Sur une autre époque (RIP)

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Elizabeth G. Braddock le Mer 14 Jan 2015 - 0:48

    Peut-être qu’elle pouvait se sentir soulager durant un petit moment, quand Riley lui donna raison, mais Betsy était toujours dans une situation de doute éternel depuis plusieurs années sur chaque parole des membres de l’Institut Xavier. C’était difficile de la comprendre quand elle avait elle-même de la difficulté à se comprendre. Entre la difficulté de comprendre et de contrôler sa télépathie, et ses entrainements intenses avec Ra’s et Gorgone, sa conscience pouvait être bien plus lourde que la moyenne. C’était facile pour certains d’oublier leurs passés et souvent de le reconstruire pour oublier les actes du passé, mais c’était bien plus difficile de l’accepter et de vivre avec. Elle avait dit la vérité à chaque membre des X-Men pour son passé et ceux-ci l’avaient accepté bien plus facilement après. Elle était capable de socialiser avec n’importe qui dans l’Institut Xavier, mais sa réputation la suivait un peu partout après. Quand, tu étais entrainée par la Nouvelle Main, ce n’était pas de la sympathie tu regorgeais au maximum. Singularity pouvait avoir tué plusieurs personnes dans sa vie, mais c’était une autre épopée de suivre ce que certains X-Men avaient faits et de les accepter une certaine rédemption.

    Riley pouvait donner raison à Betsy sur ce point, mais elle ne se sentait pas à l’aise sur la suite. Au début, elle pensait même que Riley lui donnait raison pour lui faire plaisir. Elle expliquait ensuite ce que Psylocke voulait lui dire depuis quelques temps, que même si elle se voulait être une machine, ces choix et ces idées étaient limités par des conditions culturelles. Tous êtres vivants vivaient selon ce genre de facteurs qui les fabriquaient totalement, il fallait juste prendre conscience de cet état pour accepter de changer certains aspects dans sa vie. Elle était soulagée que Riley prenne conscience de cela, plus que par des données mathématiques continus.

    Elle avouait même la raison pourquoi elle aimait tant les jeux vidéo, pour avoir du social, pour être même accepter en équipe. Si elle pouvait suivre la même logique dans les équipes X-Men, tout pouvait aller mieux pour elle. Les X-Men voulaient rester dans cet esprit, surtout que les membres se faisaient une éternelle confiance depuis plusieurs années. Un groupe ne pouvait pas survivre au long terme, sans donner une confiance pratiquement aveugle à chaque membre de l’organisation pour leurs combats, surtout en affrontant des ennemis comme l’Arme X, les Purificateurs, les Maraudeurs, le Club des Damnés et ainsi que plusieurs autres organisations.


    « Tu vois que certains facteurs abstraits peuvent t’influencer. On cherche pratiquement la même mentalité dans les X-Men que dans les jeux vidéo, on veut que la personne se sent considérée chez nous et, qu’il soit capable de travailler et de s’adapter à n’importe quels comportements de notre équipe. Mais aussi qu’il soit capable de faire ses propres initiatives… Tu sais c’est un autre défi de connaître les intentions de notre coéquipier dans les X-Men et c’est l’une des raisons pourquoi tu dois développer des relations avec les autres. Cela t’aide à mieux te comprendre et à mieux t’adapter durant nos missions en équipes. »

    Il avait certes eu un stimulus physique particulier chez Riley, un rare petit sourire, mais elle ne savait pas certainement les conséquences positifs ou négatifs de ce geste. Peut-être qu’elle voulait juste faire plaisir à Betsy, mais il existait une possibilité que peut-être qu’elle modifiait réellement son comportement pour le futur. Elizabeth restait bien plus pensive encore en ce moment. Elle avait eu peur de blesser Riley et elle avait eu cette impression, il avait quelques secondes avant de rentrer dans cet accord.

    Elle était bien plus soulagée de voir Riley qui lui demandait directement de sortir à l’extérieur pour expliquer un sentiment plus humain, une perception de désir extérieur à des données habituels et souvent plus irrationnels. Psylocke avait eu un petit sourire pour ce moment, peut-être qu’elle avait vraiment réussi à percevoir une certaine humanité et doute chez Riley. La nouvelle X-Woman proposait enfin une sortie que celle-ci voulait vraiment faire et non pour copier un comportement humain. Pour une première fois, Betsy fit un petit signe de la tête pour la suivre avec un sourire, mais l’autre défi était de la faire parler.

    Betsy n’avait pas la réputation de rire très souvent, ni de donner de grands sourires, le comportement Young Force de Dazzler pouvait la faire rire parfois, mais c’était toujours très rare. Elle pouvait bien parler de ce qu’elle aime, c’était bien plus facile de parler de ce genre de choses que de parler de ce qui la faisait réellement rire. Elle expliquait aussi qu’elle avait trouvé une nouvelle source de confort dans sa vie, un confort qui devrait être naturel à l’Institut Xavier, surtout avec la sécurité qu’il avait.


    « Oui, cela serait un plaisir, mais pour être honnête avec toi, j’essaie aussi de savoir ce qui me fait rire depuis plusieurs années, mais je peux bien te parler ce que j’aime dans ma vie. »


    Le plus grand problème pour la suite était surtout de trouver des bonnes questions pour faire parler Betsy. Elle avait fait plusieurs références avant de ces amis les plus proches, mais aussi de son amour du combat, mais reformuler ce genre d’idées pour que cela soit concret, il avait juste avec Hank avec qui elle pouvait faire réellement cela. Psylocke resta assez silencieuse durant le petit voyage pour quitter le sous-sol secret de l’Institut Xavier, jusqu’à l’extérieur. En arrivant à l’extérieur, Psylocke resta toujours aussi neutre en attendant surtout que Riley démarre la discussion. C’était un temps de voir si celle-ci était capable de retenir certaines informations sur les gens, mais aussi de commencer une discussion plus normale dans un Institut toujours aussi anormal dans la réalité.

