L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

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L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

Message  Bennet Du Paris le Dim 18 Fév 2018 - 11:29



« Les pavés humides, les flaques rigides, peignent les trottoires et miroitent l’heure bleue du clair de nuit. Les lumières de la ville, des lampadaires aux fenêtres, viennent y contempler leur narcisse. De cet amour naît la symétrie, plongeant les bâtiments sous l’horizon et induisant aux passants leurs lévitations. Il ne pleut plus, depuis quelques heures déjà. Mais les gouttes chutent des toits et font baisser la tête du marcheur pressé, tenant son col de ses mains et faisant trembler le sol de ses pieds. Les lueures se troublent alors, mélangeant leurs couleurs : de l’émeraude au cobalt, de l’ambre au corail. La nuit est pesante, depuis des années maintenant. Elle pèse autant sur les âmes que sur cette féérie qui cessera bientôt de scintiller. À bien y regarder, il n’y a de beau que l’illusion du reflet de cette eau de pluie glissant inexorablement vers les tréfonds de la citée. La mégalopole oppresse ses habitants, les rongeant de l’intérieur, dans un marasme ambiant. Dominés par des grattes-ciels de béton et d’acier, le marcheur pressé a le regard vide et le coeur lourd. Il n’est pas le seul, à fourmiller au sol, sans jamais pouvoir s’élever. Ils grouillent par milliers, traversant les rues dans une routine quasi militaire. Et si les ténèbres sont percées d’une multitude de lueurs, ces dernières n’en demeurent pas moins artificielles. L’espoir n’est permis qu’à ceux qui lèvent la tête, mais ce soir, ils regardent tous leurs pieds, rentrant leurs épaules sous le col de leurs manteaux, effrayés qu’une goutte d’eau viennent s’infiltrer dans leurs vies si bien rangées.

Dans le hall d’un Hotel, au rez-de-chaussé du Cristal Palace de Gotham City, il attend, seul cette fois. Vide de ses visiteurs et locataires partis se coucher, il ne reste plus que le portier et le réceptionniste silencieux. Habillé d’un de ses costumes, les mains jointes et les jambes croisées, il est assis dans un confortable fauteuil de cuir, un verre d’alcool à ses côtés. Il a su en apprécier le gouts et les variétés bien que l'ébriété soit futile dans son cas. Le caractère et la force de ces boissons l’aide à s’apaiser l’esprit alors qu’il vagabonde sur le plan astral, traversant la citée comme si elle lui appartenait. Sa pensée est dissimulée et traverse les quelques esprits faible de la ville, le rendant presque omniscient. Ses griffes télépathiques s’accrochent avec douceur et maîtrise sur les esprits, pénétrant leurs psychés, s'immisçant dans leurs pensées, leurs mémoires, leurs souvenirs. Sur le fauteuil, il reste impassible, observant le vide de ses yeux blancs. C’est un chasseur, un traqueur et il est surement le meilleur dans ce domaine, capable de trouver sa cible en un battement de cil. Il est d’ailleurs à la recherche d’un individu tout particulier aujourd’hui. Un individu qui jouera un rôle primordial dans l’élévation de l’espèce humaine et le combat contre les corruptions extra dimensionnelles. Un individu qui aura tout à gagner à faire confiance au télépathe qu’il est. Mais s’en rendra-t-il compte à temps ? Il n’allait pas tarder à le savoir alors qu’il l’observe des yeux d’un enfant, accoudé à sa fenêtre. Cet individu est une femme aussi forte que fragile, aussi belle que perdue dans une honnêteté intellectuelle et une passion dépassant l’entendement des Hommes. Un passant se place devant son chemin, l’arrêtant d’un geste de la main en lui montrant une adresse sur son téléphone portable, éclairant la nuit d’une lumière supplémentaire. Il l’arrête et lui dit, dans une voix rauque, manipulée par télépathie : « Si vous n’avez pas abandonné l’idée de sauver l’Indonésie. Rencontrez-moi à cette adresse, je vous y attends car je crois pouvoir vous aider. Venez seule. »

Bennet du Paris s’était renseigné sur cette jeune femme. Sur ses actes terroristes commis en Indonésie et l’étrange interpellation qui eut lieue. En croisant les informations du SHIELD mais également de ses informateurs au sein même de la confrérie et des branches sud-américaines, il était parvenu à en déduire plusieurs choses toutes plus captivantes les unes que les autres. De son identitée à son potentiel, en passant bien sur par l'hypothèse d’un ennemi commun : Les Lasts Sons. Il se retira donc télépathiquement de l’emprise qu’il avait sur plusieurs centaines d’habitants de Gotham pour ne conserver que celle de son interlocuteur, entre autre, au cas où il faille être plus explicite avec son invitée. Il se permit de faire stopper une voiture à côté d’elle, ouvrant la portière passager par télékinésie bien qu’il se trouve à plusieurs centaines de mètres de là. « Montez, si vous le souhaitez. » Dit le conducteur par la fenêtre de la voiture, avec la même voix que le passant. « Je vous y emmène », ajouta-t-il.

L’hypothèse que cela ne suffise pas à emmener Ivy Isley jusqu’à lui avait traversé l’esprit d’Exodus, et il était préparé à devoir y aller lui même. Il but une gorgée, attendant une réaction de la jeune femme.  

