée au combat justement, même si je l’ai défait d’un simple énoncé.

Il m’indiffère de savoir si Proserpine prend plaisir ou non à voir des âmes souffrir, l’un comme l’autre ne m’étonnerait pas. Quand à son offense, j’ai déjà tranchée vis-à-vis de la répartition des sentences et n’y reviendrait pas. L’Olympienne non plus, acceptant la faible attente que représente une vie humaine. Les choses sont donc conclues de ce côté-là et chacune peut entreprendre ce pourquoi elle a été éduquée. Pour ma part, il s’agit de la Guerre.

Je peux la mener des jours durant et puis pourfendre des monstres de la mythologie grecque puisque, toute divinité mineure que je sois, je n’en reste pas moins une divinité alors qu’ils ne sont que créatures. Ils peuvent être plus puissants que des Humains, ils n’en restent pas moins puissant qu’une Asyne même gorgés de nécromancie. Les hommes-cheveux prennent plus de temps à être éparpillés mais leur gabarit ne joue pas en leur faveur dans une telle masse. Les hommes-boucs sont plus problématiques mais tout aussi rapidement dispersés. Les femmes-oiseaux sont les plus problématiques dans le genre même si la non-mort leur enlève leurs principaux atouts. Je suis couverte d’ichors, de sangs et de bouillie farineuse à moitié digérée mais n’en ralenti en rien mon massacre, tel un rocher d’acier dans une marrée de non-morts.

Je vois l’embrasement de Proserpine, instant de distraction alors que la déferlante l’atteint aussi et qu’elle s’en débarrasse avec une ardente nonchalance, mais ne m’accorde plus d’une seconde à observer cela avant de reprendre ma moisson. D’après la géographie, Merna était un village de cultivateur de céréales ; c’est une ironie qu’ils soient devenus ce qui est fauché suite à un mystérieux maléfice.

Le sol tremble alors qu’un demi-dieu grec s’approche, gigantesque homme-taureau ayant peut-être gagné en puissant par la magie. Une passe d’arme me permet de me dégager quelques mètres, réduisant les non-morts s’y trouvant en l’infecte boue dans laquelle je piétine depuis quelques moments, alors que les autres prennent formation à l’approche à la bête comme s’ils étaient tous guidés d’un seul esprit. Reprenant une garde classique, une lame en suite de mon regard et l’autre entre moi et mon ennemi, j’attends qu’il esquisse un mouvement pour contrattaquer dans l’instant.

Les os heurtent mon armure tandis que mes épées pénètrent les chairs dans un choc plusqu’impressionnant, même pour moi. Nos forces s’annulent et seule ma vitesse me permet de le prendre de court, évitant une maladroite réplique en retirant mes armes de son cœur et de sa gorge pour tourbillonner sur le côté jusqu’à me retrouver dans son dos et lui empaler l’arrière de genoux. Je cherche à appuyer mon avantage de mobilité en détruisant définitivement la sienne mais une fois mes lames retirées la non-mort lui permet d’ignorer les blessures. S’il se retourne pour tenter de me balayer, je prive définitivement le Minos de la partie inférieure de ses jambes d’un coup tranchant alors même que mon autre arme s’en va continuer l’entaille de la gorge, passant au travers de la colonne pour lui arracher la tête. Ce faisant, je laisse l’ouverture à un coup de paume à l’encontre de mon torse, coup qui m’atteint et m’expédie au loin.

L’impact contre le silo n’est pas douloureux et la chute en son sein est amortie par les réserves de grains dans lesquelles mon poids m’enfonce à l’instar de sables mouvants. Néanmoins le coup m’a coupée la respiration et je suis contrainte d’inspirer un instant. L’odeur sucrée envahie mes poumons, non plus portée par la putréfaction des non-morts mais de façon bien plus subtile par les céréales m’entourant. Mains fermement agrippées aux fusées de mes armes, je me débats et n’en accélère que plus mon avalement par les céréales. Ce n’est cependant pas le seul lien que je fais : l’odeur sucrée provenant de la matière première des aliments de base de la nourriture humaine, serait-il possible que ce soit lié à la transformation de vivants en non-morts et à la corruption de la terre afin d’entrainer l’échappées de créatures déjà mortes ?

Ressoudant les pommeaux de mon arme enchantée entre eux, j’allonge la fusée de celle-ci à son maximum afin d’atteindre le fond du silo et d’ainsi me servir d’un appui au travers du grain. D’une impulsion, je m’échappe donc du rangement par le trou fait en y rentrant et atterris lourdement dans l’avenue. Le béton se marque de l’impact alors que je m’en relève pour contempler le marécage sanglant et sa faune non-morte.

Les trois-quarts de minotaure restent champions des non-morts qui continuent de défendre la terre à laquelle ils sont liés contre les divinités venues mettre un terme à leur maléfice. Réduisant la fusée de ma double-lame à une taille normale et la divisant de nouveau en deux, je m’arrête sur Proserpine dont la position a changée. Je n’aime pas cela mais sais qu’elle est autant impliquée que moi et plus renseignée concernant les sortilèges de la nécromancie, prenant donc partie de réitérer ma considération d’alliance de circonstance.

Mes deux épées tournoyant dans mes mains, j’entreprends de me tailler un passage jusqu’à l’autre déesse sans moins de violence que précédemment. Le minotaure est ralenti mais pas vaincu et la horde hétéroclite s’en poursuit sa défense comme autant d’insecte protégeant la ruche. Sans doute que tuer la reine mettrait un terme à tout cela mais s’ils ont tous été infectés par un artéfact, y a-t-il réellement une reine ?

Proserpine !

Mon cri surplombe un instant ma chorégraphie guerrière et les hideux bruits qui l’accompagne, cherchant à attirer l’attention de l’interpellée.

Entreprenant une poussée de vitesse renversante pour les quelques non-morts se trouvant sur mon chemin, je cherche à progresser toujours plus vers celle à qui je m’adresse alors même que je continue mes paroles.

Est-il possible de transmettre une malédiction de non-mort aux hommes comme aux terres par l’intermédiaire de semences végétales ?

Je cherche à accroitre ma progression afin d’entendre sa réponse le plus clairement possible, tout en étant consciente qu’il faudra par la suite poursuivre un travail d’équipe probablement plus complexe.

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Proserpine le Mar 23 Fév 2016 - 18:26

Le Minotaure n'arrive pas seul. Nombre de créatures putrides le suivent, comme les membres d'une colonie de parasites. Il sont d'une cohésion primaire plutôt inquiétante pour les humains. Si leur réflexion est excessivement limitée, elle est au moins d'accord sur un principe de survie fondamental : suivre le plus fort et le protéger. Sif est donc très vite submergée mais elle résiste vaillamment. L'éclat de leur collision résonne sans doute à des kilomètres à la ronde. C'est une véritable onde de choc, aussi cinglante qu'un coup de tonnerre, qui fait trembler le sol. Mais je sais que la guerrière est capable de convaincre son adversaire. Elle n'a peut-être pas la capacité de transformer son corps en brasier comme moi, mais elle est une asgardienne expérimentée, forte, résistante, face à une créature qui, déjà de son vivant, était mentalement handicapée par son intelligence taurine. Il serait idiot de les contempler comme s'ils improvisaient un spectacle de rue. Les morts continuaient d'affluer. Même si je voulais tous les brûler, cela aurait demandé du temps, et impliquait un risque de réduire au néant des preuves considérables avant d'en apprendre davantage. Je préférais miser sur la prudence en permettant au plus grand nombre de survivre pour un temps. Comme mon serviteur avait visiblement trouvé quelque chose, je me détournai donc de la scène pour le suivre. En chemin, il me fit un bilan rapide de ce qu'il avait observé.

– Tout est arrivé très vite, comme nous le supposions. Plusieurs foyers ont laissé leur repas à moitié entamé. Tout était donc parfaitement normal avant l'arrivée de la menace. Il reste une personne en vie, elle s'est enfermée dans un sous-sol et ne semble pas présenter de risques d'infection quoiqu'elle ait été blessée.
– Oui… Nous l'avons entendue en arrivant, dis-je pensivement.

Tout compte fait, il ne serait peut-être pas inutile de la sauver pour recueillir quelques informations. Je fis cependant une moue un peu déçue en apprenant qu'il s'agissait d'une jeune fille. Devenir la sauveuse d'un charmant jeune homme aurait pu offrir une maigre compensation à mon malheur, mais il était d'ordinaire moins évident, avec mes méthodes, de rallier le sexe féminin à mon entière cause. Nous irons cependant la sauver plus tard puisqu'elle semblait en sécurité et que le spectre avait un élément plus concret à me montrer. Ses pas me menèrent jusqu'au dépôt souterrain d'un hangar apparemment abandonné. La trappe était scellée mais je n'eus aucun mal à la forcer. Il y régnait une odeur atroce. En allumant la lumière, je songeai que le tableau qui se dévoilait à mes yeux devait avoir eu un certain charme macabre au début, quand les corps étaient encore fraîchement ensanglantés parmi les verts épis de blé. Mais il n'en restait plus grand-chose, des masses de chair et d'os grouillant de vermine.

– Ils sont au nombre de neuf, deux couples homme-femme pour chaque âge de la vie.

Je hochai la tête. Les petites silhouettes des enfants n'étaient pas difficiles à identifier, et, je reconnus les vieillards aux filaments grisâtres au-dessus des orbites vides et agités. L'état lamentable de leurs corps ne permettait pas de dire s'ils avaient subi un rituel précis avant ou après leur mise à mort, cependant je reconnus quelques symboles propres à la magie nécromancienne sur le sol. Les sillons qui les formaient étaient noircis du sang des victimes. Tout cela me laissait à la fois songeuse et perplexe. J'avais, au cours de ma longue existence, observé chaque méthodes avec lesquelles les hommes invoquaient les morts ou tentaient de communiquer avec l'au-delà. Leur efficacité était généralement aléatoire, et dépendait du bon vouloir des âmes comme des divinités qui les retenaient. La plupart des rituels étaient en fait des appels jetés dans les limbes assez faibles pour êtres ignorés des morts, mais évidents pour les êtres comme moi ou les démons. Nous paraissons alors, marchandons avec le sorcier, trouvons un échange de bons procédés. Quand toute une armée était levée, il s'agissait rarement du fait d'un seul humain et je ne voyais pas comment cette esquisse de rituel avait permis une telle chose, ni pourquoi la brèche s'était spécifiquement ouverte chez moi. C'était comme s'il manquait quelque chose. Il fallait que je retrouve Sif. J'abandonnai mes cadavres à leur décomposition et retournai à la surface où la guerrière se débattait toujours avec la horde d'abominations. Le minotaure avait été sérieusement diminué mais il continuait d'avancer sur les moignons de ses jambes. Je remarque qu'une grange a été salement amochée par la bataille, et des grains de blé se sont éparpillés un peu partout autour de la bataille. Visiblement, l'abondance des récoltes inspire Sif puisque, malgré les zombies qui lui barrent le passage, elle avance jusqu'à moi pour me demander si les produits de la terre auraient pu apporter une malédiction aux vivants. Je songe alors aux rituels avec les jeunes épis de blé, à la récolte apparemment récente, aux repas abandonnés. Il pourrait y avoir un lien, mais je n'ai pas la souvenance d'avoir été ennuyée par un rituel de ce type un jour, même lointain.

