La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

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La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Walter Jensen le Mar 23 Déc 2014 - 9:24

—New-York City, une ruelle sombre bien cliché, le lundi 22/12/2014, vers 22h30

Oui, alors, bon, ça devait pas vraiment se passer comme ça. J’avais tout prévu. C’était une amie d’ami, enfin, plutôt la petite amie d’un pote qui avait entendu d’une amie à elle qui le savait de son copain parce qu’il avait un peu mis son nez dans ce genre trafic, qui l’avait informé qu’il était possible que cette boîte, un peu glauque en passant, serve de couverture à un trafic de drogue. Bon, ok, il s’agissait juste d’entrer, de faire genre qu’on est intéressé, d’enquêter un peu, et finalement de trouver l’arrière-salle dans laquelle il y aurait surement un gros magnat de la drogue mal éclairé par des néons pourris, assis sur une chaise qui grince, avec un gros cigare en bouche, et deux molosses de chaque côté, qui rierait certainement d’un rire rauque en menaçant de défigurer quiconque passerait la porte. J’aurais donc pu me cacher pour enfiler mon costume, jusqu’alors bien roulé au fond de mon sac à dos qui porte d’ailleurs encore un trou suite à l’accident sur le parking de supermarché de la semaine précédente. Je serais revenu en superhéro pour tabasser les deux gardes du corps, puis attraper le big boss par le col, et il se serait même pissé dessus de peur, et se serait livré lui-même à la police tellement il aurait été rempli de remords. Tout était simple, tout était nickel, un plan sans aucun risque. J’allais forcément rentrer glorieux au Starbucks, et les autres de la Young Force seraient venu me poser plein de question et me demander des autographes. Peut-être même que Raven aurait souri pour l’occasion.

Je me mis à tapoter le pavé de mes doigts, ma tête posée dans mon autre main, coude au sol, alors que je sentais sur mon ventre que non seulement, mon Tshirt était remonté pendant ma chute, mais en plus, la pierre était sacrément froide en cette saison. A quel moment ça avait bien pu déraper ? J’étais bien entré dans la boîte, j’avais montré mon sac innocemment à l’entrée et le vigil avait pu voir que j’avais un simple truc qui ressemblait à un pull. Ensuite, j’avais commandé un verre pour faire discret. Ensuite, j’avais parlé à une fille au bar, et lui avais demandé où on pouvait trouver de la drogue. Elle avait souri et elle était partie, surement parce qu’elle était mal lunée aujourd’hui. Ensuite, j’étais parti sur la piste de danse où j’avais demandé à un groupe de jeunes si ils avaient de la drogue eux-mêmes, ou si ils savaient où on pouvait en trouver, mais ils n’avaient pas l’air mieux renseignés. Après, j’avais demandé au barman qui savait pas plus. Finalement, j’avais même demandé au vigile qui était au fond de la salle, devant la porte qui devait forcément mener au gros kaïd-cigare-néons-molosses-rire rauque, mais il savait pas et là, l’incompréhension totale : il était revenu avec son pote pour me foutre dehors. Il était clair qu’ils avaient deviné mes intentions et qu’ils voulaient me vider avant que je ne découvre le pot-aux-roses. L’un d’eux a essayé de me tracter par le bras, en vain, et ils ont fini par s’y mettre à deux pour me jeter littéralement dehors par la porte de derrière qui menait d’ailleurs dans une ruelle sombre, où la lumière des lampadaires peinait à pénétrer.

J’étais donc maintenant face contre terre, à réfléchir à un plan B. Je ne pouvais pas les laisser s’en sortir comme ça. La drogue, c’est mal ! Sauf quand c’est la marie-jeanne qu’on fume sur le toit du Starbucks, là, ça compte pas, on est des gentils, nous, on se fait pas de la tune et on rit pas d’un rire rauque, et on a même pas des néons qui marchent pas et des molosses pour faire nos basses oeuvres. Je me relevai péniblement et me dirigeai vers mon sac pour vérifier que son contenu ne s’était pas vidé par le trou.

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Maël Delenikas le Mar 23 Déc 2014 - 13:35