Cette ville intriguait l’ancien confrériste. Il y pesait une ambiance étrange et les rumeurs de chevalier masqué défendant la ville semblait avoir refoulée la criminalité sous la surface, dans les bas fonds. La folie sous-jacente de l'hôpital psychiatrique de la ville jusqu’à l’esprit même de la ménagère faisait de cette mégalopole un lieu sordide et terrifiant. Gotham était aussi intrigante pour le SHIELD mais beaucoup d’inconnues restaient en suspens. Il fallait pour Exodus identifier les forces en présences et surtout leurs allégeances car le Batman et ses acolytes était un groupe puissant proche de la Justice League. Il jouerait un rôle important dans les conflits futurs de Bennet, peu importe le camp qu’il choisisse. Mais pour l’heure, la priorité était diplomatique et politique. Faire sortir le lapin Last Sons de sa tanière par plusieurs opérations était l’objectif premier d’Exodus.

Si la jeune femme décidait de venir jusqu’à l'Hôtel, les portiers et le réceptionniste se feraient une joie de l’accompagner jusqu’au fauteuil d’Exodus, quelques mètres plus loin. Après tout, ils étaient aussi sous une emprise télépathique certaine pour éviter que des informations ne fuitent malencontreusement.  
»

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Re: L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

Message  Ivy P. Isley le Lun 19 Fév 2018 - 14:48


Mon manteau d’hiver est serré aussi près que je le peux de mon corps, sa ceinture nouée au mieux et les sangles de mon sac à dos pressant sous le poids de celui-ci, tandis que sa capuche est rabaissée sur ma tête sans parvenir à contenir la masse de cheveux descendant jusqu’au-dessus du nombril. Cette dernière est bien mon seul point remarquable, polaire et pantalon d’hiver se retrouvant chez la quasi-totalité des passants qui, à mon instar, ignorent leurs homologues dans leur volonté d’arriver chez eux le plus vite possible. Gotham est un mélange entre la New York des années 70 et la Chicago des années 30 : les honnêtes gens savent qu’ils n’ont pas intérêt à rester dehors pendant la nuit tandis que les braves gens qui osent s’y aventurer le font à leurs risques et périls. Je ne suis peut-être pas honnête mais je ne suis pas brave non plus ainsi j’évite de trainer trop longuement dans les rues. Je les connais pourtant, ces rues, tout comme je connais cette ville. C’est le genre de lieu où il ne fait pas bon vivre mais qui fait parti de vous lorsque vous y avez grandi. J’y ai grandi. J’y ai vécu, depuis les riches familles jusqu’aux pauvres exclus. Elle m’a manqué, je n’ai pas envie de la quitter. Je dois le faire, pourtant. Durant mon dernier internement à Arkham Asylum, j’ai mis sur pied le dossier d’agriculture urbaine qui permettrait d’améliorer Gotham afin qu’il atterrisse dans des mains compétentes et je n’ai donc plus rien à faire ici. Seuls mes sentiments me retiennent mais je parviens toujours à avoir raison sur eux, à défaut de réussir à les gérer.

Ma chaussure balafre le reflet de ma silhouette en un éclaboussement anonyme alors que j’avance rapidement. Comme les autres, je regarde mes pieds. Je n’ai aucune raison de faire autre chose. Les lumières crues éclairent notre chemin et projettent nos ombres aux alentours mais nous savons tous qu’il ne faut pas rester à proximité des ombres et de ce qui s’y cache. Les gothamites le savent et se pressent pour rester dans l’ignorance, quand bien même la plupart d’entre eux a franchi le pas à un moment donné de sa vie, généralement par nécessité. C’est peut-être pour cela qu’on ne lève pas les yeux vers le ciel, nous savons tous que l’innocence n’existe pas et ne voulons pas être jugés sur nos degrés de culpabilité. Qu’aurait-on à voir là-haut, de toute façon ? Il n’y a aucune étoile à cause de l’éclairage urbain et celui-ci rend plus sinistres encore les gargouilles qui nous surplombent, symboles de l’architecture gothamite ; des gargouilles qui, aujourd’hui, laissent choir des larmes de temps à autre. Ces pleurs silencieux tombent devant les fenêtres des appartements, où tous s’en veulent rentrer au plus vite, avant de finir à terre, où tous regardent. Peut-être pourrait-on chercher la lune mais c’est un autre rond lumineux qui plane au-dessus de notre ville, un rond artificiel au centre duquel les ténèbres forment un logo que l’on connait tous. Un logo qui n’est pas synonyme d’espoir, non, mais qui rappelle à tous que les criminels ne sont pas le sommet de notre chaine alimentaire. Les hors-la-loi comme les super-héros sont tous deux un reflet de la société qui les a vu naitre, Gotham a donc ceux qu’elle mérite.

J’ai froid. Les températures de Denver, Colorado, étaient déjà trop basses pour que je les apprécie et celles de Gotham sont pires encore. Accompagnées des vents venant de l’océan, elles pénètrent les chairs pour s’installer dans les os comme si elles cherchaient elles aussi la chaleur. C’est pire encore quand il pleut et il a plu aujourd’hui, beaucoup plu. Les cieux ce sont débarrassés de toutes les larmes que je retiens en moi alors que j’éprouve trop de souvenirs d’un trop grand nombre de vies passées. Cela me fait mal de partir mais cela me ferait mal de rester, je fais donc à ce qui sera le plus constructif. Direction le sud donc, New York tout d’abord puis le Brésil ensuite ; passer la frontière dans ce sens est plus facile que dans l’autre et ce dernier ne m’a déjà posé guère de difficultés. Vivre dans un milieu si intriqué avec le crime a ses avantages lorsqu’il faut trouver des passeurs clandestins et des faussaires sachant que j’ai les capacités pour ne pas les enrichir. Un baiser et les problèmes s’en vont, pour moi comme pour ceux qui m’aident : jamais ils ne seront mes complices, toujours ils seront mes victimes. Je tâche néanmoins de garder ces influences ponctuelles, évitant juste la violence pour obtenir ce que je veux, afin de ne pas sans verser dans un "esclavage" comme celui dont j’ai pu être accusée en Afrique. Les moyens de contrôle doivent être légaux hors la loi n’approuvera pas un biais naturel qui ne renforce pas son propre pouvoir. Et il n’est pas question que j’explique à qui que ce soi comment fabriquer mes phéromones, même si cela n’est pas bien compliqué. Etonnant que personne d’autre n’ait trouvé d’ailleurs. Il y a cependant beaucoup d’autres moyens de contrôler autrui, la loi et la violence en étant deux visibles au quotidien.

Quotidien qui inclut également de marcher la tête baissée, dans sa bulle, et qui offre une habitude évitant que l’on perde de vue notre environnement. Ainsi, lorsqu’une des ombres projetant sa propre ombre s’en vient sur mon chemin, c’est avec naturel que je cherche à dévier ma trajectoire pour l’éviter. Cependant, la personne ne le veut pas : l’une de ses mains m’ordonne la halte, l’autre me présente un Smartphone dont l’écran m’éblouit un instant jusqu’à ce que les ombres en son sein forment une indication. Une indication dont le sens est apportée par les mots, prononcés d’une voix rauque. La première phrase me fait relever le visage vers mon interlocuteur tout en me figeant de stupeur : il sait qui je suis. La seconde me fait m’immobiliser de tension : il sait qui je suis et je l’intéresse. La troisième casse un peu le tout : il sait qui je suis et je l’intéresse mais il ne sait pas à quel point je suis seule, en cette saison. Cela étant, ma solitude est une pensée parasite et il y aurait des plantes pour venir à mon aide au sein du Cristal Palace, la condition n’est donc pas inappropriée. A l’inverse de la rencontre.

D’un mouvement rotatif, je descends mes épaules pour paraitre plus détendue que je ne le suis réellement sans avoir à sortir mes mains de mes poches alors que je fixe mon interlocuteur d’une confiance bien supérieure à celle que je possède. Il a l’air humain, tout comme moi, et non seulement il m’a reconnue mais en plus il ose m’aborder. Je sais que je suis une éco-terroriste douteuse et que le carnaval des super-criminels de notre ville contient bien pire mais je reste classifiée comme super-criminelle, à tord ou à raison. Je sais également que nous sommes en la saison où je suis la plus faible mais je n’en suis pas faible pour autant. Pour me faire face ainsi, l’autre doit pouvoir me mettre à mal ; ou alors il a conscience que je ne puis le confronter sans être la méchante de l’histoire, ce qui me bloque toute possibilité de résistance. Je savais que j’aurai dû accepter de me véhiculer aux frais de la mafia gothamite, dommage que je ne veuille pas grossir plus ma dette qu’elle ne l’est déjà.

Soit.

Personne ne m’aide gratuitement mais je n’ai pas d’idée sur comment retourner la situation à mon avantage autre que ce mensonge. J’ai déjà essayé de me ramener pour discuter sans autre assurance que ma bonne volonté, c’était en Indonésie et je n’ai pas l’intention que similaires événements se reproduisent. Oui, je n’ai pas abandonnée l’idée de sauver la Forêt Primaire Indonésienne ; en revanche, tant pis pour les humains qui s’y trouvent. Le plan qui me permettra d’aider mon peuple ne remettra nullement en cause l’esclavage du pays, au contraire il en profitera, mais les Last Sons auront sans doute moins à y redire. Le gouvernement indonésien, lui, y trouvera son compte.

Continuant de fixer mon interlocuteur afin d’évaluer sa réaction d’abord, des bruits que frein me répondent et je tourne donc la tête alors que leur source s’arrête à notre côté pour m’ouvrir une portière automatisée. Je n’aime pas la situation et cela devient encore pire lorsque le conducteur s’exprime de la même voix rauque que l’autre. Autre que je refixe dans l’instant, me crispant de tout mon corps et contractant ma gorge alors que l’impression de m’adresser à une même entité se dégage de leurs attitudes. Mon cœur s’accélère et il est clair que ce n’est pas ici que je puis accomplir quoi que ce soit par rapport à ma situation. Une situation dont l’impuissance se porte aussi bien sur le présent qu’à l’avenir, considérant combien toutes les conséquences seront exclusivement à mon encontre. Une impuissance qui m’est familière et de me laisse donc qu’une seule solution.

Je me déleste de mon sac à dos, lequel contient toutes mes affaires qui n’ont pu être conservées au sein des poches intérieures de mon manteau, et m’apprête à le tendre au conducteur avec nonchalance. C’est cependant au visage du piéton que je le jette avant d’entreprendre une course dans le sens contraire à celui de la route, m’évitant que le chauffeur puisse me poursuivre. Dame Nature m'aide : mon hybridation m’assure une condition physique largement supérieure aux normes humaines, ma force et mon agilité dépassant les cadres olympiques, ce qui est très pratique pour fuir quelque chose. Bousculant les passants que je ne peux éviter, je sais qu’il me faut atteindre des échelles d’incendie pour m’élever au-delà des rues et semer mes poursuivants ; car je ne me doute pas qu’ils seront aptes à me suivre. Je me fais remarquer mais peut-être ai-je une chance de m’en sortir de cette manière, après tout je n’ajoute rien à mon dossier criminel. Sauf si ces gens sont du gouvernement et que j’accomplis donc une tentative de fuite… le système parviendra toujours à me reprocher quelque chose alors autant éviter la tentative et réussir.

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Re: L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

Message  Bennet Du Paris le Lun 19 Fév 2018 - 19:20



« Un rictus d’agacement se dessine imperceptiblement sur le visage d’Exodus. Ses doigts se resserrent un peu plus sur son verre d’alcool. Il n’est pas irrité, simplement déçu d’avoir surestimé le discernement de la jeune femme. Il l’avait mal jugé et cette erreur, il se l’incombe plus que de raison. C’est une erreur qu’il estime inexcusable. Les jeux dans lesquels il est impliqué, les groupes avec lesquels il opère, les personnes avec qui il discute ; tous sont plus dangereux pour ses desseins les uns que les autres. La moindre erreur de discernement de ce type peut lui couter très cher et il doit se rattrapper. Dans le cas d’Ivy, il contrôle la situation, mais serait-ce le cas plus tard, face à des ennemis plus préparés ou plus puissants que lui ? Face à des personnalités plus influentes et protégées, qu’il ne pourra atteindre qu’une seule fois ? Les fenêtres de tirs de son univers se jouent parfois en un mot, une fraction de seconde, un geste. Exodus n’a pas le droit à l’échec, l’avenir de l’humanité en dépend. Il n’a pas le droit à la défaite et doit s’imposer une discipline gargantuesque pour devenir un opérateur ne créant aucun déchet. L’optimisation de ses plans doivent l’être jusque dans le moindre détail. C’est ce qui le sépare encore de grands homologues stratèges politiques comme Doom et Sinister. Cette fuite d’Ivy, ce tournement de talon, ce jet de sac, c’est ce qui reste à Exodus à gravir pour dominer cette planète. Cela peut paraitre rien, mais lorsqu’on est au sommet de son art, s’améliorer est la prouesse la plus extraordinaire qu’il soit.

Son esprit continue sa possession quasi instantanée des faibles esprits des passants, tous plus ou moins bousculés par la hâte frénétique d’une femme fuyant ses responsabilité face à l’inconnue qu’elle n’a su conceptualiser. Ce simple échange serait suffisant à Exodus pour estimer le quotient intellectuel d’Ivy Isley et générer une multitudes de scénarios possibles entre les deux personnes. Mais il n’a pas les capacités intellectuelles de certains cyberpathes capables d’effectuer des quantités d’opérations mirobolantes à la secondes. Ce type de calcul, bien qu’à la porté de son intellect et son génie empathique qu’il est, lui prendrait trop de temps. Et le temps commence à lui filer entre les doigts à la manière de la coureuse végétale. Il ne peut cependant pas la laisser couler comme l’alcool entre ses dents. Il a vu son empreinte psychique, il a observé les couches supérieures de sa psyché et y a vu des choses plus passionnantes qu’il n’aurait pu concevoir. Son emprunte étant gravé dans son instinct et ses sens psychiques, il connait sa position plus précisément qu’Ivy elle même. Son esprit peut donc la suivre, passant de passant en passant, d’habitant de Gotham en habitant de Gotham, rentrant dans leurs appartements, et croisant leurs chemins - sur ce trottoir glissant - la fuyarde. Alors qu’elle les passe, les doubles, les heurte et les esquive :  chacun d’entre eux, tour à tour lorsque Ivy est à leur hauteur, parlent à l’unisson d’une même voix rauque. Le dialogue glisse le long de sa course, ne la quittant pas, sans pour autant être dans sa tête. Car les mots sont bien prononcés. Tantôt par un enfant, puis par sa mère, par le voisin adossé à la porte de son immeuble, au policier du coin de la rue jusqu’au commerçant pliant boutique. Tous, tour à tour prononcent ces quelques mots à l'intention de la femme au manteau.

« J’ai toujours été capable de comprendre les animaux, de l’Ourse à la fourmie. Mais si une chose m’a toujours échappée… »

Soudain, alors que la fin de cette énoncé allait être prononcé, le monde autour d’Ivy se mit à se métamorphoser. Les ténèbres devinrent lumière, les immeubles devinrent arbres, et la voilà transportée par illusion télépathique à plusieurs milliers de kilomètres, à plusieurs heures d’écarts, dans une reproduction parfaite de la Jungle de Sumatra. Un seul ordre vint alors s’immiscer dans l’esprit d’Ivy. Imperceptible des non télépathes. Une commande des plus simples : Cesser de courir pour contempler le paysage. Rien de plus, rien d’intrusif, rien de douloureux, rien de sensible. Rien qu’un réflex. Il ne s’est produit qu’une fraction de seconde, la phrase toujours en suspend attend sa conclusion. Mais l’illusion saurait subjuguer n’importe quel être vivant.

Une clairière se dresse devant Ivy. De haut arbres se lèvent jusqu’au ciel, plusieurs dizaines de mètres en hauteur. En face, à une dizaine de mètres, le début d’une falaise ferme le cercle rendant ce lieu paisible. De cette falaise coule une cascade, abondante, venant se déverser dans un petit lac, retenu par des rochers formant un escalier chaotique juste en face d’elle. Des gros cailloux, parfois plus carrés que rond, entassés sous les feuilles, le lichen et les racines, grimpent sur deux mètres de dénivelés pour enfin toucher les lèvres de cette retenue d’eau où la vie jouie et prolifère. Le ciel est bleu d’un clair de jour et, même si le soleil est masqué par quelques fins nuages, une fine brise vient rafraîchir les températures agréables bien qu’humides. Ce tableau, d’un vert émeraude omniprésent, est tacheté d’un gris en nuance, venant ponctuer, tel les peintres impressionnistes, la fresque. Le tronc des arbres se dessine dans l’ombre de la forêt dense. Cette clairière est un paradis de calme, le bruit de la cascade venant créer une onde blanche régulière, couvrant à peine le crissements des feuilles sous le vent et le bruit de la multitudes d’animaux vivants ici en harmonie. Cette clairière, bien qu’illusion, existe réellement. C’est un lieu perdu en Indonésie qu’Exodus a vu de ses yeux lors de ses décennies de voyages en tant que confrériste. Ce lieu, bien qu’illusion dans la tête de la jeune femme, n’en est pas moins réaliste. Elle pourrait même se perdre à sentir la nature comme elle le fait de ses pouvoirs psychiques. Car après tout, manipuler les plantes se passe tout autant dans sa tête, tout comme cette illusion. Et elle est autant maîtresse de ce tableau qu’Exodus n’en est le peintre. La surplombant, en haut de cet escalier de pierre, le voilà assis, dans le fauteuil de cet hotel. Il lui tourne le dos de trois quarts, observant la cascade, jambes croisées et mains jointes. L’espoir n’est permis qu’à ceux qui osent lever les yeux et ils les lève, bien que vide, vers l’embouchure de cette falaise par laquelle la vie chute. Il est dans son illusion autant que dans son esprit mais on devine par le calme de cette peinture que tout cela est paisible et en aucun cas agressif. Le verre d’alcool posé sur l’accoudoir du fauteuil, il poursuit cette phrase en suspend, que la fraction de seconde séparant les mots précédents aurait fait oublier, tellement le paysage est absorbant de poésie.

« … C’est le monde végétal. »

Il marque un temps, avant de poursuivre le fil de sa pensée, de cette même voix rauque et grave qu’elle connaît maintenant assez bien. Il ne la regarde pas, il regarde ce qu’elle voit, ce qu’elle doit reconnaître comme le pays qu’il mentionnait lorsqu’un smartphone lui était tendu.

« Pourtant quel beauté… Quelle beauté est-ce là… L’harmonie naissante du chaos de la Nature... Fascinant. »

Non, il ne joue pas à un jeu, il ne cherche pas à truquer les dés et se jouer de ses émotions. Il ne ment pas non plus, bien qu’il pourrait, pour aller dans son sens, pour développer des sentiments. Assis sur ce fauteuil, au milieu de cette clairière, il est un homme honnête et sans doute cela se sent. Sans doute cela se voit, alors qu’un sourir tout aussi sincère se dessine légèrement sur ses lèvres marquées de son visage d’un autre temps.

« Les Hommes ont encore beaucoup à apprendre, de la faune, de la flore, de l’équilibre entre l’ordre et le chaos. Carl Jung le disait si bien : Dans tout chaos, il y a un cosmos, dans tout désordre un ordre secret. »

Gotham est bien loin, comme effacée du champ de vision, effacée des préoccupations, comme si l’instant précédent était il y a une éternité et que l’instant présent s’était arrêté. Ce tableau, Exodus y a peint l’immobilité de l’instant, pour que sa pensée, neutre, se teigne de cet espoir émeraude et soit saisi, si elle le souhaite, par Ivy. Sa tête se tourne légèrement pour fixer les yeux de la femme au manteau d’hiver alors que son discours continue, ne perturbant en rien le calme du lieu, mais venant au contraire en renforcer la plénitude. Sa voix résonne sur les rochers, résonne dans ce point d’eau, se mélangeant à l’ambiance de cette jungle menacée.

