Les oiseaux ne laissent qu'un chant éphémère ; l'homme passe, mais sa renommée survit. [FANFICTION]

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Les oiseaux ne laissent qu'un chant éphémère ; l'homme passe, mais sa renommée survit. [FANFICTION]

Message  Invité le Mar 20 Jan 2015 - 16:20

De dire que le Parti avait mal prit la nouvelle serait la banalisation du millénaire. Quand Sin Tzu était revenue sur son île après son exil volontaire des Last Sons, elle avait décidé de mettre de l’ordre dans sa vie. Trop longtemps elle avait été aveugle à l’évidence. Trop longtemps elle avait regardé dans la mauvaise direction. Trop longtemps elle avait cherché la reconnaissance, l’acceptation. Elle se rendait compte aujourd’hui qu’à trop chercher dans une voie, elle s’était rendue aveugle à une autre. Quand elle s’était présentée devant le Parti, c’était avec la conviction profonde que ce qu’elle faisait, elle le faisait en tant que Sin Tzu. En tant que personne, en tant qu’être et non plus en tant que pion, symbole ou quoi que ce soit qu’elle ait pu être. C’était terminé tout cela. Elle commençait à vivre ici et maintenant.

Trop longtemps la douleur l’avait rendu aveugle, si omniprésente qu’elle l’avait pensée disparue. Trop longtemps la corruption de démons qu’elle pensait avoir vaincu l’avait empoisonné. Elle en avait d’abord parlé à ses hommes, ses soldats, ces hommes et ces femmes qui avaient servi à ses côtés. Elle les avait suppliés de partir, de ne pas la suivre pour un affrontement qui était inévitable. Pensez à vos familles, à vos ancêtres, avait imploré Sin Tzu. Et pourtant, malgré les représailles sanglantes qui ne pouvaient pas manquer d’arriver, aucun des soldats de Sin Tzu, aucun de ses officiers n’avait acquiescé à sa demande. Ils s’étaient même mutinés quand elle leur avait donné l’ordre de partir. Le capitane Zhu Shen avait parlé au nom de tous : ils suivraient Sin Tzu en enfer s’il le fallait. S’il fallait mourir, ce serait les armes à la main et la tête haute.

Et donc, Sin Tzu avait fait un choix qui lui garantissait le déshonneur et une impossibilité de rédemption totale. Elle avait décidé de renier la Chine. Devant le Parti, elle avait dit qu’elle refusait de servir davantage un régime qui au fond ne cherchait qu’à tuer la liberté au nom d’impératifs purement égoïstes. Qu’elle reprenait par droits ancestraux son île, invoquant diverses clauses de lois savamment étudiée. Quand on mentionna que l’île abritait du matériel militaire, Sin Tzu fit savoir qu’il avait été restitué au complet au dépôt militaire le plus proche, à la cartouche près. Quand on l’avait menacé des pires sévices, elle avait gardé la tête haute. Elle les avait regardé droit dans les yeux et elle posé sur la table une boite avec son uniforme, ses médailles et le reste. Elle leur avait dit de bien regarder son dos car ce serait le seul moyen de l’abattre. Et elle était partie.

Partie était encore un terme douteux parce qu’elle s’était fait tirer dessus à l’intérieur même du bâtiment par les soldats en faction, sur ordre d’un membre quelconque du Parti. Mais Sin Tzu n’était pas maitresse stratège pour rien et elle avait échappé au piège pour regagner son île le plus rapidement possible. Désormais équipés à même un arsenal à la provenance pseudo légale, les troupes de Sin Tzu étaient prêtes à la bataille. S’il fallait mourir aujourd’hui, ce serait pour leur famille. Cette grande soudée qu’ils étaient tous, soldats comme officiers. Tous les golems avaient été mobilisés et armés. L’offensive chinoise ne tarderait pas. Connaissant leur temps de réaction, les premiers bateaux et la première vague de parachutage de troupe se ferait dans le quart d’heure à venir. L’utilisation de l’arme atomique était heureusement hors de propos ici.

La première vague arriva par la mer, précédée par des tirs par la marine chinoise. L’île n’était pas équipée de défenses à longue portée, il allait falloir tenir face au bombardement avant de pouvoir entreprendre quelque riposte que ce soit. Cette île paradisiaque qui avait connu deux fois par le passé la violence et la mort allait devenir le théâtre d’un nouveau drame. Quand la canonnade cessa, l’Ennemi était déjà en train de mener l’assaut et les premiers échanges de tirs ne furent pas entre des soldats et des soldats mais entre des golems et des soldats. Capables de manier avec aisance les armes les plus lourdes, deux golems firent un vrai massacre de la première vague d’assaillants. Issus d’une génération plus récente de golems, ils étaient plus résistants aux calibres plus gros mais le premier vola quand même en éclat quand une roquette le percuta.

Le premier vrai problème se présenta quand l’aviation entra dans la partie. Des hélicoptères de combat, précédant les hélicoptères de transport, ouvrirent le feu sur les bâtiments ancestraux présents sur l’île. Ce qu’il restait de l’héritage de Sin Tzu était en train d’être détruit sous ses yeux mais elle ne pouvait pleurer cette perte culturelle. Elle devait protéger les siens. Un de ses golems lança ce qui semblait être une boule d’argile dans la direction de l’hélicoptère de tête et celui-ci explosa dans un effet pyrotechnique des plus réussis. La « grenade magique » qu’avait lancé le golem était plus efficace qu’elle n’y paraissait L’Ennemi y penserait à deux fois avant de charger tête baissée. Pour le moment, ce n’était pas suffisant pour garantir une victoire mais les pertes humaines du côté des défenseurs étaient nulles, pour le moment.