♦ " C'est comme une pute aux oscars " ♦
 ♠ Walter Jensen & Maël Delenikas ♠




L’électro grésille, les corps déchargent dans leurs effluves putrides, une odeur de sueur pour te chatouiller les narines, tu fais abstraction, un mouvement sec alors que l'alcool vient nourrir ta perdition. Affalé au bar tu joues du bout du doigt sur le comptoir, attends un autre nectar pour écorcher ton foie, pour enivrer tes sens et nourrir l'effroi. Sous tes yeux les cernes souligne le blanc injecté de sang, tu te lèves, titube légèrement avant même que n'arrive ton verre, tu l'as déjà oublié, là maintenant c'est autre chose que tu veux t'enfourner. Ta silhouette s'enfonce entre les corps décharnés, demeurés secouant la tête en des gestes effrénés au son d'un dj à chier. Un coup donné ci et là, du genou ou du coude pour passer, prenant bien soin d'enfoncer à ce qu'ils en est le souffle coupé. Ils avaient qu'à dégager au moment ou t'arriver. Et c'est sur le point d'exploser que tu pénètres dans les toilettes, les néons grésillent sur un fond d'odeur de pisse, t'as presque la nausée alors que tu t'accoudes sur le lavabo pour te regarder. Et en voyant ton reflet t'as qu'une envie, l’exploser. Tes doigts se crispent dans un pure réflexe alors que le déglutissement retentit derrière toi, ce bruit immonde de celui qui crache ses tripes, et tu souris en l'imaginant se noyer dedans. La colère refoule alors que va t'enfermer dans l'une des cabines pourries, prends soin de ne pas effleurer ne serais-ce que la poignet ou le loquet, le bruit s'arrête dans celle d'à coté, apparemment il a finit de gerber.

Et c'est d'un geste aussi lourdeau que précis que tu extirpes le sachet immaculé de la poche de ta veste en cuir, un mouvement du poignet et la poudre tombe sur ta main en une lignée presque parfaite. Tu fais de chichis alors que t'approches ta narine d'un mouvement lent, aspires la traîné dans une monté d'euphorie. Les effets ne tardent pas alors qu'après quelques minutes tu te sens bien. Tu sors de ta cage graffité, l'espace d'un instant dans ton reflet tes yeux brillent de bestialité. Un mouvement sec de la main pour essuyer les potentiels reste salissant ton nez, tu renifles fortement avant de faire couler l'eau du tuyau rouillé, une giclée d'eau sur le visage pour te revigorer, un sourire presque carnassier alors que tu croises ton propre reflet. Tu te sens mieux, tellement mieux que t'aurais presque envie d'aider le pauvre type donc seul la respiration retentit au rythme du grésillement des néons. Presque alors que tu passes ta route pour retrouver la boîte miteuse et ses habitués aussi débauchés que demeurés. Tu laisses le son t'emporter alors que tu te mêles aux corps avec une grâce jurant avec ton état de déchéance, tu laisses la musique pénétrer ta peau et tes membres, tu les laisses t'emporter sur une transe qui te plait.

Tout simplement oublier.

Un oublis avant l’intérêt alors que retentit à ton ouïe cette phrase qui renoue le contact avec la réalité, tes yeux s'ouvrent dans un éclat bestial alors que ton regard vient trouver l'auteur de cette question qui t'as fais plus que marrer. Une lueur d’intérêt alors que tu détailles son corps entrant déjà en mouvement, l'étrangeté introduite en ses lieux alors qu'il jure avec tout ce qui les constitue, comme une pute de boulevard sur le tapis rouge des oscars, et c'est ce simple fait qui te plais, attise ta curiosité alors qu'en toi elle semble s'éveiller dans un doux ronronnement. Prédation. Tu lui emboîtes le pas, te faufilant entre les corps dansant, poupées désarticulées, catins et drogués, alcooliques et jeunesse dépravé. Tu détailles ses mouvements, lâche tes sens dans une pulsion, te concentrant sur cet inconnu des plus inconscients, certainement très con, apparemment aussi con qu'il est canon alors qu'il va jusqu'à pousser sa débilité congénitale à aborder le videur pour réitérer sa question.

Il t'agace autant qu'il te fascine, et quand les gorilles débarque c'est d'un amusement presque malsain que s'éclaire ton sourire, tu veux voir ce que peut bien donner cet étrange scène qui t'as été donné, comment cette tâche dans le décor avec ses airs de premier va bien pouvoir s'en tirer.
Alors tu les suis en gardant une distance raisonnable, prédateur latent alors que tu te faufiles par la porte de secours qu'ils ont emprunté. Une ruelle sombre, que c'est cliché. Et dans les ombres tu te glisses tel un de ses enfants, t'adosses prêt de la ben pour observer alors que tes yeux ne sont plus humain dans leur émeraude luisante dans l'obscurité.

Il mord la poussière en une volée. Tu soupires, presque qu'agacé par tant de déception et de lâcheté. L'espace d'un instant tu as presque oublié à quel point tu haïssais le genre humain, et c'est tel une catin hystérique que ton rire éclate pour troubler le silence alors que tu te redresses lentement, nonchalant, ce sourire étrange parant ton visage à la beauté décharnée, bousillée. Ta voix claque teintée de sarcasmes.

" T'as pas choisis le bon endroit pour essayer les choses de grand.
On est pas dans ton lycée où il suffit de demander pour se procurer.
A vrai dire, y'a certainement que dans ton lycée que demander comme un abruti au premier qui passe ne risque pas de te faire tuer. "


Les gorilles te dévisagent sans trop comprendre ce que tu fous là, et c'est comme si le canon aux rides d'avoir trop souris comme un teubé s'était totalement éclipsé de ton esprit que ton regard se fixe sur eux pour effacer tout sourire.

" Qu'est-ce qu'il y'a boso, tu veux ma photo ?

