Roublarde & Dragonne

Aller en bas

Roublarde & Dragonne Empty Roublarde & Dragonne

Message  Alexstrasza le Sam 17 Nov 2018 - 9:27


Pour beaucoup, New York se résume à New York City, la métropole ultramédiatisée parfois elle-même limitée à la seule île de Manhattan. Au nord cependant s’étend l’Etat de New York, d’une superficie plus de cent fois supérieure à celle de la ville entière et d’un contraste saisissant avec celle-ci. Alors que la partie sud est occupée par l’agglomération, le reste est dominé par de grandes régions agricoles, des forêts, des lacs et des montagnes. Au nord-est se trouvent les monts Adirondacks, un massif forestier situé dans le prolongement des Appalaches et pourtant constitué des mêmes roches que les Laurentides du Canada. Le parc naturel qui reprend leur nom est le plus grand parc protégé des Etats-Unis et 36 des 46 hauts sommets de la chaine de montagnes sont couverts de la forêt préservée d’High Peaks Wilderness. Composée de feuillus et de conifères, la zone ne comporte que six villes rurales dont l’économie est en partie liée au tourisme attiré par la nature comme les activités que l’on peut y faire. Parmi celles-ci, il est possible d’essayer l’ascension de la plus haute montagne de l’Etat, le Mont Marcy, dont le sommet s’élève à un peu plus de mille six-cent mètres d’altitude. A une demi-douzaine de kilomètres à vol d’oiseau à l’est de celui-ci se trouve le Lower Ausable Lake, longue étendue d’eau isolée à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville la plus proche, Keene, bien que la Lake Road mène aux Ranbow Falls, à son extrémité nord. En cette saison où les températures extérieures oscillent entre une demi-douzaine et une quinzaine de degrés Celsius au-dessous de 0, la neige glacée recouvre les pieds des arbres comme les eaux gelées du lac, reflétant les rares rayons de soleil que les nuages laissent entrapercevoir.

Au sein des escarpements grisâtres suffisamment raides pour n’être totalement couverte du blanc comme du vert qui occupent ce vallon, il est une caverne à une quarantaine de mètres au-dessus de la surface du lac ; large d’une quinzaine de mètres et haute d’une dizaine, il est clair qu’elle n’est pas naturelle tant par sa position que l’effritement de ses bords. Repérable tant depuis la surface gelée que l’autre rive, y accéder s’avère d’une difficulté bien plus grande puisqu’il faut escalader les roches froides, que ce soit pour monter ou pour descendre vers la trouée. Une fois cette entrée en saillie atteinte, on est libre de découvrir le reste de la caverne qui s’enfonce en un couloir large d’une dizaine de mètres et éclairé par la lumière extérieure jusqu’à un trou béant. Aussi large que la caverne, celui-ci s’enfonce dans les ténèbres au son distant d’un clapotis d’eau. Tenter de le traverser est faisable en longeant ses rebords, choses qu’aucun des touristes arrivés jusqu’ici n’a tenté du fait de la précarité de ceux-ci ; à n’en point douter, toute chute s’avérerait mortelle. S’ils avaient réussi cette épreuve, cependant, ils auraient poursuivi dans le couloir et traversée une flaque de résidu d’huile brûlée jusqu’à une chambre improbable. Paradoxe entre l’aspect sauvage du lieu et la manifestation de l’éducation de sa propriétaire, cette cavité à l’allure ronde soutenue de colonnes en sculpture possède un petit décor digne d’un studio de tournage, des panneaux de lambris blancs partiellement peints de rouge délimitant un petit salon. Agencé autour d’un tableau mural représentant une galerie d’art dont les murs blancs supportent moins d’œuvre que le carrelage en damier, ce lieu repose sur un tapis noir aux motifs blancs et est décoré d’un canapé bleu aux sièges beiges couverts de quelques coussins jaunes et blancs ou brodés au-devant de quatre petites tables bleus et bois face à autant de sièges de similicuir. Sur la gauche, désormais intégrée au décor, se trouve une porte donnant manifestement sur le mur de la caverne tant qu’au plafond attendent des torches murales, éteintes en l’absence d’invités. Imprégné d’une magie délaissant le froid et l’humidité à l’extérieur, cet endroit n’a jamais vraiment été visité sans l’accord de la maîtresse des lieux pour la simple raison qu’elle s’y est rendue à chaque intrusion.