– Si j'en crois ce que je viens de trouver, il y a bien eu un rituel de nécromancie dans ce village, et il se pourrait qu'il ait affecté le blé mais ce serait alors une magie inconnue… qui complète la magie du sang habituelle dans le cas d'une invocation. Mais tout me laisse croire que ce n'était pas une invocation…

Alors pourquoi cette brèche et cette fuite des âmes de l'Hadès ? Cela me frappe d'un coup comme une évidence. En admettant que les récoltes sont corrompues par une magie inconnue qui fait que les hommes meurent tout en restant animés, alors c'est comme un rêve de Pluton qui se réalise. Tout en me débarrassant de non-vivants un peu encombrants qui n'ont pas la politesse de nous laisser converser en paix, je déclare sobrement :

– Tout ce qui est mort sur Terre appartient à Pluton… Ce village est un nouveau territoire des Enfers…

Où nos pires locataires ont désormais la joie de pouvoir gambader librement. Oh comme il est heureux que Pluton ait d'autres soucis en tête pour s'intéresser à cela, d'abord parce que je suis certaine qu'il n'est pas derrière cette affaire, mais aussi parce que tant qu'il n'est pas informé de l'existence d'un tel rituel, il ne pourra pas tenter de recruter le sorcier prodige dans ses rangs.

– On pourrait presque dire que le responsable nous offre généreusement une extension, mais je ne veux pas de ce genre de complications. Il reste une personne en vie dans une des habitations, nous aurons peut-être des pistes plus sérieuses en l'interrogeant.

Je l'invite à le suivre mais, avant, je cours vers le minotaure réduit beaucoup trop proche pour fendre son corps en diagonale de l'épaule au flanc d'un coup de pied brûlant. La vue de ce corps mutilé et rampant commençait à sérieusement heurter mon bon goût.


Dernière édition par Proserpine le Lun 28 Mar 2016 - 16:14, édité 1 fois

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Sif d'Asgard le Mar 8 Mar 2016 - 13:50


Les deux principales forces des non-morts sont généralement leur résistance et la terreur qu’ils inspirent ; outrepassant l’une comme l’autre, je continue un massacre sans véritable intérêt et n’envisage la chose qu’alors que je cherche à m’approcher de Proserpine. Les non-morts me font perdre du temps mais s’il était là leur objectif que d’en faire gagner à quelqu’un d’autre ?

L’autre déesse énonce des faits guères moins inquiétants : un rituel basé sur de la nécromancie et de la sangromancie est une chose mais d’une magie inconnue change complètement la donne. Surtout s’il ne s’agissait pas d’une invocation. Tout ceci ne serait-il que conséquences et non desseins ?

Proserpine se joint au combat pour faciliter notre discussion, effectuant une citation qui est bien loin de me plaire. Néanmoins, la création d’un Néxus dimensionnel n’est pas impossible même si cela implique des desseins comme des conséquences bien supérieurs à ce qui se trouve ici. Je suis cependant d’accord avec mon alliée de circonstance : l’Hadès n’a pas à ainsi prendre pied sur Midgard. Et l’existence d’un témoin nous éclairera peut-être.

Je n’ai le temps de répondre que déjà la silhouette ardente de l’Olympienne m’enjoint à la suivre et charge l’homme-taureau, de déchiquetant sans parvenir à mettre fin à sa non-mort. Je bondis à mon tour, usant de la gravité pour me faire tomber sur le champion de nos ennemis afin de l’éparpiller à l’impact et ponctuant cet atterrissage éclaboussant d’une taillade de lame afin de terminer de séparer en trois partis son corps pourris. Cela n’a aucune finesse ni propreté mais une efficacité incontestable, malgré que les trois parties continuent de chercher à nuire.

D’une lame, j’embroche la partie détachée par Proserpine et la jette au plus loin afin que le bras qu’elle contient ne soit plus un danger. De l’autre, je découpe la seconde main du minotaure afin qu’elle n’ait plus aucun doigt pour nous saisir puis laisse le bras lui étant lié s’agiter sur le sol comme un poisson prisonnier de la vase. Ainsi commence mon avance en suite de l’Olympienne ; si elle éclaire le chemin de son savoir et de son ardeur, je cherche à déblayer par la taille toute créature nous barrant la route. Hors elles sont suffisamment nombreuses pour qu’il y en ait pour deux.

Mais du fait que nous nous éloignons du centre du village, les assauts deviennent moins oppressants ; toute mesure gardée puisque nous restons au sein du territoire des non-morts et qu’ils continuent de le défendre dans leur avance implacable. Mon sens de l’orientation m’indique de nous revenons dans la direction d’où Proserpine est arrivée mais le marécage décomposé s’y étant à mesure que nous y avance, dissimulant tout ce qui fut auparavant.