Vous savez je me suis toujours demandé ce que les types comme vous cherchez en faisant les chiens gardes devant une porte pour tabasser au premier ordre donné. Vous savez quand même que c'est pas un vrai métier hein ?

C'est parce que votre papa vous tapez ptits, ça vous fait sentir puissant c'est ça ?
Ou alors c'est peut-être parce que toutes vos meufs se sont tirés du jour au lendemain, avouez c'est ça, en fait vous êtes juste tellement dalleux qu'il vous suffit plus que de cogner pour bander. "


Oups t'as peut-être trop abusé.
En fait nan, c'est exactement ce que tu voulais, ca faisait longtemps que t'avais pas autant jubilé.
Allez let's play bébé.
♦ ♠ ♦ ♠

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Walter Jensen le Mar 23 Déc 2014 - 15:24

Un rire. Qui rit comme ça ? On se moquerait pas un peu de moi ? Oh, je sais, c'est le fameux magnat de la drogue ! J'avais raison : la porte arrière, les lumières pourries, les deux molosses et le big boss. Sauf que pour le big, faudra repasser : ce mec n'est pas vraiment impressionnant. Cependant, en approchant, je pouvais deviner un visage marqué, pas marqué par l'âge, mais marqué par la vie, le genre de visage qui dit "j'en ai chié, et je me suis blindé pour pas que ça recommence", le genre de visage qui donne envie de le prendre dans ses bras et de lui dire que ça ira, que tout va s'arranger, et qu'il ne faut pas se fermer comme ça, que chut, qu'on sera là pour lui, que... Mais je divague, ce jeune homme avec son charme de mauvais garçon vient me faire la leçon, me rappeler ma place. J'avais envie de lui répondre que d'une, j'étais plus au lycée, et que de deux, il serait surpris de découvrir tout ce qu'on peut obtenir en demandant poliment et avec un sourire, mais pour être honnête, je réalisais que ces phrases n'étaient ni percutantes, ni constructives, et que dans la situation actuelle, j'avais devant moi la preuve qu'effectivement, ma méthode d'approche était peut-être à revoir un petit peu, pas grand chose bien sûr, mais de ces petits détails qui font la différence entre l'échec et la réussite. Bon, ok, je m'étais planté, voila, vous êtes contents ? C'est ce que vous vouliez lire ? Cyniques !

Apparemment, j'étais pas la seule cible dans sa ligne de mire de sarcasmes puisqu'il se tourna vers les deux vigiles pour les enchaîner à leur tour, et finalement, j'étais plutôt satisfait de ce que j'avais pris, carrément soulagé, presque reconnaissant, même. J'écoutais ses paroles en retenant un sourire, et en même temps, j'étais un peu inquiet qu'il aille trop loin, et tentais de m'approcher et de lui mettre une main sur l'avant-bras pour lui signifier d'arrêter, mais il était évident que c'était peine perdue. Je vois les poings des gorilles se serrer, j'essaye à nouveau un geste pour apaiser la situation, je souris nerveusement aux vigiles en me grattant l'arrière du crâne de nervosité, j'ai envie de dire "il plaisante, bien sûr", mais ça ne sort pas. J'attrape le poignet de l'inconnu et j'essaye de le tirer délicatement pour qu'il me suive, mais non, il est lancé, il a trop d'inertie dans ses paroles, il va trop loin, je le vois, je le sens, je le sais. Un léger hochement de tête d'un des videurs s'accompagne d'une pression dans ses phalanges qui blanchissent, c'est un appel qui ne peut pas être manqué, son poing part.

La solution est évidente, je ne dois pas intervenir. Mes parents me l'ont suffisamment ancré dans le crâne pour que je sache éperdument qu'il ne faut surtout pas faire la démonstration de ma différence, surtout sur des humains normaux, plus fragiles que moi, et surtout avec les tensions anti-mutantes qui planent dans la société actuelle. Je n'ai pas besoin de me poser de question pour savoir que je dois laisser ce poing continuer son trajet jusqu'à percuter le visage de l'inconnu, qui, avouons-le, l'a bien cherché. Je dois les laisser le mettre à terre, le tabasser pour lui apprendre que l'ordre des choses, c'est eux qui sont l'autorité, et lui qui n'est qu'un vulgaire paumé dans cet univers de manipulations et de pouvoir. Ce n'est pas ma responsabilité de m'occuper de lui, ce n'est pas ma faute s'il les a provoqués, et ce n'est pas ma faute s'il se fait frapper. Ce n'est pas à moi de le protéger, il est grand, comme il me l'a dit, il doit assumer les conséquences de ses actes. Je regarde surpris ma main qui sert fortement l'avant-bras du vigile que j'ai malgré moi saisi au vol.

-Ne le touchez pas.

