Passé et Présent

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Message  Léviathan le Ven 23 Juin 2017 - 6:41




Passé et Présent
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New York City est légèrement plus fraiche et moins venteuse que Boston mais, alors que je regarde la vingtaine d’étages du bâtiment qui me fait face, les nuages qui s’amoncèlent dans le ciel risquent d’apporter la pluie en soirée là où la ville des Hellions devrait être épargnée. J’ai une tenue adaptée à la chaleur, chemise blanche et pantalon de toile blanc m’assurant de disperser au mieux la lumière pour échapper à deux degrés en comparaison des autres couleurs, mais du fait très peu adaptée à la pluie. Cela étant, je m’éternise suffisamment sur Terre pour ne pas le faire dans la Ville qui ne Dort Jamais, quand bien même elle contient tant d’Envie. Les bruits constants des nuées s’agitant en ces rues sont insuffisants à couvrir les murmures qui raisonnent à mes oreilles depuis d’autres dimensions même en s’accompagnant de ces sentiments diffus plus ou moins intenses que l’on n’admet pas mais qui nous motivent à avancer et nous consument dans l’échec. Manhattan est la vitrine de New York comme des Etats-Unis et une vitrine est faite pour créer l’envie auprès des consommateurs, son succès m’agitant l’âme et le cerveau à m’en donner faim. Heureusement, je fais face à un restaurant, descendant mon regard depuis les cieux jusqu’au rez-de-chaussée de l’immeuble. Le paravent qui surplombe la porte vitrée et le tournique de l’entrée indique Park Avenue Summer et, bien que le nom change à chaque saison, la familiarité avec ce lieu est bien plus troublante que tous les humains et leurs désirs, que toutes les voix et leurs commentaires, que toutes les villes et leur environnement. Mains sur ma trousse blanche elle aussi et cheveux libres agités par le vent, je fixe un lieu que je connais alors que je n’y ai aucun souvenir. J’aimerai que ce soit seulement une impression de déjà-vu mais je suis parfaitement lucide sur ce que c’est : une fois encore, Julia Hobbes se retrouve face au passé de Léviathan. Une fois encore, je ne sais pas réellement qui je suis, à défaut de me faire des illusions sur ce que je suis.

C’est d’ailleurs cela qui m’amène ici comme cela m’a déjà amené ici par le passé, dans une autre vie. Le Park Avenue Autumn/Winter/Spring/Summer n’est pas le restaurant le plus chic de Manhattan mais je le préfère au Per Se de Thomas Keller, si attrayant pour les membres du Club des Damnés, par l’évolution qu’il connait à chaque saison. Le temps est déplaisant à la plupart des gens dans une ironie qui me plait beaucoup : nombre de personnes se sentent toujours contraintes par cette notion sensément invariable mais que leur perception fait fluctuer, alors même que le temps est prouvé être non seulement relatif mais également mal mesuré afin de correspondre aux horaires et calendriers qui causent généralement la dépréciation suscitée… cela sonne comme une absurdité à mes yeux et j’apprécie cela plus qu’aucune autre forme d’humour. Que n’invente-t-on pas pour essayer de se compliquer la vie ?

Ce n’est nullement une critique puisque je m’en amuse au point de faire de même, convoquant le passé dans une rencontre c’étant déjà produite même si les choses ont changé. Mon allégeance aux Hellions ne leur apporte pas meilleure réputation auprès des autres organisations de super-sécurité que l’investissement d’Emma Frost ou la participation de Rachel Williams mais la bonne foi nous assure une certaine reconnaissance de nos compétences, au point même que certains autres groupes tentent de recruter dans nos rangs. C’est dans ce développement que je veux m’inscrire, non pour faire l’Envie aux autres organisations car celles conscientes de ma nature me considéreront comme une maladie mais pour continuer à prouver le potentiel des Hellions. Cela implique peut-être de m’absenter de quelques cours de l’Académie mais je n’y suis pas vraiment pour le cursus, quand bien même je m’applique à le réussir par respect pour mes enseignants comme la connaissance, considérant que le réseau est bien plus important. L’être le plus compétent du monde, s’il n’a personne pour plébisciter sa compétence, sera toujours mal employé ; c’est peut-être injuste mais c’est ainsi. Et c’est ce qui fait que mon rendez-vous connait tant de difficultés aujourd’hui là où elle garde de sa gloire passée cette réputation d’être la plus grande guerrière de cette planète.

Diana, Princesse de Themyscira, Ambassadrice des Amazones au sein du Monde des Hommes, tu te souviens de ce que signifie une invitation au Park Avenue Autumn/Winter/Spring/Summer n’est-ce pas ? Oh, il n’était pas au 360 Park Avenue de New York la première fois que le Léviathan t’y a invitée, il y a presque vingt ans. Il était à Upper East Side, bien plus proche du Manoir du Club des Damnés et c’était l’implication de ce dernier qui t’avait fait venir alors. Sébastian von Orchent, est-il également entré dans la légende ? Suis-je entrée dans la légende ? Cela me cause de l’Envie, comme tant de choses, ainsi vaut-il mieux éluder. Je ne peux m’empêcher de me demander si tu serais curieuse de le revoir… Moi oui. Mais c’est toi que je vais revoir aujourd’hui.

C’est toi que j’attends, debout sur le trottoir à regarder au travers les vitres ce lieu où je me doute bien que nous n’irons pas déjeuner une nouvelle fois. C’est toi que j’attends, immobile avec mes pensées et l’absence de nos souvenirs partagés, avec les gens qui s’agitent autour de moi et leurs envies qui s’agitent à l’intérieur de moi, avec les voix de démons qui raisonnent dans mon crâne sans que je puisse savoir si celle que je considère pour mienne l’est vraiment. C’est toi que j’attends avec une appréhension de te revoir et une curiosité de te découvrir. Je suis Julia Thomasine Hobbes, je suis le Léviathan, je suis Léviathan ; est-ce suffisant pour que tu me reconnaisses ? Le reflet de jeune femme blonde que me renvoient les vitres est bien plus différent de la personne que tu as rencontrée à l’époque que l’intérieur du restaurant qui se trouve au-delà…

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Le décor pour l’été est chaud et joyeux, les colonnes centrales aux pièces décorées à la manière d’un arbre dont les branches supportent les ampoules qui projettent une lumière orangée sur les tables carrées et les chaises de bois aux alentours. Des lambris à mi-hauteur d’hommes encadrent des banquettes de cuir afin de délimiter de grands espaces sans bruit excessif où se parler est aisé tandis qu’entre eux navigue un personnel aux petits soins. L’élégance, le service impeccable et la cuisine raffinée et originale font la réputation de ce restaurant où affluent touristes et locaux ayant de quoi se payer les tarifs conséquents. Il y a, en somme, suffisamment de civils pour que j’ai bon espoir d’éviter toute destruction intempestive de ce lieu qui varie au fil des saisons. Le Manoir du Club des Damnés dispose également de salons thématiques pour les quatre périodes d’une année mais les moyens plus limités de ce restaurant impliquent que ce soit la décoration qui change, non la pièce. Pour un être habitué à voir les choses changer, évoluer et se répéter, c’est agréable de s’y rendre quatre fois l’an.

Cette cinquième fois est différente, cependant. D’ordinaire, le Cercle Intérieur me tient occupé à l’écart de ses membres et je ne suis, pour eux, qu’un exécuteur ; une situation qui me satisfait car me maintenant éloignée des intrigues politiques tout en m’offrant un accès aux diverses personnalités qu’elles impliquent. Le pouvoir terrestre que chacune d’entre elles cherche m’indiffère, mes objectifs sont tout autre et c’est par conscience de cela que les couples royaux préfèrent me voir à l’encontre de leurs ennemis plutôt qu’en compagnie de leurs vassaux. Combien d’entre eux ont amélioré leur position grâce à moi en échange de leur âme ? Je ne saurais pas le dire, même si je sais qu’elles seront plus nourrissantes encore que le repas que je m’en vais faire ce soir. Vendre son âme ne coûte rien dans l’instant et peut rapporter beaucoup, tout banquier et investisseur est friand de ce genre de chose en conscience que cela conduira tôt ou tard à une crise mais cela n’a pas d’importance s’il gagne plus qu’il ne perdra dans ladite crise. Et puis les élans de solidarité sont toujours plus importants pour aider les riches que les pauvres, puisque les premiers réclament moins souvent on y est plus sensible. La richesse ou la pauvreté n’ont aucun sens, comme dit un proverbe du peuple Cree : "quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme va s’apercevoir que l’argent n’est pas comestible". Oh, tous les hommes ne seront pas surpris mais il y en aura pour le feindre et c’est ceux-ci qui m’intéressent le plus. L’argent n’est peut-être pas comestible mais leur âme l’est.

Je suis un démon non-pas car mon esprit et mon corps sont envenimés par une entité qualifiée comme telle mais car je suis quelqu’un qui contemple l’Humain dans ce qu’il a de plus noir, de plus nu, et qui l’accepte pour s’en servir. Les êtres comme moi sont immuables et inhérents à l’Homme et à son imperfection, ce qui est l’essence même des Démons. Après, je préside toute de même à l’Envie. Et, heureusement pour moi, c’est peut-être un péché capital plus jeune que les autres mais, comme toute nouveauté, elle est en pleine essor depuis son apparition. Si la première partie du XXe siècle c’est livrée à la Colère et à l’Orgueil, voici cinquante ans que l’Avarice et l’Envie s’accroissent toujours plus au sein de l’Humanité ; une chose qui ne semble pas être prête à changer. Gourmandise et Luxure nous ont fait de l’ombre à un moment mais ce sont des péchés relativement stables qui n’ont jamais été en contradiction avec les autres ; mieux, ils ont tôt fait de servir mes propres intérêts. Enfin, certains hommes aspirent à un futur de Paresse où la technologie fera tout pour eux et Belphegor est en accord avec cela tant qu’on ne lui demande pas de s’impliquer dans ses promesses, ce qui assure encore une certaine tranquillité pour plusieurs siècles. Le marché qui me concerne est donc en plein essor même si je ne prends pas beaucoup plus de considération sur le long terme que les personnes que je critiquais à l’instant. Quoi qu’en disent les bien-pensants, il est des gens pour être conscient des dégâts qu’ils causent et les entreprendre tout de même, innocence et ignorance ne peuvent tout excuser dans ce monde.

Et, comme il est des gens pour se livrer aux "bas instincts", il est des gens pour les combattre. C’est une personne de ce type dont je suis sensée m’occuper aujourd’hui et l’invitation en ce lieu est faite dans cette intention. Je ne m’attends pas à ce que tu apprécies l’attention, Princesse Diana de Themyscira, tout comme je m’attends parfaitement à ce que tu vois cela comme un piège. Tu as raisons, c’en est un. Mais tu tomberas dedans, sais-tu pourquoi ? Parce que c’est demandé poliment.

Je suis assis sur une banquette en cuir et vêtu d’un costume trois pièces aussi noir que ma chevelure couvrant une chemise aussi pâle que ma peau. Je me lèverais lorsqu’un serveur te conduira jusqu’à moi, afin de respecter la politesse de rigueur, mais n’irait pas jusqu’à te proposer un baisemain, afin d’éviter toute tentation que la main ne répande la mâchoire sur les murs si bien décorés. Et puis, je te baiserais toute entière d’un certain point de vue, même si mon éducation implique un restaurant chic en guise de préliminaire. Je ne m’attends pas à ce que cette affaire tourne dans le sens où je l’entends mais j’espère que, malgré tout, notre rencontre pourra être conviviale. Je suis Sébastian von Orchent, je suis le Léviathan, je suis Léviathan ; cette rencontre signifiera quelque chose Diana, même pour une personne de ta qualité.

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Message  Diana De Themyscira le Mar 31 Oct 2017 - 23:24

    Auteur, philosophe et passionné d’écritures avaient écrits sur cette ville, grandiose pour certains, polluante pour d’autres, elle racontait uniquement une histoire par chaque avancée des sociétés. Victime des crises économiques et sociales, les êtres humains de cette ville avaient changé, c’était une idée fondamentale devant les acteurs qui remplacent d’autres acteurs pour amener leurs savoirs, leurs idées ou leurs démarcations à travers les époques. Diana de Themyscira avait maintenant un regard plus simple sur cette société, habituée à marcher sur ce territoire pour des missions quelconque où les plus grands héros de cette Histoire s’étaient rencontrés une première fois pour combattre un Démon de l’Espace. New York City était d’un mystère et Diana de Themyscira avait toujours une vision embellie de cette histoire. Plusieurs marquaient New York City comme une beauté ou une unicité, mais pour Diana, cela restait la pièce centrale de la création de sa Famille. Guerre, Diplomatie et Politique s’étaient oubliés par des mots autour l’Espoir, la Fraternité et ainsi que l’Avenir. Capable de se poser des questions sur cette société ou sur elle-même, la princesse des Amazones avait conclu elle-même de cette relativité. La vérité et les réalités devenaient souvent sujettes à la subjectivité. Durant des siècles, les Hommes et les Femmes de ce monde s’étaient déchirés pour faire accepter la vérité aux autres, alors qu’elle devenait relativement absurde devant l’immensité de la vie à travers toute galaxie.

    Certains avaient compris la modestie, alors que d’autres s’étaient noyés dans la corruption et dans des principes fondamentalement dangereux. Boston n’était pas New York et les Nord-Américains se retrouvaient souvent enthousiastes d’exploiter une rivalité entre les deux grandes métropoles américaines. Bruce Wayne avait tenté des multiples fois de faire comprendre à la princesse des Amazones, cette rivalité non-mortelle entre les grandes villes américaines, mais la guerrière n’était pas intéressée par ces histoires. Intéressée surtout par d’autres sujets, Boston était la ville du BPRD, fier allié de la Justice League, de ses débuts jusqu’à la fin. Chacun avait une expérience de travail et de compétence bien plus imposantes comme danger. Les années de transitions avaient été établies un autre danger, un danger présent dans les mentalités surtout. Faisant croire à un universalisme, à une culture économique omniprésente, ils devenaient ainsi un danger et surtout un problème général dans cette société enrichie par les paresses et les préjugés.

    Le Club des Damnés avait réalisé une longévité historique, s’établissant comme une organisation politique et économique, imposante partout sur la planète. Malheureusement pour eux, plusieurs grands noms avaient décidé de les abandonner. Erik Lehnsherr, Alexander Luthor et ainsi que plusieurs ennemis avaient établi que le Club des Damnés n’était plus réellement intéressant pour rentrer dans une démarche logique de construction. Ils pouvaient survivre sans eux, et aujourd’hui, toute l’humanité pouvait survivre sans leurs préjugés ou leurs idées de grandeurs qui avaient buts d’enrichir uniquement leurs intérêts.

    Justification après justification, provocation après provocation, ils restaient en vain ceux qui profitaient des passe-droits et des réserves de leur égocentrisme pour s’enrichir dans leurs pauvretés intellectuelles. C’était un triste constat aujourd’hui et Diana de Themyscira avait une mission aujourd’hui : Une de s’en occuper de ce problème personnellement. Entre l’urgence d’intervenir dans la crise de la Main et les problèmes avec de nouvelles ouvertures de portail dimensionnel, Wonder Woman était assez responsable pour aller s’occuper de ce problème. Elle avait peut-être décidé de l’écrire dans les prises en charge, mais elle savait comment confronter ce problème.

    Équipement argenté, Diana de Themyscira s’imposait encore avec son armure. Jambes couvertes de son pantalon noir, elle rentra dans le restaurant avec une certaine rudesse, sans se soucier réellement des manières et des politesses. Un agent du Club des Damnés voulait la rencontrer, peut-être pour encore s’illusionner dans leurs rêves de rejoindre toutes les « Élites », mais le refus était dans l’immédiat. Les compromis étaient impossibles avec ces êtres, surtout avec ce qu’ils désiraient faire comme projet. Faisant fuir le serveur d’un regard, elle déposa une seule phrase envers cet être représenté lâchement encore sur un buffet de l’absurdité :


    « Le Club des Damnés est maintenant prêt à négocier sa capitulation? »

    Quel que soit le nom, les idées, la mythologie, les préjugés ou les idées, le Club des Damnés restera dans l’Histoire comme une défaite philosophique. Cherchant à « améliorer » le monde pour devenir des tyrans invisibles, accusant ensuite les autres de les avoir sabotés, Léviathan, le Dieu Arès ou même le Dévoreur des Mondes n’était qu’une répercussion de leur échec le plus lamentable pour rester en soit crédible dans leurs discours incohérents.


    Autre époque, autre mœurs?

    Les yeux de Wonder Woman regardaient comment cette ville s’était construite. Au fil des années et des lectures, elle avait compris les raisons pourquoi Clark décrivait Boston comme l’une des villes plus mal-construites architecturement de son Histoire. Concentrés sur une périphérie centrale pour les touristes, pendant qu’une grande partie des banlieues se dévoilait surtout comme un laisser-faire des dirigeants, la ville pouvait se diviser en deux. Une partie, qui était une illusion et l’autre qui représentait une difficulté, mais parfois un espoir par l’optimisme de quelques êtres. Cela faisait des années qu’elle n’était pas retournée dans cette ville, elle avait peut-être des bons souvenirs de son temps passé avec Bayonetta, avec Zatanna et avec Mina, mais les années avaient passé pour accumuler aussi des mauvais souvenirs. Elle comprenait ainsi plus les regrets de Cassandra sur quelques étapes importantes de sa vie. Elle avait rarement décidé de quitter sa Famille pour d’autres sujets, mais cela faisait très longtemps que sa Famille s’était déchirée par les politiques et par une nouvelle vision de l’espoir.

    Diana de Themyscira considérait globalement que Korra et que Cassandra pouvaient être les meilleures de cette époque. Non parce qu’elles étaient des combattantes exceptionnelles, mais bien par leurs philosophies respectueuses et des principes qui étaient importants à comprendre pour l’aspect familial d’un groupe. Nullement besoin d’impressionner son équipe pour devenir une étoile rare des Héros d’aujourd’hui, il suffisait d’accepter les différences et travailler sur la patience. Certains voulaient la gloire et la reconnaissance, ils s’inscrivaient ainsi dans des éléments complètement superficiels et vicieux. Wonder Woman avait deux missions en particulier par son retour dans la grosse pomme. Revoir des êtres qui comptaient réellement dans sa vie et retourner à un lieu bien désagréable.

    Toujours habillée par son armure, elle portait sa jupe de guerrière à ce moment. Retournant au trottoir où une relation avec un ennemi avait commencé, elle pouvait se souvenir de certains moments de cette vie. Elle avait sous-estimé la force du Club des Damnés, et non uniquement de Sebastian, mais aussi du magicien sombre. La prudence était donc de mise devant ces nouvelles menaces. Comme prévue à l’époque, le Club des Damnés s’était écroulée, mais d’autres organisations avaient pris le relai de cette nauséabonde création. À Boston, l’héritage du Club des Damnés cherchait toujours une certaine défense, alors que cet héritage pouvait être le synonyme de désastre. Il le sera toujours, surtout avec des personnalités et des idéologies inachevées, et surtout appuyés par un désir de vengeance ou d’égo.


    « Mon temps est important. J’espère que cette invitation n’est pas pour des annonces aussi insignifiantes que celle de ta parenté avec cet ancien membre du Club des Damnés. »

    Rude, elle s’inscrivait ainsi contre cette manie mélodramatique de tout réunir l’attention vers sa présence. Certains inconnus avaient une forte envie de vouloir être connue ou d’être reconnue par ses pairs pour quelque chose de plus important à développer dans leur égo. Hélas, si une nouvelle génération pouvait être dans l’espoir, d’autres se perdaient dans un passé ou des buts malheureusement aussi ridicules qui encourageaient uniquement des anciennes traditions. Les réponses pouvaient se trouver à d’autres localisations ou encore dans le passé, mais est-ce que cela pouvait devenir réellement important pour l’avenir de Julia?

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Re: Passé et Présent

Message  Léviathan le Dim 19 Nov 2017 - 13:23




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Chère Diana,

J’inspire par le nez tout en retenant un soupire. Les choses n’ont que l’importance qu’on leur accorde, ni plus ni moins. Si ton temps avait plus d’importance que moi, tu ne serais pas ici à me l’accorder. Mais être désagréable doit faire parti de ton charme, une manière d’imposer ton ascendance ou de rappeler ta supériorité. Dommage que cela s’accompagne d’une déclaration prouvant que tu n’appréhendes pas ce que je suis réellement ; chose qui n’est pas un reproche, puisque c’est aussi mon cas. Mais je cherche à comprendre puisque j’y accorde de l’importance là où cela ne ferait aucune différence pour toi.

Tu m’excuseras de ne pas me retourner tout de suite, ton reflet me suffit à te regarder pour constater que tu n’as pas changé. La jupe pourrait faire féminine si tu avais la moindre considération pour t’adapter à la société moderne mais, à la place, tu continues de te ranger du côté de ces hoplites disparus depuis l’époque hellénistique que tu n’as pourtant pas connue, jeune comme tu es. Tu es une Amazone, tu es une Guerrière ; deux choses qui jurent avec ces personnes que tu déclares défendre mais qu’au final tu ne comprends pas et n’a probablement pas envie de comprendre. Cela a toujours été une faille de la Justice League, à tant parler d’Humanité la plupart d’entre vous n’a jamais perçu que vous vous éloignez des Humains. Aujourd’hui encore, tu es marginale dans ce monde, Princesse de Themyscira. Mais cela n’entache en rien ton prestige ou tes aptitudes et ce n’est effectivement pas ta personne qui m’intéresse mais bien le moyen que tu représentes.

Baissant légèrement le menton, je plisse les yeux comme les lèvres avec un contentement certain. Mes paupières se rouvrent alors que je me tourne vers toi, ma bouche ne tardant pas à en faire de même en un souffle. J’hésite à te tendre la main pour te proposer une poignée, serrant ma trousse entre mes doigts alors que je reste partagée entre l’inutilité de faire cela considérant ton décalage culturel et une certaine intimidation de te voir. Je n’ai pas besoin d’être rustre pour m’affirmer ainsi, sans avoir l’intention de te laisser me marcher sur les pieds, je suis plutôt discrète. Tout stupide que cela soit, je suis moins à mon aise que lors de notre précédent face à face. Il me faut donc quelques instants pour trouver les mots et j’acquiesce avant de les prononcer.

