Passé et Présent

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Message  Léviathan le Ven 23 Juin 2017 - 6:41




Passé et Présent
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New York City est légèrement plus fraiche et moins venteuse que Boston mais, alors que je regarde la vingtaine d’étages du bâtiment qui me fait face, les nuages qui s’amoncèlent dans le ciel risquent d’apporter la pluie en soirée là où la ville des Hellions devrait être épargnée. J’ai une tenue adaptée à la chaleur, chemise blanche et pantalon de toile blanc m’assurant de disperser au mieux la lumière pour échapper à deux degrés en comparaison des autres couleurs, mais du fait très peu adaptée à la pluie. Cela étant, je m’éternise suffisamment sur Terre pour ne pas le faire dans la Ville qui ne Dort Jamais, quand bien même elle contient tant d’Envie. Les bruits constants des nuées s’agitant en ces rues sont insuffisants à couvrir les murmures qui raisonnent à mes oreilles depuis d’autres dimensions même en s’accompagnant de ces sentiments diffus plus ou moins intenses que l’on n’admet pas mais qui nous motivent à avancer et nous consument dans l’échec. Manhattan est la vitrine de New York comme des Etats-Unis et une vitrine est faite pour créer l’envie auprès des consommateurs, son succès m’agitant l’âme et le cerveau à m’en donner faim. Heureusement, je fais face à un restaurant, descendant mon regard depuis les cieux jusqu’au rez-de-chaussée de l’immeuble. Le paravent qui surplombe la porte vitrée et le tournique de l’entrée indique Park Avenue Summer et, bien que le nom change à chaque saison, la familiarité avec ce lieu est bien plus troublante que tous les humains et leurs désirs, que toutes les voix et leurs commentaires, que toutes les villes et leur environnement. Mains sur ma trousse blanche elle aussi et cheveux libres agités par le vent, je fixe un lieu que je connais alors que je n’y ai aucun souvenir. J’aimerai que ce soit seulement une impression de déjà-vu mais je suis parfaitement lucide sur ce que c’est : une fois encore, Julia Hobbes se retrouve face au passé de Léviathan. Une fois encore, je ne sais pas réellement qui je suis, à défaut de me faire des illusions sur ce que je suis.

C’est d’ailleurs cela qui m’amène ici comme cela m’a déjà amené ici par le passé, dans une autre vie. Le Park Avenue Autumn/Winter/Spring/Summer n’est pas le restaurant le plus chic de Manhattan mais je le préfère au Per Se de Thomas Keller, si attrayant pour les membres du Club des Damnés, par l’évolution qu’il connait à chaque saison. Le temps est déplaisant à la plupart des gens dans une ironie qui me plait beaucoup : nombre de personnes se sentent toujours contraintes par cette notion sensément invariable mais que leur perception fait fluctuer, alors même que le temps est prouvé être non seulement relatif mais également mal mesuré afin de correspondre aux horaires et calendriers qui causent généralement la dépréciation suscitée… cela sonne comme une absurdité à mes yeux et j’apprécie cela plus qu’aucune autre forme d’humour. Que n’invente-t-on pas pour essayer de se compliquer la vie ?

Ce n’est nullement une critique puisque je m’en amuse au point de faire de même, convoquant le passé dans une rencontre c’étant déjà produite même si les choses ont changé. Mon allégeance aux Hellions ne leur apporte pas meilleure réputation auprès des autres organisations de super-sécurité que l’investissement d’Emma Frost ou la participation de Rachel Williams mais la bonne foi nous assure une certaine reconnaissance de nos compétences, au point même que certains autres groupes tentent de recruter dans nos rangs. C’est dans ce développement que je veux m’inscrire, non pour faire l’Envie aux autres organisations car celles conscientes de ma nature me considéreront comme une maladie mais pour continuer à prouver le potentiel des Hellions. Cela implique peut-être de m’absenter de quelques cours de l’Académie mais je n’y suis pas vraiment pour le cursus, quand bien même je m’applique à le réussir par respect pour mes enseignants comme la connaissance, considérant que le réseau est bien plus important. L’être le plus compétent du monde, s’il n’a personne pour plébisciter sa compétence, sera toujours mal employé ; c’est peut-être injuste mais c’est ainsi. Et c’est ce qui fait que mon rendez-vous connait tant de difficultés aujourd’hui là où elle garde de sa gloire passée cette réputation d’être la plus grande guerrière de cette planète.

Diana, Princesse de Themyscira, Ambassadrice des Amazones au sein du Monde des Hommes, tu te souviens de ce que signifie une invitation au Park Avenue Autumn/Winter/Spring/Summer n’est-ce pas ? Oh, il n’était pas au 360 Park Avenue de New York la première fois que le Léviathan t’y a invitée, il y a presque vingt ans. Il était à Upper East Side, bien plus proche du Manoir du Club des Damnés et c’était l’implication de ce dernier qui t’avait fait venir alors. Sébastian von Orchent, est-il également entré dans la légende ? Suis-je entrée dans la légende ? Cela me cause de l’Envie, comme tant de choses, ainsi vaut-il mieux éluder. Je ne peux m’empêcher de me demander si tu serais curieuse de le revoir… Moi oui. Mais c’est toi que je vais revoir aujourd’hui.

C’est toi que j’attends, debout sur le trottoir à regarder au travers les vitres ce lieu où je me doute bien que nous n’irons pas déjeuner une nouvelle fois. C’est toi que j’attends, immobile avec mes pensées et l’absence de nos souvenirs partagés, avec les gens qui s’agitent autour de moi et leurs envies qui s’agitent à l’intérieur de moi, avec les voix de démons qui raisonnent dans mon crâne sans que je puisse savoir si celle que je considère pour mienne l’est vraiment. C’est toi que j’attends avec une appréhension de te revoir et une curiosité de te découvrir. Je suis Julia Thomasine Hobbes, je suis le Léviathan, je suis Léviathan ; est-ce suffisant pour que tu me reconnaisses ? Le reflet de jeune femme blonde que me renvoient les vitres est bien plus différent de la personne que tu as rencontrée à l’époque que l’intérieur du restaurant qui se trouve au-delà…

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Le décor pour l’été est chaud et joyeux, les colonnes centrales aux pièces décorées à la manière d’un arbre dont les branches supportent les ampoules qui projettent une lumière orangée sur les tables carrées et les chaises de bois aux alentours. Des lambris à mi-hauteur d’hommes encadrent des banquettes de cuir afin de délimiter de grands espaces sans bruit excessif où se parler est aisé tandis qu’entre eux navigue un personnel aux petits soins. L’élégance, le service impeccable et la cuisine raffinée et originale font la réputation de ce restaurant où affluent touristes et locaux ayant de quoi se payer les tarifs conséquents. Il y a, en somme, suffisamment de civils pour que j’ai bon espoir d’éviter toute destruction intempestive de ce lieu qui varie au fil des saisons. Le Manoir du Club des Damnés dispose également de salons thématiques pour les quatre périodes d’une année mais les moyens plus limités de ce restaurant impliquent que ce soit la décoration qui change, non la pièce. Pour un être habitué à voir les choses changer, évoluer et se répéter, c’est agréable de s’y rendre quatre fois l’an.

Cette cinquième fois est différente, cependant. D’ordinaire, le Cercle Intérieur me tient occupé à l’écart de ses membres et je ne suis, pour eux, qu’un exécuteur ; une situation qui me satisfait car me maintenant éloignée des intrigues politiques tout en m’offrant un accès aux diverses personnalités qu’elles impliquent. Le pouvoir terrestre que chacune d’entre elles cherche m’indiffère, mes objectifs sont tout autre et c’est par conscience de cela que les couples royaux préfèrent me voir à l’encontre de leurs ennemis plutôt qu’en compagnie de leurs vassaux. Combien d’entre eux ont amélioré leur position grâce à moi en échange de leur âme ? Je ne saurais pas le dire, même si je sais qu’elles seront plus nourrissantes encore que le repas que je m’en vais faire ce soir. Vendre son âme ne coûte rien dans l’instant et peut rapporter beaucoup, tout banquier et investisseur est friand de ce genre de chose en conscience que cela conduira tôt ou tard à une crise mais cela n’a pas d’importance s’il gagne plus qu’il ne perdra dans ladite crise. Et puis les élans de solidarité sont toujours plus importants pour aider les riches que les pauvres, puisque les premiers réclament moins souvent on y est plus sensible. La richesse ou la pauvreté n’ont aucun sens, comme dit un proverbe du peuple Cree : "quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme va s’apercevoir que l’argent n’est pas comestible". Oh, tous les hommes ne seront pas surpris mais il y en aura pour le feindre et c’est ceux-ci qui m’intéressent le plus. L’argent n’est peut-être pas comestible mais leur âme l’est.

Je suis un démon non-pas car mon esprit et mon corps sont envenimés par une entité qualifiée comme telle mais car je suis quelqu’un qui contemple l’Humain dans ce qu’il a de plus noir, de plus nu, et qui l’accepte pour s’en servir. Les êtres comme moi sont immuables et inhérents à l’Homme et à son imperfection, ce qui est l’essence même des Démons. Après, je préside toute de même à l’Envie. Et, heureusement pour moi, c’est peut-être un péché capital plus jeune que les autres mais, comme toute nouveauté, elle est en pleine essor depuis son apparition. Si la première partie du XXe siècle c’est livrée à la Colère et à l’Orgueil, voici cinquante ans que l’Avarice et l’Envie s’accroissent toujours plus au sein de l’Humanité ; une chose qui ne semble pas être prête à changer. Gourmandise et Luxure nous ont fait de l’ombre à un moment mais ce sont des péchés relativement stables qui n’ont jamais été en contradiction avec les autres ; mieux, ils ont tôt fait de servir mes propres intérêts. Enfin, certains hommes aspirent à un futur de Paresse où la technologie fera tout pour eux et Belphegor est en accord avec cela tant qu’on ne lui demande pas de s’impliquer dans ses promesses, ce qui assure encore une certaine tranquillité pour plusieurs siècles. Le marché qui me concerne est donc en plein essor même si je ne prends pas beaucoup plus de considération sur le long terme que les personnes que je critiquais à l’instant. Quoi qu’en disent les bien-pensants, il est des gens pour être conscient des dégâts qu’ils causent et les entreprendre tout de même, innocence et ignorance ne peuvent tout excuser dans ce monde.

Et, comme il est des gens pour se livrer aux "bas instincts", il est des gens pour les combattre. C’est une personne de ce type dont je suis sensée m’occuper aujourd’hui et l’invitation en ce lieu est faite dans cette intention. Je ne m’attends pas à ce que tu apprécies l’attention, Princesse Diana de Themyscira, tout comme je m’attends parfaitement à ce que tu vois cela comme un piège. Tu as raisons, c’en est un. Mais tu tomberas dedans, sais-tu pourquoi ? Parce que c’est demandé poliment.

Je suis assis sur une banquette en cuir et vêtu d’un costume trois pièces aussi noir que ma chevelure couvrant une chemise aussi pâle que ma peau. Je me lèverais lorsqu’un serveur te conduira jusqu’à moi, afin de respecter la politesse de rigueur, mais n’irait pas jusqu’à te proposer un baisemain, afin d’éviter toute tentation que la main ne répande la mâchoire sur les murs si bien décorés. Et puis, je te baiserais toute entière d’un certain point de vue, même si mon éducation implique un restaurant chic en guise de préliminaire. Je ne m’attends pas à ce que cette affaire tourne dans le sens où je l’entends mais j’espère que, malgré tout, notre rencontre pourra être conviviale. Je suis Sébastian von Orchent, je suis le Léviathan, je suis Léviathan ; cette rencontre signifiera quelque chose Diana, même pour une personne de ta qualité.

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Message  Diana De Themyscira le Mar 31 Oct 2017 - 23:24

    Auteur, philosophe et passionné d’écritures avaient écrits sur cette ville, grandiose pour certains, polluante pour d’autres, elle racontait uniquement une histoire par chaque avancée des sociétés. Victime des crises économiques et sociales, les êtres humains de cette ville avaient changé, c’était une idée fondamentale devant les acteurs qui remplacent d’autres acteurs pour amener leurs savoirs, leurs idées ou leurs démarcations à travers les époques. Diana de Themyscira avait maintenant un regard plus simple sur cette société, habituée à marcher sur ce territoire pour des missions quelconque où les plus grands héros de cette Histoire s’étaient rencontrés une première fois pour combattre un Démon de l’Espace. New York City était d’un mystère et Diana de Themyscira avait toujours une vision embellie de cette histoire. Plusieurs marquaient New York City comme une beauté ou une unicité, mais pour Diana, cela restait la pièce centrale de la création de sa Famille. Guerre, Diplomatie et Politique s’étaient oubliés par des mots autour l’Espoir, la Fraternité et ainsi que l’Avenir. Capable de se poser des questions sur cette société ou sur elle-même, la princesse des Amazones avait conclu elle-même de cette relativité. La vérité et les réalités devenaient souvent sujettes à la subjectivité. Durant des siècles, les Hommes et les Femmes de ce monde s’étaient déchirés pour faire accepter la vérité aux autres, alors qu’elle devenait relativement absurde devant l’immensité de la vie à travers toute galaxie.

