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Message  Neil Rasmussen le Jeu 3 Oct 2019 - 16:43

Là où je vis en ce moment, c'est la misère. Le travail précaire, les fins de mois compliquées, les mecs qui passent leur temps à zoner et à boire. Quand il y a la misère, on trouve de la frustration, de la violence et de l'ennui, beaucoup d'ennui. Et l'ennui, ça amène à créer des drames avec des problèmes à la con. Des drames, il y en a tous les jours ici. Faut bien trouver à se dire qu'il y a plus grave que le fait d'être bloqué sans espoir de monter tout en bas de l'échelle sociale. Franchement, c'est déprimant. Parfois, je me dis qu'il faut vraiment que je me tire d'ici. Puis, je me rappelle que, moi aussi, j'ai pas assez de fric pour ça et que je suis en cavale. Alors, je me dis qu'ici, c'est pas si pire. J'ai un toit, j'ai une nana, même si je crois qu'elle commence à se dire que j'aime un peu trop m'attirer des problèmes. Mais bon, c'est pas ma faute. Je m'adapte. Et j'ai pas l'intention de me calmer pour notre non-avenir ensemble. Parce que, quand je me dis que je suis pas si mal ici, je pense à tout ce qu'il s'y passe, à tout ce que je pourrais faire pour passer le temps, moi aussi. Et je pense aux plus gros faiseurs de drame qui ont pas l'air de s'être pris assez de raclée dans leur vie. Aujourd'hui, c'est encore un jour sans taff, parce que je n'y suis pas allé. Peut-être demain. Je m'en fiche, de toute façon, ils ont toujours besoin de main-d’œuvre.

Il y a une histoire qui me travaille. Un nouveau drame. Un type qui s'est planté en moto il y a deux jours. Je le connaissais, il était du quartier. Il a frôlé la mort. Vous me direz, ça arrive. Sauf que des rumeurs ont commencé à circuler comme quoi il s'était tapé la copine, enfin, l'ex copine, d'un mec qui bossait justement comme mécanicien dans un garage de motos. Et, de ce qu'en avaient rapportés les témoins, il avait pas fait d'entorse au code de la route. C'était plutôt comme s'il avait perdu le contrôle de sa moto au dernier moment. Du coup, je suis allé le voir à l’hôpital pour lui poser la question. Il m'a confirmé ce qui se racontait. Il m'a confirmé le nom du type aussi. Et il m'a demandé pourquoi je voulais savoir tout ça. Je lui ai dit « pour que justice soit rendue ». Il a ricané en me disant que j'étais pas flic. C'est vrai. Et ça me regarde pas plus que ça son histoire, je le connais même pas personnellement ce mec. Mais quelqu'un qui s'amuse à saboter les motos des gens qui lui reviennent pas, ça me pose souci qu'on le laisse agir tranquillement. Il pourrait recommencer, surtout qu'il travaille dans un endroit où il a accès aux véhicules d'un tas de gens. On sait jamais qu'il y prenne goût. Et puis, ça me donne une occupation plus distrayante que taper des cailloux. Donc, je prends le job, même s'il est pas rémunéré, faire justice, ça me semble un bon job.

Quand j'arrive dans le garage, je ressemble à un client normal. Personne me connaît ici, même pas ma cible, alors personne risque de me trouver louche, surtout qu'on ne voit pas mes tatouages. Il commence à faire frisquet et c'est pas plus mal, je peux cacher mes bras dans un polo. Mon homme est pas à l'accueil, évidemment. Il doit être à l'arrière, en train de travailler sur des moteurs. Mais je sais qu'il est là. Alors je fais semblant de m'intéresser aux quelques modèles exposés pendant que la jeune fille au guichet, une jolie latino, s'occupe d'un client. Je m'avance quand elle a terminé. Je lui fais un sourire sympa, peut-être séducteur, j'en sais rien, les gens voient ce qu'ils veulent. Moi, j'essaye juste d'avoir l'air décontracté, et je le suis. J'ai aucune réelle inquiétude sur la manière dont vont se dérouler les choses, même si c'est un peu dommage que la fille soit là. Je pose mes mains sur le guichet.

