Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

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Message  Casey Nordin le Ven 10 Fév 2017 - 21:29

Depuis Noël, rien ne rendait plus heureux Casey que de voir des résidents de institut porter ses pulls. A force d'insister, il avait réussi un tour de force. Peut-être que s'il se lançait dans la couture, il pourrait même habiller l'institut tout entier ! Mais l'adolescent peinait encore à trouver sa voie. D'un mois à l'autre, ses centres d'intérêt changeaient, ce qui le rendait difficile à suivre. Il n'approfondissait rien malgré ses capacités.  Après le kung-fu, le skate, le dessin, le tricot et la cuisine, il s'était lancé dans une nouvelle lubie, celle d'obtenir une ceinture noire de karaté. Il lui plaisait seulement de maîtriser tous les domaines auxquels il pouvait prétendre l'excellence grâce à ses pouvoirs. Il répétait les choses jusqu'à s'en dégoûter et changeait. Et puis, le tricot c'était bien amusant, mais il n'avait pas envie de passer ses journées à filer la laine. Quand une jolie fille lui avait demandé timidement s'il pouvait lui faire une écharpe de Gryffondor, il avait bien sûr accepté mais avec une pointe d'ennui, en pressentant que ça risquait d'en inspirer d'autres, en lui demandant de faire croire qu'elle l'avait commandée sur un site quelconque. C'était à ce moment qu'il avait réalisé qu'il n'avait vraiment pas envie de passer l'hiver à tricoter des écharpes à l'effigie de toutes les sagas à la mode, même si ça pouvait faire plaisir aux gens voire lui rapporter de l'argent de poche. En plus, il voyait bien que ce genre de service lui apportait une reconnaissance assez superficielle. L'autre adolescente le prenait pour un artisan. Elle pouvait bien lui sauter dans les bras  en le remerciant, on sentait l'hypocrisie à plein nez. Alors oui, elle pensait à le saluer quand elle le croisait depuis qu'elle portait sa création, mais on voyait bien que ça ne l'intéressait pas de le connaître, un peu comme toutes les personnes qui lui avaient réclamé un portrait sans l'inviter à la moindre de leurs soirées ensuite. Ça lui donnait envie d'être un peu plus dur en affaires. Si désormais les gens reconnaissaient son talent et le sollicitaient, autant le mettre à prix. Il ne demandait rien d'incroyable, au moins que la personne ne débarque pas de nulle part pour abuser de sa gentillesse. Donc, forcément, quand une jeune mutante était venue l'interrompre au milieu d'un devoir de mathématiques pour lui demander si c'était bien lui qui avait fait l'écharpe Gryffondor, il s'était senti à la fois agacé et trahi.
– Heu oui… Mais j'avais dit à Victoria de ne pas en parler ceci dit parce que j'ai plus trop envie de faire du tricot là, j'ai d'autres projets, avait-il répondu aussitôt.
– Elle m'a dit que tu la lui as faite en même pas une journée, c'est impressionnant. Tu es tellement doué ! Tu crois que tu pourrais quand même trouver un moment pour…
– J'ai pas le temps. – Il l'avait interrompu un peu paniqué, puis s'était senti obligé de lui donner une explication avec une franchise un peu brutale même si le ton n'avait rien d'agressif : – Et pourquoi je devrais prendre du temps pour te faire plaisir à toi en particulier ? Puis à tous tes amis ensuite j'imagine, parce qu'ils voudront quelque chose aussi. Le problème, c'est que vous êtes pas mes amis pour le moment. Enfin, j'en ai pas l'impression. La dernière fois qu'on s'est parlés, c'était quand tu étais venue me réclamer un portrait de toi. Désolé mais je ne pense pas que ça soit correct de te souvenir de moi et me réclamer des choses juste quand ça t'arrange.
Un autre avantage de son pouvoir peut-être, tenir des discours plutôt humiliant avec des détails qu'une personne normalement aussi gentille que lui n'était pas capable de donner ? Il avait parlé trop vite pour laisser à sa camarade le temps de protester et, à la fin, forcément, il ne lui restait plus grand-chose d'autre à faire que partir. Casey n'avait pu retenir un petit sourire de satisfaction. Il n'avait aucun intérêt à prendre du temps pour faire plaisir à des personnes qui se fichaient de lui, et dont il se fichait par conséquent. Il voulait se faire plaisir avant tout. Et, devant le peu d'intérêt qu'il avait à satisfaire des profiteurs, il était heureux de constater qu'il trouvait la force de se montrer ferme.