Sur de multiples fronts, par contre, plusieurs golems avaient été entièrement détruits et le périmètre extérieur commençait à être en danger de s’effondrer. Les effectifs de Sin Tzu étaient limités en nombre tandis que l’ennemi pouvait acheminer un nombre impressionnant de troupe. Après tout, l’armée chinoise était loin d’être petite et depuis le temps que certains officiers radicaux cherchaient un prétexte pour éliminer Sin Tzu… Pourquoi ne pas se faire plaisir maintenant? Ce serait pure folie par contre que de croire qu’elle ne vendrait pas chèrement sa peau. Ici, au cœur même de son pouvoir, elle serait encore plus redoutable que n’importe où ailleurs. On se bat toujours avec plus de férocité pour défendre son chez soi. Zhaxou avait toujours appartenu à un Tzu et s’il fallait qu’elle hante les lieux, il en serait toujours ainsi. Point final.

Pendant près d’une heure, le statut quo fut maintenu. Vagues après vagues, les attaquants se brisèrent sur des golems qui n’étaient pas là où on s’y attendait et qui étaient bien plus silencieux que ce que leur taille laissait à supposer. Malgré un pilonnage intense, malgré un assaut ininterrompu, les défenseurs tenaient bon. Sin Tzu n’était pas dupe par contre. Elle savait très bien que tôt ou tard, malgré un stock important de golems, la situation changerait. Ils ne pouvaient défendre tous les côtés de l’île en même temps et les officiers ennemis le savaient très bien. Nul besoin d’être mathématicien pour savoir qu’il faudrait donner du terrain à l’ennemi et réduire le périmètre défensif. Ce faisant par contre, elle savait que ce serait le début des ennuis : s’ils débarquaient des chars ou quelques véhicules même moins lourds, ce serait un assaut assez court.

S’ils réussissaient à faire une percée avec les ZTD-05… Autant dire que les choses deviendraient très laides très vites. Sin Tzu connaissait la liste exhaustive des véhicules de l’armée chinoise et elle savait identifier une mauvaise nouvelle quand elle en voyait une. Elle ordonna aux golems de se retrancher vers l’intérieur de l’île en espérant ne pas avoir à envoyer ses hommes à l’abattoir. Non pas qu’elle se moque de ses golems, non. Simplement, elle le savait : ces créations n’avaient ni âme ni volonté propre. Par conséquent, à devoir choisir… Elle préférait sacrifier ses créations que ses hommes. Elle avait suffisamment de sang sur les mains ainsi. Si elle pouvait éviter d’en rajouter, elle le ferait sans hésiter. Quitte à se sacrifier pour eux si nécessaire. Elle espérait ne pas en arriver à cet ultime recours par exemple. Vivre était une chose intéressante.

Elle était en train d’étudier l’avancée des forces ennemies quand ses réflexes et l’instinct pur lui sauvèrent la vie : quelque chose fendit l’air juste à côté d’elle et quand elle riposta pour un solide coup de poing dans un vide apparent, elle toucha quelque chose de solide. Camouflage optique. Elle connaissait bien. L’Ennemi lui envoyait ses meilleurs assassins. La Chine ne disposait que d’un très petit nombre de commandos ainsi équipés mais s’ils en avaient déployés ici c’était qu’ils la voulaient vraiment morte et enterrée. Cela voulait dire par contre que quelqu’un de très haut placé avait peur qu’elle révèle quelque chose car ces unités n’étaient déployées que pour des assassinats politiques très pointus. Évidemment le pourquoi du comment attendrait car l’assassin se révéla à elle. Face à un combat inévitable, elle ne comptait pas simplement s’incliner et mourir.

Son adversaire était doué, de cela il n’y avait aucun doute. Sauf qu’il ne disposait pas des talents de Sin Tzu ni de son affinité avec les arts occultes. Dans son dossier officiel, on disait qu’elle était spécialiste en arts occultes et les gens assumaient en général qu’on parlait de sa capacité à créer des golems. Sin Tzu n’avait jamais démenti quoi que ce soit à ce sujet. La plupart des gens assumaient que c’étaient des pouvoirs complémentaires pour amplifier sa capacité de création. En vérité, une partie de ces derniers étaient d’ordre plus martial. Faisant appels à ces derniers, elle engagea le combat. Le Yanjin était un art perdu depuis longtemps qui permettait d’amplifier les capacités mentales et physiques. Pratiqué adéquatement, il permettait de rivaliser avec des êtres de classe supérieure. Dire que le combat allait être franchement inégal serait revenir à dire que le ciel est bleu.

Le combat s’engagea, les deux adversaires échangeant d’abord un ensemble de passes classiques, apprise à la base par tous les militaires au service du gouvernement chinois. Bien vite, l’assassin, se rendant compte qu’il ne l’emporterait pas si aisément décida d’y aller avec un style plus personnel qui, s’il fallait en saluer l’audace, présentait des lacunes évidentes qui Sin Tzu, en combattante aguerrie, ne manqua pas d’exploiter, d’abord dans les limites de ce qu’un être humain normalement constitué peut faire et ensuite avec la pleine assistance de ses pouvoirs, faisant pleuvoir une pluie de coups sur son adversaire. Sin Tzu, bien qu’elle n’ait jamais mis les pieds sur un seul des champs de bataille de la Chine, restait en excellente forme physique. Tant pis pour les autres s’ils la voyaient comme une bureaucrate glorifiée. Ultimement, l’assassin fut neutralisé.

Sin Tzu lui donna un choix : collaborer ou mourir. Elle savait pertinemment que l’autre ne collaborerait pas. Dès qu’il exprima son refus, elle lui plongea le couteau avec lequel il avait essayé de la poignarder en plein cœur. C’était techniquement le premier compatriote à qui elle prenait la vie dans l’actuel conflit. Et elle déplorait que ce ne soit pas le dernier. Une chose était sûre. Si un assassin était passé, d’autres pouvaient déjà être sur les lieux également. Comme pour confirmer sa crainte, le capitane Zhu Shen lui fit savoir qu’il y avait au moins un saboteur dans le périmètre intérieur et qu’ils avaient sur les bras au moins trois blessés dont un grave. Bon. Il faudrait changer de stratégie et se montrer un peu plus agressif. Ordonnant à tout le personnel humain de se replier dans le bunker de commandement, elle décida de faire un peu de ménage.

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Message  Invité le Mar 20 Jan 2015 - 16:21

Après avoir envoyé son proxy assister le capitaine Shen, Sin Tzu se dirigea vers la plage, là où l’un de ses golems avait été détruit par un tir de roquette. Elle y trouva d’ailleurs le corps du soldat et son arme, l’agresseur ayant eu le crâne défoncé par un fragment du golem qu’il avait anéanti. La vision qui s’offrit à elle aurait été magnifique, en un sens, si ce qu’elle voyait était avec elle et non contre elle. L’armada ennemie était pour le moins impressionnante. Ceci dit, elle était essentiellement composée de ZTD-05 comme elle l’avait estimé, de plusieurs hélicoptères d’attaque Z-9WA et d’un petit groupe d’hélicoptères de transport Z-8 et contrairement à son estimation initiale, un seul navire de guerre, très vraisemblablement celui du responsable de cette invasion : un destroyer de type 055, fleuron de la marine chinoise moderne. Ça c’était une surprise.

Sur le papier, ces navires ne devaient pas être prêts avant 2016. Qu’importe. Si le commandement ennemi ou une partie du commandement ennemi se trouvait là-bas, c’est là qu’elle allait leur envoyer une surprise de taille. Les golems, bien que construits à partir d’une argile spéciale, étaient d’abord et avant tout des créations magiques. Par conséquent, l’eau n’avait aucun effet nocif sur eux. Elle décida de se servir de cet avantage pour constituer un groupe de saboteurs : ils iraient couler ce navire. Pour des créatures magiques, le métal n’était pas si difficile que cela à percer (surtout pas avec des explosifs) et une fois à l’intérieur, détruire les turbines et autres systèmes clés serait un jeu d’enfant. Soit le navire exploserait. Soit il coulerait. Privé de son soutien à longue portée (et d’un pont d’envol pour les hélicoptères), elle se gagnerait un temps précieux.

Car sur la plage, le débarquement était en train de commencer. Elle eut le temps de détruire deux ZTD-05 avant que le lance-roquette ne manque de munition et sur la vague initiale, sept des douze véhicules furent détruits ou sévèrement endommagés. Les cinq véhicules survivants par contre, en configuration de chars d’assaut légers coûtèrent une trentaine de golems à Sin Tzu. Une partie des installations était en train de brûler. Son personnel était en repli total. Elle était en train de perdre des golems à un rythme qu’elle ne pourrait pas tenir éternellement. Vingt-cinq ans plus tôt, elle ne se serait pas cassé la tête. Elle aurait simplement retourné les éléments contre la flotte ou envoyé une horde de démons pour… Pour… Le sceau était toujours là. Le passage était encore là. Il faudrait défaire les protections qu’elle avait posé par-dessus, prendre un risque colossal…

Mais elle devait sauver les siens. Pour le moment c’était la solution de dernier recours mais si elle devait s’y résoudre, elle le ferait. Quand les chars libérèrent les compléments de soldats qu’ils amenaient, elle se jeta à corps perdu dans la bataille, se battant comme si l’Enfer était à ses trousses. Tantôt avec une arme, tantôt sans, elle affronta ceux qui furent ses compatriotes, ses collègues et qui, comme elle, étaient chinois. Elle ne prenait aucun plaisir à prendre la vie de ces hommes et ces femmes qui avaient décidé de suivre aveuglément les ordres. À dire vrai, cela l’attristait même. D’un autre côté, elle ne pouvait pas simplement se rendre. D’une part, ils n’allaient jamais la laisser vivre et d’autre part ils tueraient ses hommes. S’il y avait un choix à faire, il était loin d’être aussi tranché que le noir et le blanc. Elle ne pouvait pas « juste » les désarmer.

Le problème avec son gouvernement, ex gouvernement, c’était qu’il était presque hostile à la négociation. Elle avait toujours fait en sorte d’être la voix de la modération, de s’assurer qu’il n’y ait pas d’actions radicales de prises quand une solution plus humaine existait. Maintenant qu’elle avait claqué la porte, il y avait de fortes chances pour que la Chine montre des couleurs encore plus sombres que lorsque Sin Tzu avait mené des négociations avec Taiwan, avec le Tibet et avec plusieurs autres entités nationales ou groupes. Elle ne regrettait pas son choix. Tôt ou tard, le mensonge aurait dû prendre fin. Il fallait qu’elle trouve sa voie, qu’elle trouve un but, un vrai, à son existence. Elle avait longtemps pensé que ce qu’elle avait choisi ferait honneur à ce qu’elle avait appris de son frère, Bruce Wayne. Que dans le chaos de la Chine, elle pourrait apporter le changement.

Aujourd’hui, la folie de son initiative, la naïveté derrière le geste lui apparaissait comme une évidence des plus difficiles à avaler. Maintenant plus que jamais elle avait une cause à défendre. Pas celle de la Chine. Pas celle des Last Sons. Elle n’était pas en quête de rédemption. Elle se battait pour la chose la plus sacrée pour elle, sa famille. S’il fallait noyer l’Enfer sous le sang des envahisseurs, elle le ferait. Crachant un mélange de sang et de salive dans le sable de la plage, elle essaya la sueur qui lui coulait du front de la manche d’un uniforme désormais déchiré. Le combat qui ne s’était jamais arrêté sembla prendre en intensité et au prix de pertes conséquentes pour les défenseurs, les cinq chars survivants furent mit hors d’état de nuire. La prochaine vague serait plus intense encore. Elle le savait. Ils le savaient. Elle aurait eu besoin d’une bonne nouvelle, là, maintenant…

Tout de suite? Apparemment son commando de golem avait réussi son travail car une série d’explosions furent visible même à distance sur le navire ennemi dont la spectaculaire déflagration détruisit une partie des hélicoptères de combat et des transports à proximité. Ce fut à peu près la seule bonne chose parce que tout ce qu’il restait de forces ennemies décida de converger d’un seul coup vers l’île. Il y en avait bien trop pour qu’elle puisse repousser cela même avec l’appui de ses créations magiques. Usant de ses pouvoirs pour mobiliser chaque golem, y compris ceux qui n’était pas tout à fait terminés, Sin Tzu se prépara à recevoir l’ennemi en se disant qu’au fond, même si elle risquait de quitter ce monde avec plus de regrets que de réconfort… Elle aurait ultimement fait quelque chose de bien. Elle ne serait jamais en paix avec elle-même mais…

La contre-attaque fut brutale. À peine les premiers transports avaient-ils débarqués leurs compléments de soldat sur la plage, les hélicoptères étaient en train de faire de même au cœur de l’île et malgré ses ordres, malgré ses suppliques, ses hommes décidèrent de livrer leur dernier combat, refusant de rester cachés quand l’un des leurs était en danger. Laissant les golems sur la plage, la peur la dévorant tel un acide surpuissant, Sin Tzu se mit à courir en direction des installations, chaque fibre de son être espérant ne pas arriver trop tard. Arrivant au milieu d’une scène apocalyptique, elle eut à peine le temps de se ruer dans son bureau avant de se faire prendre en chasse par un hélicoptère de combat. Elle atteignit le bureau juste avant que la première rafale ne déchiquète la porte.

Décrochant du mur une épée qui avait appartenu à sa famille depuis des générations (et elle pouvait pratiquement entendre les hurlements d’indignation de ses ancêtres), elle allait tenter une sortie des plus risquée quand elle entendit le sifflement caractéristique d’une roquette, se disant que c’était l’hélicoptère qui venait de tirer. Mais non. La capitaine Shen, à la tête d’une partie de ses troupes humaines, venait de détruire ce qui faisait partie du fleuron de l’aviation chinoise. Se jetant à corps perdu dans la bataille, hurlant ses ordres, Sin Tzu tenta de garder ses hommes en vie le plus longtemps possible. Essaya de leur gagner le plus de temps. Liée à ses golems grâce à son pouvoir, elle savait qu’ils tenaient de peine et de misère sur la plage mais pour chaque golem détruit, les pertes ennemies étaient plus grandes. Ce serait hélas insuffisant malgré tout.

Un de ses techniciens en communication fut le premier à tomber, atteint à la tête par le tir d’un soldat d’infanterie chinoise. Il fut rejoint bien vite par deux autres de ses collègues qui voulurent tenter de le ramener à couvert. Les défenseurs pourraient pleurer leurs morts plus tard. La situation ne leur autorisait aucun répit. Les choses prirent une vilaine tournure quand l’armurerie fut détruite quand un hélicoptère de transport s’écrasa dessus, le pilote s’étant pris une balle par un tireur d’élite de Sin Tzu. Si les munitions venaient à manquer, la situation passerait de « chance infime de s’en sortir » à « partie terminée, merci d’avoir joué ». Il fallait redoubler d’efforts. Demander encore plus à tous et chacun d’entre eux. Elle ne voulait pas les perdre. Elle ne voulait pas les perdre… Pas sa famille. Pas sa seule famille. Que deviendrait-elle sans eux? Elle ne se le pardonnerait pas.

Mais les choses se passent rarement comme on le veut car les golems furent forcés de se replier devant l’assaut de l’Ennemi et attaqués de tous les côtés, les hommes de Sin Tzu, malgré une vaillante défense, furent massacrés. Trois fois elle leur ordonna de se replier. Trois fois ils refusèrent. Le capitaine Shen se prit même une balle pour la protéger. Elle fit tout pour le stabiliser, avec les moyens du bord, avant d’ordonner à son proxy de le transporter en sécurité et de crier l’ordre de repli à nouveau… Mais aussi loin que portait le regard, il n’y avait que la mort et la ruine. Ils étaient tous morts. Sauf Shen. Mais il ne tarderait probablement pas à aller les rejoindre. Ses golems. Ses hommes. Son île… Elle avait voulu les protéger et elle avait échoué lamentablement. Il restait… Elle. Shen. Son proxy et deux golems. C’était un cauchemar. C’était forcément un cauchemar.

Et l’Ennemi, malgré des pertes terribles, ne lâchait pas le morceau. Il continuait d’avancer. Elle pouvait entendre les chars avancer. Et le bruit d’un hélicoptère. Mais c’était impossible… Ils les avaient tous détruits. Des renforts? Déjà? Peu importait. Elle se replia sur le bunker et ordonna aux deux golems survivants de garder la porte tandis que son proxy mettait le capitaine Shen à l’abri. Pendant ce temps, elle se dirigea à grands pas vers une sorte de sanctuaire, là où se trouvait le sceau qu’elle avait renforcé toutes ces années auparavant. Elle pouvait presque l’entendre rire. Le démon qui avait bien failli l’avoir une éternité plus tôt. Tant pis. Qu’il prenne sa vie. Qu’il prenne son âme. Peu importait. Elle devait sauver ses morts. Sa famille. Un rituel, un seul et elle pourrait les ramener à la vie. Un seul et elle refermerait le sceau et…


« Ils sont morts. Ils sont tous morts. Sauf Shen. Mes hommes, ma famille… Je les ai déshonorés. Je n’ai pas su les protéger. Quelle idiote j’ai été de penser que j’avais trouvé ma voie en cessant de servir le gouvernement chinois et sa tyrannie. Je dois tenter quelque chose. Oui. Je vais les ramener à la vie. Si je défais les protections qui gardent le sceau en place, je pourrai invoquer les démons et… »

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Re: Les oiseaux ne laissent qu'un chant éphémère ; l'homme passe, mais sa renommée survit. [FANFICTION]

Message  Invité le Mar 20 Jan 2015 - 16:21

Après la violence et la mort qui avait marqué cette journée (et qui continuait à faire rage à l’extérieur de ces murs), ce fut une surprise totale quand quelque chose ou quelqu’un prit Sin Tzu dans ses bras. Elle se rendit compte avec un temps de retard que c’était son proxy qui était à l’origine du geste. Et alors à ce moment précis, malgré l’adrénaline, malgré le stress et le reste, Sin Tzu se mit à pleurer. Elle pleura la mort de ses hommes, principalement, se disant qu’elle les avait trahit et qu’elle avait déshonoré leur nom et leur mémoire. Le proxy resta longtemps silencieux, écoutant sa créatrice s’auto flageller de torts qui n’étaient pas les siens. Jugeant qu’elle avait fini de se faire une grande injustice, il lui prit le menton pour la forcer à le regarder. Le temps ne s’était pas arrêté mais c’était tout comme, en ce moment.

« Là c’est toi qui va m’écouter, Sin Tzu. Depuis trop longtemps je te regarde errer sans but, dériver comme un bateau sans gouvernail. Laisse-moi te dire une chose Tu ne les as pas déshonoré. Tu n’es pas responsable de leur sort. Et avant de tenter de me contredire, pour une fois dans ta vie, arrête d’être sur la défensive et écoutes. Premièrement, Shen n’est pas mort. Son état est stable. Tu as tout fait pour cela.

Et parlant de Shen, pour quelqu’un que tu as supposément déshonoré, sais-tu ce qu’il m’a dit pendant que je le transportais, avant qu’il ne perde connaissance? Que s’il survivait, il nommerait sa fille en ton honneur. Oui. Ce même Shen qui était sur le point de se suicider quand tu es venu le trouver. Que tu lui as redonné goût à la vie. Trahis par les siens, sa famille assassinée sous ses yeux, tu te souviens dans quel état il était?

C’est toi qui l’as sauvé, Sin. Il était brisé. En miettes. Et tu lui as redonné un but. Tu l’as sauvé. Et tu as fait de même pour tous ceux sous tes ordres. Que seraient-ils devenus sans toi? Des cadavres. Des criminels. Des prisonniers. Des aliénés. Tous et chacun d’entre eux tu as vu ce que la Chine n’a pu voir en eux. Leur mérite. Leur potentiel. Sais-tu pourquoi tu es en vie et qu’ils sont morts? Véritablement j’entends.

Sin Tzu, tu es aveugle. Tu vois le mérite chez les autres et leur grandeur mais tu ne vois pas la tienne. Ces hommes et ces femmes sont morts pour toi. Pas pour un général. Pas pour une personne qui leur était supérieur. Pas parce que tu as été, tu es une Last Sons. Ce sacrifice était leur seule façon de te remercier pour ce que tu as fait pour eux. Tu ne comprends donc pas, Sin? Ils auraient pu te trahir. Ils auraient pu t’abandonner.