    Certains avaient compris la modestie, alors que d’autres s’étaient noyés dans la corruption et dans des principes fondamentalement dangereux. Boston n’était pas New York et les Nord-Américains se retrouvaient souvent enthousiastes d’exploiter une rivalité entre les deux grandes métropoles américaines. Bruce Wayne avait tenté des multiples fois de faire comprendre à la princesse des Amazones, cette rivalité non-mortelle entre les grandes villes américaines, mais la guerrière n’était pas intéressée par ces histoires. Intéressée surtout par d’autres sujets, Boston était la ville du BPRD, fier allié de la Justice League, de ses débuts jusqu’à la fin. Chacun avait une expérience de travail et de compétence bien plus imposantes comme danger. Les années de transitions avaient été établies un autre danger, un danger présent dans les mentalités surtout. Faisant croire à un universalisme, à une culture économique omniprésente, ils devenaient ainsi un danger et surtout un problème général dans cette société enrichie par les paresses et les préjugés.

    Le Club des Damnés avait réalisé une longévité historique, s’établissant comme une organisation politique et économique, imposante partout sur la planète. Malheureusement pour eux, plusieurs grands noms avaient décidé de les abandonner. Erik Lehnsherr, Alexander Luthor et ainsi que plusieurs ennemis avaient établi que le Club des Damnés n’était plus réellement intéressant pour rentrer dans une démarche logique de construction. Ils pouvaient survivre sans eux, et aujourd’hui, toute l’humanité pouvait survivre sans leurs préjugés ou leurs idées de grandeurs qui avaient buts d’enrichir uniquement leurs intérêts.

    Justification après justification, provocation après provocation, ils restaient en vain ceux qui profitaient des passe-droits et des réserves de leur égocentrisme pour s’enrichir dans leurs pauvretés intellectuelles. C’était un triste constat aujourd’hui et Diana de Themyscira avait une mission aujourd’hui : Une de s’en occuper de ce problème personnellement. Entre l’urgence d’intervenir dans la crise de la Main et les problèmes avec de nouvelles ouvertures de portail dimensionnel, Wonder Woman était assez responsable pour aller s’occuper de ce problème. Elle avait peut-être décidé de l’écrire dans les prises en charge, mais elle savait comment confronter ce problème.

    Équipement argenté, Diana de Themyscira s’imposait encore avec son armure. Jambes couvertes de son pantalon noir, elle rentra dans le restaurant avec une certaine rudesse, sans se soucier réellement des manières et des politesses. Un agent du Club des Damnés voulait la rencontrer, peut-être pour encore s’illusionner dans leurs rêves de rejoindre toutes les « Élites », mais le refus était dans l’immédiat. Les compromis étaient impossibles avec ces êtres, surtout avec ce qu’ils désiraient faire comme projet. Faisant fuir le serveur d’un regard, elle déposa une seule phrase envers cet être représenté lâchement encore sur un buffet de l’absurdité :


    « Le Club des Damnés est maintenant prêt à négocier sa capitulation? »

    Quel que soit le nom, les idées, la mythologie, les préjugés ou les idées, le Club des Damnés restera dans l’Histoire comme une défaite philosophique. Cherchant à « améliorer » le monde pour devenir des tyrans invisibles, accusant ensuite les autres de les avoir sabotés, Léviathan, le Dieu Arès ou même le Dévoreur des Mondes n’était qu’une répercussion de leur échec le plus lamentable pour rester en soit crédible dans leurs discours incohérents.


    Autre époque, autre mœurs?

    Les yeux de Wonder Woman regardaient comment cette ville s’était construite. Au fil des années et des lectures, elle avait compris les raisons pourquoi Clark décrivait Boston comme l’une des villes plus mal-construites architecturement de son Histoire. Concentrés sur une périphérie centrale pour les touristes, pendant qu’une grande partie des banlieues se dévoilait surtout comme un laisser-faire des dirigeants, la ville pouvait se diviser en deux. Une partie, qui était une illusion et l’autre qui représentait une difficulté, mais parfois un espoir par l’optimisme de quelques êtres. Cela faisait des années qu’elle n’était pas retournée dans cette ville, elle avait peut-être des bons souvenirs de son temps passé avec Bayonetta, avec Zatanna et avec Mina, mais les années avaient passé pour accumuler aussi des mauvais souvenirs. Elle comprenait ainsi plus les regrets de Cassandra sur quelques étapes importantes de sa vie. Elle avait rarement décidé de quitter sa Famille pour d’autres sujets, mais cela faisait très longtemps que sa Famille s’était déchirée par les politiques et par une nouvelle vision de l’espoir.

    Diana de Themyscira considérait globalement que Korra et que Cassandra pouvaient être les meilleures de cette époque. Non parce qu’elles étaient des combattantes exceptionnelles, mais bien par leurs philosophies respectueuses et des principes qui étaient importants à comprendre pour l’aspect familial d’un groupe. Nullement besoin d’impressionner son équipe pour devenir une étoile rare des Héros d’aujourd’hui, il suffisait d’accepter les différences et travailler sur la patience. Certains voulaient la gloire et la reconnaissance, ils s’inscrivaient ainsi dans des éléments complètement superficiels et vicieux. Wonder Woman avait deux missions en particulier par son retour dans la grosse pomme. Revoir des êtres qui comptaient réellement dans sa vie et retourner à un lieu bien désagréable.

    Toujours habillée par son armure, elle portait sa jupe de guerrière à ce moment. Retournant au trottoir où une relation avec un ennemi avait commencé, elle pouvait se souvenir de certains moments de cette vie. Elle avait sous-estimé la force du Club des Damnés, et non uniquement de Sebastian, mais aussi du magicien sombre. La prudence était donc de mise devant ces nouvelles menaces. Comme prévue à l’époque, le Club des Damnés s’était écroulée, mais d’autres organisations avaient pris le relai de cette nauséabonde création. À Boston, l’héritage du Club des Damnés cherchait toujours une certaine défense, alors que cet héritage pouvait être le synonyme de désastre. Il le sera toujours, surtout avec des personnalités et des idéologies inachevées, et surtout appuyés par un désir de vengeance ou d’égo.


    « Mon temps est important. J’espère que cette invitation n’est pas pour des annonces aussi insignifiantes que celle de ta parenté avec cet ancien membre du Club des Damnés. »

    Rude, elle s’inscrivait ainsi contre cette manie mélodramatique de tout réunir l’attention vers sa présence. Certains inconnus avaient une forte envie de vouloir être connue ou d’être reconnue par ses pairs pour quelque chose de plus important à développer dans leur égo. Hélas, si une nouvelle génération pouvait être dans l’espoir, d’autres se perdaient dans un passé ou des buts malheureusement aussi ridicules qui encourageaient uniquement des anciennes traditions. Les réponses pouvaient se trouver à d’autres localisations ou encore dans le passé, mais est-ce que cela pouvait devenir réellement important pour l’avenir de Julia?

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Re: Passé et Présent

Message  Léviathan le Dim 19 Nov 2017 - 13:23




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Chère Diana,

J’inspire par le nez tout en retenant un soupire. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde, ni plus ni moins. Si ton temps avait plus d’importance que moi, tu ne serais pas ici à me l’accorder. Mais être désagréable doit faire parti de ton charme, une manière d’imposer ton ascendance ou de rappeler ta supériorité. Dommage que cela s’accompagne d’une déclaration prouvant que tu n’appréhendes pas ce que je suis réellement ; chose qui n’est pas un reproche, puisque c’est aussi mon cas. Mais je cherche à comprendre puisque j’y accorde de l’importance là où cela ne ferait aucune différence pour toi.

Tu m’excuseras de ne pas me retourner tout de suite, ton reflet me suffit à te regarder pour constater que tu n’as pas changé. La jupe pourrait faire féminine si tu avais la moindre considération pour t’adapter à la société moderne mais, à la place, tu continues de te ranger du côté de ces hoplites disparus depuis l’époque hellénistique que tu n’as pourtant pas connue, jeune comme tu es. Tu es une Amazone, tu es une Guerrière ; deux choses qui jurent avec ces personnes que tu déclares défendre mais qu’au final tu ne comprends pas et n’a probablement pas envie de comprendre. Cela a toujours été une faille de la Justice League, à tant parler d’Humanité la plupart d’entre vous n’a jamais perçu que vous vous éloignez des Humains. Aujourd’hui encore, tu es marginale dans ce monde, Princesse de Themyscira. Mais cela n’entache en rien ton prestige ou tes aptitudes et ce n’est effectivement pas ta personne qui m’intéresse mais bien le moyen que tu représentes.

Baissant légèrement le menton, je plisse les yeux comme les lèvres avec un contentement certain. Mes paupières se rouvrent alors que je me tourne vers toi, ma bouche ne tardant pas à en faire de même en un souffle. J’hésite à te tendre la main pour te proposer une poignée, serrant ma trousse entre mes doigts alors que je reste partagée entre l’inutilité de faire cela considérant ton décalage culturel et une certaine intimidation de te voir. Je n’ai pas besoin d’être rustre pour m’affirmer ainsi, sans avoir l’intention de te laisser me marcher sur les pieds, je suis plutôt discrète. Tout stupide que cela soit, je suis moins à mon aise que lors de notre précédent face à face. Il me faut donc quelques instants pour trouver les mots et j’acquiesce avant de les prononcer.

- La même créature compose nos corps et la même entité coexiste avec nos esprits, oui. Je vous remercie de considérer cela comme insignifiant, peut-être me donnerez-vous donc ma chance sans tenir compte des actions effectuées dans ma précédente vie.

Tu n’as pas eu à me chercher, Diana, j’en déduis donc que les systèmes d’espionnage de la Justice League sont donc toujours suffisamment actifs pour que tes renseignements t’aient fourni mon identité, photo incluse. Je me demande combien d’autres parties du Léviathan vous avez identifié. Nous avez-vous déjà espionné durant nos fêtes "familiales" ? Evidemment, c’est votre bon droit puisque nous ne sommes pas une vraie famille, nous sommes les parties d’une même créature, et que nous sommes des ennemis en puissance. Peut-être même une secte cannibale, qu’importent les mots et les accusations tant que les actions contre nous sont justifiées. Mais je dois donc des remerciements à la Justice League pour n’avoir jamais interrompu nos repas afin d’en arrêter tous les participants. L’étude de nos vies privées a du prouver que la plupart d’entre nous n’était rien de plus que des menaces potentielles. Ce n’est pas le Léviathan mais bien Léviathan qui est réellement dangereuse, n’est-ce pas ?

- Je vous remercie aussi d’être venue et m’excuse d’avance d’abuser de votre temps. Si cela peut vous rassurer cependant, il n’est pas question de vous inviter à diner une nouvelle fois ; j’espère vous être plus agréable aujourd’hui.

Je n’ai que rarement l’intention d’être désagréable mais comprends parfaitement que je ne t’évoque pas de bons souvenirs, Diana. L’espoir est un ersatz dangereux de la réalité mais je tends à manifester bien plus d’optimisme qu’auparavant, par changement de caractère, ainsi me permets-je cette déclaration. De toute façon, sois assurée que ton occasion de briser mes réels espoirs reste à accepter et que tu n’as là qu’une devanture de ce qui nous réunit ici ce jour. J’ai le restaurant dans le dos et, si nous n’y pénétrerons pas, je ne me limite pas à ce pâle reflet sur la vitre.

- Pour ce faire, j’aimerai vous proposer un affrontement, amical mais compétitif.

Nous y voici. Je me tiens droite face à toi, Wonder Woman, mais mes deux mains serrent un peu trop la trousse qu’elles tiennent pour que je sois réellement détendue. C’est compréhensible, après tout je viens de proposer que l’un des premiers combats de ma vie actuelle soit à l’encontre de celle sensée être la plus puissante guerrière de la planète. Nos approches du conflit sont peut-être différentes, la mienne héritant de Sun Tzu non de Clausewitz, mais un conflit entre nous ne saurait être une affaire à prendre à la légère. D’où la précision quand à la partie compétitive en plus de l’amicale : s’il ne saurait être intéressant de briser son adversaire, un match où l’on se retient n’aurait pas réellement de valeur pour ce que je veux faire.

Laissant un temps, cette main qui hésitait précédemment à se tendre vers toi s’en va vers ma nuque en un geste de gêne. Je préfère l’ombre à la lumière car il est moins gênant de laisser les autres se mettre en avant grâce à nous que de se mettre en avant grâce à eux mais, comme c’est exactement ce que je compte faire ici, me voici en conflit avec moi-même ; enfin, de Julia à Julia. Il n’est pas difficile de me détacher de ce moment d’humanité enfantine d’une personne qui veut bien faire puisque, après tout, je ne veux pas bien faire. J’ai déjà bien fait. Mais comme il faut que tu ais l’occasion de briser mes espoirs, Diana, je me dois de te les énoncer.

- Je vous ai demandé de venir ici en sachant que le nom du restaurant vous ferait réaliser que je suis le Léviathan, donc que vous m’accorderiez une importance suffisante pour considérer mon invitation. Mon annonce vient d’Emma Frost qui, elle aussi, aimerait vous parler. Je suppose qu’elle espérait vous croiser lors de son tournoi mais, à défaut, elle m’a demandé de vous faire parvenir son invitation. Je pense que, si elle m’a chargée de cette mission, c’est également pour m’encourager à faire face à mon, disons, "héritage"… et peut-être pour prouver à une autorité morale comme vous que je suis différente de mon prédécesseur.

Emma Frost est l’une des personnes les plus intéressantes qui m’ait été donnée de rencontrer. Loin de l’unilatéralité de la plupart, l’ambigüité de ses actions et l’ambivalence de ses intentions font d’elle une figure controversée et une personne avec des comportements sociaux et naturels extrêmement marqués. Il est aussi aisé de la juger que difficile de la connaitre et rares sont les gens qui m’ont autant fascinée. J’ignore jusqu’où elle m’appréhende également, jusqu’où elle comprend et conceptualise ce que je suis, et je m’amuse beaucoup de la voir me traiter comme une mutante normale. Comme si Léviathan n’était rien de plus qu’un trouble dû aux pouvoirs du Léviathan et qu’il était possible que Julia domine complètement. C’est compréhensible considérant que la possession s’est accompagnée d’un mélange des esprits, non d’une domination de l’un sur l’autre, mais cela implique que les deux esprits soient égaux et je n’y crois pas. Ce en quoi je crois, en revanche, c’est ma capacité à être utile au projet d’Emma et peut-être même plus.

- Mlle Frost essaie beaucoup de me prouver cela également. Du fait, j’aimerai qu’elle soit fière de moi. Et j’espère lui faire plaisir en lui offrant l’occasion d’assister à un match contre vous, celui qu’elle n’a pas pu voir lors de l’ATB. Votre jugement envers les Hellions doit être sévère et je ne l’améliore pas avec mes combats égoïstes mais je vous le demande tout de même.

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C’est ce que les grands "génies du crime" et autres "puissances maléfiques" n’ont pas compris, il est bien plus facile d’obtenir quelque chose en le demandant qu’en cherchant à le prendre. C’est toute la beauté du libre-arbitre, même s’il est facile de reprocher aux autres les erreurs qu’on a commises soi-même. Il est de toute façon aisé de tout reprocher à autrui du moment qu’on est en désaccord avec lui et heureusement, sans quoi les gens seraient bien ennuyeux. L’homme est un loup pour l’homme, beaucoup pourraient essayer de me convaincre du contraire mais je suis certain qu’ils ne me renforceraient que plus dans ma constatation à entrer en conflit avec moi à ce sujet ; ce qui serait contre-productif voir sans fin, soit d’une absurdité succulente. Mais trêve de dissipation, une ouverture brutale de la porte me renvoie au fait que les personnes suscitées ne soient pas les seules à ne pas avoir comprise l’utilité de la politesse et que j’ai similaire discussion à mener de mon côté. De bien des manières, les opposés se ressemblent à l’instar d’un objet et de son reflet dans un miroir.

Je ne peux m’empêcher de sourire à cette question d’une absurdité encore plus délicieuse et toute aussi stérile que le débat envisagé précédemment. Quelle autorité aurait ta Justice League pour accepter la reddition d’une organisation comme le Club des Damnés de toute façon, elle qui ne veut absolument pas se mêler de politique ou d’économie ? C’est l’un des problèmes de ton groupe, Diana, cette incapacité à accepter ce qui sort de son référentiel : nous ne sommes pas une armée qui rendra les armes sous la menace d’une puissance supérieure ni des criminels ayant des choses à nous reprocher devant la loi, pourtant c’est ainsi que vous nous conceptualisez. Nous menons nos affaires en toute légalité, respectant toujours les législations des pays dans lesquels nous déployons nos antennes puisqu’il s’agit-là d’une protection contre ceux qui souhaitent être juges des actions des autres selon leurs seules valeurs, et notre volonté politique ne se différentie pas tellement de celles des "grands de ce monde" que nous divertissons avant tout. Sans doute certaines actions de certains de nos membres jouent sur des zones grises de la loi mais, contrairement à ce qu’aiment croire les simples d’esprits, nous vivons dans un monde en nuance de gris et non dans un noir et blanc manichéen. S’il y a un reproche à nous faire, c’est surement le copinage avantageux  que nos structures permettent et dont nous profitons mais il serait amusant de voir une "famille" nous reprocher de nous entraider de façon organisée. Cela étant, commençons pas le commencement. Et avec plus de cordialité que tu n’en as manifestée, chère Diana.

- Bonsoir à vous aussi, Mlle Prince. Je pense en effet pouvoir vous être d’une certaine utilité concernant le différent de nos organisations mais je vous serai gré de me permettre de profiter de votre compagnie en personnes de bonne éducation.

Je me tiens face à toi, Wonder Woman, sans éprouver cette même peur que tu inspires volontairement aux gens du commun qui nous entourent. Ce pauvre serveur ne cherchait qu’à faire son travail, qui plus est avec politesse et amabilité, et tu l’as congédié avec un manque de civisme qui laisserait facilement penser que ceux qui considèrent ta civilisation comme barbare ont raison. Personnellement, j’y verrais un tout autre symptôme : celui de cette séparation qu’il existe entre les êtres comme toi, ce qui inclus nombre de membres de ta Justice League, et les personnes du commun. Vous êtes des Dieux à leur échelle et, que vous le vouliez ou non, c’est ainsi que vous paraissez. Dans ton cas, c’est littéral, puisque tu es une Amazone, et manifesté littéralement, de part ton habit comme ton attitude. Ta Justice League donne un exemple mais est trop prisonnière de ses valeurs pour réellement créer de l’empathie avec les humains lambda. On vous admirera, on vous imitera, mais vous ne serez pas capables pour autant de comprendre les personnes que vous prétendez défendre et instruire car jamais vous ne vivrez comme eux. Evidemment, il y aura des exceptions à cela mais ta Justice League entière ne sera pas différente des Panthéons qui l’ont précédée ni de ceux qui la suivront. Après ce n’est pas la leçon que l’on m’a demandé de faire aujourd’hui.

D’une main, je t’invite à t’assoir et n’en ferais de même que lorsque tu auras obtempéré. C’est une étape importante pour que la discussion commence. La plupart des gens cherche à faire cela tout simplement parce que donner une leçon c’est prouver qu’on a raison, c’est non seulement propager son idée mais également renforcer sa croyance en elle. Ta Justice League tente de donner des leçons au monde entier et il n’est pas étonnant que, au sein du monde, il est des gens pour vouloir vous donner des leçons également. Faisant ce que je suis payé pour faire, me voici donc à m’aventurer dans une discussion telle que je les conceptualisais précédemment : des plus divertissantes d’absurdité mais qui sera probablement improductive. Je tâcherai de défendre mon parti comme l’avocat qu’il veut que je sois. Toi aussi tu joueras ton rôle, tant dans le jeu de ton organisation que dans le mien. Je t’en prie cependant, résiste, montre-moi bien que tu fais ce que tu veux et non ce que j’aimerai ; si tu es ici, c’est que tu as déjà accepté de faire ce que je demande. Mais le faire à ton rythme te donne l’impression que tu maitrises les choses. C’est peut-être ce que je vois de plus humain chez toi pour l’instant, Diana : tu te mens à toi-même, comme la plupart des gens, sans même que cela soit conscient.

- Partager un repas avec moi n’est pas nécessaire si vous ne le souhaitez pas, sachez que je n’aurais pas l’impolitesse de vous forcer ou de manger devant vous. Néanmoins, si vous avez quelque crainte que ce soit quand à une nourriture empoisonnée, vous m’en saurez vexé.

Empoisonner une nourriture a deux inconvénients : la résistance naturelle des Olympiens à toute forme de toxine et l’absence de volonté de suivre les convenances liées à un tel lieu. Non, à la place, c’est l’air lui-même que j’ai empoisonné en faisant installer des brumisateurs relâchant du gaz soporifique et l’antidote se trouve dans les plats et les boissons ; enfin, sauf ceux qu’on nous servirait éventuellement. Le personnel et moi-même l’avons déjà bu, à l’insu de certains d’ailleurs, et le temps d’exposition nécessaire à l’assoupissement m’assure que personne ne s’effondrera avant d’avoir reçu son plat pour trahir l’embuscade. Une embuscade qui n’aurait aucun effet si tu conserves tes immunités divines mais là aussi, je m’en suis occupé. Choisir un restaurant tellement axé sur sa décoration m’a permis de dissimuler des enchantements derrière celle-ci et ils auront tôt fait de dissiper toute l’imprégnation d’énergie dimensionnelle qui te donne tes pouvoirs, tout autant que cela l’a fait de la plupart des miens. Car vois-tu, Princesse de Themyscira, l’origine de tes capacités est la même que celle des miennes, il s’agit de notre imprégnation par notre dimension. Si cette imprégnation est dissipée, nous ne sommes rien de plus que des humains. Et des humains s’endorment sous l’effet d’un gaz soporifique. Après, nous avons quelques temps pour discuter avant l’éventualité que tu ne le fasses et il est aisé de simplement t’offrir un verre d’antidote si besoin est, évitant de me saborder seul si le miracle qui consiste  à te faire changer d’avis ce produit. Je n’y crois cependant pas.

- Pour être franc avec vous, mon domaine de compétence est en effet plus proche du votre que de celui des membres du Cercle Intérieur. C’est d’ailleurs pour cela que, plutôt que de continuer à confronter les Maraudeurs comme je le fais habituellement, je me retrouve avec vous ce soir. Mes employeurs espèrent que nous parviendrons à communiquer et votre seule introduction m’a permis de comprendre que c’est effectivement le problème. Si vous êtes disposée à en discuter, nous le feront.

Le libre-arbitre, Diana. Merveilleuse petite chose qui fait que seule la mauvaise foi pourra encore te permettre de me reprocher ce qui va suivre : tu n’es pas une victime ici, tu es une participante de ton plein gré.

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Léviathan

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