En revanche, quand on s'était étonné qu'il ait offert un pull de Noël à tout le monde sauf à l'x-woman Sage, il s'était senti très gêné et bien obligé de rattraper ce terrible oubli. Il n'était pas juste qu'une personne soit exclue de ces cadeaux de groupe, elle risquait de penser qu'il la détestait et de le détester. Donc il avait voulu faire les choses bien en essayant de se renseigner sur sa couleur préférée ainsi que son pouvoir. Quand Jane lui avait appris qu'elle avait le cerveau d'un super-ordinateur, et qu'elle arrivait à réfléchir à plusieurs choses à la fois, un peu comme lui, ça l'avait beaucoup intrigué. Il y avait donc, à l'institut, une mutante avec un pouvoir assez proche du sien et qui, visiblement, était capable d'en faire un usage brillant et de vivre avec. Il devait vraiment gagner son amitié ! Personnaliser des pull de Noël n'était pas forcément évident, en partie parce que Casey tenait à garder des thèmes typiques et refusait les variantes geek ou humoristiques. Sans bonhommes de neige, rennes ou flocons, ce n'était juste pas un vrai pull de Noël. Mais il avait trouvé l'inspiration avec un modèle plutôt mignon qui présentait un bonhomme de neige à lunettes. Sans offense, il cherchait juste à signaler la grande intelligence de la jeune femme. Ce n'était certainement pas à lui qu'on demanderait, même dans un futur proche, de tenir un rôle de super détective pour l'institut, même s'il était vrai qu'il était très doué pour mettre les pieds dans le plat en reprenant les menteurs avec d'insupportables « Non, tu n'as pas dit ça la dernière fois, très précisément, tu as dit... » ou mémoriser tous les onglets de votre ordinateur une seconde avant qu'ils soient fermés en arrivant à l'improviste derrière votre dos. Pour le moment, ce genre de qualité en faisait surtout un empêcheur de tourner en rond de première classe. Un peu intimidé d'aller à la rencontre d'une mutante bien plus douée que lui, l'adolescent hésita un moment avant de frapper à la porte de son appartement, et sa nervosité se ressentit dans son mouvement : personne ne toquait aussi vite et tant de fois à la suite à moins d'avoir pris une sacrée dose d'excitant. Un tas de phrases se bousculaient dans sa tête pour expliquer à la jeune femme le motif de sa venue. Alors, quand la porte s'ouvrit, une sorte de course-poursuite de mots et d'idées s'engagea :

– Salut ! Heu… Bonjour ! Excuse-moi si je te dérange, j'espère que je te dérange pas mais j'ai oublié de t'offrir ton cadeau, je voulais t'offrir ton cadeau de Noël. Je sais qu'on se connait pas sauf que j'ai offert des trucs à tout le monde, bon d'accord on est un peu en retard… Moi c'est Casey ! Mais on dira que ça peut aussi être un cadeau de Nouvel an !

Pourquoi n'avait-il pas préparé de discours d'introduction ? Il y avait renoncé au dernier moment en se pensant capable d'improviser. Mais quand Sage avait posé ses yeux bleus étranges sur lui, ça avait été la panique générale.


Dernière édition par Casey Nordin le Jeu 6 Avr 2017 - 18:35, édité 1 fois

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Re: Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

Message  Tessa le Mar 14 Fév 2017 - 7:53


Je ne suis pas la personne la plus intégrée à l’Institut. Mon arrivée en 2005 c’est faite sans grand bruit, même si – ou peut-être car – ce sont les X-Men qui m’ont ramenée d’une mission, et malgré les "innocentes" turbulences de ma réinsertion celle-ci a été effective. Mais mon cursus scolaire fini, mon trouble de la personnalité guéris et ma passation accomplie, je suis immédiatement partie vers le SHIELD tout en m’éloignant de l’Institution Xavier afin de la couvrir administrativement ; même si, au final, le loft que l’on m’a construit se trouve au sein des anciennes écuries de Graymalkin Lane. Cela n’a pas empêché certains de déduire que j’appartenais aux X-Men, chose agaçante mais acceptée, et ce malgré les cinq ans passés au sein de l’Initiative comme simple analyste, surveillant ses activités pour le compte de ma famille. Mon retour à l’Institution m’a vu m’intégrer plus avant aux X-Men, via les Protocoles Xavier, les simulations de Salle des Dangers, les enquêtes, le soutien logistique et la réserve au sein de X-Force, mais mon intention de reprise d’études a tourné court du fait de mes pouvoirs. Contrairement à la quasi-totalité de ma famille, je ne me rends pas quotidiennement au sein du manoir et seuls les sports motivent régulièrement le franchissement de mon seuil. Je ne fais rien sans raison, sortir inclus, et l’observation de la vie de l’Institution via ses caméra de surveillance me suffit comme sociabilité.

Agnees, ma colocataire, s’inquiète souvent de me voir passer une journée au sein de mon observatoire ; une pièce de 9m² aménagée à partir d’un des anciens boxes dont trois des quatre murs sont couverts d’écrans divisés en plusieurs fenêtres afin de me permettre de voir presque tout, depuis les caméras de sécurité de l’Institut aux grands médias audiovisuels et internet en passant par les réseaux sociaux et les transmission informatiques du SHIELD et de quelques autres organisations gouvernementales étatsuniennes ou plus éloignées. Le flot d’images et de sons donne des céphalées aux personnes restant en leur présence, leurs cerveaux incapables de gérer les informations retransmises par leurs sens, mais le mien n’est pas humain et je superpose à tout cela mes Cyberlunettes et les fenêtres qu’elles additionnent à mon champ de vision ; fenêtres qui, bien que moins nombreuses, me permettent l’emploi de ma Cyberpathie sur divers réseaux allant de la bourse de Wall Steet aux communications internes des X-Men. Je n’apprécie guère qu’on me considère comme une machine mais force est de constater la légitimité de cette comparaison avec similaire activité principale.

Je suis installée dans le confortable fauteuil de ma salle d’observation, entourée des innombrables écrans suscités et de la chaleur qu’ils produisent, lorsqu’un mouvement se fait voir sur la fenêtre liée à la caméra de mon entrée. Mon attention sur cela comme sur tant d’autres choses, je vois le jeune Casey Nordin s’approcher le visage marqué d’appréhension. Les possibilités m’arrivent à la conscience dans l’instant, usant de la tenue et du physique de l’adolescent pour s’étayer et s’échelonner à partir de la plus probable, et il n’a pas sonné que je pense déjà savoir ce qui l’amène. Le cadeau qu’il porte et la période auraient été suffisants à le déduire mais si je me limitais à la surface des choses, je m’ennuierai.