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Message  Invité le Mer 14 Jan 2015 - 11:46

Il semblait enfin y avoir une réaction favorable, à défaut d’être entièrement positive de la part de Psylocke. C’était curieux qu’elle parle d’être « humain » et des émotions, des envies, des comportements alors qu’elle était elle-même presque constamment neutre d’apparence. Cela ne voulait pas dire qu’elle ne ressentait rien mais…Disons que cela pouvait envoyer un curieux message. Ne comptez pas sur Singularity pour s’en plaindre, cependant. Cela ne la dérangeait pas mais alors là pas du tout. Chacun voyait les choses à sa façon. Chacun réagissait aux aléas de la vie de la façon qui lui était la plus propre et le plus personnelle. C’était probablement encore une des énigmes de l’irrationalité humaine. Irrationalité à laquelle elle était en train de prendre part. C’était étonnant comment les choses pouvaient changer.

Le temps qu’elles sortent, elles croisèrent d’autres étudiants, d’autres personnes et même si intérieurement Singularity restait sur la défensive, elle n’eut pas le réflexe de porter la main vers une arme qui n’existait pas. Trop habituée à se méfier de tout le monde, elle avait parfois des réactions pouvant nuire à une bonne intégration sociale. Avec un peu de chance, tout cela serait amené à changer. On pouvait toujours espérer. Elle était bien partie. Il fallait juste l’aider à continuer sur cette lancée. Comme quoi, finalement, rien n’est impossible. Cependant, si en apparence c’était un simple effort musculaire, psychologiquement… C’était une toute autre chose. Elle devait vraiment faire un effort conscient pour ne pas user de réflexes ancrés en elle depuis une éternité. Réflexes ou sous-programmes? Elle ne saurait le dire avec certitude. Était-ce important?

Arrivées dehors, Singularity constata que la température était beaucoup plus fraiche qu’à l’intérieur. Cela ne l’incommodait nullement par contre. Elle était en pantalon d’armée et en t-shirt du même acabit et cela lui convenait parfaitement. Elle ne portait pas encore la tenue des X-Men pour la simple et bonne raison que lorsque l’on va en mission solo, on ne s’Affiche pas ouvertement d’appartenance à un groupe… Qui n’approuve pas nécessairement votre initiative. Un jour, peut-être que quelqu’un se risquerait à tenter de lui enseigner la mode mais pour le moment… Une tenue de type militaire constituait l’intégralité de sa garde-robe « officielle ». Elle pouvait se déguiser pour accomplir une mission. Autrement, elle portait des vêtements… Parce que. Elle visait naturellement le côté utilitaire de la chose par opposition au design. Chacun son truc.

Elle se remémora ses conversations avec Psylocke, tentant de trouver un angle d’approche qui ne serait pas trop… Maladroit. Maladroit au sens d’essayer de dire ou faire quelque chose de sympathique et obtenir l’effet contraire. Qui avait-elle mentionné lors de leurs discussions? Wolverine, Storm, Cyclope, Beaubier, Jean Grey, le Professeur X… Et un certain Hank. À moins de faire erreur il va de soi. Elle semblait plus attachée à ce dernier qu’au reste alors pourquoi ne pas aborder la conversation sous cet angle? Elle aurait pu calculer ses chances de faire une gaffe mais cela aurait été à l’encontre de l’exercice, pas vrai? Prendre des risques. C’était le sacrifice à faire pour pouvoir interagir avec les humains. Elle n’était pas tout à fait confortable avec cette notion mais avec le temps, sans doute que le malaise se ferait moins présent ou moins handicapant.


« En parlant d’aimer, comment c’est? Je peux me tromper mais j’ai cru remarquer quelques indices subtils quand tu parles de ce Hank McCoy. Excessivement difficiles à déceler même pour moi mais si j’avais à faire un pari… Je dirais que tu l’aimes bien. Dans nos conversation, la confiance a été un thème récurrent ainsi que l’appartenance, dans une certaine mesure mais aimer, quel que soit le degré…

Mais aimer, comment c’est? Selon ce que je comprends, c’est le sentiment humain le plus fort. Paradoxalement, il semble être celui qui fait le plus mal. Sans rationaliser, j’avoue que je ne comprends pas. Est-ce quelque chose d’aussi merveilleux peut réellement exister quand on regarde le chaos ambient, l’absence totale d’ordre en ce monde? Est-ce que… Non. C’est stupide. C’est se bercer d’illusions que de croire que… »


Singularity se tut brutalement, plongeant dans un silence pesant. Qu’est-ce qu’elle avait bien pu se demander pour que cela l’amène à réagir de la sorte? Elle arrêta de marcher, les poings crispés, manifestement en proie à un fort débat intérieur. Est-ce qu’elle s’en demandait trop trop vite? Est-ce que c’était parce que sur certains sujets elle était incapable de se défaire de son esprit de machine? Elle ne s’attendait pas à ce que Psylocke insiste, lui demande de lui dire ce qui semblait la tracasser. Cela n’avait pas l’air d’être le genre de la maison. Il faudrait donc qu’elle décide d’elle-même de poursuivre sur cette voie glissante ou d’abandonner et de changer de sujet. Sauf qu’abandonner, ce n’était pas son genre. Tant pis. Elle poserait la question et si cela faisait plus de mal que de bien, elle n’aurait qu’elle à blâmer. Point.

« Est-ce que tu crois que quelqu’un peut m’aimer? Je sais, nous avons dit : plus de classification. Mais je ne peux m’empêcher de me référer à ce que j’ai vu. L’amour semble mener à la créant d’un foyer puis d’une famille. Déjà, je ne peux pas avoir d’enfants et ensuite, qu’on classifie ou non, je suis au moins à demi-machine, un pur produit d’une évolution forcée par la science. Je ne suis pas idiote.

Ce qui est différent est jugé durement. Que ce soit la couleur de peau, la religion ou maintenant le fait d’être mutant ou de venir d’ailleurs, on ajoute une nouvelle couche à toute l’affaire. Quand la machine semble avoir ce que vous appelez une âme, cesse-t-elle d’être une machine pour devenir une personne? Et plus crument. Quel fétiche étrange que de vouloir s’unir à une machine. Tu vois? Quand je ne rationalise pas je pose des questions stupides. »

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Elizabeth G. Braddock le Sam 17 Jan 2015 - 1:51

