Commencements [PV Darryl]

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Commencements [PV Darryl]

Message  Ethan Scott le Jeu 13 Nov 2014 - 18:16


COMMENCEMENTS

« Une certaine frénésie impatiente coulait dans les veines d'Ethan à mesure que le temps passait. Ç'aurait pu être de la caféine, mais le fait était que, aussi étrange que cela puisse paraître, le jeune homme n'était pas vraiment friand de café, voire même ça n'était pas du tout son truc. Bien sûr, il avait fini par apprendre à apprécier les arômes du café torréfié, et parfois même à en prendre malgré tout, car c'était la seule drogue de combat qu'il connaissait et, surtout, il n'avait pas mieux pour le moment. Toujours était-il qu'il était un peu nerveux et qu'il tentait tant bien que mal à la fois de réfréner son côté fanboy qui ne l'avait jamais quitté, et à la fois d'avoir l'air respectable, et pas juste d'un gros nerd en mal d'autographe. Il n'avait absolument pas l'impression de savoir ce qu'il faisait, et cette sensation particulière qui lui faisait soudainement prendre conscience de la réalité et de l'instant présent, un peu de la même manière que s'il avait été en veille, que quelqu'un avait pris possession de son corps et de son esprit et que maintenant il lui redonnait les rênes en lui disant « démerde-toi. ». Bien entendu, il avait l'habitude de ce genre de situation et avait perfectionné l'art du baratinage pour l'élever au rang d'art. Non pas qu'il soit sur le point de baratiner qui que ce soit, mais il était potentiellement possible que, peut être, quelques unes des rumeurs sur internet ait été exagérées à propos de la Young Force. Young Force qui pour le moment n'existait que dans ses fantasmes encore mais qui s'apprêtait à prendre corps pour la première fois - du moins en dehors de lui et des Davis - en la personne de Darryl. Le tout était de lui montrer par une logique implacable qu'il avait eu raison de parcourir les quatre mille quatre cent quatre vint treize kilomètres - très exactement - de route depuis Los Angeles jusqu'ici pour attérir dans un Starbucks au milieu d'une bande de geeks, qui n'avaient pour le moment de héros que le titre autoproclamé.

La réalité était néanmoins différente, il y avait une véritable démarche derrière ce projet et c'était plus qu'un simple fantasme de fanboy, mais le tout était de présenter la chose sous le bon angle et de ne pas tout faire capoter. Après tout, Random était un peu l'investissement inespéré dont il avait besoin, alors il n'avait pas intérêt à le rater. Il avait déjà une petite popularité là d'où il venait, mais surtout, une construction sociale concrète de son alter égo héroïque, pas juste un délire de s'habiller en spandex pour halloween. Il avait déjà un costume, un alias, une némésis. On n'était pas un héros sans avoir de némésis. Aider les mamies à traverser les rues, et les chatons à descendre des arbres, c'était bien joli, mais pour passer du stade de malade mental qui stalke les gens dans les rues à figure reconnue, c'était essentiel. Il s'était évidemment renseigné sur Darryl, au travers des coupures de presse et des informations qu'il avait pu trouver sur internet. Coup de chance, il venait lui aussi de San Francisco, et c'était plus facile pour Ethan pour récupérer des informations à ce niveau là. Et à vrai dire, il avait même eu un article sur Suck My Geek relatant un fait lié à ses activités il y a quelques mois. Malgré tout, il n'avait pu s'empêcher d'éprouver une petite pointe d'amertume à mesure qu'il lisait plus en détail ce qu'il pouvait trouver sur la toile, à mesure qu'il s'était rendu compte qu'en fait, Random était tout ce qu'il avait essayé ou rêvé d'être, mais qu'il avait échoué lamentablement. Il venait de San Francisco, il ne s'était pas fait massacrer la gueule au point d'avorter son projet et, pour couronner le tout, il faisait péter les scores sur l'échelle du sex appeal. En toute objectivité bien sûr, et ce détail n'avait pas échappé à Ethan. Ça, ni le buzz qu'il avait provoqué en faisant son coming out héroïque en version Adam et Ève, mais sans pomme ni serpent ni jardin.

Habillé avec simplement un pantalon blanc, une chemise bleue claire et des chaussures en cuir, il patientait non loin de la vitrine du Starbucks sur le trottoir afin de guetter l'arrivée du premier membre de la Young Force qui allait pénétrer le sanctuaire sacré et secret. Il en profitait pour faire prendre un peu l'air à Doom, le gros labrador noir un peu patapouf sur les bords, et il était en train de se rendre compte avec horreur ce que pouvait donner une colloc de jeunes attardés à pouvoirs au niveau des dégâts. Il fallait absolument qu'il revoit le contrat d'assurance, il n'y avait qu'à voir déjà actuellement.

Finalement, l'attente pris fin lorsqu'il aperçut presque par hasard le visage que l'écran de son ordinateur avant tant affiché pendant ses recherches. Quand ce n'était pas autre chose. Une pensée vague mais persistante le traversa qui lui faisait se dire qu'il aimerait en effet bien le voir en costume moulant en spandex malgré le ridicule de l'idée. Même s'il avait déjà aperçu la chose sur internet.

Il chassa brusquement cette pensée de son crâne, il était plutôt bien placé pour savoir qu'une pensée était si vite échappée, et se dirigea vers lui en lui faisant un geste ample de la main.

_ HÉ Darryl, par ici ! »

Il le dévisagea un instant maintenant qu'il avait la bête sous les yeux. Il avait l'air cool. Il avait parfaitement conscience du fait que ça ne voulait absolument rien dire, mais il avait l'air cool quand même. Ethan bloqua un moment malgré tout en se disant que non seulement il avait l'air de faire plus chaud à côté de Darryl, étrangement, mais qu'en plus...

_ Wow, c'est incroyable comme tu ressembles à Thor, on ne dirait pas sur internet, mais là c'est flagrant. »

Il se rendit compte trop tard de sa connerie, mais il n'empêche que c'était vrai... Il lui présenta une poignée de main amicale en faisant les présentation, avec un sourire entre la joie de voir la première brique d'un édifice se poser enfin, et la nervosité de tout faire capoter.

_ Bienvenue à toi en tout cas, je suis content de te voir enfin. Moi c'est Ethan, et lui c'est Doom. Doom, voici Darryl... » »


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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Darryl Maywin le Ven 14 Nov 2014 - 8:24


Quatre mille quatre cent quatre vint treize kilomètres. C'était ce que venait de parcourir Darryl en co-voiturage. Pourquoi cette méthode, et pas l'avion ? On pourrait avancer diverses raison mais à vrai dire il n'y en avait vraiment eu qu'une seule pour Darryl : pourquoi pas rencontrer du monde. Et durant son long périple il en avait fait des rencontres. Il avait d'abord voyagé avec cette famille nombreuse de nippo-américain dont les parents ne parlaient pas très bien anglais, un régale. Dans leur van il avait fait la connaissance de leurs quatres filles et de leur fils, tous plus jeune que lui, avec qui ils avaient pu passer le temps pendant prés de deux journées de trajets. À son arrivée dans la ville de leur terminus, Salt Lake City, ils l'avaient chaudement invité au mariage qui les avaient amené ici, celui de leur ainée avec un latino. Choc des cultures à tout les étages, c'était grandiose. Il avait pu y faire la rencontre d'un petit monde très intéressant, discuté de sa condition avec la mariée, qui l'avait reconnu (les parents avaient un peu paniqué en se rendant compte de qui ils avaient voyagé avec, mais s'en remirent très vite). Il avait signé son premier autographe aux trois plus jeunes, et puis il y avait eu Raùl, le frère du marié au sourire ravageur, qui lui avait innocemment proposé de partager sa chambre pour la nuit... Le lendemain, il avait repris la route avec Dolores, une grand-mère vindicative qui allait jusqu'à Denver. Une journée et demi de trajet à chanter des vieilles chansons de rock'n'roll avec une ancienne de Woodstock. Dolores avait préparé des pique-nick dont il se souviendrait toute sa vie, et semblait si heureuse de pouvoir voyager avec un jeune. Elle pouvait être réactionnaire parfois, et ils en vinrent à se sentir suffisamment à l'aise pour s'engueuler à deux reprises sur des sujets sociaux avant d'éclater de rire et de reprendre le trajet sur du David Bowie. Une perle à qui il expliqua le fonctionnement du smart phone que lui avait offert ses enfants, et qui s'abonna à tout son réseau en ligne. Elle avait régulièrement continué à liker les images qu'il postait de son voyage. Depuis Denver, où il avait dormis dans un motel, il avait repris la route avec un chauffeur routier rustre et débile, Jacob, avec qui l'entente ne passa pas du tout. Après une dizaine d'heure de silence il descendit plus tôt que prévu, à Omaha au lieu de Chicago. Il dût y annuler ses précédentes réservations de co-voiturage et en trouva une autre à la dernière minute. Cette dernière était un rassemblement de quatre inconnu dans une petite voiture sentant la cigarette : Lucy, Sam, Jena et l'Autre-Sam. Il restèrent serrés les uns contre les autres à refaire le monde et à dormir comme il pouvait jusqu'à Chicago, où ils se promirent de rester en contact tout en sachant tous qu'ils ne le feraient pas, non pas parce qu'il s'étaient déplu mais parce qu'ils avaient d'autres vies à vivre. De Chicago il monta dans un bus pour Cleveland, où il fut déçu de ne pas rencontrer beaucoup de personnes ouvertes à la discussion, et fini son parcours jusqu'à New York dans le camping car de Berenice et John, couple fraichement retraité qui n'avait jamais eu d'enfant et avec qui se développa une étrange relation, lui qui n'avais jamais vu ses parents ensemble. Ils avaient notamment passé un grand moment à lui dire de faire attention à lui en élucubrant sur tous les dangers possible de la vie héroïque, après qu'il leur ai parlé de ce qu'il faisait.

Ils venaient d'échanger leurs numéros. Ils lui avaient proposé de rester chez eux un jour de plus mais il avait gentiment décliné, il acceptait donc leur seconde offre, celle de pouvoir les contacter en cas de pépin ou si il voulait à nouveau goûter les muffins au citron meringué de Berenice. Il lui payèrent le taxi et c'est avec un grand sourire sincère qu'il leur dit au revoir, le coeur un peu serré. Le trajet avait duré 11 jours. Dans le taxi, il essaya de mettre ses bagages en place et indiqua maladroitement l'adresse du Starbuck's. Il était un peu azimuté, il n'avait pas bien dormis ces derniers jours, beaucoup de sommeil en voiture avait déréglé son fonctionnement, mais ce genre de sommeil n'était pas pour autant très réparateur. Il avait l'impression que la vie commençait vraiment.