Les anciennes écuries des Graymalkin sont un bâtiment large d’une trentaine de mètres, sans étage et dont les murs extérieurs sont percés d’une dizaine de fenêtres aux vitres teintées chacune liées à l’une des petites pièces créées à partir d’un ancien boxe. Trois portes permettent l’accès, deux secondaires situées sur les flancs de l’édifice et une principale, centrale et double ; si toutes trois possèdent une caméra, seule la centrale a une sonnette. C’est devant celle-ci que passe la route qui lie les écuries au manoir, bien qu’une portion joigne également la porte secondaire liée au garage réaménagé, et c’est ici que j’accueille les gens. Les X-Men savent qu’ils peuvent venir me voir s’ils ont besoin de mon aide, quelle qu’en soit la raison, et certains étudiants liés à des X-Men doivent le savoir aussi du fait, mais il est inhabituel de voir quelqu’un venir ici avec un présent. J’ai observé les festivités et sais que mon visiteur a fait un cadeau à la totalité des personnes résidant au manoir mais, considérant que ce n’est pas mon cas, je n’avais pas considéré qu’il viendrait à ma rencontre pour m’impliquer également. Mes amis ont arrêté depuis longtemps de chercher à me faire des cadeaux, chaque chose m’intéressant mettant en branle un moyen de l’acquérir avant même sa sortie, et je plains la pauvre personne à chercher à me faire plaisir par le biais d’un présent.

Ma couleur favorite n’est pas une couleur mais est l’une des choses que l’on remarque assez rapidement sur moi : plus que la chevelure en carré court, ce sont le débardeur, les gants longs remontant jusqu’au milieu des bras, le jean slim et les new-rocks qui portent ce noir qui me sied bien. Délaissant mon verre sur l’accoudoir de mon siège, je prends une inspiration avant de me lever simplement, quittant la pièce au moment où la sonnette raisonne dans le couloir transversal et les poutres de toiture de ces anciennes écuries dont la structure rangée me convient parfaitement. La salle d’observation est l’une des plus proches du large vestibule en croix sur lequel donne la porte d’entrée, dont le seuil est couvert de tapis agencés en Tetris et dont le fond fait office de salon avec des canapés et une table basse centrale. Anticipant que la confrontation de l’air chauffé du loft et de l’air froid de l’extérieur sera responsable de buée, je retire mes Cyberlunettes pour retrouver un monde aussi ennuyeux que lorsque j’use de ma télépathie et ouvre rapidement la porte vers le point d’intérêt, mes pupilles se réfractant un instant pour analyser Casey Nordin jusqu’à la structure cellulaire.

La pensée double permise par les cerveaux indépendants du jeune mutant s’exprime en addition à son stress mais la reconstruction de s phrase se fait naturellement, les mots s’alignant de manière à confirmer l’une des anticipations porté à ma conscience par mes propres capacités. Il serait plus exacte de dire deux des anticipations, puisque l’adolescent tient deux discourt et que je n’ai pas prise sa particularité en compte avant de le voir. Je le laisse finir sans rien dire ou éprouver, continuant de le fixer directement alors que le futur se fait présent. Il est intéressant de noter que l’un de ses flux de pensée est plus hésitant que l’autre et qu’il s’agit du second exprimé, les deux cerveaux produisant les réactions biochimiques responsables des émotions à part et les plus utiles étant priorisées malgré que l’interférence des problématiques : les deux introductions se suivent en commençant par la plus assurée, la pensée liée à la première se fait puis une seconde liée à l’autre intervient et va jusqu’à sa conclusion avant que la deuxième partie de la première pensée ne vienne conclure. Les deux pensées contiennent le justificatif mais la première est clairement une approche, exposant les raisons du cadeau et faisant les présentations, tandis que la seconde est une excuse, tant pour l’oubli que pour le retard et cherchant à se rattraper avec le nouvel an.

Entre.

Je continue d’ouvrir la porte, laissant pénétrer l’air légèrement supérieur à 0°C avec celui devant se trouver entre les 16 et les 20, et appuie simplement mon invitation d’un geste de la main désignant les canapés se trouvant à une demi-douzaine de mètres de nous. Refermant après lui, je reste dans son dos lorsque je reprends la parole avec mon ton neutre voir monocorde.

Si tu veux quelque chose à boire, n’hésite pas. Coca, Ice The, chocolat chaud, lait chaud, thé, café, eau.

Je ne propose pas les alcools, Casey devant déjà gérer deux flux de pensée cohérents et, quand bien même il serait probablement plus amusant ivre, restant mineur. Suffisamment âgé pour conduire mais pas encore avoir une arme ou, plus difficile à atteindre, pouvoir ingurgiter de l’alcool même s’il est plus probable qu’il fasse les choses en inversées, finissant ivre avant de tenir une arme et avant de posséder un véhicule. Les conventions sont toujours différentes des réalités. Il est intéressant également de noter que l’intention de Casey vient d’une convention, ayant offert quelque chose à tous les autres il le fait également pour moi, et je lui montre un de mes réalités, essuyant mes lunettes sur mon débardeur afin de dissimuler mes yeux derrière leurs verres rouges comme je le fais face à la quasi-totalité des personnes.

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Re: Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

Message  Casey Nordin le Jeu 6 Avr 2017 - 20:30

Quand il s'emballait et se laissait gagner par la nervosité, Casey avait l'habitude de recevoir des réactions consternées. On l'observait avec une sorte d'inquiétude, en sachant à l'avance qu'il n'y aurait rien de très approprié à lui répondre. Souvent, l'exaspération ou la pitié finissaient pas l'emporter. Les plus patients lui demandaient de souffler un coup et de tout reprendre depuis le début pour bien clarifier son discours. Sage ne fit rien de tout cela. Son indifférence le déstabilisa un instant. Était-ce positif ? Encore plus négatif que le reste ? Il n'arrivait pas à le déterminer. D'un côté, elle ne semblait pas surprise ni trouver son comportement anormal, ce qui était plutôt nouveau, mais rassurant. De l'autre, la jeune femme ne renvoyait pas assez de chaleur humaine pour le mettre réellement à l'aise. Elle pouvait donc tout aussi bien le mépriser au point de ne pas estimer utile de réagir. Il eut le temps de regretter au moins dix fois son initiative, son discours maladroit, d'envisager la possibilité de s'excuser et partir avant de se faire renvoyer, en se demandant s'il devait lui laisser son cadeau malgré tout, au risque d'aggraver les choses, tout en estimant que le pull pourrait aussi briser la glace entre eux. Casey n'était pas assez naïf pour croire qu'une super-détective avec le cerveau d'un ordinateur comme Sage allait fondre d'émotion devant un vêtement de laine fait par un inconnu qui ne lui devait rien, mais il tenait à l'adage « C'est l'intention qui compte » et voulait pouvoir se rattacher en la logique des normes sociales : il n'est pas décent de rejeter une personne venue avec une offrande. Cependant, une mutante aussi connectée avait-elle encore quelque chose à faire de la bienséance ? Il semblait que oui. En tout cas, à sa manière, car elle ouvrit complètement la porte pour l'inviter à entrer.

En un instant, Casey oublia la plupart de ses réserves. Une partie de son cerveau hésitait, mais l'autre était déjà excitée à l'idée de découvrir un nouveau lieu et l'emporta sans grandes difficultés. Il s'engagea d'un pas vif dans le vestibule, et ses yeux partirent aussitôt en tout sens pour détailler chaque recoin. Jusqu'au chemin vers ce qui semblait une salle de réception, il se laissa absorber par sa curiosité, même si peu d'éléments parvinrent à l'assouvir. La plupart des portes étaient fermées, et le salon était plutôt vide. Il ne fallut cependant pas longtemps pour que ses mains essayent de toucher au premier objet à leur portée mais Sage retint son geste en lui demandant avec la même voix de machine s'il voulait boire quelque chose et en énumérant sans doute précisément tout ce qu'elle était en mesure de lui proposer. Casey estima qu'il était temps de s'installer sur un canapé – ce qu'il fit d'une manière un peu trop vive pour paraître naturelle – et de retirer la veste beige qu'il avait enfilé à la hâte sans prendre la peine de la fermer. Au passage, il avait totalement oublié son écharpe car les écuries ne lui semblaient pas assez loin pour mériter un tel effort. Que voulait-il ? D'abord, il était venu pour offrir un cadeau, et non pour prendre le thé. Ensuite, les lunettes rouges que venaient de remettre Sage étaient bien trop intrigante pour que la réponse à son invitation soit une priorité.

– Tu supportes mal la lumière ? Si c'est parce que tu as un regard un peu trop perçant pour les gens, ne t'inquiètes pas pour moi ! Elles font quoi tes lunettes ? Il y a des choses dans les verres non ?

Au moment où il posait sa question la plus bêtement évidente, il avait bien remarqué que les lunettes de la jeune femme n'avaient rien de lunettes teintées normales. Mais, encore une fois, il s'était laissé emporter et son élan avait parlé pour lui. Quand on prenait une accélération pour courir, on ne pouvait pas s'arrêter brusquement, et Casey avait le même problème avec la parole. Tout allait beaucoup trop vite, même attendre une réponse ou le bon moment pour offrir un cadeau qu'il chiffonnait à moitié entre ses doigts.

– Et heu… Tiens du coup ! C'est ce que je suis venu t'offrir, comme je t'ai dit. – Il se leva d'un coup pour mettre le paquet dans les bras de Sage. –  D'accord pour boire, mais ça va, enfin je veux pas t'embêter, si tu veux vraiment me servir quelque chose je prendrai un chocolat alors mais c'est vraiment pas obligé, je viens juste de l'institut, c'est pas loin non plus !

On sentait à sa manière de se dandiner avant de se rasseoir tout aussi sèchement que la première fois qu'il mourait d'envie de dire un tas d'autres choses, mais chaque chose en son temps. Sinon, il finissait par se souvenir après coup qu'il avait posé vingt questions et obtenu deux réponses, ce qui l'ennuierait fortement, car ça faisait beaucoup trop d'interrogations en suspens finalement. Et si aucune ne semblaient importantes au moment où il les formulait, tout l'intéressait sincèrement. En tout cas, on ne lui avait pas menti. A part ses lunettes rouges, la jeune femme était tout en noir, ce qui tranchait beaucoup avec ses choix vestimentaires très colorés. Le look de l'adolescent était aussi voyant que soigné. Il aimait les couleurs vives, les matières originales, mais n'allait jamais vers le bariolé ou les coupes extravagantes. Si on ne connaissait pas ses origines sociales, il pouvait même se faire passer de loin pour un enfant de beaux quartiers avec son pantalon rouge foncé, son pull turquoise dont ressortait le col et les manches d'une chemise vichy noire. Ses baskets blanches paraissaient neuves, mais il était surtout très attentif à la propreté de ses affaires puisque la moindre poussière finissait par occuper tout son espace visuel. En apparence, Casey s'était parfaitement adapté, peut-être même trop à l'excès, mais c'était un style qui lui plaisait parmi tous ceux qu'il avait étudiés sur des sites et catalogues de mode. Il choisissait d'ailleurs de lui-même des teintes un peu plus vives que celles qu'on présentait. Alors bien sûr, il était très tenté de proposer le même genre de choses avec ses pulls, mais il avait fait l'effort de s'adapter un minimum, et de faire, certes, un motif bonhomme de neige à Sage, mais sur un fond complètement noir !


Dernière édition par Casey Nordin le Lun 19 Juin 2017 - 17:47, édité 1 fois

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Re: Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

Message  Tessa le Mar 18 Avr 2017 - 7:16


Casey Nordin doit être habitué à déstabiliser les gens, non à l’être par eux, et je considère son hésitation comme je le fais du reste. Je ne suis pas parmi les plus sociables de l’Institution ou des X-Men et n’ai pas vocation à l’être, pas plus que je ne cherche à me montrer agréable ou désagréable. Beaucoup ont de la difficulté avec moi pour ces raisons, d’autres parce qu’ils ont simplement de la difficulté avec les gens n’exprimant pas leurs émotions et étant du fait "mécaniques". Je sais qu’on a déjà dit de moi que Danger était plus humaine et intéressante mais cela m’indiffère complètement ; tout autant que j’ai des détracteurs, j’ai des amis également. Si j’en suis capable pour les besoins d’une mission, je n’ai pas l’intention d’altérer ma personnalité au quotidien et laisse les appréciations qu’en ont les autres faire le tri entre ceux qui m’accepteront comme je suis et ceux qui poursuivront leur chemin. Cette réaction automatique vaut pour l’adolescent en face de moi également mais je considère également ses raisons de présence ici et elles sont inédites ; en plus de lui créer de la difficulté.

Ses pensées s’agitent et les doubles sources émotionnelles marquent son visage avec plus de vivacité que la norme, créant un certain intérêt. Sa mutation m’intéresse indiscutablement, tout autant que celle de Caroline du fait des parallèles que l’on peut faire entre nous, mais je n’ai pas l’intention de résumer quelqu’un aux conséquences de son Gêne X. Ce n’est pas tant parce que je comprends ce que cela fait que parce que c’est d’une superficialité qui ne me convient pas. Et la curiosité du jeune garçon me laisse à supputer qu’il est dans similaire cas, le poussant à explorer aussi bien visuellement que tactilement malgré une interdiction de dernière seconde. Il n’est pas grand-chose à toucher ici, de toute façon, et si les interdictions tacites des portes closes sont efficientes Casey ne devrait guère poser de problème. Et, dans la possibilité dépréciable où il entre en infraction, les problèmes qu’il peut poser son plus pour lui que pour moi.

La prise d’aise est en revanche parfaitement acceptée, probablement parce qu’elle est dans la pièce conçue pour recevoir cela dit, même si elle n’est pas aussi aisée qu’elle pourrait le sembler par simple vitesse de mouvement. Cela ne m’empêche pas de proposer silencieusement à récupérer la veste pour la pendre au côté de l’une des miennes, au l’entrée, dans un délai de mouvement qui permettrait de norme la réflexion quant à la boisson proposée ; mais Casey est bien plus vif que la norme.

La curiosité alimentée par son double-cerveau et sa vivacité d’esprit sont des choses que j’apprécie tout en restant consciente qu’elles peuvent rapidement s’aventurer sur des sentiers glissant. Il n’y a aucune inquiétude cependant, tant parce que la peur me reste inconnue que parce que je sais que lesdits sentiers ne seront pas difficiles à rediriger comme ils l’ont toujours été. Reste la possibilité que Casey déduise des choses que je laisserai transparaitre inconsciemment mais je n’aurais pas l’hypocrisie de lui en tenir rigueur puisque cela reste ma spécialité ; à dire vrai, s’il le fait réellement, j’en serais plutôt satisfaite. Et il tente de le faire, supposant l’utilité de mes Cyberlunettes à sa double manière avant de demander confirmation ; confirmation qu’il n’attend pas pour se reprendre, réagissant avec célérité et peinant à ce gérer lui-même.

Son cadeau est le sujet suivant et il revient vers moi pour me le donner, prêt à forcer l’arrivée du vêtement jusque dans mes mains, avant d’en revenir deux sujets plus tôt. Impliquer ma volonté est innocemment malin tandis que la considération des distances pour me trouver une excuse, et donc une porte de sortie si ma proposition n’est que politesse, est tout aussi gentil. Oui, ma proposition de boisson est une considération sociale afin de recevoir quelqu’un d’une manière un peu "vieux jeu" qui donne à penser l’origine du surnom "Lady". Néanmoins les implications précédentes transforment le geste en quelque chose de plus personnel et cette manière d’approcher les choses me laisse envisager une nouvelle hypothèse quand au cadeau : Casey a pu considérer que les choses puissent être prise personnellement du fait que je sois seule exclue de ses présents. Il viendrait donc réparer une faute personnelle, non régler une convention sociale.

Restant immobile et silencieuse alors qu’il retourne s’assoir, je l’observe faire en se retenant de laisser exploser tout ce qui bouillonne dans l’esprit. Disposer de deux cerveaux est une chose que j’observe aussi bien que les conséquences mais le fait que chaque cerveau fonctionne par arborescence plutôt que par séquence devient de plus en plus évident et laisse entrevoir des particularités qui peuvent être encore accrues par la mutation. La norme sociale est quelque chose avec laquelle Casey doit composer, en essayant d’aller au rythme et dans le sens des autres, plutôt que de partir dans tous les sens à sa vitesse propre. Je connais son passif puisqu’il est dans le dossier de l’Institution comme dans celui des services sociaux et son échec peut tant s’attribuer au double-cerveau qu’à la pensée arborescente qui réclame généralement des méthodes d’apprentissage spécifiques. Sa tenue est une preuve de son adaptation de par les vêtements choisis tandis que leurs couleurs témoignent de ses particularités mentales d’une manière inverse à celle que j’ai accomplie ; un fin sourire se dessine sur mes lèvres à cette idée.

Mon regard est trop perçant pour la plupart des gens mais c’est surtout l’usage de mes capacités que mes lunettes facilitent. Et un chocolat chaud est la moindre des choses.

Je n’ai pas de cadeau à faire en échange mais ce n’est pas l’intention, Casey n’est pas ici pour recevoir pas plus qu’il n’a accompli ses autres présents de noël pour cette raison. Faire plaisir et s’intégrer au plus probablement, s’occuper potentiellement. Passant un oncle sous l’un des morceaux de scotch du paquet, je déchire le papier autour de celui-ci pour dévoiler ce que nous savons tous les deux déjà : la nature du vêtement. Tenu par le col d’une main pour le sortir de l’emballage qui reste dans l’autre main, je regarde un instant le pull sur la même iconographie que ceux qu’il a déjà offert mais d’une couleur différente pour accroitre ses chances de s’intégrer à ma garde robe. Prévoyant.

Merci. Si cela peut te rassurer, c’est normal que je ne manifeste aucune surprise ; cela fait parti de mes capacités. As-tu été capable d’estimer les mensurations du regard ?

Il est plus probable qu’il ait fait une taille générique en partant du principe que c’est le genre de vêtement à ne jamais être trop grand mais ma question vise un approfondissement de ses capacités. Il est improbable qu’il ait cherché à faire ce pull sur mes mesures puisque je ne suis pas aisée à observer mais peut-être est-ce le cas pour d’autre et cela ne m’impliquerait que d’avantage. Je garde considération des futurs possibles et cette question est importante, à défaut que ma volonté attendre une réponse précise. J’ai déjà considéré qu’il était aisé de faire des parallèles entre les capacités de Caroline et les miennes tout comme c’est également le cas avec Casey ainsi, comme pour la Latvérienne, il est possible que je sois une aide pour le chicagoan à l’avenir.

Suis-moi.

D’ordinaire, je n’invite pas les gens à me suivre en cuisine même lorsqu’il s’agit de leur préparer une boisson. Je ne le fais pas pour surveiller Casey, s’il tourne ses yeux vers la charpente il aura tout loisir de découvrir qu’il y a une caméra au croisement afin d’observer mon intérieur comme je le fais de l’extérieur,  mais pour éviter des délais de réflexion dont il n’a pas plus besoin que moi.

Marchant en silence le long du couloir, je passe toute les portes closes pour en arriver aux pièces sans porte, bien plus grande que les précédentes. Sur notre gauche se trouve la cuisine, aménagée à partir de la sellerie. Deux fois plus large que l’une des pièces à porte close, tout le fond est construit comme un plan de travail tout équipé et avec l’entièreté de l’électroménager intégré tandis que le mur mitoyen à l’ouverture est rempli de placard. Déposant le papier dans un compacteur d’ordure puis le pull sur l’un des espaces libres, je m’en vais assembler les éléments nécessaires à la boisson non loin du cadeau et porte la tasse de lait au micro-ondes. Il faut environ deux minutes pour que le tout soit prêt et je parle en simultannée.

Pourrais-tu essayer de t’exprimer à la vitesse de ta pensée ? Sans les barrières ou les filtres que tu te places habituellement.


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Re: Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

Message  Casey Nordin le Mar 20 Juin 2017 - 19:27

En entendant Sage affirmer que son regard est peut effrayer les gens, Casey se retint pour ne pas exprimer son sentiment d'injustice face à cette précaution. Il fallait toujours qu'il rassure les gens par réflexe. Il se sentait solidaire de tout ce qui pouvait impliquer une exclusion et pensait nécessaire de rassurer même ceux qui ne se plaignaient pas d'être à part. Pour lui, il s'agissait d'une chose terrible. Personne ne méritait le rejet, et ne devait le considérer comme normal. Il avait mis un certain temps à l'apprendre, mais menait aujourd'hui un genre de combat personnel pour le faire savoir. Donc, même s'il était vrai que le regard de la jeune femme était assez glaçant, il était prêt à le nier contre tout bon sens, en lui affirmant le contraire. Encore une fois, ses bonnes intentions avaient un fond ambivalent. Il péchait dans sa difficulté à faire la part des choses. Mais il n'eut pas l'occasion de commettre une nouvelle maladresse. La suite du propos de Sage était bien plus intrigante et il avait été capable d'analyser la vanité des déclarations qu'il aurait pu faire : elle n'attendait pas du tout à être rassurée, elle était passé de suite à une explication plus concrète qui justifiait amplement le port de ses lunettes. Le regard du mutant redoubla d'intérêt. Il détailla rapidement toutes les particularités de l'accessoire, en se demandait pourquoi ces lunettes pouvaient faciliter l'usage des capacités de la jeune femme. Évidemment, un millier de questions se bousculèrent dans sa tête.

– Comment ? Tu peux voir d'autres choses dans les verres c'est ça ? Elles peuvent superposer plusieurs écrans à la fois ? Combien tu peux voir de choses à la fois ? Si tu ne vois qu'une seule réalité, est-ce que tu t'ennuies ?

Il avait enchaîné les questions sans marquer la moindre interruption, fasciné par les possibilités de ces lunettes à mesure qu'il déroulait sa pensée. Il ignorait l'existence d'un tel accessoire, mais ça lui semblait soudain très intéressant et, surtout, il se demandait à quel point le cerveau très particulier de Sage pouvait gérer des informations multiples, comment elle faisait pour être aussi calme malgré tout, comment elle pouvait ne pas tourner désespérément en rond comme lui en étant capable de recevoir un nombre encore plus important d'information. Ça l'angoissait rien que d'y penser. Même si ce pouvoir était une opportunité pour arborer des lunettes particulièrement cool, il n'était pas certain de l'envier. Il n'en oubliait pas le cadeau pour autant. Sage le reçut assez sobrement, mais il ne s'en soucia pas vraiment, il fut même assez surpris qu'elle lui explique son absence de réaction. Casey redoutait les rejets francs et violents. En revanche, malgré ses bonnes capacités d'observation, il ne se préoccupait pas souvent des réactions des gens face à son attitude ou ses nombreux cadeaux. Tant qu'il ne relevait pas d'agressivité, tout lui semblait à peu près normal. Il agissait selon ses idées, validait ses démarches sans imaginer qu'elles pouvaient être mal perçues. Il était heureux d'offrir ce pull à Sage, tant qu'elle l'acceptait, tout lui allait, même un simple « merci » de convenance. Ça restait une validation. Mais, elle s'était sentie obligée de se justifier, et avait donc piqué sa curiosité.

– Tu considères le fait de ne pas montrer d'expression et d'émotion comme une capacité ? demanda-t-il naïvement. Tu peux aussi lire dans les pensées ? Voir l'avenir ? demanda-t-il en ouvrant des yeux plus grands.

Il était un peu plus perdu de devoir répondre à la question de Sage. Casey agissait souvent trop vite pour réfléchir aux plans qui se montaient dans sa tête. Il répondait à une sorte d'instinct de ce qui allait fonctionner ou non. Il hocha donc doucement la tête. Et commença, plus hésitant, comme s'il devait avouer une bêtise. Mais il fallait reconnaître qu'essayer d'évaluer les mensurations de Sage sans lui avoir demandé son accord avait quelque chose de très indiscret. Son explication prit le ton d'une justification.

– Oui… Je ne t'ai pas vue beaucoup, mais je me souvenais des filles qui avaient une taille proche de la tienne, j'ai essayé de trouver des photos pour le confirmer. Mais c'est juste un pull, alors ça ne demande pas une précision extrême ! J'en ai fait beaucoup, ces dernières semaines, alors je sais à peu près quelle taille correspond à qui.

« A peu près » était assez modeste considérant qu'aucun des pulls qu'il n'avait fait n'étaient à l'exacte même taille, mais il ne s'en rendait pas vraiment compte. Il décidait encore une fois trop rapidement de ce qu'il convenait de faire, alors il ne se sentait pas lui-même d'une extrême précision.
Que Sage lui demande soudain de la suivre après son étrange question augmenta son malaise. Il lui emboîta le pas avec un enthousiasme nettement moins vif. En constatant qu'elle le menait simplement dans la cuisine pour préparer son chocolat, Casey se relâcha. Mais il fut bien vite déstabilisée par la demande incongrue de Sage. En général, on lui implorait plutôt de faire l'inverse.

– Heu… oui. Tu veux que je dise quoi ? On me demande de faire attention normalement. Je dois dire ce qui me passe par la tête ?

Là, c'était un comble. Pour une fois qu'on lui demandait de se lâcher, il ne savait plus quoi dire. Il semblait se demander s'il y avait un piège quelque part, et attendre une confirmation supplémentaire pour oser se lancer. Puis pour parler de quoi ? Ce serait mieux d'avoir un sujet non ? Une autre genre de demande qu'un simple « exprime toi » pour se lancer de manière un peu plus naturelle que ça.

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Re: Des cadeaux par milliers ! [Tessa]

Message  Tessa le Ven 30 Juin 2017 - 6:09


Les émotions s’affichent sur le visage de Casey et varient à l’énoncé de mes paroles tout en lui laissant le temps de réfléchir avant que je ne les ai finies, les crispations musculaires toujours indicatrices de l’activité cérébrale à défaut d’en dévoiler la voie intérieure. Les yeux bougent à cette même célérité et la réactivité continue par les paroles, lesquelles s’enchainent aux miennes avec une fluidité qu’elles perdent par la bousculade de mots qui les composent. Toutes les questions font mouche cependant et un fin sourire est ma seule réponse, involontaire mais naturelle et possiblement suffisante. Ce n’est pas la curiosité enfantine qui me plait chez mon interlocuteur, c’est la rapidité et la perspicacité qu’il possède ce faisant. Je n’ouvre cependant pas mes lèvres, laissant les choses se dérouler en observant l’adolescent toujours porté par ses flots déchainés de pensée et son visage témoignant de tout cela. Je sais comment lui expliquer et je connais les situations possibles de cette discussion comme celles où elle n’a pas lieu, sélectionnant un parcourt avec un automatisme conscient. La causalité implique l’enchainement d’événements et si Casey comme moi sommes capables d’en appréhender bien plus que la moyenne, il nous faut maintenir un certain rythme. Ce que je fais.