– B'jour, je cherche Pedro Ramirez. Il faut que je lui parle à propos d'une réparation qu'il a fait sur ma bécane, tu peux lui dire de venir ? De la part de Will, même si je suis pas certain qu'il se souvienne de moi.

Je garde le sourire. C'est pas la peine de la faire flipper non plus en jouant les clients mécontents. Elle pourrait se dire qu'il vaut mieux le protéger ou protéger la boîte en tout cas, pour éviter un scandale général. Sauf que moi, bah je veux un scandale général, parce qu'on peut pas laisser ce genre de type exercer sa profession, ça reviendrait à le laisser sévir en toute impunité. Donc, je reste détendu et j'attends. Pedro connaît pas mon nom, ni ma tête, à priori. Mais il voit défiler des clients toute la journée, alors Will ou quelqu'un d'autre… Il devrait pas faire le difficile pour se pointer, peut-être même qu'avec de la chance, ça lui rappellera un de ses clients.

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Message  Leandra Albarez Muñoz le Dim 20 Oct 2019 - 8:20

Ça fait bientôt un an que j’travaille chez Mr Sanchez. J’ai commencé peu avant Noël dernier et je dois avouer que ça me plait plus que ce que j’avais prévu. C’est Sage qui m’avait conseillé de m’trouver un travail, le temps de mettre de l’ordre dans mes idées. Quand j’suis revenue de ma « fugue », on a pas mal discuté et elle m’a dit que j’avais pas besoin de savoir ce que j’voulais faire à l’instant. Ma mutation me rend pas plus apte à trouver ma voie dans le monde que si j’étais pas mutée. Elle m’offre simplement des options qui sont pas accessibles à d’autres.

C’est pourquoi après quelques semaines d’réflexion intense durant lesquelles l’impression d’être un poids mort pour l’Institut n’a fait que s’renforcer, je suis arrivée à la décision suivante : l’université n’était pas faite pour moi mais je me sentais pas non plus prête à me lancer dans un entraînement X-Men intensif. Je voulais pas quitter l’Institut car j’avais encore trop à apprendre sur la gestion de ma cohabitation avec Nina mais je refusais de continuer à vivre à leurs dépens. Y m’fallait donc un moyen de subvenir à mes besoins pour pouvoir contribuer aux frais communs de l’Institut d’une façon ou d’une autre et avoir ainsi au moins l’impression de pas être un parasite.

C’est comme ça qu’ma recherche de boulot a commencé. Soyons honnêtes, elle a pas été des plus productives au début puisque, sans diplôme universitaire, les jobs auxquels j’pouvais postuler – au-delà de pas vendre exactement du rêve – me semblaient assez peu appropriés à mes capacités. Si j’avais été caissière, j’aurais fini par mourir d’ennui, si j’avais été serveuse, j’aurais fini par casser la figure d’un client. Heureusement, je suis tombée par hasard sur un site de petites annonces sur celle d’Hector Sanchez qui cherchait une hôtesse d’accueil à temps plein pour son garage à motos. Autant dire que j’ai sauté sur l’occasion. J’ai beau ne pas avoir d’formation en mécanique, j’ai suffisamment vu mon frère tripatouiller la sienne pour savoir que c’est un monde qui me fascine. Et puis ça me forcerait à gérer mes émotions en présence d’inconnus. Parce qu’on va pas se mentir, à moins d’être prête à faire la plonge pour le restant de mes jours, avec mon niveau d’études, j’allais forcément devoir être au contact du public. Donc le garage à motos me semblait un bon compromis pour gérer mes émotions sans être submergée d’snobinards de mes deux.