    Betsy était enfin arrivée à l’extérieur avec Riley, elle ne faisait pas trop attention aux étudiants ou à la température. Elle avait surtout appris depuis les dix dernières années de faire confiance à l’intérieur du batîment et de baisser sa garde à l’Institut Xavier. Plusieurs étaient toujours prêts à la confrontation, mais l’anglaise s’était habituée à la sécurité du bâtiment. Le système de sécurité pouvait même arrêter Juggernaut pendant plusieurs heures, elle n’imaginait pas du tout qu’un grand ennemi décide d’attaquer l’Institut Xavier, surtout avec le système de sécurité et l’équipe des X-Men autour. Betsy savait beaucoup de détails sur les autres groupes, sur leurs grandes puissances dans la force brute ou dans leurs, mais les X-Men avaient toujours une rare cohésion que peu de groupes militaires ou surhumains possédaient en mélangeant chaque avantage technique et force brute. La plus grande force des X-Men restait dans leurs cohésions et dans leurs adaptations contre les ennemis. Ils n’avaient certes pas des êtres comme Wonder Woman ou Superman dans leur rang, mais Cyclope restait l’un des meilleurs stratèges de la planète, surtout pour gérer une équipe aussi disparate. Betsy voulait faire comprendre aussi comprendre cela à Riley aussi. Sa force brute à l’assaut n’allait pas aider, si elle n’était pas capable de l’adapter selon les situations données. Les militaires et le SHIELD restaient souvent prévisibles dans leurs actions et dans leurs stratégies, les X-Men restaient la force qui s’adaptait.

    Elizabeth pensait vraiment faire revisiter les bases d’une stratégie réelle avec un groupe de surhumains à Riley, et non juste imité des techniques de stratégies militaires, mais cela allait être une étape bien plus difficile. Cependant, elle était réellement surprise par le début de la conversation de Riley. Elle parlait de l’amour. Même Psylocke avait de la difficulté d’en parler sincèrement, c’était bien facile de dire les mots, mais c’était très différent d’une culture à une autre. Betsy avait bien sûr plusieurs interprétations différentes pour sa relation avec Hank, c’était un peu plus complexe que pour le modèle prédéfini de l’amour de plusieurs romans.


    « C’est assez difficile à expliquer. Je ne suis pas connue pour faire des grands poèmes sur l’amour, mais je peux bien t’expliquer quelque chose sur ce que les gens en discutent autant dans les romans ou dans la psychologie. L’amour est assez étrange et unique entre chaque être, sa définition est différente, ses sentiments sont différents aussi. Je ne pourrais pas t’expliquer pourquoi et comment, j’ai même du mal à le concevoir avec les visions romancés que les gens possèdent aujourd’hui. J’aime beaucoup Hank d’une façon bien différente que j’aime Kitty, Alison, Warren… »

    Elle pouvait paraitre aussi étrange de parler de cette manière, mais Riley était en train de demander à une inadaptée sociale de discuter de l’amour, elle ne pouvait pas être surprise. Elle pourrait juste prendre un élève par le collet pour l’envoyer à Riley à sa place. Celle-ci avait des définitions terriblement classiques de ce qui était l’amour par une définition uniquement monogame, ne calculant pas sa réelle portée mondiale. C’était comme discuter de sujets sur le naturel ou sur l’artificiel de l’être humain. Riley semblait terriblement se limiter socialement, Betsy avait beaucoup de mal à la voir comme une espionne, sans comprendre les différentes interprétations de l’être humain de chaque différents concepts. Elle pouvait peut-être paraitre normale dans le monde occidental, mais le monde oriental et africain était quelque chose de bien plus complexe par ses nombreuses cultures. De plus, pour toucher aux gros poissons en Asie, c’était difficile de copier un comportement pour viser un lieutenant de la Main sans définir soi-même leur philosophie.


    « Je pense que tu conçois mal ce qui est l’amour. Tu lui donnes un lien directement avec le mariage, l’utilité d’avoir des enfants et de construire un foyer. Cela peut être une définition traditionnelle du mariage dans l’idéologie protestante, luthérienne ou catholique, mais le monde a beaucoup changé. La plupart des gens ne croit même plus à ce modèle de l’amour, ils essaient juste de trouver une personne pour se confier, pour s’amuser, pour passer du temps et surtout essayer de se retrouver. Tu peux aimer beaucoup de gens dans ta vie, mais tu peux extrapoler plusieurs autres sentiments pour certaines personnes autour de toi. Tu te demandes si c’est possible qu’une personne t’aime, je t’apprécie beaucoup. C’est déjà une réponse à ta question, aimer ne veut pas directement avoir une relation intime avec une personne, c’est aussi toujours être là pour l’autre personne, l’écouter et le voir comme quelque chose de plus qu’une connaissance. »

    Betsy avait beaucoup de malaises en parler de cette façon, mais Riley lui avait posé des questions assez clairs, mais celle-ci se retrouvait avec une certaine difficulté d’en parler. Son attachement affectif était différent à celui d’un modèle d’amour occidental, vivre à l’Institut Xavier était déjà quelque chose de très différent de tous les modèles prédéfinis pour une culture.

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Invité le Sam 17 Jan 2015 - 17:22

Intéressante opinion que celle de Psylocke. Au moins, il y avait un balisage plus souple que de ce qu’elle avait pu observer. Elle n’était pas tout à fait d’accord avec l’ensemble des propos de l’anglaise mais en même temps… C’était elle la machine. Normal donc de ne pas avoir les mêmes opinions. C’était quand même intéressant d’observer cette notion élastique des choses de la part de Psylocke. Elle se promit de réfléchir plus à ce qu’elle avait dit. Il ne fallait toutefois pas être un génie pour déceler le malaise chez la X-Woman. Était-ce prudent que de poursuivre dans cette voie? D’un autre côté, Psylocke se retrouvait avec le manteau non officiel de mentor de Singularity en matière de comportements humains. Était-ce quelque chose dont on pouvait être fier? Sans doute était-ce une question de point de vue.

Pour ce qu’elle avait observé cependant, le sexe semblait prédominer sur l’amour. Plusieurs opérations avaient été basées sur le charme. Qu’on soit à Tokyo, Beijing, Berlin, au Caire, à Washington D.C. ou ailleurs… C’était une arme fort utile qui se moquait bien de la culture. L’être humain était un animal après tout. Un animal avec des besoins. Il semblait y avoir une démarcation claire entre les deux. Il faudrait qu’elle pose la question éventuellement d’ailleurs. Entre le « travail » et le vrai plaisir… En fait non elle ne connaissait pas vraiment le plaisir. Mais pour le moment c’était de peu d’importance. Là, le but de l’exercice c’était de socialiser en faisant quelque chose qu’elle voulait faire. Il ne fallait pas non plus ruiner le moment avec trop de questions. Psylocke avait bien assez d’une étudiante après tout. Cela demandait de la patience.

