To be The Lucky One

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Message  Lucy "Lucky" Prissy le Sam 19 Nov 2016 - 8:33

Chapitre I : Une question de bonne volonté


Lucy Camille Innocente Prissy, maintenant tu la fermes.

Papa est penché au-dessus de moi, ce qui lui est d’autant plus facile que je suis assise en plus d’être pas grande alors qu’il est debout devant sa chaise, et gueule avec son tic manuel, lequel consiste à avoir la main vers moi comme pour me désigner mais avec l’index pointé vers le sol et appuyant ses propos de façon très imagée. De mon côté, je garde ma position d’aise, une cheville sur le genou de l’autre jambe et un coude sur le dossier, tout en ayant également un tic gestuel consistant regarder ailleurs et à balayer de la main tout ce qu’il vient de me dire. J’ai respectée sa demande, je me la suis fermée, et lui ai signifié que je n’en avais rien à foutre, même si ce n’était pas vraiment volontaire ; généralement, j’évite de me la ramener quand il utilise les trois prénoms, ça doit être un reste d’instinct de survie ou un truc comme ça. Dans tous les cas, son grognement me fait savoir qu’il a parfaitement compris. Papa me connait comme s’il m’avait faite, comme il dit parfois, même si c’est Maman qui a fait la quasi-totalité du travail, comme je lui réponds toujours.

Nous avions un accord.

Mon regard revient vers Papa même si ma tête ne bouge que très peu, mon visage signifiant au combien je ne suis pas convaincue par cela. Pour des questions de pédagogie, Maman nous encourage à faire des accords : ça me responsabilise puisque je dois tenir mes engagements sans quoi je donne raison à mes parents, ce que je ne veux pas faire ne serait-ce que par esprit de contradiction, et ça permet de diriger à peu près ma tête de mule vers là où on veut qu’elle aille, ce qui reste l’objectif premier. Sauf que, voilà, j’ai en rien trahi notre accord avec ma proposition.

Tu es dans la Section Junior pour avoir une formation dans le super-sécurité mais tu ne fais plus ton vigilantisme de rue en marge de la loi, c’est ça le deal.

Je lui fais face en croisant les bras et en posant mes deux pieds à terre, toujours assise sur le confortable siège du bureau du commissaire au commissariat de la Plaine-Saint-Denis, et échange un regard avec le Commissaire de l’autre côté de son bureau. Commissaire qui doit avoir autre chose à foutre mais c’est lui qui a appelé Papa donc qu’il assume ; je vois pas pourquoi je serais la seule à devoir prendre mes conneries sur moi. Face à mon silence, Papa commence à se calmer et un sourire victorieux déforme la broussaille grisonnante qui lui sert de barbe. Réajustant la veste de cuir qu’il porte par-dessus son costume, il prend une grande inspiration en se redressant et semble en avoir terminé.

Tu n’as rien à répondre, bien.

Mes yeux s’écarquillent et mon visage témoigne de combien je suis outrée, avançant la tête et décroisant les bras pour signifier mon désaccord.

J’y crois pas : tu m’as dit de me la fermer, j’obtempère. Maintenant si j’ai le droit de répondre, je le fais.

Lucy… ne joue pas sur les mots.

Papa remonte les épaules, prêt à repartir, et je recroise les bras, me renfrognant. Je ne joue pas sur les mots, c’est cette espèce de facho qui veut m’entourlouper parce qu’il sait que j’ai raison et qu’il a tort. Il veut juste pas l’admettre parce qu’on est aussi bornés l’un que l’autre. Ce qui fait que je persiste aussi bien. Je plaindrais bien le Commissaire d’assister à la scène mais, encore une fois, c’est lui qui a appelé mon père donc il l’a bien mérité.

Je la joue franc-jeu, sinon on serait pas là.

A lui de me répondre quelque chose à ça. Parce que non, je ne me suis pas faite chopper en train de faire du vigilantisme de rue comme on faisait avec la Cour des Miracles, je tiens ma part du marché. Je suis juste le marché à la lettre, à défaut de jouer sur les mots, et c’est parce qu’il y a une faille dedans que je peux l’exploiter. C’est pas une question de mauvaise volonté mais de bonne volonté, justement ; de mon côté du moins. Je mets autant de bonne volonté que Papa de mauvaise et je suis certaine qu’il pense exactement la même chose de moi. Son problème c’est que j’ai héritée de l’intelligence de Maman.

L’Alliance autorise la lutte contre les criminels lambda à la Section Junior : ils sont des menaces mineurs pour les groupes de super-sécurité et, même s’ils évoluent lentement, ils cherchent à éviter d’attirer l’attention. Okay, les Champions de l’Europe essaient d’être discrets quand ils aident les polices pour pas faire perdre confiance en elles mais, si vous arrêtez un de leur Junior pour vigilantisme, ils viendront le faire sortir de garde à vue après un temps. Tout le monde a admis ça.

Je me stoppe dans mon discourt, les mains devant moi à désigner chacun de mes deux interlocuteurs, et autant le Commissaire est en accord autant Papa est égal à lui-même : les bras croisés, la mine renfrognée et l’esprit de contradiction au front.

Du coup, plutôt que de jouer au chat, à la souris et à la fourrière pour animaux errants, plutôt que de faire les choses dans votre dos comme avant et comme j’ai dit que je le ferais plus, je viens vous demander de vous aider.

Le soupir de Papa est si fort qu’il en baisse les épaules et en lève les yeux au ciel en plus de rompre sa pause précédemment prise. Il ne peut pas dire que je ne sois pas sincère ou que je revienne sur notre marché, je ne le fais pas. C’est tout le point que j’ai appris ces derniers mois, depuis la fin de la Cour des Miracles et avec la Section Junior : faire des compromis. Okay, je les fais dans le sens qui m’arrange comme la grosse opportuniste que je suis, mais faudrait être bête pour se désavantager en négociation.

Mlle Prissy, l’ACE vous dit d’éviter la police pour ne pas finir en garde à vue et de rester discrète du fait la première chose que vous faites c’est de venir nous voir pour nous convaincre, vous ne voyez pas le problème ?

Je prends un instant de réflexion mais il passe aussi vite qu’il est venu : à part moi, je ne vois pas le problème. Heureusement, je suis moi et ne me regarde pas trop dans un miroir.

Je trouve ça logique perso : je vous évite de me courir après et épargne à l’Alliance de devoir me sortir de votre juridiction si jamais vous m’attrapez en plus de me permettre de faire ce que je suis autorisée à faire avec un maximum d’efficacité puisqu’en coopération avec vous.

Suis-je gonflée de faire cela ? J’ai un gros doute. Je considère simplement que j’exploite les éléments à ma disposition afin de faire au mieux. Okay, c’est pas ce que le système s’attendait à me voir faire mais je continue de le tester et de le hacker : mon état d’esprit est peut-être différent mais je reste aussi profondément ancrée dans l’acceptation de la différence que dans la protection et l’aide à autrui. C’est pour ça que je fais cela, que ça soit gonflé ou pas. Et puis ça me donnera la patience qui me manque pour attendre que la progression au sein de l’ACE ce fasse.

Le silence s'impose brutalement et la fatigue de Papa est d’autant plus grande, le conduisant à s’assoir à son tour. Courbant le dos et posant ses coudes sur ses genoux avant de prendre une main dans l’autre, il me regarde avec plus d’inquiétude que de lassitude. Je connais bien cette inquiétude, c’est celle avec laquelle je le regardais en grandissant lorsqu’il partait travailler. J’y fais face à ma façon et je me demande parfois s’il arrive à y faire face lui aussi.

C’est à cause de sa libération, n’est-ce pas ?

