On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

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On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

Message  Sebek-Hotep Tahess le Sam 8 Aoû 2015 - 12:01



Sacrifice


Le sang n’a pas d’utilité pour un mort, alors plutôt que de faire couler le mien, je préfère me servir du sien. Ma dague glisse sur sa peau, révélant les chairs desquelles coule ce liquide si précieux. J'arrête rapidement mon mouvement, je la veux vivante pour la suite, elle a un rôle bien plus important à jouer que seulement alimenter un sort en énergie. Cependant, elle me facilite bien les choses, car sans ce sang, j’aurais mis des jours à obtenir le même résultat, et garder sa concentration aussi longtemps relève réellement du miracle.

Je la regarde, alongée sur la table, elle a l’air si paisible. Elle est encore endormie, avec un doux sourire aux lèvres. Elle s’appelle Açoka, je crois ou Ashoka, ou c’était simplement un mot dans sa langue qui voulait dire quelque chose que je n’ai pas compris. Peu importe, je l’ai appelée comme ça, alors je garderai son souvenir sous ce nom. Je l’ai vue, et j’ai compris que je l’intriguais avec mes habits différents et mes yeux clairs. La plupart des gens auraient fui, mais pas elle. Sa curiosité et sa naïveté étaient bien plus grandes que sa peur. Elle était trop faible et fragile, elle était destinée à servir un plus puissant qu'elle, et c’est un grand honneur que je lui ai fait en la choisissant. Elle va vivre des choses que très peu de personnes peuvent connaître. Mais pour l’instant, je l’ai assez plongée dans ses rêves pour qu’elle en perde même le sens du toucher. J’effleure sa peau en replaçant délicatement sa main pendante au dessus de la coupe. Ainsi, le sang qui sort de son avant-bras peut courir jusqu’à son index pour se déverser goutte à goutte dans le réceptacle.

En attendant, je repense à ce que je vais devoir faire et dire, à ce qui va se passer. Le moindre faux-pas et je risque ma vie. Le moindre mauvais mot et je risque une éternité de tortures. Je tourne autour de ce qui sera ma position pour le prochain quart d’heure. Je balaye de ma semelle le sol pour en retirer quelques poussières. J’aurais dû choisir un lieu plus approprié, mais ce taudis abandonné est le seul endroit que j’ai trouvé et qui ne me demandait pas de tuer une dizaine de personnes pour me l’approprier.

Je regarde derrière moi et constate que la coupe est presque pleine. Je retire mes protections et ma chemise puis retourne auprès d’Açoka pour lui bander le bras et le déposer sur son ventre, afin de réduire les saignements. Son teint à un peu pali, mais elle garde toujours son sourire innocent. Je lui caresse la joue du dos de la main et je prends la coupe de sang pour aller m’installer à ma place. C’est là que le plus difficile commence.

Je suis debout, chacun de mes gestes est mesuré. Je tends le bras et penche légèrement la coupe pour que le sang commence à couler en un filet régulier. Je commence à tourner mon bras pour tracer un cercle autour de moi. L’exercice est compliqué, car tout le sang doit être uniformément réparti dans cette figure et la coupe doit être vide au moment où le cercle se refermera. Un courant d’air s’engouffre dans les interstices des vieux murs lézardés et vient me caresser le dos. Je retiens un frisson pour ne pas rompre la régularité de mon travail. Quand la coupe est vide, je passe deux doigts au fond pour récupérer le sang qui y est resté afin de me tracer des lignes pourpres sur le visage et sur le torse. Plus les lignes sont complexes et nombreuses, plus elles sont puissantes, et pour ce que je m’apprête à faire, il me faut beaucoup de puissance.