Je finis par entendre également les gémissements d’angoisse d’une femme humaine, non loin du cimetière du village. De logique, ce serait le plus mauvais endroit où se trouver en cas de rappel de non-morts mais visiblement ce n’était pas le cimetière qui était visé afin d’apporter du matériau aux créatures. Mais pour l’heure, le matériau continuant de se répandre à mesure de taillades et d’impacts embrasés, concentrons-nous sur la « chanceuse » rescapée.

Réunissant mes deux lames en une double, je la fais tourbillonner afin de déchiqueter tout non-morts à portée et dégage ainsi l’entrer d’une station service dont les stores de métal ont maintenus les morts au-dehors. Ils n’ont pas la capacité d’en faire de même pour nous même si je souhaite pouvoir les réutiliser, chose incertaine considérant la forme incendiaire de Proserpine. Laissant celle-ci passer en première en souhaitant qu’elle ne déclenche nul incendie, je tiens la position devant le pallier et recule à mesure en espérant pouvoir de nouveau obstruer l’entrée. Considérant les créatures surhumaines que nous avons attirées, cela ne devrait plus tenir longtemps mais nous n’avons besoin que de peu de temps pour entendre le discourt de la survivante. L’évacuer aussi m’intéresse, même si sa vie était d’ores et déjà foutue de par le traumatisme qu’elle avait vécu.

Passant parmi les rayonnages exposant les vivres responsables de la survie de la jeune tenancière depuis le début de l’invasion, je repère rapidement l’humaine ; il faut néanmoins descendre au sous-sol, un goulot d’étranglement qui compliquera la sortie si les non-morts arrivent à entrer dans le magasin. Lorsque j’ouvre la porte scellée, l’arrachant légèrement de ses gonds et de sa serrure, une grande décharge de billes de métal s’échappe de son tube et m’arrose l’armure et le visage dans un bruit plus désagréable encore que les impacts. Ignorant le désagrément de l’arme à poudre noire, je prends la parole fermement tout en avançant afin de tourner ailleurs le canon d’un geste de ma main libre.

Je suis Sif, Dame d’Asgard et membre des Vengeurs, nous allons t’ aider. Mais avant tu dois nous dire ce qui c’est passé.

Je ne suis pas douée pour rassurer des civiles, particulièrement lorsqu’ils vivent l’enfer depuis plusieurs jours. Je pourrais la laisser décharger son arme sur moi si cela l’aidait mais les coups donnés aux grilles indiquent le temps limité dont nous disposons. Plantant l’une des lames de mon épée double dans le sol, j’en lâche le manche afin de l’accroupir comme envers un enfant.

Ecoutes, les choses iront si nous agissons vite. Tu as ma parole. Dis ce que tu sais, que je puisse te sortir d’ici.

Le témoignage est bredouillant et il est tout de même. C’est arrivé un matin, elle ignore il y a combien de temps, où les gens ont subit des crises avant de simplement mourir et ne pas rester mort. Ils s’en sont alors pris à leurs proches et à tout ce qui se trouvait au sein du village. Plus la matinée avançaient et plus les gens se transformaient jusqu’à ce qu’il y ait plus de morts que de vivants. Le bruit d’une torsion de métal se fait entendre et mon regard à Proserpine est à double signification : nous manquons de temps et l’humaine risque de n’être en rien utile.

Aiguillant d’une question sur les céréales, elle m’apprend que la culture et l’exportation de céréales sont la principale source de revenu de la ville et que la quasi-totalité des gens consomme du local mais elle non, étant allergique au gluten. Un nouveau regard à mon alliée, plus lourd de sens encore que les précédents.

Si les graines corrompent terres et gens afin de créer un Néxus dimensionnel impliquant un entre-deux de vies et de morts, ce village n’est qu’un début. Le rituel que tu as vu, pourrait-il servir à activer le maléfice des céréales ?

Je sais que je ne vais pas aimer la réponse, pas plus que je n’aime ce que l’humaine cherche à ajouter ensuite malgré notre discussion. Elle parle de fusion de cadavres, les bêtes des fermes environnantes comme de certain animaux sauvages ou végétaux s’étant uni pour donner de nouvelles créatures ; les vaisseaux des hommes chevaux, boucs, taureau et oiseau qui ont du être animés par les âmes de l’Hadès.

Je prends une grande inspiration alors que j’envisage le matériau que j’ai fourni à un amalgame en taillant en pièce chaque non-mort que j’ai croisé. J’espère juste que les flammes de Proserpine auront apporté un sort plus définitif. Les grilles sont arrachées sous une force bien supérieure à celle des non-morts humains, peut-être même à celle du minotaure mais nous ne le saurons qu’une fois remontées.

Il faut l’évacuer hors du périmètre de sécurité. M’aideras-tu ?


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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Proserpine le Mar 29 Mar 2016 - 20:21