Elle resta par conséquent silencieuse pendant un moment, digérant l’information. Un moment de machine, quelques dixièmes de seconde à peine. Psylocke pourrait avoir l’impression que Singularity ne réfléchissait à rien mais ce n’était pas le cas. Cette discussion était très enrichissante et même si c’était de mauvaise grâce, elle comparait ses impressions avec Riley. Par exemple, Psylocke avait dit qu’elle l’appréciait. Or dans son vocabulaire, peut-être limité dans ces circonstances précises, apprécier et aimer étaient deux choses bien différentes. On pourrait argumenter sur le fait des nuances et assimilable mais… Pour Singularity chaque mot avait son importance. Pour la machine, les termes sont importants. Et pour elle… Et bien il fallait que les choses soient bien claires. Car apprécier quelqu’un, techniquement, pouvait mener à quelque chose de plus...

Noble? L’amitié par exemple. Est-ce qu’elle pouvait avoir des amis? La simple notion de confiance initiait un énorme conflit en elle. Alors avoir plusieurs amis en qui faire confiance en plus des X-Men (surtout que rien n’était encore gagné)… Cette simple pensée lui donnait presque des vertiges. Il y avait trop de choses à considérer pour que son humanité nouvellement gagnée puisse compenser. La machine était encore trop fortement ancrée en elle. Il ne fallait rien précipiter. Prendre les choses une à la fois. Psylocke, pour commencer. Le reste ensuite. Très exactement 1,13 secondes après le dernier échange de parole et au terme de cette longue réflexion, Singularity reprit la parole. Si son ton de voix était encore neutre, il restait beaucoup plus tiède que la dernière fois que les deux femmes s’étaient rencontrées. Un bien? Un mal?


« Si tu m’apprécies, est-ce que cela fait de nous des amies? Au sens de : une vraie amie? Pas comme une amie facebook ou une amie virtuelle. En chair et en os. Qui vient te voir à l’hôpital, qui t’aide avec un déménagement. J’ai toujours pensé que l’amitié ne pouvait se construire que sur plusieurs décennies mais… Peut-être est-ce un peu réducteur comme façon de penser. Logiquement, si l’amour a des nuances…

L’amitié aussi je suppose. Ce serait étrange. Avoir une amie. Juste formuler ce propos et mon processeur central s’insurge en disant que c’est impossible. C’est presque effrayant en un sens que de considérer une infinité de possibilités que je découvre à peine alors que pour vous cela semble si naturel. Je ne sais même pas si je vais être capable de m’y retrouver. Toute cette histoire d’instinct, c’est tout nouveau pour moi… »


Au travers de tout cela, était de l’excitation qui était décelable dans la voix de Singularity? Avoir hâte d’essayer quelque chose de nouveau, d’affronter l’inconnu, d’aller contre la volonté des processus qu’elle ne contrôlait pas encore? Peut-être bien. Ne comptez pas sur elle pour se mettre à rire et sourire, c’est encore trop tôt. Mais ce coin de lèvre qui bouge vers le haut lui ne ment pas en tout cas. Est-ce que Psylocke, cependant, était de créer un monstre? Qui sait de quoi la machine est capable une fois libérée de ses chaines? Sans jouer les alarmistes, il y avait des raisons de se poser des questions. Pour le moment, Psylocke se retrouvait non officiellement à s’occuper de la femme machine. C’était la seule X-Men à avoir la confiance de Singularity. Combien de temps cela prendrait-il avant qu’elle aille vers les autres… si elle y allait?

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Elizabeth G. Braddock le Ven 23 Jan 2015 - 17:24

    Au début, Betsy avait une impression de parler dans le vide presque complet durant le début de la discussion. Ce n’était peut-être pas la meilleure idée de demander à Betsy d’expliquer des interactions entre des personnes différentes. Elle avait quand même été fait pour être une Assassin d’élite avec peu de sentiments, entrainée par Ra’s Al Ghul et Gorgone. Tout était bien différent dans les interprétations de Betsy que la plupart des X-Men. Riley avait demandé une question purement émotionnelle à l’anglaise, ce qui pouvait créer une certaine confusion vu le passé de Psylocke. C’était bizarre pour elle, car elle ne s’était jamais réellement demandé pourquoi elle pouvait être aussi attirée par certaines personnes. Elle s’était même fait des théories pour chacune des personnes autour d’elle.

    Ali et Kitty, c’était surtout pour leurs volontés aux combats. Elles n’étaient pas nécessairement faites pour se battre et elles sont devenues des élites considérables, tout en gardant une passion à ce qu’elles aiment. Elles ne s’étaient pas lancées dans une continuité des combats sans arrêts, elles avaient gardé des pieds sur Terre grâce à la musique ou à la littérature universitaire. Elles étaient bien plus un exemple que Psylocke au niveau du modèle de compréhension de ce monde. Elles restaient d’excellentes combattantes, pouvant bien rivaliser avec Rogers, bien qu’elles ne puissent certainement pas le vaincre, elles étaient capables d’adapter plusieurs de leurs capacités pour devenir bien plus dangereuses pour de nombreux adversaires.

    Pour Hank, c’était bien différent. Il avait pris le temps de la comprendre sans utiliser une tendance plus combattive comme Wolverine. Betsy pensait même que McCoy pouvait mieux la connaître qu’elle-même. Elle avait bien une personnalité, qui était souvent plus difficile à percer pour une grande partie des gens qui n’avaient pas de patiences. Son gros poilu adoré avait au moins eu la patience avec Betsy, que peu de gens avaient pris le temps de prendre pour elle.

    Quand Riley ouvra enfin la bouche, au moins, elle avait compris les intentions de Betsy sur les différentes définitions que les individus pouvaient se faire de l’amitié et de l’amour. Elle avait même comprit les nuances, mais les nuances devraient être bien plus majeurs pour Riley, la planète humaine vivait de grandes nuances. Même les animaux réagissaient de manières différentes entre chaque région de ce monde. Les comportements semblaient être un réel mystère pour elle.


    « Oui, c’est peut-être tout nouveau pour toi, mais je crois que c’est important autant pour toi que pour les autres. Tu vas mieux comprendre les gens et le monde après. Les instincts sont différents même entre chaque animal, il faut vraiment se développer son propre instinct, ses interprétations et ses considérations. Après, tu vas voir que c’est bien plus facile de s’affirmer dans cette vie, en considérant un point de vue développé, tu comprends déjà l’unicité de chaque être autour de toi. Un jour, tu vas devoir considérer une personne autrement par des calculs scientifiques, par des données sociaux, car tu ne vas jamais la comprendre en usant juste de chiffres ou une page expliquant un traumatisme. Il faut être prêt à considérer chaque être autour de toi comme unique, pour mieux comprendre ce qu’ils subissent et ce qu’ils pensent. Surtout pour l’Institut Xavier, nos éducations, nos vies et nos idées ont toujours été très différentes, mais on se supporte comme une grande famille. Dès que tu comprends cette unicité entre chaque membre de notre organisation, tu peux mieux comprendre cette famille. »

    Betsy avait remarqué le sourire de Riley, mais elle ne faisait pas attention. Elle resta aussi silencieuse après cette réponse. De toute façon, Psylocke était aussi douée que Riley pour partir dans une discussion et lui donner des réponses convenables. Betsy commençait à marcher à travers le sentier de l’Institut Xavier. C’était toujours très magnifique le paysage extérieur du grand manoir des mutants.

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Invité le Ven 23 Jan 2015 - 23:34

Singularity constata que Psylocke n’avait pas répondu à la question. Tout du moins, pas à toute la question. Elle avait éludé la partie plus personnelle avec brio et si normalement, un être humain aurait pu être fâché ou triste de ne pas avoir de réponse à la question « sommes-nous des amis » (interprétation libre), Singularity ne s’en formalisait pas. Peut-être que c’était trop personnel. Ou trop tôt. Ce pouvait être une multitude de choses. Il y avait tellement de choses à analyser puis à observer sans chiffres, sans références ou barèmes définis. C’était… Étourdissant, en un sens. Elle n’avait jamais cru que son processeur puisse être autant sollicité. Qu’importe. Elle apprenait énormément en ce moment et il aurait été mal avisé de juste mettre un terme à la discussion pour compiler des données. Très mal avisé.

Chose certaine, elle n’était pas trop certaine de cette histoire de « regarder les choses sans données statistiques et sans théorie pure ». Oui en un sens il était pratiquement sûr que Psylocke avait raison mais il n’en demeurait pas moins qu’agir sans ligne directrice clair, c’était renoncer à une certaine forme d’ordre, à une méthode d’analyse qui avait fait ses preuves ces dix dernières années. On pourrait débattre sur l’efficacité totale de la chose, oui, mais en même temps, c’était plus complexe que « moi machine, moi calculer, moi humaine, moi agir sans nécessairement penser ». S’il y avait bien une chose qu’elle retenait des « leçons » de Psylocke, c’était cette histoire de nuance. C’était aussi ce qui la dérangeait le plus. Dans l’absence de certitude… À quoi pouvait-on se fier? C’était un peu comme essayer de détecter un avion furtif sans systèmes de détection…

Se pouvait-il que ce soit une manœuvre pour brouiller ses sens, pour la rendre moins efficace? Non. Même en faisant le calcul statistique, c’était si marginal que si elle avait été pleinement humaine, elle s’en serait voulu d’avoir pensé ainsi. Considérant cependant que… Elle n’était pas complètement libérée de tous ses protocoles… Elle ne ressentait ni gêne ni honte. Elle continuait bien sûr d’analyser les paroles de Psylocke, tentant de se faire sa propre idée. C’était beaucoup plus difficile qu’on ne pouvait le penser. Elle finirait par s’y faire. Elle se questionnait cependant à savoir si… Et bien si ELLE appréciait des gens. Elle appréciait le fait que Psylocke lui apprenne énormément de choses mais une appréciation très… Platonique. C’était tout simplement parce que Psylocke lui était utile qu’elle l’appréciait. Cela pouvait paraitre…

Inhumain? Méchant? Ingrat? Peut-être mais ce n’était pas le but recherché. Dans une perspective plus humaine, Singularity appréciait Psylocke parce qu’en l’aidant à mieux comprendre le monde, elle l’aidait à se sentir mieux. Mais est-ce qu’elle pouvait dire qu’elle considérait Psylocke comme son amie? Pas encore. Ou alors, pas sans avoir une définition excessivement large de l’amitié. Cela finirait bien par venir avec le temps. Tout du moins elle le supposait. Soit parce qu’elle s’habituerait à être humaine, soit parce qu’elle se débarrasserait des derniers protocoles qui l’empêchaient… D’être, en quelque sorte. C’était plus complexe que cela mais c’était un résumé simple et compréhensible pour tous. Elle continua donc à se promener avec Psylocke sans prendre la parole, toujours en réfléchissant jusqu’à trouver la bonne question.


« Comment fais-tu? Je veux dire, pour agir contre ta nature. Tu as été formée pour être une sorte de super assassin, non? Alors la compassion, l’attachement… Comment arrives-tu à en éprouver quand une part de toi doit t’envoyer constamment des signaux d’alarme? Nous sommes deux dans le même corps avec un état de compromis au centre et c’est constamment le débat dès que je veux penser par moi-même.

Peut-on… Être? Sans avoir constamment à lutter contre des protocoles ou dans le cas des humains, une conscience? Ou est-ce que parce que nous sommes des êtres trop évolués, nous sommes incapables de faire simple. C’est comme la douleur. C’est une information mais combien d’êtres humains l’exagèrent alors que les animaux plus simples s’en accommodent si aisément? Est-ce que je formule mon propos clairement? »

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Elizabeth G. Braddock le Jeu 5 Fév 2015 - 0:09

    Riley devrait comprendre quelque chose de très important dans cette grande intrigue à la vie et surtout aux X-Men. C’était facile de combattre des néonazis ou des forces militaires indépendantes, mais c’était bien plus difficile de toucher à de véritables ennemis comme les Maraudeurs, le Club des Damnés ou même la Confrérie. Leurs méthodes pouvaient être réellement totalement hors du commun avec des stratégies complexes et inconnues. L’Arme X n’était pas doué en combats, ils étaient surtout doués pour trouver des faiblesses à leurs ennemis, mais aujourd’hui, les X-Men les dépassaient par un entrainement que peu de militaires pouvaient avoir. Réfléchir selon des statistiques ou des données récoltées ne servaient à rien contre ce genre d’ennemis qui pouvaient improviser plusieurs techniques et s’adapter aussi aux nombreuses situations. Riley devrait peut-être prendre le temps de comprendre les menaces qui les touchent et de le voir d’une manière réellement différente des dix dernières années.