Je bug un instant, fronçant les sourcils et penchant la tête sur le côté, puis me décompose en comprenant de qui Papa parle ; je ne sais pas quoi répondre et me tais, mal à l’aise.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Sam 26 Nov 2016 - 11:57

Chapitre II : Dominique Anno

Tu veux en parler ?

Assise d’une fesse et d’un pied sur le dossier du canapé, un bras sur le genou et l’autre approchant mon smarphone de mon visage, je regarde la rediffusion d’informations que je connais déjà en respirant froidement. Carrure de catcheur, crâne chauve, Dominique « Dom » Anno est un gangster bien sapé qui trinque à la justice après une relaxe. Il a 42 ans et en a passé 25 en prison du fait de quarante et une condamnations principalement pour braquage, voie de fait sur policiers et gardiens, fraude, possession d’arme à feu, évasion et abus de confiance. Rackets, trafics de drogue, kidnappings, tortures et meurtres figurent parmi les activités principales de ce parrain d'une dynastie criminelle familiale au casier judiciaire conséquent, chef du clan le plus puissant de la pègre de Seine Saint-Denis. « On ne peut pas continuer à vivre dans le soupçon » a-t-il déjà chantonné aux flics lorsque, faute de preuves, il avait été acquitté de l’accusation d’avoir battu sauvagement quelqu’un à coups de batte de base-ball, de l’avoir ébouillanté et poignardé trente-deux fois sur tout le corps. Il est difficile à épingler, la plupart des témoins clés appelés à la barre de ses procès disparaissant, pourtant il évoque sans problème ses forfaits, claironne ses vengeances et assène sa philosophie du Talion. Dans son fief, il « fait du social » : « c'est moi qui résous les problèmes des gens » dit-il quand il glisse quelques billets à un père endetté, organise un feu d'artifice pour les gamins ou calme un conflit qui risque de dégénérer. Père de deux enfants, il traite affectueusement et fièrement l'un de ses fils de « petit salopard » et commente la terreur qu'il inspire par ces mots : « les gens flippent, ils savent de quoi on est capables ! ». C’est vrai qu’on sait tous de quoi il est capable, moi plus que les autres même considérant qu’il m’a pratiquement tabassée à mort.

Lucy, s’il te plait.

Je lève les yeux de mon écran pour fixer Maman, occupée à relire des fiches et des dossiers sur la table du salon. Je prends une brève inspiration et souffle par le nez, arrêtant la vidéo que j’ai du regarder plusieurs fois durant les dernières minutes sans m’en rendre vraiment compte. Je laisse la main portant mon téléphone pendre le long de la seule jambe qui touche encore le sol alors que je me redresse un peu pour faire face.

Y’a rien à dire. S’ils sont assez cons pour relâcher ce salopard pour « bonne conduite » après trois ans, y’a plus rien que je puisse faire.

Je renifle un coup, bien consciente que je me mens à moi-même mais que je me refuse à aller aussi loin qu’Arlequin allait. C’était un fanatique, j’ai rencontré suffisamment de véritables héros pour le voir. Toutes discutables que soient mes pensées et actions, je n’ai pas l’intention de devenir comme lui. Okay, j’ai baisé le jugement qui m’interdisait de faire du vigilantisme en rejoignant la Section Junior afin de me placer au-dessus de la loi et je tente de taper l’incruste dans les forces de l’ordre qui m’ont arrêtée mais ce n’est pas pour ça que je veux verser dans la self-justice ou encore dans la condamnation à mort. Ça a toujours été très important, tant pour la Cour des Miracles que pour moi : nous ne sommes pas la loi, nous n’avons pas à juger des crimes et des délits. Nôtre rôle c’est de limiter la casse ou, si possible, de l’empêcher.

Toi, tu veux parler du fait que tu ramènes du travail à la maison ? Tu fais ça que quand t’es plus inquiète que de norme.