Je ne suis pas énervé, pas en colère, je n'ai rien contre eux, mais je ne souris plus. Je refuse que cette grande gueule se fasse frapper ce soir, pas là, et pas devant moi. Il y a de la beauté dans cette rebellion qu'il mène contre l'oppression. Je ramène lentement le bras du videur devant lui pour qu'il comprenne que j'ai la force pour le contraindre encore plus si nécessaire. Son collègue m'envoie un coup que je n'esquive pas, trop étonné que je suis de ma propre réaction. Ca fait un peu mal, c'est vrai, mais au vu de sa surprise et de la façon dont il se tient la main, il vient de se rendre compte qu'il a à peu près percuté un tronc d'arbre. J'avoue que je ne sais pas quoi faire. S'ils sont mutophobes, ils ne vont clairement pas s'arrêter là. Et s'ils sont armés ? S'il y a réellement un cartel de la drogue planqué dans cette boîte, combien de personnes peuvent sortir de cette porte derrière eux ? La situation me dépasse. Toujours sans sourire, je regarde l'inconnu en attente du moindre signe. Force est de reconnaître qu'il connaît mieux ce genre de situation que moi.

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Maël Delenikas le Mar 23 Déc 2014 - 16:05


♦️ " Amusement " ♦️
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Vaguement, l'espace d'un instant c'est comme si un truc sur ton bras avait tenté de te tirer. L'espace d'un instant, vaguement, trop lancé dans ta vendetta sans sens pour te rendre compte de quoi ce soit. Vaguement, l’espace d'un instant, il t'as semblé qu'on avait tenté de te bouger. Les mots grinçant cessent leur flot immonde, la fureur abonde alors que le poing part en direction de ton visage, visage qu'il n'atteint pas alors que tu prends conscience qu'une main l'a stoppé dans sa lancée. Sur le moment c'est comme si tout se brouiller en toi, la stupéfaction d'un geste alors que ton regard vient vriller d'un air totalement hébété ta cible précédente. L'exaspération qui lui succède alors qu'au final il vient de rompre toute jubilation dans cette recherche de l'agression. L'amusement alors que les mots retentissent pour s'infiltrer dans tes oreilles, tu serres les dents, te pinces les lèvres en retenant ta respiration. Là maintenant, t'as qu'une envie, c'est rire, rire jusqu'à en crever. Tu dois halluciner, t'as encore trop abusé, c'est l'alcool et la coke qui te font disjoncter, ouais c'est ça tu dois rêver. Un geste presque risible pour te frotter les yeux, comme si cela pouvait tout changer, ramener la réalité. Il est toujours là, serrant le gorille attardé avec une facilité des plus déconcertante, tas de muscle décérébré.

Mais les faits sont là, tu ne rêves pas, tu te retrouves dans la peau de la demoiselle en détresse, toi. Ton rire éclates alors que tu te plies sous la violence de son impulsion après l'avoir retenue trop longtemps. Un rire macabre, presque bestiale alors qu'il semble cracher sa haine d'un simple son rauque et strident. Tu peines à te ressaisir, junkie attardé alors que le deuxième gorille passe à l'assaut et que tu ris de plus belle, comme un dément alors que tu discernes du coin de ton oeil humide par le fou rire le visage déconfit du gorille pas si aguerri. Le coup pour t'achever alors que tu croises la mine déconfite et ce regard étrange que la victime devenue ton "sauveur" te regarde avec insistance, comme perdue dans un néant sans nom. C'est trop, tu tombes au sol pour te plier en deux, bien incapable d'arrêter ce rire qui s'extirpe de ta gorge comme un flot dément, aussi dément qu'agaçant, grinçant, strident.

Et en toi tu la sens, elle rit avec toi alors qu'elle gratte, qu'elle tente de s'extirper pour assister elle-même au spectacle. Un bruit de porte qui claque pour te tirer de ta crise d'épileptique junkie hyperactif fou à lier. Tu peines à reprendre ta respiration alors que tu te redresses lentement, tel une poupée de chiffon au moment où deux autres gorilles franchissent la porte, alerté par ton rire de hyène attardée.

Elle émerge.

Déjà le poing d'un autre truc humanoïde blindé aux stéroïdes vient tenter de fracasser le prince charmant, tu réagis dans l'instant, réflexes fulgurant alors que le sang suinte du bout de tes doigts, que ta main vient se fracasser contre le visage de l'agresseur, le stoppant en pleins mouvement alors que tes griffes lacèrent la chaire en une traînée écarlate. C'est bien beau de sauver l'orphelin et la catin, mais parfois il arrive qu'ils ne soient pas humains. Plus humains. Le quatrième singe s'arrête en pleins mouvement, mine déconfite face aux râles d'agonie de son copain. Tu n'attends pas, ne réfléchis pas, et sans céder à cette envie de carnage qui bouillonne en toi tu saisis le bras de ton sauveur pour le tirer en avant dans un réflexe qui te surprends toi-même. Pourquoi tu ne laisses tout simplement pas là ?

Tu deviens vraiment taré, maintenant il suffit de t'amuser pour que tu aides le premier venu à se carapater. Mais au fond c'est toi le gamin n'est-ce pas ? Trop curieux et capricieux, jaloux et pourtant incapable de poignarder un abruti qui t'as aidé. Sur le coup tu ne réfléchis même pas au fait qu'il t'as pourtant vue dans ton inhumanité, parce qu'au fond tu t'en balances alors que tu cours en l'entraînant avant de le pousser dans l'ombre d'une ben au détour d'une ruelle avant de te jeter sur lui et de plaquer ta main sur sa bouche pour éviter qu'il cri. Sais-t-on jamais, précaution est mère de sureté, tu ne dis rien alors que tu les entends, les pas se précipitant avant que leurs silhouettes ne passent devant votre cachette en courant, nombre doublé alors que les renforts ont été rameuté. Un sourire qui né, cache cache a toujours été un de tes jeux préférés.

Et alors que dans tes oreilles les sons de la course se meurent tu desserre ton étreinte sur sa bouche alors que les griffes viennent se reloger dans ta peau, que l'excitation décline et que la bête la suit. Un simple sourire, franc et abruti alors que tu déclares comme un enfant après un loup haletant.

" Ca faisait longtemps que j'avais pas autant ris. Tu t'appelles comment ? "

Dans le fond je crois que tu l'aimes bien.
Spoiler:
Alors je me suis permis pas mal de libertés, si y'a un soucis ou que ça va pas hésites surtout pas et j'édite Wink
♦️ ♠️ ♦️ ♠️

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Walter Jensen le Mar 23 Déc 2014 - 18:05

Je m'attendais pas à une fanfare de remerciement avec grosse caisse, cymbales, et majorette, mais quand même, je m'attends à quelque chose qui s'apparente un peu plus à de la reconnaissance. Cette crise de fou rire était surréaliste. Je suis resté interdit. Et puis, ce rire avait quelque chose d'inhumain, d'animal, même. Un rire qui me parcourait le dos de frissons. Ce mec était clairement dérangé. Qu'avait-il pris ? Que voyait-il de si drôle ? J'aurais bien poussé l'interrogatoire, pour pas rester à l'écart de cette merveilleuse blague, mais son rire avait alerté d'autre videurs. Combien ils en avaient exactement dans cette boîte ? J'étais prêt si besoin, espérant qu'ils n'étaient pas armés, et je relâchais mon emprise, prêt à réagir. Mais réagir, c'est en réponse, et clairement, ce n'était ni moi ni eux qui allions ouvrir ce débat.

De protégé à agresseur, l'inconnu avait bondi comme une furie sur l'un des deux renforts, lui lacérant le visage du bout des doigts. Il fallait que je l'arrête, je ne pouvais pas le laisser faire ça, on ne tue pas les gens sans raison, enfin, sauf quand ils sont vraiment vraiment très méchants, mais là, c'est que de simples videurs. Je tendais un bras pour l'attraper par l'épaule, l'arrêter, tenter de le ramener à la raison, mais il s'en saisit pour m'emporter au loin. Je ne luttais pas, je me laissais guider par cet inconnu, dans les ombres de la nuit. J'espérais sincèrement deux choses : la première, c'est qu'il sache bien ce qu'il était en train de faire, et la seconde, que le videur qu'il avait agressé ne meure pas de ses blessures. C'est une chose de corriger les mécréants, mais c'en est une autre de leur ôter la vie. Il était rapide, très rapide, trop rapide pour être un simple humain. Il me plaqua contre un mur, dans un recoin, et la main sur la bouche, m'empêcha de prononcer un mot. Je me demandais s'il voulait me tuer, s'il me voulait du mal ou du bien. J'avais peur, non pas qu'il me fasse du mal, je ne l'en croyais pas vraiment capable, mais plutôt parce qu'il était incohérent et imprévisible. Rien ne me garantissait qu'il n'allait pas attaquer le premier inconnu qui passe, ou qu'il n'allait pas se trancher la gorge dans la seconde suivante. Je le regardai de mes yeux écarquillés et je vis derrière lui des ombres passer rapidement. Quand il me libéra la parole, je n'avais pas envie de crier, ni de parler, je gardais mon regard plongé dans le sien, attendant le moindre signe de son état. C'est là que ce que j'attendais le moins sortit de sa bouche, une phrase trop innocente, presque insolente de douceur après ce qui venait de se passer :

" Ça faisait longtemps que j'avais pas autant ris. Tu t'appelles comment ? "

Ma première idée était de le plaquer contre le mur, ma main contre sa gorge, et de lui faire ressentir la pression de ma force, lui faire ressentir qu'il ne pouvait rien contre moi et que j'avais le dessus, qu'il était à ma merci, puis lui demander d'une voix froide et grave : "T'es quoi ? Tu veux quoi ?". Finalement, j'ai juste sorti un timide et soupirant :

-Walter... Et toi ?

Quel étrange personnage, insondable, inaccessible. J'avais de la compassion pour lui, de la peine, et quelque part de l'admiration dans la faculté qu'il avait de relever les barrières et de se libérer de tout ce qui nous entrave au quotidien. Sa folle rébellion, seul contre le poids de la société, c'était beau. Désespéré, mais beau. Désespérément beau en fait. Je regardai ce visage perdu, et je laissai finalement ressortir mon sourire, lui posant une main derrière la nuque.

-Tu es fou, tu vas te faire tuer un jour.

Je regardai rapidement à droite et à gauche, voir si quelqu'un revenait, mais personne. On pouvait se relever, mais je préférais rester un peu dans ce coin, invisible au reste du monde, absent, dans un cocon juste à nous.

-Montre-moi ta main.

Je posai la pulpe de mes doigts sur les siens, et une douce lueur dorée cicatrisa instantanément ses petites plaies qui avaient laissé sortir ses griffes. Je lui fis un petit sourire, c'était juste ma façon de dire : j'en ai pas vraiment rien à foutre de ta gueule.

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Maël Delenikas le Mer 24 Déc 2014 - 5:11


♦ " Mascarade " ♦
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Tu rêves où il vient de poser sa main derrière ta nuque, comme pour caresser un clebs ? Oui c’est ça, tu dois halluciner, ce Walter te fais passer de la demoiselle en détresse au clebs. Tes yeux s’écarquillent en une expression de dépit, ouais c’est ça t’es dépité. Fou ? Tuer ? Si seulement. Ton dépit devient sourire face à cette pensée, ton cerveau en dysfonctionnement total par tout ce qui pollue ton corps.

Ta main, pourquoi ta main ? Et ton sourire disparait alors que d’un simple touché les légères plaies du bout de tes doigts se résorbent comme si elles n’avait jamais existées.
Tu comprends mieux soudainement, il n’était pas humain, comme toi, quelle folie d’avoir cru qu’un humain serait intervenue, qu’un humain au pu faire preuve d’autre chose que de la lâcheté face à ces macaques bodybuildés.

Tu soupires, soupires puis souris avant de finalement lâcher d’une voix rauque.

« Maël. »

Tu le dévisages longuement, il a quoi à te sourire comme un débile ? Et ce sourire, il s’est pris pour Colgate où ca se passe comment ? C’est bon on sait que t’es canon, mais là t’en fais trop garçon. D’un mouvement sec tu dégages sa main de ta nuque, il a de la chance, t’aurais pu le défigurer pour moins que ça. En vrai tu sais que non, pas après ce qu’il avait fait, parce que au fond ça fait du bien, un bien fou d’avoir le droit à un sourire, d’avoir le droit à de l’intérêt, fut-il de la part d’un jeune premier. Ca fait du bien d’exister, d’être regardé comme autre chose qu’un dément. Comme autre chose qu’un mutant, comme une personne, une vraie, un humain.
Mais t’es pas comme ça, t’as besoin d’agresser, parce qu’il est hors de question que ce type sortie tout droit d’une couverture de Têtu puisse croire qu’il te fait de l’effet, qu’il provoque autre chose qu’une indifférence banale.

« Et toi dont. Savez-vous où je peux trouver de la drogue ? Sérieusement ? T’as cru qu’on été chez les bisounours où ça se passe comment ? Et puis mec, j’ai jamais vue un mec faisant aussi tâche dans le décor. Tu connais la notion de « se fondre dans l’environnement » ? T’arrivera jamais à rien dans ce genre d’endroit si tu débarques avec tes cheveux impeccable, ton sac à dos Dora et ta bouche en cœur, a part te faire plumer, d’ailleurs t’as pas dix dollars j’ai faim ? »

Tu serais bien resté là à papoté dans des relans d’odeur de poubelle et de SDF macérés dans leurs jus, mais ailleurs c’est bien aussi, ouais vraiment mieux, et puis tu commences à avoir la dalle, et c’est jamais bon quand tu commences à avoir trop la dalle, pour tout le monde, parce que quand ca devient trop important il peut t’arriver de mâchouiller légèrement des gens, et ça serait quand même dommage de mâchouiller bouche en cœur, tu t’en voudrais, pendant quelques minutes au moins, alors tu commences à marcher comme si il allait forcément te suivre, parce que de toute façon t’es trop génial, te payer à manger c’est un peu un cadeau que tu lui fais.

« Et sinon ça t’arrives souvent de joueur aux supers héros ? T’as pas d’instinct de survie où t’es juste un peu teubé ? T’as conscience que y’a des gens qu’on peut pas sauver, qui veulent pas être sauvés ? »

Et tu braques ton regard noisette dans le siens, dans ton organisme ton sang se purifie lentement, et sur le coup tu ne peux quand même pas t’empêcher de penser, que tu te le ferai quand même bien le jeune premier, en plus il l’air pd.
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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Walter Jensen le Jeu 25 Déc 2014 - 13:31

Ca finit toujours comme ça... On veut toujours quelque chose de moi... Mais d'habitude, on me propose plutôt de me payer. Là, c'est un peu inattendu. Pendant quelques secondes, je me suis dit que c'était du racket, mais au fond, il me fait trop de peine pour que je lui refuse sa tune. Il a peut-être réellement faim. J'ai jamais manqué de tune, alors je sais pas trop ce que ça peut être d'être en rade... Je sors mon portefeuille, et je l'ouvre pour en tirer un billet de 10, que je lui fourre dans la main.

-Mais tu fais quoi exactement pour 10 bucks ?

Je souris pas plus qu'avant, j'ai pas envie de lui laisser comprendre si je suis sérieux ou pas. Il s'est retiré de ma main, de manière assez sèche. Je serais susceptible, je l'aurais mal pris, comme un refus, comme un rejet, comme si on m'avait craché au visage. Mais là, je m'en fous un peu. L'animal sauvage veut se montrer farouche, c'est son truc. Surtout ne pas se laisser domestiquer. Il prend ma tune, il s'en rend pas compte, mais il est déjà en train de se laisser approcher. Ça me rappelle ces goélands qui avaient pris l'habitude de suivre les bateaux de pêche pour récupérer les poissons rejetés par les pêcheurs. Quand l'activité a été réglementée plus sévèrement, ils se sont laissés mourir parce qu'ils savaient plus comment attraper leur poisson eux-mêmes. T'es beau, mon petit animal sauvage, mais tu crées toi-même ta dépendance. Je me demande si tu vas revenir frapper à ma porte à chaque fois que je te filerai ta gamelle... Je me relève et je le suis. Il ne fuit pas, c'est donc qu'il est pas si farouche qu'il veut le faire croire.

-Et t'aurais fait comment, toi ? Tu te serais shooté avant pour faire plus crédible ? Tu serais étonné de découvrir combien de personnes sont enclin à te rendre service quand tu leur demandes poliment.

Jouer aux superhéros. Oui, j'aimerais bien, mais je sais pas comment ils font pour avoir leurs tuyaux, moi, je me balade dans la rue et je vois rarement de l'injustice autour de moi. Si, parfois, je vois des chauffards écraseurs de boîtes de conserve, mais sinon, c'est plutôt calme la vie. Comment ils font les Vengeurs pour arriver à trouver des missions commando de malade ? Ils doivent avoir des satellites espions partout. Faudrait que j'en parle à Ethan. Il nous faut des satellites espions à nous aussi !

-Je suis au courant que je vais pas changer le monde, mais je veux pas me retourner en me disant que je vis dans un monde pourri et que j'ai rien fait pour le rendre différent. Je veux pas critiquer quelque chose et le cautionner en même temps, je trouve ça absurde.

Il a été plus que franc avec moi, alors je vais lui retourner l'attention. Y'a pas de raison que je lui apporte pas mes lumières, moi-aussi.

-Les gens qui veulent pas être sauvés, tu parles de toi, là, c'est ça ? T'aimes bien te laisser croire que t'es une cause perdue et que rien ne pourra te tirer vers le haut. Ca renforce ton sentiment de désespoir, et ça te déculpabilise. Tant qu'à être au fond du trou, autant tout faire pour y rester, non ? Et puis, tu peux pas échouer, vu que tu tentes même pas. Ca te soulage au fond. Tu te décevras pas. Alors tu rejettes tous ceux qui veulent t'aider et tu t'enfonces un peu plus, espérant que ton pessimiste te protègera des mauvaises surprises. Tu fuis ton malheur, et en même temps, tu fuis ton bonheur.

J'en aurais presque un orgasme tellement je trouve que ma philo de comptoir déchire sa mère dans le sens de la longueur ! Putain, on dirait que j'ai réfléchi des années sur le sens de la vie. Bon en vrai, c'est un résumé d'un truc de Spinoza, j'avais invité l'intello de la classe à boire un verre pour un pari, et elle m'avait saoulé avec sa passion pour la philo, du coup, pour pas m'endormir, j'essayais de me répéter ce qu'elle disait dans ma tête. Apparemment, j'en ai retenu des choses, yeah ! Je suis trop fan de moi !

-Quand t'en auras marre de passer à côté de ta vie et de rejeter tous ceux qui te veulent du bien, hésite pas à me faire signe, ça me fera plaisir de te redécouvrir.

C'est vrai que j'ai pas envie de l'abandonner là, parce que même si j'ai pas démantelé un réseau de stupéfiants, j'ai quand même l'occasion de faire quelque chose de juste avec lui. Mais oui, il a raison sur un point, y'a des gens qu'on peut pas sauver contre leur gré, on peut leur tendre la main, mais on peut pas les forcer à la saisir, et ça, même Carol Danvers doit être capable de le comprendre... A force de papoter, on se retrouve plus près des grands axes et dans quelques secondes on sera à nouveau sur le boulevard. Est-ce qu'on continuera à se parler ou est-ce qu'on jouera aux étrangers ? Je le laisse décider.