    Juste en touchant quelques mots à Rachel sur son futur, avec des Sentinels améliorés par les capacités de Rogue ou encore les armées de Green Lanternes, pouvait illustrer comment elle ne pouvait pas voir et considérer le réel danger. Elle pouvait juste prendre un temps de lire les fichiers sur Sinistre ou sur Shaw, pour voir que ce genre d’ennemis n’était pas aussi simple à bloquer que les autres. Ils étaient impossibles de se fier à instinct en particulier, les X-Men ne pouvaient juste se fier à un seul instinct qui était l’adaptation. Quand on parlait d’adaptation, c’était réellement de changer complètement son comportement au combat et en tactique devant l’ennemi en face de nous. C’était aussi savoir au moindre regard des X-Men de savoir ce qu’ils allaient faire pour ensuite s’adapter de nouveaux.

    Psylocke ne se faisait pas d’états d’âmes que Riley ne l’appréciait juste pour une utilisation, elle avait apprise avec le temps de renfermer la rancune pour l’oubli. Elle savait maintenant quoi faire en quelques mots devant ce genre de crises. Valerie Hopkins avait quitté quand Betsy la considérait hautement, la jeune étudiante de Kitty n’a jamais donné de raisons, mais Elizabeth l’avait apprécié, mais pour Betsy, Hopkins les a trahis pour une gloire quelconque. La seule réussite que cette jeune femme avait réussie à faire, c’était éviter de dire des mots aux Vengeurs sur les X-Men. Si Riley osait donner des informations des X-Men à d’autres organisations, Betsy allait s’en charger de la manière la plus pragmatique possible.

    Riley recommençait à parler pour poser une question pertinente, comment elle faisait pour avoir acquit une certaine humanité quand elle était formée par un génocide en personne? Gorgone ne pouvait même plus être considérer comme un être humain vu les tortures, les meurtres et les cruautés qu’il permettait de faire. Psylocke avait déjà une réponse à cela.


    « Parce que je n’étais pas ça. On m’a formé pour être un assassin, quand je ne pouvais pas être vraiment ça. Peut-être qu’au début, je voulais me faire croire que je pouvais être la personne cruelle que plusieurs sociopathes rêvent d’avoir dans leurs rangs, mais au final, je ne pouvais pas être ça. Durant une mission, tous mes sens sont plus actifs, durant un combat tous mes mouvements sont plus rapides ou fins, mais dans mes idées, j’ai toujours été en conflit avec moi-même. On pouvait me dire de suivre un code moral meurtrier, mais au final, je ne pouvais pas car cela ne faisait pas partie de ce que j’étais. Au final, ce n’est pas l’assassin ou l’humaine qui a gagné, c’est le doute.

    Mais ce doute n’est pas mauvais, cela me permet toujours de me questionner sur moi-même et sur mes comportements. J’ai acquis quelques certitudes avec le temps que je vais tout faire pour les X-Men, non parce que c’est ma mission, mais parce que c’est ma famille. Je sais qu’ils vont être capables de faire la même chose pour moi. »


    Riley semblait trop se concentrer sur ce qu’elle croyait naturelle chez elle, sur l’idée qu’elle pouvait être un simple ordinateur surpuissant. Elle se limitait toujours à voir le monde d’une seule façon, de classifier les êtres humains dans des zones de prévisibilités et non une zone d’ambigüités ou de nuances. Les êtres humains pouvaient être réellement très différents des données que Riley avait cumulées sur eux. Encore une fois, Psylocke avait de la difficulté à répondre à ce genre de questions.

    « Je ne sais pas comment répondre à cette question, parce qu’à mon avis, tu dois vraiment chercher à comprendre les autres sans te fier à ce que tu crois réellement de tes données. Ce sont eux qui vont réussir à redéfinir tes idées, tes préjugés et ainsi que tes statistiques. Nous sommes tous imprévisibles et il faut savoir chercher ce coté imprévisible. Nos sens, notre cerveau ou notre culture nous donnent toujours des prémisses à suivre, mais c’est en communiquant avec les autres qu’on découvre une autre réalité, c’est en prenant compte de ce qu’ils subissent que tu peux vraiment changer et t’améliorer. Je n’ai pas de réponses à cette question, Riley et je m’en excuse, je crois que tu dois vraiment chercher par toi-même ce que tu veux faire dans cette vie… et avec qui… »

    Il avait une logique dans ce long discours, mais c’était difficile de le comprendre sans le regarder d’une autre vision que celle de Riley.

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Message  Invité le Jeu 5 Fév 2015 - 12:19

Cela en faisait beaucoup à traiter, à absorber. Mais c’était excessivement intéressant. Singularity trouvait cet échange extrêmement enrichissant et si Psylocke ne s’en doutait pas déjà, tout ce qu’elle disait était enregistré et Singularity y mettait le plus grand sérieux à vraiment comprendre ce qu’on lui disait. C’était difficile mais elle avait espoir d’y parvenir éventuellement. Une machine ordinaire aurait saturé. Un cerveau ordinaire se serait tapé une migraine carabinée. Mais elle tenait bon. Elle voulait comprendre, elle avait besoin de comprendre. Elle savait qu’il y avait des subtilités qu’elle ne comprenait pas encore, qu’elle ne maitrisait pas encore. Mais tout était là, dans ce que Psylocke disait. Éventuellement, elle pourrait y voir clair. Une chose était sûre : il lui était impossible de tout comprendre et de tout maitriser maintenant.

Peut-être aussi que ne pas tout comprendre instantanément lui permettrait de faire usage de mécanismes de traitement de données qu’elle n’avait jamais utilisé auparavant. Quand résoudre une équation « impossiblement » complexe vous prend quelques secondes à peine, vous ne faites pas nécessairement usage de tous les outils à votre disposition car pour vous c’est évident. Toute la question humaine n’était pas évidente pour elle, bien au contraire. Elle savait qu’elle finirait par y voir plus clair. Il fallait juste… Attendre. C’était une notion qu’elle connaissait très bien ça, attendre. Dix ans qu’elle avait attendu pour se rendre compte que peut-être que cette attente avait été vaine. Elle n’avait pas encore statué là-dessus. Il y avait encore trop de variables inconnues à prendre en considération. Éventuellement elle trouverait une réponse à cette question.