Par la fenêtre du taxi il observait la rue, les gens, les voitures. Il pressait son front contre la vitre pour essayer de contempler le haut des immeubles quand ils arrivèrent dans des parties plus en hauteur, et essayait de voir et d'engranger le plus de choses possible. Il avait vu tellement, il avait ressentis tellement pendant ce voyage, c'était comme une renaissance. Après son coming out héroïque, il avait presque tout perdu, sauf son sourire et quelques personnes importantes. Il avait enfouis au fond de la lui la détresse qu'il devait en ressentir, mais il savait maintenant que la roue allait tourner. Il se sentait un peu mal quand même, parce qu'il arrivait d'un voyage qui ne le laissait pas dans le meilleur des états pour rencontrer quelqu'un et faire bonne impression : il n'avait pas pris le temps de se faire une beauté, pour être sûr d'arriver à l'heure, car il était surexcité et anxieux de rencontrer enfin d'autres super-humains. Ses cheveux étaient complètement décoiffés, formant des épis qu'il essaya de remettre en ordre en donnant un air "coiffé-décoiffé" en utilisant le reflet du rétroviseur (ce qui devait le faire passer pour un sacré bouffon aux yeux du conducteur). Il portait un short en jean serré sui s'arrêtait à mi-cuisse comme si il avait été découpé et un T-shirt de matière légère mais froissée, d'une couleur turquoise délavé. Ses chaussures étaient des chaussures montante de marche, marrons et beige, desquels s'échappaient des chaussettes vert clair. Il avait délaissé son manteau de faux-cuir écaillé, il faisait plutôt chaud aujourd'hui.

Quand il arriva devant le Starbuck's, il se sentait tellement excité, tellement assaillis de nouveauté, que c'en était presque étourdissant. Il aurait besoin de se construire des repères rapidement. Il resta devant le vendeur de café en se demandant si il devait rentrer ou attendre dehors. Ce genre de doutes débiles arrivaient rarement à Darryl, mais quand ils lui tombaient dessus, dans des moments souvent de grande excitation, il n'y était tellement pas habitué qu'il pouvait perdre tout moyen. Mais le gong le sauva. Enfin, Ethan Scott, aka le Gong. Il n'avait vu que des photos de profil de son nouvel hôte, mais il se trouvait devant lui maintenant. Ils avaient le même âge et à peu près la même taille. Sauf qu'Ethan avait une tenue plus... correcte que lui. Le pantalon blanc n'avait pas cet outrageux effet rehausse-popotin de son short, qui le faisait ressembler à un trampoline, et il n'avait pas de chaussettes vertes lui remontant sur les poils des jambes. Il se rapprocha de lui.


"Hey ! Salut Ethan, enchanté !"

Il était mignon le salaud. Un air de petit con fouteur de merde, sûrement à cause de son nez en trompette, mais c'est ça qui rendait son visage agréable. Le charme du boulet. Et puis il avait un chien. Un gros chienchien touffu tout noir tout poupoudou. Ça augmentait le potentiel sympathie de n'importe qui. Il était entrain de lancer un regard idiot à celui-ci quand Ethan le compara à Thor. Encore. Depuis que l'homme au gros marteau était apparus à la télé (Thor hein, pas lui...ahahah traulaulaule) il n'avait pas arrêté de se prendre cette réflexion. Thor par-ci, Thor par-là, "c'est les sourcils" ou "c'est la machoire". Il était un peu agacé par cette remarque à force, mais faisait comme il pouvait pour le prendre du mieux qu'il pouvait. Ou retourner la situation à son avantage. Ethan qui décortique son visage et le compare à un sex symbol déifié ? Cette tenue, ces regards sur les gens qui passent... Gaydar activated, alerte PD ! Saloperie de mangeur de graine d'homme, ils sont vraiment infiltrés dans tout les niveaux de cette société féminisée par les séries débiles des années 90 !

"Oui, merci, on me le dit souvent... C'est grâce à ça que j'ai eut mon p'tit copain. Enfin mon ex..."

Tiens, allez, ronge ton os. En parlant de nonos...

"Moi aussi j'suis très content de te rencontrer enfin ! Et de rencontrer Doom ! Hein Doom ! Hein ! Hooooo t'es beau comme un camion volé !..."

Il s'accroupi en face du chien et lui caressa vivement la tête en continuant avec des onomatopées absurdes dignes des Sims.

"... et goulougouzi goulou !!! T'as des grosses pattounes choupitrognonne !..."

Et encore.

"... donne les grosses pattounes boubilou chienchien.... euh... ahem... pardon. Les animaux, ma kryptonite, ça fait fondre mon cerveau et après j'ai l'air d'un chimpanzé sous Xanax. Rassure-moi, vous avez pas de chat ?"

Il se tourna vers la rue, regarda dans un peu tout les sens puis se rapprocha d'Ethan en le prenant par l'épaule, lui murmurant dans l'oreille.

"Et elle est où cette base secrète alors ? On y va avant ou après le Starbuck's ?"

Il lacha son épaule et repris sa place.

"Généralement, on prend un café avant de ramener le garçon chez soi, ça donne l'occasion de discuter, mais c'est comme tu veux."

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Ethan Scott le Sam 15 Nov 2014 - 21:29


COMMENCEMENTS

« C'était en train de devenir très étrange soudainement dans sa tête. Sa capacité légendaire à imaginer n'importe quoi se mettait en marche et était déjà en train d'esquisser les contours d'un Young Thor sous Xanax avec des mains à la place des pieds qui combattait le crime dans un slip de super héros multicolore. Non. Stop. Ça y est ça devenait ingérable. Faire tourner un Starbucks ça il savait faire, mais alors faire comme si de rien n'était quand Darryl parlait de son ex, c'était vraiment difficile. D'accord, le but était quand même qu'ils fassent connaissance, tous, mais il allait attendre un peu avant de demander s'il était encore célibataire, il n'était pas là pour ce genre d'affaires ! Et puis allons, il avait plus de volonté que ça quand même. Au moins, c'était Doom qui semblait avoir trouvé son content dans la présence de Darryl. Ethan ne fit pas de commentaire néanmoins, dans la mesure où il lui arrivait de faire les mêmes bruits d'attardé avec son chien.

_ Non il n'y a pas de chat. Pas encore. Enfin, j'espère pas, sinon ça veut dire qu'il se passe des trucs que j'ignore. »

Il allait ajouter quelque chose, mais à ce moment là Darryl fit un air de conspirateur avant de le prendre par les épaules et de lui chuchoter dans l'oreille une demande d'accès au plus gros secret de la Young Force : que leur QG était étalé là au vu et au su de tous ! La seule chose qu'Ethan réussit à retenir pour sa part, c'était qu'il était beaucoup trop près de son oreille, cet endroit sensible et son cœur le lui fit bien sentir. Néanmoins il lui rendit sa liberté avec soulagement et Ethan se demanda l'espace d'un instant, en évacuant sa bouffée de chaleur, s'il n'avait pas à faire à un de ces mecs mignons mais encore plus efficace que des chiens de chasse, qui se mettaient au garde à vous à la moindre perdrix qui batifolait innocemment dans les pâturages. Il n'avait rien ressenti de particulièrement dérangeant pendant le bref contact physique avec Darryl, mais il fallait dire aussi qu'il n'avait pas été très concentré, alors il ne pouvait pas dire qu'il avait ressenti grand chose. En tout cas, rien de spirituel. C'était vraiment infernal comme il était déstabilisé facilement et, dans un sens, ça le scandalisait. Mais bon, Darryl venait de traverser l'Amérique entière pour venir ici, il avait bien le droit d'être scandaleux. En tout cas, Ethan répondit du tac au tac.

_ Désolé, je n'ai jamais été très doué pour ce genre de choses. La dernière fois que j'ai décidé de ne plus être célibataire, ça a fini que j'ai pris le garçon et j'ai ramené le paquet de café à la maison. Depuis, je ne l'ai plus jamais revu. Peut être que je devrais essayer ta technique. »

C'était expliqué avec un sérieux déconcertant, à vous faire croire n'importe quoi, mais ça n'était qu'à moitié ironique, malheureusement. Il était vraiment arrivé une fois de ce genre, sauf qu'il avait juste ramené le café. A vrai dire, c'était un peu une soirée de la honte, et heureusement que personne d'autre n'était au courant. En tout cas, personne qu'il ne connaisse à moins de quatre mille quatre cent quatre vingt treize kilomètres. Mais Darryl avait l'air d'être quelqu'un d'assez expressif et amical, Ethan se détendit un peu plus et il riposta à son tour avec un petit sourire et en le regardant droit dans les yeux.

_ Cela étant dit, je te souhaite officiellement la bienvenue parmi nous à New York. Aussi je dois te dire que je n'ai pas précisé, mais - il baissa la voix comme pour éviter d'être entendu par des passants aux oreilles trop égarées - Doom n'est pas vraiment un vrai chien, c'est un de nos membre, tu peux lui parler normalement. »

Un instant d'incertitude et de silence passe où Ethan continue de fixer Darryl avec concition. Évidemment, tout ceci était faux, mais il ne laissa pas plus le temps à son interlocuteur de douter de sa parole et il prit l'initiative de prendre des sacs de Darryl, c'était la moindre des choses à faire.