« Malheureusement, comme tout équilibre. Il est précaire. Fragile. Une seule petite perturbation et le voilà qui s’écroule sur lui-même, ne courant qu’à sa propre destruction. L’humanité est douée pour cela. Elle est douée pour pousser l’équilibre au delà des limites. Libre à nous alors de la laisser faire. De se résigner. Ou bien d’essayer de préserver les choses. Car si le côté turbulent des humains est une fatalité qu’on ne peut restreindre,  ne pouvons nous pas essayer d’y opposer une force équivalente. Pour que l’équilibre soit préservé ? Après tout il en va de notre devoir d’intellectuels. Eduquer, enseigner, instruire. Et cela par les actes ? Car l’enfant n’est éduqué que par ce que l’adulte est. Non par ses bavardages. »

Encore une citation de Carl Jung, mais cette fois ci, le nom n’est pas mentionné. Il n’est nul besoin de justifier l’argument d’un penseur du passé, l’argument se suffisant à lui même puisque l’orateur se suffit à en comprendre toute la subtilité. Il se lève alors, les mains jointes dans son dos, son costume tranchant avec élégance le paysage Indonésien. Il fait face à Ivy mais la surplombe légèrement, projetant une ombre diffuse jusqu’à ses pieds, le bout de son crâne effleurant la pointe de ses pieds. Il sourit et ajoute :

« N’est-il pas venu le temps de cesser de courir à reculons, mademoiselle Isley ? »

Le paysage commença à trembler, le bruit des moteurs, des scies et l’odeur de la fumée s’amassent autour de la clairière. Des feux se propagent sans pouvoir être arrêtés tout autour des deux personnages. La cascade d’un bleu si pure fut teinte de sang et les flammes s’élevèrent jusqu’à la cimes des arbres millénaires, couvrant le ciel de nuage noir. Replongeant dans les ténèbres ce coin de paradis. L’illusion se transforme en une fournaise suffocante. Exodus descendis en lévitant les quelques marches de roches le séparant d’Ivy pour être à portée de main. Il tendit cette dernière, la droite, paume vers le ciel en flamme, vers son interlocutrice sans pour autant la toucher, en gardant une distance de courtoisie dans cette apocalypse naissant. Les flammes commencèrent à le lécher pour le couvrir alors que ses derniers mots résonnent malgré le crépitement de l’incendie.

« Si il vous reste encore une once de bienveillance et de conviction que la nature humaine tiens plus de la Nature que de l’humain et réserve encore du bon en elle… »

Paradoxale parole alors qu’Exodus partait en fumée dans l’incendie au même titre que son illusion, qui s’évapora sans un bruit, laissant place à la normalité. Gotham était de nouveau là, autour d’elle, de son béton et ses restes de pluies. De ses passants pressés la bousculant pour avancer et ses gargouilles mesquine, la jugeant du haut de leur perchoir. La nuit était de retour, et avec elle son lot de lumières artificielles. La voix d’Exodus, qui n’était plus, résonnait alors dans sa tête, finissant une fois de plus, son énoncé avant de se retirer définitivement de son esprit que ce soit au travers des ordres donnés que des illusions suggérées.

« … Alors vous savez comment me trouver. »

Dans la rue à côté d’elle, la même voiture, avec la même portière ouverte. L’homme au smartphone était déjà retourné à ses activités. Elle était libre de choisir. Comme si tout recommençait, comme si les flammes de l’enfer avait purifié les erreurs passées d’une rencontre maladroite. Tel l’apocatastase le monde se voyait tourner de nouveau, comme si de rien n’était. Palingénèse simulée, Exodus avait quitté les esprits, ne laissant au conducteur de la voiture qu’un ultime ordre : Emmener Ivy à l'hôtel où il était resté assis, si elle choisissait de grimper, puis rentrer voire sa femme et embrasser son fils. Exodus était satisfait, peu importe ce qu’Ivy déciderait, il savait qu’il pourrait partir sur une nouvelle base. Soit avec d’autres interlocuteurs, soit avec elle.
Un rictus d’apaisement se dessina imperceptiblement sur le visage d’Exodus. Ses doigts se desserrèrent un peu plus sur son verre d’alcool, qu’il porta à ses lèvres.
»

[HJ : Désolé pour ce RP un peu gros bill ou je joue énormément ne te laissant pas réagir. J'espère qu'il ne te posera pas de problèmes et qu'il te plaira autant qu'il m'a plu à écrire.]



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Re: L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

Message  Ivy P. Isley le Mar 20 Fév 2018 - 14:53


Certaines personnes réfléchissent mieux en mouvement. Je ne sais pas si c’est mon cas mais, alors que je cours le long de la route à la recherche d’une ruelle, je me dis que j’ai ratée une très simple occasion de m’en tirer sans trop de difficulté. Il aurait suffit de choisir l’option de me rendre au point de rendez-vous par moi-même et j’aurai ainsi pu me planquer simplement voir user des éventuelles plantes du Cristal Palace pour me renseigner sur la situation ou y agir. Ça aurait sauvé le peu d’affaire que j’ai et peut-être même ma vie ; ça n’aurait pas été à la hauteur de mon talent en "se foutre dans la merde", cela dit. Et Dame Nature sait que c’est ma compétence la plus développée. Plus encore que l’athlétisme, auquel je fais pourtant toujours plus appel à mesure que la voix se propage chez toute personne autour de moi, d’innombrables anonymes ne devenant qu’un et prenant un instant de leur temps pour construire une phrase que j’entends bien malgré moi. Suis-je en train d’halluciner ? Ai-je réellement attendu que la science démontre que je ne suis pas folle pour le devenir ? Ça me ressemble tellement. Et encore, Dame Nature merci aucune question n’a été posée ; sinon je n’ose imaginer où je me retrouverais.

