Another Day In Paradise

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Another Day In Paradise

Message  Ivy P. Isley le Mer 19 Avr 2017 - 5:47


Je ne sais pas si c’est une bonne idée, d’autant plus qu’un certain nombre de mes bonnes idées sont mauvaises en définitive même si la plupart restent efficaces malgré tout. D’un autre côté, je ne sais pas encore si celle de négocier ma reddition en échange de l’amélioration des conditions de la Forêt Primaire Indonésienne était mauvaise efficace ou mauvaise tout court. Diana voulait que je laisse ma chance aux autres, je l’ai fait et leur ai même donnée une raison d’agit à ma place, à défaut de pouvoir agir avec eux. Je garde espoir que tout cela soit utile, ça m’aide à endurer. J’ai consenti des sacrifices au sein de mon peuple afin d’assurer une transition moins violente et que je sois parmi les sacrifiés me semble naturel. Si la création d’écosystèmes durables se fait sans moi, il ne me reste que l’autre partie de ma vie ; à savoir la prison. Je doute m’échapper de celle-ci, n’ayant pas la moindre marge de manœuvre ni la possibilité de gagner de la confiance pour en avoir.

Je prends une inspiration longue, par le nez, puis souffle aussi sèchement que l’air est sec, par la bouche. Mes cheveux aussi sont secs et cassants, tant à cause de l’air contrôlé que du manque d’entretien. Ma peau verte aussi est sèche et craquelée, le manque de photosynthèse aggravant les facteurs précédents. Je suis assise sur le matelas, mains l’une dans l’autre sur mes cuisses côtes à côtes, regard perdu dans le vide. J’ai l’impression d’être constamment fatiguée, je me fais mal lorsque je me cogne, les choses me semblent plus lourdes.

La longueur du lit résume la largeur de la pièce, ce n’est pas difficile à voir puisque la planche qui lui sert de sommier sort du mur du fond et touchent les deux autres. Au-dessus de lui, d’une esthétique similaire, une étagère vide. Entre leurs pieds à tous les deux, sortant directement du mur également, un plan de travail pouvant à la fois servir de table de chevet que de bureau. Un peu plus loin, sur le même mur, un rangement en hauteur. Juste après, les toilettes et l’évier. Sur l’autre paroi, rien. Enfin, au bout, la vitre donnant sur le couloir où seuls patrouillent régulièrement des gardes. Tout est blanc et rendu encore plus cru par la lumière du néon dont l’interrupteur se trouve à l’extérieur.

Je me souviens d’une chambre qui avait l’interrupteur à l’intérieur. J’avais appuyé à répétition, n’ayant rien d’autre à faire. La lumière avait fini par griller. Etait-ce à Arkham ou encore avant ? Je ne me souviens pas. Je pense que je devais être jeune mais je n’en suis pas sure. Parfois, quand j’y pense, je crois qu’il y avait un papillon de nuit. D’autres fois, c’est juste l’ennui qui m’a poussé à m’occuper de la sorte. Mais pour le papillon de nuit, c’était la fascination qu’il avait pour cette ampoule qui pourtant le brulait qui me fascinait moi. Ainsi, lorsqu’il était trop prêt, j’éteignais. Puis j’attendais. Et enfin je rallumais. Lui, qui c’était posé quelque part, finissait toujours par revenir à la lumière pour se brûler. Je le laissais faire quelques instants avant d’éteindre à nouveau. Et ainsi de suite jusqu’à ce que la lampe ne s’allume plus. Le lendemain je n’ai pas retrouvé le papillon. Aujourd’hui je ne sais plus s’il est réel ou si je l’ai imaginé, sur le coup ou par la suite. Dans tous les cas, ce qui me fascine avec cette histoire c’est que lui comme moi, oui moi à travers lui, répétions sans cesse une action qui finirait par nous nuire sans véritablement être conscient de ce faire.

Je me demande ce qu’aurait pensé Roy Westerman de cette histoire. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il me manque mais… je ne sais pas. J’ai eu beaucoup le temps de penser ces cinq derniers mois. Qu’il n’ait personne pour s’intéresser à ces pensées afin que je refuse de les lui dire et me trahisse involontairement est perturbant. Au Wakanda, Diana avait cette attitude aussi et elle c’est mieux débrouillée que mon psychiatre ; c’était familier tout autant que les réprimandes suite à mes écarts. Ici… rien. Le point commun avec Arkham est le collier inhibiteur qui m’enserre la gorge et celui avec le pays de la Panthère Noire est la barrière de la langue. Trouver quelqu’un qui parle anglais n’est pas impossible mais ils n’ont pas que ça à faire.

La véritable nouveauté est l’affaiblissement de mon organisme. Je me fane. Les algues au sein de mon épiderme continuent de chercher désespérément un soleil que l’on ne m’a pas autorisé à voir malgré ma récitation de ma fiche d’Arkham Asylum. La photosynthèse n’est pas nécessaire à ma survie, j’ai été sincère là-dessus lorsqu’on me l’a demandé. Je n’aurais pas dû, les questions apportent toujours des problèmes. Elle n’est pas nécessaire à ma survie mais sans elle ma santé et mes capacités physiques se dégradent dans une mesure que la nourriture humaine ne peut combler. Je passerais bien mon temps à dormir pour échapper à cela mais la lumière m’en empêche. Depuis quelques heures, l’idée d’une grève de la faim me travaille.

Je ne pense pas qu’ils cherchent à me briser, cela ne leur apporterait rien, et suppose plutôt qu’ils n’ont rien à foutre de ma santé. Dans cette optique, mener une grève de la faim pour réclamer du temps de photosynthèse quotidien va probablement aggraver encore mon cas. Ils ont tout pouvoir sur moi et je le sais, remettre cela en cause est prendre le risque qu’ils réaffirment ce fait. Peut-être seraient-ils capables de me laisser aller jusqu’au bout par désintérêt ou bien ils me rappelleront qu’ils sont seuls décisionnaires de ce qui m’arrive d’une manière ou d’une autre. Si je n’aurais aucun problème à ce qu’ils me violentent, j’appréhende qu’ils exécutent des membres de mon peuple afin de me remettre dans le rang et c’est un point contre mon plan.

J’ai tout mon temps de toute façon. Aucun procès n’a été fait pour qu’on me condamne à une peine et aucun suivi psychologique ne m’offre la possibilité d’une sortie le jour où "j’irais mieux" ainsi suppose bien que, sans réussir à m’échapper, je passerais le restant de mon existence ici. J’ignore combien de temps je vivrais mais je n'envisage pas d'être enfermée entre ces trois murs jusqu’à ma mort mais la première étape de toute évasion est de récupérer mes forces. Je me demande combien de temps je passerais emprisonnée au cours de ma vie, même si je ne suis pas certaine de vouloir le savoir.

Les choses se suivent et se ressemblent encore plus ici qu’ailleurs. La solitude ne me dérange pas, elle m’évite les problèmes avec les humains et je reste connectée à mon peuple même si je suis incapable d’interagir avec. L’isolement ne me gêne pas non plus, être une plante d’intérieur m’a été inculqué durant les douze années passées à Arkham et certaines ont été plus difficiles que l’isolement d’ici. La mauvaise santé physique est ce qui me pose problème même si, en définitive, je ne suis pas plus faible qu’un être humain dans similaire situation. Mais je ne veux pas être humaine, qu’importe les conditions.

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