Brûlé, écrasé, découpé en morceaux, le Minotaure continue de s'agiter, et ce n'est pas forcément étonnant. Il ne peut pas être renvoyé en enfers, il y est déjà. La possibilité de retrouver un véritable corps de chair lui donne même un renouveau d'énergie, une conscience plus vive. Il faudra les reconduire au Tartare de force, demander une mobilisation importante à la fois pour empêcher d'autres âmes de passer par la brèche, et pour rapatrier les autres. Je ne sais même pas exactement comment nous allons annuler le sort. Pour l'instant, nous avançons en taillant dans le tas. Ils se recomposeront tant qu'ils le peuvent, les règles qui régissent les vivants sur Terre n'ont plus le moindre effet ici mais, au moins, nous gagnons un peu de temps. Mon corps n'a plus l'occasion de retrouver son beau teint blanc, il reste incandescent, d'un rouge grisâtre, comme couvert d'une lave qui ne veut plus le quitter. Je repousse tous ceux qui m'approchent. Leur chair desséchée reste assez sensible au feu pour qu'un coup de main ou de pied réduise considérablement leur mobilité. Mon soldat se charge d'éloigner les plus coriaces le temps qu'ils soient suffisamment calcinés pour ramper au sol. Je dois dire qu'au fond, je suis un peu vexée d'être attaquée par mes propres sujets. J'accorde qu'ils n'ont pas hérité de la zone la plus avenante de l'Hadès mais tout de même, je reste leur reine, un peu de respect ne ferait pas de mal ! Devrais-je m'abaisser à marchander une trêve, des avantages, pour obtenir un peu de paix ? Ça pourrait être une idée qui, quoique déplaisante serait sans doute approuvée par Arès : favoriser le plus fort pour mieux punir les plus faibles. Et cependant, que voulez-vous marchander quand le plus fort est une monstruosité à tête de taureau que vous venez, qui plus est, de découper en morceau. Rien dans ce que je brûle et taille avec ma compagne ne serait digne de gagner mon pardon.

Le serpent crayeux d'une méduse tombe en cendres dans mes mains quand Sif s'élance vers la station service où la survivante appelle au secours. Je renvoie la créature en arrière d'un coup de pied frontal qui décroche une jambe de son bassin et rejoins la guerrière derrière la grille en faisant progressivement baisser la température de mon corps. Nous ne gagnerions rien à provoquer une explosion ou à carboniser notre seul témoin. Elle n'est pas pressée de se montrer d'ailleurs. Mais nous ne pouvons pas dire que nous dépareillons excessivement dans le défilé de carnaval auquel elle assiste depuis quelques jours, l'une en armure, l'autre en toge, nous avons aussi tout d'antiquités ressuscitées, la pourriture en moins. Il n'empêche que cette humaine manque de jugement en nous tirant dessus sans attendre de savoir qui nous sommes vraiment. Qu'aurait-elle fait si nous étions mortes en venant la secourir ? A quoi bon se terrer si c'est pour ne pas se donner la moindre chance de s'en sortir ? Un peu navrée par cette bêtise, je laisse Sif parlementer en lui présentant son visage le moins hostile possible. D'habitude, je suis douée pour me faire apprécier des humains, jouer les mères protectrices et réconfortantes. Mais, à l'heure actuelle, je suis préoccupée et contrariée. Je ne joue plus comme une déesse en séjour de plaisance sur terre. Je viens de gagner les âmes d'un village entier sans effort, et d'un travail délicat pour faire rentrer les choses dans l'ordre en conservant cet avantage. Je garde donc une expression assez lisse en fixant la jeune fille qui nous observe à tour de rôle avant de nous livrer sa version des faits. Qu'avait donc fait ce petit être pour échapper au sort de ses semblables ? Ou que n'avait-elle pas fait plutôt ? Ces dernières années, les humains révolutionnaient leur régime alimentaire, à la recherche désespérée des plats idéaux pour vivre le plus longtemps possible. Avant, ils mouraient vite et mangeaient ce qu'ils pouvaient. Aujourd'hui, avec l'abondance des pays riches, c'était tout une affaire. Chacun y allait de son allergie et de son menu personnalisé. Alors la mignonne bouille devant nous était peut-être réellement intolérante au gluten mais ce qui était sûr, c'était que son régime particulier ne la sauverait jamais mieux qu'aujourd'hui.

Mais je garde toute remarque ironique pour moi en songeant à la signification de ces paroles et en me représentant à nouveau le rituel laissé en plan dans la grange. Sif ne manque d'ailleurs pas d'y revenir en me demandant si la malédiction a pu être jetée sur les céréales. Hélas, la réponse est oui. Je hoche doucement la tête.

– Oui. Il y avait plusieurs épis de blés noirs de sang, des sillons tracés dans la terre… Toute la zone est corrompue sur plusieurs périmètres. Il n'y a plus rien de vivant ici. C'est… plutôt brillant.

Je ne peux retenir cette observation en songeant à toutes les possibilités que ce rituel maîtrisé pourrait nous donner, aux territoires qui pourraient être conquis dans l'indifférence générale si aucune créature mythologique ne s'en mêlait. Mais, dans l'immédiat, le risque qu'une autre faille tout aussi difficile à maîtriser s'ouvre ailleurs, à une plus grande échelle est un problème pour tout le monde. Un problème qui se rappelle à nous quand nous entendons le bruit violent et grinçant de la grille de protection arrachée. Nous n'avons pas pu laisser filer un monstre pire que le Minotaure. Mais une créature incomplète attendait peut-être de lui voler son corps. En entendant retentir les hurlements ténébreux de ce qui ressemble à une meute de loups géants, j'ai une petite idée de ce à quoi nous avons affaire. C'est à la fois plus réjouissant et plus terrible que le Minotaure. Pour la bonne nouvelle, le monstre est intelligent. Pour la mauvaise, il n'est qu'un déchaînement de rage capable de détruire un navire en quelques secondes, alors une humaine… La survie de la rescapée m'importe assez peu. Sif peut l'emporter si elle le souhaite, je ferai de mon mieux pour éviter un combat que je ne souhaite pas de toute manière et qui, s'il s'engage, risque de rendre la survie de la jeune fille impossible, même avec la meilleure volonté du monde. Nous ne serons pas assez de deux pour surveiller six têtes aussi rapides que des serpents, en plus de tous les autres non-morts qui risquent de se joindre à la fête.