De toute façon, je n’aurais imaginé où je me retrouve. Ma course se termine alors que je perçois la jungle, apaisée par sa seule présence. Tout autour de moi, des troncs se dressent pour disparaitre dans les houppiers ou sous de la mousse et des lianes. L’espace est éventré d’une falaise et d’un cours d’eau, ouvrant un puits sur le ciel et inondant d’une lumière qui a permis aux fougères et aux herbes de se développer entre les cailloux arrachés et polis par le courant. Cailloux entre lesquels l’eau coure discrètement et sur lesquels je marche, tels des pavés après une grosse pluie. L’humidité de l’air et les vents tièdes me permettent de savoir où je me trouve et je souris légèrement alors que je ressens de nouveau la forêt primaire indonésienne autour de moi. Elle n’est pas comme dans mon souvenir mais celui-ci est vieux de plus d’un an et l’enfermement qui m’a séparé d’elle n’a pas aidé à conserver en mémoire quelque chose de précis. Qu’importe, la luxuriance me fait du bien et m’offre une certaine gaieté, calmant mon cœur et me laissant pleinement m’imprégner du lieu. Le clapotis de l’eau m’indique qu’à suivre le chemin de galets, j’en trouverais une retenue, tandis que les bruits des animaux me laissent considérer que l’on est loin des destructions humaines. Mais il est une voix humaine pour m’interpeller, concluant une phrase qui me renvoie à des instants précédents forts peu agréables. Il y a beaucoup de choses à penser en simultanée heureusement je suis douée pour ça ; pas autant que pour me mettre dans la merde mais là je bas des records de toute façon.

Le bois du siège est aussi resplendissant que mort et pareil mobilier n’a rien à faire ici mais celui qu’il supporte doit être le responsable du ici et de la mésaventure du soir. Les questions se pressent dans ma tête et j’appose une main à ma tempe pour essayer de comprendre comment j’en suis arrivée là. La pensée la plus rassurante que j’arrive à avoir est que j’ai enfin arrêtée de finir à quatre pattes après une téléportation. Oui, je sais, la plus logique serait que me retrouver dans un environnement aussi riche en vie végétale m’offre l’occasion de me défendre mais si mon interlocuteur, ou plus exactement l’un d’entre eux, m’a amenée ici c’est qu’il n’a rien à y craindre. Si l’on veut positiver, il n’y a plus personne pour me tenir pour responsable de ce qui arrivera du coup. Je ne sais juste pas si ça plaide en ma faveur. Mais au point où j’en suis, autant prendre les choses avec dérision. L’humour c’est comme la vaseline, plus t’essais de faire passer un gros truc plus faut en mettre.

Il n’est pas besoin de comprendre le monde végétal pour le trouver beau, comme il n’est pas besoin de comprendre le monde humain pour le trouver moche ; il suffit de regarder. Quand à comprendre une fourmi, voici qui permettra sans doute d’apprécier mes phéromones à leur juste valeur puisque les fourmis marchent pas mal à ça. Car, soyons franc, si j’ai l’occasion d’user de ma capacité d’influence pour m’en sortir je le ferais : elle est celle qui me semble avoir le moins de chances de ne pas marcher. Ce qui ne signifie pas qu’elle a beaucoup de chances de marcher, cela dit. Une constatation qui ne m’empêche pas de souffler du nez avec amertume à la troisième déclaration d’une personne plus douée pour les paroles que pour mettre les gens dans de bonnes dispositions : oui, les humains ont beaucoup à apprendre de la nature et des écosystèmes, dommage que la plupart s’en foutent. Et franchement, citer un psychiatre à une échappée de l’asile est d’un cynisme presque poétique. J’aime. Avec la nature ci-présente, c’est bien l’un des deux seuls trucs que j’aime de la situation présente.

Je n’aime pas la voix rauque, elle est sortie de trop de bouches pour moi ce soir, et je dois avouer que les yeux d’un blanc laiteux et dénué de pupille comme d’iris me posent aussi un malaise. J’ignore ce que mon interlocuteur voit mais c’est trop ; je ne suis pas pudique mais c’est plus que la nudité que l’autre me donne l’impression de percevoir. Et pour continuer dans la joyeuseté, l’entièreté du lieu fait écho à sa voix, me déclenchant un frisson irrépressible. Tout équilibre est précaire, fragile, je suis d’accord. Et, pour la première fois de ma vie, je me dis que celui de ma raison l’est aussi. Bon, les "petites perturbations" y arrivent régulièrement mais comme on me reproche de courir à ma propre destruction c’est logique ; et le Joker prouve que la folie peut être d’une logique implacable, sans pour autant perdre son imprévisibilité. Heureusement, j’en suis plus à prévoir grand-chose.