Mes explications conduisent à de nouvelles questions et suppositions dont la pertinence est une fois encore très appréciée, suffisamment pour que je le ressente en tout cas. Ne pas réagir à mes propres émotions, et conséquemment n’avoir les expressions qui les accompagnent, fait plus parti d’un trouble de la personnalité que d’une mutation néanmoins la mienne participe à mon détachement des choses et ce sont surtout la lecture de pensée et la précognition qui sont importantes dans les suppositions de Casey, quand bien même aucune réponse ne lui est fournie immédiatement. La piste d’indices continue de se faire tandis que je l’interroge également, jouant sur deux tableaux en conscience qu’il aura plus de facilité que la norme de part ses capacités. Néanmoins, comme avec la différentiation entre capacités et personnalité faite à l’instant, Casey se retrouve prit au dépourvu par ma question même s’il y réagit dans l’instant, pressé par un stress inutile.

Estimer les mensurations du regard et recouper des informations par comparaison, je le fixe sans perdre mon expression calme et, chose rare, bienveillante. Trouver des photos de moi relève de l’exploit considérant que je tends à éviter d’en faire lorsque cela ne contribue pas à un personnage pour travailler sous couverture ainsi il est plus aisé de me détailler malgré que l’on ne me voit "pas beaucoup" ; une chose qui est plus gênante pour Casey que pour moi considérant que le principal point d’observation où l’on peut m’attendre à l’Institut est la piscine, où je me rends quotidiennement pour maintenir ma condition physique même si c’est durant les heures de cours. L’attention visuelle, même déplacée, n’est pas quelque chose qui me gêne et ce sont ses conséquences qui peuvent me poser problème. Chose qui n’est pas le cas présentement. Pour ma part cependant.

La gêne de Casey lui est laissée et je n’y accorde pas d’importance puisqu’il aura tôt fait de passer à autre chose tandis que mon attention est déjà dans ces autres choses possibles. Je sais où je veux aller dans les événements à venir et je sais quel chemin suivre pour favoriser au mieux cela même s’il implique parler de moi. Les suppositions ont déjà été faites et il sera d’autant plus facile d’aider l’adolescent à exprimer ce qui lui passe par la tête s’il a un sujet de réflexion pour base. Cela sera moins intrusif également même si l’intrusion n’est pas la principale crainte de mon interlocuteur. Je suppose que j’envie légèrement Casey, même si je ne saurais dire quels sentiments accompagnent l’intérêt pour lui maintenant que la joie ait redescendue à un niveau auquel je ne suis pas sensible. Je suppose que je l’envie car malgré ses capacités, certes non-maitrisées mais bien présentes, il est toujours surpris. Ce n’est pas une chose qui me manque mais c’est une chose probablement plus facile à vivre que l’extrême inverse dans lequel je me trouve, pour peu qu’on aime être surpris.

Les éléments pour le chocolat chaud réunis devant moi, je me désintéresse d’eux un instant pour porter mes mains aux branches de mes Cyberlunettes et retirer ces dernières. Il ne faut pas une seconde à mon cerveau pour corriger la luminosité jusqu’ici altérée par les verres rouges et je consacre l’une de mes mains ainsi que les secondes suivantes à simplement tendre cet objet de curiosité à Casey, sans prendre la peine de le regarder.

Dis ce qui te passe par la tête à ce sujet, cela m’évitera peut-être de m’ennuyer.

Il faut environ deux minutes pour que la boisson soit prête et c’est le temps que je lui accorde pour laisser libre court à sa pensée. Sans la Cyberpathie, l’adolescent ne peut les contrôler les Cyberlunettes mais cela ne l’empêchera pas de voir ce que j’y ai laissé, les verres ne se contentant pas d’additionner du rouge à sa vue mais contenant également des fenêtres informatiques. Certaines sont vidéos, notamment celle divisée en quatre qui altère à chaque seconde quatre des caméras de surveillance de l’Institution ou celle divisée en deux qui montre deux chaines d’informations en continue, tandis que d’autres se rapportent aux fluctuations boursières à un taux d’actualisation constant et que la seule immobile ouvre sur un site internet actualisant une liste de faits divers en provenance de tous les Etats-Unis. Une demi-douzaine de fenêtres au total dont la petitesse est compensées par la superposition au champ de vision et dont le mouvement attire d’autant plus l’attention que l’écran est rouge, la couleur la plus rapide à être analysée par le cerveau humain.

Versant le lait dans le verre puis plaçant le premier au micro-onde avant de ranger le second au frigo, j’écoute surtout les paroles de Casey. La pensée séquentielle d’une unique personne n’est pas suffisante à me tenir réellement occupée et j’attends de voir si une double-pensée en arborescence l’est. J’ai des probabilités là-dessus comme sur les choses que va dire mon interlocuteur et, tandis que la tasse pivote au son et lumière de l’appareil électroménager, je me tourne vers l’adolescent en croisant les bras. Mes yeux d’un bleu glacé se posent sur lui, observant impassiblement une exploration que peu de gens ont fait. Mes amis doivent généralement me voler l’une des paires de Cyberlunettes pour pouvoir voir ce qu’elles affichent réellement mais je ne les teste pas comme je teste Casey.

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