Bon, bien sûr, en termes de connards machistes, j’ai ma dose mais je sais les gérer. Et puis, avec les mécanos, le contact passe assez bien. Ils ont compris que j’étais plus qu’une paire de nichons et que j’avais aucun problème à leur péter la gueule pour le prouver si besoin est. Bon, honnêtement, ça n’est arrivé qu’une fois et j’ai bien cru que l’patron allait m’virer. Mais quand il a appris que, si j’avais rétamé la gueule de Pedro, c’est parce qu’il s’était permis de passer sa sale main sur mes parties intimes en m’susurrant ce qu’il aimerait faire avec moi le soir venu, c’est lui qu’a passé un sale quart d’heure. Depuis, j’ai plus eu de problème. Une partie de l’équipe m’respecte pour ça et l’autre, plus proche de Pedro, se contente de m’éviter. Un moment j’ai bien cru que ça causerait des tensions – pas que ça me pose de réels problèmes mais j’avais pas envie d’être la fouteuse de merdes de la boîte – mais personne n’a jamais ramené le sujet sur l’tapis et on a continué à bosser en paix. Sans forcément s’entendre mais en restant pro tout du moins.

Gros progrès par ailleurs, si mon accent s’est pas amélioré dans un milieu 100% Latino ou presque, mon langage lui a vachement progressé. J’mâche plus la moitié de mes mots et j’ai même appris à sourire sans faire fuir l’client, c’est dire ! Bon, bien sûr, au quotidien, j’cause toujours pareil mais quand je m’adresse aux clients j’ai appris à me tenir. Ainsi, lorsque Mr Herrera repart content de sa réparation, c’est avec un sourire on ne peut plus pro que je me tourne vers le nouvel arrivant.

Il a une tronche de Petit Blanc comme j’en ai rarement vue mais bon c’est pas comme si not’ clientèle était hyper sophistiquée non plus. Il veut voir Pedro pour une réparation. Il s’appelle Will. Il est pas sûr que Pedro s’souvienne de lui. Rien de bien inhabituel. Pedro se souvient rarement d’ses clients sauf si c’est des gonzesses ou des mecs susceptibles d’lui casser la figure. Et Blondinet rentre dans aucune des deux catégories. Du moins au premier abord mais j’ai appris à m’méfier des apparences. Je lui réponds donc tranquillement.


-Je vais le chercher. Attendez un instant, je vous prie.

Je me dirige vers le garage à proprement dit et vais directement sur l’poste de travail de Pedro.

-Hey, y’a un Gringo qui te demande à l’accueil. Un certain Will. J’ai l’impression qu’il a une question à poser sur une réparation que t’aurais faite. Il a pas l’air franchement hostile mais on sait jamais.

J’le vois lever un sourcil. Le nom a pas l’air de lui rappeler quoique ce soit mais comme dit c’est pas franchement surprenant. Il repose son matos, se nettoie rapidement les mains sur un torchon posé sur son épaule et me suit en silence. On retourne à l’accueil et je laisse les deux hommes discuter, retournant à mon pupitre. Du moins c’est l’impression que ça donne. En réalité toute mon attention est portée sur eux, n’hésitant pas un instant à user de mon ouïe surdéveloppée pour les écouter. C’est que je m’emmerde un peu mine de rien maintenant que je n’ai rien à faire et puis si je peux voir Pedro se faire engueuler je suis pas contre après tout.

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Message  Neil Rasmussen le Jeu 24 Oct 2019 - 11:48

Elle va le chercher. C'est cool, pas de résistance débile, tout se passe comme prévu. Pedro se pointe, il me regarde d'un air vaguement surpris. Ça se voit que je lui dis rien et que j'ai pas la tronche de ses clients types. Il a de la violence dans les yeux, du sauvage, pas trop d'intelligence. Physiquement, il est musclé comme un type qui a appris à donner des coups dans la rue et pas à soulever des poids dans une salle. C'est moins impressionnant, mais sans doute plus efficace. Ceci dit, ça m'inquiète pas. Même sans pouvoir, je peux gérer un type comme lui. Mon vêtement ample est un réel avantage. Je dois juste avoir l'air d'un gamin paumé, il s'approche sans se méfier pour me demander ce que je veux. Je retire mes mains du comptoir et je m'approche pour commencer d'une voix parfaitement neutre.