Il n’est néanmoins besoin d’aucune prévision pour voir que l’humanité coure à sa propre destruction elle-aussi, emportant avec elle tout ce qui l’entour comme si elle refusait qu’il reste quoi que ce soit pour les espèces qui suivront après elle. L’humanité est douée pour pousser l’équilibre au-delà des limites ? C’est un euphémisme.  Je ne sais plus quand exactement mais je suis certaine que c’était en juillet que, l’année dernière, nous avons atteint le seuil de consommation de ressources annuel ; après je dois avouer que ce n’est pas quelque chose qui m’a étonné ou intéressé, surtout que je ne suis sortie d’enfermement qu’en octobre et que les médias n’ont pas été le premier truc que j’ai redécouvert de la civilisation ; même s’il a fallu expliquer à Sebek quelques bases sur Fox News. Sebek qui risque d’avoir l’occasion d’honorer sa part de notre marché très prochainement, d’ailleurs. Octobre, novembre, décembre, janvier, février… je n’ai même pas tenue une demi-année avant d’être de nouveau dans une situation désespérée.

« N’est-il pas venu le temps de cesser de courir à reculons, mademoiselle Isley ? »

Je m’apprête à répondre à cette question histoire d’apporter les problèmes qu’elle réclame, au niveau des actes, de l’éducation, de l’enseignement, de l’instruction, de la préservation… je m’apprête à répondre à cette question histoire d’apporter les problèmes qu’elle réclame mais les tremblements m’interrompent avant même que le moindre mot n’ait pu franchir mes lèvres, pourtant ouverte. Les bruits des machines de mort se répandent, me faisant sortir les mains de mes poches pour regarder aux environs et écouter à travers eux ; c’est diffus, à la fois partout et nulle part, une menace irréelle que mes sens comme mes perceptions extra-sensorielles n’arrivent à localiser alors qu’ils la perçoivent clairement. Puis la douleur de la brûlure jaillis à l’intérieur de mon crâne alors que l’incendie se répand. Une main sur la tempe, j’exhorte les plantes à se défendre et à attaquer mais, sans savoir où, cela se limite à se débattre dans l’agonie. Je tombe un genou à terre, mon autre main s’en allant dans les cours d’eau tiède ruisselants entre les cailloux, alors que la peur m’envahit de nouveau même s’il est une émotion plus ardente pour me complexifier la raison : aussi brulante que la douleur à l’intérieur de mon âme, la colère me pousse à l’attaque. Qu’importe que celle-ci soit vaine.

« Si il vous reste encore une once de bienveillance et de conviction que la nature humaine tiens plus de la Nature que de l’humain et réserve encore du bon en elle… »

Je lève les yeux vers cette figure angélique qui lévite au milieu de l’enfer, tendant une main à ma direction alors qu’elle commence à brûler elle aussi. C’est la première fois que je vois ses traits et j’ignore si l’aspect rougeâtre de sa peau est le résulta de l’environnement ou de son être. Je n’ai pas le temps de savoir qu’il part en fumée, avec tout le reste. La forêt, la douleur… les bruits sont remplacés par ceux de Gotham, de la familière Gotham dont le sinistre est infiniment plus rassurant que mon propre esprit à présent. Je n’ai pas été téléportée et, genou à terre sur le trottoir, je contemple mon reflet dans la flaque où repose ma seconde main, entre des pavés guère différents des pierres que j’ai cru voir. La voix raisonne dans ma tête, me faisant instinctivement relever les yeux vers la voiture qui m’a rattrapée. Le froid aussi, il m’a rattrapé. L’homme au téléphone comme les affaires que je lui ai lancées, mes affaires, n’en ont pas fait de même. Je déglutis le plus péniblement du monde. Ma main me démange.

C’est une sensation qui surpasse même le froid de la flaque d’eau boueuse dans laquelle elle est plongée. Ma main me démange comme elle m’a rarement démangée jusqu’ici. Je ne le regarde pas et pourtant je n’ai d’attention que pour elle. Je ne la touche pas et pourtant elle est la seule chose que je ressens physiquement. Elle ne fait aucun bruit et pourtant j’ai l’impression d’entendre les démangeaisons tant elles m’obsèdent. Elle a sans doute une odeur mais, pour le coup, je ne sens plus rien. Quand au goût, on évitera d’en parler.

M’appuyant sur elle, je me redresse pour faire face au conducteur, lequel m’attend manifestement. Je suis terrorisée à l’idée de rentrer dans sa voiture mais j’ai perdu, je le sais. Je sens la saleté humide sur le bout de mon index droit alors qu’il gratte les doigts de ma main gauche, eux-mêmes enserrant mon pouce droit à s’en faire blanchir les jointures. Mais cette blancheur ne saura jamais me sembler aussi vive que celle des lumières de la ville à cet instant précis, présentes au-dessus de moi dans leurs sources et au-dessous dans leurs reflets. Livide à mon tour, à l’exception de mes doigts qui saigneront bientôt, je fais la seule chose qui me reste à faire. Je pourrais bien user de mes pouvoirs pour me servir d’éclaireur ou d’ambassadeur mais je n’ai plus la force. J’ai perdu, pour l’heure j’ai perdu.

Je monte dans le véhicule.

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Re: L'espoir n'est permis qu'à ceux levant la tête (Ivy Isley)

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