Décadence

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Décadence

Message  Valerie E. Hopkins le Ven 6 Fév 2015 - 23:47

    Décadence
    Mort
    Séparation
    Colère
    Départ
    Reconnaissance
    Recherche


    On m’a demandé durant une interview débile comment je peux me résumer en le moins de mots possibles, souvent les gens sortaient une dizaine de mots, parfois drôles et heureux, d’autres mots pouvaient cacher un deuil particulier ou une tristesse quelconque. Souvent les gens croient juste en leur nom, d’autres croient juste en leurs boulots et finalement des gens ne croient en rien. Ils ne font que dire des mots vides de sens pour moi. Je suis sûr que ce genre de mots peut dire quelque chose de particulier pour eux, mais quand on me parle de Dieu ou de Vie, cela résonne comme un grand vide de sens. Je me sens morte en réalité, ni animée par un amour ou une amitié particulière. Je me suis résumée en six mots ce jour-là, c’est le moment de découvrir pourquoi j’ai décidé de mentionner des mots aussi légers pour quelque chose de bien plus lourd. On commence par le premier :

    Premier Chapitre
    Mort

    Peut-être que le mot est mal choisit, parce que cette étape se définit par quelque chose de plus simple et particulier, un mot que je répétais sans cesse pour éviter cette fatalité : Reste. Je ne sais pas combien de fois que je l’ai, ni combien de fois je l’ai espéré et surtout combien de fois je l’ai rêvé. Mais c’est le début de ce que je croyais stable qui est parti en couilles dans la totalité. Je me souviens de gratter sa main dans le plâtre avec un regard presque vide, quand McCoy ou Grey me disaient que cela n’allait arranger de rester sur place en essayant de le convaincre de rester. Je peux lui raconter des histoires, je peux lui raconter mes voyages, nos activités ensemble avec un rare sourire, mais je ne me sentais plus bien à ce moment. On dirait à ce moment, plus rien existait vraiment, plus de réel bonheur, plus d’idées, plus de nécessités à vivre. J’étais juste devant une personne qui attendait la fatalité. Dans mes rêves les plus fous, je croyais même qu’il allait devenir mon petit copain. Je croyais qu’on allait se rétablir et qu’on allait devenir X-Men ensemble. Qu’on allait traverser le Globe en croyant changer quelque chose, en accompagnant nos souffrances et nos bonheurs. Il était peut-être gay, mais oui je le voyais vraiment comme mon premier copain. Je ne cherchais pas une personne à embrasser, à coucher, je cherchais une personne pour m’accompagner.

    Je cherchais une personne pour me maintenir dans ce rêve, dans une illusion que j’allais vivre heureuse pour un moment. Je pouvais raconter toutes les histoires que je voulais à son chevet, mais il n’avait déjà plus rien de vivant. Il n’avait plus de gêne X, ni de purificateurs, ni de passé, ni de futur, il avait juste une personne remplie de bandages qui regardait le plafond. Je savais très bien qu’il était conscient, peut-être qu’il pouvait me parler, mais il ne pouvait plus moralement. Dans sa tête, il était mort. Il ne vivait plus dans ce monde, il ne ressemblait plus à rien. Il ne ressemblait plus à lui qui m’a amené visiter la Statue de la Liberté sans la permission des professeurs. Il ne ressemblait plus au sourire qu’on pouvait voir sur mes photos. Parfois, je lui montrais nos photos avec le sourire et les larmes aux yeux, il avait regardé un fois, mais il n’avait pas réagi.

    Il ne réagissait plus, il ne vivait plus. Je pouvais lui répéter de nombreuses fois de rester, peut-être qu’on n’allait pas vivre le couple le plus conformiste au monde, mais on allait vivre heureux. Pas hétérosexuel, ni homosexuel, ni mutants, ni humains, ni super-héros, on allait juste vivre dans un autre monde, on allait vivre des aventures, des vies et des mondes différents. Peut-être que je rêvais, peut-être qu’il n’avait pas la même vision que moi. Mais je l’aimais, c’est la première personne que j’ai aimé autant dans ma vie, et il était en train de mourir. Au fil des jours, son état s’aggravait, mais dans ma tête, cela s’améliorait. Il allait sortir. Je lui laissais toujours ce petit mot avant de partir dormir.


    « Reste… »

    Je ne savais pas combien de temps que cela avait duré. Mais un jour, c’était fini. On m’avait bloqué de l’infirmerie, je demandais des détails, mais on refusait de me le dire, on me disait d’aller voir Kitty, Xavier, McCoy ou Beaubier, mais on me refusait de me le dire. J’avais décidé de pousser l’infirmière pour rentrer. Il n’était plus là. Mais je m’étais quand même rendue à son lit mes mains se collaient sur ma tête avant de remonter dans mes cheveux. J’étais presque devenue folle à ce moment. J’avais hurlée devant un lit vide.

    « IL FALLAIT QUE TU RESTES, PUTAIN! »


    J’étais retournée dans ma chambre pour jeter des meubles au sol, jeter mes devoirs de physiques au sol, les photos et tout le reste aussi. Je m’étais écrasée quelques heures dans un coin en pleurant jusqu’à temps qu’une personne a le courage à défoncer la porte pour venir me voir. Je lui ai gueulé de partir, de s’en aller, de me lâcher, que je ne voulais pas donner de câlins, ni de consolations, mais quand il a commencé à m’écouter, je l’ai juste retenue en larmes…

    « Reste.. »

_________________
avatar
Valerie E. Hopkins

Messages : 510
Date d'inscription : 07/11/2014

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum