Quand la Terre tremble

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Leandra Albarez Muñoz le Mer 24 Jan 2018 - 12:24

Les sens décuplés d’Nina ont certes des avantages incroyables mais ils ont aussi des inconvénients non négligeables. L’premier d’entre eux étant ma capacité à déceler les tremblements d’terre avec encore plus d’acuité qu’avant. En quoi est-ce un problème me direz-vous ? Bah j’vais faire simple côté explications : à quoi m’sert d’savoir avec encore plus d’précision qu’une catastrophe m’vient droit d’sus quand j’suis pas plus à même d’protéger ? La réponse est évidente : à que dalle. Si c’n’est à flipper ma race quelques secondes de plus. C’que j’fais dès l’instant où j’sens les premiers remous d’la terre sous nos coussinets.

Mon esprit paniqué – ou devrais-je dire notre esprit vu qu’Nina participe activement du flippage ? – s’met à chercher un abri ou tout au moins un lieu dégagé où éviter l’pire des chutes comme j’l’ai fait tout à l’heure dans la clairière avant d’tomber sur Dame Papillon de l’ombre. Mais rien à faire, j’vois pas d’issue, à moins d’attendre qu’le premier arbre tombe pour m’protéger sous sa carcasse – c’qui suppose quand même le risque d’me faire écraser sous son poids si un autre v’nait à lui tomber dessus – j’suis cuite. Ou tout au moins c’est c’que j’pensais.

Parce qu’un instant j’suis sur l’point d’dire aurevoir à la vie et la s’conde d’après la terre est plus calme qu’un cimetière sous mes pattes. N’comprenant pas c’qui s’passe, j’jette un coup d’œil autour d’nous, Nina exprimant quant à elle sa surprise par un grognement que je ne saurais si qualifier d’mécontent ou rassuré. Quoiqu’il en soit, elle capte pas plus que moi c’qui vient d’avoir lieu. Alors elle m’laisse chercher la source du problème sans s’interposer. Et d’abord, j’réalise qu’le tremblement a eu lieu – les arbres au sol en sont une preuve irréfutable – c’est juste que, pour une raison pour l’instant inconnue, on l’a pas senti. Enfin, après réflexion, raison pas si inconnue qu’ça vu l’air d’satisfaction mal dissimulée d’ma partenaire du jour. Sa fierté pue à dix kilomètres à la ronde et si j’paierais pour savoir c’qu’elle a bien pu faire pour nous tirer d’affaires, j’lui ferais pas l’plaisir d’lui montrer qu’je suis assez impressionnée par son pouvoir. D’façon, tant que j’sais qu’elle peut effectivement m’protéger comme elle l’a promis, l’reste est secondaire. Tout au moins tant qu’on aura pas réglé l’problème majeur, à savoir la question de l’Apu.

Heureusement pour nos r’lations déjà pas franchement hyper amicales, elle choisit d’ignorer mon absence d’réaction alors qu’elle en attendait clairement une et prend définitivement les choses en main. Enfin, si provoquer un Dieu peut être considéré comme « prendre les choses en main ». Parce que, d’mon humble point d’vue, c’est juste LA connerie du siècle. Mais bon on a déjà acquis que l’étrangère est pas exactement normale et puis elle a l’air tellement convaincue qu’elle peut faire face à l’Apu que si elle veut s’attirer ses foudres, j’vais pas m’interposer entre ses tendances suicidaires et un Dieu énervé. A chacun sa merde, j’ai envie d’dire.

Durant quelques s’condes, j’ai pourtant l’impression qu’on est tirées d’affaire vu qu’rien s’passe – c’qui veut pas dire qu’je baisse ma garde, j’suis pas née d’la dernière pluie non plus… – mais c’est clairement trop beau pour être vrai car voilà que… elle s’appelle comment au fait ? J’sais même pas maint’nant qu’je réalise. Bref, voilà qu’ma compagne de (més)aventures s’lance dans une chorégraphie incompréhensible. Tout c’que j’arrive à capter c’est qu’là où elle était seule, elle est soudain accompagnée. Et autant dire qu’j’serais bien en mal d’dire si l’cri d’terreur qui résonne soudain dans l’écho des montagnes est d’mon fait ou d’celui de Nina. P’têt bien un peu des deux. Mais pour not’ défense, l’apparition est tout bonnement cauchemardesque. D’jà qu’j’avais pas d’amour particulier pour les papillons, il est clair qu’là ç’en est fini pour de bon. La prochaine fois qu’j’en vois un, j’fais d’mi-tour. C’est p’tête puéril d’ma part mais j’serais tout bonnement plus capable d’en voir un sans penser au monstre face à moi.

Et quand je dis monstre, je pèse mes mots croyez-moi. Sans même parler d’son apparence on ne peut plus surnaturelle, c’est sa taille et la force qui vont avec qui m’font froid dans l’dos. Alors, lorsque sa contrepartie humaine m’adresse d’nouveau la parole, j’fais tout pour m’concentrer sur elle. C’qui, étant donné la taille susmentionnée d’son double est pas tout à fait évident. J’fais néanmoins un effort magistral, sans pouvoir c’pendant m’empêcher d’comprendre un peu mieux pourquoi elle était pas inquiète à l’idée d’se mettre un Dieu à dos : elle en a une accrochée aux pieds ! Enfin, j’sais pas si c’est une déesse ou une démone mais l’problème est l’même en termes d’puissance. Du moins en c’qui me concerne.


-Sais-tu comment on élimine un élémentaire ? Après tout, la forme inorganique n’a pas de point vital et peut se régénérer tant qu’elle a du matériau pour le faire. Le secret, c’est de lui briser son petit cœur fragile.

La phrase m’laisse perplexe. Si c’est une forme inorganique, alors où diable s’trouve son cœur ? Et surtout comment on l’brise ? Questions qu’je pose immédiatement après avoir r’trouvé ma forme humain et m’être rhabillée en quatrième vitesse. Après tout, ça sert à rien d’rester dans l’ignorance alors que Madâme a soudainement l’air d’humeur partageuse.

-Et comment tu comptes t’y prendre pour briser l’dit cœur s’il est immatériel ? Ou bien est-ce qu’c’est la seule chose qui prend forme ? Et, dans c’cas-là, où tu l’trouves ?

Non, parce que j’ai du mal à imaginer que si c’était si facile qu’ça personne ait jamais essayé d’le faire. Quoique… ça suppose d’avoir un monstre du style d’Madame Papillon à disposition pour faire face à l’Apu s’il interfère et ça, ça a du en calmer plus d’un. D’mon côté d’ailleurs, j’commence sérieusement à m’demander si j’ai pas fait une connerie en suivant ma partenaire. Mais bon, quitte à être ici, autant voir cette historie jusqu’au bout ? A distance néanmoins. Parce que, sans surprise, le toc toc délicat à la porte de l’Apu n’semble lui plaire que moyennement et v’là qu’une avalanche d’pierres suit d’près la première. Et celle-ci n’a rien à voir avec l’coup d’point du monstre violacé. Non, non, c’est clairement le « Foutez-l’camp fissa ! » de l’Apu. Un avertissement qu’Nina essayer désespérément d’me faire suivre si j’me fie à ses tentatives d’prendre l’contrôle mais, malheureusement pour elle, j’suis désormais parfaitement capable d’lui faire face pour garder les rênes d’not’ corps partagé et, surtout, j’suis apparemment aussi suicidaire que c’que j’reprochais originellement à ma compagne d’être puisque j’fais passer ma curiosité avant ma survie. Pourtant l’diction l’dit bien : « Curiosity killed the cat ».

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Cereza de l'Umbra le Lun 29 Jan 2018 - 6:37


Si je ne sais toujours pas si je comprends le félin sous forme féline, pour peu que deux espèces de félins différentes puissent se comprendre, c’est désormais officiel que je ne le comprends pas sous forme humaine : l’étrange grognement qui sert de constatation à mon tour de magie m’est incompréhensible. Heureusement, je le vis bien et laisse la jeune mutante décider comment elle le vit de son côté ; à moins que ce soit ce qu’elle n’arrive pas à faire. Cependant, elle passe vite à autre chose et j’en fais de même.

La réaction à l’apparition de ma tutélaire me fait remettre en cause la constatation précédente : peut-être que je comprends les félins, finalement. Non je plaisante, c’est la peur que je comprends. L’émotion est universelle et son expression aisée à décryptée, quelque soit l’espèce.  Mon interpellation et la question qui l’ouvre encouragent à faire l’effort de me considérer à côté de Madama Butterfly mais c’est difficile de se détourner du spectaculaire et de l’horrifiant, même quand celui-ci n’est qu’une première partie d’un spectacle qui sera à la hauteur. Il y a plusieurs formes de courage et la jeune adolescente fait preuve d’une bravoure au-delà de ce que je serais capable, puisque je suis sans peur et que sans peur il n’est aucun courage. Je ne le lui signalerai pas cependant, les compliments ne sont pas une chose que je fournis même lorsque j’ai une raison de le faire.