Un genou à terre, je pose la coupe à mes pieds et sors ma dague. De la pointe de la lame, je relie certains points du cercle pour former des figures. Un carré dans le rond. Un rond dans le carré. Un triangle dans le rond. Je range la dague et lève les bras au dessus de moi. Puis je commence à incanter. Dans la langue la plus ancienne que je connaisse, j’implore la terre, j’implore le vent, j’implore les esprits. Je veux que la connexion s’ouvre, entre moi et le lieux où vivent les créatures dont j’ai besoin. Je veux qu’une de ces créatures m’apparaisse et me réponde, car j’ai ici ce qu’elle cherche et qu’elle a ce dont j’ai besoin. Après plusieurs longues minutes, devant moi, au sol, s’ouvre un portail dont les lumières ardentes viennent éclairer toute la pièce. Une créature en sort, à la peau reptilienne, aux yeux brillants de noirceur, aux crocs et aux griffes acérés. Son visage est difforme, comme victime de centaines de boursouflures. Son corps démontre une certaine puissance, et ses bras sont bien plus longs que ses jambes, au point qu’il pourrait attraper sa proie de loin, sans se mettre en danger. Deux lignes de cornes partent de ses arcades sourcilières pour passer sur le haut de son crâne et s’agrandir le long de sa colonne vertébrale, formant une bonne défense en cas d’attaque par derrière. Au bas de son dos, une petite queue de la longueur d’un doigt frétille alors que la colère se lit dans son regard. La créature me fixe, et je sais ce qu’elle pense. Elle se demande si elle peut me tuer avant que je réagisse. Alors je la fixe dans les yeux, et je redescends lentement les bras pour cacher ma peur, car si elle la sent, elle saura qu’elle m’est supérieure et elle m’attaquera dans l’instant. Je la fixe toujours, et je respire doucement.

« Qui ose m’appeler ? »

Le démon parle dans ma langue natale, car comme tous les démons, il connaît toutes les langues et utilise celle qui nous atteint le plus facilement. La première règle est de ne jamais donner plus d’information à un démon qu’il n’a besoin d’en avoir, car il est très difficile de savoir ce qu’il est capable d’en faire. J’essaye de prendre une voix calme et sûre.

« Je t’ai appelé car je veux que tu m’apprennes la langue que parlent les hommes de ce monde. »

Le monstre renifle plusieurs fois. Ce qui devrait être un sourire, pour lui, se dessine sur son visage.

« Un humain… Créatures pathétiques… Pourquoi devrais-je te faire une faveur ? »

Je garde mon aplomb, et je lève une main devant moi, doigts écartés, pour laisser entendre que je peux libérer un important pouvoir très rapidement. Pour lui, je le mets en joue.

« Pour deux raisons. D’abord parce que je suis un seigneur sorcier et que j’ai non seulement le pouvoir de te renvoyer instantanément d’où tu viens, mais aussi de détruire ton enveloppe corporelle. Ensuite parce que je t’ai apporté une âme pure et innocente en guise de compensation pour service rendu. »

La bête regarde derrière moi, et, dans une expression assez complexe à interpréter avec les codes qui sont les nôtres, affiche une certaine satisfaction. Sa langue fourchue et rapeuse glisse entre ses crocs. Le cadeau est trop beau, la faim est trop grande. Il cherche à savoir s’il peut obtenir ce qu’il veut sans rien m’offrir, mais il hésite car il n’a aucune preuve qu’il peut me vaincre. Il tape du poing sur le sol, de colère.

« Très bien, apporte-la moi ! »

« Je veux mon service d’abord. »

Il tape à nouveau du poing. L’énerver est risqué, mais ça l’empêche de réfléchir, et ça, c’est un avantage non négligeable pour moi.

« NON ! Vous autres, humains, pouvaient mentir et tricher, pas nous. Je respecterai ma parole, alors donne-moi l’âme que tu me dois. »

Je sais bien, ça, mais je voulais qu’il s’engage, pour être sûr qu’il n’essaye pas de m’entourlouper par une interminable discussion sur l’interprétation de mes mots ou des siens. Maintenant, c’est clair, il me doit un service. Je le garde en joue, mais de l’autre main, j’attrape télékinétiquement Açoka et je la guide pour qu’elle flotte lentement vers son nouveau maître. Elle sourit toujours, la tête penchée en arrière. Elle ne se rend compte de rien. Elle ignore pour l’instant tout des tortures qu’elle va subir pour l’éternité. Dès qu’elle est à sa portée, le démon attrape la jeune fille et l’envoie se coucher sur son épaule. Il me regarde et sourit, sa voix se fait relativement plus douce, tout en restant rauque.

« Ta question est mal posée humain, et je pourrais y répondre de multiples façons. Il y a de nombreuses langues parlées dans ce monde. Veux-tu apprendre celle qui est la plus utilisée ou celle qui est comprise par le plus grand nombre ? »

Je perds l’espace d’un instant mon assurance. Je sens que je me suis fait avoir, mais je dois tenter de m’en tirer quand même. Je me reprends, si près du but, je ne peux pas échouer.

« Je veux toutes les parler. »

« Non, ce n’est pas possible ! Tu as demandé une langue. Une langue pour une âme. Plusieurs langues pour autant d’âmes. »

Je ne peux pas me permettre d’attendre d’avoir plus d’âmes, surtout innocentes. Je dois conclure ce pacte maintenant. Je dois choisir, mais je dois choisir intelligemment. Parler la langue la plus utilisée semble tentant, mais c’est probablement un piège, sinon, il ne l’aurait pas proposé. La langue la plus parlée est certainement celle du peuple, et ce n’est pas avec lui que je veux avoir affaire.

« Je veux connaître la langue utilisée par les plus puissants de ce monde. »

« Très bien... C’est chose faite. »

Il a marqué un temps d’arrêt, je ne me suis donc pas entièrement laissé abuser. Je le renvoie dans son monde et alors que je détisse le sort, je le vois s’enfoncer dans le portail avec sa victime qu’il savoure du regard. Le portail disparaît et le taudis redevient tout aussi paisible qu’avant. Je me rapproche d’un banc sur lequel j’avais posé une assiette creuse remplie d’eau et un chiffon. Je le trempe et je commence à nettoyer le sang sur ma peau. Il faudra que je brûle le lieu. Les cercles d’invocation ont tendance à rendre les simples d’esprit un peu tendus.

Je regarde derrière moi où était le portail. Rien. Il n’en reste rien. Je ne ressens rien. Aucune différence. J’espère seulement que ça a marché.

ConséquencesRP:
Sebek-Hotep lis, écris et parle désormais l’anglais comme si c’était sa langue maternelle (accent américain). L’anglais est effectivement la langue la plus parlée par les superhéros les plus puissants.


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Re: On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

Message  Sebek-Hotep Tahess le Ven 8 Avr 2016 - 13:38


Make Up !!!


Cette rencontre avec Max m'a donné à penser. S'il est vrai que je suis tout à fait serein sur ma tenue quotidienne, dont le cuir a au moins l'avantage de fournir une protection au moins partielle contre les coups, il est clair que les habitants de ce monde n'ont pas l'habitude de croiser leurs pairs vêtus de la sorte, et je comprends maintenant pourquoi je me suis tant fait traiter de Cosplay.

De ce que j'ai compris, le processus de transformation qu'il utilise est complet. Sur ce monde, il a une tenue qu'on peut le voir porter, et dans l'autre monde où il m'avait invité, dans cette ombre comme il l'appelle, il portait effectivement une autre tenue, comme on pouvait l'observer. Les deux tenues sont deux versions différentes de la même, et lorsqu'il change de monde, la tenue change réellement. J'envisage plutôt un autre mode de fonctionnement, à mon avis moins coûteux, surtout plus adapté à mes capacités. Au lieu de changer réellement mes vêtements, je songe à alimenter une très faible illusion visuelle, qui donnera à toute observateur la sensation que je porte les vêtements communs ici. Je pense me limiter à une illusion purement visuelle. On pourra voir une tenue différente, mais au toucher, elle ne correspondra pas à ce qu'on en voit. De la même façon, une personne à l'odorat développé pourra repérer une odeur de cuir et de tanin, qui ne correspond pas à ce qu'on perçoit par la vue.

Les premières tentatives n'ont pas été très concluantes. J'avais en tête une image vue sur une télévision lors d'un regroupement que l'on m'avait conseillé parce qu'il était justement plein de Cosplay. La création de l'illusion a été accompagnée d'effets pyrotechniques trop exagérés, et dans le miroir, je me voyais dans une tenue extravagante, avec une jupe bleu et un haut moulant blanc avec une sorte de foulard sur les épaules. Peu de personnes se déplacent dans les rues avec cet accoutrement. J'ai dû recommencer avec un peu plus de concentration.

Finalement, ma préférence s'est arrêtée sur une tenue discrête : une chemise, un pantalon, et peut-être une veste, selon les jours. L'illusion en elle-même ne demande pas trop d'énergie et peut perdurer par un maintien sans concentration particulière, cependant, pour en assurer le réalisme, il a été nécessaire de la complexifier légèrement. Les premières version étaient trop rigides. Les textiles ne se pliaient pas, ne suivaient pas les mouvements de mon corps ou les coups de vent. J'ai aussi raccourci mes cheveux, puisqu'il semble que ce soit plus habituel pour les hommes de ce monde. Ma dernière tentative me semble correcte, mais l'énergie qu'elle consomme m'empêche d'utiliser tout mon pouvoir. En cas d'affrontement intense, ou de rituel puissant, elle risque de se détricoter d'elle-même, ce qui sera certainement le cadet de mes soucis dans l'une de ces situations.

Avec un peu d'entraînement, je devrais pouvoir la maîtriser comme une routine. Un claquement de doigts sera suffisant pour l'activer en urgence, sinon, quelques mouvements de bras prendont plus de temps mais demanderont moins d'énergie. Vitesse ou économie, l'éternel choix.

ConséquencesRP:
Sebek-Hotep dispose désormais d'une apparence illusoire qui le représente visuellement avec les cheveux courts, une chemise, un pantalon et des chaussures de ville. Sa véritable forme sous ce masque reste la même. En combat, l'illusion se dissipera au bout de quelques secondes puisque l'énergie consommée par l'illusion ne sera plus disponible.
Les interactions devraient être plus simple avec les autres personnages.


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Re: On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

Message  Sebek-Hotep Tahess le Mer 30 Nov 2016 - 20:37



Abysses, ça glisse, au pays des merveilles !


HRP:
Cette fanfic fait suite au RP avec Logan : http://heroicage.forumactif.com/t1169-le-guerrier-immortel#20829
J'anticipe un peu pour pouvoir lancer un deuxième RP qui sera postérieur à cette chaîne d'événements.


J'ai sous-estimé les abysses. C'était le plan le plus accessible pour fuir Logan, mais après quelques temps à m'y débattre, je dois admettre que c'était l'une des pires localisations où me retrouver après un combat qui m'avait déjà bien amoché. Pour ceux qui l'ignorent, les abysses, c'est le plan de résidence des démons. Ces créatures ont une fâcheuse tendance à ne respecter aucune règle de bienséance ou d'hospitalité, et seraient prêtent à se damner pour récupérer l'âme d'un mortel, si je peux me permettre l'expression. Se retrouver fatigué et blessé dans les abysses, c'est aussi confortable que d'être une pièce d'or lancée au milieu de la cour des miracles. La seule consolation est de se rappeler que ceux qui nous en veulent ne se feront aucune politesse entre eux.

Je vais passer rapidement sur ces quelques péripéties, mais disons qu'il a été difficile de se déplacer discrètement à la recherche d'une sortie, tellement mon âme déborde de pouvoir à cause de mon sang noble. Ce qui a joué en ma faveur est le fait qu'en pratiquant régulièrement la démonologie, mon âme est aussi teintée d'une petite odeur des abysses qui la rend moins perceptible et voyante que celle d'une âme plus pure et charitable. Fort de ce piètre camouflage, j'ai pu me terrer dans un recoin pour d'abord me reposer, et suffisamment cicatriser de mes blessures pour pouvoir mieux supporter ma propre condition. A mon réveil, je suis parti en quête d'un démon mineur qui n'aurait ni la force, ni le courage pour m'affronter et dont j'ai pu absorber une partie de l'énergie vital. Elle était abjecte… J'ai marché dans des choses qui avaient certainement meilleur goût que ça… Mais que voulez-vous ? Faute de grives, on mange bien des merles…