Ce n’était pas demain la veille par contre. Ça aussi elle le savait. Mais c’était de peu d’importance. Pour le moment, seules importaient les paroles de Psylocke. Quelque part dans ces dernières, il y avait des informations vitales pour son émancipation, sa meilleure intégration au sein des X-Men et peut-être bien une clé cachée pour enfin mieux comprendre ce qu’elle était et faire la paix avec les différentes parts d’elle. Si elle comprenait l’humanité, le pouvoir du choix et le reste, elle n’aurait plus de raison de raisonner dans la certitude. Le doute auquel faisait référence Psylocke était probablement ce qui lui manquait le plus. Elle commençait à raisonner dans des nuances de gris. Le doute lui remettait en question la notion même d’une palette de couleur en réduisant le problème à sa plus simple expression. Ou tout du moins c’est ce qu’elle croyait.

Comment faire face à ce problème et surtout, est-ce la meilleure décision? Sans remise en question, c’est une ligne droite vers le mur. En cessant de regarder les choses avec un cadre fixe, en y ajoutant de la flexibilité, elle avait bon espoir d’arriver à se faire une nouvelle opinion des choses qui pourrait mieux servir ses intérêts et celle de ses nouveaux alliés. En tout cas c’était l’idée de base. Dans l’absolu, il était absolument impossible de dire si cela fonctionnerait adéquatement. Espoir était un mot qui lui venait en tête mais sans vraiment comprendre ou exprimer le concept, l’idée générale, ce n’était qu’un mot parmi tant d’autres. Ça aussi il faudrait qu’elle s’y habitue. À exprimer des choses parce qu’elle les ressentait, pas parce qu’elle les pensait pour une situation donnée. Elle avait du pain sur la planche mais cela ne semblait pas l’inquiéter.

Et puis, alors que Psylocke livrait ses conclusions, un discours pourtant fort intéressant, quelque chose d’absolument imprévisible se passa. Peut-être que c’était quelque chose dans les paroles de la mutante qui déclencha quelque chose, un cluster de données qui bogua ou assimilable mais quand Psylocke dit « je crois que tu dois vraiment chercher par toi-même ce que tu veux faire dans cette vie… et avec qui… » C’était comme si on venait de faire exploser une grenade flashbang dans la tête de Singularity. Elle poussa une exclamation de surprise avant de s’effondrer comme une masse, ses systèmes internes s’affolant, tentant de reprendre des repères et tentant de trouver une cause à ce problème et surtout, une cause. Tout cela s’était passé en l’espace d’à peine une ou deux secondes mais c’était bien réel. La question à se poser : qu’est-ce que c’était que ça?

Des images. Des fragments d’image pour être plus exact. Des messages d’erreur. Des alertes. Mais qui semblaient dater de plusieurs années en arrière. Elle n’arrivait pas à saisir les codes, déterminer le processus d’archivage. Quelqu’un lui avait déjà dit textuellement ces paroles. Avec la même formulation, le même découpage de phrase. Mais elle n’arrivait pas à déterminer qui et son système ne voulait pas coopérer, apparemment. Encore une mesure de sécurité? Un autre piège, une autre limitation? Combien de ces choses existaient en elle? Qui avait pu dire ces paroles pour que son système lui en refuse le souvenir? Était-ce quelqu’un qu’elle avait rencontré, l’un des sujets du projet… Ou quelqu’un au sein même du projet? Il faudrait se concentrer sur… Sur… Sur quoi au juste? Elle allait dire quelque chose oui? Quoi donc?

Elle s’était relevée sans s’en rendre compte et se demandait pourquoi Psylocke la regardait bizarrement. Est-ce qu’elle avait dit quelque chose de maladroit? Elle n’en avait pas le souvenir. C’était possible, elle s’habituait à peine à cette nature plus libre et moins ancrée sur les données statistiques. Non elle se souvenait qu’elle voulait poser une question. Elle se demandait… Elle se demandait comme PSylocke pouvait agir contre ce pourquoi on l’avait formé. Oui c’était cela. Psylocke avait été formée, conditionnée à l’assassinat et pourtant elle arrivait à faire montre de compassion et de sentiments plus humains. Sans doute y avait-il une leçon à tirer de cela. Et donc, sans le savoir, comme si elle était revenue dans le temps, Singularity demanda quelque chose qu’elle venait de demander avant qu’il ne se passe… Quoi au juste?


« Comment fais-tu? Je veux dire, pour agir contre ta nature. Tu as été formée pour être une sorte de super assassin, non? Alors la compassion, l’attachement… Comment arrives-tu à en éprouver quand une part de toi doit t’envoyer constamment des signaux d’alarme? Nous sommes deux dans le même corps avec un état de compromis au centre et c’est constamment le débat dès que je veux penser par moi-même.

Peut-on… Être? Sans avoir constamment à lutter contre des protocoles ou dans le cas des humains, une conscience? Ou est-ce que parce que nous sommes des êtres trop évolués, nous sommes incapables de faire simple. C’est comme la douleur. C’est une information mais combien d’êtres humains l’exagèrent alors que les animaux plus simples s’en accommodent si aisément? Est-ce que je formule mon propos clairement? »

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Elizabeth G. Braddock le Ven 13 Fév 2015 - 17:33

    Elle devrait vraiment arrêter de faire du social, surtout avec un élément aussi étranger et unique que Riley. Déjà qu’elle n’avait pas les meilleurs bases pour faire une socialisation avec les autres qui vivaient dans une normalité plus occidentale, aujourd’hui, Riley lui demandait un effort particulier d’expliquer sa vision, mais aussi plus sur l’humanité. Betsy avait découvert les complexités de l’être humain en restant surtout à l’Institut Xavier. Sans Kitty, sans Jean, sans Hank et sans de multiples autres noms, elle ne serait pas à ce sommet. Betsy avait trouvé une réelle raison pourquoi se battre dans cette grande école, une réelle raison et non une raison par nécessité. Pour elle, Riley n’avait pas de raisons réels raisons pour se battre, elle avait défini une raison particulière, mais sans y croire réellement. L’Institut Xavier pourrait l’aider mieux à la comprendre que la plupart des données ramassées depuis les dix dernières années.

