Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

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Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

Message  Invité le Lun 3 Nov 2014 - 8:55

S’il y a une chose que tout espion doit d’apprendre, c’est d’être capable d’être quelqu’un d’autre, de camoufler sa véritable identité derrière une solide couche de mensonges. Singularity pouvait imiter à la perfection un être humain mais elle était incapable de ressentir comme eux les émotions. Elle pouvait les feindre oui mais pour elle, elles n’avaient aucun sens logique. Les machines ne sont pas programmées pour ressentir. D’un point de vue humain, ce n’était pas une vie que de ne rien ressentir, ne pas avoir besoin de manger, boire ou dormir. C’est autour d’une bière que les plus belles amitiés naissent et autour d’une bonne assiette que les plus mémorables histoires d’amour débutent. C’était, à tout le moins, ce que prétendait l’homme en fort état d’ébriété qui était assis à côté d’elle. Et ne parlons pas de ce que dormir impliquait.

Elle était dans un bar de Soho, quelque chose de bien irlandais et de bien animé. Qu’est-ce qu’une femme machine peut bien faire dans un endroit pareil? Du repérage, de l’observation, de la traque? Quelque chose comme ça, en effet. Pour Singularity, il n’y avait rien en dehors de la Mission. En fait si, un peu plus depuis une rencontre avec une certaine mutante dont le nom et l’affiliation doivent être tenus secrets pour des raisons évidentes de sécurité. La vraie raison de la présence de Singularity en ces lieux résidait dans le fait que le fragment d’humanité qui avait survécu aux expériences inhumaines qu’elle avait subi commençait tranquillement à s’imposer au milieu des protocoles de sécurités et autres artifices qui faisaient d’elle plus une machine qu’une humaine. Elle était venue ici pour voir comment les gens ordinaires profitaient de la vie.

Pas de programmes, pas de protocoles de sécurité, pas de paramètres à considérer… En un sens ils étaient bien plus spéciaux qu’elle. Ils disposaient d’un pouvoir qui n’était pas sien. La liberté. Une forme de liberté en tout cas. Certes, elle avait une grande mesure de libre arbitre… Tant que cela ne contrevenait pas à X ou Y directive. Elle était en train de réfléchir à tout cela quand un autre client du bar, encore plus en état d’ébriété que son voisin de tabouret vint lui faire des avances pour le moins… Déplacées. Bien que ce genre de comportement la laisse de glace, faute d’avoir des émotions, elle se devait quand même de jouer le jeu, refusant de façon ferme et claire de se faire traiter de la sorte. Le problème c’est que cela ne sembla que motiver davantage l’autre à faire des avances de plus en plus crues. Elle fit signe au patron et déposa un billet de cent sur le comptoir.

Singularity attrapa le malotru par le col et le balança à la rue, lui faisant défoncer une fenêtre au passage. Naturellement, ses amis de boisson voulurent venger leur copain et se rajoutèrent à la mêlée… Attirant de ce fait d’autres clients « machos » qui n’appréciaient pas qu’une femme soit plus forte qu’un homme et de fil en aiguille cela déclencha une bagarre générale. Seule contre tout l’établissement? Même avec une main dans le dos elle s’en sortait sans mal. Ils ne savaient pas dans quoi ils s’embarquaient ceux-là.  Réfléchissant, elle sortit une liasse de billets de 100$ de son portefeuille qu’elle déposa dans le tiroir-caisse avant de faire craquer ses jointures. Tenter de renouer avec sa partie humaine attendrait. Pour le moment, elle avait un peu d’exercice à faire. Elle ne donnait pas grande espérance de vie au mobilier. Ni aux murs. Ni aux fenêtres. Ni…


Dernière édition par Riley Ilka Prescott le Dim 30 Nov 2014 - 17:17, édité 1 fois

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Re: Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

Message  Invité le Dim 30 Nov 2014 - 16:22

C'était assez rare que Barbara s'éloigne de Gotham. La ville avait toujours agit comme un aimant et elle avait beau tenter de s'en éloigner, elle finissait toujours par la ramener. Quelques heures loin de Gotham avaient pourtant été nécessaires cette fois, tout le monde était bien occupé, et Barbara depuis les récents évènements rechignait de plus en plus à envoyer des gens à sa place... Elle avait toujours mal vécu d'être mise sur la touche et de devoir laisser les autres faire le sale boulot à sa place. Se déplacer pour récupérer des informations était assez exotique, mais de crainte que ces informations ne fuitent et parce que son contact était du genre prudent. Barbara s'était donc résolue à faire un saut à New-York, et s'éloigner un peu de Gotham ne lui ferait que le plus grand bien. Elle y avait passé la matinée, rencontré quelques uns de ses contacts et profité de ce que New York pouvait lui offrir, prendre un peu la température de la ville, si différente de Gotham et pourtant si semblable. Son avion n'étant que le lendemain matin, Barbara avait programmé une rencontre avec un de ses contacts dans un bar à Soho, qui lui avait remis un dossier discrètement. Pour ne pas éveiller les soupçons, Barbara s'était décidée à attendre un peu avant de quitter le bar, profiter de sa nuit de relâche. Pourtant, elle n'était pas tranquille depuis un quart d'heure qu'une altercation se déclencha au bar. Bien déterminée à ne pas s'en mêler -qu'aurait-elle pu faire de toute façon ?- elle continua à siroter son cocktail. Jusqu'au moment où la situation dégénéra suffisamment pour lui faire lever les yeux de son verre.

Barbara s'en serait presque étouffée en avalant de travers. Pas étonnant que la situation ait autant dégénéré. Elle n'eut presque aucune peine à identifier quelqu'un qu'elle n'aurait jamais imaginé croiser, et par le plus grand des hasard. De tous les bars de NYC, de tous les bars de Soho, il avait fallu qu'elles se croisent. Singularity, une expérience qui s'était échappée de son laboratoire. Son côté humain avait semblé disparu, bien que Barbara soupçonna qu'il était toujours quelque part, enfouit sous les différentes strates qui composaient la personnalité de Singularity. Les deux femmes s'étaient rencontrés virtuellement, et entraidé mutuellement reconnaissant le potentiel, le talent et l'intérêt de l'autre. Oracle savait qu'elle pourrait la contacter pour de nombreuses choses et elles se croisaient régulièrement, la Toile et son réseau étant infiniement vaste et à la fois pour des gens comme elles, infiniement petit. Elles évoluaient dans les mêmes cyber milieux.

- Sin ?

Barbara était sure d'avoir reconnu la jeune femme, mais cela lui semblait tellement étrange... Et en même temps, au vu du carnage il y avait peu de doute. Une humaine lambda n'aurait jamais pu faire valser ce type à travers la fenêtre. Et maintenant, la moitié du bar lui tombait dessus. Guère étonnant vu le genre de type qui y trainait, et l'état d'ébriété avancé pour certains. Barbara n'avait pas envie de s'en mêler, mais elle craignait se retrouver au milieu d'un boucan hors de contrôle et tenta d'intervenir, hélant Singularity depuis sa table

- Eh ! Pas l'endroit, pas le moment, ou attends au moins que je sois sortie, veux-tu ?

Et d'un autre côté elle n'avait aucune raison de s'interposer ou de dire quoi que ce soit. Pas sa ville, pas son problème. Elle ne voulait juste pas se retrouver au milieu et aurait préféré éviter qu'une descente de police se fasse là où son contact venait d'ordinaire, elle craignait de le perdre s'il la pensait mêlée à quelque trouble que ce soit compromettant sa planque.

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Re: Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

Message  Invité le Dim 30 Nov 2014 - 17:16

Qui venait de l’appeler « Sin »? Les personnes autorisées à utiliser ce surnom se comptaient sur les doigts d’une main, deux maximum. Esquivant un coup maladroit et se retournant, elle n’eut aucun mal à repérer Oracle, son contact le plus efficace dans tout Gotham. Pour une humaine, elle avait du talent à revendre côté maitrise informatique et la partie « machine » de sa personne ne pouvait qu’apprécier. Elle se souvenait entre autre d’une opération conjointe où elles avaient fait tomber un trafic de puces pouvant servir à contrôler à distance des êtres humains… Elles avaient affronté un pare-feu de la taille de la grande muraille de Chine et après une cyberguerre de plusieurs heures, elles avaient réussi à désactiver toutes les puces. Toute une aventure. Singularity s’en souvenait dans les moindres détails, mémoire photographique oblige.

« Babs? »

À plusieurs occasions, elles avaient travaillé ensemble sur plusieurs dossiers, ceux d’Oracle, rarement les siens et encore le mois d’avant, elles avaient complété une mission d’envergure : garder le haut du classement dans un MMO. Streets of Kombat? Mortal Fighter? Quelque chose dans ce goût-là. Certes, ce n’était pas ce genre de choses qui sauve le monde mais la fascination de Singularity pour les jeux vidéo devait bien être utilisée de temps en temps, non? Mais revenons-en à Oracle, loin de sa Gotham natale. Elle aurait pu au moins lui faire part de sa visite. En vérité, cela ne la dérangeait nullement, absence de sentiment et tout cela mais pour des raisons de sécurité, quand même… Changement de plan. Elle n’allait pas prendre le risque de mettre son alliée en danger. Il fallait mettre un terme à l’affrontement et vite qui plus était.

« Bon messieurs, je vous encourage très fortement au calme avant de tous vous envoyer à l’hôpital. Votre ami étendu dehors peut témoigner du fait que je suis capable de frapper très fort et surtout que je ne plaisante pas. Même jamais. Je viens d’apercevoir une amie de longue date et je ne compte pas retarder mon rendez-vous. Considérez ceci comme votre première et votre dernière sommation. »

Nous épargnerons ici les détails de la mêlée qui suivit et qui fut aussi brève qu’intense. En moins d’une minute, Singularity avait envoyé tous ses adversaires au tapis, allait s’asseoir à la table d’Oracle et commandait à nouveau à boire. Singularity avait limité au maximum les dégâts à l’établissement et donc au lieu d’une descente de police, ceux qui avaient été assez intelligents pour se tenir tranquille amenèrent les blessés à l’hôpital. En théorie, tout devait avoir rentré dans l’ordre. Offrant un regard inquisiteur à Oracle mais dénué de toute émotion (chose dont elle était à peu près incapable), elle se demandait ce qu’elle faisait si loin de Gotham. Histoire de juridiction entre héros, pour ce qu’elle en comprenait. Pour elle, cela n’avait aucun sens. S’il fallait traquer une cible, cette dernière se moquait bien des frontières.

« Je suis convaincue de n’avoir manqué aucun message de ta part. Que fais-tu ici? Tu es bien loin de chez toi… C’est un changement appréciable de compagnie par opposition à ces éponges à alcool dont les facultés sont affaiblies au point de ne pas savoir faire un choix logique quand il le faut. Bienvenue à New York, je suppose? Prends ce qui te plait : c’est moi qui offre. Avec la pile de billets que j’ai mis dans le tiroir-caisse… »

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Re: Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

Message  Invité le Mar 16 Déc 2014 - 16:42

Si Barbara savait parfaitement qui dans ses contacts était en mesure d'être à New York lors de son passage, Sin était en haut de la liste, affectionnant particulièrement l'endroit. Toutefois, dans une si grande mégalopole, comment imaginer qu'elle tomberait sur elle alors même qu'elle était restée aussi discrète que possible. Bien sûr, la discrétion était désormais bien loin, il n'y en avait guère lorsque l'on se retrouvait en compagnie de Sin. La machine ne savait pas comment réagir face à de nombreuses situations humaines, et la partie humaine semblait à Barbara trop enfouie encore pour pouvoir corriger les erreurs.

Sin ne sembla témoigner d'aucune réelle émotion, ni une immense joie de la voir, ni de la déception de n'avoir été prévenue de sa visite, ni la surprise de la voir si loin de chez elle. Leur relation était étrange, comme il était normal entre un être humain et une machine humaine se disait Barbara. Pouvait-il en être autrement ? Toutefois, si Sin était dangereuse et comme beaucoup de justiciers ne rechignait pas à tuer, Barbara la voyait réellement comme une alliée, et si la machine était un tant soit peu humaine, elle aurait sans doute pu l'appeler amie. Mais cela semblait étrange, non, pour une machine ?

Barbara écouta son petit speech avec un sourire amusé, comprenant ce qui allait suivre. Elle ne s'en inquiétait pas, après tout elle était suffisamment douée pour se débrouiller seule et Barbara n'avait aucunement l'intention de se mêler de près ou de loin à tout cela. Et si jamais les flics devaient intervenir, que reprocherai-t-on à une pauvre handicapée ? Heureusement, Sin fit en sorte de faire ça très proprement, presque pas de dégats matériels, et les blessés n'étaient pas suffisamment graves, pas plus que pour n'importe quelle rixte de bar, pour nécessiter l'intervention de la police ou des secours. Et après un moment de flottement, tout le monde retourna à ses activités. Après tout, il se passait tellement de choses extra-ordinaires à New York que plus personne ne s'en inquiétait ou ne s'en étonnait désormais. Barbara attendit que Sin revienne s'installer et sourit à ses paroles. Elle ne pensait pas l'ex-expérience

- Et en effet, tu n'as rien manqué. Mon voyage s'est décidé très vite, je venais rencontrer quelqu'un qui avait des informations importantes. Si j'étais restée plus longtemps, je t'aurai avertie, mais une nuit me semblait peu pour me permettre des mondanités. Tu sais à quel point il m'est difficile de quitter Gotham...

Barbara se tourna vers la jeune serveuse qui tremblait encore du fracas, et lui sourit, donnant sa commande.

- Un café sera très bien, merci.

Barbara reporta son attention vers Sin. La voir en personne était assez rare, bien qu'elle ne fut jamais très loin. Oracle était en permanence capable d'établir un lien avec elle et elles se retrouvaient régulièrement, virtuellement parlant, pour des choses les plus diverses allant de l'échange d'information à la coopération pour certaines affaires en passant par divers records établis sur des jeux en ligne.

- Comment vas-tu de ton côté ? Es-tu en mission ? Je ne m'attendais pas à te rencontrer dans un tel endroit, comment cela se fait-il ? Une envie soudaine de se reconnecter avec Riley ?

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Re: Mets ça sur mon compte [Manhattan, Soho] (PV Barbara Gordon)

Message  Invité le Mar 16 Déc 2014 - 22:36

Une machine ne peut pas par elle-même jeter un regard méchant. Elle ne sait pas comment faire. Par contre, le regard glacial que lança Singularity à Oracle suffisait à lui seul à lui dire qu’elle venait de s’engager sur un terrain plus que glissant. L’IA derrière l’être de chair et de sang détestait l’humaine qui subsistait en son corps hôte, fragment ou non. Elle avait fait de beaux progrès pour se débarrasser dudit fragment avant que la socialisation de RIP avec d’autres êtres humains vienne interférer dans ses projets. Le fait que le consensus pas si consensus entre la machine et l’humaine décide de tenter justement de se rapprocher plus du fragment que d’une neutralité chèrement payée la mettait hors d’elle. Qu’Oracle ose mentionner une telle chose n’était pas pour lui plaire. Ce n’était pas une bonne idée de provoquer la machine, oh ça non.

« Riley Ilka Prescott est le dernier fragment d’une humanité que je m’efforce de détruire depuis des années. Le corps que nous partageons peut bien aller au bar tant qu’il veut, je la tuerai avant qu’elle ne réussisse à me voler mon dû. Donc, à ta place, je tâcherais de ne pas oublier cette réalité, cette inévitabilité. »

C’était plus que rare que l’IA prenne la parole voire le contrôle du corps. Ce n’était jamais une bonne chose, par contre. C’était un peu comme si vous étiez possédé par une entité maléfique et que cette dernière décidait de se manifester de temps en temps. Évidemment, le contrôle fut vite rendu à la Singularity que Barbara connaissait. Pour elle c’était comme si rien ne s’était vraiment passé. Elle ne se souvenait pas toujours des manifestations de ses deux autres « elles » et donc elle arqua un sourcil devant l’air étrange qu’avait Oracle. Mettant cela sur le fait qu’elle avait dû voir quelque chose qui la dérangeait, la femme machine n’y accorda pas d’importance particulière. Elle préféra se concentrer sur ce qu’Oracle venait de dire, ce qui constituait un meilleur matériel pour une conversation. C’était ce que les gens normaux faisaient, non?

« Une nuit? Tu peux venir chez-moi si tu veux. Enfin. Dans une de mes planques. Tu économiseras sur l’hôtel. En même temps, ils viennent de sortir le patch 6.8 de Futuristic Warfare : Advanced Tactics. On peut maintenant posséder et opérer des stations spatiales de combat. Ce serait bien de montrer à cette bande d’amateurs qu’ils ne peuvent pas nous battre à ce jeu-là. Ça te dirait de l’essayer avec moi? »

Singularity avait développé une véritable fascination pour les jeux vidéo. Allez savoir pourquoi. Sans doute parce que pour la machine, le multi tâche était d’une déconcertante facilité. Elle était tout simplement imbattable. Ses réflexes étaient bien plus pointus que ceux de joueurs ordinaires et pouvant communiquer directement avec la machine, elle était encore plus efficace que n’importe quel clavier, souris, manette ou micro. Bien souvent, les joueurs l’accusaient de tricher et jamais les administrateurs n’avaient pu la prendre en défaut. Tout était parfaitement réglementaire. Singularity acceptait même de jouer avec un handicap… Mais elle gagnait quand même. Pour le plus grand déplaisir des joueurs. Elle avait trouvé en Oracle une partenaire de jeu des plus compétente et cette dernière ne le savait probablement pas mais ces séances de jeu rapprochaient Singularity de son humanité…

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