Ils ne l’ont pas fait. Pourquoi? Parce que pour eux, le fait que tu vives faisait en sorte que tu pourrais en inspirer des dizaines d’autres comme eux. Ils ne voulaient pas mourir, Sin. S’ils avaient pu survivre, ils l’auraient fait. Mais en mourant pour toi, en se tenant à tes côtés, ils t’ont fait preuve de la plus haute des loyautés. Crois-moi. Si tu fais appel aux démons, là tu les auras vraiment déshonorés. Réfléchis Sin. Penses-y bien.

Tu as connu l’Enfer une fois. Tu sais ce que ça t’a coûté. Tu sais ce que JE t’ai coûté. Quel prix devras-tu payer pour ramener tes hommes à la vie? Ton âme? Leur âme? S’ils étaient là pour te le dire, si Shen pouvait te le dire, ils te supplieraient de ne pas le faire. Et si tu les ramènes, seront-ils encore eux-mêmes ou seront-ils les pantins de forces qui te dépassent? Ne le fait pas Sin. Ne laisse pas tes émotions t’aveugler. »


Les paroles de son proxy sonnaient juste mais Sin Tzu n’arrivait pas à voir la réalité derrière tout cela. Tout ce qu’elle voyait c’était ses hommes, mourir encore et encore. Ses parents avant cela. Et le visage de tous ceux à qui elle avait failli. Non son proxy avait tort, en invoquant les démons elle… Elle… Non. Non c’était justement ce vers quoi tout ceci l’avait ramené. Son exil volontaire des Last Sons l’avait amené à se refermer sur elle-même. En se cherchant elle, elle s’était amené à la croisé des chemins et comme jadis… Elle avait failli refaire le mauvais choix. Les pensées d’un homme mort depuis longtemps, son père, lui revinrent en tête : le chemin court est facile mais court. Le chemin long est difficile mais long. Et quand elle y réfléchissait, elle avait emprunté le chemin court, se surprenant de sa facilité. C’était là toute l’essence du piège.

En puisant dans les forces occultes sans autre formation que celle d’une autodidacte des années plus tôt, elle avait choisi un chemin qui s’il avait été vraiment court aurait été plus difficile. Sauf que la promesse de plus de pouvoirs avait occulté sa vigilance. Cette volonté de venger ses parents… Si elle avait écouté son père, son chemin aurait été beaucoup plus long, elle aurait dû travailler beaucoup plus pour obtenir ce qu’elle avait eu jadis. Et maintenant elle s’apprêtait à refaire la même erreur? Non. Pas deux fois. Ses hommes étaient morts pour elle. Ils avaient volontairement donné leur vie parce qu’elle avait su changer, transformer, améliorer la leur. Ces hommes et ces femmes auraient pu lui tourner le dos, obéir aveuglement mais jusqu’à la dernière seconde, ils avaient combattu pour elle. Parce qu’ils voyaient en elle l’honneur qu’elle ne voyait pas.

Le capitaine Shen avait survécu. Son proxy était encore intact et il lui restait deux golems. Elle allait sans doute mourir aujourd’hui mais ce ne serait pas en trahissant les siens. Ramassant son épée, elle la regarda longuement en se disant que peu importe si elle regagnait l’honneur de sa famille, s’il y avait vraiment quelque chose après la mort, ses hommes seraient là pour l’accueillir. Elle demanda à son Proxy de prendre soin du capitaine et de tout faire pour qu’il survive. Le proxy, initialement, refusa, jusqu’à ce que Sin Tzu lui place dans la main le seul autre article qu’elle avait récupérée de son bureau : l’artefact des Tzu, cette petite pierre avec une prière dessus. Le proxy la regarda et elle le força à refermer sa main sur la pierre avant de lui dire ce qui serait peut-être ses dernières paroles. Il fallait qu’il comprenne. Elle n’avait plus beaucoup de temps.


« Il est probable que je meurs mais sache ceci. Il y a longtemps que je t’ai donné ta liberté et tu as décidé de rester à mes côtés quoi qu’il arrive. Si je meurs, tu vas devenir le gardien de mon héritage. Tu sais comment quitter l’île. Amènes Shen avec toi. Tu vas retourner chez les Last Sons avec lui. Vous allez servir la cause tous les deux. Et un jour, quand vous aurez formé un successeur à ma lignée… Tu sais quoi faire.

Je veux que tu saches ceci. Je n’ai jamais regretté de t’avoir créé, encore moins de t’avoir sauvé. Malgré tout le mal que j’ai fait, que nous avons fait, pendant toutes ces années tu as été mon seul ami. Le seul pour me soutenir. Le seul à veiller sur moi. Et pour cela je te suis infiniment reconnaissante. Je vais les retenir aussi longtemps que possible. Si tu ne le fais pas de gaité de cœur, fais le pour moi. Băozhòng, mon ami. »


Initialement réticent, le golem finit par obéir et quitta les lieux. Quelques instants plus tard, la porte du sanctuaire vola en éclat, tuant sur le coup les deux golems et Sin Tzu se lança à corps perdu dans la bataille avec pour seule arme l’épée de ses ancêtres. Véritable force de la nature, elle se tailla un chemin dans la masse de soldats et rien ne semblait pouvoir la stopper. Elle semblait savoir qui la visait et à quel moment ils appuieraient sur la détente. Bien vite, elle se retrouva sur une montagne de cadavre, prête à tenir tant et aussi longtemps que ses forces le lui permettrait. Malheureusement pour elle, son arme se brisa en deux en affrontant un soldat plus téméraire que les autres et armée de ce qu’il en restait, elle continua à se battre jusqu’à ce qu’une balle ne vienne la toucher à la poitrine, ratant son cœur d’au plus une poignée de centimètres.