_ Attends je vais t'aider avec tes affaires. Tu as fait bon voyage ? Tu es venu comment ? Je te propose qu'on monte tes affaires là-haut, que tu te poses quelques minutes et puis ensuite je te ferais visiter. Qu'est-ce que tu en dis ? Je t'offre même le café si tu veux, on pourra faire plus ample connaissance... Et je te présenterai les autres quand ils seront là. »

Non, aucune connotation sexuelle, vraiment. C'était juste la meilleure façon de l'introduire au fait que leur QG n'était en réalité qu'une colloc géante sur le point de devenir scandaleuse, au dessus d'un Starbucks qui finançait les délires et fantasmes de super héros avec un barbecue et deux canapés sur le toit. »


Dernière édition par Ethan Scott le Lun 17 Nov 2014 - 20:27, édité 1 fois

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Darryl Maywin le Dim 16 Nov 2014 - 10:43


Définitivement mignon. Darryl avait un faible pour les mecs maladroits, les ahuris du bulbe et les boulets sympathique. Et Ethan avait l'air de conjuguer l'ensemble. Bon, il avait l'air plus jeune qu'il ne l'était, un peu la tête et l'attitude typique du nerd qui écrit des fan fiction yaoi sur les personnages de ses séries préférés, mais agréable à vivre néanmoins. La tension d'Ethan était palpable face aux tentatives qu'employait Darryl pour le désarçonner. Et vice versa. Il la dissimulait plutôt bien (sa tension. émotionnelle), mais Darryl connaissait trop les hommes. Et sa réponse avec son fiasco du café n'était qu'une preuve de plus de sa maladresse, le sérieux avec lequel elle était affirmée ne faisant qu'en appuyer la véracité. Darryl était si chanceux, il avait déjà trouvé une friandise à sa première rencontre New Yorkaise. Il n'y avait pas tant de miracle à ça vous me direz, vu l'orientation générale de la communauté gay à apprécier les super héros, les probabilités que le créateur d'une jeune équipe destinée aux collants moulants et aux combats héroïques à la sauce queer soit attiré par le spandex et les abdominaux saillants étaient assez élevés. Darryl en savait quelque chose, il cumulait les deux catégorie, pour ne pas dire qu'il les cultivait. Le vrai hasard chanceux c'est qu'il était mignon, et potentiellement agréable à cotoyer.
Il se sentait un peu gêné quand même. Au fond de lui, sa petite conscience éthique des relations humaines venait d'adresser un formulaire de culpabilité au PDG du secteur libido ; l'une des plus grosses entreprises de son cerveau, un genre d'Illuminati impliqué dans toutes les activités neuronales de Darryl, et qui pouvait parfois outrepasser la hiérarchie de la raison ou des convenances. D'autant qu'il s'était brièvement associé avec le directeur de l'association des petites rancunes quand il avait été comparé à Thor pour la 748éme fois. Mais il ne pouvait pas dire qu'Ethan ne lui avait pas renvoyé la balle au bond en parlant lui-même de garçon, que le jeune homme en soit conscient ou non il venait d'envoyer un télégramme en sous-texte de son anecdote : "Message reçu. Stop. Moi aussi aimer les gonades masculines. Stop."
Si c'était conscient, c'était qu'il voulait jouer, et Darryl n'allait pas s'en priver. Si c'était inconscient, ça voulait dire qu'il était maladroit, et ça le rendait encore plus mignon, et Darryl n'allait pas s'en priver. En fait, y'avait plus rien à débattre, c'était fini : le secteur libido avait lancé une OPA hostile sur tout son système nerveux, il avait racheté les synapses et faisait payer une taxe d'orientation sexualisée à toutes les pensées qui voulaient voyager d'un neurone à l'autre. Il avait régressé au statut de chien de chasse, il espérait que la perdrix aurait du répondant, car il n'aurait de repos avant d'avoir pu la voir au garde à vous. Non pas qu'il était dans l'optique d'une conclusion immédiate de la battue au détour du premier canapé venue, pas du tout, il ne connaissait pas Ethan, il n'était pas question d'attraper la bête, mais de jouer au chat et à la souris pour apprendre à se connaître.
Et il en était sûr, il y avait du répondant. Et tant mieux, il aimait quand les rôles du chat et de la souris pouvaient s'inverser à volonté. Ca donnait des rencontres plus... versatiles. Il n'avait rien répondu à son anecdote sur le café et les hommes, ce dont Ethan profita pour lui souhaiter une bienvenue officielle en le regardant droit dans les yeux, presque en le mettant au défis. Une bienvenue qui sonnait plus comme le coup des clairon à l'ouvertures des joutes. Restait à savoir à l'avenir si ils allaient rester écuyer, ou si on allait assistait à des chevauchées épiques et des confrontations de lances frénétiques... Mais outre ce bienvenue, c'était la seconde annonce d'Ethan qui l'étonna.

Doom était un membre de l'équipe ??? Non... si ? Mais... après tout, si il devait sembler "chien" il devait agir comme un chien. Darryl le regarda, l'air effaré, et le chien répondit en le fixant tout en penchant la tête sur le côté. Lui, un membre de l'équipe ? Un chien intelligent ? Un métamorphe ? Un robot ? Il était dans l'incertitude et ne pouvait pas poser toutes ces questions en pleine rue. Autant Darryl était perspicace, autant quand le doute s'emparait de lui il ne savait pas quoi en faire. À ne douter que très rarement il n'avait jamais vraiment développer de "système immunitaire" à même de gérer convenablement ce sentiment. Il entrait donc dans des spirales dialectiques de questionnement ininterrompues qui ne pouvait prendre fin qu'à l'obtention d'une réponse claire et précise. Ça le rendait très naïf, très bête, et c'est sûrement l'une des choses qui l'avait poussé vers le journalisme : la recherche de réponses. Il regarda de nouveau le chien avec un air surpris, puis Ethan qui s'emparait de l'un de ses sacs et se retournait pour l'emmener vers leur QG. Il suivit donc le pas, remis ses affaires sur son dos et le suivit pendant qu'il écoutait Ethan et son programme. Définitivement maladroit dans ses mots ce gars.


"J'en dis que ça me semble un bon programme, j'suis impatient d'apprendre à te connaître. À tous vous connaître. Et il va falloir que tu me montres la douche, parce que la dernière que j'ai prise était dans un camping car. Pour le voyage, c'était génial, j'te raconterais en détail si tu veux quand on sera posé, j'suis venu en co-voiturage et c'est une longue histoire. Ça a duré 11 jours, et ça doit en faire 9 que je rêve de retrouver les conforts citadins des besoins humains : une vraie cuisine pour manger, une vraie salle de bain de se décontracter, et un vrai lit... pour dormir. J'suis bien content de pouvoir enfin en profiter."

Ils entrèrent par une porte à l'extérieur du Starbuck's et Darryl commençait à comprendre que le Starbuck's et le QG étaient liés. Ou du moins cohabitaient. Ce qui n'était pas bête, il y avait tellement de Starbuck's qu'on ne faisait plus attention à leur existence et qu'on ne les différenciait plus. Il était vraiment excité à propos de tout ça. Pour l'instant il ne pensait pas encore "super héros". D'abord à cause de l'OPA hostile de libido sur son centre nerveux. Ensuite parce qu'il découvrait New York. Enfin parce qu'il avait l'impression de démarrait tellement de nouvelles sortes d'aventures à la fois rien qu'en s'installant ici qu'il ne pensait pas encore à toutes ces notions de missions et de sauvetage de l'humanité, qui étaient pourtant la raison première de son arrivée. Il y avait à l'intérieur un escalier, et Darryl l'indiqua d'un mouvement de la main.

"Je t'en prie, passe devant, tu connais le chemin. Et comme ça j'aurais le plaisir d'observer sans me presser ce que je m'apprête à investir."

Il lui posa cependant une main sur l'épaule avant qu'il ne se mette à grimper les marches. Même sans que les Illuminati du Sexe ne contrôle son crâne d'écervelé, Darryl était quelqu'un de très tactile, avec très peu de notion de l'espace personnel. Il n'avait pas de problème avec le fait d'être lui-même envahis, et ne comprenait donc pas vraiment le soucis à toucher le corps d'autrui si il s'agissait de contact simple comme une main sur l'épaule ou un bras autour de la hanche. Peut-être que tout était lié, mais la plupart des gens qu'il connaissait avait très vite su faire la différence entre les contacts qu'il pouvait avoir aux autres, ceux qui était dénué de seconde pensée et ceux qui l'étaient beaucoup moins.

"Dis moi, avant qu'on monte, tu te moquais de moi pour Doom hein ?"

Il se retourna vers le chien qui avait toujours l'air aussi pataud.

"C'est pas que je sois gêné d'avoir fait des caresses à quelqu'un que je connais à peine, j'ai pas vraiment de problème avec ça, mais j'aime bien savoir..."

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Ethan Scott le Dim 16 Nov 2014 - 23:13


COMMENCEMENTS

« La façon dont Darryl était resté perplexe devant l'imposture de Doom valait son petit pesant d'or. Entre l'expression désarmée qui ferait fondre n'importe quoi et le regard à moitié attardé d'un cerveau qui bug, il était particulièrement fier de son coup. C'était le gros avantage de voir des pouvoirs surnaturels apparaître un peu partout dans le monde : le moindre mensonge pouvait devenir crédible. Ethan aurait tout aussi bien pu dire à Darryl qu'il était un mutant polymorphe et que sa véritable apparence était un mélange sorti du mix improbable de deux ou trois pokémons qu'il aurait été incapable d'être certain à 100% que c'était faux. En attendant, il essayait surtout de ne pas rire au final. Cela dit, la remarque suivante de Darryl lui fit comme l'effet d'une massue. ONZE jours ?! Les yeux d'Ethan s'écarquillèrent légèrement, lui donnant un petit air de Darryl d'il y avait à peine quelques secondes, aussi plus connu sous l'appellation de "merlan frit". Il était à la fois admiratif et effaré. Onze jours à voyager en stop, ça avait dû être... Particulier. Et surtout, onze jours sans un vrai internet ? A sa place, il aurait déjà fait une petite crise de panique. Cela dit, ce qui l'effarait aussi, outre l'apparent désir pressant de Darryl de retrouver un confort citadin - manger et dormir : les deux seules vraies choses de la vie, même si certains rajoutaient à cette liste en annexe une extension d'extras kilométrique et qu'il n'était pas vraiment sûr, ici, qu'il ne faille pas ajouter des nuits sauvages - c'était surtout le fait qu'il espérait que Darryl ne serait pas déçu du voyage, car onze jours c'était presque la moitié d'un mois et la moitié d'un mois c'était presque un vingt quatrième d'une année. Énorme, en somme.