– Je vais essayer de lui parler, dis-je sobrement. Tu devrais peut-être lui bander les yeux, ce n'est pas le genre de rencontre que supporte un humain en général, surtout sous la forme actuelle que je lui imagine.

Et je ne l'imaginais que trop bien. Les portraits de Scylla ont toujours été très confus, certains marins parlaient de chiens, d'autres de serpents. En réalité, elle est un peu des deux, six cous immenses de serpents dont la tête écailleuse évoque celle des loups. Au milieu de la poitrine reptilienne, un visage verdâtre, presque beau, qui rappelle quelle belle femme est piégée à jamais dans cette aberration. La créature décharnée, à moitié squelettique, avançait furieuse sur des tentacules en partie reconstruites, qui laissaient des amas de chair gluante dans leur sillage. Parmi d'autres résidents du Tartare, le sort de Scylla était peut-être le plus injuste. Victime des caprices d'un dieu dont elle avait repoussé les avances et d'une magicienne jalouse, elle a laissé sa rage se déchaîner pendant des siècles sur les hommes qui s'aventuraient trop près de la crypte où elle dissimulait sa terrifiante apparence. Le massacre est devenu la seule distraction possible de sa solitude. Quand, enfin, un héros décida de libérer le détroit de Messine de sa présence destructrice et la tua, le tribunal implacable des enfers la jugea pour toute sa cruauté, la condamna à garder la même hideur, et la même fureur au Tartare. Sincèrement, je ne suis pas convaincue qu'après tous ces millénaires de colère, piégée dans le corps d'un monstre, nous puissions en refaire une belle et candide jeune femme, mais je peux en profiter pour réparer une punition exagérée qui n'a que trop duré. Je m'avance vers elle d'un pas droit, en rendant à nouveau mon corps brûlant mais en lui faisant un signe d'apaisement.

– Que veux-tu Scylla ? Un nouveau combat perdu d'avance ? Un carnage irréfléchi de plus qui alourdira ta damnation, ou la chance de trouver une existence plus digne en Hadès ?
Ses yeux me fixent avec hostilité, mais ses têtes se figent. Je sens une lueur d'intérêt méfiant poindre dans le visage humain entre les écailles du buste.
– Contrairement à ce que tes petites camarades et toi semblez croire, vous êtes toujours en Hadès. La récréation sera bientôt terminée. Ni moi, ni les habitants de ce monde ne vous permettrons de rester ici. Si vous pensiez fuir un sort terrible, celui que vous retrouverez sera pire encore. Les Olympiens ont la rancune très longue, comme tu le sais. Aide nous et tu seras récompensée, nous pourrons réviser ton procès.
– Belles promesses pour des souverains qui ont toujours refusé d'admettre la possibilité de se tromper, siffla-t-elle.
– Eh bien les temps changent, comme tu peux le voir. Tu ne devrais pas être si défaitiste. Au pire ton sort resterait le même et serait toujours un luxe à côté de ce qui attend les autres rebelles. Les dieux savent récompenser aussi.

Pendant qu'elle réfléchit, je fais signe à Sif d'avancer avec la jeune fille qu'elle doit soutenir pour l'empêcher de s'évanouir. Quand je vois son visage blême, presque vidé de toute substance, je me demande pourquoi l'asgardienne se donne tout ce mal. Cette pauvre rescapée ne le sera que physiquement. Son enfer sera mental pendant de longues années. Un satyre s'avance vers les deux femmes. J'observe intensément Scylla et, comme pour sceller un pacte entre nous, l'une de ses gueules se jette sur l'ennemi pour le broyer entre ses dents. La voie est à nouveau libre.

– Qu'aimerais-tu ? dis-je d'une voix plus douce. Retrouver ta beauté ?
– Celle qui a fait mon malheur ? Certainement pas. Je veux être crainte en Hadès comme je le fus en Méditerranée.
– Hm oui. J'aime l'idée, je suis sûre que nous pourrons nous entendre ! Mais dégage-nous la route avant.

Je ne dirais pas que je suis absolument confiante, mais je ne vois pas en même temps sous quel motif la créature me trahirait. Pour me poser un ultimatum ? Et comment ? Elle ne peut pas me tuer, je peux revenir avec une armée et je ne suis pas responsable de tout ce carnage donc, même si elle s'amusait à avaler Sif ou l'humaine, que pourrait-on me reprocher ? Je fais de mon mieux.

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Sif d'Asgard le Dim 10 Avr 2016 - 9:26


Je n’aime pas la première réponse de Proserpine, tant vis-à-vis de ce qu’elle signifie pour Midgard que de ce qu’elle en révèle de l’Olympienne. Je ne puis m’occuper de cela pour l’heure mais la brillance de ce qui arrive ici doit être étouffée et la perspective que l’autre déesse apprécie cela ne me plait pas du tout. Cela m’est sorti de l’esprit trop longtemps mais la nature traitresse de mon alliée de circonstance se laisse à nouveau entrapercevoir. Il me faudra faire un rapport à Odin au plus tôt, cette affaire me semblant dépasser les Hommes, en plus de celui du à l’Initiative.

Je ne comprends pas non plus la volonté d’essayer de parler de Proserpine, ou plutôt avec qui. Le bandage des yeux se destine clairement à l’humaine qui nous accompagne mais ce n’est pas d’elle dont l’Olympienne parle et j’ignore parfaitement à qui peuvent appartenir les cris que l’on a entendu. Une chose que l’autre déesse semble savoir et qui lui fait croire qu’elle peut discuter. Pense-t-elle réellement que les non-morts que nous confrontons ont encore leur esprit et leur raison ? Jusqu’ici ils me semblaient guidés par une volonté unique, agissant avec une coordination certes bancale mais exercée, mais peut-être ai-je eu tord. J’ignore cependant si la conservation de l’intelligence et de la personnalité de ces créatures est une bonne ou une mauvaise chose : cela les rend peut-être raisonnable mais cela les rend également bien plus dangereux.

Néanmoins, quelque soit leur niveau de dangerosité, l’évacuation de l’humaine s’avérerait très complexe par la voie terrestre. De quoi me faire regretter de ne pas avoir les communicateurs d’oreille des Hommes, lesquels me permettraient d’appeler les Agents du SHIELD afin qu’ils se chargent de l’évacuation avec l’une de leur machine volante. Je ne suis néanmoins pas en manque d’inventivité et, si le Royaume d’Or ne saurait recevoir d’invités humains pour l’unique raison de lui sauver la vie, il ne reste nombre de mondes par lesquels transiter pour éviter les non-morts. Gagner le temps nécessaire à concentrer les énergies dimensionnelles ne sera pas difficile puisque Proserpine me l’offre de façon diplomatique. Et comme je ne doute nullement de sa capacité à survivre parmi les non-morts, il n’est rien pour m’obliger à rester ici.

J’indique simplement à l’humaine de rester à mon côté alors que je rengaine la seconde lame afin que mon arme redevienne une simple épée puis entreprend les mouvements nécessaires à l’ouverture d’un portail dimensionnel. Asgard m’est peut-être proscrite mais les étendues boisées de Vanaheim sauront dissimuler mon passage.

Néanmoins le rituel n’est pas mené à son terme, l’intervention de Proserpine l’interrompant autant qu’il le fait de mon attention. Je reste un instant perplexe, l’idée de pouvoir négocier avec des non-morts m’étant difficile à conceptualiser, puis accepte cette confiance limitée envers l’Olympienne. Prenant une grande inspiration, je me résous à rester dans ce monde pour sortir l’humaine de l’Hadès et me tourne vers celle-ci pour lui déchirer une partie des tissus l’habillant, la surprenant et l’effrayant, avant de les lui tendre n répétant le conseil quand à devoir nous faire une confiance aveugle. Il n’est pas le temps de discuter et d’insister sur ce fait contraint l’humaine à obtempérer, s’affaiblissant d’autant plus que son imagination ajoute des images à sa terreur préexistante.

Je dois tenir l’humaine par le flanc pour qu’elle ne s’effondre pas et entend son cœur battre à se rompre, m’interrogeant sur la possibilité que la peur seule mette fin à sa vie comme celle que l’horreur soit moins pire que la représentation qu’elle s’en fait. Cependant, arrivé au rez-de-chaussée dévasté de la station service éventrée, j’aperçois un monstre dont il vaut mieux ignorer l’existence. Cela me semble être une hydre mais je n’en suis pas certaine ; et cela semble être de notre côté, me faisant me tourner pour jeter un regard à Proserpine alors que les têtes serpentines ouvrent la voie. Nous sommes déjà sur l’extérieur de la ville, l’évacuation ne sera pas trop difficile avec un tel allié.

Lame toujours chargée d’énergie au clair et humaine à l’air flanc, je me dirige vers la sortie de la ville en regardant le périmètre de sécurité instauré par les autorités. Les non-morts cherchant à nous repousser de leur territoire, nous ne sommes pas poursuivit par les rares à échapper aux nombreuses têtes de leur traitresse mais la facilité des choses me fait craindre un piège. Le SHIELD aura à faire passer de nombreux tests à l’humaine afin de s’assurer qu’elle n’en ait pas échappée à dessein mais pour l’heure, nous lui sauvons la vie.

Dès que l’occasion se présente, je saisis l’humaine de mes deux bras et bondis avec elle afin de raccourcir le trajet, la laissant aux soins des autorités avec un succin résumé de la situation : la seule survivante à examiner, le nettoyage de la ville à faire, le grain est responsable. Qu’ils se débrouillent avec cela pour l’heure, j’en retourne à Merna en cherchant une idée pour mettre fin à l’invasion ; une idée plus constructive que de taillader jusqu’à ce que mort s’en suive puisque la mort ne s’en suit pas.

Atterrissant lourdement au côté de Proserpine, je m’empare de ma lame à deux mains en ajustant le pommeau et tourne le regard vers l’Olympienne. Retenant une réplique sur l’utilité des familiers, je me concentre à stopper cette invasion.

Ma lame est capable d’ouvrir des portails entre les Royaumes, à l’instar du Bifröst. Penses-tu qu’utilisé contre le cœur du sortilège, cela pourrait le rompre ?

Mes connaissances en magie sont limitées mais ma lame bénéficie d’un enchantement et mon corps d’un autre ainsi, malgré des degrés de maitrise divers, le domaine ne m’est pas étranger. Je ne suis pas la prophétesse que voyaient en moins les humains médiévaux mais je ne suis pas sans ressource non plus, même si celles-ci sont limitées.