Une autre dû la toucher au poumon gauche et quand elle baissa les yeux, elle constata qu’elle avait été touchée en de nombreux endroits. Seule sa maitrise des arts occultes et l’adrénaline la maintenait en vie et elle pouvait déjà sentir ses forces décliner. Elle décida de se battre avec ses dernières forces réussissant même à reprendre un peu de terrain dans le bunker jusqu’à ce qu’un tir touche son arme et la lui arrache des mains. Un genou au sol, la respiration irrégulière et crachant du sang, elle allait se relever quand elle entendit quelqu’un applaudir et quelqu’un s’approcher. Liang Jinai. Celui qui avait ordonné qu’on l’abatte. Membre du Parti et radical notoire. Qui d’autre que lui aurait l’arrogance de venir admirer « son » travail alors que d’autres étaient morts pour que cela se fasse. Il fit signe à deux soldats de la faire se tenir debout avait de prendre la parole.


« Comme c’est touchant, général Tzu. Oh mais qu’est-ce que je raconte… Vous avez renoncé à ce poste. Vous aurez été une épine dans le pied particulièrement pénible pendant toutes ces années mais c’est fini maintenant. Je vais vous tuer… Mais je veux d’abord vous faire souffrir pour tout ce que vous m’avez coûté en temps et en effort. Messieurs… Si vous voulez bien… »

Pendant que les deux soldats la tenaient, deux autres entreprirent de commencer à la passer à tabac mais jamais Sin Tzu ne donna le plaisir à Jinai de gémir, crier ou même manifester quelque douleur que ce soit. Celui-ci commença à insulter ses hommes en leur disant que s’ils n’étaient pas capables de faire crier une femme, il devait avoir choisi les soldats les plus faibles de toute la République Populaire de Chine. Les soldats redoublèrent d’efforts, sans plus de succès. Même grièvement blessé, Sin Tzu refusait de courber l’échine, de baisser la tête. Quand il lui planta le reste de son épée dans le corps, elle trouva même l’audace de lui cracher un mélange de salive et de sang à la figure. Hystérique, il la gifla avant de se reculer pour essayer son visage alors qu’un soldat venait lui faire état de véhicules militaires en approche.

« C’est fou… Ce qu’une femme… Des statues d’argile… Et une bande de soldats dont personne ne voulait… Ont réussi à faire. Pas vrai… Jinai? Combien… Combien de soldats, combien de v… Véhicules… Combien de renminbi est-ce que je… t’ai… Coûté? Tu te sens…Insécure… Au point de f… Faire venir des renforts… Alors qu’il ne reste que… Moi? C’est un p… Un peu pathétique… Non? »

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Re: Les oiseaux ne laissent qu'un chant éphémère ; l'homme passe, mais sa renommée survit. [FANFICTION]

Message  Invité le Mar 20 Jan 2015 - 16:29

« Tais toi. TAIS TOI! J’ai gagné et tu perds, Sin Tzu! Ton île va retomber dans le giron de la Chine. Tu seras morte. Tes golems sont en miettes et je trouverai ce qui te sert de garde du corps et le bon capitaine Shen. Je t’ai tout prit. Tes soldats, ton île, tes armes, ton honneur et maintenant ta vie. Et pourtant tu refuses de t’incliner devant moi. Pourquoi? Je veux savoir. POURQUOI? »

« Tu ne m’as pas… Tout prit… Jinai. Il me reste… Quelque chose… D’infiniment… Plus précieux que… Tout… Ce que tu peux… Concevoir… Tu vois le monde… En noir et blanc. Sans… Sans nuance… Tu penses… Que tu sais… Bien des choses… Que tu te connais… Que tu es important… Mais je vais te dire… Ceci. Il me reste quelque chose… Que tu ne peux me prendre. Je… Suis… Sin Tzu. »

Usant du peu de forces encore à sa disposition et des fragments de pouvoir que son état lui autorisait encore, elle parvint à se libérer de l’emprise des deux soldats. Comme dans un film au ralenti, elle vit l’expression de Liang Jinai passer de la colère à la frustration à la peur et tout cela pendant qu’elle retirait le reste de l’épée de ses ancêtres de son ventre pour la planter dans le cœur de l’autre. Peut-être que la vie est faite de coïncidences, peut-être que les choses se devaient simplement d’arriver ainsi mais dans un laps de temps similaire où Sin Tzu terrassait son adversaire, de nouveaux joueurs s’invitèrent à la partie en surface, prenant complètement au dépourvu des forces qui s’attendaient à recevoir des renforts et qui en lieu et place de cela recevaient de nouveaux ennemis à combattre. Le chaos gagna les rangs et privés d’ordre, les soldats agirent selon ce qui leur semblait le plus logique, prolongeant un bain de sang qui n’avait que trop duré.