- La même créature compose nos corps et la même entité coexiste avec nos esprits, oui. Je vous remercie de considérer cela comme insignifiant, peut-être me donnerez-vous donc ma chance sans tenir compte des actions effectuées dans ma précédente vie.

Tu n’as pas eu à me chercher, Diana, j’en déduis donc que les systèmes d’espionnage de la Justice League sont donc toujours suffisamment actifs pour que tes renseignements t’aient fourni mon identité, photo incluse. Je me demande combien d’autres parties du Léviathan vous avez identifié. Nous avez-vous déjà espionné durant nos fêtes "familiales" ? Evidemment, c’est votre bon droit puisque nous ne sommes pas une vraie famille, nous sommes les parties d’une même créature, et que nous sommes des ennemis en puissance. Peut-être même une secte cannibale, qu’importent les mots et les accusations tant que les actions contre nous sont justifiées. Mais je dois donc des remerciements à la Justice League pour n’avoir jamais interrompu nos repas afin d’en arrêter tous les participants. L’étude de nos vies privées a du prouver que la plupart d’entre nous n’était rien de plus que des menaces potentielles. Ce n’est pas le Léviathan mais bien Léviathan qui est réellement dangereuse, n’est-ce pas ?

- Je vous remercie aussi d’être venue et m’excuse d’avance d’abuser de votre temps. Si cela peut vous rassurer cependant, il n’est pas question de vous inviter à diner une nouvelle fois ; j’espère vous être plus agréable aujourd’hui.

Je n’ai que rarement l’intention d’être désagréable mais comprends parfaitement que je ne t’évoque pas de bons souvenirs, Diana. L’espoir est un ersatz dangereux de la réalité mais je tends à manifester bien plus d’optimisme qu’auparavant, par changement de caractère, ainsi me permets-je cette déclaration. De toute façon, sois assurée que ton occasion de briser mes réels espoirs reste à accepter et que tu n’as là qu’une devanture de ce qui nous réunit ici ce jour. J’ai le restaurant dans le dos et, si nous n’y pénétrerons pas, je ne me limite pas à ce pâle reflet sur la vitre.

- Pour ce faire, j’aimerai vous proposer un affrontement, amical mais compétitif.

Nous y voici. Je me tiens droite face à toi, Wonder Woman, mais mes deux mains serrent un peu trop la trousse qu’elles tiennent pour que je sois réellement détendue. C’est compréhensible, après tout je viens de proposer que l’un des premiers combats de ma vie actuelle soit à l’encontre de celle sensée être la plus puissante guerrière de la planète. Nos approches du conflit sont peut-être différentes, la mienne héritant de Sun Tzu non de Clausewitz, mais un conflit entre nous ne saurait être une affaire à prendre à la légère. D’où la précision quand à la partie compétitive en plus de l’amicale : s’il ne saurait être intéressant de briser son adversaire, un match où l’on se retient n’aurait pas réellement de valeur pour ce que je veux faire.

Laissant un temps, cette main qui hésitait précédemment à se tendre vers toi s’en va vers ma nuque en un geste de gêne. Je préfère l’ombre à la lumière car il est moins gênant de laisser les autres se mettre en avant grâce à nous que de se mettre en avant grâce à eux mais, comme c’est exactement ce que je compte faire ici, me voici en conflit avec moi-même ; enfin, de Julia à Julia. Il n’est pas difficile de me détacher de ce moment d’humanité enfantine d’une personne qui veut bien faire puisque, après tout, je ne veux pas bien faire. J’ai déjà bien fait. Mais comme il faut que tu ais l’occasion de briser mes espoirs, Diana, je me dois de te les énoncer.

- Je vous ai demandé de venir ici en sachant que le nom du restaurant vous ferait réaliser que je suis le Léviathan, donc que vous m’accorderiez une importance suffisante pour considérer mon invitation. Mon annonce vient d’Emma Frost qui, elle aussi, aimerait vous parler. Je suppose qu’elle espérait vous croiser lors de son tournoi mais, à défaut, elle m’a demandé de vous faire parvenir son invitation. Je pense que, si elle m’a chargée de cette mission, c’est également pour m’encourager à faire face à mon, disons, "héritage"… et peut-être pour prouver à une autorité morale comme vous que je suis différente de mon prédécesseur.

Emma Frost est l’une des personnes les plus intéressantes qui m’ait été donnée de rencontrer. Loin de l’unilatéralité de la plupart, l’ambigüité de ses actions et l’ambivalence de ses intentions font d’elle une figure controversée et une personne avec des comportements sociaux et naturels extrêmement marqués. Il est aussi aisé de la juger que difficile de la connaitre et rares sont les gens qui m’ont autant fascinée. J’ignore jusqu’où elle m’appréhende également, jusqu’où elle comprend et conceptualise ce que je suis, et je m’amuse beaucoup de la voir me traiter comme une mutante normale. Comme si Léviathan n’était rien de plus qu’un trouble dû aux pouvoirs du Léviathan et qu’il était possible que Julia domine complètement. C’est compréhensible considérant que la possession s’est accompagnée d’un mélange des esprits, non d’une domination de l’un sur l’autre, mais cela implique que les deux esprits soient égaux et je n’y crois pas. Ce en quoi je crois, en revanche, c’est ma capacité à être utile au projet d’Emma et peut-être même plus.

- Mlle Frost essaie beaucoup de me prouver cela également. Du fait, j’aimerai qu’elle soit fière de moi. Et j’espère lui faire plaisir en lui offrant l’occasion d’assister à un match contre vous, celui qu’elle n’a pas pu voir lors de l’ATB. Votre jugement envers les Hellions doit être sévère et je ne l’améliore pas avec mes combats égoïstes mais je vous le demande tout de même.

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C’est ce que les grands "génies du crime" et autres "puissances maléfiques" n’ont pas compris, il est bien plus facile d’obtenir quelque chose en le demandant qu’en cherchant à le prendre. C’est toute la beauté du libre-arbitre, même s’il est facile de reprocher aux autres les erreurs qu’on a commises soi-même. Il est de toute façon aisé de tout reprocher à autrui du moment qu’on est en désaccord avec lui et heureusement, sans quoi les gens seraient bien ennuyeux. L’homme est un loup pour l’homme, beaucoup pourraient essayer de me convaincre du contraire mais je suis certain qu’ils ne me renforceraient que plus dans ma constatation à entrer en conflit avec moi à ce sujet ; ce qui serait contre-productif voir sans fin, soit d’une absurdité succulente. Mais trêve de dissipation, une ouverture brutale de la porte me renvoie au fait que les personnes suscitées ne soient pas les seules à ne pas avoir comprise l’utilité de la politesse et que j’ai similaire discussion à mener de mon côté. De bien des manières, les opposés se ressemblent à l’instar d’un objet et de son reflet dans un miroir.

Je ne peux m’empêcher de sourire à cette question d’une absurdité encore plus délicieuse et toute aussi stérile que le débat envisagé précédemment. Quelle autorité aurait ta Justice League pour accepter la reddition d’une organisation comme le Club des Damnés de toute façon, elle qui ne veut absolument pas se mêler de politique ou d’économie ? C’est l’un des problèmes de ton groupe, Diana, cette incapacité à accepter ce qui sort de son référentiel : nous ne sommes pas une armée qui rendra les armes sous la menace d’une puissance supérieure ni des criminels ayant des choses à nous reprocher devant la loi, pourtant c’est ainsi que vous nous conceptualisez. Nous menons nos affaires en toute légalité, respectant toujours les législations des pays dans lesquels nous déployons nos antennes puisqu’il s’agit-là d’une protection contre ceux qui souhaitent être juges des actions des autres selon leurs seules valeurs, et notre volonté politique ne se différentie pas tellement de celles des "grands de ce monde" que nous divertissons avant tout. Sans doute certaines actions de certains de nos membres jouent sur des zones grises de la loi mais, contrairement à ce qu’aiment croire les simples d’esprits, nous vivons dans un monde en nuance de gris et non dans un noir et blanc manichéen. S’il y a un reproche à nous faire, c’est surement le copinage avantageux  que nos structures permettent et dont nous profitons mais il serait amusant de voir une "famille" nous reprocher de nous entraider de façon organisée. Cela étant, commençons pas le commencement. Et avec plus de cordialité que tu n’en as manifestée, chère Diana.

- Bonsoir à vous aussi, Mlle Prince. Je pense en effet pouvoir vous être d’une certaine utilité concernant le différent de nos organisations mais je vous serai gré de me permettre de profiter de votre compagnie en personnes de bonne éducation.

Je me tiens face à toi, Wonder Woman, sans éprouver cette même peur que tu inspires volontairement aux gens du commun qui nous entourent. Ce pauvre serveur ne cherchait qu’à faire son travail, qui plus est avec politesse et amabilité, et tu l’as congédié avec un manque de civisme qui laisserait facilement penser que ceux qui considèrent ta civilisation comme barbare ont raison. Personnellement, j’y verrais un tout autre symptôme : celui de cette séparation qu’il existe entre les êtres comme toi, ce qui inclus nombre de membres de ta Justice League, et les personnes du commun. Vous êtes des Dieux à leur échelle et, que vous le vouliez ou non, c’est ainsi que vous paraissez. Dans ton cas, c’est littéral, puisque tu es une Amazone, et manifesté littéralement, de part ton habit comme ton attitude. Ta Justice League donne un exemple mais est trop prisonnière de ses valeurs pour réellement créer de l’empathie avec les humains lambda. On vous admirera, on vous imitera, mais vous ne serez pas capables pour autant de comprendre les personnes que vous prétendez défendre et instruire car jamais vous ne vivrez comme eux. Evidemment, il y aura des exceptions à cela mais ta Justice League entière ne sera pas différente des Panthéons qui l’ont précédée ni de ceux qui la suivront. Après ce n’est pas la leçon que l’on m’a demandé de faire aujourd’hui.

D’une main, je t’invite à t’assoir et n’en ferais de même que lorsque tu auras obtempéré. C’est une étape importante pour que la discussion commence. La plupart des gens cherche à faire cela tout simplement parce que donner une leçon c’est prouver qu’on a raison, c’est non seulement propager son idée mais également renforcer sa croyance en elle. Ta Justice League tente de donner des leçons au monde entier et il n’est pas étonnant que, au sein du monde, il est des gens pour vouloir vous donner des leçons également. Faisant ce que je suis payé pour faire, me voici donc à m’aventurer dans une discussion telle que je les conceptualisais précédemment : des plus divertissantes d’absurdité mais qui sera probablement improductive. Je tâcherai de défendre mon parti comme l’avocat qu’il veut que je sois. Toi aussi tu joueras ton rôle, tant dans le jeu de ton organisation que dans le mien. Je t’en prie cependant, résiste, montre-moi bien que tu fais ce que tu veux et non ce que j’aimerai ; si tu es ici, c’est que tu as déjà accepté de faire ce que je demande. Mais le faire à ton rythme te donne l’impression que tu maitrises les choses. C’est peut-être ce que je vois de plus humain chez toi pour l’instant, Diana : tu te mens à toi-même, comme la plupart des gens, sans même que cela soit conscient.

- Partager un repas avec moi n’est pas nécessaire si vous ne le souhaitez pas, sachez que je n’aurais pas l’impolitesse de vous forcer ou de manger devant vous. Néanmoins, si vous avez quelque crainte que ce soit quand à une nourriture empoisonnée, vous m’en saurez vexé.

Empoisonner une nourriture a deux inconvénients : la résistance naturelle des Olympiens à toute forme de toxine et l’absence de volonté de suivre les convenances liées à un tel lieu. Non, à la place, c’est l’air lui-même que j’ai empoisonné en faisant installer des brumisateurs relâchant du gaz soporifique et l’antidote se trouve dans les plats et les boissons ; enfin, sauf ceux qu’on nous servirait éventuellement. Le personnel et moi-même l’avons déjà bu, à l’insu de certains d’ailleurs, et le temps d’exposition nécessaire à l’assoupissement m’assure que personne ne s’effondrera avant d’avoir reçu son plat pour trahir l’embuscade. Une embuscade qui n’aurait aucun effet si tu conserves tes immunités divines mais là aussi, je m’en suis occupé. Choisir un restaurant tellement axé sur sa décoration m’a permis de dissimuler des enchantements derrière celle-ci et ils auront tôt fait de dissiper toute l’imprégnation d’énergie dimensionnelle qui te donne tes pouvoirs, tout autant que cela l’a fait de la plupart des miens. Car vois-tu, Princesse de Themyscira, l’origine de tes capacités est la même que celle des miennes, il s’agit de notre imprégnation par notre dimension. Si cette imprégnation est dissipée, nous ne sommes rien de plus que des humains. Et des humains s’endorment sous l’effet d’un gaz soporifique. Après, nous avons quelques temps pour discuter avant l’éventualité que tu ne le fasses et il est aisé de simplement t’offrir un verre d’antidote si besoin est, évitant de me saborder seul si le miracle qui consiste  à te faire changer d’avis ce produit. Je n’y crois cependant pas.

- Pour être franc avec vous, mon domaine de compétence est en effet plus proche du votre que de celui des membres du Cercle Intérieur. C’est d’ailleurs pour cela que, plutôt que de continuer à confronter les Maraudeurs comme je le fais habituellement, je me retrouve avec vous ce soir. Mes employeurs espèrent que nous parviendrons à communiquer et votre seule introduction m’a permis de comprendre que c’est effectivement le problème. Si vous êtes disposée à en discuter, nous le feront.

Le libre-arbitre, Diana. Merveilleuse petite chose qui fait que seule la mauvaise foi pourra encore te permettre de me reprocher ce qui va suivre : tu n’es pas une victime ici, tu es une participante de ton plein gré.

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Re: Passé et Présent

Message  Diana De Themyscira le Lun 27 Nov 2017 - 1:44


    Des questions pouvaient être posées dans ce monde, surtout dans le clan où les militaires et les philosophes ont déterminé avec autant de facilités pourquoi les définitions devraient être fondamentalement liées à un seul principe. À une époque, Diana de Themyscira était aussi dans cette optique, une optique où le monde vivait selon des idées claires, où que la guerre était instrument logique d’une conclusion historique ou encore que des préjugés entre plusieurs espèces pouvaient amener des conflits complètement inutiles. Julia se plaignait d’un mal dans l’appréhension, mais est-ce qu’elle était consciente de ses préjugés? Est-ce qu’elle était consciente des problématiques dans ses pensées? Est-ce qu’elle pouvait au moins se poser des questions sur le pourquoi elle voyait les Amazones ou les Guerrières de cette façon? Non, il était plus assurant pour les bornés de se galvaniser dans leur fanatisme politique. Telle une Carol Danvers en mal de reconnaissance, il était important pour cette catégorie de la population de se marginaliser dans l’assurance-politique d’une rhétorique ridicule. Mina Murray avait souvent parlé d’où le fanatisme pouvait conduire, la religion, la politique ou les nationalismes pouvaient s’armer par cette idée.  

    Alors comprendre quoi? Comprendre que selon les définitions d’une fanatique, les membres de la Ligue de la Justice étaient bornés? Et en quelle mesure des êtres pouvaient réellement discuter avec des êtres pensant avoir raisons sur tout? Julia pensait avoir déjà une victoire morale par une lucidité rare de ce monde, une lucidité divine, mais cela restait aussi ridicule que les autres suiveurs de la pensée de Carol Danvers à travers la dimension des Vengeurs ou de la scène politique. Marginaux étaient ceux, voulant refuser une diversité, marginaux étaient ceux qui considéraient proprement à établir leur propre vérité dans ce qu’ils pensaient comprendre. Julia ou Léviathan a fait parti de la Ligue de la Justice? Non. Ils faisaient plutôt partis de cette rhétorique d’insultes et de déformations pour se propulser dans leur idéologie.

    La lenteur du comportement et de l’avis de Julia laissait déjà un sentiment désagréable pour la guerrière vétérane. Se comportant comme les modes le désiraient, Julia voulait peut-être paraître mélodramatique dans la première partie de son discours, mais elle ne s’empressait pas à indiquer réellement sa position. Léviathan faisait parti du problème, Julia voyait son importance de cette manière. Levant les yeux vers le ciel, Diana de Themyscira laissa un maigre soupire en attendant la suite. Lui donner une seconde chance? Pourquoi elle ne prouverait pas sa véritable valeur à place de perdre son temps devant ce restaurant? Bien sûr, l’artificialité des évènements était si importante pour des êtres comme Julia, que cela enlevait rapidement toute la crédibilité possible. Si elle avait passé moins de temps à théoriser selon son idéologie à place d’ouvrir des livres, elle aurait déjà les bases pour savoir ce que la Ligue de la Justice dit sur la rédemption ou sur la pensée humanisme. Léviathan restera donc aussi illettré qu’avant, incapable de lire un simple livre ou même de lire des individus. Il ne fallait pas donc demander de comprendre un évènement ou un groupe selon Diana de Themyscira.

    Le temps passa et Julia décida de continuer, ne voulant pas inviter l’Amazone au dîner, voulant paraître plus sympathique qu’à sa première incarnation. Elle arriva ainsi à la fameuse conclusion de ce que la jeune Héllion voulait faire. Un combat amical… oui… Julia Hobbes cherchait réellement à faire un combat amical avec l’Amazone. Diana de Themyscira s’était déplacée à travers deux continents, elle prenait son temps à discuter avec une jeune femme blonde pour se faire proposer un combat amical. Les Héllions avaient maintenant une représentation sincère de leurs sentiments dans ce système. Diana de Themyscira ne faisait aucunement confiance à cette fascination envers le domaine de combat. Elle resta impassible, un regard sévère envers la jeune femme, surtout avec les explications qui venaient sur la suite.

    Cette proposition était multiple et cela venait encore de la pensée défaillante du Club des Damnés, glorifiés par l’argent et l’image. Wonder Woman se demandait parfois s’ils étaient conscients à avoir créé le profil de l’image de cette simplicité autour de l’argent ou de la politique. Bien sûr, le respect des autres ne voulait pas dire beaucoup pour eux. Ils s’étaient tellement éternisés dans leur univers que le reste n’indiquait rien pour eux. La laissant terminer son discours, Wonder Woman lui laissa un simple soupire aux dires de la jeune femme, un soupire qui voulait dire beaucoup. Levant une seconde fois au ciel, comment Zeus pouvait la punir ainsi?


    « Votre univers est triste. » Elle avait commencé par ses mots devant toute l’excitation vulgaire de Julia. « Je ne sais pas comment vous faites pour vivre avec une telle ignorance ou mépris, mais vous êtes terriblement forts. Non, vous n’êtes pas égoïste, vous êtes simplement dans la marque de votre idéologie, de l’idéologie de cette image infecte qui vous semble si naturel et fondamental que vous n’avez rien à faire des autres. Avant que les Vengeurs prennent le territoire américain comme terrain de jeu, j’ai rencontré une guerrière. Elle n’avait pas d’héritage, ni de force à prouver, ni d’adversaire à tuer, elle voulait une seule chose : Aider. Elle voulait aider les gens, à améliorer ce monde et surtout à se battre pour que ce monde change positivement à place de croire en des illusions. Pourquoi, sincèrement, vous me demandez quelque chose d’aussi idiot? Pourquoi les Héllions ne proposent pas leurs aides au Wakanda? Et ne venez pas me prétendre que vous voulez commencer les relations entre les Héllions et le Wakanda avec moi. Vous savez que je ne suis pas une diplomate de ce pays. Alors, pourquoi cette proposition aussi idiote? Un combat…

    C’est triste pour vous surtout. Parce que, moi, je me suis battue avec des X-Men dans des endroits où les rues et les restaurants comme ceux-ci n’existent pas. Alors à place de vouloir prendre une fierté par le combat, pourquoi vous n’aidez pas tout simplement? Pourquoi vous n’allez pas sur le terrain à place d’organiser ce type de tournoi? Oui, Cassandra a participé à ce tournoi, mais pour moi, il reste beaucoup à faire dans des pays qui ne demandent pas un combat pour une image ou une fierté, ils demandent de la nourriture, de l’aide humanitaire et ainsi qu’une certaine force pour leur venir les appuyer devant des difficultés. Mon jugement envers les Héllions n’est pas dans la sévérité, mais bien dans la déception. Je suis déçue que pour mon premier contact avec les Héllions, vous demandez plutôt un combat que venir sur moi avec le terrain. Alors, ma question est simple : En quoi cela va m’aider à continuer mes opérations en Afrique en acceptant ce combat complètement infantile? »


    De nombreuses amazones aimaient se battre aveuglément, mais l’art du combat se perdait dans des idées aussi stupides. La violence pouvait être un moyen, cependant il restait très maigre dans toutes les actions de Diana depuis les dernières décennies. Il était bien plus facile d’utiliser la violence dans la recherche de solution facile et à court-terme, mais au long-terme, cela réanimait toujours cette violence inutile. Alors, est-ce que les Héllions s’étaient plutôt abonnées à une idéologie de barbarie à place d’aider réellement les mutants et les humains à travers la planète?

    Un autre passé?

    Dinah Lance avait souvent discuté en blague dans l’Hall de la Justice d’un sujet plutôt intriguant et drôle : Quels étaient les ennemis de la Ligue de la Justice les plus caricaturaux? La caricature était parfois une idée difficile à comprendre pour la jeune amazone au début, mais cela devenait presque un sujet plutôt animé lorsqu’ils étaient possibles de comparer les ennemis. Une grande majorité de ses amis avait toujours maintenu une position précise dans cette blague : Le Club des Jeux de Cartes restait en soi l’une des définitions les plus drôles de cette époque. Mais Diana de Themyscira resta dans une autre idée comme caricature, surtout en ayant vu le dernier œuvre de Stanley Kubrick avec Clark, elle trouvait souvent que le Club des Damnés était cette plus grande blague. Instrumentalisé par l’argent et par une vision politique très restreinte, ils s’amusaient à jouer selon certains codes venant d’une époque complètement risible. S’ils ne pouvaient qu’être des pièces de théâtres vides, ils ne poseraient pas tant de soucis, mais actuellement, ils étaient un problème majeur. Ils ne façonnaient rien de cette époque fondamentalement, déclenchant des guerres pour vendre des armes ridicules et encourager des dictatures.

    La plupart des pays et grands leaders ne voyaient plus réellement un aspect intéressant à ce groupe, abonné à une idéologie politique et micro-économique complètement ringarde. La Ligue de la Justice les voyait problématiques, parce qu’ils pensaient avoir une influence qu’ils ne pouvaient plus exiger. Si Luthor, si Lehnsherr, si Vassilianov (Boldarev) et si Doom ne considéraient plus le Club des Damnés comme une association d’intérêts, les seuls qui pouvaient se réconforter encore dans le Club, étaient surtout ceux qui se perdaient dans des illusions de grandeur. Et il avait un exemple parfait de cette illusion devant elle aujourd’hui. Alexander Luthor avait le pouvoir politique réel, alors qu’Erik Lehnsherr avait surtout le pouvoir dans ses moyens du terrorisme. Alors qu’est-ce qu’il restait réellement au Club des Damnés? Le pouvoir du repas pour éviter d’affronter la réalité?

    Les salutations étaient aussi inutiles que les illusions de cet être, calqué sur l’idée d’avoir une légitimité quelconque. D’un coté, le terrorisme de Lehnsherr et leurs idées saugrenues de pouvoir jouer dans la lutte des pouvoirs étaient dans le même concept. Ils étaient tristes de voir des êtres aussi piétés dans leurs pauvretés intellectuelles qu’ils se refusaient de voir la réalité. Qu’est-ce qu’ils connaissaient de la neutralité de la Ligue de la Justice? Peut-être qu’ils avaient côtoyé Harry Byrd pour rester en dehors du Monde, cela ne serait pas une grande surprise.

    Le Club de Damné vacillait ainsi dans la bonne éducation et dans leur propre ignorance pour éviter de s’aider réellement. Soupirant devant la première diatribe complètement stupide du Léviathan, elle attendait la suite. L’une des raisons pourquoi Diana de Themyscira détestait grandement tout ce qui pouvait venir du Club des Damnés, était proprement dans sa théorie. Ils avaient bien tenté d’avoir un lien avec la Ligue de la Justice durant l’Indépendance du groupe, mais ils se perdaient dans des grandes définitions vides et dans des rôles stupides. Ils voulaient être des acteurs à place des individus pouvant réellement changer ce monde. Bruce Wayne ou Reed Richards ne les avait pas rejoints parce que ce groupe se voulait être des Dieux, alors que leurs places étaient similaires à tous les membres de la Ligue de la Justice.

    Pour l’invitation de Sebastian, l’ignorance était la réponse parfaite pour Diana de Themyscira. Et pour la simple proposition de partager le repas :
    « Non. Gardez vos illusions et vos politesses pour les rares individus qui considèrent une valeur à ce que vous voulez faire. N’ayez craintes, je ne dis jamais non à bon repas, mais nous ne sommes pas ici pour se baliser dans autant de stupidités. » Elle était donc de conclure assez rapidement le désir de relativiser ses stupidités communes avec les êtres qu’il partageait ses stupides artificialités. Sur la suite, le membre du Club ne se gênait pas à se comparer à la Ligue de la Justice.

    « Votre suffisance semble être répandue d’une façon généralisée chez les membres de votre groupe. Vous ne confrontez pas les Maraudeurs parce que vous voulez protéger les mutants ou les méta-humains d’ignobles tortures, mais bien parce qu’ils vous volent de la place dans certains marchés. Alors, non… la discussion est simple : Il est le temps que le Club des Damnés se termine. Vous n’êtes plus du marché de la protection. La plupart des puissants de ce monde, vous ont abandonné parce que vous représentez des milices temporelles et non des réelles capacités de changements. Alors soyez lucides à votre position à place de jouer le rôle de l’illusion.

    La conclusion de Diana de Themyscira était complètement brutale, mais cette réalité ne pouvait pas être ignorée par le Club des Damnés. Peut-être qu’ils n’allaient pas tomber dans l’immédiat, mais leur chute était évidente par leur simple déconnexion de ce monde.

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Re: Passé et Présent

Message  Léviathan le Ven 15 Déc 2017 - 9:22




Passé et Présent
1
Chère Diana,

Il est toujours grandement amusant de voir un membre de la Justice League réagir avec mépris et dédain aux espoirs de quelqu’un d’autre. C’est un comportement révélateur des plus savoureux et ça ne me surprend pas de toi. Comme au temps où ton groupe existait encore, tu es juge comme juré. Oui, la notion religieuse de rédemption est grandement importante au sein de l’idéologie super-héroïque, tout comme celle de sincérité il me semble mais tu dédaigne la mienne et méprise mes sentiments, hautaine et sure de toi comme tu l’es. Tu vaux mieux que moi, tu te juges comme valant mieux que moi et comme étant en droit de juger car tu es toi… Justice League, Justice League, Justice League… si je n’étais pas tant intimidée, j’en sourirais.

Et je dois avouer que ta réponse est elle aussi savoureuse, continuant dans ce que tu considères sans doute comme une vertu. Mon univers est triste, sans doute à cause de mes espoirs, de mon innocente ou de ton mépris ; j’ai bon sur les deux derniers et je dois avouer que ton jugement est proche de celui que j’attendais. Tu m’épargnes l’égoïsme pour m’attaquer sur mon idéologie, pour la redéfinir à ton souhait et montrer ton dégoût. Tu juges, encore et toujours. Tu te permets une anecdote, pour attirer ma sympathie d’une manière très utilisée dans ce marketing que tu déprécies tant. Je pourrais répondre par une également, celle d’une jeune femme ayant commencée comme danseuse exotique pour se payer de simples études supérieures et à qui fut offerte l’occasion de côtoyer de riches individus ; elle le fit, poursuivant ce même rêve qui la poussait à se dévêtir afin de pouvoir accomplir son cursus en psychologie. Ce rêve était d’offrir aux générations futures un monde meilleur. Est-ce croire en des illusions qu’améliorer le monde en usant des outils dont il s’est lui-même doté pour s’améliorer ? Ou est-ce plus réaliste de croire qu’on peut le faire sans passer par lesdits outils ? Personnellement, je trouve la démocratie comme la société utiles, soutenant les Hellions dans leur volonté de ne pas les déconsidérer. J’applaudirais presque ta prestation si elle ne prouvait pas que nombre de tes accusations te concernent également mais je préfère attendre que tu ais fini afin de savourer au mieux l’étendue de ta Justice. Diana, oh Diana, quand commenceras-tu à essayer de voir le monde autrement que par ton prisme comme tu accuses tant les autres de faire ? Et quand admettras-tu que l’on ne puisse pas tout savoir, même toi ? Je ne te demande pas de ne pas juger, je te demande simplement d’essayer de comprendre. Comme j’ai essayé de comprendre pourquoi c’était si important pour la jeune femme de réussir ses études au point d’en danser toujours plus nue devant d’autres. Je me demande quel était la raison de ta guerrière à vouloir aider les gens, améliorer le monde et surtout, le plus important donc, se battre pour qu’il change positivement. Je me demande aussi si tu lui as jamais demandé.

C’est triste pour nous, peut-être. Mais à t’écouter, Diana, j’ai l’impression de regarder un documentaire avertissant des dangers du monde et cherchant à pousser à l’action par la culpabilité tout en considérant qu’avoir fait le documentaire est sa participation, son passe-droit au-delà de cette culpabilité. Ce n’est pas en montrant combien on a fait quelque chose qui n’a absolument pas résolu le problème qu’on est sensé confronter que tu me feras culpabiliser. Je ne saurais te dire si le monde tel que je le perçois est triste car je ne le juge pas. Car, à mes yeux, il est comme il est et s’il ne convient pas il faut s’y intégrer pour le changer. A quoi bon envoyer des ONG aider les plus pauvres si elles n’ont pas de financement pour le faire ? A quoi bon avertir sur une situation s’il n’y a pas de volonté sociétale pour y intervenir ? Ta Justice League s’est dissoute car elle n’avait pas le soutien nécessaire à faire évoluer correctement l’humanitaire. Ce soutien peut être apporté par la politique et par l’économie, par ces secteurs où ton fameux groupe n’allait pas et où ses héritiers ne vont malheureusement pas non plus. Les Hellions y vont. Cela te déçoit qu’ils n’aillent pas sur le terrain, sur tout terrain, mais tu restes fermée aux autres terrains que tu juges et dénigre. Cela te déçoit qu’ils cherchent à s’intégrer aux autres groupes par la compétition amicale et l’attention de millions de personnes, là où ton époque se suffisait d’un seul groupe que tu considères toujours comme référentiel alors qu’il n’est plus depuis plus d’une décennie. Cela te déçoit qu’ils ne fassent pas face aux difficultés que tu rencontres, comme s’ils n’y avaient aucune autre difficulté ou aucune place pour la différence. Tu juges, Diana, mais essais-tu réellement de comprendre ? Difficile à dire… après tout tu poses des questions importantes sans laisser le temps de répondre et te contente de conclure avec une insignifiante mais au combien plus savoureuse que les autres. Diana, oh ma belle Diana, je dois t’avouer une chose: je suis satisfaite, sincèrement satisfaite, de voir que tu me considères également comme un moyen ; c’est une progression qui nous fait nous ressembler plus que dans ma dernière vie et je ne crois pas que tu avais déjà cette mentalité quand nous nous sommes croisés…

Si jusqu’ici, j’avais baissés les yeux à tes dires, ils remontent te faire face avec un sourire que je ne peux retenir. J’ignore si tes questions sont rhétoriques, se suffisant à elles-mêmes à l’égal de tes reproches, mais je vais faire de mon mieux pour y répondre. Et je ne me limiterais pas à celle qui prouve que Sébastian von Orchent a eu une influence, même minime, sur toi. Il est beaucoup de choses que j’ignore et je n’aurais pas les réponses à toutes tes interrogations mais je ne me contenterais pas de te renvoyer à des livres obscurs contenant des vérités que d’autres livres contredisent avec la même légitimité ; les savoirs se sont transmis par l’oralité depuis bien plus longtemps que par l’écrit et je ne me contenterais pas de cette esquive pour faire face à tes questions. Cela étant, maintenant que je me retrouve à essayer de te répondre, je n’ai moi-même une interrogation : accepteras-tu mes réponses ou ton jugement est-il déjà rendu et tout nouvel élément ne saurait le faire bouger ? Après tout, la seule question qui m’est réellement posée est de savoir ce que je peux faire pour toi, en quoi je peux t’être utile ; peut-être même en quoi les Hellions peuvent être utile. Je serais ravie d’être ton outil, Diana, mais j’ai un doute quand à ce que tu saches m’employer correctement.

- Les Hellions ne vont peut-être pas sur le terrain mais est-il réellement besoin d’y aller pour aider ? Le plus grand humaniste et philanthrope de cette époque est, à mes yeux, Bill Gates. Et il ne l’est pas parce qu’il se rend sur les lieux, non, mais parce que la fondation qu’il gère avec sa femme concentre des ressources et encourage l’implication d’autres personnes publiques et politiques. Plutôt que de faire le travail d’un seul homme sur le terrain, il utilise l’effet de levier pour que des millions d’autres veuillent y aller et leur fourni les ressources nécessaires à le faire. La Justice League s’est dissoute face à l’absence d’effort mondial pour changer la donne au niveau de l’aide humanitaire. Pourtant, vous étiez sur le terrain. C’est au niveau de ceux qui n’y sont pas qu’il faut faire bouger les choses car, si l’on s’entête à agir comme vous le faisiez à l’époque, les résultats ne seront pas différents. Les Hellions veulent améliorer le monde mais, pour se faire, ils préfèrent s’impliquer à changer le gouvernement et la mentalité des secteurs ayant les ressources pour que ceux-ci aident à leur tour l’Humanité. Cela ne vous servira pas à poursuivre vos opérations en Afrique dans l’immédiat mais dans les prochaines années cela pourrait faire toute la différence. Nous ne faisons pas un combat au jour le jour, nous pensons à moyen et long terme. Nous pensons comment nous pouvons aider différemment de vous, non pas en aidant nous-mêmes mais en aidant les autres à vous aider.

Est-ce mal ? Est-ce hypocrite ? Est-ce inférieur à la simple aide sur le terrain ? Notre monde est peut-être triste mais il ne s’illusionne pas autant d’espoir que tu le juges, Diana. Nous n’avons pas l’illusion que les gens viendront nous aider d’eux-mêmes ; une minorité le fera mais, comme toujours, c’est la majorité qu’il faut viser. On ne cherche pas à convaincre ceux qui sont déjà convaincus, on va vers les autres. Les Hellions vont vers les autres, ils tâchent de se créer une image à l’égale de celles des autres groupes avec des tournois et des collaborations pour ensuite réutiliser cette image, cette célébrité, pour inspirer et encourager. La Justice League se voulait également comme exemple mais, n’ayant pas conscience de ce procédé et de comment fonctionne la société, elle n’a réussi qu’à toucher une minorité. En maitrisant le fonctionnement médiatique, on peut maximiser et contrôler notre impact. Reste à se maitriser nous-mêmes.

- Vous me dites que les Hellions ne proposent pas leur aide au Wakanda. Les fonds fournis par Frost International aux associations wakandaises d’aide aux orphelins de guerre, dont les accords ont été signés par Emma lors de la levée de fonds du nouvel an 2016, ne sont-ils donc pas une aide ? Ils permettent pourtant de financer matériel et structures, sans parler des transports et appareils électroniques qui restent la pierre angulaire de l’entreprise. C’est cet événement qui a commencé les relations entre les Hellions et le Wakanda, via un diplomate de ce pays justement.

Je dirais bien que c’est à mon tour d’être déçue, Diana, mais ce n’est pas le cas. N’y vois rien de personnel, simplement que je trouve cela plus naturel de voir les choses comme elles sont et cela m’empêche d’être déçue par elles ; c’est ma manière d’accepter autrui, sans le juger. Je crois comprendre pourquoi tu trouves mon monde triste : il est sans espoir. Les gens, et moi au même titre qu’eux, peuvent en avoir et en exprimer mais au final c’est juste une illusion dont je suis pleinement consciente et je me sers à l’égal de tout le reste. Car, s’il est une chose indiscutable à propos du monde tel que je le perçois, c’est qu’il faut agir pour obtenir quelque chose ; de préférence d’une manière intelligente même si c’est parfois discutable. Ma proposition d’affrontement entre nous en est un exemple. A me laisser prendre dans les passions qui m’agitent, j’ai mis en péril ce que je dois accomplir non pour mon propre intérêt mais celui des autres.

- Votre évocation de Cassandra vous fait approcher une vérité que très peu voient. Mettre en comparaison les Hellions aux X-Men est similaire à la compétition entre la Justice League et les Vengeurs : c’est facile, c’est clinquant, mais cela a peu de sens. Les uns ont eu le temps de se construire, de se développer et de se pérenniser. Les autres essaient de rattraper le rythme et croient qu’ils peuvent le faire en montrant qu’ils sont plus forts. Pour ma part, si je dois comparer les Hellions à un autre groupe, il s’agirait de la Young Force : elle aussi se construit au-dehors du modèle standard de la super-sécurité et elle aussi refuse d’être sous tutelle d’un groupe plus ancien pour se former. Elle est libre de ses inspirations et de ses méthodes. Se faisant, elle fait des erreurs. Et elle s’intègre d’une nouvelle manière à la société.

Oui, les Hellions sont dans la marque de leur idéologie, de cette image que vous jugez infecte et qui nous semble naturelle et fondamentale dans la société moderne. Mais, outre que vous êtes aussi dans la marque de votre idéologie que je m’abstiens de juger, vous n’êtes pas les personnes que nous essayons de convaincre de faire changer le monde ; vous voulez déjà le faire. Mais les personnes qui vivent également dans cette culture de l’image et du média, ces personnes qui sont amenées à voir Carol Danvers et d’autres de son acabit matin, midi et soir, n’ont-elles pas non plus le droit d’avoir un groupe qui s’adresse à elles ? Ne peuvent-elles pas, en miroir des discours démagogiques et populistes, entendre voir répondre aux discours sur l’ouverture et l’aide aux autres ? Doivent-elles être forcément jugées tristes et infectes ou peuvent-elles être encouragées à faire quelque chose ?


Me voici à faire des questions rhétoriques à mon tour, Diana, et j’espère que tu me pardonneras cela comme je l’ai fait pour toi. Tu es simplement inspirante. C’est ironique de savoir que je peux mettre tant d’ardeur à défendre les Hellions quand tu te souviens de ce que j’ai pu faire pour défendre le Club des Damnés, n’est-ce pas ?

- Je sais être maladroite et espère ne pas vous dégouter en disant cela mais, tel que je le comprends, les Hellions ont une construction entrepreneuriale dans le milieu de la Super-Sécurité. Quand une entreprise veut s’installer dans un marché, elle ne va pas aller essayer de détrôner les leaders dudit marché. Elle va instaurer une compétition de façade avec eux, pour se faire connaitre, mais va se placer sur une part du marché qui n’intéresse pas les autres ; sinon ceux-ci l’écraseront. Les Hellions n’atteindront jamais la même efficacité que les X-Men dans l’interventionnisme paramilitaire ou la capacité médiatique des Vengeurs mais en créant des frictions avec eux nous allons attirer l’attention sur nous. Cependant, avec suffisamment de recul, vous verrez que notre placement est sur un terrain où les deux autres ne vont pas : l’encouragement de l’acceptation par l’éducation au sein des médias. Les médias sont déjà la partie des Vengeurs mais ils n’ont pas le message tandis que les X-Men ont le message mais évitent les médias. Comme partout, il y a de la diversité et de la différence ; nous voyons cela comme une force si on est capable d’instaurer une complémentarité. Avec le tournoi, on a posée une première pierre pour attirer l’attention sur nous et on continue d’entretenir cette attention à présent. Cette attention c’est ce qui nous permets de faire passer notre message, de nous adresser à ceux à qui les autres ne s’adressent pas.

Oh, évidemment que je pourrais t’attaquer sur le fait que malgré ta pensée péjorative de l’American Tenkaïchi Budokaï tu participeras très probablement au Tournoi Européen là où celui-ci ne sera probablement pas organisé pour des raisons idéologiques et la promotion d’un message mais simplement pour le sport et l’amusement publique. Mais cela serait contre-productif au possible d’entretenir ce conflit par de nouvelles accusations, je ne crois pas que tu serais capable de le voir ainsi. Pourtant, mon père couvre suffisamment bien la situation en Europe pour que je perçoive pleinement l’hypocrisie sur la condition des migrants et ce n’est pas un sujet qui m’intéresse, comme la moyenne des européens probablement, donc je continuerai de mener que la bataille qui m’est utile pour arriver à ma fin.

- Le combat que je vous propose est bien plus personnel que cela, il ne s’inscrit pas réellement dans la démarche des Hellions d’ailleurs puisque mon objectif n’est pas de me faire de la célébrité sur votre dos. Je comprendrais parfaitement que vous le refusiez dans ce cas. Mais acceptez au moins l’invitation de Mlle Frost, il est probable que les sujets dont elle veuille vous entretenir soient en adéquation avec vos attentes là ou mon zèle donne une mauvaise image de l’entièreté de mon groupe. Ne jugez pas ce que nous essayons de faire à l’inexpérience d’une jeune femme à peine sortie de l’adolescence, sans doute aurez-vous la possibilité de gagner bien plus en discutant avec Emma Frost de l’avenir qu’en m’affrontant moi pour le présent.

Je suis consciente que mes insécurités et mes peurs sont absurdes ainsi n’ai-je pas l’intention de les laisser nuire à la réussite de la mission que ma maitresse m’a donnée. Je suis un démon, je respecte toujours ma parole même s’il m’arrive de l’interpréter de façon créative. Notre affrontement est un bonus et si tu n’en veux pas, j’attendrais le Tournoi Européen pour chercher à faire la fierté d’Emma Frost ; cette fois cependant, le monde entier verra notre affrontement et ça ne sera pas pour attirer l’attention sur un groupe naissant ayant volonté de réutiliser son image pour améliorer les choses par la suite. Cela sera pour le spectacle et la compétition uniquement, sous couvert d’une compétition amicale entre Super-héros qu’ils peuvent cependant très bien faire dans les salles d’entrainement de leurs bases d’opération. Mais ce n’est pas cela qui m’importe vraiment. Ce qui m’importe vraiment c’est que, quoi que tu fasses, je ne puisse pas perdre ; cela n’a pas changé depuis ma dernière vie.

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***

Es-tu véritablement sure de vouloir que je garde mes politesses pour moi, Diana ? Mes croyances, je le conceptualise parfaitement, mais mes politesses… Sans doute pourrons-nous parler en égaux, si je le fais, mais je n’ai pas été éduqué pour être grossier et désagréable même envers les personnes que je déprécie par principe. Car tu me déprécies par principe, comment pourrait-il en être autrement ? Je suis ton ennemi, je suis donc le méchant de ton histoire. C’est si simple et rassurant de voir les choses ainsi, si enfantin même. Les individus qui considèrent la politesse et le respect comme une valeur sont indignes de la Justice League ? Voici une nouvelle qu’il faudrait répandre au monde entier, afin qu’il voit un peu plus de votre vrai visage. Cela étant, il m’indiffère autant que l’image que vous chercher à vous donner ou même que vous-même : je me contente, comme la plupart des gens, de faire mon travail du mieux que je peux. Tu ne dis jamais non à un bon repas, sauf ce soir ? Où est la stupidité, dans ma bonne volonté ou dans ta contradiction ? Cela n’a pas grande importance, je ne suis pas ici pour autre chose que faire ce qu’on m’a demandé et que tu me divertisses ce faisant est un bonus.

Oui, les membres de mon groupe éprouvent une certaine suffisance envers les gens en manque d’éducation, que veux-tu ? Ceux du tien éprouvent aussi une suffisance envers les autres, seuls les critères changent. Mais je dois avouer que ce qui m’impressionne le plus, et alimente donc ma suffisance, c’est l’assurance avec laquelle tu es capable de débiter tes âneries. La discussion te semble-t-elle si simple car ton esprit n’est pas à même de discerner la complexité de la situation ? C’est ce qui transpire de tes paroles et, si tel est le cas, je ne suis pas le bon interlocuteur. Quelqu’un de plus, disons, primitif serait plus approprié. Mais s’il faut discuter en sauvage, je dois pouvoir m’en charger ; seulement, pas ici. Par respect pour les autres personnes présentes, qui n’ont rien demandé et tentent juste de faire leurs vies. En as-tu quelque chose à faire, au moins ?