– Je viens pour un ami qui a eu un problème avec sa moto…
– Ouais, et alors ? qu'il me sort un peu sèchement.
– Il a perdu le contrôle de son véhicule...
Là, j'ai un début d'attention. Il ne dit plus rien et attend la suite.
– Mais il était pas ivre tu vois. Il avait toute sa tête. C'est la moto qui a lâché toute seule. C'est bizarre non ?
– Bah, ça arrive…
Il prend un air désinvolte et son regard devient fuyant alors que je me suis rapproché en le fixant bien droit dans les yeux.
– Ouais, c'est sûr. C'est ce que je me suis dit. C'est des choses qui arrivent. Se faire quitter pour un autre aussi, c'est un truc qui arrive.

Ah, son regard revient vivement sur moi. Il a pas l'air trop doué pour cacher ses émotions. On lit la surprise, la suspicion sur son visage. Ce que je viens de lui dire aurait pu être un hasard. Mais, comme j'ai maintenant un sourire en coin au bord des lèvres, c'est compliqué de vraiment y croire. On se dévisage. Il sait que je sais. Enfin, je ne savais pas à 100 %, mais le but de la discussion était de le laisser de trahir, c'est quand même mieux d'être sûr à 100 % avant de passer à l'étape plus musclée. Pedro prend une posture agressive et défensive.

– Qu'est-ce que tu me veux toi ?
– Savoir comment ça a pu arriver…
– Qu'est-ce que j'en sais moi ? J'ai pas de temps à perdre avec ces conneries, si t'as rien à faire réparer, casse toi.
Et il fait un mouvement de fuite pour retourner dans l'atelier. Je lui en laisse pas le temps. Je lui attrape le bras pour le faire pivoter face à moi en le déséquilibrant légèrement. Alors j'attrape sa tête de l'autre main et je la cogne sans une hésitation sur le comptoir à côté. Ça peut paraître gratuit mais, je sais qu'il allait pas se laisser retenir sans répliquer. Donc, dans tous les cas, à partir du moment où je pose ma main sur lui, on en vient à la violence.

Je maintiens fermement ma main sur sa tête, les doigts serrés dans ses cheveux. Il se débat sans succès. La position le coince dans tous les cas. Courbé comme il est, il ne peut pas reprendre assez d'appui pour lutter, surtout que je le maintiens collé à la table sans effort. Je lui relève la tête avec la même aisance. Son nez pisse déjà le sang, mais c'est pas étonnant. C'est sensible, les veines du nez. Je reprends calmement.
– Kenneth, ça te dit quelque chose ?
– Je sais pas qui c'est, putain !
Je pousse un soupire las et le fracasse à nouveau sur la table.
– Tu connais pas le nom du mec de ton ex ?
– Pourquoi je serais au courant, je m'en fiche de cette pute !
Je le cogne encore. Son nez craque, j'y ai peut être été un peu trop fort. Il geint. Il me demande de le lâcher.
– Non, t'as pas compris la règle du jeu, Pedro. T'arrête de faire le con, et je te lâches. Tu continues à nier, tu repeins le comptoir…
On est interrompus par une voix venue de l'arrière-boutique qui demande à Pedro ce qu'il fout en espagnol. Je comprends vu qu'il fallait bien faire une langue étrangère à l'école, pas le choix. Puis c'est la langue étrangère pratique dans son propre pays, selon les milieux qu'on fréquente. Son patron ou son collègue commence à s'impatienter. Donc, je reprends, avec un peu de sadisme, j'admets :
– Bah oui Pedro, qu'est-ce que tu fiches ? Ça t'amuse de nous faire perdre du temps ? Les moteurs vont pas se réparer tous seuls.
– Laisse-moi bosser, lâche moi !
Les coups ont fait quelques impacts sur le comptoir. J'appuie plus fortement sur sa tête et je fais glisser sa joue d'un coup sec le long des fissures.
– Donc, qu'est-ce que t'as fait au moteur de Kenneth ?
– Je sais pas de quoi tu me parles, lâche moi !
Mauvais menteur, mais borné. Il préférera se faire mettre KO plutôt qu'assumer sa culpabilité, même si elle ne fait de doute pour personne. Je lève les yeux au ciel. C'est lourd. Pour obtenir des aveux, il faudrait l'avoir à l'usure, mais on me laissera pas faire, et de toute façon je risque de me lasser avant, ou menacer de le tuer. Sauf que ça me semble assez exagéré. En plus, je risque de faire vraiment flipper l'hôtesse d'accueil. Bon… Je relève la tête de Pedro qui a tout le bas du visage en sang, et je l'envoie valser contre le mur derrière.
– Allez, va travailler, et recommence pas, sinon je te promets que ça finira pas bien pour toi.
Je le lui dis sans agressivité, presque avec un fond de pitié, avec les sourcils légèrement relevés. Il disparaît sans demander son reste. Pas sûr qu'il puisse continuer à bosser dans cet état pour aujourd'hui, mais c'est pas à moi d'en décider. Il peut même continuer à travailler ici si on veut bien le garder, je suis sûr qu'il sera moins tenté de recommencer ses magouilles s'il craint de me croiser à nouveau.