Les actions se poursuivent alors que la démone provoque le dieu et la mutante redevient humaine, me laissant un peu le temps de m’ennuyer et de le signifier. La réponse de l’adolescente relance néanmoins le jeu et j’y souris à la mesure. Quelques pas vers elle et j’ai tout loisir de lui présenter un index désignateur, le bougeant vers la droite par la suite.

Je n’ai pas dit qu’il était immatériel. C’est de la magie cristallisée, le nexus dimensionnel entre notre plan et celui d’origine de la divinité.

D’une rotation de ma main gauche, j’invoque un troisième pistolet à double canon dont la taille est plus grosse que ma propre tête et m’en vient le placer au niveau de celle-ci pour soulever légèrement mes lunettes. Le simple fait de pouvoir tenir l’arme d’une main témoigne d’une force insoupçonnée et je pense que le geste est parfaitement signifiant sur la manière dont je compte trouver le cœur de l’élémentaire. Elémentaire qui se manifeste rageusement, son grondement allant de paire avec une tension de l’impossible chevelure qui s’en vient tirer la démone tutélaire jusqu’à ce qu’elle ait disparu dans le cercle d’invocation ; cercle qui se dissipe lui-même alors que l’éboulement fond sur nous. Un nouveau tour de magie est suffisant à nous en protéger et je n’ai pas plus bougée que l’adolescente lorsque le cours du temps reprend, laissant assez claire la présence d’une barrière considérant le demi-cercle de roches et de poussière amassées à quelques mètres de nous.

Profite du spectacle.

Alors qu’un tremblement extrêmement localisé se fait derrière moi, je pousse l’adolescente de la main droite afin qu’elle recule de quelques mètres, atterrissant sur ses pieds ou sur ses fesses selon son bon vouloir et son agilité. L’instant suivant, un bras rocheux vient s’écraser sur ma position et il n’est qu’une figure de lune arrière effectuée au dernier moment pour m’empêcher de finir écrasée. Avant que le mouvement me soit terminé, j’active de nouveau le Temps des Sorcières et disparais donc alors que ma main droite me sert d’appuis sur la roche et que l’élan de mon saut m’emporte. Le nuage de poussière se disperse sous un vent surnaturel tandis que je réapparais plus d’une dizaine de mètres au-dessus de mon point de disparition. Bras et jambes dirigées vers le sol, je laisse chanter les quatre Scarborough Fair dont les obus viennent lézarder la roche agressante le temps que mon élan se dissipe et que la gravité me rappelle à l’ordre. Me redressant en une posture d’Y, je canalise la magie dans mes armes de pieds ainsi ma chute s’accélère et s’auréole de sombres flammes jusqu’à ce que je passe au travers de la pierre déjà malmenée. Accroupie au centre d’un cratère de débris, je n’accorde aucune attention à ceux-ci et me relance dans la danse, moins d’une demi-douzaine de secondes après qu’elle n’ait commencé.

Je me retourne alors qu’une nouvelle arche rocheuse s’en vient à mon encontre et mime un coup de poing, ma combinaison magique se dissipant en partie à mon geste. Alors qu’il ne reste qu’un body sur moi, un nouveau cercle d’invocation apparait à mon côté mais sa taille ne laisse passer que poing et avant-bras de ma tutélaire ; un coup suffisant à passer au travers de la nouvelle agression élémentaire. Alors que ma tenue se reforme complètement, j’accomplis un nouveau bond en avant qui me conduit à l’encontre de la barrière formée par l’éboulis où une vrille me fait éviter un troisième assaut, ma silhouette s’évaporant un nouvel instant. Simultanément, la barrière rocheuse se fendille sous l’impact d’innombrables projectiles alors que je me tiens accroupie sur la paroi friable d’où roulent les roches depuis notre arrivée. Me propulsant non sans laisser un quadruple impact de munitions 20mm, je vrille de nouveau pour accomplir similaire impact des pieds à l’encontre de l’entièreté du récif qui vole en éclats. Labourant le sol le temps que mes armes de pied aient fini d’absorber l’énergie cinétique de l’impact, je me retourne non loin de l’adolescente tout en lui présentant mon dos nu. Si je puais déjà la ferté à plusieurs kilomètres tout à l’heure, je suppose que c’est mon odeur et non la poussière qui vole allégrement qui peut causer une violente toux.

Ayant pris mon souffle avant de sauter, je reste en apnée le temps que la poussière s’éloigne histoire de garder contenance et continue de fixer le flanc de montage sur lequel j’étais à l’instant. C’est invisible pour la majeure partie des gens mais je perçois clairement la magie qui s’y concentre et le responsable des tremblements de terre s’apprête sans doute à sortir de terre pour faire face à une adversaire qu’il ne vaincra pas autrement. Pour peu qu’il puisse me vaincre de cette façon-là également. Je n’y crois pas mais je n’aurais pas à trop impacter sa montagne s’il me dévoile le contenant de son cœur. Et il le fait, presque.

L’indistincte forme qui nait du flanc de la montagne est elle aussi de roche et de végétation accompagné d’un peu de magma à défaut qu’on puisse clairement la définir comme humanoïde ou non. Parcourue d’une quantité importante d’énergie dimensionnelle, elle ne m’impressionne pas mais me vole le sourire joueur qui marquait jusqu’à présent mes lèvres. Rompant mon apnée en soufflant d’agacement, le lève mes yeux au ciel face à la divinité et appose mes mains et leurs armes contre mes hanches. Il n’est plus l’heure de perdre du temps avec cette fausse-piste et je mets donc un terme au jeu d’une nouvelle danse.

AFAA TADAAG NEPTA

La formule est différente, le démon aussi même si l’invocation reste semblable. Ce sont six portails aux tailles situées entre celles des membres ou de l’entièreté de Madama Butterfly qui apparaissent de part et d’autre de l’Apu, de chacun émergeant cinq têtes de béliers chacune différente des autres mais dont les cous se rejoignent selon la structure d’une main. Liés par ma chevelure et mes chaines dorées, les six bras ainsi invoqués prennent d’abord le temps d’observer leur cible avant de se refermer en des poings serrés. Si les impacts qui s’en suivent sont incontestablement moins puissants que ceux démontrés par ma Tutélaire précédemment, leur nombre compense largement cela et il ne faut pas une trentaine de secondes pour que l’indistincte apparence de l’Apu soit compressée et brisée à ne plus ressembler à rien. Moins d’une minute pour venir à bout d’un dieu, je dois avouer qu’il me déçoit. Ma faute cependant, je n’ai pas pris mon temps pour jouer. Mais je ne joue pas avec les victimes des autres.

Révoquant démon et armes, je me retourne vers ma victime, qui elle valait le déplacement, et délaisse mon expression de contrariété pour un nouveau défilé. Tandis que je me rapproche de l’adolescente, mon regard passe d’elle à la ville que l’on a protégée de l’approche d’un géant.  Mon œil gauche commence à émettre une lumière rouge, semblable à celle des flammes qui s’enserraient les membres ou des cercles d’invocation, et je scrute cet horizon bouché tout en reprenant la parole avec ma nonchalance habituelle.

Et bien, on dirait que l’affaire des séismes est résolue pour l’heure. Petite, ne connaitrais-tu pas un hôtel haut de gamme dans le coin ? Le genre que pourraient se payer des gens revendant le cœur d’un dieu.


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Re: Quand la Terre tremble

Message  Leandra Albarez Muñoz le Ven 9 Fév 2018 - 11:37

J’lui dis qu’j’ai pas compris un traître mot d’ce qu’elle vient d’baragouiner ou pas ? Naaan, pas la peine. Ça supposerait d’reconnaître une faiblesse de plus et j’l’ai déjà assez fait comme ça. Sauf que… magie cristallisée ? Nexus dimensionnel ? De quoi qu’elle cause là ? J’ai rien bité… Autrement dit, j’ai pas eu la réponse à ma question. Question qu’était loin d’être idiote pour une fois, alors j’aurais apprécié une réponse qu’on puisse comprendre sans avoir besoin d’un master en théorie d’la magie.

…Et peut-être bien que j’vais l’avoir finalement. Et d’la façon que j’louais d’tà l’heure, à savoir par des actes plutôt que d’grands discours. En effet, pas b’soin de diplôme pour comprendre la tactique qu’elle compte suivre : tirer à l’aveugle sur la montagne jusqu’à trouver sa cible. Pas franchement l’plus propre qui soit mais ça a l’mérite d’être efficace, j’lui reconnaîtrais au moins ça. Et puis avec son p’tit tour d’magie qui consiste à… j’sais pas trop quoi à vrai dire mais qu’a tout d’même l’avantage d’nous protéger d’la colère de l’Apu, elle est bien équipée pour prendre son temps. C’qu’elle compte faire si j’en crois l’usage du mot « spectacle ».

D’mon côté, j’dois c’pendant m’reconcentrer lorsqu’elle me pousse soudain hors du champ d’bataille juste avant qu’un bras d’rochers s’écrase sur notre position antérieure. Tel le chat qui possède mon esprit, j’retombe sur mes pattes. Pas d’la façon la plus grâcieuse qui soit, j’le reconnais, puisqu’après avoir effectué un demi-tour en l’air j’finis sur trois appuis et pas quatre, étant donné qu’mon pied droit glisse sur une pierre mal accrochée. Heureusement j’me remets bien vite debout et commence à assister au combat des dieux. Très littéralement.

Et bah autant dire qu’à côté, les blockbusters américains c’est d’la gnognotte. Déjà parce qu’l’adrénaline qui parcourt mes veines pourra jamais être remplacée par la sensation r’ssentie d’vant un écran pour aussi réaliste qu’il soit. Même la 3D ou les fameux casques de réalité virtuelle – fin j’suppose vu qu’j’en ai jamais essayé un – peuvent pas rivaliser avec l’fracas des roches s’dispersant sous l’coup des armes d’Miss Papillon. J’reste donc plantée là, fascinée par l’spectacle qui s’déroule d’vant mes yeux. En temps normal, j’aurais pu être tétanisée mais j’laisse ça à Nina. A la place, faut croire que j’ai épuisé mes réserves d’terreur et j’me contente désormais d’être happée par la scène en face de moi. Parce que c’est pas tous les jours qu’on voit une montagne se battre et encore moins quelqu’un lui tenir tête.

Les roches qui volent à droite et à gauche m’rappellent c’pendant que, même à plusieurs mètres de l’épicentre des combats, j’reste en danger de d’venir un dégât collatéral. Alors, j’me mets à l’abri derrière un arbre déraciné clairement cent’naire vu la taille d’son tronc. Enfin, à l’abri, tout est r’latif vu que j’sors tout d’même la tête pour pas manquer une seconde d’l’affrontement. J’suis tellement concentrée que j’fais même plus gaffe aux tentatives désespérées d’Nina d’fuir l’endroit au plus vite. Ce n’est que lorsque la magicienne s’pose d’vant nous, incarnation dos nu d’la badassitude que j’réalise enfin que j’suis en train d’trembler sous l’coup d’la tension accumulée. L’pire c’est qu’je peux même pas accuser Nina et sa foutue peur. Là, j’crois que c’est juste mes nerfs qui s’apprêtent à lâcher sous l’coup d’l’émotion.

Situation qui s’arrange pas lorsque l’Apu prend forme. Heureusement d’ailleurs que j’étais déjà appuyée conte l’arbre à c’moment-là où j’aurais sûrement fini par terre, féline ou pas féline. Et si je n’l’avais pas fait lors de son apparition, j’l’aurais fait lors d’sa diparition sous les coups des béliers démoniaques soudainement invoqués. Non mais c’est quoi cette scène d’horreur ? D’où elle les sort ceux-là ? Et surtout qu’est-ce qu’ils sont ? Non en fait j’préfère pas savoir. A vrai dire, je me dis que j’aurais peut-être mieux fait de faire demi-tour dès la première démone invoquée. Il était alors déjà bien clair qu’ma compagne est une tarée hypra dangereuse. Sauf que maintenant il est trop tard. Parce que la voilà qui s’retourne de nouveau vers moi. Oh putain, qu’est-ce qu’elle m’veut encore ?


-Et bien, on dirait que l’affaire des séismes est résolue pour l’heure. Petite, ne connaitrais-tu pas un hôtel haut de gamme dans le coin ? Le genre que pourraient se payer des gens revendant le cœur d’un dieu.


Euh… elle veut revendre le cœur d’l’Apu ? Elle est dingue ou bien ? Bon oui elle est dingue mais l’problème est pas là. On l’a pas l’cœur ! A moins que… Tout à coup, sa demande fait vachement plus de sens. Quoique, pas complètement. Parce que si j’suis pas totalement à la masse, elle est en train d’sous-entendre que quelqu’un a piqué l’cœur d’l’Apu et cherche à l’revendre en ville. Mais… qui s’rait assez suicidaire pour faire une chose pareille ? J’veux dire une tarée capable d’combattre un dieu près d’Quito, j’veux bien, mais plus d’une c’est du délire. On est pas à New-York ou Tôkyô ici. On est dans la jungle équatorienne merde ! Y s’passe jamais rien ou ça s’saurait. Pour commencer les Luchadores auraient pointé l’bout d’leur nez d’puis longtemps si y’avait quoique c’soit d’intéressant.

Et, puis, même en laissant d’côté c’premier problème, j’en ai un deuxième. Comment ça s’fait qu’l’Apu soit encore « en vie » – est-ce seulement l’expression adéquate ? – s’il a plus d’cœur ? Ça fait pas d’sens du tout. Bon, rien n’fait sens pour être honnête mais quand même là, on atteint des sommets. Cœur = vie, c’est la base de la base. Bref, j’suppose que ça doit être lié aux conneries métaphysiques qu’elle expliquait d’tà l’heure et que j’captais pas. Genre c’est pas vraiment sa source d’magie, juste… non en fait ch’ais vraiment pas.

Plutôt que d’me torturer l’esprit avec des trucs qui m’dépassent totalement, j’décide donc d’répondre à sa question. Perdues pour perdues autant aller au bout d’cette histoire. Et puis, si on peut s’retrouver l’cœur en question, j’pourrais peut-être le subtiliser à Miss Papillon pour l’rendre à son légitime propriétaire. Parce que, si elle me terrifie, la déception d’Abuelita si elle apprenait que j’avais participé à la destruction d’un dieu protecteur de not’ peuple m’horrifie bien plus. Elle a beau nous avoir quitté y’a déjà quelques années, j’pourrais pas vivre avec moi-même en sachant qu’elle m’en aurait voulu. C’est la seule à m’avoir soutenu en toute circonstances, alors ça vaut l’coup d’se battre pour rester digne d’elle. D’façon, c’est pas comme si j’allais manquer à qui que ce soit comme la dispute de c’matin l’a encore prouvé.


-Y’en a un paquet. Par ici les riches aiment montrer qu’ils existent, alors va falloir être plus précise. On parle maison d’charme pour Américains en vacances qui veulent être près du centre, toutes les commodités modernes mais l’impression d’vivre comme la bonne société du XIXe ? Ou bien monstruosité moderniste pour pseudo homme d’affaires international ?

Moi méprisante ? Meuuuuuh non. J’suis bien pire qu’ça. Je déteste les riches. Non, pas les riches en soi. Ceux qui adorent afficher leur richesse. Ceux qui s’payent un hôtel à 300 euros la nuit juste parce qu’y peuvent. Même pas parce que ça leur fait plaisir. Non, potentiellement, un plus p’tit hôtel leur aurait mieux convenu mais fallait qu’ils montrent que, EUX, y peuvent se payer La Casa Gangotena. Et croyez-moi, j’sais exactement d’quoi j’parle puisqu’un d’mes cousins bossent aux cuisines de laite Casa. Or, il a beau n’pas croiser les clients, il en a des vertes et des pas mûres à raconter. Et là, soudain, j’me surprends à espérer que les types qu’on recherche soient là, juste pour voir la gueule d’tous ces cons quand Miss Papillon f’ra son apparition dans le grand hall. Ça leur f’rait les pieds à cette bande d’enc*** !

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Cereza de l'Umbra le Jeu 1 Mar 2018 - 13:01


La surprise ne suffit pas à arrêter les tremblements de tension que manifeste l’adolescente. Je concède qu’avoir un peu écourtée la fin du spectacle nuise à l’entièreté de la représentation et il est assez improbable que j’en donne une nouvelle d’une telle ampleur mais je n’ai pas l’intention de rembourser la place à la Petite : elle n’a rien payé, après tout. En revanche, j’ai l’intention de la laisser reprendre ses esprits, principalement parce que j’ai besoin d’une réponse à ma question. Contournant l’arbre, je finis par regarder de nouveau celle dont j’ignore le nom.

Bras croisés, je fixe l’adolescente alors qu’elle semble trouver des réponses toute seule aux interrogations qu’elle garde pour elle, deux choses dont je ne la remercie pas mais l’intention y est. Qu’elle ne partage pas ses questions me va, même si j’ai fait mon tour et qu’elle a droit à une nouvelle du fait, mais qu’elle dise tout de même quelque chose serait apprécié. Malgré mon grand âge, je ne suis pas des plus patiences ; sans doute le fait que sur six cent ans, je n’ai réellement vécu que quelques dizaines d’années. Je dirais bien que je suis la championne du monde de la sieste mais je suppose que l’Apu et d’autres créatures analogues sont des adversaires plus féroces dans ce domaine que dans celui de la confrontation. Qu’importe en tout cas.

J’envisage un instant de faire l’incroyable effort d’un discourt explicatif pour couper court aux digressions mentales de ma vis-à-vis, notamment le fait que le nexus dimensionnel soit le point de passage entre les énergies de l’autre dimension et la notre, énergies qui composent l’Apu puisqu’il s’agit d’une entité élémentaire, et que d’en priver son propriétaire signifie qu’il va s’affaiblir car incapable de puiser dans son plan d’origine. Détruire son cœur signifie donc le condamner à mort, par sous-nutrition. Et inutile de dire qu’avec la dépense d’énergie que je lui ai faite durant notre échauffement, le processus a un peu pris en vitesse.

L’adolescente aussi prend en vitesse et c’est tant mieux. Je laisse tomber mes épaules de désabusement avec le fait qu’il y ait un paquet d’hôtels haut de gamme même si cela ne me surprend pas. Les investigations ne sont pas réellement ma spécialité, je laisse cela à Chimp et d’autres, tandis que ma précision vise principalement à blesser autrui. Ecoutant calmement les propositions faites, je reste immobile lorsque la première est terminée ; tous touristes qu’ils soient, les pilleurs ne s’adressent pas à des gens venus chercher le charme de la région. C’est donc la seconde proposition qui me convainc le plus et mes bras se décroisent, l’un allant poser sa main sur ma hanche tandis que l’autre pend simplement.

Regardes-moi bien, Petite : ai-je l’air d’être tentée par les maisons de charme ?

Le mépris de l’adolescente ne m’a pas échappé, c’est bien pour cela que je m’en saisis d’ailleurs. Une vieille habitude, taira-t-on. Cela étant, il est donc une monstruosité moderniste pour pseudo homme d’affaire international qui vient à l’esprit de la locale et le lui fait bouillonner. Sauf si c’est la classe sociale à laquelle je feins d’appartenir mais cela n’importe pas tant qu’elle peut me diriger à travers la ville ; un regard me suffira à savoir si ce que je cherche est ou non présent dans ce que je perçois. La bonne nouvelle étant que mon tour d’horizon précédent ne m’a pas révélée de canalisation dimensionnelle, les voleurs en cherchent donc pas à user du cœur dans un rituel quelconque.

Me détournant non sans accorder d’attention à la réponse de mon interlocutrice, je fixe de nouveau l’étendue urbaine à une dizaine de kilomètres de nous. Ma main libre à mon côté, je reste ainsi à réfléchir quelques instants : dix kilomètres seraient l’affaire d’une demi-douzaine de minutes si j’étais seule mais je ne le suis pas. L’adolescente a prouvée être rapide et c’est donc une question de bonne volonté que de lui donner le temps de se changer pour courir par la suite ou bien de montrer un tour de magie de plus. C’est son tour d’être utile, il me revient donc d’insinuer que je pourrais très bien me passer de son aider d’un autre côté je l’ai réclamée et il serait inconvenant de cracher dessus. Je suis moins ingrate que je le prétends, il faut juste que je trouve un moyen que cela ne se remarque pas.

Bon, j’espère que ton endurance te suffira à joindre la capitale. J’espère aussi que les locaux ont une bonne habitude à l’étrange, il serait dommageable que deux félins créent des problèmes en ville ou que l’on ait à ralentir le rythme.

New York City n’a plus de problème à voir un T-Rex vert se balader dans ses rues mais c’est un cas à part, quand bien même certains le croient représentatif du monde. L’avis de Quinto sur les surhumains et autres étrangetés m’est parfaitement inconnue et je n’en ai pas vraiment cure, tant que cela ne se met pas sur mon chemin. Je suis bien plus inquiète d’une confrontation de rue mais je ne jouerais donc pas afin d’éviter de faire plus de dégâts encore que les séismes. Vigrid m’a suffit, même si je n’en suis pas réellement responsable.

Je te dirais bien de te changer vite mais il me semble que cela fait déjà une semaine que l’Apu se manifeste, donc qu’il a été volé. Quelques minutes de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose.

Peut-être arrive-t-on trop tard mais si le dieu se dirigeait vers la ville c’est que c’est la direction où se trouve son cœur ; le problème étant que cette direction pourrait tout aussi bien signifier une partie du contient, en réalité. Cependant, si la piste meurt ici il me suffira d’aller secouer quelques connaissances pour en savoir plus sur le marché noir des objets magiques. On trouve de tout au Gates of Hell et, si les informations étaient inexactes concernant l’Œil Droit, cela fournira surement un début de piste ; ou d’autres personnes à aller interroger. Je n’ai ni l’intention de revenir achever l’Apu ni de le laisser mourir.

Pliant mes bras au niveau de mon torse, je prends ma forme féline puis tourne mes yeux gris vers l’adolescente. Je n’ai pas besoin d’elle pour me guider jusqu’à la ville cependant on tachera de faire à son rythme, comme la dernière fois. Enfin, jusqu’à un nouveau spectacle de ma part, comme la dernière fois.

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Leandra Albarez Muñoz le Sam 28 Avr 2018 - 10:51

C’est une question rhétorique on est bien d’accord ? Elle veut pas d’réponse ? Non parce que j’sais pas, j’ai la sale impression que y’a pas d’bonne réponse. Si j’réponds non, elle s’rait foutue de s’vexer et si j’réponds oui, alors là tout est permis. J’choisis donc d’considérer que c’est juste sa façon d’me faire comprendre qu’elle cherche plutôt un hôtel d’affaires qu’une maison d’charme. Et si c’est pas l’cas et bah tant pis. D’façon, on va déjà avoir assez à faire juste en cherchant dans cette gamme là. Même si j’doute que nos pilleurs d’cœur se soient trop cassé la tête. J’parie donc pour un hôtel parmi les 3 suivants : le Hilton Colon, le JW Mariott ou le Sheraton. Ce sont les plus huppés qui soient. Sinon, tout ce qui est d’ce niveau est plutôt du style maison d’charme. Autrement dit pas c’qu’on recherche apparemment.

D’ailleurs, vu comment elle enchaîne comme si de rien n’était sur le moyen de déplacement j’en déduis qu’effectivement c’était une question rhétorique. Elle m’surprend néanmoins quand elle sous-entend vouloir s’rendre à Quito sous forme féline mais ça dure pas longtemps. A vrai dire, ça m’excite. Si on peut déranger la population tant mieux. D’façon vu c’que les gens pensent déjà d’moi, c’est pas comme si j’avais grand-chose à perdre. Et puis, l’plus probable c’est qu’personne n’sache qu’le jaguar d’vant eux est en réalité une humaine, c’est pas non plus comme si j’étais connue. L’seul problème ce s’ra d’éviter d’se faire arrêter par la police ou la fourrière. Parce que deux animaux sauvages en liberté voilà quoi… J’le fais donc savoir pendant que j’me change. Parce que s’énerver parce qu’elle m’demande d’bouger s’rait inutile. J’lui ait déjà dit que j’peux pas l’faire en moins d’une minute et ça changera pas sous prétexte qu’elle le veut. Et puis, si on en croit ses paroles, elle le veut même pas vraiment puisqu’on a déjà une s’maine d’retard sur les pillards. Donc bon.


-Pour l’endurance j’suppose qu’y faudra voir. Au pire, j’te fais confiance pour continuer sans moi si j’suis pas le rythme
, rajoutais-je non sans sarcasme. Par contre faut pas rêver, pour autant que j’en rêverais, on va pas s’pointer en plein centre-ville sous forme animale. On aurait tous les flics sur l’dos en moins d’deux. Pas parce qu’ils savent pas gérer l’étrange comme tu dis mais pour protéger la population de deux animaux sauvages en liberté.

Une fois prête, on prend la direction d’la ville. Et, en un gros quart d’heure, on est sur place. Parce que si j’peux faire des pointes à 50km/h, ma vitesse moyenne tourne plutôt autour de 40. Et oui, les jaguars ça court pas des marathons grande nouvelle. Tout juste des sprints et encore quand y’a vraiment besoin. En règle générale, en dehors d’la chasse, on nage ou on grimpe aux arbres. Bon, perso j’aime beaucoup m’dépenser en courant mais ça c’est moi et ça veut pas dire que j’sois particulièrement rapide.

Bref tout ça pour dire qu’on finit par arriver en ville assez rapidement mais sans excès. Mais avant d’entrer, j’lui fais signe d’me suivre jusqu’à un bidonville que j’connais bien à l’orée d’la ville et plus précisément dans une ruelle franchement malfamée et par conséquent fort peu fréquentée. M’demandez pas comment j’la connais, c’est un fait un point c’est tout. C’est là qu’on r’prend nos apparences humaines et d’mon côté, j’en profite pour m’rhabiller en moins d’deux. J’bats p’tête même mon record personnel. Parce qu’on est vraiment pas dans un coin où être nue est une brillante idée, manque de pudeur ou pas. A vrai dire, ce s’rait sûrement plus sûr d’être restée sous forme féline le temps d’atteindre le centre mais une fois là-bas il aurait été quasi impossible d’redevenir humaines discrètement. Alors bon, j’fais au mieux.