A l'intérieur il y avait une entrée qui démarrait directement sur un escalier en bois, et Darryl recommença son truc. Oui son truc là, dire des phrases anodines mais tellement sexuelles quand on avait l'esprit mal placé, avec un naturel qui en défiait les lois de la physique. Pire encore, le cœur d'Ethan sauta un battement quand il lui mit la main sur l'épaule. Oui, c'est totalement anodin, mais vous ne vous rendez pas compte, mettez vous à sa place, le frère de Thor - en plus mignon et sans l'amas de paille négligée façon Nelly Olsen au masculin qui lui servait de touffe - était en train de le kidnapper physiquement une deuxième fois en deux minutes ! Bon sang, c'était peut-être un de ses super-pouvoirs, déclencher l'apocalypse dans la tête des gens. Ou alors... Ou alors c'était juste ses hormones. Oui, c'était très probable. Il se rappelait maintenant pourquoi il avait eu tant d'intérêt pour les super héros pendant son adolescence. Le Spandex, quand on a le corps pour le remplir et qu'on réussi à éviter l'effet Power Ranger moule bite, c'était difficile d'y résister. Il comprenait mieux la remarque de Jessica un jour qu'elle l'avait entraîné : « D'habitude, je ne prends jamais d'élèves hommes, ils n'arrivent pas à se concentrer, mais toi, c'est différent... ». C'était son pouvoir de mutant : résister à l'attaque boobs. Cela dit, il semblerait que l'attaque Darryl soit outrageusement efficace. Ce qui l'offusquait dans un sens, après tout, il était un homme de raison et de logique, parfaitement. Il arrêta de respirer le temps qu'il comprenne ce que Darryl voulait. Ça.

_ Oh... Non non. Lui aussi il aime bien les caresses en plus t'inquiètes pas. Derrière les oreilles et sur le ventre, et lécher les gens, il a assez peu de pudeur avec ça d'ailleurs. Attends je vais te montrer. »

Il s'accroupit devant son chien, ce qui au passage le soustraya innocemment du contact d'avec Darryl. Pas qu'il n'appréciait pas, en fait Ethan avait toujours eu un aplomb formidable pour porter les choses en dérision, et pouvait débiter un nombre incroyable de mots à la minute pour improviser tout et n'importe quoi, même dans les pires situations. Sauf dans ce genre de cas. Ça expliquait que... Non, on allait éviter de parler du contrôle du pouvoir d'Ethan et des rêves érotiques. Il écarta les bras d'un geste théâtral, un de chaque côté, tandis que Doom le regardait d'un air placide mais enthousiaste, la langue sortie et respirant la bouche ouverte, comme s'il allait se passer quelque chose de spectaculaire. Alors il prit la tête de son chien entre ses mains et fit blobloter les babines avec un ridicule particulièrement prononcé, le tout assortit d'un petit quelque chose qui devait sembler familier à Darryl :

_ Ouuh mais c'est mon gros poilu ça, hein, mon gros poilu obèse, blobblobblobblob. Oh ouiii t'aimes ça mon gros hein. Gouzi gouzi gouzi, viens on va montrer au gros Darryl le QG ultra top secret de la Young Force ! »

Il se redressa finalement, Doom ayant ce regard dramatique qui voulait dire « Encore », et malgré le ridicule, fit face à Darryl. Maintenant, ls étaient tous les deux sous Xanax.

_ En général, il porte toujours son collier en cuir et n'aime pas trop la laisse. Quand il remue la queue c'est qu'il est content et, un conseil, évite de te faire lécher le matin, il pue un peu de la gueule au réveil. »

C'était clairement écrit sur sa figure qu'il se moquait de lui. Pas méchamment évidemment, mais c'était toujours comme ça au début, Ethan se couvrait de ridicule et ensuite il réussissait à être un peu plus normal.

_ Désolé, j'ai toujours rêvé d'avoir un chien qui parle. En tout cas, si t'as d'autres questions, n'hésite pas. En attendant, c'est par ici. »

Il reprit le chemin des escaliers d'une allure tranquille. Il y avait un coude, puis la porte. En fait, il se rendait compte à quel point il était carrémnt excité, et ce n'était pas juste une affaire de spandex et de sondage sur internet pour savoir ce qui avait la préférence sur Darryl : le devant ou le derrière. Non, c'était le premier membre de la Young Force à débarquer. Passer cette porte avec lui allait concrétiser un rêve. C'était un peu un genre de dépucelage héroïque, mais il se retint de sortir cette connerie néanmoins. Il entra, et tint la porte pour Darryl

_ Et voilà la tanière ! Normalement c'est pas trop le bordel, même si c'est relatif, mais ne te gêne pas pour y mettre à ton aise. »

L'appartement de la collocation avait pris des proportions de géant quand ils avaient eu la merveilleuse idée de fusionner trois des appartements pour faire une sorte d'über habitation gargantuesque qui, pour le coup, paraissait vraiment spacieuse, mais c'était surtout dû au fait qu'il y avait plusieurs chambres qui étaient encore vides pour le moment. Il y avait du coup trois petites salles de bain, deux salons, une cuisine XL, une entrée qui était plus un endroit du couloir et sept chambres. Pas toutes meublées cela dit. Le tout formait une espèce d'architecture mal formée, étrange mais auquel on s'habituait vite. Il embarqua directement Darryl faire un tour.

_ Alors, là c'est la cuisine, ici le salon, la porte là-bas c'est la chambre de Billy Davis, il était dans les Alpha Flight Junior si tu vois l'équipe. A côté il y a sa sœur Suzie, même équipe. C'est le duo attardé des Young Force. Ici c'est une chambre vide, là un autre salon, là ma chambre, ici la salle de bain et là encore une chambre vide. Si tu continues ce couloir il y a encore une salle de bain, une autre chambre vide et... bah tu verras bien. Viens on va mettre tes affaires ici. »

Il ouvrit une porte dans un couloir, dont je ne narrerais pas l'emplacement car je m'y perds aussi, qui dévoila une petite chambre où il y avait un lit, un meuble de chevet, un placard, un bureau et en fait le nécessaire minimum qu'on trouvait souvent chez les étudiants. Les murs étaient blancs et vierges et une fenêtre donnait sur la rue, juste au-dessus du café où on pouvait voir le carrefour et deux des rues de celui-ci.

_ On a acheté ça pour toi, je ne sais pas si tu as prévu d'amener des meubles, mais tu peux en faire ta chambre. Si tu préfères une des chambres vides, ne te gêne pas pour déménager dans un autre endroit de la maison. S'il n'y a personne, c'est que c'est vide. Pour l'instant nous ne sommes que quatre, mais d'autres devraient normalement nous rejoindre dans peu de temps. Enfin je l'espère. Suzie et Billy ne sont pas encore là, on fera les présentations quand ils seront rentrés. »

C'était à peu près tout ce qu'il avait à dire. Il était un peu stressé de voir comment Darryl trouvait tout ça, c'était un peu spartiate pour le moment, et on voyait bien à certains endroits, notamment les chambres vides, qu'il y avait eu des travaux récemment et ça faisait encore un peu brouillon. Il avait peur de passer pour un attardé qui réunissait juste des gens dangereux dans un ersatz de base secrète, et il ne s'était pas attendu à jouer à l'agent immobilier en premier lieu, mais après tout il fallait bien commencer par là. »


Dernière édition par Ethan Scott le Lun 17 Nov 2014 - 20:27, édité 1 fois

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Darryl Maywin le Lun 17 Nov 2014 - 13:31


Donc Doom était un chien. Un vrai chien. Petit salaud de nigaud d'abrutis d'Ethan, il devait vraiment passer pour un crétin maintenant. Où il allait pouvoir trouver la confiance en soi pour continuer à jouer à "draguons-nous-l'un-l'autre-style-de-rien-comme-des-furets-en-rût" maintenant ? Il était pas le garçon le plus dénué de confiance en soi qui existait, c'était sûr, et ça venait en grande partie de sa capacité à n'être qu'à moitié conscient des notions de honte et de restriction, mais il avait quand même ce petit égo susceptible qui, une fois meurtris, perdait se sa superbe et de son assurance. Bon, il fallait pas exagérer pour autant, un peu de drama intérieur ne tuait personne, mais il ne ressentait qu'une gêne légère. Et il avait surtout envie de rire, parce qu'il s'était bien fait avoir. Et que ça rendait Ethan encore plus intéressant : un autre troll dans le QG, y'avait de quoi démarrer une patrouille de trolls !
Enfin bon, le coup était bien joué. Et il préférait Doom en tant que chien, ça voulait dire qu'il pourrait continuer à s'en servir de hugging ball (comme un punching ball, mais pour défouler les câlins). Et puis d'après ce qu'en disait Ethan, ils avaient beaucoup en commun ! Il aimait les caresses derrière les oreilles et sur le ventre, il aimait lécher les gens, il remuait la queue quand il était content et puait de la gueule le matin.


"Comme moi"

Échappa Darryl sans y penser. Il espéra immédiatement que la remarque c'était perdu dans la conversation. En tout cas, Ethan n'avait rien à lui envier côté hugging ball, tout y étais pour être parfaitement ridicule tout en augmentant son statut d'adorable troll maladroit : les papouilles sur les babines, les gazouillement compulsifs, les borborygmes apoplexiques et la prise en charge de 50% de la bave sur ses vêtements. Si Darryl s'écoutait il se serrait accroupis lui aussi pour accompagner Ethan dans son activité, mais pour une raison qu'il ne comprenait pas totalement il avait l'impression que ce serait passer une borne. Un peu comme faire tomber son sac de course et le ramasser à deux avant de se toucher la main et de se regarder dans les yeux en murmurant "qu'est-ce-qui nous arrive ?". Un truc dans le genre scénario too much. Par contre il écoutait attentivement et gardait les informations bien en tête.
Un chien qui parle... c'était trop mignon comme rêve. Il ne le dit pas, ça aurait pu être mal interprété et vu comme de la moquerie, ce qui n'était pas du tout le cas. Darryl aussi était marqué par ses rêves d'enfant. Par exemple, encore à ce moment il voulait vivre dans un fort de couverture pour toujours, et se nourrir exclusivement d'ourson à la guimauve et de jus de raisin. Il avait rêvé d'être écrivain et d'adopter des bébés phoques, et de se marier sur un bateau. Il rêvait moins certes. Depuis la mort de sa mère. Toujours un grand rire, toujours un grand sourire, moins de rêve. Il n'avait pas lui même conscience qu'il avait besoin d'un peu de guérison de ce côté là...