Il a fait tomber son chiffon crasseux avant de partir. Je le ramasse et je commence à tamponner tout le sang qu'il a fichu sur le comptoir. C'est pas à la nana de l'accueil de nettoyer nos conneries, elle a rien à faire dans l'histoire. Je la regarde.

– Désolé pour tout ça. T'as de l'eau ou un produit ménager que je pourrais utiliser ?

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Message  Leandra Albarez Muñoz le Mer 30 Oct 2019 - 15:17

Qu’est-ce que j’avais dit sur les apparences trompeuses ? Parce que je dois avouer que si la discussion a pris un tour relativement malsain dès l’début – faut pas être un génie pour comprendre ce qu’était sous-entendu et la façon d’réagir de Pedro est pas particulièrement propice à c’qu’on croit à son innocence – j’avais vraiment pas vu arriver la violence sur laquelle elle a très rapidement débouché. Pourtant, à peine le conflit dégénère-t-il que Nina me fait savoir qu’il y a un truc VRAIMENT pas net avec Blondinet.

Etrangement j’aurais deviné à son attitude un peu trop violente pour un premier contact qu’il fallait pas s’frotter à lui – je veux dire un type qui te frappe en gardant le sourire c’est soit un sociopathe soit un mec pas clair, genre mafieux ou gangster – mais le malaise de Nina m’entraîne à rester bien tranquillement plantée là où je suis. Sans compter que c’est pas trop dur non plus. J’veux dire c’est pas comme si je tenais particulièrement à sauver les miches de Pedro. Bon, bien sûr, si ça part trop en cacahuètes, je m’en mêlerai mais pour le moment au pire Pedro a le nez cassé et j’peux plus rien y faire donc à quoi bon m’mettre inutilement en danger ?

Bon, lorsque Jeremias s’en mêle en d’mandant à Pedro ce qu’il fiche et que M’sieur Violence en profite pour en rajouter une couche j’dois avouer que je retiens à grand mal une moue dégoûtée. On dirait presque qu’il prend plaisir à la chose. Or, j’ai beau vraiment pas porter Pedro dans mon cœur, la violence gratuite très peu pour moi. Bon, si ce que Pedro refuse d’avouer est vrai elle est loin d’être gratuite la violence mais vous m’avez compris. J’ai beau avoir envie d’vomir à l’idée qu’Pedro ait pu trafiquer la moto d’un type jusque parce que sa meuf a eu l’intelligence d’le plaquer, j’considère aussi que la police fait plutôt pas trop mal son job. Alors, faire justice moi-même très peu pour moi. Ou plutôt non, j’peux comprendre que sans preuve y’ait pas moyen d’coincer les connards du style de Pedro mais c’qui me met vraiment mal à l’aise c’est la joie dans laquelle « Will » – oui non mais c’est pas son nom soyez pas cons – rétame Pedro. Ça prouve qu’il est, si ce n’est habitué à ce type d’actions, tout au moins pas gêné un instant à l’idée d’le faire, ce qui en dit peut-être autant sur lui que la gêne qu’il cause à Nina.

Je n’ai pourtant pas à m’demander s’il va falloir que je m’en mêle avant que Pedro ne perde totalement connaissance parce que voilà que ça s’termine qu’aussi vite que ça avait commencé. Et Pedro de se barrer en m’laissant avec un psychopathe en puissance sans le moindre problème.
Hijo puta ! J’ai pas l’temps de l’maudire que le nouveau décorateur intérieur s’adresse à moi comme si de rien n’était. Parce qu’il veut nettoyer maintenant ? Bah bien sûr hein, faudrait pas que le sang s’incruste sur l’comptoir, ça plairait pas au patron. Bref, ce qui est fait est fait et il a pas l’air d’vouloir continuer sa petite vendetta personnelle avec moi, j’décide donc d’agir le plus normalement possible au vu de la situation.

-Il y a de quoi faire dans le garage mais je ne suis pas certaine d’avoir envie d’aller y faire un tour. Quelque chose me dit que Pedro n’est pas de bonne humeur, précisai-je avec sarcasme mais toujours dans un anglais parfait.

C’est que Mr Sanchez m’en voudrait de donner une mauvaise image de la boîte. Enfin une pire image que celle donnée par Pedro bien sûr. Ce qui, maintenant que j’y pense est un peu con mais faut croire que je me suis trop efforcée pour être polie avec les clients pour changer tout d’un coup, même si Blondinet est clairement pas un client. Je continue donc dans la même veine.

- Mais, tu es sûr de vouloir rester pour nettoyer ? Ce n’est pas exactement l’attitude habituelle du fixer dans les films. Normalement, il casse la gueule du méchant
– eh oh on a dit anglais parfait pas langage soutenu non plus – et il se barre ensuite. Quoique je dois avouer que je ne suis pas mécontente d’avoir sauté la scène où il fait un clin d’œil ravageur à la gonzesse de service. Non pas que tu ne sois pas joli garçon mais je préfère mes hommes moins prompts à la violence soudaine, si tu vois ce que je veux dire.

Et de lui adresser un sourire radieux. Bah quoi, à situation étrange, réponse adéquate. Vous vous attendiez tout de même à ce que j’appelle les flics non ? Déjà pas dit qu’ils se seraient pointés. Sans compter que « Will » se serait cassé entre temps. Et puis je leur aurai dit quoi : je pense que mon collègue a failli tuer le nouveau mec de son ex et y’a un type qui est venu réclamer vengeance. A oui je peux vous le décrire mais à part ça, je n’en sais pas plus. Je voudrais me faire virer que je ne m’y prendrais pas mieux. Non parce que Mr Sanchez a beau être clean, étrangement dans le quartier on apprécie pas trop les poulets et, si on veut garder notre clientèle habituelle, et bien on règle nos problèmes nous-même quoi. Oh et puis soyons honnêtes, je m’emmerde alors discuter avec un type qui semble avoir plus de vingt QI même s’il a aussi des anger managment issues ça me changera. C’est que j’ai beau apprécier les mécanos, ne nous mentons pas c’est pas exactement des flèches.

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Message  Neil Rasmussen le Ven 1 Nov 2019 - 21:25

J'ai jamais été le gars à chercher volontairement la bagarre. Au collège et au lycée, je calmais des types quand je passais à côté d'injustices ou quand les victimes de service m'impliquaient dedans, mais je cherchais pas à passer des mecs à tabac pour le plaisir. J'avais d'autres trucs à penser, j'étais pas encore assez désabusé, j'avais pas connu la prison et un enfermement d'autant plus pénible qu'on était deux à en souffrir, moi et la bête sauvage. Je suis sorti, mais je reste nerveux. La musique et l'étude de la magie suffisent pas à m'apaiser. Les petits boulots que j'enchaîne me frustrent plus qu'autre chose. Il y a aussi que je suis tombé dans un quartier violent, et, même si je viens d'une famille bien tranquille, j'ai pas eu de difficultés à m'acclimater, mais ça passe aussi par un quotidien constamment sous tension. On m'a mis à l'épreuve assez vite. Je me suis fait ma place. Et, pour tout dire, je ne sais pas si je cherche à faire justice avec de nobles intentions ou si c'est juste une façon de continuer à valider ma place dans un monde qui n'est pas le mien. Je me défoule d'un côté, je me rassure en me donnant un rôle de protecteur de l'autre. Je trace mon territoire comme un prédateur, ou comme un voyou de plus dans la zone. Je ne savais pas trop ce qui allait arriver avec Pedro avant que toute la scène se déroule. J'étais là sans être là. J'ai suivi l'inspiration du moment en me fichant totalement des conséquences. Et, sur le coup, c'était assez jubilatoire. Maintenant que l'adrénaline retombe, je me dis aussi que c'est effrayant. Je savais même pas que je pouvais me montrer aussi sadique. Bon, j'ai jamais été tendre, j'ai souvent préféré la peur, l'humiliation, la vengeance sournoise à la violence brute, et c'est parce que les autres le savaient qu'ils évitaient de m'ennuyer, qu'ils évitaient la bagarre, justement. Mais on était dans une école assez calme, et là, c'est la loi de la rue. Les gars sont moins impressionnables et… Et d'accord, c'est allé trop loin. Quand je vois tout le sang qui tapisse le comptoir, je passe d'un état à l'autre. Il faut que je rattrape les dégâts, que je nettoie, que j'efface ce moment de laisser-aller.  

Je me dis que la fille de l'accueil doit me voir comme un monstre. Mais, bizarrement, elle a pas l'air plus choquée que ça, ou peut-être que ma réaction plus civilisée lui permet de déduire que je ne vais pas l'agresser non plus. Dans tous les cas, elle reste d'aplomb. Elle me répond sur le même ton, comme s'il ne s'était rien passé. Si elle mentionne l'événement, c'est d'une manière détournée et un peu mordante. On va dire que c'est une agréable surprise. J'aime bien. J'hoche doucement la tête pour approuver sa remarque, mais ça m'arrange pas trop. Si je me pointe dans le garage, il y a des chances pour que les collègues de Pedro pensent que je suis à sa poursuite et essayent de me passer à tabac. Vu que je suis blond et sur leur territoire, ils devraient pas trop hésiter pour avoir envie de me taper dessus après ce qui vient de se passer.

–  Je crois que personne a envie de se pointer dans un commerce avec un comptoir dans cet état ceci dit. Tu penses qu'on va me laisser passer gentiment si j'y vais, moi ?

Je lui demande avec une fausse naïveté. On sait tous les deux que ça risque de pas être le cas. Même s'ils savent pas qui je suis, ils vont se demander d'où je sors et ce que je viens foutre dans leur garage. Mais je peux le faire, je risque juste d'aggraver les dégâts que j'essaye un minimum de réparer. Elle me demande d'ailleurs si je suis sûr de vouloir rester pour le service nettoyage, et elle se permet de plaisanter plus ouvertement. Elle est vraiment à l'aise, on dirait qu'elle assiste à des règlements de compte tous les jours. Après, vu le coin, c'est pas impossible. Même si elle parle mieux l'anglais que la moyenne des gens d'ici, elle a peut être quand même vécu des trucs assez durs. Ceci dit, c'est pas pour autant que les filles de ces milieux se montrent solides. Quand on est entouré de bad boys à séduire, c'est souvent plus intéressant de jouer la nana fragile. Ça permet aux grosses brutes de tenir leur rôle de brutes et de se sentir valorisés en roulant des mécaniques pendant qu'elles sélectionnent le mâle le plus fort. Et, après, bien sûr, elles finissent souvent par se faire taper dessus quand elles se mettent en ménage. La fille avec qui je suis en ce moment est dans ce genre de truc. Même si j'ai éloigné son ex et qu'elle est bien contente que je sois plus tranquille que ses choix habituels de relation, je me fais pas trop de doute qu'elle retrouvera quelque chose de compliqué le jour où on sera plus ensemble. Donc non, le milieu explique pas l'attitude de l'hôtesse qui serait plutôt le genre de fille à chercher un mec intelligent, par déduction logique. Peut-être une étudiante qui bosse ici pour payer son université ? Ceci dit, ça explique pas non plus son attitude ambiguë vis-à-vis de moi.

D'abord, je crois qu'elle m'invite subtilement à partir, à me barrer même, comme elle dit. Donc je me dis, ok, j'ai proposé mon aide, je vais pas insister. Puis elle me fait de gros sous entendus qui me prennent un peu au dépourvu. Ou je suis vraiment à côté de la plaque, ou j'ai quand même laissé entrevoir que j'avais des capacités intellectuelles qui ne se mesuraient pas qu'à mes poings. Bon, en même temps, j'ai pas le niveau d'expression d'un débile profond, je montre que j'ai de l'éducation même dans un moment comme celui-là, je suppose que ça doit jouer, parce que j'ai passé l'âge d'être dupe. Quand une fille te remercie de pas la draguer comme un gros lourd alors que t'as rien demandé, c'est quasi une invitation à lui faire des avances, une manière de tendre un appât en te suggérant que, si continue à bien te comporter, t'auras peut-être tes chances. Évidemment, c'est un genre de piège, un test. Faut garder la tête froide et pas sauter directement dessus. Elle me fait son plus beau sourire. Elle veut que je reste et voir ce que je vaux, faut croire. C'est pas spécialement prudent, mais ma curiosité est piquée, alors je reste. Je crains pas une intervention des flics. Avec ce qu'il a fait, Pedro aurait trop peur de leur donner une occasion de se pencher sur son cas et d'ouvrir une enquête. Il essayera sans doute de me tomber dessus avec des potes à lui plus tard et, c'est terrible à dire, mais j'espère presque qu'il sera assez con pour le faire. Ça me fera une animation. Mais pour revenir à ce que je disais avant, ça me plaît pas trop de me faire traiter de mec à la violence instable, alors je ne retourne pas de sourire à la fille. Ce serait déplacé, de toute manière. Je lui réponds juste sans m'émouvoir, comme si son petit manège avait totalement glissé sur moi.

– S'il avait pris ses responsabilités et exprimé de la culpabilité, j'aurais pas eu besoin de devenir violent. Sinon, c'est le maintenir dans son inconscience volontaire et l'encourager à recommencer. Je préfère être brutal que risquer la mort d'un innocent.

Je suis doué pour les beaux discours alors que la réalité est pas si jolie, même si ça non plus, ça me fait pas plaisir. J'ai tué des gens plus ou moins innocents pour m'évader de prison et, même si, sur le coup, on m'y a un peu poussé, aucune vie n'aurait été prise si je n'avais pas eu l'idée de devenir super puissant tout seul dans mon coin. Ceci dit, j'estime que ce n'est pas une raison pour ne pas tenter d'être quelqu'un de correct et de limiter le poids qu'on a sur la conscience, justement. Donc, si je peux éviter à des tentatives de meurtre de se produire, je le fais. Et si je constate que j'ai laissé passer un truc que j'aurais pu éviter en décidant de fermer les yeux, je sais que je vais mal le vivre. Donc, je suis sincère, même si, dans le détail, je suis pas un gentil.

– Si je pars, tu vas te retrouver à nettoyer. T'as sans doute pas signé pour ce genre de tâche ingrate et ça serait pas cool de te donner du travail supplémentaire. Donc, j'insiste pour rester, oui.

Cette fois, je lui fais un sourire amusé, parce que la situation est assez ironique. Vouloir rester pour nettoyer du sang, c'est pas ce qu'on qualifierait d'une motivation crédible. Et, avec son attitude, je crois pas que la question d'origine de la fille portait vraiment sur le ménage, c'est juste que ça devient un genre de prétexte curieux pour faire traîner mon départ. On se fait interrompre par un autre gars qui débarque en trombe depuis le garage, j'ai un peu désorienté. De ce que je comprends, il commence à demander en espagnol ce qui s'est passé, puis il remarque le sang et pousse un juron. Son regard tombe ensuite sur moi, mais j'ai pas l'impression qu'il fasse la connexion. Pedro a pas dû lui donner ma description, j'ai pas le profil type du mec susceptible de lui casser la gueule, et c'est vrai que, là, j'ai juste l'air de faire la discussion tranquille avec la fille de l'accueil. Je remarque que j'avais même posé un bras sur le comptoir. Je le retire doucement en retournant un regard neutre au latino. Je dis rien. Je fais le mec pas au courant, j'attends de voir ce que la fille va décider de lui dire.


Dernière édition par Neil Rasmussen le Ven 1 Nov 2019 - 21:34, édité 2 fois (Raison : iq)

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