Apparemment, les dieux sont avec nous, parce qu’on croise quasiment personne. Ou en tous les cas, personne qui s’intéresse à nous. Bon, ma compagne fait bien s’retourne une ou deux personnes mais faut croire que la prestance qu’elle dégage décourage quiconque voudrait lui chercher des poux. Et puis ma tenue détonne pas vraiment dans l’coin donc les gens doivent penser que j’suis sa guie locale. C’que je suis un peu à vrai dire. Mais assez digressé. Connaissant l’ego et l’manque d’imagination d’la plupart des gens, j’l’amène direct d’vant le Hilton ou THE hotel pour riches cadres internationaux du coin. C’est que notre premier arrêt mais j’parierais mon argent d’poche du mois qu’on va trouver nos coupables ici. J’me tourne donc vers Miss Papillon pour la question du siècle.

-Et maintenant on fait quoi ?

Parce que 1) faut trouver un moyen d’savoir si ceux qu’on cherche sont effectivement là comme j’le suppose et 2) si c’est l’cas on va les chercher comment ? Parce que c’est pas dans ma tenue qu’ils vont accepter d’me laisser rentrer. Si j’détonnais pas dans les bas-onfs d’la ville, ici j’fais grave tâche. Sauf bien sûr si j’dis que j’suis d’la famille de Miss Papillon. Parce que j’sais pas mais quelque chose me dit que vu sa carrure, personne va s’opposer à elle si elle veut rentrer. Et, soudain, j’suis hyper excités à l’idée d’vivre ça. Parce que pouvoir emmerder les snobs du coin pour de vrai sans qu’ils puissent rien y faire c’est une occasion qui s’représentera pas.

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Cereza de l'Umbra le Dim 20 Mai 2018 - 14:41


L’adolescente me fait confiance pour continuer sans elle si elle ne suit pas le rythme, voici qui me fait lui offrir un beau clin d’œil. Ce qui, sous forme féline, doit être relativement étrange ; qu’importe. Quant à ne pas se pointer en plein centre-ville sous forme animal, voici qui me fait battre la queue d’agacement ; une chose qui m’est relativement étrange, cette fois, alors qu’elle est bien plus raccord avec ma forme. Non, je n’y passe guère de temps autre que lorsqu’elle m’est utile, à l’instar de mes autres habilités. M’occuper de gêneurs m’est plus appréciable et les flics de Quinto auront tôt fait de se faire renvoyer chez les Luchadores s’ils interfèrent, pour peu que je ne leur pointe pas le mandat d’intervention du BPRD en ignorant complètement le fait que notre organisation est sensée être secrète, l’une des méthodes utilisées par Chimp pour déstabiliser les gens avec qui il converse et signifier à nos supérieurs ce qu’il pense de cet aspect du Bureau. Pour une question de respect et de politesse mutuelle, je n’interfèrerai pas avec le travail des forces de l’ordre tant que celles-ci n’interfèrent pas avec le mien et, dans un tel cas, quelques explications suffiraient à clarifier la nature des "deux animaux sauvages en liberté".

« Ne soit pas effrayée, il n’arrivera rien aux deux animaux sauvages que nous sommes. Pas plus qu’aux forces de l’ordre, si cela peut te rassurer. »

Je suis une anti-héroïne, oui, mais cela inclus que je ne m’en prenne pas aux innocents ; à défaut de toujours les sauver. Ou de ne pas les exposer volontairement au danger, après tout l’adolescente est innocente dans cette affaire. Qu’importe, c’est habituel de ramasser un local quand j’accomplis une intervention et j’assurerais sa protection comme je l’ai toujours fait. On peut voir ça comme une difficulté supplémentaire même s’il y a généralement une contrepartie intéressante. Et dans le cas présent, c’est l’aspect GPS de la demoiselle. Aspect qui, d’ailleurs, implique qu’il me faille l’attendre à un moment ou un autre afin de pouvoir m’y retrouver dans la métropole qu’est Quinto.

Sans discuter, je suis donc l’adolescente dans sa ville et ai tout loisir de me demander où elle me conduit. Enfin, où elle me conduit au sein des quartiers qui, disons-le clairement, laissent à désirer dans tous les sens du terme et pour tous les sens que je possède. C’est d’un inestétisme désagréable tant au niveau de la vision que de l’odeur, de l’ouïe, du touché puisque je suis quadrupède et même du goût ; je ne préfère pas savoir comment la crasse et l’urine sont arrivées dans ma bouche mais j’aurai dû garder celle-ci fermée lorsque je courrais.

« Inadmissible, dis-je, outrée, lorsque je me relève sous forme humaine. Petite, j’espère que tes hôtels sont d’une meilleure convenance que ces… "lieux". »

Veillant les alentours avec un rictus de dégoût, je laisse les quelques passants poursuivre leur chemin en croisant les bras. D’ordinaire, je me serais appuyée sur un mur dans l’attente mais cela ne me semble pas être une bonne idée ici, considérant l’état des murs. Les bidonvilles ne sont pas quelque chose que j’apprécie et pourtant ces constructions ne sont pas sans me rappeler les lendemains de Vigrid après ma confrontation avec les Vertus Cardinales, celle de Fortitude étant en grande partie responsable de la destruction de la ville. Saleté et misère sont au rendez-vous après la dévastation par une "éruption volcanique", un "ouragan", des "tremblements de terre" et une "inondation"… mais cela ne me conduit pas à apprécier plus ce lieu. Je soupire lourdement, réellement impatiente que l’on s’en aille d’ici.

Marchant une maison sur la hanche en suite de ma guide locale à qui je ferais bien de laisser un pourboire, je défile dans la ville jusqu’à des quartiers plus appréciables et d’un moderne monolithique qui terni un peu les espaces verts l’accompagnant. Comme souvent, plus la pauvreté des uns est grande et plus la richesse des autres l’est également ; histoire de proportions ou reflet malsain, difficile à vivre. Sous le règne du Culte du Soleil, Vigrid n’avait pas tellement à se plaindre des conditions de vie qu’on trouvait en ville ; la seule condition était de vénérer la Hiérarchie de Laguna. Mais, comme tout Panthéon que l’on adore un peu trop, les Anges ont fini par considérer pouvoir disposer de la vie de leurs fidèles. L’un des points pratiques avec les Infernaux, personne n’irait leur faire confiance aveuglément. Pas même ceux qui leur ont vendue leur propre âme. Trêve de digression cependant, nous voici arrivées.

Situé dans une rue à sens unique et avec une route à double voie ainsi qu’un trottoir suffisamment large pour que deux voitures s’y côtoient et puissent s’arrêter sous son porche, le Hilton Colon est plus tassé que je ne m’y attendais ; une demi-douzaine d’étages seulement. Ce qu’il n’a pas en hauteur, il l’a en longueur cependant puisqu’il me semble composé l’entièreté du pâté de maisons, avec son parc. Je plisse les yeux à la recherche d’énergie magique alors que je m’approche de l’entrée.

« Maintenant, on fait une entrée. »

Poussant la porte tambour, j’observe l’intérieur aux couleurs bois foncés et clairs accompagnés de blancs et de gris, donnant une sensation de chaleur et de vie renforcée par les nombreuses plantes en pots et l’éclairage au maximum naturel. Ignorant l’accueil imitation bois où les hôtes se tiennent au-devant de d’un écran et de placard quasiment invisibles à l’œil nu, je perçois la position des agents de sécurité comme une annonce des plus intéressantes pour notre enquête : une vente aux enchères d’objets rares. Elle a commencé il y a quelques heures et se tient dans la salle de conférence de l’hôtel ; car il en possède une. Après avoir ramené mes yeux sur les chargés d’accueil, je me dirige directement vers leur comptoir sans me soucier des autres présents ; adolescente incluse, dont la tenue ne manque pas d’attirer l’œil des agents de sécurité en effet ; tout comme la mienne d’ailleurs, après tout mes talons sont accompagnés de pistolet dont le calibre classe ses munitions parmi les obus ; à l’instar du Bon Saintmaritain d’Hellboy. Alors que les gardes bougent derrière moi, je regarde l’hôte en apposant mes mains sur mes hanches.

« La salle de conférence s’il-vous-plait, dis-je en un anglais aussi nonchalant qu’à l’habitude. Vite, je suis en retard. »

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Leandra Albarez Muñoz le Mar 19 Juin 2018 - 12:49

Etrangement j’suis pas franchement rassurée par ses propos. J’sais pas comment elle peut être aussi sûre qu’tout s’passera au mieux mais, à vrai dire, j’préfère pas savoir. L’ignorance et parfois l’meilleur remède cont’ l’angoisse. Parce que, si j’commence à réfléchir à comment elle compte gérer une possible confrontation avec les flics, pas dit que j’le vive très bien. L’mieux c’est donc encore d’éviter d’les rencontrer et question réglée.

Problème imprévu néanmoins : éviter la flicaille supposait d’passer par les quartiers malfamés d’la capitale et ma cliente du jour est apparemment pas supra fan des bidonvilles. En même temps, on peut pas tout avoir. J’voulais la discrétion, elle la propreté. C’est moi qui dirige alors c’est moi qui décide. Aussi simple que ça. Et si elle est pas contente qu’elle finisse seule. Dans l’fond, si la situation m’intrigue vraiment – à quoi peut bien r’sembler un cœur d’Apu ? – j’suis pas la plus qualifiée pour la régler. J’pourrais donc la laisser terminer la mission seule. Ouais, d’accord, j’suis pas crédible. L’est évident que j’ai aucune envie d’me tirer. J’veux voir comment prendra fin c’t’histoire et pour ça, faut rester avec la protagoniste. Même quand elle a des goûts d’princesse.

Heureusement, on arrive vite à destination et elle s’détend. Moi, pourtant, ce s’rait plutôt l’inverse. J’déteste ce genre d’endroits huppés. J’m’y sens tellement pas à ma place. Comme si j’détonnais à des kilomètres. Non, en fait, pas comme si. C’est exactement ça. J’suis une intruse en ces lieux et toutes les personnes qui croisent not’ route l’savent. Suffit d’voir les regards surpris au mieux, méprisants au pire, qu’ils m’lancent. Et si ça m’dérange pas plus qu’ça, c’est pas agréable pour autant. J’veux dire, j’ai beau m’contreficher d’l’avis des crétins d’passage, ça veut pas dire que j’apprécie le « Qu’est-ce tu fous à salir not’ moquette d’ta présence ? » dans leurs yeux.

Après les seuls qui m’inquiètent vraiment c’est les gardes qui m’jettent des r’gards franchement suspicieux. Mais faut croire que les talents d’actrice d’ma part’naire sont suffisants pour régler la question d’mon accoutrement. En effet, dès qu’elle s’adresse au type d’l’accueil d’un air important, il commence à s’agiter dans tous les sens. Y croise d’abord mon r’gard un peu paniqué mais j’suis pas d’humeur à lui faire la moindre faveur alors j’lui rends son r’gard d’manière totalement apathique. T’avais qu’à pas r’garder comme une pestiférée connard. Ses yeux s’posent ensuite sur l’étrangère avant d’finir leur route sur les gardes les plus proches. Sauf que l’exaspération pas si feinte qu’ça d’ma compagne a vite fait d’calmer ses ardeurs. Alors il s’adresse à elle dans un anglais teinté d’un très fort accent espagnol.


-Souivez-moi je vous en prie. La vente vienne de coummencer.

Y fait ensuite signe à une d’ses collègues d’le remplacer – collègue qui peut pas éviter un r’gard ahuri d’son cru – et on lui emboîte l’pas. Enfin on essaye au moins, parce qu’avant d’aller où qu’ce soit y m’désigne soi-disant discrètement du doigt et d’mande.

-Voutre… assistante, j’t’en foutrais d’l’assistante moi Ducon, vous accoumpagne ?

L’occasion étant trop belle pour l’remettre à sa place, j’lui adresse mon sourire l’plus mielleux et répond dans un anglais à peine accentué – c’est qu’ça paye d’vivre aux States.


-Madame ne fait pas confiance aux porteurs officiels, elle préfère engager sa propre main-d’œuvre pour manipuler ses achats.

Et bah c’est qu’il est parfaitement capable d’imiter un poisson mort. Ce s’rait presque impressionnant si ç’en était pas pathétique. ‘Fin y s’reprend et on r’part, sans autre commentaire désobligeant d’la part d’qui que ce soit. Pourtant j’vois bien que c’est pas l’envie qui lui en manque. J’parie qu’il pensait que j’causais pas anglais ce snob. C’est pas parce que tu bosses pour les richards qu’faut prendre la grosse tête mec !

Bref. En quelques minutes après avoir déambulé dans des couloirs au luxe discret, on arrive dans la salle d’conférences. Elle est moins remplie que c’que j’imaginais. C’qui n’fait que renforcer l’impression d’grandeur qui s’en dégage. Y’a à peine une cinquantaine d’personnes alors qu’elle pourrait en accueillir plusieurs centaines. Mais bon j’suppose que c’est l’côté hype du truc. Si t’es pas le top du top, t’es pas invité. N’empêche quel gâchis ! Pourraient pas utiliser leur fric à des fins productives toutes ces foutues sangsues ? Genre pour rendre un peu d’ce qu’ils ont volé à la société par exemple ?

Oui j’sais, j’ai mes moments utopistes d’temps à autres. Mais qu’est-ce que vous voulez ? Ça arrive même aux meilleurs. Pour pas trop m’attarder sur la question néanmoins, j’m’intéresse à la vente en cours et autant dire que j’suis pas déçue. L’curateur du lieu tient dans la main une sorte d’œuf bleu turquoise qu’a l’air franchement rugueux. Et si j’en crois ces dires c’est un fragment d’un vaisseau Kree. Et bah y s’font pas chier ici !  C’est une vente aux enchères d’objets surnaturels, rien qu’ça ! C’est plus c’que c’était la chaîne Hilton s’ils fricotent avec l’marché noir. Parce que pour aussi légitime que s’veuille la réunion, faut pas essayer d’me faire croire que quiconque peut obtenir un objet alien que n’importe quel gouvernement donnerait corps et âme pour avoir par des moyens légaux. D’ailleurs, j’réalise alors que, dans l’assemblée, y’a plus d’un militaire. Et pas que du coin.

Bon si j’en crois leurs décorations, c’est pas l’top du top du général mais c’est pas l’pecno du bas d’l’échelle non plus. L’Africain sur ma droite par exemple, qui pourrait pas avoir les yeux plus brillants s’il s’y était fourré une putain d’étoile soi-dit en passant, r’semble à n’importe quel putchiste d’son continent. Et j’en déduis qu’il est donc v’nu les poches remplies d’diamants pour les échanger contre l’dernier artefact capable d’lui donner un avantage sur ses voisins. C’est c’pendant pas lui qui r’part avec le morceau d’technologie Kree. C’est une Asiat’ aux ch’veux rouges pétants au premier rang.

Quant au curateur, laissant ses assistants gérer la fin d’la vente, il sort déjà son prochain article et, si j’en crois le murmure qui parcourt soudain la salle ça va pas êt’ d’la gnognotte.

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Cereza de l'Umbra le Mar 26 Juin 2018 - 5:54


J’ignore si c’est la stature, l’accoutrement, le ton ou les armes que j’ai aux pieds mais aucun des agents de sécurité, tous plus petits que moi, n’ose interférer malgré les appels d’un hôte qui ne sait pas comment gérer la situation. Et qui finit donc par me laisser l’initiative de le faire, ne vérifiant même pas une invitation que je n’ai pas. Mes lèvres se plissent avec un sourire en coin lorsqu’il me parle d’une manière qui me donne à comprendre qu’il a eu son travail par piston plus que par compétence ; une chose en expliquant beaucoup d’autres. Qu’importe, je saurais me contenter de ce que je trouve. C’est une chose que j’aurai pu dire concernant l’adolescente qui m’accompagne mais, lorsqu’elle se défend de se sous-entendu seule, mon sourire devient amusé et je suis ravie qu’elle soit là. Sa répartie me plait et la comparer à un autre local m’interpelle : les différences d’accent. S’il est incontestable que ma guide touristique a eu son emploi par ses compétences, non par piston, celles-ci m’étonnent un peu plus à présent. Pas de quoi me faire relever plus que les sourcils cependant.

Malgré quelques questions pour me traverser l’esprit au sujet de l’adolescente, dont son nom qu’il me faudra peut-être penser à obtenir un jour, je reste silencieuse alors que je déambule dans les couloirs d’un lieu digne de ce nom mais qui ne me plait guère plus que précédemment. Tout est fait pour plaire et sans doute est-ce pour cela, pour cette artificialité, que je le déprécie. Cela étant, je continue d’y défiler aux claquements de mes talons et une main sur la hanche.

La salle de conférence a les murs crème et le plafond divisé en quatre, chaque partie contenant un lustre électrique encadré de plusieurs carrés blancs eux-mêmes séparés par des lignes noires. Les murs suivent cette esthétique mais les alcôves sont rouges et, enfin, les rangées de tables et de chaises sont drapées d’un bleu contrastant. Au fond de la pièce, dont les coins sont occupés par des écrans, la table de conférence réunie une demi-douzaine de places au-devant d’un peu moins de drapeaux. C’est sur celle-ci que sont posées les enchères et c’est à son côté, accompagné d’un pupitre amovible, que le maitre de cérémonie fait son office. Son public épars est pendu à ses lèvres et aux images que présentent ses supports visuels, le premier comme les seconds d’une diversité douteuse. Une diversité qui n’émet aucune magie ni ne prête qu’un instant d’attention à notre entrée, plus intéressée par un fragment de vaisseaux Kree dont la provenance intéressera surement les Luchadores, ainsi je m’immobilise à la porte et mets les deux mains sur mes hanches.

Ce n’est que lorsque le lot est attribué et que l’on en passe au suivant que je me décide à intervenir, surclassant le murmure de l’assemblée d’un applaudissement lent et sonore.

« Bravo, belle gestion du suspens, commence-je sans m’arrêter d’applaudir, afin de m’assurer l’obtention de l’attention qui m’est due avant de le faire. Je sais de quoi je parle, le spectacle est une seconde nature chez moi. »

La première, largement soupçonnable à ma tenue et à cette ombre inhumaine qui m’accompagne, doit être plus problématique à plusieurs des participants et cela doit renforcer le suspens que j’installe à mon tour lorsque mes mains cessent de se joindre. Face à la centaine d’yeux qui me dévisage avec réprobation ou appréhension, je reprends un sourire en coin et une marche digne des podiums. D’une main, cependant, j’intime discrètement à l’adolescente de rester sur place avant d’avancer entre les rangs d’invités attablés dont l’importance qu’ils savent posséder se trouve confrontée à une simple différence : eux considèrent leur importance comme acquise, comme due, alors que je la prends, je me l’accorde en laissant ceux en désaccord venir me faire face pour l’exprimer. Qu’ils soient militaires suffisamment décorés pour aller décorer des bureaux à leur tour ou particulier plus particulier, peu osent le faire plus avant que ce garçon d’accueil ne l’a fait précédemment. Qu’il ne s’inquiète pas cependant : s’il a vraiment eu son travail par piston, il ne devrait pas être renvoyé pour les évènements qui adviennent ici. C’est une preuve d’incompétence or il n’est pas jugé là-dessus ; sauf si je me trompe.

« Vous savez, ce que vous considérez comme vôtre pour l’avoir acheté ici en ce jour peut être considéré comme volé par ses propriétaires originels. Prenons ce lot, une technologie kree probablement extraite d’un avant-poste daté d’il y a plus de vingt-cinq millénaires… et bien, je serais curieuse de vous entendre argumenter votre droit à le posséder en face d’un Accusateur Kree. Après, je dois avouer douter du droit de vendre chacun des objets concerné aujourd’hui mais je suis certaine que nous pouvons trouver un arrangement afin que vous n’ayez pas à démontrer que j’ai tort aux Luchadores. »

Alida n’a pas les moyens humains possédés par d’autres groupes de super-sécurité, ne serait-ce qu’au niveau de la récolte d’informations. Les Vengeurs ont le SHIELD pour s’assurer de la surveillance des activités illégales, et probablement légales également, mais les Luchadores ont vu leurs gouvernements les saborder au profit de l’Initiative et, maintenant qu’ils ont retourné leur veste, doivent se reconstruire et trouver des associés de confiance au sein de leur propre territoire. Une chose qui prend du temps. Une chose qui me motiverait presque à l’aider présentement ; oui, il serait dommage de sembler agir de façon désintéressée, même pour une ancienne camarade de la Justice League, cependant je peux toujours mettre en avant le fait que je n’ai pas respecté ma mission première, enquêter sur les séïsmes. L’excès de zèle me ressemble bien plus que l’aide amicale.

Arrivée face à face avec le commissaire-priseur, je place une main sur la hanche tout en lui tendant l’autre, le fixant dans les yeux avec mon regard perçant.

« Je veux deux choses : une structure cristalline ovoïde émettant une faible lueur qu’on vous aura sans doute présentée comme "cœur d’un dieu" ou synonyme et la liste de vos invités. Deal ? »

Les murmures se répandent dans la salle à cette divulgation d’informations personnelles qui permettrait aux Luchadores d’avoir des suspects concernant des organisations comme l’Hydra, le Weapon X et la Fraternité au sein de son territoire ; quand bien même je me doute que certains aient pris des pseudonymes avant de se rendre à cette vente aux enchères, connaitre ceux-ci permettra de suivre l’argent qu’ils ont employé et, potentiellement, de faire des découvertes intéressantes. De plus, vu l’opprobre que cela jetterait sur l’hôtel de vendre ainsi ses clients, je m’assure de mettre à mal le système de distribution actuel même s’ils acceptent mon offre. Et s’ils n’acceptent pas mon offre, cela devient encore plus amusant.

Je n’ai pas les capacités métaphoriques de ma jeune camarade et la laisserait donc parler plus amplement de la tête faire par mon interlocuteur, lequel rassemble tout le courage qu’il n’a pas pour me dire qu’il n’a pas les noms de ses clients et qu’il faudrait donc voir cela avec le directeur. Cependant, il a la liste des objets de vente et me la tend, me laissant le soin de m’assurer qu’il n’a pas ce qui m’intéresse. Un constat désobligeant.

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Leandra Albarez Muñoz le Mar 3 Juil 2018 - 10:18

Euh… elle sait c’qu’elle fait là ? Parce que j’veux bien que l’spectacle soit sa seconde nature – elle l’a plutôt bien démontré avec son combat cont’ l’Apu – et j’ai pu constater aussi qu’elle a pas trop à s’en faire question combat mais est-ce qu’c’est une raison pour s’attirer l’inimitié d’tous les présents pour autant ? Non parce que, moi, contrairement à elle, j’tiens pas trop à voir ma tête mise à prix. D’jà parce qu’après avoir paniqué philosophé sur ma majorité à v’nir, j’aimerais franchement bien la voir advenir. Pis parce que, merde, c’est juste du bon sens ! On n’entre pas dans une pièce remplie de hors la loi en exigeant de l’organisateur leurs données personnelles pour les donner à l’agence d’super sécurité la plus proche.

Pas qu’j’ai pas confiance dans les Luchadores hein ! A vrai dire j’ai pas trop d’avis sur eux. Quand j’étais gamine la fierté continentale f’sait que j’les aimais bien mais maint’nant j’sais pas trop c’qu’y valent. Non, l’vrai problème c’est que, même si tout s’passe pour l’mieux et qu’ma partenaire obtient c’quelle veut sans grabuge, j’risque quand même d’voir un contrat apparaître sur ma tête. Et j’ai pas envie d’changer d’nom et d’vie. Encore moins d’mourir. Sans compter l’risque pour ma famille. Après tout, c’est pas parce qu’on a nos problèmes que j’veux les voir mêlés à tout ça, bordel ! Bref en un mot comme en cent qu’est-ce qu’elle fout ?!!!!

Cette question j’ai pas l’air d’êt’ la seule à m’la poser si j’en crois les r’gards mêlant la surprise, la colère et la panique qui s’dirigent vers elle. Heureusement elle m’a d’mandé d’rester en arrière et j’me fais pas prier. En effet, j’recule l’plus discrètement possible pendant qu’l’attention est focalisée ailleurs et m’colle contre un mur, pas trop loin d’la sortie. Si besoin est, j’prendrai mes jambes à mon cou. En effet, si j’y réfléchis avec un peu plus d’calme une fois le premier « What the fuck ?! » passé, j’en sais pas plus sur Madame Papillon qu’elle n’en sait sur moi. Autrement dit, si même ma coéquipière d’fortune sait pas qui j’suis, personne n’pourra m’identifier pour m’coller un assassin au cul. Sérieusement j’vois ça d’ici : adolescente sud-américaine, taille moyenne, cheveux noirs, yeux marrons, tenue négligée. C’est sûr qu’ça fait pro comme description ! Doit y’en avoir des milliers des comme ça. Pis c’est pas comme s’ils savaient pour Nina donc ça facilite pas la distinction. Non, franchement sans nom ni détail particulier y m’retrouveront jamais c’est moi qui vous le dit.

Une fois cette constatation faite, j’me sens vachement plus sereine. Parée à toute éventualité, j’dirais même. Bon p’têt’ pas toutes les éventualités parce que Dieu sait qu’en c’bas-monde où l’impossible semble d’plus en plus faire partie du quotidien ce s’rait tout bonnement invraisemblable mais quand même. A part l’arrivée soudaine d’un ptérodactyle ou d’une météorite, j’pense qu’en restant réaliste – tout l’problème étant dans c’petit mot de merde – j’pense pouvoir gérer la suite. Comprendre, agir en conséquence et m’barrer en quatrième vitesse si nécessaire. Après tout, c’est pas exactement comme si Miss Butterfly avait vraiment b’soin d’mon aide maint’nant qu’on est arrivées à destination. Quoique… au vu d’la tronche plus que contrariée qu’elle tire alors qu’elle observe l’manifeste d’la soirée, est-on vraiment au bout d’not’ périple ? Pas si sûr.

Et maint’nant quoi alors ? On s’barre comme on est venues ? Avec classe et distinction ? Dans son cas au moins. Ou bien l’merdier dans lequel Madââââme nous a foutues va-t-il sérieusement compliquer les choses ? J’pencherai étrangement pour la deuxième option. Pas par goût, non, mais par expérience. Fin bon comme j’le disais moi j’me contente d’assister au spectacle en silence pour l’moment. On verra pour la suite pour intervenir. Elle m’a bien dit d’pas bouger non ? Quoi, comment ça c’est hyper hypocrite comme réaction alors que j’ai déjà bougé pour m’rapprocher d’la sortie. Et bah… ouais non, là comme ça, j’ai pas d’argument d’mauvaise foi à vous opposer, z’avez raison c’est hypocrite. Et savez quoi ? Rien à foutre !


Dernière édition par Leandra Albarez Muñoz le Mer 11 Juil 2018 - 9:44, édité 2 fois

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Re: Quand la Terre tremble

Message  Cereza de l'Umbra le Jeu 5 Juil 2018 - 12:24


Je suis au bout du podium, au centre des regards. J’ai la posture qui convient, une main sur la hanche, le torse bombé et le dos droit, le visage aussi relevé que possible considérant qu’il me faut lire cette liste qui m’a été donnée. Liste tenue par ma seconde main, ainsi tendue entre moi et un maître de cérémonie incapable de m’être utile. Dans mon dos, les regards, les murmures. Les jugements auxquels je devrais bien faire face. Devant moi, ce vide abyssal qui implique que je ne puisse que me retourner, quand bien même je ne peux revenir en arrière. Derrière moi, fixant sans doute ma peau nue de la nuque aux hanches dévoilée par le dos nu en losange de ma combinaison, cinquante êtres s’enorgueillissent dans leur importance et dans leur confiance envers le système qui la leur donne ; cinquante êtres se satisfont de mon erreur, du fait que mon culot s’évanouisse face à leur institution. Enfin, cinquante et un puisqu’il y a aussi l’employer à la compétence douteuse pour pouvoir enfin m’être supérieur, pour pouvoir enfin me retourner la politesse des considérations de ma propre incompétence. S’il est un pouvoir que je déteste en cet univers, il s’agit de la télépathie ; je déteste l’idée qu’on puisse lire mes pensées presqu’autant que celles que les pensées des autres puissent raisonner dans ma tête. C’est ce qui se passe pourtant, actuellement. J’anticipe et suppose les pensées qu’ils ont sur moi. J’ai avancé au bout de la jetée en prétendant être la tempête et maintenant… quoi ? Et bien, cinq mots : the show must go on.


D’abord, je relâche mes doigts et laisse choir la liste des objets à la légalité douteuse jusqu’au sol. Ensuite, main toujours tendue, je pivote un pied pour pouvoir me retourner avec grâce face à ce monde, ses regards, ses jugements. Empty spaces, what are we living for ? Abandoned places, I guess we know the score. On and on, does anybody know what we are looking for ? Another hero, another mindless crime. Behind the curtain, in the pantomime. Hold the line ! Does anybody want to take it anymore ? The show must go on ! The show must go on ! Inside my heart is breaking… My make-up may be flaking… But my smile still stays on.

« D’ordinaire, je m’apprécie pas tellement les bavards. Mais il semble que, pour m’amuser ici, je doive faire un discours. »

Whatever happens, I'll leave it all to chance. Another heartache, another failed romance. On and on, does anybody know what we are living for ? I guess I'm learning, I must be warmer now… I'll soon be turning, round the corner now. Outside the dawn is breaking… but inside in the dark I'm aching to be free. The show must go on ! The show must go on ! Inside my heart is breaking… My make-up may be flaking… But my smile still stays on.

« Rassurez-vous, cela ne sera pas un monologue de super-vilaine qui vous permettrait de me comprendre voire même d’éprouver une once d’empathie pour moi. Ce ne sera pas non plus un discourt héroïque à propos de valeurs, de sentiments et de rédemption tant il est manifeste que je n’en ai pas. Non, intéressons-nous à la victime de cette affaire histoire d’être un minimum original. »

My soul is painted like the wings of butterflies. Fairy tales of yesterday will grow but never die. I can fly, my friends. The show must go on ! The show must go on ! I'll face it with a grin. I'm never giving in. On with the show !

« Il était une fois, non loin d’ici, une antique créature endormie. Dans la chaleur de la lave ou les ténèbres de la poussière, même moi n’en suis-je certaine. Je sais cependant qu’elle possédait une chose précieuse, une anomalie responsable de sa venue ici. "Nexus Dimensionnel", "Cœur Elémentaire", "Source Magique"… choisissez le nom qui vous plaira ou inventez le vôtre. Personnellement, j’aime à l’appeler son "cœur". »

D’un geste ample, je mets la main sur le mien de cœur, couvrant la montre à gousset qui repose sur ma poitrine. Alors que mon discourt continue, mon œil gauche commence à irradier d’une énergie rougeâtre et sanglante, s’échappant depuis l’iris jusqu’à couvrir l’entièreté de la pupille.

« Et quelqu’un l’a volé. Réveillée, l’ancienne créature a commencé à réclamer qu’on lui rende son bien, cette partie d’elle-même. Tout d’abord imperceptible, ses appels ont fini par faire trembler monts et cités. Après une semaine, elle a commencé à se diriger vers ces lieux, indifférentes aux humains qu’elle pourrait blesser. Et son mouvement lui a fait trouver une réponse. Affaiblie, notre pauvre créature n’a pu que plier l’échine sous la brutalité qui a fondue sur elle… jusqu’à ce que la brutalité comprenne. Cela fait, la brutalité a tourné son regard vers les véritables coupables. »

I'll top the bill ! I'll overkill ! I have to find the will to carry on ! On with the show ! On with the show !

« Vous étiez parfaitement désignés pour l’être, avec cette vente aux enchères fort convenante à mon investigation. Et savez-vous qu’elle l’est toujours ? Je l’ai juste regardée du mauvais œil. Si notre victime se dirige vers cette ville, c’est que ce qu’elle cherche s’y trouve. Non parce c’est à vendre au sein de votre collection… mais peut-être parce que le voleur est parmi vous. Quand on cherche des artéfacts ésotériques rares à l’instar du cœur d’un dieu élémentaire, votre petit vide grenier doit être une aubaine qu’on ne peut rater. »

The Show must go on…

« Que tous ceux qui n’ont rien à se reprocher dans cette affaire se tranquillisent ; seul mon coupable m’intéresse. »

Je laisse une seconde après ma phrase afin que les réactions se fassent puis l’invocation du Temps des Sorcières fige ce qui se trouve autour de moi dans cet enchantement violacé. Toujours debout, une main sur le cœur et l’autre sur la hanche, je me permets de pencher la tête en avant pour souffler mon soulagement. Même hors du temps, un instant est le seul répit que je me laisse puisqu’il me faut encore trouver mon coupable ; heureusement, de toutes les personnes présentes ici il doit être le seul à ne pas avoir été figé sur une pointe de soulagement bien méritée. Reste à le trouver avec assurance mais j’ai une idée pour cela.

Retraversant la pièce, je m’en viens voir une petite dont le niveau d’assurance semble d’autant plus vacillant qu’elle s’est collée à la sortie ; c’est si mignon. La regardant avec le sourire, je m’ôte ma montre à gousset dont la petite aiguille indique les chiffres 1411 et la grande 1219 tandis que le cadran est entouré d’un croissant de lune à l’intérieur duquel des pétales stylisés contiennent des pierres brillantes d’une énergie aussi violacée que celle de mon enchantement. Ne sachant pas où la placer sur l’adolescente, je me saisi d’un des rubans rouges se trouvant dans ma chevelure et en déchire une fine partie pour en faire un collier ; collier que je dépose autour du cou de ma coéquipière improvisée. Touchant le centre, je lui offre son premier voyage hors du temps dans ce monde violacé qui est le mien.

« Bienvenu dans le Temps des Sorcières, Petite. Au cas où tu te demandes, oui c’est normal que tu peines à respirer ou te mouvoir ; le temps est ralenti ainsi l’air t’oppose une résistance, tant pour bouger que l’inspirer. »

Une grande partie des capacités physiques quasi-surhumaines des Umbra et des Lumen en tient au "simple" entrainement au sein du Temps des Sorcières ou de la Vitesse des Sages, deux versions similaires du même enchantement et un hors sujet de culture occulte.

« Cela étant dit, je ne sais pas si ton manque de foi me concernant devrait me consterner ou non. Qu’importe, je me demandais si tu ne voudrais pas une promotion comme passer de porteuse à assistante de la magicienne. La compétence requise est simple : tes capacités zoomorphiques te permettent-elles d’avoir un odorat suffisamment affuté pour sentir lequel de notre bon public ne partage pas le soulagement des autres ? C’est notre gagnant. »

M’écartant d’un pas, je lui désigne la salle en une invitation à s’y déplacer à sa guise et m’apprête à la suivre les mains sur les hanches.

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