J'étais donc plutôt rétabli, ou du moins, assez stabilisé pour commencer à m'aventurer dans ces dédales aussi peu accueillants. Ma marche était lente, à en faire honte à mon ancien régiment. Le plus difficile était que l'eau allait rapidement venir à me manquer. Il me fallait trouver un point proche du monde pour pouvoir quitter cet endroit. Les failles sont peu stables, et normalement, assez rares pour que les démons ne puissent pas déferler dans le monde des hommes. En trouver une pourrait prendre de quelques heures à plusieurs jours, en fonction de ma chance. Grâce à ma vision magique, je pouvais gagner un peu de temps pour repérer plus facilement les courants magiques qui ne seraient pas originaire d'ici, et donc, les failles potentiellement proches. Il me suffirait alors seulement de remonter ces courants jusqu'à leur source et d'agrandir la faille pour m'y glisser.

Le plus difficile a dû être de me faufiler derrière un ravageur. Ces saletés ont une désagréable tendance à renifler plus facilement que les autres démons les odeurs des âmes humaines. Son désir de dévorer l'humanité le rend particulièrement sensible aux champs éthérés venant des mondes humains, ce qui l'avait tout naturellement conduit sur mon chemin. Le contourner m'avait fait perdre quelques heures, mais je n'avais honnêtement pas la force de l'affronter. Devant la faille, il ne m'avait fallu qu'une petite goutte de sang pour l'ouvrir assez pour me laisser happer par elle. Et ainsi ma vie se poursuivait à travers un portail supplémentaire. J'avais parcouru trop peu de distance pour me retrouver ailleurs que sur le monde duquel j'étais venu, mais je n'avais en revanche aucune idée d'où je pourrais ressortir. Une soudaine peur d'arriver au beau milieu d'un océan s'empara de moi, suivi de la résignation au fait que je ne pouvais pas me permettre de chercher un autre accès. Je me lançai donc pour réaliser, horrifié, que j'atterrissais effectivement dans un océan… Un océan de sable qui me rappelait ma terre natale.

J'étais à la fois empli de nostalgie, d'une sensation de sécurité, mais un peu d'horreur aussi. Autant ce lieu était proche de ce que je connaissais et était bien plus accueillant que les abysses, mais d'un autre côté, mon expérience du désert me disait que je n'avais probablement pas fini de me battre pour ma survie. Le désert, c'est pas le meilleur endroit pour se déplacer, d'autant que j'ai déjà une bonne journée sans eau derrière moi, et je sens que je n'ai plus beaucoup de temps de lucidité devant moi. Sous le soleil de la journée, il est hors de question de marcher. Il faudra que j'attende le crépuscule pour commencer à progresser. Mais dans quelle direction ? Je me suis donc enterré, ce qui a l'avantage de protéger de la chaleur et de la déshydratation, enfin, en partie en tout cas.

A la tombée de la nuit, j'avais uniquement dormi, et malgré mes précautions, j'avais perdu beaucoup d'eau, à en juger par l'état de fatigue dans lequel je me sens. J'ai essayé de marcher un peu, de ne pas utiliser de magie pour l'instant, de peur qu'elle me vole mes dernières forces. Mais je n'ai pas dû parcourir plus d'un kilomètre avant de m'effondrer. Quelle ironie qu'un seigneur sorcier dont la famille régnait sur une ville au milieu d'un désert finisse consumé par ce dernier. La dernière image qui m'est donnée de voir est finalement le soleil se couchant sur les dunes. Je me sentirais presque reconnaissant de pouvoir admirer ce spectacle sur ma fin, avant de sombrer dans les ténèbres au moment où la lumière aura disparu.


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Re: On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

Message  Sebek-Hotep Tahess le Mer 22 Mar 2017 - 20:13



Oasis, de l'eau, des fruits, du fun !


Je prends un peu de temps pour regarder mon reflet. J'ai la sensation que ce monde m'a changé de bien nombreuses façons. J'ai un peu récupéré de ma déshydratation, et si mes lèvres pèlent toujours, elles sont moins douloureuses qu'à mon réveil. Je me rappelle de cette étrange seconde naissance, ici-même, sous une tente. J'ai mis quelques instants à me souvenir que je m'étais effondré dans le désert, en proie au prochain lever de soleil.

D'après les échanges que j'ai eus avec les hommes bleus, j'ai agonisé plusieurs jours alors que leur caravane progressait dans le désert après m'avoir trouvé. Ils avaient parié sur ma mort avant qu'ils n'atteignent l'oasis et la marche forcée qu'ils s'étaient imposée avait épuisé leurs chameaux et vidé leurs ressources bien trop rapidement. Nombreux étaient ceux qui s'étaient soulevés contre cette décision. « C'est un étranger perdu au milieu du désert, que le désert le prenne. Qui nous dit qu'il n'a pas de mauvaises pensées contre nous ? » Leur chef, Abel, les avait replacés aisément, à l'aide de sa sagesse, de ses mots et de son garde du corps, une montagne de force que peu seraient assez téméraires pour affronter un combat singulier. Mais la frustration abreuve les tensions et fait courir les mots dans l'ombre pour empoisonner le cœur des hommes. Arrivés à leur prochaine étape, une petite oasis que seuls les hommes du désert savent trouver, la déception porta le coup de grâce à leur unité. La source d'eau étaient en train de se tarir et seul un mince filet était encore récupérable. Comment quiconque pouvait-il reprendre la route sans réserve ? Et combien de temps une centaine d'hommes pouvait survivre avant que l'eau ait été entièrement vidée.

Les trois quarts des hommes m'en tenait pour responsable, j'étais le malheur venu frapper à leur porte, ce qui est ironique quand on réalise qu'ils dorment dans des tentes. Abel avait tenu sa position, prétendant que si son peuple ne pouvait plus faire preuve de compassion pour un étranger agonisant, alors il ne méritait pas de survivre et que le manque d'eau était peut-être la punition de Dieu pour la dureté de leur cœur. Son garde du corps restait toujours un argument de poids pour asseoir sa position de dirigeant, mais qu'est un chef si son peuple le désapprouve ?

Une fois sorti de ma torpeur, je me risquai à errer dans le campement. Le poids des regards sur mes épaules était palpable et inutile d'avoir été formé à mener des armées pour savoir que la mutinerie ne demandait qu'à éclater. Et si une chose était sûr, c'est que mes chances de survie étaient bien plus grandes dans un groupe de nomades vivants que sur un tapis de cadavres sans ressources et toujours affaibli. Il fallait que j'intervienne, que je renverse la balance.

Je prends un peu de temps pour regarder mon reflet. Cette misérable flaque n'est que ce qu'il reste de l'oasis, misérable goutte d'eau dans le désert, et pourtant, il m'a été difficile de l'atteindre tant les hommes bleus craignent que je détruise encore plus leurs chances de survie. Le garde du corps s'est assez à côté de moi, un peu en retrait. Je suis à genoux, les mains sur mes cuisses, et mes yeux se perdent dans mes propres pupilles. Hors de question de perdre la moindre goutte de sang. Entre la déshydratation, mes saignées passées, et la trace de mon récent passage dans les abysses, il serait suicidaire de risquer d'amener à nouveau une force dimensionnel ici. Mais j'ai désormais quelque chose de beaucoup plus précieux que le sang : j'ai le temps. Je suis perdu au milieu de nulle part, sans connaître personne, j'ai tout le temps qu'il me faut, et je commence mon incantation à demi-voix.

Le temps passe, inlassablement, et rien ne me permet de le mesurer, si ce n'est que les étoiles ont remplacé, au-dessus de ma tête, le ciel rougeoyant du crépuscule. Le garde du corps est resté derrière moi et n'a pas esquissé le moindre mouvement. Je le soupçonne de ne pas être là seulement pour ma protection, mais aussi pour me surveiller. Cette idée ne fait que traverser mon esprit alors que ma concentration revient. Je sens les champs magiques plier sous ma volonté, et au loin, les plans élémentaires qui répondent à mon appel. Le canal s'ouvre, lentement, très lentement, et un maigre remous vient brouiller mon image. Le niveau de l'eau remonte doucement, je peux libérer mon sort qui tiendra au moins une semaine. Quand j'aurai récupéré un peu, je le renforcerai, mais pour l'instant, je ne dois me fatiguer plus. Je me lève faiblement, et ma jambe se dérobe malgré moi. Je n'ai pas le temps d'atteindre le sol, le garde du corps m'a retenu de son impressionnante main comme si j'étais un enfant qui apprenait à marcher. Il m'aide à me tenir droit et mon orgueil me pousse à me défaire de son soutien pour marcher par moi-même, jusqu'à la tente d'Abel, alors que l'aube est en train d'annoncer de sa couleur rosée la venue d'un nouveau jour. Bien trop de monde nous attend pour qu'il ne soit rien passé en notre absence. Tous semblent innocemment choqués et attristés, et pourtant, il est évident qu'au moins un coupable est parmi eux. Le garde du corps avait deux fois tort : je n'étais pas celui à surveiller, et je n'étais pas non plus celui à protéger.

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Re: On n'a rien sans rien (événements solo de SbkHtp)

Message  Sebek-Hotep Tahess le Jeu 12 Oct 2017 - 14:57



Botaniste au rapport !


Mon intervention n'a peut-être pas eu l'effet escompté. Non seulement, les hommes bleus ne m'en sont pas reconnaissants, car, au mieux ils considèrent que le niveau de l'eau est remonté de lui-même, au pire, ils estiment que c'est la preuve que leur ancien chef avait apporté le malheur en sauvant un étranger. Par chance, le garde du corps s'est mis en tête de poursuivre le souhait de feu son ancien maître, en continuant à me surveiller. Je dis bien surveiller, car à ce jour, je ne sais toujours pas s'il garde un œil sur moi pour me protéger ou pour s'assurer que je ne fasse rien de dangereux.

Les hommes bleus sont dans une situation d'anarchie. Les ressources d'eau sont un soulagement mais plusieurs problèmes se posent : d'abord, ils n'ont plus de sage pour les diriger, et les voix montent pour se faire entendre et chercher à obtenir le pouvoir. Ensuite, ils sont confrontés à un homicide, ce qui, dans leur tradition orale n'est arrivé que dans les mythes lointains, quand le désert était encore une luxuriante forêt et que les hommes bleus pouvaient vivre en sédentaires. Cette situation exceptionnelle rend les négociations politiques d'autant plus complexes. Enfin, la caravane est en retard sur sa route habituelle, et c'est pour moi de loin l'adversaire principal. Non seulement, l'oasis doit alterner des longues périodes de régénération de sa faune et de sa flore pour pouvoir accueillir les nomades pendant quelques jours, or, tant que nous restons ici, cette régénération ne peut pas se faire, mais en plus, nous approchons du seuil au-delà duquel il n'y aura même plus assez de nourriture pour préparer le prochain trajet.

En résumé, la situation est assez mauvaise. En temps normal, j'aurais fait une petite démonstration de force pour trancher, au sens premier, dans les négociations, ce qui aurait aussi réduit drastiquement le nombre de bouches à nourrir et donc, augmenté les ressources disponibles pour les survivants, moi, entre autre. Mais après réflexion, si mes péripéties dans ce monde m'ont appris quelque chose, c'est que je manque cruellement d'alliances pour pouvoir profiter d'un temps de paix qui me permettrait de planifier sur du plus long terme. Je n'ai fait pour l'instant que réagir, et il est temps de renverser la balance. Je garde aussi à l'esprit que le garde du corps n'a pour l'instant fait aucun usage de ses capacités, et personne dans la caravane ne semble avoir la moindre idée de ce qu'il pourrait ou non faire, et donc, de ce je devrais affronter sur je me lançais dans un massacre de ses petits camarades. Je décide donc de faire profil bas, et d'utiliser ma faiblesse pour en faire une force, le garde du corps m'assure aussi une certaine immunité puisqu'aucun homme bleu n'ose le contrarier, ni même croiser son regard d'ailleurs.