Ils reprirent l'escalade vers le QG. Darryl était saisis d'excitation, il ne voulait pas le laisser transparaître mais il trépignait d'impatience. Il y avait tellement d'énergie du suspense en lui qu'il avait envie de pousser Ethan pour le faire aller plus vite. Il ne disait plus un mot et se contentait d'afficher un large sourire, comme celui d'un enfant qui s'apprête à déballer ses cadeaux. Il allait faire partie d'une équipe ! Ses neurones étaient déjà parcourus d'informations sexuelles dans tout les sens, comme les fesses d'Ethan au dessus de lui sur les marches, mais elles étaient maintenant saturé par les multiples "OMG" qui zigzagaient dans son cerveau à tout va. Il allait, en passant cette porte, officiellement intégrer une équipe de super-héros, qui était ce qu'elle était, mais qui était un premier pas. Il n'avait jamais pensé être aussi excité à ce propos, lui qui n'avait jamais rêve de carrière héroïque auparavant, mais il y avait pris goût pendant ses deux années de service. Et il se rendait compte maintenant que c'était extrêmement important pour lui. L'impatience le tuait littéralement, et il savait qu'elle ne s'arrêterait pas au pas de la porte : il était impatient de les connaître, de leur montrer sa cuisine, de découvrir New York, de vivre des aventures, de trouver un travail, de s'installer... Il était impatient de vivre.

Quand Ethan ouvrit la porte, il continua de le suivre en l'écoutant avec un sourire béât. C'était grand ! C'était rudimentaire, mais beau, un peu bordélique mais on sentait la vie. Il aimait le bordel, un minimum, ça rendait les lieux plus chaleureux, plus organique, on avait l'impression de se retrouver accueillis par la personne plus que par un la façade qu'elle voulait bien vous montrer. Il y avait de l'authenticité dans le bazar. L'appartement semblait complètement biscornus, encore un peu en travaux, mais il adorait ce genre de lieux hybrides. Il venait d'avoir le coup de foudre, il était sûr que ce lieux deviendrait très vite quelque chose qu'il n'aurait aucun mal à appeler un "chez soi". Et l'impatience intarissable qui lui frappait les côtes à tout rompre était si fort qu'il avait du mal à jeter ses bagages par terre et à courir dans toutes les pièces pour se faire une idée.

Il suivit Ethan à travers les couloirs et les salons avec une joie fébrile, jusqu'à ce qu'on lui présentât comme sa chambre potentielle. Il entra en observant le tout, tournant sur lui-même dans un espace qu'il n'imaginait pas aussi grand. Il déposa ses sacs par terre en jetant un grand sourire à Ethan.


"J'adore. Je reste ! Pour toujours !"

Il se rua vers la fenêtre et observa la vue, puis se rapprocha du lit. Il posa ses deux mains dessus en se penchant et lança un regard complice à Ethan... puis il commença à appuyer dessus à plusieurs reprises. Il retira ses chaussures mal attachées de simples coups de pieds, puis se jeta sur le matelas et se laissa rebondir plusieurs fois dessus, avant de s'y mettre sur les genoux et d'y sautiller gentiment, puis de plus en plus fort, jusqu'à se mettre debout pour sauter à divers endroits du lit. La scène pouvait paraître absurde mais ne s'arrêtait pas là, car il descendit d'un bon et se mit à pousser le lit d'un côté, puis de l'autre, avec des mouvements répétés des bras, et puis le frappa contre le mur tout en semblant écouter l'écho que cela produisait avec un air d'expert, le tout avec une énergie très joyeuse.

"Je prend !"

Dit-il en arrêtant là ses activités étranges, et en se rapprochant de son sac, posé à côté d'Ethan. Il y attrapa une serviette de bain et une trousse de toilettes, et se releva en le regardant droit dans les yeux.

"Je voulais m'assurer que ce lit ne grinçait pas, ça pourrait être très dérangeant pour les deux autres..."

Il jeta la serviette sur le lit, et commença à vider la trousse de toilettes sur ce dernier.

"... et pour toi."

acheva-t'il après un cours silence, tentant du mieux possible d'afficher un regard innocent. Des savons et des shampoings tombèrent sur les draps, accompagnés d'une tondeuse électrique, de rasoirs, de tubes de lubrifiants, de cires pour les cheveux, de dentifrices, d'une brosse à dents et de capotes aux couleurs diverses. Il attrapa un shampoing, du savon, la serviette et s'éloigna du lit pour rejoindre la porte, lançant un grand sourire à Ethan.

"J'prendais ma douche après, allons boire un café d'abord ! Tu m'en a promis un, t'as même réussis à ramener le garçon et il va rester, première victoire du grand Ethan."

Il commença à marcher vers la cuisine mais se retourna prestement.

"Oh et puis... j'osais pas te le demander, on se connait à peine mais... on pourra se les montrer après si t’es chaud... Bon, t’as vu le mien sur internet, il est un peu bizarre mais il a du succès... un peu destructeur aussi faut pas le prendre à la légère... et pas forcément délicat, mais je sais m'en servir et y'en a pour tout les goûts ! Mais j'ai surtout très envie de voir le tien..."

Il affichait un regard très sûr de lui.

"Je suis vraiment impatient de voir quel est ton pouvoir !"

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Ethan Scott le Mer 19 Nov 2014 - 21:34


COMMENCEMENTS

« L'appréhension ne dura pas très longtemps, à vrai dire, et si Ethan avait espéré que Darryl apprécie la chose, il fallait bien avouer qu'il ne s'attendait pas non plus à ça. Sa réaction initiale avait eu comme effet de balayer les quelques doutes que le jeune homme nourrissait et de l'emplir d'une sensation de joie tranquille. Il afficha lui aussi un sourire jusqu'aux oreilles devant celui, contagieux, de Darryl, tandis qu'il avait encore du mal à réaliser que cette idée de Young Force était en train de se réaliser. C'était un peu la revanche d'Ethan sur la vie et ses échecs passés. Lorsqu'il avait finalement abandonné l'idée de se découvrir des pouvoirs mutants durant son adolescence, ils étaient apparus à sa majorité. Lorsqu'il avait abandonné l'idée de devenir un super héros quand la réalité l'avait rattrapé violemment ce soir là, il avait finalement commencé à fusionner ces trois foutus appartements en un seul. Et aussi insensé que ça puisse paraître, la présence de Darryl était un peu la concrétisation physique de ce fantasme. Au sens figuré, mais sûrement aussi un peu au sens propre. Dans tous les cas, il semblait violemment attaqué du cerveau, mais sa bonne humeur était communicative, même si là en cet instant présent, Ethan le regardait en train de faire des singeries sur le lit avec un air situé à mi chemin entre la surprise, le wtf total, et l'habitude de fréquenter des mongols dans cet appartement et d'en être un lui-même.

_ ... Content que ça te plaise alors. Ça me fait plaisir ! »

Il commence à prendre ses affaires de toilette, à les déballer sur le lit, et le tout avec cette allure parfaitement innocente mais qui pourtant dégage une espèce d'aura maléfique et carnivore. Mais Ethan n'était pas dupe, il voyait bien là le petit stratagème, cet homme était un scandale à lui tout seul, et même s'il se trompait complètement - parce qu'en fait il pouvait bien être totalement à côté de la plaque avec toutes ces émotions - et bien même s'il se trompait lourdement, cet homme était quand même un scandale. On n'avait pas idée, quoi, d'être un mélange entre Thor le barbu nordique au gros marteau et le mec mignon dans Hunger Games que l'héroïne semble tout faire pour choisir l'autre blond prépubère quand elle est voisine d'un gars comme lui. Étrangement, Ethan était capable de prédire une augmentation de la température moyenne de son corps pour au moins les trois semaines à venir. Dieu merci, c'était lui qui était capable de lire les pensées et pas l'inverse.

Et puis encore une allusion perverse à double sens - non pas que lui n'en ait pas faites non plus cela dit - mais tout ceci était comme en train d'enliser les rouages de l'esprit du jeune homme dans de la mélasse collante, à tel point qu'il se demandait à chaque phrase s'il y avait un double sens, si c'était lui qui exagérait ou si pour une fois Darryl semblait vraiment innocent. Le coup du crash test du lit était vraiment inattendu, et il se contenta juste de le regarder bêtement déballer ses affaires multicolores en étalant son joyeux bordel. Quand Darryl passa devant lui pour se diriger vers la cuisine, lui tournant ainsi le dos, Ethan laissa éclater sa déconcertation dans une grimace silencieuse accompagnée de grands gestes des bras, comme pour exprimer un « whaaat ? » et eu l'incroyable réflexe de se remettre au garde à vous tout en reprenant contenance à l'instant même ou Darryl se retourna, n'affichant plus qu'une façade figée et qui se voulait neutre, même si en fait intérieurement la petite voix du doute lui hurlait « IL T'A VU GROS MONGOL ». Ne pas céder à la panique, mais ce que sortit Darryl acheva sa comédie et ses yeux s'ouvrirent un peu plus ronds et sa bouche s'ouvrit légèrement, avec l'air béat et perdu de celui qui comprend ce qu'il pense comprendre avant qu'il ne comprenne qu'il s'agissait en fait de son pouvoir.

Grillé.

Une seconde interminable de silence s'étire et l'écoulement du temps semble s'être brisé avant qu'il ne réussisse à surmonter ce moment de gêne ultime. Comment diable en est-il arrivé là ? Tout ce qu'il trouve à répondre, c'est une suite brutales de monosyllabes. L'espace d'un instant il est devenu un télégraphe.

_ Oui. Non. Enfin d'accord. Je veux dire, après. Après le café quoi. »

C'était la honte totale de s'être laissé faire prendre si facilement dans un si gros piège. Son image de fondateur charismatique et entreprenant venait d'être écrabouillée comme une mouche sur un pare brise. Vite, il devait trouver un commentaire digne d'une punchline.

_ T'es un gros attardé. »

Une autre demi seconde de silence incertain, tandis qu'il se maudissait intérieurement et n'avait qu'une envie : mourir vite.

_ Tu vas bien t'intégrer je pense. Non en fait, c'est une certitude. »

Il essayait de respirer calmement quand son corps lui ordonnait de prendre un peu l'air. Non pas tant cette fois-ci à cause de Darryl mais surtout la bouffée de chaleur de la honte.

_ Bon. Le café. Je te laisse le choix. Le café de la cuisine où on ira ensuite poser nos fesses dans le canapé qui sent le chien parce que Doom laisse ses poils et sa bave mais qui est le plus confortable de la maison. Le toit où on fume de la marie jeanne illégale et où on joue aux jeux vidéos, ou dans le Starbucks en bas où il n'y a pas trop de monde à cette heure-ci et qui propose 27 sortes de grains différents avec ton prénom écrit avec amour sur ton gobelet par les employés. »

D'ailleurs, il pouvait bien lui dire maintenant. Et puis ça restaurerait un peu sa dignité à jamais perdue.