Si le tour du lieu peut ainsi sembler rapide, des compétences de spéléologie permettent de révéler une seconde dimension à cet antre, moyennant que l’on brave les ténèbres et l’abrupte descente au sein du puits central. Une quarantaine de mètres d’à-pic conduisent ainsi à un bassin souterrain, probablement composé des mêmes eaux que celle du lac non-loin, dont les stalactites et les stalactites sont imperceptibles à la vue de celui qui nécessite de la lumière. De cette fausse aux odeurs de renfermé et d’humidité part une nouvelle creusée qui s’élève des eaux en une pente vers une fourche, laissant le choix entre deux couloirs tournants aussi ténébreux l’un que l’autre. Tous deux sont soutenus de nouvelles colonnades et voûtes grossièrement taillées, finissant l’un comme l’autre par déboucher sur une chambre similaire à la précédente. Celle à l’extrémité du couloir de droite est totalement vide, bien qu’elle baigne de la même atmosphère magique que la chambre décorée. Celle en conclusion du couloir de gauche est plus enchantée encore, et enchanteresse également. Après un nouveau tapis d’huile brûlé servant de seuil, les colonnes entourent des collections d’objets d’une diversité toute aussi improbable que la pièce située quarante mètres plus haut. Gemmes et objets d’art côtoient jouets et ustensiles, vêtements et meubles en font de même avec bijoux et instruments de musique… c’est ainsi que des statuettes traditionnelles de bois et de pierre se tiennent aux côtés de figurines en plastique ou en plomb, que des photographies décoratives accompagnent des toiles de peinture, que des consoles de jeu encore sou plastique sont tout aussi emballées que le mobilier de base nécessaire à habiter un appartement étudiant, que des pierres précieuses aux teintes rougeâtres ou verdâtres comme d’autres de magie cristallisée s’entassent en compagnie de pièces de monnaies récentes ou anciennes comme d’origines diverses, qu’un piano de bois supporte parfois un ordinateur portable et obstrue constamment l’aveugle réflexion d’un miroir plein-pied de bronze et que des vêtements sur mannequins et promontoires se mêlent à de lourdes joailleries d’or et de bronze parfois serties, avec pour combinaison d’entre eux des bottes et un pantalon à cuissardes, un soutien-gorge bustier des épaulettes, des gantelets griffus et une couronne tous fait d’écailles rouges tailles et assemblées sur une structure d’alliage cuivré et accompagné d’un tour-de-cou, de brassards et d’une cape en tissu brodés de ce même alliage ; le tout en compagnie de nombreux anneaux, parfois trop grands voire lourds pour être portés par un être humain. La seule logique que l’on puisse trouver à cette hétéroclite collection est la ronde même imposée par la pièce, s’écartant d’un centre où la roche nue se retrouve de nouveau marquée des restes d’huile brûlée et forme le témoignage de l’endroit où la dragonne se love.

Certains ont essayé de suivre les habitudes de celle-ci mais, exception faite de lorsqu’elle part chasser durant l’un des jours du week-end, il est très rare de voir sa silhouette rouge s’envoler depuis son antre. Evidemment, lorsqu’on est capable de prendre forme humaine comme de se téléporter, la discrétion est plus aisée. Beaucoup ont dû faire le rapprochement avec la nouvelle membre de la Young Force. Cependant, même pour ceux qui ne l’auraient fait, rien ne doit être vraiment étonnant dans cette histoire : après tout, on reste à New York.

_________________
Alexstrasza

Fiche de Personnage - Fiche de Liens - Nombre de Posts : 47
Alexstrasza
Alexstrasza

Messages : 218
Date d'inscription : 20/09/2017
Age : 25
Localisation : Un de mes territoires

Feuille de personnage
Pouvoirs:
Informations:

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum