Sans importance

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Sans importance

Message  Valerie E. Hopkins le Dim 7 Juin 2015 - 0:53

    C’était prévisible, tout le monde le voyait venir, même moi. Tout le monde le savait et même l’acceptait parfaitement. La nouvelle est tombée dans un vide pour la plupart, elle est tombée comme une réalité acceptée et réalisée. Je savais bien que ma mère avait fait couler quelques larmes à sa mort, mais je n’ai pas vraiment réagis à la nouvelle. J’ai reçu le téléphone de mon frère, je l’ai deviné avant qu’il me le dise et j’ai juste demandé la date pour les funérailles. À cette époque, je ne voulais pas trop amener Sam ou un autre Vengeur. Ils ne me connaissaient pas encore. Dans l’avion, le voyage est long entre New York et Vancouver, mais j’ai envoyé surtout une invitation à mon ancienne prof Kitty, aux deux Elhonna et à la plupart des X-Guardians. Je sais très bien que la plupart ne va pas avoir le temps, mais je sais qu’ils vont juste m’envoyer un email de condoléance et après ils vont reprendre leur journée.

    Mon père est mort. Il n’a pas souffert, il a juste été malade comme chien pendant six mois avant de mourir. Je n’ai jamais cherché pourquoi il est malade ou comment il a vécu ses dernières semaines à l’hôpital, mais je sais juste que sa vie a juste laissé un lit d’hôpital vide. Les médecins nous ont tous prévenus, moins d’une année, après on ne peut que le voir partir. Dans l’avion, je voulais écrire un speech pour dire, mais je me suis rendue compte que c’était inutile. Je discute à place avec un homme d’affaire de Buffalo qui me parle de sa famille ou de sa petite entreprise. Je fais comme si rien ne se passait vraiment. Je suis consciente pendant tout le long du voyage, que je pense à autre chose, mais sa putain d’entreprise de foutus biscuits m’intéressent plus qu’écrire une lettre d’Adieu à mon père.

    Les douanes durent une heure environ, un gros sac sur le dos, la police fouille un moment pour savoir ce que je traine. Ils découvrent mon cahier avec des dessins que j’avais fais et ils rigolent. Ils me disent même une petite blague à ce sujet que je ne me souviens pas, mais je me souviens que j’ai laissé un rire forcé. J’ouvre mon téléphone et des messages sont arrivés, un message de sympathie de Kitty, mais son message sonne drôlement robotisé. Un autre message de Mason sonne plus personnel, mais je n’ai aucune chance de la voir durant les funérailles à cause d’une mission.

    Dès que je sors de l’aéroport, je vois mon frère avec une pancarte pour me souhaiter la bienvenue. Il a toujours un grand sourire, le même sourire quand je suis partie en avion la première fois. Dès que j’arrive devant lui, il enroule ses bras autour de moi pour me faire un câlin. Je fais de même. On dirait que cela ne le touche pas vraiment. On le savait tous, mais cela ne le touche pas. Je lui demande de ses nouvelles. Il vient d’avoir dix-neuf ans, j’ai oublié de lui faire un cadeau de fête. Je commence à m’en vouloir énormément de cet oubli, mais il essaie de me redonner le sourire pour la suite.

    Elyse n’était plus la femme de sa vie, je peux comprendre sa première copine, était une perle pour énerver les gens. Et il avait maintenant une voiture, enfin si on parle vraiment d’une voiture. C’est plus le début de la voiture quand tu es obligé de pousser la voiture quand il est arrêté trop longtemps. En rentrant chez nous, il me parle de sa journée, il a planté des arbres pour maman et il a échoué l’un de ses cours, mais il a fait les yeux de chats bottés à son professeur pour une reprise dans les prochaines semaines. Il me demande des nouvelles, puis je commence à lui parler de ma nouvelle vie dans les Vengeurs.

    Il est impressionné que j’ai rencontré Captain America, Thor et Stark, mais je lui dis que la plupart des Vengeurs ont juste une image qui déforme ce qu’ils sont vraiment. Sauf Stark, lui c’est vraiment un connard. Je laisse un rire à la remarque et il l’accompagne facilement. Je regarde mes nouveaux messages, plus rien. Je redémarre même mon téléphone pour voir si ce n’était qu’un petit bug, mais il n’a vraiment rien.

    À la maison, ma mère nous commande de la pizza. Elle est tellement heureuse de me revoir, je le suis aussi. Elle me donne aussi un fort câlin. Demain ce sont les funérailles, mais elle va plus commander un film. On regarde un film de Michael Bay, on rigole ensemble et on fait vivre notre critique pour ce soir. On mange ensemble et après on va se coucher. Mon lit est toujours là, toujours à la même place et toujours avec les mêmes oursons en pelluche de mon enfance. Ma mère ramasse souvent la poussière de ma chambre. Je crois que je dors environ trois heures, je passe la plupart du temps à regarder mon téléphone.

    Mon réveil n’est pas difficile, mais je le sens mentalement. Ma mère nous parle en nous livrant les céréales et je commence à avoir du mal de tout cacher. Mon frère s’en rend compte et il essaie de me livrer de la compassion. Aux funérailles, j’ai mal. Je ne sais pas comment vraiment décrire ce mal, mais c’est pire de se faire briser les doigts par Wolverine. Tout le monde s’amuse bien, la musique est celle de mon père. Personne ne montre vraiment de la tristesse. Je demande les clés de sa voiture à mon frère. Je veux juste rester seule. Je rentre ans la voiture et je regarde encore mes messages sur mon téléphone. J’écrase après le téléphone sur la radio de mon frère. C’est après une trentaine minutes que mon frère me rejoint en me demandant comment je vais. Je lui dis naturellement que j’accepte la mort de mon père…


    « Mais… il n’y a personne putain de merde! J’ai vécu les dix dernières années à New York et personne n’a fait la putain de voyage pour m’offrir des condoléances. Même celui qui a prétendu être mon copain, ne me répond même pas! Il ne m’a même pas lancé un seul email pour me dire les condoléances. Il savait très bien ce que représentait mon père pour moi… mais il s’enfoue totalement! Je suis juste une putain de conne à croire que je pouvais avoir des amis là-bas. On dirait tout ce que j’ai fais là-bas, cela ne veut rien dire et puis les putains de message robotisé… »

    Je le rends assez inconfortable sur cette situation, je le sens très bien,  il me force même à bouger ma tête sur son épaule. Il veut juste ne pas me voir pleurer, parce que cette colère amène souvent des larmes. On reste une trentaine de minutes dans la voiture pour que je respire. Après ce temps, j’ai eu le courage d’aller voir le corbillard rentrée sous la terre avec sa tombe. Ma mère fait un discours étrange où elle essaie de faire un dernier Adieu humoristique pendant que je reste assît et que je laisse quelques sourires à ma famille. Après les funérailles, je quitte rapidement vers l’aéroport, je vais pleurée un moment dans les toilettes de l’avion et je reviens pour dormir sur on siège. Ce n’est pas important, ils sont bien trop importants pour se soucier de moi. Au moins, j’ai pu dire un dernier au revoir pour une personne qui me considérait vraiment, même si ce n’était pas vraiment important.

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Valerie E. Hopkins

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