_ Ah oui, et le Starbucks est à nous. C'est notre entreprise. Si jamais tu as besoin d'un job pour dépanner n'hésite pas à demander. » »

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Darryl Maywin le Mer 26 Nov 2014 - 23:52




« Il y avait peut-être été un peu fort sur ce coup là. Il aimait ce petit jeu léger qu’il y avait entre eux, il ne connaissait pas Ethan mais c’était marrant, excitant, et lui donnait un bel aperçu de l’équipe. Néanmoins, il se laissait souvent emporté et aller trop loin quand il était pris au jeu. Il en oubliait que tout le monde n’était pas forcément aussi sociable et à l’aise que lui avec l’intimité et ce genre de blague. Il oubliait que la honte et l’humiliation pouvait aussi résulter de ces actions, et il s’en voulait à ce propos quand sa maladresse provoquait ce genre de réaction. Au début, il avait apprécié grandement de voir la perturbation dans les yeux d’Ethan. Sans mauvaise pensée, plus comme une petite victoire que sa blague avait fonctionné, un plaisir de plaisantin si l’allitération m’en est permise. Ethan balbutia une réponse pour essayer de se rendre une contenance et de rattraper le coup, il avait été quelque peu dévoilé sur ce coup là, et Darryl esquissa un petit rire qui se voulait rassurant, histoire de lui expliquer qu’il n’y avait pas de problème. Mais Il avait bien vite vu qu’Ethan s’était sentis idiot et dévalué dans le silence qui suivit. Ce n’était pas du tout son propos, ni son but, et il en fut attristé. Et il se sentit d’autant plus coupable quand, un peu dans le désarrois, Ethan lui jeta ces mots à la figure : «Tu es vraiment un gros attardé.» Les mots résonnèrent en lui avec une certaine violence. Méritée il n’en doutait pas une seconde, mais perturbante. C’était à son tour de se sentir idiot et décontenancé.

Était-il un tel idiot qu’il avait déjà gâché son image auprès de la première personne qu’il rencontrait à New York, et qui était aussi son premier équipier ? Ce mot d’attardé sonnait entre ses oreilles avec plus de force qu’il ne l’aurait imaginé. Sûrement parce qu’il voulait vraiment plaire à cette équipe. Il désirait réellement s’intégrer, c’était très important pour lui, plus peut-être qu’il ne l’avait calculé. peut-être aussi parce qu’il avait eu un très bon feeling avec cet Ethan, et qu’il ne voulait pas lui déplaire à lui, plus qu’il ne l’estimait. Beaucoup de question, beaucoup de remise en cause, plus qu’il n’était habitué à le faire en général. Il avait pour habitude de ne pas trop remettre en cause la justesse de ses actes, de les considérer comme bon si l’intention était bonne. Une vision naïve à n’en pas douter, mais qui contribuait à son caractère à la fois bienveillant et bon vivant. Ethan semblait plus en proie au doute que lui, mais il ne percevait pas ça comme une faiblesse à cet instant : ce jeune homme avait peut-être une confiance en lui bien moins solide que la sienne, mais il n’avait pas pour autant l’air de se laisser faire par cette dernière. À cet instant, il se rendait compte qu’il était du genre à se laisser porter par ses propres faiblesses, les prenant pour des forces qui pouvaient cependant s’avérer pleine de défaut sur lesquels il ne s’attardait pas. Ethan, lui, menait un combat intérieur permanent, et ça le rendait peut-être bien plus costaud que lui au final. Cette fragilité que la persévérance affronte, cette faiblesse à laquelle il ne s’abandonne pas malgré tout comme une définition, c’était bien plus admirable que son laisser-aller pourtant si « séduisant » et facile. C’était en réalité ce qu’il trouvait séduisant chez lui. En plus de cette petite maladresse qu’il avait déjà apprécié dés leur premier contact. Il n’y avait pour lui aucune perte de dignité chez Ethan… Évidemment, toutes ces réflexions ne se formèrent pas clairement dans son esprit, c’était plus des idées de passage rapide dans son esprit, sous la forme de sentiments subtiles et mêlés, la réalisation complète de ces déductions lui viendraient bien plus tard.

De fait, sa déception première, qui s’était affiché sur son visage par un certains désarrois, venait d’être soigner par les paroles suivantes d’Ethan, qui lui signifiait que ce même caractère qu’il estimait comme une erreur était aussi un facteur d’intégration de premier choix pour l’équipe. Ils étaient donc tous des attardés ? Il aimait l’idée. Les gens parfaits étaient ennuyeux, et présentaient bien moins d’intérêt à ses yeux. Bien moins d’originalité. Bien moins de capacité à surprendre leur entourage, à enrichir la vie. Il adorait l’idée même. Et son visage de petit coupable se redressa avec un sourire satisfait et rassuré, comme un chiot auquel on vient de pardonner sa bêtise en lui disant «who’s a good boy». Il était à deux doigts d’haleter bruyamment en tirant la langue à vrai dire, avec sa bouille enjoué et ses yeux rieurs.

Ethan passa l’éponge en lui proposant leurs diverses options. Le toit lui rappelait trop le côté sans-abris de son périple transaméricain, et il n’était pas un grand fumeur de quoique ce soit, étant suffisamment déjanté au naturel. De plus, il appréciait les jeux vidéos mais sûrement moins qu’Ethan, avec lequel il avait plus envie de discuter et de faire plus ample connaissance que de s’astiquer le joystick conjointement dans des corps à corps virils. Ils auraient tout le temps pour ça plus tard. Et il parlait évidemment de jeux de combat. Pour ce qui était du Starbuck’s, c’était la même, l’idée n’éveilla pas sa passion, bien que les mots «écrit avec amour» le firent sourire légèrement sans qu’il sache vraiment pourquoi. Encore ces foutus sacs de course ? Il avait vraiment la capacité à s’engager dans des scénarios n’importe comment. Et puis il avait trop pris de cafés dans des commerces lors de son périple, c’était impersonnel et la foule pouvait être une autre entrave pour une discussion approfondis l’un sur l’autre. Le choix qui le tentait le plus, et de loin, était de rester là, tout simplement. Il était même très excité à cette idée : il venait à peine d’arriver, il ne voulait pas déjà sortir de cette appartement. Il voulait s’en imprégner.

En revanche, il fut surpris d’apprendre que le Starbuck’s leur appartenait. C’était la fois génial et risible, mais il adorait l’idée. C’était un début, il avait l’impression d’apporter sa pierre à une start-up. Ils étaient une start-up de jeunes wannabe heroes, mais il voyait ça comme une chance, un avantage, une aventure. Et il était, il fallait le dire, assez impressionné par l’initiative commercial et de couverture qu’avait pris les fondateurs du groupe. D’autres auraient pu voir ça comme une idiotie, mais sa qualité d’attardé l’immunisait à ce genre de cynisme et de préconception. Par contre, il n’avait aucune envie de travailler sur son lieu de vie, encore moins dans un café.

«C’est génial ! Le café est gratuit pour les membres de l’équipe ? Même si on y travaille pas je veux dire, parce que j’aimerais garder ça en dernier recours : je vais chercher des boulots dans des journaux, histoire de faire honneur à mes années d’études… Pas que je considère ça comme un sous-travail hein, pfew... tu vois, j'suis pas plus doué que toi quand il s'agit de parler... En attendant, allons discuter de ça dans la cuisine. C'est mieux que coincé, gênés, dans ce couloir... Et pendant que tu me prépares un café à boire sur le canapé qui sent le chien tu me parles de toi.»

Il entama le pas vers la cuisine, qui comportait un ilot central servant de table de travail et de bar, entouré de tabourets. Un très bon endroit pour se retrouver à plusieurs se dit-il. Il s’assit à un des tabourets et s’alanguit sur le bar, allongeant la moitié supérieure de son corps sur la surface de bois poli, cambrant son corps en arrière sur le tabouret en équilibre, le fessier outrageusement en évidence. Rien de conscient ou de calculé là-dedans, simplement une absence de réalisation des convenances. Posant sa tête de côté sur ses avants-bras, les yeux bien ouverts, il scrutait Ethan pendant qu’il allait s’affairer dans la cuisine et s’occuper de lui, un sourire sur les lèvres. Il observait son nouveau partenaire d’aventure avec un regard curieux et bienveillant, impatient de le voir agir dans la vie de tout les jours. C’est ainsi qu’il en apprenait le plus sur les gens. Et il voulait lui laisser un peu plus de tranquillité comme ça, mettre une ambiance plus reposée... et puis regarder ce petit nez retroussé, et ces yeux dramatiquement trop expressifs pour le bien de leur propriétaires, mais assurément cela faisait partie de ses qualités. Et sans s'en rendre compte il en était rendu à le dévisager en souriant...

«Et donc, tu l'as su comment pour toi ?»

Lâcha-t’il avec malice… avant de se rendre compte qu’involontairement il avait encore dit n’importe quoi. Il se mit à rougir en enfouissant sa tête dans ses bras, étouffant un rire embarassé et se moquant de sa propre bêtise à répétition. Il releva la tête, les yeux fermé, prenant un petit souffle avant d’enchaîner. Il voulait bien faire comprendre qu’il n’allait pas tout le temps lui tendre des pièges.

«Euh… Que tu voulais être un héros je veux dire…»

S’empressa-t’il d’ajouter avec maladresse et balbutiement. »

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Ethan Scott le Sam 29 Nov 2014 - 17:57


COMMENCEMENTS

« Gêné dans le couloir ? Non, il ne voyait absolument pas ce qui lui faisait dire ça, il était tout à fait normal. Tout à fait... Il profita de la migration vers la cuisine pour respirer doucement. Il relativisa, tout allait bien, Darryl avait l'air cool, était mignon - bon totalement fêlé du bocal aussi mais ça c'était encore autre chose - et il avait l'air carrément enthousiaste par le projet de la Young Force. Alors, que demander de mieux ? Il se voyait déjà dans dix ans, quand il serait une figure héroïque reconnue mondialement et que la Young Force serait devenu la Justice Force (il en avait déjà des frissons) et qu'on l'interviewerait pour la rétrospectives des dix ans : « Monsieur Scott, qu'elle a été la difficulté la plus inattendue que vous ayez affrontée avec charisme ? » et il se sentirait un peu ridicule à répondre quelque chose du genre « Euh, faire un malaise à chaque fois que je croise un coéquipier dans le couloir ? ». Il prit du recul sur sa propre réflexion et se trouva lui-même attardé. Il se reconcentra sur la situation présente et ses yeux se posèrent sur les épaules de Darryl et se considéra pour le moment très satisfait avec ce qu'il voyait. Mais tout ceci n'avait pas pour finalité un flirt adolescent, alors il tacha de mettre de côté ce genre de considération. Il ne voulait surtout pas biaiser les liens qui naissaient à peine avec Darryl avec des impératifs primaires de son deuxième cerveau. Un peu comme avec Wallace, un des employés : le grand drame de sa vie. Mais il attachait beaucoup d'importance à découvrir Darryl, qui il était, ses motivations et son caractère, il n'avait pas fait cinq mille kilomètres pour être harcelé par un nerd en chaleur. Il s'éclaircit la gorge.