    Les X-Men étaient une autre étape bien plus importante pour une intégration. Les ennemis affrontés, même les plus mineurs, ne pouvaient pas être affronté par des simples stratégies militaires. Il fallait faire preuve de cohésion et de stratégie hors des communs, en connaissant déjà ces coéquipiers et leurs capacités. Riley ne pouvait pas juste demander où se placer, elle devrait savoir où les autres vont se placer sans connaître la stratégie de base. Il avait des raisons multiples pourquoi personne n’osait attaquer directement l’Institut Xavier, connaître le terrain et savoir sur le système de défense pouvait être des arguments de poids, mais la cohésion entre les X-Men pouvaient faire pâlir de nombreuses organisations.

    Betsy essayait de faire comprendre cette force et cette intelligence à Riley. Elle voulait l’ouvrir sur une voix plus individuelle, mais elle était tombée sur de mauvaises directions en le voyant tomber comme un mur au sol. Betsy avait eu quelques craintes au début, mais Riley s’était levée très rapidement pour reposer les mêmes questions que la dernière fois. Ce n’était pas les meilleurs méthodes pour continuer, et cela avait donné un petit malaise à Betsy de poursuivre le dialogue avec Riley.


    « On va arrêté la discussion. Je t’ordonne d’aller voir Forge dans son laboratoire et Jean à l’infirmerie pour les prochaines heures pour des examens médicaux. »


    La discussion se terminait aussi rudement que les paroles de Betsy. Peut-être que cela pouvait affecter Riley, mais Betsy n’était pas non plus à l’aise de continuer ce grand dialogue entre les deux femmes. Il était primordial de s’assurer de la sécurité Riley avant de continuer à lancer de grandes discussions philosophiques sur l’idée de penser soi-même. Betsy donnait des ordres stricts pour cette situation.


    « Quand Forge et Jean vont m’assurer que tu vas bien, on va pouvoir reprendre notre discussion. »

    Elle ne faisait même pas dans un rappel ce qu’elle venait de voir, mais Riley peut bien voir une petite inquiétude de Betsy, malgré la sévérité utilisée pour donner les ordres, mais il était bien plus important de vérifier la situation de Riley que faire du blabla. En même temps, Elizabeth voulait aussi vérifier sa situation télépathique avec Charles.

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Re: Sur une autre époque (RIP)

Message  Invité le Ven 13 Fév 2015 - 22:40

Pourquoi couper court à la discussion si soudainement? Elle était en train d’assimiler un tas d’informations très intéressantes! Avait-elle dit quelque chose qu’elle n’aurait pas dû dire? Pourtant la formulation semblait correcte. Elle n’avait rien dit d’offensant ou de désobligeant. La réaction de Psylocke était pour le moins étrange… Voire alarmante dans un sens. Voilà en plus qu’elle lui donnait des ordres? Mais pourquoi? Avait-elle manqué quelque chose? Non. Selon ses bases de données, tout était encore en ordre. Le chronomètre indiquait le temps adéquat. Alors pourquoi cette réaction et pourquoi… Non. Ses sens ne la trompaient pas. Psylocke était inquiète. Au travers des mots, au travers du ton et de l’intonation, il y avait des signes qui ne trompaient pas. Psylocke venait de changer d’attitude en l’espace de quelques secondes.

Elle prit le temps d’analyser soigneusement ce que demandait la X-Woman. Forge. Elle savait qui il était et quels étaient ses pouvoirs. Et il fallait le dire : Singularity avait évité ce personnage comme la peste. Si elle ne faisait pas confiance aux télépathes, elle faisait encore moins confiance à quelqu’un capable de pirater des systèmes informatiques… Voire ses systèmes. Autant dire que l’idée d’aller le voir ne l’enchantait guère. Deuxième personne : Jean Grey. Une puissante télépathe. Plus encore que Psylocke, à en croire les bruits de couloir. Mais pourquoi des tests médicaux? Psylocke voulait-elle imposer le contrôle humain au corps, ramener Riley au premier plan? Pour quelle raison? N’avait-elle pas fait preuve de bon vouloir et d’ouverture d’esprit? N’avait-elle pas risqué sa vie pour permettre sa meilleure intégration chez les X-Men? Alors pourquoi?

C’était forcément un test alors. Sans doute pour montrer sa bonne foi aux X-Men. Psylocke voulait la déstabiliser. Voilà… C’était un test. Cette notion de confiance aveugle… Au fond la X-Woman voulait qu’elle affronte ce qui la répugnait le plus : la possibilité de voir l’humaine en elle contrôler ce qu’elle avait mis des années à bâtir et en même temps, se retrouver confronter à quelqu’un qui pourrait sans doute réécrire une bonne partie de ses protocoles contre sa volonté. Intéressant. C’était la confronter à la perte de sa propre identité au fond. Comprenant de mieux en mieux les émotions, elle détermina que normalement elle aurait dû avoir « peur » ou « être inquiète ». D’un point de vue pragmatique, c’était logique au fond de la confronter à ses peurs. Pour pouvoir affronter les autres, il faut s’être affronté soi-même. Très intéressant.


« Ordre reçu et confirmé. J’irai voir Forge et Jean Grey. C’est un test… Et je le réussirai. Je dois admettre que c’est assez fascinant comme façon de faire. C’est une version extrême du connais-toi toi-même de la philosophie grecque mais je sais reconnaitre le génie quand je le vois. Excellente idée. Merci quand même du temps que tu m’as accordé. J’ai appris énormément de choses aujourd’hui. »

Sur ces paroles, Singularity salua de la main Psylocke et partit en joggant jusqu’à l’Institut. Elle se rendit effectivement à l’infirmerie : Jean Grey ne détecta rien d’anormal. Dans son rapport, la X-Woman noterait que Singularity était dans une forme physique exceptionnelle et qu’aucun problème majeur (les X-Men sachant très bien que « l’anomalie » au niveau du cerveau était en fait l’intelligence artificielle organique de RIP) n’avait été décelé. Elle fut donc autorisée à quitter l’infirmerie. Cependant, elle ne se rendit jamais au laboratoire de Forge. Ce qu’il restait de programme parasite en elle, se sentant menacé, fabriqua de faux souvenirs à Singularity. Elle croirait donc avec toute l’honnêteté du monde y avoir été. La vérité, elle, était toute autre. Psylocke venait de mettre le doigt sur un problème qui ne se résoudrait pas si facilement…

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