La grande question reste à savoir si Proserpine acceptera de détruire la malédiction de Merna sans avoir pu l’étudiée et, si non, qui ne nous deux sortira victorieuse de notre affrontement. J’espère pouvoir l’éviter, plus pour l’Olympienne que pour sa créature quand bien-même celle-ci serait un défi appréciable, mais je suis prête à tout pour accomplir mon devoir d’Asgardienne et protéger les mondes d’Yggdrasil.

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Re: Différentes conceptions de la Mort

Message  Proserpine le Lun 9 Mai 2016 - 17:19

Mon alliée forcée et moi avons peu de temps pour nous concerter, ce qui implique une certaine confusion. J'ignore si prendre la situation en main est une bonne idée. J'aurais tout aussi bien pu rester les bras croisés et attendre de voir de quelle manière Sif allait sauver l'humaine mais la part d'imprévus et de risques me déplaît. Dans le cas où l'asgardienne n'avait d'autre idée que celle de foncer dans le tas, nous serions parties pour un combat sans fin. Je ne suis pas une guerrière, je n'ai même pas d'intérêt à me battre aujourd'hui. L'humaine n'est rien de plus qu'un chaton condamné à périr en cas de catastrophe majeure. Je n'ai pas de temps pour sauver des êtres dont la mort ne compte pas. Ou, plutôt, dont la mort m'arrangerait. La jeune fille est actuellement dans mon royaume, elle mériterait d'être livrée en pâture à ses futurs compagnons. En vérité, la présence de Sif me contrarie. Elle n'a pas plus de réponses que moi, et elle me fait perdre du temps. Et, cependant, je ne veux pas me fâcher avec elle. Ma tranquillité sur Terre est chaque jour plus menacée. Je viens tout juste de me trouver une nouvelle couverture pour récolter des âmes, je ne veux pas attirer l'attention des Vengeurs sur mon cas. Je tiens à profiter un peu de New-York avant de retourner sévir dans un pays du tiers monde où les disparitions sont courantes et n'intéressent personne.

Scylla permet donc à l'humaine de rejoindre les secours. J'ai le vague espoir que l'asgardienne ne revienne pas. Mais elle me laisse peu de répit, à peine le temps de méditer une solution. Dans l'ombre de ma créature reptilienne, j'entrevoie néanmoins des possibles. Si la magie a corrompu la Terre en apportant la désolation, semer un grain plus sain devrait permettre à la zone de quitter la dimension infernale. Hélas, mes pouvoirs de floraison sont limités. La personne la plus à même de conjurer le sort serait ma mère, Cérès, et un sursaut de fierté me rend l'idée insupportable. Cérès serait trop heureuse que je revienne vers elle. Je risque de devoir lui jouer son numéro préféré, celui de la fille égarée qui ne peut éternellement nier les liens du sang. Résignée, j'ai le temps de m'abaisser pour tenter de faire germer une pousse. Sif atterrit à quelques pas au moment où une ridicule pâquerette ouvre ses pétales. Elle me parle aussitôt de sa lame qui pourrait rompre le sortilège. Je ne dis pas que ça ne vaudrait pas le coup d'essayer, mais je n'aurai pas toujours cette arme à disposition. Si un portail de ce type s'ouvre ailleurs, j'aimerais pouvoir le fermer toute seule, ou en tout cas, avec la complicité des miens. Un peu indécise, j'hausse les épaules.

– Peut-être… Qui peut le dire sans avoir essayé ? Je pensais à apporter à nouveau la vie sur cette terre. Nous avons Cérès et les dryades pour ce genre de tâche. Même si j'ignore combien de temps il nous faudra.

Avec désespoir, je vois ma pauvre fleur se flétrir. Il faudra de l'acharnement, un effort permanent pour défier la malédiction en faisant repousser des plantes jusqu'à ce qu'elles tiennent pour de bon. Cérès serait probablement ravie d'une pareille mission. D'un autre côté, la proposition de Sif permettrait, si sa lame fonctionne, d'accélérer le processus et me permettrait de travailler avec des divinités végétales mineures. Je retiens un soupire. Il y aura dans tous les cas un mal pour un bien. Ma tentative n'est de toute façon pas assez convaincante pour que j'invite la guerrière à me laisser régler les choses toute seule, même en avançant que les créatures mort-vivantes ne pourront jamais sortie du périmètre, et nous laissent donc le temps d'examiner plus en détail le rituel. Je la sens d'ailleurs prête à se battre si j'ose l'empêcher de déployer tous les moyens possibles pour éradiquer le mal. Le Shield nous observe certainement, il serait stupide de la chasser. De toute manière, les terriens nous refusent toujours les arguments de type « Cela concerne mon peuple, vous n'avez donc pas à vous en mêler ». Je dois avoir l'air assez fermé quand je déclare :

– Nous pouvons retourner dans la cave de la ferme. Cependant, si cet essai ne marche pas, il faudra me laisser le temps de contacter les olympiens capables d'ensemencer le sol. La portée actuelle du sortilège est limitée. Même si les êtres qui la peuplent sont envahissants, ils ne risquent pas de commettre plus de dégâts qu'ils n'en ont déjà créés.

Je fais signe à Scylla de me suivre, et nous retournons sur nos pas pour rejoindre le point où tout a commencé. Le carnage que nous avions laissé dans le village a déjà presque disparu. Forcément, je n'aime pas beaucoup ça, et nous restons sur nos gardes, prêtes à nous faire barrer la route par un nouveau résident surprise qui sera peut-être moins difficile à convaincre qu'une nymphe maudite.


Dernière édition par Proserpine le Mer 1 Juin 2016 - 14:51, édité 1 fois

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