_ Pour les employés oui, mais de toutes façons on a toujours des surplus dans les placards de la cuisine donc on n'achète jamais vraiment notre café dans la colloc. Enfin, si, vu que ce sont nos stocks mais il y a toujours des restes quoi. »

Alors comme ça, il avait fait des études de journalisme ? C'était plutôt intéressant, et même ça pouvait être carrément utile pour récupérer des informations. Enfin, en tout cas, s'il trouvait un job. Il savait que Darryl avait des publications sur internet, il avait trouvé la chose pendant ses recherches et avait trouvé que c'était plutôt un bon moyen de se faire une idée de ses positions au travers des sujets qu'il traitait. En fait, il ne lui avait pas fallu longtemps pour penser qu'il avait une mentalité qui pourrait bien aller dans le groupe, même si c'était à prendre avec des pincettes dans la mesure où il avait bien conscience que ça ne reflétait pas nécessairement la personne qu'il était. Une facette, au mieux. Bref. Toujours était-il qu'il était là, maintenant, et au diable les extrapolations bizarres faites à partir des éléments qu'il avait pu trouver ici et là. Là, il y avait le concret, physique, présent, et il pouvait tâter le Darryl pour s'en faire sa propre idée, apprivoiser la bête. C'était une pensée... Frissonnante.

Darryl s'installe sur un tabouret et ne se rend pas compte à quel point son short est scandaleux. Mais Ethan est prêt à affronter avec bravoure la suite, il réfléchit une seconde ou deux avant d'allumer la machine Verismo estampillée du fameux logo vert d'une sirène sous acide et de faire couler de l'eau dans une carafe avec, comme à son habitude, une amplitude excessive dans ses gestes. Se grattant la joue d'un air passablement étourdi qui rendait une expression presque totalement perdue dans sa propre cuisine, il essayait de se concentrer sur ce qu'il faisait, car ce genre de situation avait tendance à augmenter d'une façon dramatique sa maladresse. Tant qu'il évitait le cliché des soap opéras où un quelconque liquide était renversé sur une partie gênante de l'anatomie de Darryl pour ensuite venir l'essuyer avec un torchon d'une taille ridicule, tout irait bien cela dit. Il fouilla dans le placard d'une façon désordonnée pour y chercher un gros sac en essayant de ne rien faire tomber d'autre.

Et là, Darryl pose sa question.

Il se fige un instant, les deux bras dans le placard, avec une réflexion proche du « hein ? » en tournant la tête à moitié et il entend Darryl rigoler d'un air étouffé. Il finit par retirer le sac en papier du compartiment et se retourna. S'il une once de gêne l'avait vaguement traversée, elle fut vite balayée par l'hilarité du mutant en face de lui et il sourit bien malgré lui en laissant échapper un truc qui ressemblait à un petit rire. Darryl qui balbutiait, c'était un peu comme les cerises les plus foncées : les meilleurs. Néanmoins, c'était une bonne question, et cette discussion allait inévitablement ensuite aller sur du "tu me la montres... Ta capacité" et tout le reste. C'était excitant, parce qu'il pouvait partager ça avec un vrai héros avec un vrai costume et une vraie Némésis et... Bordel. Au fond, c'était un enthousiasme enragé qui brûlait.

_ Hm, j'en sais trop rien en fait. Depuis toujours je suppose. D'aussi loin que je me souvienne ç'a toujours été le cas. Mon premier jeu vidéo était sur les héros, c'était Justice League vs Ninja Turtle 3000 sur Game Boy. Un jeu à s'arracher les cheveux. J'avais une figurine Flash, que j'ai toujours en fait, et les cartes à collectionner. Et puis aussi mon pyjama quand j'étais pe... Enfin. On vit dans un monde où des types peuvent raser une ville en pétant trop fort et ont le super pouvoir de ne pas avoir l'air ridicule en costume moule paquet en spandex. Ça c'est quand même incroyable, ça m'a toujours fasciné. Moi quand j'enfile un pyjama, j'ai l'air d'un mec en pyjama. A la limite, un cosplay de Star Trek, mais pas d'un héros. Juste d'un putain de mec en pyjama. J'aurais bien aimé faire une thèse là-dessus... Non sérieusement, sur l'Héroïsme avec un grand H. »

Il se tait deux secondes et en profite pour poser son sac en papier sur la table devant lui, comme un lourd fardeau dont Darryl devrait faire le choix. Choisir sa capsule de café, parmi les dizaines et dizaines différentes qu'il y avait. Il commença à en sortir et à les lui présenter pour lui laisser l'embarras de la sélection.

_ J'ai plein de choix. En fait, même des goûts expérimentaux qui sont encore en cours de test. Genre, banane-fraise. - il s'empare d'une petite capsule métallique à la couleur rosée-crème d'un air sceptique, l'observant comme si elle allait lui péter entre les doigts à tout moment avec de grands yeux presque fascinés par cette chose improbable - Ça doit tellement ressembler à... Rien. Dis moi quelle saveur tu veux et je te fais couler ça dans la machine. »

Il plante ses yeux dans les siens avec une assurance digne d'une réplique de série télé. Voilà quelque chose qu'il sait faire en toutes circonstances et avec un professionnalisme à toute épreuve : promouvoir du café.

_ Ça fait longtemps que tu fais ça ? J'ai pas réussi à savoir exactement depuis quand en cherchant sur internet. Et les références sont... Très confuses au début. En fait, la première fois que j'ai entendu parler de toi, je suis resté dubitatif au début, j'ai cru que c'était une blague - sans méchanceté hein - mais ça sortait carrément de l'ordinaire. Tu sais qu'ils ont fait une référence à toi il n'y a pas longtemps dans South Park ? Un petit monstre bizarre qui a le hoquet tout le temps et qui change de forme. Ça ne dure pas longtemps mais... »

Mais c'est énorme ! Voilà ce que tout son corps lui criait, aussi bien dans les yeux que dans les mains que dans le nez en trompette et il ignorait en fait totalement pourquoi il parlait de ça maintenant. Certainement l'espèce d'enthousiasme explosif que ressentait Darryl qui se répercutait d'une façon inconsciente sur lui-même. Ethan n'était pas tout à fait imperméable aux émanations empathiques s'il ne faisait pas attention et c'était un peu le cas ici. »

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Re: Commencements [PV Darryl]

Message  Darryl Maywin le Dim 30 Nov 2014 - 12:04



« Lui et Ethan n'était pas semblable, il s'en rendait compte à chaque instant. Ils avaient beaucoup de points de rencontre, à commencer par leur maladresse commune, une solidarité du boulet. Mais même leur manière d'être des cas sociaux n'étaient pas les mêmes. Darryl aimait ça. C'était toujours agréable de rencontrer quelqu'un avec qui on partage presque tout, mais la lassitude surgit très vite dans ces cas-là, en tout cas pour Darryl. Au contraire, être face à quelqu'un de différent et l'apprécier quand même était un bon signe. Ça voulait dire pour lui que cette équipe était le genre de bordel cosmopolite dont il rêvait. Il n'avait, à l'inverse de Darryl, jamais vraiment rêvé d'être un super-héros avant d'en avoir les moyens. Mais quand sa vocation lui était apparu, il se souvenait qu'il y avait bien une chose qu'il avait toujours apprécié dans les équipes de héros qui parcouraient déjà le monde dans son enfance : la différence incroyable des membres d'une équipe. Ce patchwork tout azimut de formes, de couleurs, d'origines, de nature. Il se souvenait être fasciné par les séries fictives que regardaient son frère et sa soeur, où se côtoyaient loup-garou cosmonaute, robot voyageur du temps et maîtres des arts martiaux. Il trouvait que la synergie de ces équipes était un vecteur d'espoir et de joie ragaillardissante et rafraîchissante. Il reprochait d'ailleurs à Carol la critique de ce modèle. Et il voyait bien avec Ethan, malgré qu'ils soient tout deux humains, d'apparence du moins, qu'il y avait déjà ce genre de différences dans leur caractères, leurs attitudes. Et il adorait ça.

Il pouvait le voir à la manière dont se déplaçait Ethan. La manière dont il cherchait dans le placard. La façon qu'il avait d'utiliser son corps était radicalement différente de la sienne. Témoignant d’une autre perception de lui-même. Et la façon dont il se décrivait démontrait significativement leurs différences de parcours. Ethan semblait avoir toujours rêvé d’être un héros, admirant ces derniers, leur bravoure, leur force. peut-être parce qu’il rêvait lui-même d’obtenir les mêmes qualités. Dés son plus jeune âge, Darryl était au contraire impressionné par les personnes les plus faibles mais faisant preuve d’une grande force de volonté, du meilleur qu’il pouvait dans leur condition, et avait une perception lointaine de ces héros à la vie « trop facile » selon lui. Son héroïne a lui était sa mère, qui survivait chaque jour aux pires douleurs avec un grand sourire et le souci d’assurer le bonheur de ses proches. Ou son père, qui essayait malgré son absence d’être présente et d’assurer son rôle du mieux possible. Et même son beau-père, qui avait mit de côté sa fierté par amour et était devenu une forme d’oncle à ses yeux. Ses héros étaient aussi des artistes et des créateurs, des petits combattants de tout les jours. Il avait aussi ses héros surnaturels, mais il s’agissait de personnages fictifs dans des livres ou des séries et qui étaient bien plus souvent aux prises avec des soucis humains plus que des menaces interplanétaires. Et même malgré ça, il n’était pas ce qu’on pouvait appeler un inconditionnel : il se divertissait de temps en temps mais n’avait jamais développé de fanatisme pour une série de genre ou une BD. En tout cas pas autant qu’Ethan à en juger par l’appartement et les bibelots dont il lui parlait. Mais tout de même, il avait son lot de héros.

Buffy contre les Vampires par exemple, pour l’équilibre et la symbolique qu’il s’établissait entre les menaces surnaturelles et les obstacles du quotidien. Mais en vérité, il voyait ces héros fictifs comme des modèles mais ne voulait pas devenir littéralement l’un d’eux à l’époque. parce qu’il pensait qu’il avait suffisamment de problèmes à gérer dans sa propre petite vie. Plus tard, quand il développa ses pouvoirs, il l’envisagea comme une chose qu’il devait cacher, dissimuler et surtout utiliser le moins possible. L’idée de l’héroïsme ne lui vint pas de ce côté là, il accepta son état de mutant comme un fardeau et se dédia à l’héroïsme journalistique, rêvant de mettre à jour des secrets honteux et de partager des nouvelles qui pourraient embellir la vie des lecteurs. Pour lui, la Justice League n’était pas plus héroïque que d’autres : chacun faisait avec ce qu’il avait comme capacité, et il fallait voir les choses dans cette proportion et les remercier tout autant que l’on remercie un pompier ou un médecin. C’est ce qu’il reprochait aux Vengeurs qui médiatisaient leurs actes en voulant passer pour un nouveau panthéon humain, imposant une idée de supériorité à laquelle il n’avait jamais accroché, persuadé que si il faisait de son mieux en tant qu’humain, il vaudrait autant que Superman faisant de son mieux en tant que Kryptonien. C’est quand il s’était retrouvé à l’hôpital, lui, ses amis et l’homme qu’il aimait alors qu’il avait réalisé… réalisé qu’il avait fuit quelque chose depuis le début, son propre paradoxe : il n’était pas humain. Plus seulement. Il avait des pouvoirs… et faire de son mieux comme journaliste n’enlèverais rien au fait que ce jour là, il n’avait pas fait de son mieux en tant que mutant…

Il rigola à la remarque d’Ethan sur les pets. Il s’était peut-être un peu forcé, parce qu’Ethan était mignon, mais Ethan était aussi réellement drôle. Sa façon de bouger beaucoup trop, comme un rongeur surexcité, toujours sur le qui vive, était à l’opposé de sa démarche très décontracté qui ne laissait exploser son irrationnelle exhubérance que par explosion surprenante et impromptu, comme dans l’épisode avec le lit… Il se demanda de quoi il avait l’air dans les yeux d’autrui quand il enfilait son costume. Ce n’était pas du spandex pour commencer, la matière était plus épaisse et la coupe plus pratique. C’était ça aussi, il fallait une bonne coupe aux vêtements de héros, un pyjama H&M ne suffisait pas. Mais il se demandait tout de même si il avait l’air « bien » avec son costume. Remarque, il avait aussi envie de voir Ethan en spandex… parfois les moins musclor était les plus… surprenant. Il chassa ce début d’idée en se concentrant très fort sur le café. Ne… pas… penser… au… penis… des… gens.

« Fraise-banane »… bam ! Pénis ! Bravo Ethan ! Merci d’aider les gens : une banane avec une fraise bien rouge au bout, et le tout contenue dans une capsule de café couleur chair ressemblant atrocement à un emballage de capote, il manquait plus que les kiwi ! Ethan regardait la chose avec une innocence attendrissante mais qui faisait hurler intérieurement Darryl. Il avait envie de l’attraper par les épaules et de le secouer en lui demandant si il le faisait exprés… mais il savait que c’était de lui que venait le problème. Darryl et les garçons… une force en lui dont il ne connaissait pas l’origine était un véritable maëlstrom où pouvait s’engouffrer tout son être si il se laissait aller. En plus Ethan qui le fixe dans les yeux façon vendeur professionnel, et Darryl qui ne peut s’empêcher de soutenir son regard sinon quelque chose va sembler louche et Ethan va vraiment vraiment VRAIMENT le prendre pour un mec pathologique. Si c’est pas déjà le cas.

«Hmmmgnn… pfff bon, aller… envois le fraise-banane, j’ai envie de trucs nouveaux.»

Lâcha-t’il finalement en rougissant légèrement, d’un ton qui laissait à penser qu’il venait de se laisser aller à une pulsion longtemps retenu et qu’il abandonnait finalement, vaincu et désabusé… pour une simple saveur de café certes un peu étrange mais qui ne valait pas un tel ton de dépit. Comme dans toute discussion auto-reverse, Ethan lui retourna sa question et c’était à son tour de faire part de son « histoire ». C’était un peu injuste, Ethan en savait déjà un peu plus sur lui que lui sur Ethan. Mais leurs point de vue sur cette injustice devait divergés, Ethan devant se dire qu’il était injuste qu’il raconte sa quasi-non-experience à un semi-expérimenté. Il s’adonna donc au petit jeu de combler les trous d’un Ethan curieux. Les trous de mémoire. Il ne prenait pas d’offense sur sa carrière ou son pouvoir. Lui-même pour l’instant les voyait toujours comme des semi-blagues, on avait pas idée d’avoir un don pareil et un début de carrière aussi osé. Par contre, il ne savait pas pour South Park. Il demanderait à Ethan de lui montrer, plus tard. En tout cas, tout chez Ethan criait l’impatience et l’admiration. C’était agréable et gênant en même temps, Darryl était flatté et il ne savait pas comment gérer ce sentiment, entre le plaisir de l’éprouver et la peur d’en retirer trop d’orgueil. Il se dandina sur sa chaise et agita les mains comme pour disperser quelque chose de dérangeant, un sourire retenu tandis qu’il essayait de ne plus regarder Ethan dans les yeux. Il n’avait pas l’habitude d’être observait de la sorte pour son héroïsme, ça aurait été pour n’importe quoi d’autre il aurait été comme un poisson dans l’eau, mais sur sa carrière… il n’avait pas assez confiance en cette qualité précise pour être dans son élément.

«T’inquiètes pas, je le prend pas mal, même mois j’étais dubitatif de moi-même au début… Ça fait deux ans maintenant. C’était rien tu sais, j’ai juste profité de ma mutation… J’étais pas très fasciné par les super-héros quand j’étais gosse pour tout te dire, contrairement à toi. Peut-être que je manquais de rêve à cette époque… »

Un petit silence s’ensuivit, dans lequel il sembla réfléchir à cette dernière phrase, dans ses souvenirs, et un très léger voile de tristesse passa sur son visage. Qui s’éclaira de nouveau comme si de rien n’était.

« Enfin bon, pour moi les héros faisaient leurs boulots et c’était très bien, mais pas la peine de les aduler. J’ai commencé à apprécier la Justice League plus tard, plus agé, quand j’ai découvert avec les Vengeurs ce que c’était que des héros qui ne comprenaient pas leurs responsabilités. À ce moment, j’me suis dit que j’avais envie de faire bouger les choses, mais j’pensais au journalisme, j’m’étais jamais imaginé héros… je cachais mon pouvoir à vrai dire, je voulais pas en entendre parler, je voulais pas être mutant. Mais un soir, y’a deux ans donc… ils s’est passé un truc, ça a mal tourné. Mon ex et des potes ont fini à l’hôpital. Moi aussi. Pour moi, c’était ma faute, j’avais refusé d’utiliser mes pouvoirs, j’avais pas fait mon boulot… J’ai commencé à traîner dans les rues et petit à petit ça a commencé à me plaire, de plus en plus. Maintenant je me rend compte que ma conscience sociale et journalistique du monde héroïque est indissociable de ma capacité à en faire partie. Si je veux pouvoir critiquer les Vengeurs comme journaliste il faut que je puisse user de mes dons selon ma propre vision, c’est une histoire de cohérence…»

En racontant son histoire il ne regardait pas Ethan en permanence et s’amusait avec les capsules de café devant lui machinalement, les empilant, en faisant rouler une dans ses doigts. Quand il s’arrêta de parler, les yeux dans le vague, en plein réflexion, il se rendit compte qu’il suçotait la capsule sans s’en rendre compte, comme quelqu’un qui se rongerait les ongles ou se tortillerait la barbe mais… plus scandaleux. Son visage se stoppa dans cette position, et son regard croisa celui d’Ethan avait un petit air de panique du genre «Je suis un gogol tue moi». Il lâcha précipitamment l’objet du délit et posa sa tête sur l’une de ses mains avec une nonchalance absolument artificielle. Néanmoins, malgré un autre épisode de 3615 Double-Sens, il avait l’impression d’avoir trop fait son intello sur le coup, genre le mec qui s’emballe et va trop loin dans son explication. D’avoir un peu trop parlé comme si il faisait un entretien d’embauche et voulait prouver qu’il était un garçon fait pour le job (le prouver à lui-même par la même occasion) que comme quelqu’un qui veut juste faire connaissance avec son coéquipier. D’égal à égal. Et puis il aimait le regard qu’Ethan avait sur lui quand il était débile. Pas particulièrement chez Ethan. Il préférait être regardé comme un boulet que comme un mec qui avait quand même obtenu un bon diplôme et n’était pas le dernier des abrutis. Ça lui mettait moins de pression, les gens en attendaient moins de lui. Et apparemment ils le trouvait plus séduisant comme ça…

Il fit tourner le tabouret pour se retrouver dos au bar et se laissa aller en arrière, s’allongeant presque sur ce dernier. Darryl avait du mal à tenir en place assis, il changeait souvent de position pour en trouver une plus confortable. il regarda Ethan la tête à l’envers avec un air de chenapan.

«Sinon, niveau costume au début j’en avais pas. Mais je suis sûr que ça, t’as pas eu trop de mal à trouver l’information… j’en ai un maintenant de costume, avec un logo « Random » et tout, je l’essayerai et tu me diras ce que t’en pense, si ça fait spandex ou spandouille… Et tu me montreras ton pyjama.»

Il le regarda avec un air moqueur puis se rendit compte qu’il avait encore une capsule de café dans les mains et la reposa prestement. Qu’est-ce-qu’il avait à tripoter des trucs sérieux ?

« C’est ça qui est bien dans une équipe de héros, on peut comparer nos machins… nos expériences, nos pouvoirs, nos histoires… Du genre, c’est quoi que t’as affronté de pire dans ta carrière de héros ? » »

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