Un bon mois s'écoule, enfin, je pense car je n'ai aucune notion du temps, aucun calendrier, et les étoiles ne me sont pas assez familières pour que j'arrive à estimer le cycle dans lequel je suis. D'ailleurs, je ne suis même pas sûr que les cycles ici durent autant que chez moi. J'ai repris des forces, je pourrais ruiner ce campement en quelques dizaines de minutes, mais il est désormais évident que nous avons franchi le seuil fatidique. Tout le monde ne pourra pas participer à la prochaine route et certains vont devoir se sacrifier en restant ici. Il faut que je me prépare à l'éventualité de devoir rester dans cette oasis.

Le temps m'a donné l'occasion de partager avec le garde du corps, vu qu'il est l'un des rares à accepter de me parler, dans une langue que je ne comprends de toute façon pas. J'ai d'ailleurs appris quelques mots, quelques expressions et des informations qui pourraient être utiles. Il s'appelle Gil, il est aussi un étranger, qui a rejoint la caravane il y a plusieurs générations, il pense qu'il y aura un temps ou la vie reprendra ses droits sur le désert, et où les hommes bleus pourront arrêter leur long voyage. Il m'a raconté les légendes de ce pays, qu'autrefois, les hommes bleus vivaient dans un paradis d'abondance mais qu'ils ont été cupides et que la terre a repris ses bienfaits et la forêt s'est changée en désert pour que les hommes bleus ne puissent plus se reposer et soient contraints de marcher jusqu'à ce qu'ils aient expié leur faute. Bref, encore un mythe pour créer une cohésion culturelle au sein d'un peuple, rien de bien nouveau.

Je m'estime assez fort désormais pour repasser à l'offensive. Si je veux pouvoir survivre ici, sans massacrer la moitié de la caravane, j'entends, il faut que je fasse à la faune et à la flore ce que j'ai fait à l'eau. Je sors ma dague, et je vois du coin de l'oeil que Gil a un mouvement de recul, je ne l'ai pas touchée depuis mon arrivée ici. Je me coupe l'intérieur de la main, ce qui est assez stupide, parce que ça fait atrocement mal, et je trace de mon sang un cercle d'invocation mineur. Je ne veux pas convoquer les 9 enfers ici, un simple démon inférieur suffira pour cette tâche.
Les limbes résonnent au loin, et entendent l'appel du sang, un appât qui a une odeur trop proche de celle d'une âme humaine pour que les démons puissent s'y refuser. Le portail s'ouvre, et ne fait que la taille d'un poing. Il irradie de son ombre rougeoyante habituelle et une petite tête tente maladroitement de s'en extirper, suivie de petits bras crochus. La petite créature est hystérique « A moi ! A moi ! ». Ses petites mains s'agrippent aux parois du portail et poussent pour faire passer les reste du corps « Hin ! Pour moi ! Hin ! ». Le petit diable sort d'un coup, comme un bouchon de champagne, même si je n'ai aucune de ce qu'est un champagne. Il bat des ailes pour se dégourdir et se frotte les deux orbes noires qui lui servent d'yeux, mal habituées à la lumière du jour « Ame ! Ame! Pour moi ! ». Il lui faut un peu de temps pour réaliser qu'il a été dupé et qu'il est prisonnier de mon cercle magique. Gil s'est approché, étonnamment plus curieux qu'effrayé. Il se demande si la petite chose est à moi. Je lui réponds par l'affirmative, elle est bien à moi désormais. Le diablotin soupire « Pfff... Méchant homme ! Quoi vouloir ? ». Il s'est assis dans son cercle, visiblement mêlé de résignation et de frustration, c'est toujours délicat à dire avec les créatures démoniaques, tellement leurs traits diffèrent des nôtres. Je prends un air autoritaire et résolu.

« Silence ! Je veux que tu me rapportes une personne capable de replanter une forêt ici-même. »

Gil me regarde, interdit. Je parle Tahessien, et il ne peut pas comprendre, pourtant, il affiche un air de surprise. Je libère la créature de mon cercle, qui de toute façon n'aurait pas tenu plus de quelques minutes supplémentaires dans le sable. Elle bat des ailes, puis disparaît dans un nuage de fumée. Gil me regarde, interrogateur.

« Il va revenir, avec des bonnes nouvelles, j'espère. De mon côté, je dois m'occuper des oiseaux et des rongeurs. »


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Sebek-Hotep Tahess

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