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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

Message  Maël Delenikas le Mar 24 Fév 2015 - 17:50


♦ " Mascarade " ♦
 ♠ Walter Jensen & Maël Delenikas ♠




Le billet se serre dans ta main avec un sourire enfantin, comme ces gamins qui voient leurs vœux exaucés sans avoir à quémander. Et alors que la question tombe tu le dévisages avec un élan d'incompréhension, comme si la question ne valait même pas la peine que t'y réponde, on peut faire pleins de trucs avec dix bucks, il a fumé quoi ? T'as envie d'un kebab, voir même deux, ouais deux kebab c'est bien et même si tu ne le montres pas, le fait que l'inconnu t'emboîte le pas te tire une étrange satisfaction, en fait t'es même content. Ca c'est ce qu'on pouvait appelé une soirée de merde devenant bonne, très bonne même, puis la question tombe, avec un air limite acerbe, alors tu te retournes tout en continuant à avancer à reculons, comme si c'était normal, mais surtout parce que c'était kiffant, ultra kiffant même.

" J'ai pas besoin de me shooté pour avoir l'air crédible. "

Et c'est une mimique gestuelle partant du bas vers le haut de ton corps qui accompagne tes paroles avec un léger sourire de mépris, le genre de mimique qui veut tout et rien dire, le genre typique de geste, regardes-moi pas besoin d'être junkie je le porte sur moi, par contre toi, faudrait quelques cours de camouflage, des fringues au maquillage. La fin de sa tirade te tire un pseudo rire assez sarcastique.

" Parce que vendre de la drogue c'est rendre service ? "

T'avais pas envie de rentrer dans le détail, ça servait à rien, et puis surtout pas marrant, il était plus marrant tout à l'heure, là il devient chiant et ca t'agaces, parce que du coup ca t'ennuie, et t'as horreur de ça. Mais le pire c'est que t'avais pas finis alors qu'il commence sa tirade sur le fait d'être sauver. D'instinct tu te retournes pour marcher correctement, piètre tentative de fuite de conversation si il en était, terrain glissant où tu t'étais toi-même aventuré, alors tu ne dis rien, continues à marcher en serrant les dents, tu jugerai même avoir laissé échapper un grognement agacé. C'était quoi cette psycho de comptoir ? Sérieusement, il était sérieusement en train de tenter de te psychanalyser ? Il termine enfin et tu laisses échapper un bâillement savamment exagéré. Premièrement parce que tu ne voulais pas relever, secondement encore moins en parler, troisièmement parce que rentrer dans le jeu aurait gâcher cette si belle soirée et que vue sa dernière phrase il était à deux doigts de s'en aller, sauf que dans le fond t'avais pas envie qu'il te laisse aller. Alors c'est avec un naturel déconcertant comme si tu n'avais rien écouté que tu ralentis pour se placer à son niveau, ta main passant par dessus son épaule sans pour autant arrêter d'avancer.

" J'ai envie d'un kebab. Ca te dit un kebab ? Tout le monde aime les kebabs. Ouais c'est bien ça un kébab, j'en connais un bien pas loin, par contre faut que tu commandes, on est un peu en froid lui et moi en ce moment, tiens regardes on y est déjà."

Et avec un sourire provoquant tu déposes le billet dans sa main avec un regard mutin.

" C'est moi qui paye. "

C'est vrai que t'étais pas le genre à laisser le choix, du genre même carrément insupportable, mais en vrai t'étais sur qu'il te lâcherait pas, il l'aurait fait bien avant sinon, et c'est sans te soucier de qui que soit qu'en attendant tu t'assoies sur le trottoir quelque mètres avant l'enseigne, histoire que le gérant ne puisse pas te voir et venir te courser, là t'avais un peu la flemme de jouer. Alors t'observes les gens en bougeant tes genoux comme un épileptique en sursit, ça fait à peine deux minutes qu'il est entré et t'en as déjà marre en vrai, alors tu grognes et finit par sortir une petite boîte de ta veste en cuir abimée par les années, que tranquillement tu fais tes petites affaires en pleine rue avec ta poudre blanche devant des regards indifférents ou choqués, plus indifférents que choqués, les SDF et les camés, pour les gens y'avait rien de bien extraordinaire dans les bas quartiers. Un doigt sur ta narine et t'inspires comme si ta vie en dépendait, ce qui était en fonction de la vision que l'on avait plus ou moins vrai avant de lâcher un soupire de satisfaction, vite suivit d'un soupire d'exaspération alors que le premier est toujours aux abonnés absents. Ton regard se perd sur la rue et les passants avant que quelque chose n'attire ton attention avec un sourire carnassier. Agilement tu te lèves comme un prédateur à l'affut alors que l'espace d'un instant tes yeux ont vacillé sous l'effet des stupéfiants.

Dix minutes plus tard c'est comme un taré que tu dévales l'avenue en courant, tu peux le voir le jeune premier te cherchant du regard, pile dans le timing alors que tu l'entraine par le bras au passage, les cris furieux s'élevant derrière toi alors que dans ta main droite la bouteille de whisky laisse perler sa couleur ambré sous les éclairages publiques.

" T'as la bouffe ? On se casse !"

Ouais, bon okay, t'avais volé, mais en même temps l'autre avait qu'à pas se pavaner avec sa bouteille alors que t'étais à proximité.
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Re: La nuit, tous les chats sont gris, sauf les panthères qui restent noires quand même (Maël Delenikas)

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