- Vous n’êtes donc pas capable de voir plus loin que cela ? Je vous remercie de m’autoriser des écarts dans la politesse et comprends mieux pourquoi vous et votre Justice League n’êtes pas une réelle menace, en fin de compte. Je sais que la légalité ne vous intéresse pas et que la justice arbitraire est le pilier de vos actions cependant… je suis impressionné de votre limite à percevoir ce que fait réellement le Club des Damnés.

Tu es mignonne, attendrissante même, Diana ; et je te regarde comme telle. Il n’y a pas de déception ou de tristesse, non, simplement une bienveillance presque parentale. Tu viens ici faire ton caprice et réclamer qu’on se rende comme si nous jouions au policier et au voleur. Tu simplifies tant les choses qu’il est difficile de ne pas te voir simple, toi aussi. Le Club des Damnés a-t-il jamais été dans le marché de la protection ? C’est un argument des plus simples pour vendre des armes, offrir aux gens les moyens de se protéger, mais je peine à croire qu’une déesse ait réellement cru que nous pouvions penser cela. Même pour un être venant d’un panthéon, c’est trop. La plupart des puissants de ce monde… qu’est-ce que cela signifie ? Que les membres de la Justice League, que les chefs de partis politiques ou d’organisations terroristes n’ont plus besoin de nous ? Je suis lucide sur la position du HellFire Club, que ce soit celle d’organisation permettant divertissement et copinage aux riches et aux puissants ou encore celle où des membres "VIP" s’associent pour s’entraider entre eux. La Justice League n’est pas bien différente, combien craignent qu’elle ne devienne la plus grande menace que le monde ait connue ? Après tout, c’est une association au sein de laquelle se trouvent des gens aux pouvoirs destructeurs et qui cultivent avant tout leur propre vision du monde. Emprisonnés dans cette vision, tes collègues voient-ils que leurs efforts n’entrainent que trop peu de réponse ? Je n’en suis pas certain, considérant la vision qui m’est donnée ce soir.

- Si nous n’avions que faire des mutants et des méta-humains, croyez-vous vraiment que nous confronterions les Maraudeurs plutôt que de travailler avec eux ? Leur trouver des sujets de part le monde et participer financièrement à leurs expériences en échange de la récupération d’une partie des créatures qu’ils créeraient afin de les revendre comme armes vivantes serait bien plus avantageux que de leur faire une guerre. Idem pour l’Arme X. De plus, pourquoi le Cercle Intérieur aurait-il connu une guerre civile lorsqu’une partie, aujourd’hui destituée, a cherché à nuire à la communauté mutante ? Le plan nous aurait rapporté beaucoup et pourtant nous l’avons nous-mêmes sabordé.

Oh, pas moi. Je suis neutre dans les querelles de pouvoir du Cercle Intérieur, la position d’agent et l’accès au Club des Damnés me suffisent amplement afin d’en retirer ce que je veux. Car, au final, c’est cela qui est intéressant avec le HellFire Club : ce que l’on en retire. Lorsque l’on n’en retire pas assez, on s’en détourne. Le Club des Damnés a beaucoup de traditions pompeuses et désuètes mais il ne sera jamais désuet lui-même tant qu’il y aura des gens pour croire en lui. Et, comme les contraires se ressemblent, la cohésion du Cercle Intérieur est similaire à celle de ta Justice League : ses membres sont plus forts unis. Après, j’ignore si les membres de ton groupe, Diana, connaissent les mêmes frictions internes que le notre mais nous, au moins, avons pris notre essor avec la fin de la Guerre Froide. Ta Justice League semble plutôt s’essouffler, elle.

- Savez-vous qui sont les cinq plus gros producteurs d’armes au monde, Princesse de Themyscira ? Les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, le Royaume-Unis et la France ; soit les quatre membres du conseil de sécurité de votre chère ONU. Durant les dernières décennies, le monde était déchiré d’un conflit qui se devait d’être indirect et les Etats pouvaient en soutenir d’autres sans que cela ne choque personne. Comme dans votre vision, l’ennemi était tout désigné. Mais, afin de ne pas trop envenimer les choses, il valait mieux passer par des intermédiaires. Depuis la chute du bloc soviétique, les choses sont devenues plus complexes, plus instables, sans compter les milliards d’armes produites pour une guerre qui n’était jamais arrivée. Il fallait de nouveaux conflits, de nouveaux clients, et les intermédiaires ont encore plus gagné en importance. Il est pratique d’avoir le Club des Damnés, cela ferait tâche si l’on retrouvait les empruntes des membres de l’ONU sur la marchandise. Mais le plus intéressant reste ce qui adviendrait si nous n’étions pas là, comme vous le souhaitez. Qui feraient main-basse sur les armes, qui seraient les nouveaux intermédiaires de vos protégés ? Le marché noir, les organisations criminelles à l’échelle mondiale, des gens qui ne s’embarrasseraient pas des embargos ou des volontés étatiques. Je suis lucide, et je pense que beaucoup de mes collègues le sont également, sur la manière dont le HellFire Club est utilisé au sein de ce monde. Nous sommes un régulateur de criminalité, afin que le contrôle soit conservé sur les ventes d’armes et de matériel de guerre, et pouvons même devenir d’excellent boucs émissaires.

La plupart des membres du Club des Damnés sont des hommes d’affaire, d’un type ou d’un autre. Mais, comme la plupart des hommes d’affaire, nous sommes prêts à prendre des risques et à nous faire arnaquer si nous y gagnons tout de même quelque chose. Et, au niveau du commerce d’armes, ce quelque chose a probablement plus de chiffre que le propre financement de la Justice League ; ou, si je me trompe, que le PIB de la plupart des acheteurs. Nous entretenons les guerres, nous sommes des marchands de mort, c’est indiscutable. Néanmoins, nous exerçons une sélection sur nos acheteurs et puis, de toute façon, nos produits font toujours moins de dégâts humains que le tabac ou l’industrie automobile. Peut-être réglerait-on notre problème éthique en ajoutant sur la boite de nos armes "les utiliser risque d’entrer la mort" mais je pense que tout le monde en est conscient, question de bon sens. Le même bon sens qui implique les taxes que l’on paie d’ailleurs, contribuant plus à la bonne santé économique des pays suscités que ta Justice League ne le fait, puisqu’elle ne génère que très peu de richesse. Mais c’est la richesse humaine que vous tentez de cultiver, n’est-ce pas Diana ? Cette richesse humaine dont l’utilité principale est d’élire les mêmes personnes dans la plupart des pays, au sein d’élection partiellement financées par des pays qui se passent très bien d’élections. Leur demanderez-vous leur reddition à eux aussi ? Vous avez essayé avec la Latvérie et ça ne vous a pas réussi tandis que jamais vous n’arriverez à vous en prendre aux dirigeants impliqués dans le conseil de sécurité de l’ONU.

- Mais vous avez raison sur un point : nous ne représentons pas de réelles capacités de changement. Notre association en a pourtant les moyens économiques et politiques. Quel est le problème avec nous alors ? Est-ce le Club des Damnés ou ceux qui composent son Cercle Intérieur ? Comme souvent dans une mécanique, l’élément problématique est l’élément humain. Et nous en sommes conscients ; sinon nous n’aurions pas effectué le schisme dont je vous parlais plus tôt. Contrairement à votre Justice League, le Cercle Intérieur suit avant tout les objectifs de ses membres ; objectifs qui varient donc avec lesdits membres. Quand des actions anti-mutantes ont voulu être prises, les membres mutants l’ont refusé et ont destitué les fautifs. Si vous voulez que nous représentions de nouveau des capacités de changement, il ne faut pas chercher à arrêter le Club des Damnés, il faut chercher à accroitre l’influence des membres voulant les changements en son sein. Et il y en a, croyez-moi. Beaucoup sont partis mais tous n’ont pas encore fuis face à ceux qui n’ont pour objectif que leur intérêt personnel.

Le Club des Damnés n’est pas dans la Super-Sécurité, tu as raison Diana. C’est une association d’entreprises. Alors il faut cesser de le voir comme un élément de la Super-Sécurité et comprendre comment fonctionne le monde de l’entreprise, comment les gens qui lui appartiennent pensent et agissent. Une entreprise ne ferme pas par décision de ses dirigeants, ceux-ci changent tout simplement. Une entreprise ferme parce qu’elle fait faillite. Et si tu es là à me demander une reddition hors de propos, c’est que tu sais que ta Justice League ne pourra jamais nous faire faire faillite. Même si l’on arrêtait tout commerce d’armes, on continuerait à être rentables dans bien d’autres secteurs.

- Réclamer la fermeture du HellFire Club n’a aucun sens, certains de ses membres useront de chaque minutes en son sein pour augmenter leurs profits afin qu’ils gagnent plus qu’ils ne perdront quand le Club s’effondrera. Et à côté de cela, les membres avec de réels ambitions se retrouvent coincés à ne pouvoir exercer la philanthropie qu’ils voudraient ; certains abandonnent et quittent le Club, d’autres continuent la lutte mais sont toujours plus faibles à mesure que leurs alliés diminuent. C’est un processus qui se retrouve avec la politique également et, si vous y réfléchissez bien, qui sont les véritables gagnants ? Ceux qui partent essayer de faire leurs affaires ailleurs ou ceux qui restent et sont toujours plus libres à mesure que l’opposition disparait ? Quand vous cherchez à affaiblir le Club des Damnés, ce n’est que la partie qui essaie de faire quelque chose de constructif que vous affaiblissez. Celle que vous critiquez et méprisez, elle, reste là et continue tant qu’elle y arrivera.

Assis à mon aise, je marque une pause dans un trop long monologue d’explication que j’aurais souhaité ne pas avoir à faire. La principale raison à cela est qu’il est probablement inutile, par incapacité soit à le comprendre soit à le considérer comme crédible, ce qui revient au même. Néanmoins, je suis quelqu’un de fiable et tiens donc à ce que mon métier soit bien fait. On peut me critiquer de ne pas croire en ce que je dis mais j’énonce des faits et, de toute façon, je ne crois en rien. Le Club des Damnés peut se poursuivre et s’effondrer sans que cela me pose beaucoup de problème, tout est éphémère et je prends juste le pari qu’il tiendra plus longtemps que ta Justice League. Car, vois-tu Diana, alors même que je te parle de tout cela je suis pertinemment conscient, en plus du fait que tu ne sois pas la plus réceptive des personnes pour mes explications, que je fais parti des membres du Club qui ne sont là que pour en tirer un profit maximum durant son existence. Je suis ce que tu tentes de combattre et en combattant tu n’affaiblis que ceux qui pourraient me faire opposition dans mon envie de laisser les choses comme elles sont. Je vais perdre des choses, j’en suis conscient, mais il faut que je gagne plus que ce que je perdrais et je serais le gagnant au final. Ta Justice League comme les membres du Cercle Intérieur désireux d’améliorer le monde perdrez plus de choses que vous en gagnerez si vous vous effondrez. Et c’est pour cela que tu es mignonne à vouloir détruire les choses, sans même prendre en ligne de compte combien vous favoriserez les organisations criminelles que vous prétendez combattre.

- Le Club des Damnés est un outil. Si vous voulez qu’il cesse d’être un marchand de mort et qu’il se concentre sur ses capacités de changements, il faut que vous sachiez avantager les personnes qui, en son sein, ont les mêmes idées que vous. Vous nous voyez comme un mal, ainsi soit-il. Mais êtes-vous capable de concevoir que ce mal soit similaire à vous, résultant de cette même constatation que l’union et l’entraide permettent de construire plus ? Plus important encore, êtes-vous capable d’utiliser ce mal pour faire du bien ? Comme je l’ai dit précédemment, je pense pouvoir vous être d’une certaine utilité concernant le différent de nos organisations. Mais ce n’est pas en détruisant le Club des Damnés que vous gagnerez contre nous.

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Re: Passé et Présent

Message  Diana De Themyscira le Lun 18 Déc 2017 - 1:22


    Espoir? Était-ce vraiment de l’espoir que Julia tentait de prendre en main pour gagner dans les galons? Le comportement de Diana de Themyscira répondait d’abord à ce que Julia était en train en train de construire. Son image, ses dialogues et ses idées étaient au centre de son intérêt à elle et non pour les autres. Est-ce que Julia Hobbes espérait vraiment sortir de la rédemption? Non, elle venait ici pour quelque chose d’autres. Elle venait, non simplement en tant que dirigeante d’une nouvelle pensée, mais aussi à un individualisme complet. Julia Hobbes semblait comprendre la rédemption à son sens, elle comprenait tous ses concepts par des idées fixes et limitées par sa propre interprétation. Si elle avait bien compris l’idéologie de la Ligue des Justiciers, elle aurait déjà pris un recul des origines de ses pouvoirs. Elle aurait déjà conservé son libre-arbitre devant ce qui tente de la contrôler. Elle aurait été capable de bloquer les démons et les paroles vicieuses pour aller dans une idée réfléchie de sa propre personne. Non, le prestige était plus important que sa vie, elle voulait devenir quelque chose d’important : Avoir un destin incroyable dans une équipe aussi incroyable que ses propres pensées.

    Est-ce que Diana se considérait comme une vertu? Non. Est-ce que Léviathan idéalisait encore les modèles ou les idées? Peut-être. Julia était le propre témoin d’une ignorance sociétale, vivant dans des illusions. Elle ne vivait pas dans le mépris de Diana, elle ne vivait même pas dans l’innocence d’une adolescente qui recherchait encore ses repères : Elle vivait dans l’idée de connaître un monde qui était différent de ses interprétations. Elle ne voulait pas être jugée? Pourquoi? Toutes les raisons qui la lançaient dans ce défi lancé à Diana étaient pour recevoir le jugement de cette Emma Frost. Elle n’avait pas crainte d’être juger, elle voulait simplement être connue, elle voulait simplement recevoir une image bonifiant par les illusions qui tentaient à lui faire croire qu’elle était innocente. Alors comprendre quoi? Comprendre une mégalomanie cachée par une idée d’innocence? Comment pouvait-elle vraiment critiquer ce rejet, alors que sa construction se voulait sur sa propre personne d’abord? Des individus étaient chanceux de vivre dans ce monde, des personnes pouvant dansées nues vu comment c’était important pour Julia d’avoir cette victimisation. Ne pas chercher, se fondre dans son individualisme et devenir le produit de son imagination étaient les repères de la jeune femme devant l’Amazone. En quoi elle pouvait comprendre quelque chose? Ses illusions étaient une idéologie, son idéologie était son individualisme et son individualisme était son échec. Qu’est-ce qu’elle connaissait au jugement du monde, alors? Encore un rêve ou un cauchemar? Est-ce qu’elle voulait faire une compétition sur l’empathie? Est-ce qu’elle voulait être nommé comme la plus grande empathe de ce monde parce qu’elle avait souffert? Bien sûr, il était simple pour Julia de porter ce jugement, parce que rien n’emportait vraiment dans sa compréhension dans ce monde. Peut-être que Diana était loin de ce monde, mais au moins, elle pouvait comprendre des choses que Julia ne se souciait pas réellement, parce que danser nues étaient le panthéon de la souffrance.

    Qu’est-ce qui était donc si important pour Julia Hobbes? Est-ce qu’elle avait déjà écouté les victimes d’abus? Est-ce qu’elle avait déjà regardé autrement que les chiffres? Est-ce qu’elle savait au moins pourquoi cette planète n’était pas qu’une idée fixe du bien ou du mal? Non. Elle avait déjà trouvé les réponses, elle les savait tous et elle pouvait même philosopher sur un vide pour confirmer son idéologie. Diana de Themyscira ne parlait pas à une jeune adulte ou même à un démon, elle parlait en face d’une idéologie. Elle discutait avec un Parti Politique ou un mouvement social, peut-être plus une entreprise. Comme tout parti politique, entreprise ou mouvement social, elle savait parfaitement pourquoi la Ligue des Justiciers s’est dissoute. Elle le savait parce que ses illusions lui prétendaient raconter exactement ce qu’elle avait besoin de comprendre. Le doute, les recherches et les réponses ne l’intéressaient pas, elle savait déjà toutes les évidences nécessaires pour argumenter devant un chroniqueur télévisuel.

    Elle pouvait sourire, elle se suffisait à elle-même et à sa propre politique. Julia Hobbes était la preuve que même une Académie liée aux plus grandes universités pouvait être un échec dans le système. Vérité était un mot répandu trop facilement dans le langage des politiciens et Julia préférait vérité que réflexion. Elle préférait construire ses illusions à place d’affronter la réalité. Elle ne voulait pas de cette réalité, parce que cela ne se conformait pas avec sa vision du monde. Sa réponse était aussi vide que son sourire, elle se calquait sur une argumentation abjecte que même les partisans de Carol Danvers ne devraient pas utiliser. Est-ce que c’est nécessaire d’aller sur le terrain? Oui, car Bill Gates pouvait avoir des moyens, mais c’était sur le terrain que cela se passait. Donner de l’argent sans apporter un soutien logistique pour que le matériel se rende, était d’une absurdité divine. Les Héllions n’étaient qu’une entreprise voulant jouer sur des illusions, il ne voulait pas changer le monde : il voulait avoir une image économique.
    « Slade Wilson avait raison. » À la fin de sa terrible théorie, à la fin de ses illusions crachées sur le monde, à la fin d’une incompréhension du monde, Diana de Themyscira restait dégoutée. Oui, Slade avait raison sur les Héllions, il avait raison que ce groupe ne servait pas à aider, il servait pour instrumentaliser ce qui pouvait être le pire de tous les mouvements héroïques.    

    « Je ne sais pas comment vous faites, mais votre discours est l’un des plus dégoutants et les plus ignorants que j’ai entendu de ma vie. Même Victor Von Doom connaît mieux ses sujets préférés que vous. Vous n’habitez pas dans une Académie? Une maison du savoir? Je me demande parce que cette vision du monde est tellement décourageante, non pour l’améliorer, mais pour le maintenir dans son état actuel. Vous voulez faire quoi les Héllions finalement? Brandir les sommes économiques et laissez les autres faire? Je ne suis pas une idiote, Julia. Je sais que le monde fonctionne d’une multitude de façon, mais si vous pensez réellement que c’est uniquement avec de l’argent que vous pouvez modifier le monde, votre groupe n’est pas si différent du Club des Damnés… » Elle pouvait garder son sourire, il restait aussi superficiel que son idéologie. Les Héllions ne s’intéressaient pas au monde. « Je suis étonnée de voir que tous les grands philosophes connaissent exactement les raisons pourquoi la Ligue de la Justice s’est séparée… cela servait vraiment à quelque chose que je sois présente pour me savoir après tout le monde pourquoi mon groupe s’est séparé. Les génies de l’Académie de Boston vont pouvoir me dire parfaitement les raisons de cette dissolution, ils ont tellement bien analysé le monde qu’ils peuvent tout dire. Mais… par Héra, je me demande comment vous faites? Comment vous venez oser dire que le Monde ne change pas? Est-ce que vous savez comment les mutants étaient traités avant les années 90? Non? Mais, Emma Frost ne s’intéresse pas aux évolutions des mentalités sur les mutants? C’est drôle d’un groupe qui semble vouloir créer un monde égalitaire sans comprendre le monde autour d’eux. Arrêtez de parler de l’économie, arrêtez de parler de la Ligue de la Justice, arrêtez tout simplement de parler du Monde, vous n’avez jamais été dans ce monde. Jamais. Vous ne savez pas ce qui a été influencé, vous ne savez pas les raisons pourquoi la Ligue des Justiciers s’est dissoute et vous ne savez même pas pourquoi vous existez. » Oui, Diana de Themyscira venait de faire de l’ironie devant Julia Hobbes. C’était surtout un signe de désabusement total envers un discours unique qui n’indiquait que les ignorances étaient plus importantes que le savoir. Lire des livres était impossible, lire le savoir pour juste comprendre comment le Monde était plus difficile qu’un seul concept économique, politique ou héroïque n’était pas d’actualité. C’était mieux de construire sa vision individuelle du monde. « Pourquoi les Héllions existent si vous voulez simplement recréer le Club des Damnés? Pourquoi vous faites vivre des illusions chez les assassins qui veulent changer? Pourquoi vous ne dites pas simplement à Michelle Drew que vous cherchez uniquement de l’exploiter au niveau économique à place de l’envoyer directement sur le terrain? Avouez donc à vous-mêmes que vous ne voulez pas changer le monde au moyen ou à long-terme… parce que ce monde ne vous intéresse pas. » C’était mal? C’était hypocrite? Non, c’était simplement une maladie répandue dans des idées de facilités. La devise que l’argent fait tout devient en réalité juste une instrumentalisation d’une logique de partisans fanatiques.

    Défendre sa position était difficile, cherchant des repères que tous faisaient. Wayne avait aussi des contrats au Wakanda, Charles Xavier doit aussi en avoir et même Sergei Boldarev pourrait en avoir. Le seul exemple de Julia était donc dans ce contrat, comme si la Ligue des Justiciers ne l’avait pas fait. Comme si tous n’avaient pas travailler de cette manière, les Héllions étaient donc en train de réinventer les Héros pour qu’ils soient plus efficaces?
    « Est-ce que je dois commencer à vous applaudir parce que vous faites tout ce que les autres font? Si vous croyez que c’est uniquement avec l’argent que vous allez changer le monde, refaites le Club des Damnés et arrêtez de faire perdre le temps aux individus voulant vraiment changer la société. Ce n’est pas en ayant une belle image que vous allez pouvoir faire quelque chose de concret. » Durant un petit moment, elle se rappelait comment certains ennemis étaient parfois plus intéressants à affronter. Entre les mégalomanes qui pensaient pouvoir tout changer avec l’argent et les démons voulant trouver une entrée parfaite pour détruire un univers, il avait des ennemis qui maniaient un art de guerre bien plus intéressant que les autres. Calculer pas simplement un chiffre, mais toutes les traditions et les idées d’une culture avant de l’attaque étaient un talent rare. La Ligue de la Justice a tenté de faire l’inverse : comprendre une culture pour mieux l’aider, mais Julia voulait respirer avec l’argent et des valeurs de statut social. Cette discussion venait de mettre à terme l’espoir de Diana pour une perte de temps à presque tous.

    La mégalomanie ne se limitait pas pour chercher à avoir raison sur comment le Monde fonctionne, elle se voulait être dans les comparaisons boiteuses. Après les tentatives d’argumenter dans un vide sur la vision d’un monde inexistant, c’était le temps de vouloir aller dans les sujets des autres groupes. Diana avait presque eu un gloussement de rire pour les premières remarques…
    « Est-ce que vous êtes en train de me faire une blague ou quoi? Parce que je pense qu’à ce niveau, il faudrait d’abord que vous commencez à discuter un peu sur les mêmes balises de ce monde pour qu’on se comprenne. Je vous avoue que cela m’a pris une éternité à comprendre plusieurs habitudes ou sujets, mais on ne doit pas parler du même monde ou des mêmes groupes. Parce que dans mon horaire, je n’ai pas eu un membre de la Young Force qui m’a fait perdre mon temps en me défiant pour un combat afin de prouver quelque chose à quelqu’un. Je crois même qu’ils trouveraient cela absurde, mais cela m’étonnerait que vous soyez capables de les comprendre, parce que vous avez demandé aux participants de la Young Force de votre tournoi les raisons pourquoi ils ont participé? Cela m’étonnerait, mais je pense que vu votre talent, vous allez être capable de l’interpréter très mal toute seule. Je suis curieuse aussi de savoir ce que vous considérez comme un modèle standard de la super-sécurité. Parce qu’il est tellement vrai que les autres groupes vivent tous dans le même modèle, tous avec des membres de la Ligue de la Justice pour dire comment s’inspirer. Ils sont bien sûrs tous sur notre tutelle, je me souviens d’avoir dit exactement à Sergei Boldarev de comment diriger son groupe. » Oui, il avait beaucoup de mépris de Diana envers cette dernière. Cette arrogance, cette nonchalance, ces vérités et ces manières n’étaient pas faits pour la convaincre, ils étaient faits pour chercher à avoir raison.

    Julia Hobbes parlait ensuite d’être marquer dans leur idéologie et Diana les trouvait encore plus hypocrites pour avoir tenter de manipuler Banyat, Michelle et les autres qui ont rejoint le groupe en pensant pouvoir aider de la même manière que les X-Men ou que les Last Sons peuvent faire. Prenant plus son calme, elle décida de répondre à l’un des seuls arguments qui semblaient sensés depuis les dernières minutes :
    « Alors, restez dans les dons humanitaires et ne venez pas sur le terrain, je n’ai pas envie de travailler avec des individus qui voient uniquement la réussite par des actions économiques. Et pour être honnête avec vous, je ne crois pas que votre méthode va être très efficace. Si vous voulez convaincre des individus qui sont juste façonnés par une idéologie comme celle de Carol Danvers, vous allez être obligé d’aller dans les mêmes bassesses. Et par ces bassesses, vous allez peut-être gagner une estime chez ce genre d’individus, mais vous allez perdre l’estime des autres. Ce type d’individus ne veut pas être convaincu par les arguments, ils veulent être convaincus par le divertissement qu’est Carol Danvers. J’ai vu le monde changé plusieurs fois, et parfois, le monde change en donnant un exemple ou parfois en subissant le choc des réalités. Mais maintenant, je comprends mieux pourquoi vous voulez m’affronter, je suis sincèrement désolée pour ce que vous voulez faire. » Se servir du pire et des insultes était surtout le symbole d’une nouvelle mode infecte chez les héros. C’était l’une des raisons pourquoi les Héllions se différenciaient dans les rencontres que Diana pouvait faire. Korra était inspirante, intelligente et pertinente : Elle ne connaissait pas tout sur le monde, mais elle ne prétendait pas pouvoir tout changer avec de sa spiritualité comme Julia pouvait le faire avec sa solution miracle de l’argent. Cassie n’était pas inspiré par Diana, c’était plutôt sa témérité et son courage qui avaient inspiré l’Amazone. Wolverine avait changé, parce qu’on lui avait laissé sa chance d’être un X-Men à sa façon… alors pour Julia? Rien n’était inspirant, c’était plus ce qui était le pire qui pouvait sortir et c’était très malheureux pour les êtres qui avaient décidé de rejoindre honnêtement le groupe pour d’autres buts.

    « Non, ce n’est pas la maladresse qui m’a dégoutée de cette discussion, c’est bien comment vous faites pour vous satisfaire de certaines illusions sans se soucier réellement de la planète autour de vous ou même de vos coéquipiers. Je suis triste pour des êtres qui vous ont rejoints et que finalement, c’est simplement un enjeu économique pour les Héllions. Au moins, arrêtez de mentir à ses membres et trouvez leur des solutions pour d’éventuels départs. Si vous êtes tellement dans cette instrumentalisation de la rivalité avec les X-Men, les Last Sons et l’Alliance des Champions pourraient les aider. Arrêtez de créer une illusion pour des individus qui croient vraiment qu’ils vont aider d’une manière concrète dans le futur. »

    Ce qui dégoutait le plus Diana de Themyscira, en ce moment, n’était pas le fait d’un outillage complètement inutile, c’était le fait de rire uniquement de certains de leurs membres en difficultés. Continuant sur le sujet du combat, Julia tenta de rattraper sa piètre erreur en l’invitant à l’Académie sans le combat. Et pour faire quoi? Encore discuter dans des débats où l’économie allait devenir la pièce motrice de tout développement positif? L’excuse de sortir de l’adolescence était mauvaise, elle avait rencontré Korra enfant, elle avait rencontré Cassie adolescente, elle avait rencontré tant de jeunes individus possédant bien plus de réflexion qu’un désir de copier le Club des Damnés.

    « Non. Vous m’avez convaincu de ne pas donner une attention de plus à votre groupe. Je ne vois pas en quoi Emma va m’aider à avoir une opinion plus saine de vous, parce que je ne vois pas la pertinence de cette rencontre. Je ne vais pas aller donner une conférence chez les employés d’Emma, ni faire un discours officiel devant les médias pour dire que votre groupe est génial, je ne peux rien faire pour vous. Et vous ne pouvez honnêtement rien faire pour moi. Si Emma veut aider, qu’elle vienne sur le terrain pour comprendre que le monde n’est pas simplement des caméras, un sénat ou de l’argent, il existe des êtres derrière qui demandent vraiment une aide immédiate. Et je ne vais pas attendre d’avoir le crédit des partisans de Carol ou les fonds d’Emma pour aller les aider. Est-ce que vous avez fini de me faire perdre mon temps ou vous avez un autre une autre révélation incroyable avant que je pars? »


    C’était une situation plutôt unique pour Diana. Elle n’avait jamais refusé un combat amical, c’était même une base de son amitié avec Sam-Ara. Elle ne reculait pas pour l’amusement ou le défi, parce qu’elle voyait cela comme une pertinence. Mais aujourd’hui, rien n’était quelque chose de très amical pour les Héllions dans la vision de Diana. Sévère, brutale et peut-être en colère, elle n’aimait pas l’attitude et la vision des Héllions pour la réfuter totalement quel que soit la définition des super-héros ou de la super-sécurité. Rien ne pouvait être positif pour les Héllions à ce niveau.

    Un autre passé, une autre déception?

    Le Club des Damnés avait eu l’habitude de justifier un mode de vie par l’outrance de certaines inutilités. Ils pensaient pouvoir dominer le monde, alors qu’ils n’étaient que des brigands ou des mercenaires sans réel désir de vouloir changer une situation. Dès qu’ils pouvaient gagner plus dans un conflit, ils pouvaient encourager les massacres par les profits possibles. Ils pouvaient tenter de relativiser, mais Diana de Themyscira ne se servait pas des régions, des groupes ethniques ou même des mutants pour se diriger vers un but. C’était simple pour des êtres comme eux de pouvoir de se justifier : Tous êtres se justifiaient d’une manière ou d’une autre, hormis pour les plus réalistes d’entre eux. Le vieil russe avait avoué le sentiment de créer un monde multipolaire pour éviter le monopole d’un pays, d’un groupe ou d’un être, il ne se cachait pas sous une fausse idéologie ou politique, il préférait une vision du monde et il voulait la maintenir de cette façon. Comme les membres du Club des Damnés, Sébastian était dans la suffisance pour éviter de vouloir réaliser réellement ce qu’ils étaient : Des opportunistes criminels se réfugiant dans les politesses ou dans les valeurs de leurs entreprises.

    Ils pouvaient penser ce qu’ils voulaient des désirs de Diana d’ignorer les politesses pauvres du Club des Damnés, au moins, l’un de ses combats était bien plus juste et vrai que l’autre. Voir plus loin de quoi? Voir plus loin que leurs portefeuilles? Que leurs habits? Que leurs manies idiotes de penser pouvoir contrôler le monde de cette manière? De penser jouer aux jeux d’échecs géants étaient valables pour avoir une crédibilité pour Diana de Themyscira? Pour répondre aux ignorances de ce membre, Diana n’avait fait que lever les yeux avant de laisser un petit soupire avec un rare sourire devant de telles inepties. Est-ce qu’il était en train d’inverser les discours? C’était presque mignon devant un être pouvant tout comprendre, parce qu’il savait que les magnifiques limites du Club des Damnés était plus que cela? C’était mignon, presque enfantin par ce type d’idioties. Mais, c’était fréquent… Pym lui en avait parlé à une autre époque. Les êtres aussi fanatisés se laissaient convaincre plus facilement par n’importe quelles situations possibles pour affirmer avoir un trait de changement. Même selon lui, plusieurs religieux fanatiques se percevaient réellement uniques et élémentaires aux changements de la société pour avoir une vision bien trop grande de ceux-ci. Le Club des Damnés était donc dans le même type? Ils pensaient pouvoir comprendre et changer, alors qu’ils sont des facettes d’illusions. De toute façon, les amalgames autour de la vente d’armes à feux pouvaient aussi avoir un magnifique lien avec des meurtres bien plus fréquents, mais les seuls chiffres qui intéressaient le Club des Damnés, c’était leurs profits. C’était bien trop demandé aux fanatiques de pouvoir se remettre en question, parce qu’ils préféraient leurs illusions.


    « Je suis curieuse. Où étiez vos formidables membres quand des gouvernements parlaient du projet Sentinel pour la sécurité mondiale? Parce que je me souviens, il avait Charles Xavier, il avait Henry McCoy, il avait Jean-Paul Beaubier… mais… je ne me souviens pas qu’un grand philosophe du Club des Damnés soit venu faire de la politique pour aider les mutants. Peut-être que j’ai une mauvaise mémoire, peut-être parce que vous trouvez simplement que certains pour le projet Sentinel vous rapportent plus d’argents que ceux qui n’ont pas assez. Vous ne trompez personne : Vous n’avez rien à faire des méta-humains ou des mutants, vous êtes simplement en conflit avec les Maraudeurs parce que vous n’aimez pas la concurrence. Je pense même que vous pourrez faire pareil en écartant cette menace dans le futur. Alors pour les conflits avec vos dirigeants, cela s’explique uniquement par le fait que vous vivez par vos rivalités. Vous voulez simplement prendre la place des autres que cela soit interne ou externe, je suis même surprise que vous n’ayez pas essayé d’offrir une somme pour tenter d’acheter la Ligue… »  

    Prétention et présomption étaient les deux mots pouvant mieux définir cette stupidité qu’est le Club des Damnés. Surtout avec la théorie qu’il tentait de sortir devant elle. Est-ce que cet être était conscient que la Ligue de la Justice avait peut-être plus grands génies de l’univers? Est-ce qu’ils connaissaient Reed Richards ou Henry Pym? Et cet être osait même prendre pour Diana de Themyscira pour une idiote. Cela aurait peut-être intéressant à l’arrivé de Diana dans ce monde, mais elle était là peut-être plus longtemps que Sébastian. Elle pouffa de rire une millième de seconde, se retenant de ne pas briser son discours aussi rapidement. Elle connaissait parfaitement le paradoxe de la vente des armes, mais il ne semblait pas aussi comprendre le paradoxe de la démilitarisation.

    Savez-vous qu’en Amérique du Nord, on compte deux pays officiels? Vous aimez dire des généralités? Est-ce que vous êtes un peu conscients de qui vous trouvez devant vous? Je me demande. Parce que vous semblez relativement stupides dans vos explications. Vous nous avez fait perdre trois minutes pour m’expliquer le paradoxe des ventes d’armes à feux? Je pense qu’il serait peut-être nécessaire de comprendre ce qu’est la Ligue des Justiciers et qui sont leurs membres avant de sortir n’importe quoi. Même votre justification est stupide, vous allez garder sagement les armes pour trouver les bouc-émissaires parfaits pour la suite? Vous n’allez pas être dans la suite, c’est aussi simple que cela. Mais avec cette explication, cela m’indique parfaitement pourquoi Alexander Luthor vous a quitté. »

    Au moins, Alexander avait des réflexions logiques lorsqu’il combattait la Justice League. Alors que pour le Club des Damnés, ils se coulent dans les abysses de leurs illusions. Ils resteront des fanatiques, simplement attirés par l’argent et par leur influence, mais il sera toujours trop tard en voyant leur système s’écrouler. L’agent du Club des Damnés épuisait Diana de Themyscira : Il était encore dans son conflit avec son Cercle intérieur… c’était hallucinant de se perdre autant dans une lecture de fanatique. Refusant de faire tomber son groupe, il pensait pouvoir convaincre Diana de Themyscira d’encourager leurs membres. Elle savait au moins reconnaître l’hypocrisie du perdant. Refusant la reddition, Sébastian tentait de la convaincre que des humanistes existaient dans leur organisation. Soupirant une nouvelle fois, il avait même le cran de dire que quand la Ligue des Justiciers frappait sur son organisation, génial et pouvant prévoir tout le système mondial.

    Non. Vous n’êtes pas un outil, ni une facette de ce monde, vous êtes simplement un mal que plusieurs ont refusé d’éliminer par la perversité de l’économie. Vous connaissez le milieu des assassins? Certains de leurs membres sortent pratiquement le même discours que vous : Il faut encourager leurs gentils membres pour avoir des organisations plus saines, mais en réalité, ils sont dans le même acabit que ceux qu’ils combattent. Vous êtes uniquement dans un processus de refus de ce qu’il se passe actuellement. Ce n’est pas en vous laissant exploiter encore que l’Humanité va gagnée quelque chose. Votre groupe se termine par une reddition ou nous allons en finir avec de la violence. C’est aussi simple que cela, parce que faites moi confiance, le Monde n’a plus besoin d’hypocrites comme vous : Ils ont besoin d’avoir l’espoir d’un changement, que cela vienne de la Ligue des Justicers ou d’autres éventuels groupes. »

    Perdre son temps avec les fanatiques n’était pas son activité préféré, surtout en les laissant parler trop longtemps. Sortant son lasso, ce n’était plus le temps de discuter : Elle voulait simplement arrêter Sébastian pour ne plus perdre son temps avec les théories absurdes de cet être. Au moins, la Ligue des Assassins ou la Main essayait avec bien plus convictions et d’intelligences d’avoir un soutien de la Ligue des Justiciers, pour le Club des Damnés, ils n’avaient même pas pris le temps de connaître leur rival.

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Re: Passé et Présent

Message  Léviathan le Mer 20 Déc 2017 - 4:53




Passé et Présent
1Diana, je ne suis pas télépathe, je m’abstiendrais donc de répondre à tes pensées puisque je n’y ai pas accès. Cependant, il est une chose dont je me dois de faire la correction : la jeune femme à laquelle je pensais, ce n’est pas moi. Garde cela en mémoire, ce sera relativement important par la suite. Mais reprenons…


Slade Wilson avait raison… te voici à citer tes ennemis à présent ? T’a-t-il aidé dans l’Humanitaire, entre deux contrats de mercenariat, pour que tu fermes les yeux sur le reste de ses actions ? Mieux, a-t-il agit suffisamment à ta manière pour que tu lui accordes une rédemption ? La différence entre vous doit s’effacer pour qu’il devienne quelqu’un qui peut avoir des raisons mais cela ne m’importe pas réellement. C’est une accroche efficace mais c’est le reste du discourt qui aura réelle importance et ton agressivité me laisse présager de sa violence, sempiternelle réaction que je constate chez ta personne. Sweet dreams are made of this, who am I to disagree ?

Que mon discourt soit dégoûtant dans sa crudité est une chose que j’admets sans peine, cependant je ne vois pas l’ignorance de s’intéresser au fonctionnement du système afin de l’optimiser, de l’améliorer ; c’est même une chose trop rare aujourd’hui. N’est-ce pas l’ignorer qui est, justement, ignorance ? Quand à ce que Victor von Doom connaisse mieux ses sujets préférés que moi, je l’espère bien pour lui : ce sont ses sujets préférés, pas les miens, et tout bouc émissaire qu’il soit il faut bien lui reconnaitre qu’il est doué dans ce qu’il fait. Oui, j’habite dans une Académie et y étudie le fonctionnement du système dont je te parle, afin de pouvoir l’améliorer de l’intérieur et non le critiquer de l’extérieur en essayant de m’en passer. N’attaque pas les Hellions, Diana, surtout pas quand j’ai précisé qu’il s’agissait de mon point de vue et non d’une généralité !

- Nous voulons aider les autres à faire…

Je n’ai pas le temps de m’expliquer, de contrargumenter que ton étonnement ironique s’en vient m’heurter une nouvelle fois ; plus que les grands philosophes, il fallait faire attention aux déclarations que vous faisiez au monde ! Il n’est pas question de l’Académie ou de quelconques génies, il est question de ce qui est écrit comme trace de vos actions et de vos déclarations dans les articles que l’on peut consulter librement. Votre dissolution est surtout la preuve que ta Justice League est terminée et pourtant, quinze ans après, tu es toujours là à critiquer ce qui est différent d’elle. Toujours là à prendre les gens de haut et si je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds je serais moins tolérante encore envers ceux à qui va ma loyauté. Tu veux savoir comment l’on fait ? Viens l’observer par toi-même plutôt que de te contenter de références religieuses désuètes et de questions rhétoriques hypocrites. Et, par-dessus tout, cesse de me faire dire des choses que je n’ai pas dites !

Le monde change, la preuve ta Justice League n’est plus et certains tentent d’évoluer au-dehors de l’exemple qu’elle a donné, te dégoutant et attirant ton mépris comme présentement. Le monde s’améliore mais il reste, et restera, toujours à faire ; Emma Frost ne se reposera pas sur ses lauriers du passé et continuera d’agir, exactement comme tu prétends le faire. Tu es incroyable Diana, guère plus drôle mais incroyable dans le sens où tu fais naitre chez moi une émotion que je déprécie particulièrement : la colère.

De quel droit m’interdis-tu de parler d’économie ? De Justice League ? Du monde ? De quel droit ?! Celui de tes actions passées ? Celui de ta force, que je m’en voulais tester de toute façon ? Ou bien simplement parce que tu veux en avoir le pouvoir ?! Es-tu réellement sérieuse lorsque tu déclares savoir mieux que les Hellions la raison pour laquelle ils existent ? Nous ne voulons pas recréer le Club des Damnés, nous avons appris de ses erreurs. Et pourquoi parles-tu de Michelle comme si tu la connaissais ? Que sais-tu de nos relations avec elle, des raisons pour lesquelles elle se trouve chez nous ? Mes poings se serrent à tes accusations et les larmes me viennent aux yeux, mon corps commençant à réagir physiquement à ce que tu fais naitre en lui.

- Ce monde ne m’intéresse pas, non… mais les Hellions oui. Et leurs objectifs sont donc miens !

Non, tu ne dois pas nous applaudir d’avoir fait le premier pas ; le reconnaitre serait cependant une bonne base. Mais tu ne le fais pas, tu te renforce dans les mêmes convictions que tu avais avant de poser les questions. Je ne pense pas, et n’ai pas dit, que le monde change uniquement par l’argent ; j’ai dit qu’il en faut. Et constate toi-même combien, après m’avoir accusé de vouloir recréer le Club des Damnés, tu m’encourages à le faire ! C’est un piège, simplement un piège, mais je ne tomberais pas dedans. Je ne tomberais pas dedans car, même pour toi, je ne me laisserais pas aller à un autre péché que le mien. La belle image n’est pas ce qui permet de faire quelque chose de concret, c’est une étape ; j’ai déjà expliqué cela et si tu ne veux pas le comprendre il n’est rien que je puisse faire pour le changer. J’ai l’envie de te pendre à ton propre lasso de vérité pour voir si tu tiens toujours le même discourt une fois ta volonté brisée par cet artéfact mais la violence est l’outil principal de ton monde et, comme tu l’as si bien dit, nous ne vivons pas dans le même. Et je n’ai conséquemment pas le droit d’en parler, je n’ai pas le droit d’avoir une liberté d’expression, n’est-ce pas ? Tu décides de qui a des droits et qui n’en a pas, tout comme tu juges de qui est humain et qui est un monstre… dictatorial, comme pensée, tu ne trouve pas ?

Ma bouche se remplie d’un goût de bile et de sang, tout comme les gens autour de nous je le crains fort ; peut-être que même toi, Diana, est capable de percevoir l’affaiblissement du voile que cette discussion déclenche à hâtier ma colère. Mais je ne lui cèderais pas. Je n’aime pas la Colère parce qu’elle est destructrice là où l’Envie, mon péché, pousse à construire encore et toujours. J’étais ici pour construire, pour amorcer une construction, entre toi et Emma, entre toi et les Hellions. J’ai échoué par envie de faire plus, de faire mieux. Je me suis prise au piège de mon propre péché et m’y limiterait. Parles-moi d’éternité, toi qui n’a que quelques siècles là où l’Histoire Humaine ne commence qu’il y a environ cinq millénaires, avec l’invention de l’écriture, et où l’espèce Humain serait au moins quarante fois plus vieille que cela. Parles-moi des membres de la Young Force qui ne t’ont pas fait perdre ton temps avec des duels quand Cassandra Sandsmark a du insister pour que tu la formes, chose sans doute considérée comme une perte de temps au début et qui aura pris plus de temps que les quelques minutes ou dizaines de minutes de notre confrontation.

Oui, la situation est absurde. Mesures-tu seulement à quel point ? Je suis venue ici pour te porter une invitation à une rencontre avec ma supérieure et mentor mais, à trop vouloir faire de zèle pour faire plaisir à celle-ci, je suis en train de saborder ma mission. Mais même si je l’avais réussi, même si je ne t’avais dégoutée moi, tu serais très probablement entrée en conflit avec Rachel Williams, avec Josephine Shaw, avec Erica Penn et peut-être même avec Emma Frost elle-même ! Oui, tout ce qui nous entoure est absurde et plus on réfléchit à quelque chose plus c’est absurde, Diana. Mon propre attachement aux Hellions est absurde, après tout je ne connais pas la moitié d’entre eux comme je le voudrais et plus je me lierais à eux plus je serais déchirée de leurs conflits. Conflits qui, à l’instar des miens, sont absurdes. Je suis Julia Thomasine Hobbes, je suis le Léviathan, je suis Léviathan. Je m’effraie de ce que je suis car je ne le comprends pas mais je n’ai pas besoin de le comprendre pour le contrôler et agir avec, je pourrais tout simplement considérer cela comme trop complexe et arrêter de me poser des questions comme c’est si facile de le faire. Mais j’en suis là, toujours là, à essayer malgré tout. A me faire insulter et agresser parce que j’essais, parce que j’essais différemment de toi.

Tu n’as pas besoin de dire à qui que ce soit comment diriger son groupe, il suffit de discuter avec toi pour se prendre en pleine gueule ta morale et ton dégout car nous sommes différents de toi. Cela vaut pour n’importe qui et avec des anciens membres de ta Justice League dans tous les autres groupes, ton ancienne organisation s’assure une influence partout. Car, à part la Young Force et les Hellions, est-il un seul groupe à n’avoir nul membre de la Justice League ? Et la Young Force vous idéalisant, est-il un autre groupe que les Hellions pour réellement se construire sans votre influence ? Même la X-Force, établie par vos anciens ennemis de la Confrérie, a l’un de vos anciens membres dans ses rangs.

Mes mains tremblent peut-être sur la trousse qu’elles tiennent mais mon visage est redevenu calme alors qu’il te regarde exprimer cette émotion qui suinte bien moins de toi que l’agressivité et la violence que tu manifestes. Si je ne me souciais pas de mes coéquipiers, crois-tu réellement que j’aurais été aussi touchée par ce que tu as dit sur eux ? Crois-tu réellement que je me serais placée en seule coupable, comme je l’ai fait précédemment ? Non, je me serais fondue dans la masse, j’aurais fait de mon échec un échec collectif tout en m’assurant que mes réussites me soient reconnues comme telles. Je ne crois pas le faire alors que, pourtant, ce serait si facile.

Je t’ai convaincue de ne pas donner plus d’attention aux Hellions ? D’accord. Tu ne vois pas en quoi Emma peut donner une opinion plus saine de nous ? Soit. Tu te fais une image bien fausse de la réalité car, si Emma Frost veut discuter, ce n’est pas pour faire des conférences privées ou publiques ; nous ne sommes pas l’Institution Xavier et les X-Men, nous ne nous attendons pas à ce que tu acceptes de donner des cours chez nous. Nous ne pouvons pas t’être utile… malgré cette acceptation du fait qu’aucune action de soit désintéressée, tu n’es pas encore prête à admettre qu’il y ait d’autres biais d’agir que les tiens. Peut-être dans vingt ans. Une fois encore, le court-terme n’est pas ce qui m’intéresse ; ce même court-terme dont tu me parles lorsqu’il s’agit de ne pas attendre d’avoir crédit et financements pour agir. Quand à avoir une autre révélation incroyable avant que tu ne partes… mes muscles se crispent et ma tête se penche un instant sur le côté, comme d’un spasme, avant de simplement frissonner.

- Nils Stryger, dis-je avec simplicité, un écho surnaturel dans la voix. "Cette créature est trop dangereuse" ; c’est là le jugement de ta Justice League. Emma et les Hellions sont en désaccord et lui ont donné sa chance. Avant que tu ne nous condamnes pour cela, continues d’essayer de comprendre. Pourquoi, à ton avis, avons-nous défié votre sentence envers lui ? Pour avoir un nouveau membre ? Il n’a rien d’une recrue idéale. Pour avoir un argument de vente auprès du public ? Il n’est pas connu publiquement et je me ferais sans doute réprimander de t’en avoir parlé ; attirer l’attention d’une personne de ton ancienne organisation sur lui l’effraie et je lui fais donc défaut actuellement.

Mais je ne vois pas comment m’en sortir autrement. Cette rencontre est importante et j’en tire un apprentissage simple : on ne gagne rien à défendre son idéologie. Attaquer celle adverse comme tu le fais est plus efficace. Je serais même tentée de me dire que, du fait, on ne gagne rien à avoir une idéologie. Je sais que très peu du Léviathan s’attachent à des choses ainsi. Après tout nous sommes le Grand Menteur, nous cherchons à désagréger les constructions faites par la pensée humaine et que nous nommons Mensonge dans une construction de pensée laissant percevoir l’ironie et l’absurdité de cette volonté. Comment croire aux mensonges des autres en ce cas ? Je suis jeune, sans doute est-ce pour cela que je croyais encore. Mais, au final, l’expérience de mes ainés est confirmée. Merci, Diana, merci pour m’avoir aidé à retrouver le chemin de Léviathan.

- Tu m’interdis de parler de domaines comme l’économie et la politique parce que c’est différent de tes propres actions. Tu vois les médias, l’économie et la politique comme des fins, comme des oppositions aux actions humanitaires dont tu te pares. Ils sont des moyens, des moyens complémentaires. La politique était sensée permettre aux hommes de se gouverner eux-mêmes, l’économie leur permettre de posséder les ressources dont ils ont besoin, les médias de connaitre l’actualité de leur monde… aucun d’eux n’a à être opposé à l’action humanitaire, ils devraient être ses soutiens. Ils devraient être des moyens d’améliorer la vie humaine et c’est pour retrouver cela que certains des Hellions les jugent important, là où tu les trouves dégoutants.

Nils est libre de rejoindre les Hellions ou non selon son désir, tout autant que de se médiatiser ou de s’engager dans l’économie ou la politique. Tout comme l’a été Michelle, qui a clairement fait ses choix. Même s’ils sont différents des miens, je les accepte. Je les accepte  car les Hellions cultivent la diversité, la complémentarité. Aucun de ceux qui va sur le terrain ne doit se retrouver coincé dans ses actes parce qu’il lui manque du soutien logistique, économique ou politique. Un soutien qui n’empêchera pas d’être aussi sur le terrain, d’ailleurs ; tout est une question d’équilibre. Et d’acceptation : ce n’est pas parce que les Hellions pensent et agissent différemment les uns des autres que l’on va les rejeter ou les malmener.

La Justice League n’avait que faire des médias, de l’économie ou de la politique ; vous laissiez des pans entiers de la société de côté et tu sembles même considérer que les populations abonnées à Carol Danvers sont au-delà de toute rédemption alors même que tu l’accordes à Slade Wilson, un être qui aura été bien plus destructeur que ces gens. Aujourd’hui, ta Justice League n’est plus. D’autres organisations essaient toujours d’améliorer le monde et, ce faisant, elles peuvent choisir des voies différentes de la tienne. Tu ne crois pas en elles, à loisir. Mais laisses-leur, mais laisses-nous, l’occasion de te prouvez que nous y arriverons. Au pire, tu auras la satisfaction de pouvoir nous dire que tu avais raison. Au mieux, le monde s’améliorera d’autant plus ; et c’est ce qui importe vraiment. Tu as tout à gagner et rien à perdre… à part du temps, peut-être… mais c’est déjà ce que tu es en train de faire, n’est-ce pas ?


Tu vois que je peux t’être utile, Diana. Je ne suis pas certaine que tu le reconnaitras, cependant. Mais cela ne change pas grand-chose car, que tu t’en ailles ou que tu restes, j’ai moi aussi tout à gagner et rien à perdre. Oh, je suis attachée aux Hellions et souffrirais d’un échec si je leur fais une mauvaise pub telle qu’à cause de moi tu en viens à privilégier ma vision "dégoutante" sur celle de Michelle par exemple, puisque les X-Men semblent t’avoir chantées ses louanges. Mais cet échec ne me ferait pas réellement perdre quoi que ce soit, malgré l’impression que les petites émotions parasites créées par mon cerveau me donneraient ; impression qui ne serait que de courte durée car, me soutenant, les Hellions me montreraient la même loyauté que j’ai envers eux et qui déclenche lesdites émotions. Maintenant, on peut se concentrer sur ce que je gagne. Si je te ramène, c’est simple : j’ai accomplie ma mission. T’affronter m’aurait permis de rendre fière Emma Frost mais c’est un bonus appréciable lié à mes problèmes personnels, rien d’essentiel en somme. Mais si je ne te ramène pas, si je te fais définitivement fuir, qu’est-ce que j’y gagne ? I travel the world And the seven seas, Everybody's looking for something.

1
***

Je n’ai jamais enseigné mais, pour avoir une enfant, je ne suis pas étranger aux yeux qui se lèvent vers le ciel. C’est amusant car, en plus que me renforcer dans mon impression que tu es une enfant Diana, cela me fait savoir que j’ai parfaitement raison quand à l’absence totale d’écoute que tu m’accordes. Tu m’entends, il serait difficile d’en être autrement considérant notre face à face, mais tu ne m’écoutes pas. La curiosité est un trait des enfants car ils sont amenés à se poser des questions mais les leurs ne sont pas rhétoriques, ils ont une réelle envie d’apprendre. Toi, non. Ce que faisaient nos membres quand le projet Sentinelle était discuté ? Ils évaluaient les possibilités de construction comme de dérives. Ce n’était pas la peine d’aller défendre le parti opposant, il y avait des Charles Xavier, des Henry McCoy, des Jean-Paul Beaubier pour le faire ; et puis une organisation secrète préfère agir dans l’ombre généralement. Mais si vous aviez échoué et que nous avions considéré les Sentinelles comme une menace, non comme une éventuelle protection contre une Justice League pouvant devenir une menace, nous nous serions arrangés pour en parler aux sénateurs et députés à notre tour. Et, en parlant de notre tour, que faisaient les membres de la Justice League quand les entreprises discriminaient les mutants comme les noirs ? Ils devaient philosopher, là où les membres du Club des Damnés recrutaient ces gens extraordinaires et leur offrait un avenir, un salaire et parfois même un but.

On ne trompe personne ? J’ai donné les raisonnements logiques et les événements liés à notre implication dans la communauté mutante, m’accuser de mentir n’est pas suffisant à démontrer que j’ai tord et répéter ton accusation ne montre pas ton intelligence, seulement l’étroitesse Club des Damnés ou encore le fait qu’une organisation comme le Cercle Intérieur serait toujours plus attirant pour des profiteurs que pour des philanthrope mais non, tu préfères répéter ce que tu as déjà dit. D’un autre côté, je comprends que tu te sois tellement répété la chose que cela te semble logique et obligatoire, c’est le principe de l’endoctrinement. Quand on est un homme d’affaire, ou un homme politique d’ailleurs, il faut être prêt à travailler avec des gens que l’ont n’apprécie pas pour réussir. S’il te faut un exemple, je suis ici avec toi alors que chaque seconde qui passe démontre qu’il n’y a rien d’utile à faire. Il y a des rivalités, oui, mais le principe de travailler ensemble signifie bien qu’on les met de côté sinon cela ne fonctionne pas. Quand à ta surprise de ne pas nous voir avoir essayé de corrompre ta Justice League, peut-être est-ce parce que tes préjugés sur nous sont faux. Mais cela ne te viendrait pas à l’idée, n’est-ce pas ? "Béni est l’esprit trop étroit pour souffrir du doute."

Je n’aime pas particulièrement dire des généralités mais je suis prêt à en faire lorsque je le dois et je me rassure qu’elles soient plus pointues que de la géographie de premier cycle scolaire. J’ai conscience de qui se trouve devant moi : tu es Wonder Woman, tu es une Amazone, tu es une Déesse, tu es un membre de la Justice League. Bien. Cela te dispense de politesse envers ceux qui n’ont pas ton CV, soit. Et après ? Mes explications te semblent peut-être stupides mais au moins suis-je capable de t’en fournir en toute bonne foi, plutôt que de m’entêter. Si tu cherchais à déconstruire ce que je dis, peut-être pourrait-on débattre, mais tu te contentes de radoter. Du fait, je conserverais ma salive à présent.

Non, nous n’allons pas garder sagement les armes mais nous allons les vendre aux bonnes personnes, non à n’importe qui. Et nous sommes les boucs émissaires, sinon tu ne serais pas ici à aboyer ainsi. Alexander Luthor s’est racheté une conduite à tes yeux ? Je suis au courant qu’il commence à s’adoucir envers ta Justice League depuis la fin de la Guerre Froide mais tu me sauras surpris d’apprendre que c’est suffisant à ce que tu lui pardonnes les tentatives de manipulation envers ton groupe pour tuer l’un de ses membres comme les alliances avec des criminels de guerre à la Victor von Doom. Considérant cela, n’as-tu pas l’impression d’être hypocrite de refuser au Cercle Intérieur l’occasion de s’améliorer et de changer pour aider comme tu le fais ? Pourquoi Luthor y a-t-il le droit et pas nous ?

Parce que nous admettons être des outils peut-être ; trop de sincérité, c’est toujours suspect. Après, c’est le Club des Damnés lui-même qui est un outil, un outil pour les gens impliqués. C’est bien pour cela que certains tentent de dégouter les autres et de s’accaparer tout le pouvoir. Je veux bien que nous soyons un mal mais si plusieurs ont refusé de nous éliminer par un effet pervers de l’économie s’est bien qu’ils ont à perdre à ce qu’on ne soit plus là. Donc, s’est bien que l’on est un outil, ne serait-ce que pour eux, et conséquemment intégré au monde ; l’une de ses facettes, en somme. Les Assassins ont toujours luttés contre les sociétés, se sont des révolutionnaires. Le Club des Damnés est intégré à la société lui. Et il est complètement dans le processus de ce qui se passe actuellement : les blocks idéologiques sont tombés, de nouveaux marchés s’ouvrent aux entrepreneurs qui iront les conquérir ! On peut difficilement être moins dans l’acceptation désormais que l’on peut se déployer sur l’entièreté du monde sans avoir à craindre les politiques conservatrices. Bon, du fait ce sont les Super-Héros qui reprennent le rôle mais c’est déjà une progression.

Notre groupe se termine par une reddition ou dans la violence, c’est la réplique typique d’une figure dictatoriale tentant d’en finir avec un élément qu’elle juge séditieux. Le monde n’a plus besoin d’hypocrites comme moi ? Pourtant c’est toi qui es en train de me menacer car tu refuses de m’aider à changer les choses en mieux.

- Le monde a besoin d’avoir l’espoir d’un changement… depuis la fin de la Guerre Froide, c’est ce qui ce passe. Et puisqu’il peut venir d’autres groupes que la Justice League, pourquoi pas du Club des Damnés ? Pourquoi ne pourrait-on pas changer comme Luthor est en train de le faire ? Oh… auriez-vous l’intention de m’arrêter ?

Est-ce pour cela que tu te lèves en sortant ton outil de bondage, Diana ? Je dois avouer que j’en ris tellement intérieurement qu’un pouffement s’échappe de mes lèvres. Permets-moi, ou non d’ailleurs, de me masser les tempes un instant devant le ridicule de la situation. Arrêteras-tu un jour d’agir exactement comme je te le reproche ? Ça serait une bonne base pour commencer à essayer de me convaincre que j’ai tord. Mais tu n’as pas besoin de me convaincre n’est-ce pas, tu fais ce que tu veux et je dois l’accepter ?

- Je crois savoir que vous possédez l’immunité diplomatique, en tant qu’ambassadrice de Themyscira, vous ne devez donc pas être familière des lois de nos pays. Il se trouve cependant que, dans les deux pays officiels de l’Amérique du Nord comme dans d’autres, il faut un motif pour mener une arrestation. Et si vous aviez un motif, vous n’auriez pas eu à attendre qu’on me demande de vous rencontrer et que je vous invite au restaurant pour ce faire. Si vous m’arrêtez maintenant, cette arrestation sera arbitraire et fournira la preuve d’une volonté totalitaire de la part de la Justice League ; une volonté que les médias seront très friands de montrer au monde entier.

Enervant de ne pouvoir faire ce que l’on veut parce qu’on le veut, n’est-ce pas ? C’est le principe, un principe auquel je suis sure que même ta Justice League et toi devez vous plier. Vous n’êtes pas une instance de justice, malgré ce que votre nom laisse entendre, et je suis certain que la Cour internationale de justice de La Haye doit posséder un pouvoir supérieur au votre en la matière. Vous ne faites pas de politique, cela ne vous dispense pas de respecter les lois hors, comme souligné précédemment, je n’en ai transgressée aucune. Association de Malfaiteurs ? Il n’y a pas de malfaiteurs, juste des hommes d’affaire. Complicités de quelque chose ? Je serais bien curieux de savoir quoi. Crime de guerre ? Toutes nos ventes d’armes ont reçu les approbations nécessaires.

- Vous savez, Diana, vous pouvez reprocher au Club des Damnés d’être immoral et inhumaniste mais nous sommes des personnes éduquées et, en tant que telle, nous savons que la loi est une protection tout autant qu’une limitation. C’est la règle du jeu. D’où l’intérêt pour nous de la respecter, ainsi vous ne pourrez pas nous arrêter sans la transgresser de votre côté. Mais, juste pour pouvoir dire que cela m’est arrivé une fois dans ma vie, je veux bien que vous me lisiez mes droits. Peu doivent avoir eu cette chance et s’en sortir libre comme l’air.

Je ne crois pas m’être déjà fait lire mes droits mais l’idée que ce soit par une personne d’une telle qualité que la tienne m’intéresse fortement et je me lève avec un certain aplomb du fait. Je ne te tends pas encore les poignets cependant, après tout l’utilisation de ton lasso pour obtenir des aveux est assimilable à de la torture, juridiquement parlant : tu m’arraches des informations contre ma volonté, après tout. Et, outre que je ne suis pas certain d’avoir quoi que ce soit à te confesser, cela ne fonctionnerait pas. Pas parce que je suis le Grand Menteur, après tout les meilleurs menteurs disent toujours la vérité puisque le mensonge leur est devenu trop facile, mais bien parce que nous sommes dans une zone qui draine la magie. Te souviens-tu de cela, toi dont toute la surhumanité est liée à la dimension de Themyscira ? Sans l’apport énergétique d’elle, tu es une humaine aussi surement que je suis débarrassé de mon démon. Mais je n’ai pas besoin de lui pour te vaincre, juste de toi. Et du gaz soporifique dans la pièce ainsi que de son antidote pour que tu sois la seule affectée.

- Oh, et si vous devez m’insulter, je vous serais gré de ne pas impliquer mes parents. Merci.

"On obtient plus facilement en demandant poliment, une arme à la main, qu’en demandant juste poliment" disait Al Capone. La politesse est quelque chose qui te fait défaut mais ce n’est pas mon cas. Bonne nuit, Diana. Je sais que, d’ordinaire, c’est avant que l’on s’endorme qu’il faut raconter une histoire mais celle que je te réserve attendra ton réveil…

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Re: Passé et Présent

Message  Diana De Themyscira le Lun 1 Jan 2018 - 14:42


    Quelle que soit les justifications, quelle que soit les idées ou quelle que soit les prétentions, Julia n’avait pas la grâce de Wonder Woman. L’Amazone était capable de laisser des secondes chances, c’était même dans sa nature la plus profonde d’aider les autres. Elle avait été l’une des premières à tendre la main à Cyborg, alors que tous semblaient effrayés par les possibilités de rejoindre l’Empire meurtrier de Darkseid, elle était la première à avoir accordé une confiance aveugle à l’enfant de son pire ennemi et elle était la première à avoir accepté concrètement les débuts d’une nouvelle ère pour plusieurs criminels. Peut-être que T’Challa en avait fait beaucoup avec les Last Sons, mais Diana de Themyscira avait un espoir bien plus large que des visions politiques, économiques ou philosophiques sur cette société. L’ignorance était à combattre dans cette société, elle s’imprégnait dans plusieurs cultures pour justifier des injustices profondes. Les connaissances avaient aidé à en connaître plus et par cette culture de connaissances : Diana avait découvert l’idée d’accepter les changements individuels ou collectifs.

    Alors que l’ignorance condamnait, les connaissances laissaient une possibilité d’une autre analyse. Pourquoi Diana de Themyscira avait cité Slade Wilson comme exemple? Pourquoi cette méchante amazone s’était rangée dans l’avis d’un diabolique mercenaire au lieu de la sagesse et la sainteté des Héllions? Est-ce que c’était aussi simple qu’une analyse entre ennemis et alliés comme plusieurs pouvaient penser? Non. Au début, elle restait très méfiante envers ce qu’elle voyait, elle était méfiante des Last Sons, commandés par Sergei Boldarev. Même si l’ancien ennemi avait cherché des êtres remplis de sagesse pour son groupe, Diana de Themyscira resta sceptique. Lorsque Slade Wilson traînait autour de Korra, elle était plutôt en rage. Elle pensait à une corruption comme avec les jeunes héros des années 90. Menaçant et pointant son glaive vers Slade, elle condamna aussi rapidement que les jugements de Julia. Car, c’était plus facile. Car, Diana de Themyscira préférait le voir comme un ennemi qu’un allié. Car, elle avait été piégée trop longtemps dans une autre époque.

    Avait-il aidé Diana de Themyscira sur l’aide humanitaire? L’avait-il aidé à combattre des ennemis puissants et dangereux? Non. Il avait fait plus de tout cela. Il avait osé croire de nouveau, de voir que la lumière n’était jamais éternellement effacée lorsqu’une main était tendue. La différence restait à ce niveau : parce que malgré toutes les grandes connaissances offertes dans une Académie, gagner ou regagner un semblant d’humanité par la confiance n’était pas au rendez-vous pour Julia. Il était mieux d’instrumentaliser la politique ou le système pour tenter de trouver des explications partisanes : Il était mieux d’ignorer les faits et les progrès de l’humanité pour retourner à une vision mercantile de la société. C’était mieux pour réconforter Julia dans une vision manichéenne de ce monde. Après, il était facile de juger Diana sur son manichéisme, mais est-ce que Julia était consciente de ce qu’elle faisait la promotion? Est-ce qu’elle pensait vraiment connaître ses sujets préférés ou elle s’illusionnait dans un système imparfait et appuyé uniquement par une idéologie déshumanisée?  

    Alors aider quoi? Aider l’humanité à rester dans une ignorance, dans des balises aussi changeantes que les modes? Qu’est-ce que les Héllions pensaient vraiment de cette société? Est-ce qu’ils pensaient que l’éducation passait par une hypocrisie du système afin de mieux satisfaire les besoins d’un groupe? Est-ce que les Héllions préféraient lire des théoriciens comme Frank Miller sur la fin de la Justice League par le patriotisme effacé du groupe? Est-ce que les Héllions préféraient la lecture de certains membres du Club des Damnés qui condamnaient le manque d’intérêt de la Ligue des Justicers dans leur domaine? Pourquoi ce sujet était aussi discuté par tous? Pourquoi Julia pensa avoir une meilleure réponse que les autres? Parce qu’elle préférait marginaliser l’ancien groupe de Diana en tentant une autre version de l’Histoire. Cela plaisait à l’égo de certains, réécrire des passages entiers pour avoir raison. Quinze ans plus tard, est-ce que Diana de Themyscira s’inscrivait dans une critique argumentée de tous les groupes? Non. Comme toutes les pensées hypocrites de Julia Hobbes sur l’Histoire, elle s’enfermait dans ses propres idées. Retrouvez les articles et les déclarations de Diana de Themyscira sur les critiques des Last Sons, des Avengers, des X-Men, du BPRD ou de la Young Force… retrouvez-les ou inventez-les parce que cela semblait plus facile d’inventer des fausses idées que d’aller directement sur le concret. Alors qui prenait l’autre de haut? Qui pensait pouvoir régler tous les problèmes avec uniquement deux thèmes?  

    La colère pouvait naître chez Julia, elle resta invisible pour Diana. Elle parlait uniquement à une révisionniste de l’Histoire, elle parlait uniquement à une totalitaire. Jamais Diana n’avait mentionné l’interdiction de Julia de parler de certains sujets, mais l’ignorance et l’invention des actes passés n’étaient pas une discussion pertinente pour l’Amazone. Non, il ne voulait pas recréer le Club des Damnés : Ils voulaient simplement le reformer en faisant des réformes dans leur système. Oui, le monde n’intéressait pas Julia, c’était un fait avéré, elle s’était uniquement incrustée dans le groupe pour avoir une nouvelle place à faire des manigances. Plusieurs pensaient que les pires dictateurs venaient par leurs actions contre le peuple, mais le pire qu’ils pouvaient faire, étaient surtout d’encourager l’ignorance et de revisiter les faits pour marginaliser des êtres éternellement. Bien sûr, Julia préférait être la victime de cette Histoire, c’était plus simple pour elle de justifier son malaise devant Diana. Elle était tellement méchante cette amazone, elle provoquait des colères insoutenables pour la nouvelle incarnation du Léviathan, parce que, bien sûr, Diana était la fautive dans cette histoire.

    Arrogance, prétention et vides, Julia pouvait penser connaître le monde par les milliards d’années, mais cette arrogance pouvait se trouver bien plus loin par des êtres qu’elle ne pouvait même pas imaginer. Tous avaient cette arrogance, tous pensaient pouvoir définir le monde par leur lecture globale et personnelle, mais cela restait aussi subjectif que la vision d’un enfant. Les connaissances manquaient, car l’hypocrisie était d’abord préférée à tout ce qui pouvait vraiment faire avancer une Histoire. Cassandra valait bien plus la peine qu’une être pensant avoir tout trouvé en pensant avoir tout lu de l’Histoire. Parce que contrairement à Julia, Cassandra parlait avec son cœur et son désir d’aider. Aujourd’hui, Julia venait de prouver uniquement le point que l’ignorance était une valeur maintenant désirée. Le rejet de Diana de Themyscira de tout ce discours, était rapide et violent pour certains, mais elle se justifiait par le rejet de ce qui pensait être universel et objectif.

    Et comme tous êtres pensant connaître le tout de l’univers, Julia avait l’idée de connaître l’entièreté des autres groupes. Elle pensait avoir obtenu toutes les informations possibles, peut-être en restant derrière en bureau et en se faisant promouvoir les critiques aveugles de certains professeurs. Comme par magie, elle pensait pouvoir créer une nouvelle vérité alternative pour éviter d’affronter les faits. La Justice League avait de l’influence partout? Une belle rhétorique et morale venant d’êtres aussi absurdes que menteurs comme Carol Danvers. C’était pratiquement idiot de croire que la Ligue avait une influence quelconque sur une nouvelle organisation, alors que les jeunes groupes prenaient que le relai laissé par le groupe. Alors, est-ce que Julia était simplement dans l’antihéros primaire que plusieurs politiciens préféraient? Il était triste de trouver une pauvreté intellectuelle et culturelle aussi considérables, mais ce produit devenait une nouvelle mode, surtout lorsque la plupart des membres des Héllions venaient de l’école du Club des Damnés. Le jugement par affiliation semblait avoir une crédibilité totale pour Julia et surtout pour l’influence. Cependant, il serait peut-être le temps que Julia ré-ouvre des livres ou des articles afin de lire que tous les membres des Last Sons étaient incognitos et qu’il avait Megan Morse dans la Young Force dès les débuts du groupe. Mais, peut-être que ce n’était pas important pour Julia de savoir que derrière une jeune membre de la Justice League, se cachait la dernière survivante des martiens blancs. Pourquoi cela pouvait être intéressant? Il était plutôt important de s’enfermer qu’elle était une membre de la Justice League et qu’elle influençait la Young Force.

    Inutile avait été cette rencontre, car elle se logeait par l’idée de tout réécrire, elle se logeait dans ce qui était pire dans les idées, elle se logeait dans l’ignorance. Julia Hobbes pouvait prétendre aux différences, aux contrôles et encore aux idées, mais elle resta dans les mêmes aspects hypocrites que des chroniqueurs foncièrement antihéros. À la fin de cette discussion, Diana de Themyscira se demandait même pourquoi les Héllions tentaient d’exister. Après toute cette discussion, Julia avait une seule chance de se rattraper pour éviter de tomber dans la disgrâce de Diana.

    Nils Struger? Oui, elle connaissait le dossier, mais il était bien plus complexe que « cette créature est trop dangereuse ». Jugement de la Justice League? Elle ne savait pas que le groupe avait fait un procès devant le groupe, alors encore une fois, ce qu’une jeune Kara Zor-El pouvait dire, devenait une vérité totale pour tout le groupe. Se posant calmement, Diana de Themyscira répondait avec une certaine logique :


    « Je crains que vous ne connaissez pas tout ce dossier. Peut-être qu’il a eu des erreurs dans le passé et nos membres sont autant humains que les autres pour aller sur un site d’opération et porter une idée fausse sur une situation. Il serait peut-être important pour vous de connaître un peu plus sur notre groupe avant de parler. Je ne me souviens pas que toute la Ligue de la Justice ait porté une sentence de dangerosité sur ce jeune homme. Kara Zor-El, durant l’action, porta des mots difficiles et injustes, mais jamais cela définit l’idée qu’on avait, collectivement, de cette victime. Il serait peut-être intéressant avant de porter des jugements rapides de connaître le contexte, bien que les faits ne semblent pas très populaires dans votre Académie. Kara a regretté ses mots, immédiatement après avoir compris ce qu’il s’était passé. Peut-être qu’il aurait été intéressant de le savoir, et peut-être qu’il serait le temps d’aller sur le terrain directement pour le savoir à place de se noyer dans l’ignorance. »

    Encore une fois, Diana critiquait les manières de Julia Hobbes de présenter une idée. Faussaire dans l’histoire, elle continua de se plonger dans l’ignorance et dans la réécriture pour éviter de faire des recherches. Nils avait peut-être raconté cette histoire malheureuse, et peut-être qu’il était effrayé par des membres de la Justice League, mais c’était facile de reconstruire totalement un avis pour justifier des positions politiques. Ainsi, Diana de Themyscira avait un jugement plus sévère envers les Héllions pour ce qu’ils tentaient de construire. C’était faux, mais comment pouvait-elle avoir un autre jugement en parlant avec Julia Hobbes?

    Les raisons, pourquoi les Héllions avaient recruté Nils et Michelle, étaient ainsi devenues simples : Ils voulaient la puissance de Nils et ils voulaient les talents de combat de Michelle. Cette vision était injuste envers les Héllions, mais depuis tout le début, Julia ne porta que des jugements hâtifs et injustes envers le passé. Parce qu’aujourd’hui, il était bien plus simple de porter des préjugés que regarder la réalité, surtout quand le fait historique était passé. Julia pouvait la remercier de se plonger encore plus dans les pensées de ses antérieurs, mais la seule fautive restera Julia. Elle était déjà plongée dans les abysses par ces mensonges, par son idéologie et par son hypocrisie. Encore une fois, Julia voulait être une victime, parce que c’était plus facile de justifier les pires monstruosités en étant une victime.


    « Je ne vous interdis pas de parler d’économie ou de politique, je vous dis simplement que vous avez des idées très fixes de ce que sont ces concepts. Vous avez une lecture très limitée de l’Histoire et la plupart de vos fondements vient du Club des Damnés : Donner autant d’importance à l’économie et au gouvernement, cela vient de cette école. Pourquoi vous ne faites simplement pas vos devoirs réellement? Pourquoi vous êtes juste incapables de sortir de votre Académie et de découvrir qu’il existe des Mondes aussi complexes, qui font que les thèmes que vous privilégiez, ne sont pas dans certaines cultures.

    Vous pensez connaître ce Monde, vous pensez savoir comment le construire, alors que vous essayez uniquement de le construire pour l’Amérique du Nord et l’Europe. Ce Monde ne se concentre pas uniquement sur ces deux continents, il existe un nombre de population qui fait que certaines spiritualités sont bien plus importantes que l’économie. Ils existent même des régions sur ce continent que vous ignorez dans la totalité. Pourquoi vous êtes copié uniquement aux critiques des détracteurs sans vérifier les faits? Qu’est-ce que vous intéresse vraiment? Aider ou penser aider avec des instruments que vous pensez efficace universellement?  

    Vous voulez peut-être aider Nils, Michelle ou les autres victimes du système, mais est-ce que vous pensez réellement que cela les intéresse de vivre dans l’ignorance? Est-ce que vous pensez que l’économie les intéresse? Ou de connaître les partis politiques aux États-Unis? L’idée est peut-être qu’ils sont différents, mais vous ne donnez rien dans votre groupe qui peut être pertinent à leurs avancées. Allez sur le terrain, visitez les lieux et commencez à connaître les êtres avant de les juger par affiliations ou en tentant de donner autant crédit à ce que vous pensez être important.

    Encore une fois, vous pouvez bien dire que vous ne voulez pas recréer le Club des Damnés, mais pourquoi êtes-vous autant absorbés par l’économie, les médias et la politique? Parce que ce sont les fondements qui se retrouvaient dans le Club des Damnés, et parce que c’est exactement pour cette raison qu’ils nous critiquaient. Il me suffit de vos jugements parce que d’abord, vous ne les connaissez pas et vous ne connaissez pas ce Monde. Je crois à totalité des groupes aujourd’hui, non parce qu’il a des membres de la Justice League, mais bien parce qu’ils connaissent les défis et les doutes d’un tel travail. Chaque mot ou phrase qu’on prononce, vous les transformez à votre désir pour plaire à votre idéologie, mais tout est faux. Tant dans ma condamnation fictive des populations abonnées à Carol Danvers ou à la sentence imaginée de la Justice League envers Nils. Alors pourquoi croire en des menteurs? En des êtres qui réinterprètent tout pour plaire à leur idéologie? Pourquoi plaire à des fanatiques qui sont incapables de douter de leurs idées? Vous voulez que je vous laisse une chance, alors que je n’ai entendu des facilités, des préjugés, des faits imaginés et une idéologie d’un rejet des autres. Vous voulez me laisser croire que les changements sont possibles avec vous, alors que depuis le début de cette discussion, je n’ai entendu que calomnie et des vérités presque fanatisés.

    Ce temps que je perds, n’est pas si important, mais soyez honnêtes avec ce que vous faites. Est-ce que vous faites perdre le temps à Michelle, à Nils et autres malheureux qui ont véritablement soufferts de ce monde? S’ils ne croient pas à l’économie ou à la politique, parce que vous savez autant que moi que Michelle Drew va restée longtemps dans une critique antisystème que vous voulez établir, est-ce qu’elle va être heureuse en voyant toutes les contradictions possibles de votre organisation avec ses idées personnelles?

    Alors pourquoi vous laissez une chance? Pourquoi quand vous ne faites que dans l’hypocrisie depuis le début de notre discussion? De toute façon, on dirait que pour vous, je ne suis qu’une satanée membre de la Ligue de la Justice voulant influencer votre groupe. Alors en quoi je vais pouvoir vous aider quand vous avez tout choisi ce qui fonctionne pour vous? »


    Julia Hobbes était plutôt chanceuse que Diana ait restée pour lui poser des questions, bien moins violentes qu’avant. Cependant, ses questions étaient légitimes à ce que Julia tentait de convaincre depuis le début de cette discussion. Nul n’avait besoin de louanges pour travailler avec Diana, il suffisait d’être capable de vivre avec les autres sans imposer leurs vérités et surtout sans retransformer les discours à volonté pour se focaliser dans une seule idéologie déshumanisée.

    Un sommeil dans un autre passé…
     

    Ironique était les adultes qui pensaient avoir réponse à tout. Certains se définissaient comme de la sagesse, une idée d’avoir un aspect global des évènements et une compréhension totale de la plupart des systèmes de la planète. Il était simple pour ces adultes de penser ainsi. Les phrases classiques que Diana de Themyscira avait entendu depuis le temps, se réalisaient par des idées comme : « Je sais comment le monde fonctionne » ou « la vie, c’est comme ça ». Toutes ses phrases étaient d’une arrogance entière, ignorant des faits, se confortant dans une vie plutôt limitée pour éviter ce qui pouvait rentrer en contradiction avec leur monde. L’absence totale d’écoute de Diana envers cet être si méprisant s’expliquait sur des concepts plutôt simples : Elle parlait avec un fanatique. Au lieu de fonctionner avec un quelconque Dieu inconnu, il fonctionnait avec l’économie et la politique. Comme plusieurs religions étranges, il voulait expliquer les biens et les maux d’une façon pour éviter d’affronter ce qui ne se définissait pas dans leur monde.    

    Alors que des détracteurs s’opposaient à la Justice League, le corrompu, qui critiqua largement que la Justice League ne faisait pas selon lui dans le milieu politique, se retrouvait dans une forme de déni lorsque la princesse des Amazones lui donna l’exemple de l’implication politique de la Ligue des Justiciers contre le projet des Sentinels. Bien sûr, l’hypocrisie était plus importante que les actions, le Club des Damnés s’obstinait à vivre dans leurs idées de pouvoirs. Finalement, ils ne faisaient pas grand-chose, ils allaient dans les solutions de facilités à chaque fois qu’ils ne pouvaient pas réellement concurrencer. Le Weapon X devrait être finalement une organisation bien plus puissante que ce groupe, vu qu’il avait réellement touché la politique internationale. Mais bien sûr, encore une fois, le Club des Damnés était dans les absents pour les combattre politiquement ou économiquement. Quelle douce ironie de voir un groupe penser être une puissance, mais qu’ils étaient uniquement des enfants arrogants en quête d’assurance.

    Tous les ennemis de la Ligue de la Justice semblaient être bloqués et caricaturales parfois, s’exigeant de rester dans des idées idiotes. Ils pensaient tous que la Ligue de la Justice s’entendait parfaitement sur plusieurs questions, alors qu’aujourd’hui, il avait de nombreux débats sur plusieurs sujets et où les avis étaient différents. Le principe était simple, mais cela pouvait devenir trompeur avec le Club des Damnés, avec un Cercle Intérieur qui cherchait le totalitarisme par l’économie à place du savoir.

    Radotant toujours les mêmes idioties, les mêmes préjugés ou la même idée d’innocence, Sébastian était aussi vide que les autres membres du Club des Damnés. Cela serait trop long à expliquer que ce n’est pas eux qui allaient changer la donne, surtout avec l’économie où elle devient surtout un sujet trompeur lorsqu’ils étaient possibles de l’analyser dans d’autres pays. Certains avaient le don de changer entièrement, alors que d’autres se stagnaient dans les mêmes méthodes depuis siècles. Défaillant par les nombreuses guerres mondiales d’une autre époque, il était ironique de voir ces stupidités penser prendre plus de puissances. Qu’ont-ils changé depuis l’époque? Ils étaient là depuis bien plus longtemps que la Ligue de la Justice et ils ont uniquement profité de la situation à place de vouloir changer quelque chose. Et aujourd’hui, le Club des Damnés osait penser convaincre Wonder Woman de changement? Peut-être qu’il serait pertinent de modifier entièrement leur système établi à place de pourrir éternellement dedans. Peut-être qu’il allait lui sortir des bobards, comme quoi, les magnifiques êtres du Club avaient créé l’ONU, mais cela restait encore dans les mensonges de cette organisation et surtout une ignorance totale du fonctionnement des diverses régions de cette planète.

    Le Club des Damnés prouvait uniquement leur fermeture par comment ils pouvaient marginaliser le système des assassins. Au moins eux, ils critiquaient réellement des abus du système à place de se noyer dans le système. Finalement, il est assez facile à dire, que la Ligue des Assassins et même la Main à une autre époque, avaient été bien plus efficaces pour améliorer le monde que l’entièreté de l’existence du Club des Damnés. Après, ils osaient prétendre être démocratiques, Henry Pym les avait décrits comme des industriels opposés aux réformes humanistes des emplois à un autre siècle, datant leur façon de faire comme une forme de totalitarisme profond et sans désir réel de changement. Les seuls êtres pensaient changer, étaient bien les fanatisés du groupe.


    « Parce que votre groupe date bien avant toutes les organisations connues et vous avez toujours essayé de contrôler le monde à place de le changer. Vous avez fait quoi durant les guerres mondiales? Vous avez fait quoi le siècle dernier? Rien. Vous avez uniquement conservé votre argent pour éviter de le perdre et vous exploitez d’une manière inhumaine tout ce qui retrouve à l’extérieur du Club des Damnés. Je le répète pour vous, parce que vous semblez difficiles à comprendre ou que vous êtes juste trop imprégnés dans votre dictature collective pour en prendre conscience : Vous ne changez pas, vous tentez uniquement de trouver des justifications vides en laissant croire que vous allez changer. »  

    Est-ce que cet idiot venait vraiment de lui poser la question sur son intention de l’arrêter? Il pouvait bien agir comme il le désirait, mais cet ennemi avait tendance à vouloir parler beaucoup dans un vide total. Un motif? Est-ce qu’il croyait que les complots politiques ou économiques n’étaient pas opposés aux registres légaux des deux pays de cet Amérique du Nord? Est-ce qu’il pensait que la vente d’armes illégales était devenue légales pour lui? Elle se retrouvait vraiment devant le bouffon de la farce. Il pouvait même remplacer Loki dans les légendes asgardiennes. « Vous êtes stupide ou quoi? Vous venez de m’avouer que vous vendez des armes illégalement et que vous complotez dans l’ombre… peut-être qu’il serait le temps de relire les lois pour comprendre ces deux pays d’Amérique du Nord… » Parfois, certains criminels ne voulaient juste pas réfléchir. Elle laissa un petit soupire devant cette idiotie, peut-être parce que dans le futur, elle allait affronter plus de criminels de ce type.

    Tentant encore de se défendre, Wonder Woman ne leva que les yeux misérablement au ciel, se demandant bien pourquoi les membres du Club des Damnés étaient aussi fanatisés. Ils pensaient réellement agir selon les lois? Il allait être très surpris s’il considérait que les hautes sociétés allaient plutôt prendre ses paroles idiotes au lieu de la sincérité et de l’aide que Diana de Themyscira avait réellement fourni. Non, parce que c’est une dictatrice, mais bien pour la plupart des problèmes qu’elle avait affronté dans le passé, lui donnait une bien plus de crédibilités qu’un simple idiot qui avait appris sa rhétorique par cœur devant une membre de la Ligue de la Justice.

    Cependant, malgré tout le pathétisme de cet être, Diana de Themyscira s’était perdue. Elle lui avait laissé beaucoup trop de temps avant de se lancer à son arrestation. Elle n’avait pas vraiment fait la différence jusqu’à temps qu’elle commence à se sentir de plus en plus lourde. Diana de Themyscira s’était mis une main de pression sur la table pour éviter de tomber dans les premiers coups. Elle n’était pas du genre à insulter d’une manière caricaturale, elle cherchait surtout à se contrôler assez pour combattre efficacement les poisons. La princesse des Amazones avait déjà combattu des êtres, en étant humaine et empoisonnée, ce n’était pas une problématique pour elle. Se concentrant quelques secondes, elle résistait tant qu’elle voulait. Cela pouvait peut-être durer quelques secondes supplémentaires ou même quelques minutes, il était difficile de le calculer pour l’Amazone, seul Sébastian pouvait le voir.

    D’abord à genoux, tentant de résister à la chute, une minute avait peut-être passé à ce passage. Avant que son buste flanche et que l’amazone se retrouvait finalement dans une position de défaite presque totale. Le lasso s’était écrasé sur elle, pendant que les yeux de Diana de Themyscira résistaient encore quelques temps. Puis, c’était la fin pour l’Amazone : Yeux fermés et endormie, Sébastian von Orchent pouvait profiter d’une rare victoire contre Diana de Themyscira.