Et parlant de sang, Sin Tzu était assise dans une mare de ce dernier, son reste d’épée dans la main, encore consciente mais à peine. Ses lèvres remuaient faiblement et quiconque aurait été assez près pour l’entendre auraient reconnu une antique prière chinoise. Au final, elle n’aurait peut-être jamais connu la proverbiale paix intérieure mais là, en ce moment, elle se sentait… Calme. Plus qu’elle ne l’avait été de toute son existence. Le doute… Les regrets… La peine… Toute la douleur était encore là, présente mais en ce moment, elle était détachée de tout cela. De moins en moins consciente, elle était assise là et elle se remémora ses plus beaux moments avec ses hommes. Sa famille. Elle aurait tant voulu les revoir en ce moment… Et peut-être que ce serait plus vite que prévu. Cependant, la mort semblait avoir d’autres projets pour elle aujourd’hui...


ÉPILOGUE


Quand Kaidan Ashimida entra dans le bunker souterrain, elle y trouva une Sin Tzu à l’article de la mort. Cette dernière, à peine consciente, n’a aucun souvenir d’avoir été sauvé par Kaidan. C’est son proxy qui lui relata la chose plus tard. Est-ce que les Last Sons étaient arrivés à la dernière minute, comme la proverbiale cavalerie? Non. En fait ce qu’il faut savoir c’est que même si Sin Tzu avait décidé de s’exiler, les Last Sons gardent un œil sur les leurs et quand des échos de ce qui s’était passé quand elle avait fait son annonce devant le Parti, les Last Sons s’étaient mobilisés pour lui prêter main forte. Il faudrait que Sin Tzu demande pourquoi Kaidan s’était portée volontaire mais ceci concerne une autre histoire. Pour le moment, ce qui nous intéresse, c’est l’action des Last Sons. Ils avaient été nombreux à se mobiliser d’ailleurs.

Ce que Sin Tzu ignorait c’est qu’en parallèle avec l’assaut sur son île, les Last Sons avaient attaqué et forcé à la reddition une base aéronavale chinoise qui aurait dû envoyer au moins deux destroyers de plus, cinq frégates et au moins deux vagues d’hélicoptères de transports de plus. Les Last Sons n’étaient pas arrivés en retard. Ils étaient arrivés à l’heure prévue, ailleurs, empêchant des événements déjà tragiques de le devenir encore davantage.  Une fois la base capturée, il leur avait été aisé d’emprunter, dirons-nous, certains des véhicules qui auraient dû amener des renforts pour voler au secours de Sin Tzu. Une complication s’était présentée cependant : un des pilotes avait essayé de leur fausser compagnie en plein vol… Ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose quand vous êtes à plusieurs dizaines de mètres dans les airs. Un contretemps, donc.

Au final, les Last Sons avaient sauvé la situation, sauvé Sin Tzu et ils avaient même récupéré en chemin l’ex capitaine Zhu Shen et le proxy de Sin Tzu. L’ex générale elle resta entre la vie et la mort pendant plusieurs jours et le médecin en charge d’elle décrivit la chose comme si un grand combat faisait rage en elle. Certains prétendent que Kaidan Ashimida resta un moment à son chevet mais entre bruits de couloirs et réalité, il y a une marge assez prononcée. Il n’en demeurait pas moins que les Last Sons avaient un petit problème sur les bras. La Chine était membre du projet et Sin Tzu un de leurs membres. Le Parti voulait la tête de l’ex générale et les Last Sons refusaient de la leur donner. Qui plus était, l’île de Zhaxou, techniquement propriété de Sin Tzu mais en territoire chinois, restait un point de litige. Le Parti voulait la récupérer par pure mesquinerie.

Heureusement, les Last Sons n’étant pas nés de la dernière pluie et avec des documents fournis par le proxy, tout y était noir sur blanc : s’il devait arriver quelque chose à Sin Tzu ou si elle se retrouvait dans l’impossibilité de parler pour elle-même, son proxy devait officiellement remettre en cadeau l’île de Zhaxou aux Last Sons. L’île devint donc d’office une base des Last Sons, finissant de briser le dernier dilemme de Sin Tzu. Pour le moment par contre, aucune action concrète ne fut entreprise si ce ne fut que de ramener les corps des morts pour qu’ils puissent être inhumés et le gros des carcasses de véhicules envoyés à la ferraille. Certains éléments chinois essayèrent de faire des menaces voilées aux Last Sons mais… Du bout des lèvres et pas très fort donc… Aucun souci à se faire là-dessus. Tout était rentré dans l’ordre… Ou presque, en définitive.

Et c’est ainsi que se termine une page d’une histoire tachée par le sang mais riche en expérience. Le récit d’une femme qui en cherchant la rédemption s’y rendit si aveugle qu’il fallut être au bord du gouffre, prendre une grande respiration et y sauter pour retrouver une forme de foi. C’est également une belle preuve comme quoi la famille est éternelle. Comme quoi l’on peut parfois faire de grandes choses en posant un acte de bonté. Comme quoi parfois, pour retrouver la vue d’ensemble, il vous faut une aide extérieure. Comme quoi même dans la certitude, l’incertitude demeure. Y a-t-il une morale, une leçon à tirer de tout cela? Tout dépend de l’interprétation qu’on en fait. Une chose est sûre cependant. C’est après la pluie que survient l’arc en ciel et pour la principale protagoniste de cette histoire, il promettait d’être mémorable.

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