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Re: Passé et Présent

Message  Léviathan le Lun 15 Jan 2018 - 3:46




Passé et Présent
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Chère Diana,

Je vais tenter une chose qui, j’espère, ne te vexera point. Je reste donc là, à t’écouter me répondre en tâchant de rester aussi calme que toi. Je ne suis pas étonnée que, pour toi, je ne connaisse rien du dossier de Nils Stryger ; après tout, en tant que Hellions, sans doute n’ai-je eu que son témoignage pour m’en faire un point de vue. Mais cela ne saurait être suffisant à ce que je soupire ou ne marque de nouvelle trace d’agacement. Je suis un peu plus intriguée par les erreurs faites par vos membres humains, ce dont témoigne un léger avancement de ma tête et de mes épaules. Connaitre un peu plus sur la Justice League avant de parler de sa confrontation avec Nils Stryger me fait réprimer un sourire en coin et ce qui suit laisse un parallèle très simple se dessiner entre les différentes situations. Je te laisse soin de terminer avant de reprendre, cependant, n’ayant pas l’intention d’alimenter le conflit en t’interrompant. L’histoire de jugement rapide avant de connaitre le contexte me fait rire intérieurement également, chose que je contiens avec une certaine habitude.

- Je ne me souviens pas que tous les Hellions aient appuyée ma vision de nos moyens d’action non plus, pourtant vos accusations étaient aussi généralisatrices que les miennes. Si l’on cesse de faire dans la généralité de votre côté, je vous remercierais de cesser de le faire du mien également. De plus, si vous étiez conscients du jugement rapide de Mmle Zor’El et que celle-ci regrettait ses dires, pourquoi n’avoir pas cherché à aider Nils ? Au risque d’agacer avec mon ignorance une nouvelle fois, il me semble que la Justice League l’a fait pour d’autres.

Oui, mes paroles témoignent d’une certaine dépréciation à ton encontre mais je me contiens au mieux ; le mieux est cependant perfectible, tel que le prouve ma dernière phrase. Toujours les deux mains sur ma trousse, j’encaisse la suite de ton discourt sans plus d’appréciation que sa première partie. J’acquiesce cependant à certains points qui sont valides à mes yeux : la plupart des fondements des Hellions au niveau de l’approche de la politique et de l’économie vient du Club des Damnés. Pourquoi ne fais-je simplement pas mes devoirs me fait secouer la tête de dépit, en revanche. L’hypothèse d’une méthode de construction principalement applicable à l’Amérique du Nord et l’Europe me fait réfléchir un instant, le temps de dissiper un doute pour finir par légèrement acquiescer. Les questions concernant la copie de critique, l’intérêt ou la pensée universelle ne me laisse qu’un soupir en revanche.

- Il ne s’agit pas d’avoir des instruments efficaces universellement. Il s’agit de mettre en mouvement les instruments que les autres, comme vous, ne mettez pas en mouvement. Vous utilisez vos instruments, probablement mieux que nous ne le ferions, ainsi vous imiter limiterait notre potentiel d’action là où nous pouvons aider de façon différente.

Qu’une université fasse vivre dans l’ignorance me fait avoir un ricanement amer et je détourne un instant les yeux. Que l’économie et la politique n’intéresse ni Nils ni Michelle est un point auquel j’ai déjà répondu et cela me fatigue manifestement de faire face aux mêmes accusations dès que j’ai fini de m’en défendre. Après, le meilleur reste cet encouragement à adopter les méthodes des autres pour les connaitre, une ironie mordante lorsqu’on parle de diversité et de complémentarité depuis tout à l’heure ; surtout que, Diana, tu as refusé de le faire toi-même avec nos méthodes. Mes commentaires mentaux sur cela resteront tus, cependant, seule ma fatigue amusée te servira de réponse.

Je fais face sans me laisser marcher sur les pieds mais préfère manifestement éviter un nouvel échange comme le précédent, limitant d’ailleurs ma présence démoniaque. L’entêtement à me contredire concernant le Club des Damnés ne m’atteint même plus réellement et je me concentre plus sur la question qui suit que sur les reproches qui précèdent. Celle-ci, comme le développement qui l’accompagne, m’encouragent plus à réfléchir. Dommage que cela s’en suive d’une nouvelle condamnation d’ignorance, me lassant plus qu’autre chose. Heureusement qu’une déclaration sur la croyance à la totalité des groupes actuels arrive juste après, sinon je n’aurais eue une occasion de rire intérieurement à nouveau. Après, c’est réellement cette histoire de croire en des menteurs qui m’amuse le plus et cette fois je ne peux retenir un sourire, quand bien même j’essais. Je redeviens grave à la suite, cependant, alors qu’il est clairement énoncé que nous n’avons ni la même perception de tes propos ni la même perception des miens ; une considération sur laquelle je m’attarde, mes yeux en sont témoins.

- Je pense que, pour ma part, je suis autant absorbée par l’économie, les médias et la politique car j’ai grandi au sein de la classe sociale qui évolue dans leurs domaines. Cela n’engage que moi cependant. D’ailleurs, si mon discourt fait écho à celui du Club des Damnés, il n’est pas certain qu’on puisse l’imputer à l’ascendance des Hellions. Vous êtes bien placée pour savoir que, dans ma précédente vie, j’appartenais au Club et l’absence de souvenirs de celle-ci signifie que l’influence qu’elle m’apporte est inconsciente. Vous voulez considérer l’idéologie des Hellions, je vous encourage à lire les travaux de Mlle Frost sur le sujet, ils sont plus succincts mais également plus légitimes que ma réinterprétation.

Emma a écrit, elle aussi ; sur l’Académie du Massachussetts, sur les Hellions et sur l’idéologie qu’elle transmet aux deux.

- Je suis honnête avec ce que je fais, c’est pour cela que je veux user du système pour l’améliorer. D’autres Hellions sont également dans cette optique. D’autres ne le sont pas. Mais nous ne leur demandons pas de l’être ; comme dit précédemment, c’est leur choix. Mieux, les critiques antisystèmes peuvent nous êtres très précieuses pour améliorer celui-ci, pour percevoir des défauts que nous ne voyons pas comme tel mais qui peuvent en être tout de même. Michelle ne sera pas déchirée par notre tentative d’user du système, quand bien même elle a été éduquée pour aller à son encontre. Sans doute la connaissez-vous mieux que moi mais, de ce que je la connais, Michelle est suffisamment mature pour accepter des gens aux idées personnelles différentes des siennes ; sachant que ces gens ne chercheront pas à la faire changer d’avis mais consulteront sa pensée comme complémentaire à la leur. C’est le conflit entre les X-Men et les Hellions qui fera son malheur car elle ne pourra jamais prendre parti sans en souffrir.

Je marque un silence. Logiquement, il serait temps que je réponde à la question la plus importante de toutes : pourquoi nous laisser une chance ? Elle nécessite réflexion et est plus stressante qu’aucune autre, puisqu’elle permettrait de renverser la situation. Il est manifeste que j’ai conscience d’avoir déjà échoué à ce point et il va être temps de voir si, dans mon échec, j’ai appris de quoi m’améliorer ou non.

- Pourquoi laisser une chance aux Hellions ? Pour ces mêmes raisons que vous voulez que je laisse une chance à votre méthode de travail. Parce que si vous ne vous rendez pas sur leur terrain, si vous ne visitez pas les lieux leur étant liés et si vous jugez les membres de l’organisation à leur affiliation, vous serez exactement comme ce que vous me reprochez d’être. Etant en congés universitaire dès la semaine prochaine, je pourrais utiliser juillet et aout pour venir découvrir votre monde et aider à votre manière. J’espère que vous prendrez le temps d’en faire de même et, si oui, j’aimerai vous confier quelque chose. Vous vous inquiétez qu’on fasse perdre du temps à Michelle et à Nils, je le comprends, mais il est une personne de plus dont vous devriez vous inquiéter.

Je m’interdis de parler plus pour l’instant, closant mes lèvres et inspirant profondément par le nez. J’attends la réplique à présent, mes doigts serrant ma trousse à main avec une certaine appréhension.

1
***
Les appartements réservés aux membres du Club des Damnés sont d’un fastueux qui me rappelle mon enfance, avant que le parti national-socialiste des travailleurs allemands ne nationalise les possessions de ma famille pour opposition politique et dissimulation de Juifs. J’en avais perdu l’habitude durant mon adolescence, participer à la résistance et au marché noir n’apportait pas similaire confort. Même la mafia, dans laquelle j’ai continué d’opérer après la chue du Reich, ne m’aurait permis de revenir à similaire situation. Pourtant, c’est là ce que mon pacte démoniaque devait m’apporter ; cela aura pris des décennies mais, par l’intermédiaire du Club et après tant d’effort, mon Envie a été satisfaite. Cela m’aura côté de mélanger le sang du Léviathan au mien et d’être devenu le vaisseau de Léviathan mais j’ignore si je serais allé bien loin sans l’un et sans l’autre. Cela m’amuse que de savoir que je suis aujourd’hui la propre créature qui a promis de résoudre mes problèmes il y a de cela des décennies, sachant que j’ai résolu la plupart d’entre eux à saisir des opportunités qui m’ont toujours plus fait avoir besoin de ladite créature ; un amusement quo, je le sais, n’appartient pas à mon "moi" humain. Même si je suis doué pour apprécier l’ironie de la vie et lui donner un aspect théâtral, "je" ne suis pas aussi détaché des choses que cela. "Je" ne pourrais pas l’être, pas après les avoir perdues. Cela ne cadre pas avec l’évolution de ma psychologie à travers mes expériences et c’est bien pour cela que je sais que cela vient de Léviathan, non de Sébastian. Tout comme ce qui va suivre. Soit contente, Diana : autant, la vente d’armes était parfaitement légale malgré ton incompréhension de cela, autant je vais te donner des raisons de détester personnellement le Club des Damnés. C’est beau d’avoir raison, n’est-ce pas ?

La porte s’ouvre sur un petit vestibule carré dont les murs latéraux contiennent des meubles de rangement tandis que l’arche qui le termine donne sur la pièce principale, un salon et salle à manger avec cuisine américaine et balcon. M’y attendent Amanda, une femme hispanique entre la trentaine et la quarantaine assise dans un fauteuil de cuir avec une chemise par-dessus son short de nuit, et Lupita, une fillette d’une demi-douzaine d’années dont la peau et la chevelure suivent le même contraste que chez moi et qui est vêtue d’un pyjama Wonder Woman. Une situation coccacée considérant que l’icône de jeunesse repose sur mon épaule alors que je pénètre la pièce. Ma fille s’en vient à moi complètement surexcitée tandis que ma femme pousse un soupir las depuis sa place.

- Tu n’es pas couchée toi ?

- Non,
me répond Pita avec énergie, Maman a dit que je pouvais attendre ton retour !

- J’avais pas prévu que tu ramènerais du "travail" à la maison, remarque Amy lorsque je tourne un regard interrogateur vers elle.

- Cela te pose un problème ?

- Dépendant, tu comptes faire quoi maintenant ?

- Globalement deux choses. D’une, la mettre nue pour prendre des photographies humiliantes afin que les pervers du Cercle Intérieur puissent se sentir puissants et supérieurs, voir se masturber pour certains d’entre eux, et continuer de dégouter leurs collègues qui n’ont pas le même niveau de dépravation. De deux, enchanter ses artéfacts pour pouvoir la priver de ses pouvoirs aisément à l’avenir. Il n’y a rien de personnel à ce que je fais ici mais nous sommes incapables de percevoir les choses d’une même manière donc une vendetta n’est pas à exclure.

- Quel métier gratifiant tu fais…

- Papa, dis Papa, je peux la prendre en photo ? Dis, s’il te plait !


Ma vie est unique. Il m’est impossible de dire si c’est bien ou mal puisque que de telles choses sont des mensonges construits par les Hommes et dont je ne m’embarrasse plus depuis longtemps ; pour moi, ils n’existent donc pas. Ma moitié m’accompagne depuis suffisamment de temps pour s’en être accommodée et elle n’essaie même pas de les inculquer à notre fille ; après tout, il nous faut la préparer à ce qu’elle prenne le relai lorsque mon utilité sera expirée.

- Maman elle a dit qu’il fallait qu’on fasse plus d’activités ensemble parce que tu bosses trop !

Heureusement, Pita est la digne fille de son père ; l’avenir s’annonce radieux. Amy, toujours assise, se frotte le front avec un amusement dépité tandis que je fais face à une fan pouvant enfin prendre des photos de son idole, sans réellement comprendre la nature de la situation. D’un geste de la main, ma femme me signifie clairement de faire comme je le sens ; la responsabilité ne sera pas partagée.

- Demain, j’appelle l’assistante sociale pour discuter de ton titre de père de l’année.

- Ainsi soit-il,
réponds-je avec un sourire.

Il n’est pas trop tôt de me délester de l’Amazone, la laissant s’étaler sur le tapis avec la lourdeur liée à ses artéfacts. Artéfacts qui ne tardent pas à lui être enlevés avec plus ou moins de délicatesse et de doigté fonction de la personne s’en chargeant ; heureusement pour toi, Diana, Pita passe autant de temps à te délester qu’à jouer avec sa temporaire acquisition. Enfin, jusqu’à ce que ton glaive finisse dans le planché et qu’Amanda pousse une réprimande. Cela me laisse seul pour t’ôter de ton body-bustier et de ta jupe guerrière, lesquels finissent entassés avec le reste de toute façon. Appareil photographique en main, l’une de tes plus grandes fans est déjà prête pour la suite des opérations et son enthousiasme me fait soupirer ; longue journée de travail et elle n’est pas encore finie.

Il faut moins de cinq minutes pour que la pellicule soit pleine et j’ignore si le Cercle Intérieur saura apprécier comme il se doit la créativité innocente et l’effervescence approximative d’une jeune enfant. Au pire me reprocheront-ils l’inexactitude dans l’utilisation de l’appareil mais je pense que l’absence de limite permise par l’innocence compensera largement ce défaut. Et puis, vouloir des images humiliantes d’une adversaire n’est pas plus professionnel que prendre des photos fantaisistes de celle-ci donc nous sommes au même niveau.

- Contente ?

- Très,
me répond Pita avec la spontanéité de son âge. Tu penses que tes patrons ils vont aimer aussi ?

- Je n’en doute pas.

- Enchantement maintenant ?


L’enthousiasme de la naïveté innocente est quelque chose qui me fascine. Je comprends parfaitement la nécessité de faire croire les enfants à de petits mensonges, comme le Père Noël, et de leur poser un cadre comme des limites. Ce sont là les premières pierres de la construction mensongère qui se nomme culture et qui est indispensable pour former une société et une civilisation. Mais qu’arrive-t-il si l’on ne pose pas ces barrières à un enfant ? Jusqu’où peut aller le potentiel d’un être humain qui ne serait lié par aucune chaine morale ou éthique, aucune construction limitatrice ? Depuis ma possession, j’ai déconstruit celles que je possédais mais il m’en reste toujours des traces, une réminiscence.  Pita n’aura pas cela, je fais de mon mieux pour m’en assurer. Elle connaitra les règles de la vie en société mais les percevra comme telles, comme des règles, non comme quelque chose de normal ou d’allant de soi.

- Elle va se coucher après, assure Amanda en se levant du fauteuil, déclenchant une plainte inévitable de la part de la concernée.

- Evidemment, confirme-je, moins à l’attention de ma moitié qu’en soutien à celle-ci.

Amy s’en va vers la chambre et je n’ai guère le temps de la regarder faire que déjà Pita s’en vient m’apporter lasso et diadème qu’elle a récupéré. Je lui caresse la tête pour la calmer le temps que ma femme disparaisse de mon champ de vision. Nous avons une génération de différence, trente années qui ne ce perçoivent nullement sur mon être puisque le Léviathan ne m’a pas laissé vieillir. Nous avons une génération de différence et elle aimerait parfois que j’accuse mon âge, que je prenne ma retraite. Sa vie a été difficile d’une façon différente de la mienne mais elle continue de croire en des choses, notamment l’avenir. Celui de notre fille comme le notre. Elle a besoin de rêver à ce que demain sera fait, à ce qu’on ait des projets ensemble, au-delà de tout le reste.

Je dépose les objets sur le bar américain tandis ma fille continue de me les apporter au fur et à mesure. Tous finissent alignés et je les accompagne d’un petit pot sans prétention au bouchon de liège. Cela fait, j’approche un tabouret pour que soit à hauteur afin d’observer ce qui va suivre et elle m’apporte un couteau dont la lame ne tarde pas à entailler le bout de mon index avant de répandre des tracés sur tes artéfacts incontournables, Diana. J’ignore à quoi ressemblera le monde de demain mais je tâche d’y préparer mon enfant afin qu’elle s’y adapte et puisse y évoluer comme je l’ai fait, appréhendant qu’elle porte le même fardeau que moi. Etant née comme elle est, elle n’a jamais connu d’autre condition que celle du Léviathan et cela change certaines choses entre nous. Par exemple, je sais que c’est ma connaissance, transmise au sein même de mon génome, qui lui permet de connaitre le rituel que j’emploie mais cela ne m’empêche de ressentir une certaine fierté aux indications qu’elle est capable de me fournir. Te rends-tu compte ? A son âge, la plupart des enfants apprennent encore à dessiner alors que ma Lupita pose des questions sur comment faire déchoir temporairement une divinité. J’en soupire d’aise.

- Je peux garder ça ? me demande la fillette en agitant ton diadème, une fois que tes équipements sont imprégnés d’une magie démoniaque plus discrète que celle des Olympiens.

- Crois-tu que Wonder Woman serait toujours Wonder Woman si elle s’ôtait de ses affaires ?

- Euh… non.

- Tu as donc la réponse à ta question. Maintenant, au lit.


La bouderie du refus s’accompagne d’une nouvelle plainte tant il est clair que mademoiselle voudrait attendre que tu te réveilles pour pouvoir te signifier ce qui vient de se passer et t’expliquer sa joie. Cependant, considérant ton incapacité à la politesse et tes tendances à la violence, je préfère éviter de mettre en danger ma progéniture en l’exposant à ta personne ; je ne pense pas que tu me comprennes, cela dit. Qu’importe. Je ne m’attends pas à ce que Lupita me contredise, tout comme je m’attends parfaitement à ce qu’elle interprète ma consigne de manière créative pour quand même assister à ton réveil. Elle n’a peut-être pas la force pour déplacer son lit mais elle a l’intelligence de laisser sa porte ouverte et de regarder de loin. Il me faut donc recommencer mon spectacle.

Je ne suis pas certain que le premier tour de magie fonctionne mais je dois avouer avoir une grande curiosité le concernant. Les rumeurs veulent que t’attacher te fasse perdre tes pouvoirs, sans aucune explication cohérente à cette vulnérabilité autre que la soumission de la femme à l’homme. Ne croyant nullement à ce rapport de force, je m’en vais donc tester le bondage avec ta personne. Tu me pardonneras l’utilisation de scotch en lieu et place de cordes adaptées tout comme l’absence de connaissance des nœuds d’amour mais, d’une part, je ne suis pas équipé pour la pratique sadomasochiste et, d’autre part, il n’est rien d’amoureux dans mon geste. Te lier les poignets et les mains, te lier les pieds et les chevilles, te lier les deux liens ensembles, voici qui arrive après que je t’ai mise dos au bar. Il me ne reste plus qu’à me saisir de ton glaive comme mon petit pot et à pousser lourdement le reste de tes affaires de manière à ce qu’il te pleuve sur la tête et nous pourrons peut-être repasser à une discussion.

Histoire de me mettre à ton niveau, je m’accroupie et commence à jouer avec la pointe de la lame, attendant que tu te réveilles. Je dirais bien que je réfléchis à un discourt mais je préfère l’improvisation, c’est plus spontané même si je suis conscient de ne pas respecter la règle théâtrale du "ne jamais dire non à un élément apporté par un autre comédien". Mais nous sommes aussi mauvais l’un que l’autre en la matière alors tu me pardonneras. Ou, tout du moins, tu auras autre chose à penser.

- C’est plaisant, n’est-ce pas ? De savoir que l’on a raison depuis le début, que le monde est tel qu’on le perçoit et ne peut pas être autrement. D’être les gentils. Tu es porteuse de Vérité, ton lasso en est la preuve. Tu es porteuse de Justice, ta Ligue en est la preuve. Tu es porteuse du meilleur de l’être humain, ta Divinité en est la preuve. Comme si cela avait la moindre importance, au final.

Maintenant quoi, Diana ? Etre désagréable ? Etre rebelle, jusqu’au bout ? Faire face tant que tu n’es pas brisée ? L’Orgueil n’est pas mon péché, je suis lié à l’Envie. Aujourd’hui, j’ai accompli celle d’une petite fille de rencontrer son idole. Tu peux bien me dire tout ce que tu voudras, me concernant ou concernant le Club des Damnés, cela ne changera rien pour moi. L’Envie est une émotion naturelle à l’être humain et ta Justice League lui a permis de prendre un essor sans précédent. La société de consommation, que vous protéger avec tant d’entrain, est une plus grande victoire pour moi que tout ce que le Club des Damnés ne pourra jamais faire. Toi qui connais si bien le monde, comment n’as-tu pu le voir ? Comment n’as-tu pu comprendre que mon seul intérêt vis-à-vis du Cercle Intérieur est de retrouver un statut social égal à celui que les nazis m’ont fait perdre et que mon véritable but est de contracter l’Envie dans le monde. Le Club des Damnés est vieux et certains de ses membres le sont plus encore, j’en fais parti. Mais je sais aussi que le Club des Damnés est éphémère, j’ai déjà énoncée mon appartenance à ceux qui en profiteront jusqu’à sa disparition avant de passer à autre chose pour continuer leurs affaires.

- Enlèvement et séquestration, cela te fait des chefs d’accusation plus sérieux qu’un "trafique d’armes" approuvé par l’ONU. Néanmoins, je ne te suis pas vraiment utile puisque tu ne pourrais pas faire tomber le Club à travers moi, sans compter qu’il serait aisé de payer ma caution et de faire trainer mon procès durant une bonne décennie… avant de se terminer sur un sursis. Je serais curieux de te voir témoigner en tant que victime, cela dit. Mais qu’importe : j’ai fait mon job, j’ai essayé de te convaincre et, n’ayant pas réussi, je t’ai vaincue. Comment veux-tu que ta libération se passe ?

Je pourrais te tuer, Diana, mais ce n’est pas pour cela que je suis payé. Et puis tu as ton utilité : sans toi et ta Justice League, le Club des Damnés devrait se concentrer à défendre le monde également plutôt qu’à s’en remettre à votre bénévolat. Nous comptons sur vous, à défaut que l’inverse soit possible.

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