Maman a un sourire amer et rebouche son stylo, relevant les yeux vers moi. Physiquement, je sais que je lui ressemble plus qu’à Papa. Psychologiquement, je tiens d’eux deux avec des similarités et des particularités. Maman se persuade qu’elle peut aider à travers son travail, tout comme le fait Papa, et moi c’est à travers ma volonté de devenir une « super-héroïne ». Je ne le vis pas véritablement ainsi mais les parcours classiques comme la BAC ou autre force de police me sont fermés à cause du niveau d’étude nécessaire à y accéder donc je trouve une alternative. Une alternative qui me permettra de faire plus et me permet d’ores et déjà de rencontrer des personnes exceptionnelles qui changent et changeront ma vie.

Ça m’évite de penser à ce qu’il t’a fait… et à ce que tu risques d’essayer de faire à cause de lui, avec ou sans le soutien de la police.

Je pousse un lourd soupir, baissant la tête et les épaules. Je ne sais pas moi-même ce que je vais faire, à cause de lui, contre lui… les choses auraient été tellement plus simple s’il avait purgée sa peine jusqu’au bout plutôt que de réussir à se tirer plus rapidement. Il n’y a qu’une raison qui a pu le pousser à réellement se montrer aimable avec ses geôliers : un problème dans son fief qu’il ne peut résoudre que par lui-même. J’ignore ce dont il s’agit et tout le monde craint me voir m’en mêler. J’ai faite une promesse et, autant cela ne me gêne pas de mentir, autant je ne veux pas revenir sur les engagements que j’ai pris. Je n’irai pas jusqu’à considérer que le taux de criminalité a baissé depuis de Dominique Anno est derrière les barreaux mais les crimes et délits étaient assurément plus désorganisés, comme le prouver la recrudescence de violences à caractères racistes de 2016. Quand on agresse quelqu’un pour un motif aussi con, c’est qu’on a pas d’idée derrière. Encore une chose pour laquelle je pourrais intervenir si je n’avais les mains liées.

Tu pèses le pour et le contre, n’est-ce pas ?

Quelque chose du genre.

Lucy… si tu veux qu’on te considère en adulte, comportes-toi comme tel.

Parfois, j’ai l’impression qu’être adolescent c’est avoir plein de rêves et qu’être adulte c’est savoir passer à autre chose. Je développerai bien sur l’enfance mais je crois qu’être enfant c’est comme être bourré : tout le monde se souvient de ce que t’as fait, sauf toi.

Je dis ça mais je n’ai aucun souvenir d’avoir été bourrée. Après, ma mémoire suivant le paradoxe du gruyère, elle n’est pas la source de renseignement la plus fiable que je connaisse. Le paradoxe du gruyère étant que plus il y a de gruyère et plus il y a de trous hors plus il y a de trous et moins il y a de gruyère, ce qui permet d’en conclure que plus il y a de gruyère et moins il y a de gruyère. Ouais, faut faire gaffe avec l’apprentissage par induction, c’est l’un de mes principaux problèmes d’ailleurs : mes observations et les théories puis lois que j’en déduis sont généralement aussi bancales que moi. J’ai un excellent sens de l’équilibre et je retombe toujours sur mes pattes, je suis un chat, néanmoins ça me conduit aussi à très souvent foutre les pieds dans le plat avec ou sans grand écart.

Maman a un soupir à la fois amusé et triste, la pilule étant amère malgré l’aspect humoristique de ma pensée. Papa et elle ont tout deux réussis à accomplir ce qu’ils voulaient, professionnellement parlant, mais je ne suis pas certaine que cela les rendent heureux. Maman a peur que Papa ne rentre jamais et se donne l’impression d’aider à travers son travail, cela n’est pas un secret entre nous. Pour ma part, je fais face à la peur avec témérité à défaut d’avoir du courage et poursuivrais ma vocation même si je n’avais aucune chance d’en vivre. Ma mère se lève de sa chaise et avance vers moi puis je pose mes deux pieds parterre, descendant du canapé pour lui faire face.

Le problème est insoluble et je suis imbuvable, ce qui implique que je sois insoluble donc je suis le problème, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas un trait d’humour, c’est juste logique. Pour moi tout du moins ; je ne suis pas certaine que cela le soit pour beaucoup de gens autour de moi, même si beaucoup entreraient en accord. Dominique Anno avait tenté de me corriger à l’époque puis m’avait corrigée d’une autre façon face à son premier échec. C’était cette autre façon que j’avais attendue, afin de le prendre en flagrant délit et de pouvoir le faire condamner, et qui m’avait marquée à vie. Oui, sa libération me travaille mais les choses sont plus profondes.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 9 Déc 2016 - 8:22

Chapitre III : Faire la Cour

Son soupir en dit plus que tous les mots qu’il aurait pu dire.

Ma bouche s’entrouvre mais je ne sais pas quoi répondre ainsi finis-je par clore mes lèvres, tout comme lui. Léo semble déçu, c’est rare de voir ses traits se déformer à ce point. Ça m’attriste tout autant que la discussion qu’on vient d’avoir et je me détourne de lui pour regarder e vide qui empli principalement cet ancien squatte. Des cartons et des structures de tentes plus ou moins fabriquées s’y trouve encore, traces d’une vie passée, éclairés par les rayons de soleil que la moitié des fenêtres n’étant pas calfeutrée laissent venir ici. Je lève le regard vers le plafond dont nombres de lattes de bois ont été arrachées, certaines se retrouvant dans les structures suscitées et d’autres ayant servies de combustibles quand les sans-abris que la Cour des Miracles aidait se trouvaient encore ici. C’est mon tour de soupirer en constatant les restes hantés de ce que nous avons tenté de faire et qui, aujourd’hui, semble aussi en ruine que ce lieu.

Tu as peut-être un don pour être au mauvais endroit au bon moment mais tu en as aussi un pour prendre la mauvaise décision au mauvais moment.

Est-il au moins une bonne décision ? J’y crois de moins en moins et mes épaules s’abaissent. Je repense à ce que j’ai dit à Maman, à propos de l’adolescence et de l’âge adulte : la Cour des Miracles était une action adolescente, incontestablement, et aujourd’hui on s’heurte aux difficultés adultes. C’est froid et amer, j’en baisse yeux et visage.

Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

Le silence est la seule réponse que je reçois. Avant nos positions étaient inversées, avant c’était moi qui m’en allait au-delà de ce qu’étaient capables les autres membres de la Cour des Miracles en les laissant derrière. J’ai continué de le faire en allant voir la Young Force puis lorsque ma Chance m’a permise de retomber sur mes pattes lorsqu’Aislinn m’a offerte une place dans la Section Junior de l’Alliance. Zombie l’a fait aussi en rejoignant également les futurs Champions de l’Europe et il en est à poursuivre seul. La différence entre nous c’est qu’il est venu me voir avant de poursuivre seul et que c’est mon inaction qui risque de le pousser à le faire.

Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

Je résiste à l’envie de me retourner alors que la tristesse brouille ma voix mais ma tête pivote tout de même afin de le voir du coin des yeux, immobile dans le squelette de ce que nous faisons autrefois côte à côte.

Je ne comprendrais jamais comment tu peux être aussi tête de mule pour faire face aux autres quelle que soit la situation.

Peut-être que c’est parce que je tâche de me montrer sincère avec eux.

Sincère ? Tu es allée voir les flics pour leur demander une autorisation alors que tu avais l’opportunité d’agir dans leur dos en toute impunité, ce qui est exactement ce que tu cherchais à l’origine. Tu n’es pas sincère, tu te sabordes seule.

Je me retourne à moitié vers mon ami, continuant de le regarder droit dans les yeux alors qu’il me fait pleinement face, droit comme les barres d’acier implantées dans son dos l’obligent à l’être. Je souffle par le nez avec lourdeur, serrant les points. Je comprends qu’il a raison mais je ne le reconnaitrais pas. Je préfère y voir la bonne volonté de coopérer avec un système qui pourtant accroit grandement ma difficulté et surtout une marque de confiance envers mes proches ; j’ai appris combien coûte le mensonge, même par omission, et ne veut pas recommencer.

Et toi, t’as pas l’impression de partir en couille comme je le faisais ?

Non.

Bien évidemment, puisque ce n’est pas le cas. Je n’ai juste rien à dire, rien à me défendre, mais je le fais tout de même. Je n’abandonne pas, je me montre tête de mule face aux autres. Je souffle par la bouche cette fois, me distrayant un instant de la légère fumée que cela fait avant d’en revenir à Léo.

Attends au moins que j’ai la réponse du commissariat. Si elle est positive, je pourrais t’aider sans avoir à doubler personne.

Les choses ont bougé depuis que Dom Anno est en prison, les agressions à l’encontre des asiatiques ne sont que la surface du problème. S’il c’est arrangé pour sortir maintenant, il doit y avoir une raison. Quelque chose n’est pas clair dans cette histoire et ce ne seront ni la police ni la BAC qui enquêteront dessus.

Manière détournée de me dire que je m’assoirais sur ma coopération même si elle est acceptée. Il y a beaucoup trop de similarités avec ce que je faisais au côté d’Arlequin pour que cela se finisse bien mais je ne peux pas céder, ça serait recommencé exactement ce qui a détruit la Cour des Miracles et fait le malheur de ma famille.

Sortant de ma poche ma balle rebondissante, je la lance à mon ami puis lui tourne le dos, essayant de rester aussi droite que je le peux afin de prouver ma détermination.

Je viendrais t’aider dès que la police aura donné son accord.

Zombie ne dit pas un mot de plus avant de se diriger vers la porte, ses pas raisonnant dans la carcasse creuse du squatte. Il s’arrête avant de franchir le seuil néanmoins, posant une ultime question qui me fait plisser les lèvres.

Que feras-tu s’ils refusent ?

Je déglutie péniblement et garde contenance jusqu’à ce qu’il s’en soit allé, n’ayant pas la moindre idée de quoi répondre et espérant sincèrement ne jamais avoir à le découvrir.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 16 Déc 2016 - 12:22

Chapitre IV : Solitude

Tu voulais ta réponse, tu l’as.

Papa est ferme malgré la fatigue, assis à la place du chef à la table où il nous a demandé de nous assoir à son retour du travail.

On est heureux que tu ais voulu aider de cette façon, tu sais ? Vouloir participer en coopération avec la loi plutôt qu’en marge de celle-ci, c’est…

Maman est posée malgré l’inquiétude, assise à droite de Papa comme à son habitude et cherchant à tempérer les choses.

Virtus ius superat, le pouvoir surpasse la loi. J’avais la bénédiction du pouvoir pour agir mais j’ai voulu la jouer franc-jeu et je me suis faite baiser bien plus rapidement qu’avant. C’est quoi l’intérêt ?

Je tremble et j’ai les larmes aux yeux de colère, ne restant pas longtemps à sa gauche car je repousse la chaise en me relevant brutalement.

Ça suffit.

S’il te plait.

Ça suffit, oui, et il ne me plait pas, non. Mais ça vous plait et vous suffit à vous, hein ? C’est ce que vous vouliez, qu’ils disent non. Qu’on me force à me tenir « tranquille ».

C’est pas leur décision, même si mon père n’a pas du plaider en ma faveur auprès de sa hiérarchie. Mais ils sont dans le camp adverse et ils vont ramasser pour lui. Ils pensent que je ne me rends pas compte et je pense ce sont eux qui ne se rendent pas comptent ; on est d’accord sur le principe, il nous manque juste la capacité de nous comprendre. On est comme chien et chat : ils vont aboyer sans jamais mordre et je vais feuler jusqu’à ce que je puisse foutre le camp.

Lucy…

Tu crois que tu m’impressionnes ?

Lucy !

Tu crois que tu vas régler ça en parlant ?

C’est au tour de Papa de se lever brutalement de sa chaise, poings serrés et regard colérique, mais je le regarde à son tour prête à continuer les passes verbales tout autant qu’à en faire des physiques. Je suis plus téméraire que courageuse mais je suis surtout dotée d’une volonté qu’ils ne pourront faire ployer, tout à la fois tenace et obstinée.

J’ai passé la moitié des derniers mois à m’entrainer à un niveau que j’avais encore jamais eue l’occasion de faire avant. Les gens qui j’y ai rencontrés, les gens qui m’ont aidé à progresser, j’ai tout fait pour qu’ils croient en moi. Vous, quoi que je fasse ça sera jamais suffisant.

Il s’agit pas de ça…

Si, entièrement. C’est ce que tu veux entendre, hein ?

James s’il te plait…

Rose, laisse-moi communiquer avec ma fille. Lucy, tu as raison : c’est parce qu’on pense que t’es juste trop conne pour réussir une scolarité normale qu’on a accepté que tu arrêtes l’école, qu’on a donné notre accord pour que tu rejoignes la Section Junior et qu’on t’a laissé faire un stage dans une école à la morale douteuse avec un tournoi où ça relève du miracle que tu ne te sois pas faire ridiculiser comme une merde. Non, mieux, comme la merde que tu es. Ça te va là ou je continue ?

J’aime Papa. J’aime cette capacité qu’on a à communiquer ensemble sans utiliser les mots et à se foutre copieusement sur la gueule quand on le fait. Je le regarde venir vers moi avec ses deux doigts qui appuient ses propos comme s’ils enfonçaient un bouton. Maman est complètement consternée mais elle sait que c’est pas sa psycho-diplomatie qui va suffire quand on se lance comme ça ; parce que je suis lancée aussi, pour le coup.

Ouais, ça fait plaisir de pas être la seule sincère pour une fois. Et pour l’être totalement, on est pareil. C’est parce que t’es trop con pour avoir suffisamment gravi d’échelon pour planquer tes miches que Maman a toujours eu peur que tu te fasses tuer dans ton métier d’hypocrite et c’est parce que j’ai grandi avec cette putain de peur que j’ai voulu devenir comme les super-héros que j’admirais. J’m’en tape d’améliorer la société, je veux juste rendre les rues plus sures pour que des merdes comme tu puisses y vivres en toute sécurité !

La gifle part mais elle ne m’atteint jamais et c’est la joue de mon père qui se retrouve marquée alors qu’elle heurte le reborde de la table alors que je me fige. Une de mes mains est derrière l’épaule de Papa tandis l’autre se trouve à son poignet, m’offrant une clé de bras très réussie ; une clé de bras qui me surprend moi-même. Le hurlement de Maman me fait sursauter et je relâche ma prise, la regardant croiser les mains sur la table.

Les Prissy vous arrêtez maintenant ! Pas un pour rattraper l’autre. Vous vous taisez et vous écoutez. Mon amour, si t’es pas capable d’être plus adulte que ta fille tu me laisses gérer. Mon chat, si tu crois qu’on ressent différemment les choses c’est que tu es stupide, en effet. Si on a peur pour ton père, qu’est-ce que tu crois qu’on ressent pour toi.

Le concerné est occupé à se relever et je le regarde avec toute colère disparue, le choc cédant rapidement place à une envie d’excuse que je réprime cependant à grand renfort de mauvaise fois. Je ne suis plus agressive à présent, j’ai juste envie que ça se finisse et que je foute le camp. J’ai envie de fuir pour m’en vouloir bien tranquillement dans mon coin sans avoir à rendre de compte à personne ou à demander l’avis de qui que ce soit.

Papa l’a dit, si vous êtes pas d’accord c’est à vous d’en discuter entre vous.

Je fixe mon père dans les yeux et soutiens sont regards qui retraduit la familière expression du refus de céder non par fierté mais parce qu’on craquerait si on le fait. Je n’ai jamais vu mon père craquer, ou alors je ne m’en souviens pas, et je ne suis pas certaine que Maman l’ait vu également. C’est pour lui qu’on a peur, toute les deux. Tout comme Papa et Maman ont peur pour moi. Mais c’est-on jamais demandé s’il avait peur, lui aussi ?

Lucy Camille Innocente Prissy, dans ta chambre.

Je ne remercierai pas Maman de sa punition mais aimerai tant le faire que je voudrais m’excuser auprès de Papa. Je tourne les talons du fait, sans me faire prier, mais ne peut m’empêcher d’ajouter quelque chose avant de m’enfermer.

Si ça peut vous rassurer. Je n’irais pas me battre maintenant que c’est interdit.

J’aime Papa et Maman. Tout comme j’aime Léo. Tout comme j’aime mes amis et mes proches. Pourquoi les choses sont-elles toujours aussi compliquées ? Pourquoi dois-je non seulement faire des choix entre eux et moi mais aussi entre eux tous ? Chienne de vie ; surtout quand on sait que je suis un chat.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 6 Jan 2017 - 9:46


Chapitre V : Un allé simple

Toi et les trucs Mayas alors, d’un autre côté c’est marqué dessus si on y réfléchit bien… Nan mais j’suis d’accord que le cinquième anniversaire de la fin du monde ça ce fête, surtout qu’on est encore là pour le faire. Après c’est pas tellement l’ambiance actuellement… C’est pas faux… Attends, je leur annonce.

Abeille aime le peu qu’on sait de la culture Maya, peut-être même plus que les abeilles dont elle tire son surnom, et je ne me laisserai jamais de la troller puisqu’elle s’appelle Maya. Le 21 tombe en première semaine de vacances scolaires et elle veut donc organiser une soirée, tâchant au passage de changer les idées de Zombie comme les miennes ; après, elle n’a eue aucune réponse de lui pour l’instant. Arrêtant de tourner en rond dans ma piaule, j’en sors pour découvrir Papa et Maman en pleine discussion. Si je n’ai pas entendu le premier rentrer, j’en entends plus que ce que j’aurai du.

Si on lui dit, ça fait être une catastrophe.

J’ai toujours été douée pour savoir ce que je n’étais pas sensée savoir, à défaut de faire la même chose pour ce qu’on m’apprenait, et une partie de cela relevait du hasard ; entendre une information importante alors même que je ne cherche pas à la savoir est bien plus courant qu’à mon tour, comme n’importe quel autre concours de circonstances.

J’allais vous annoncer que je suis invitée à en célébrer une la semaine prochaine mais…

Je ne finis jamais ma réplique, levant le nez pour m’heurter à l’ambiance que je citais précédemment : Maman transpire l’inquiétude de façon assez littérale et Papa est encore en habit de travail, laissant penser le sujet suffisamment important pour qu’il en parle avant de s’affaler et que celui-ci concerne son travail ; ou au moins qu’il l’ait appris là-bas. Je les regarde sans comprendre et le silence s’installe entre nous, rapidement interrompu par Abeille qui bourdonne à travers mon portable. Je regarde Papa qui tourne son regard vers Maman, laquelle passe du fait de lui à moi et me conduit à poursuivre le relai alors même qu’il s’inverse. Personne ne sait quoi dire et je le fais donc avec la première chose qui me passe par la tête. Je ne suis pas agressive ou même plaisantine dans mon attitude malgré mes mots et continue de fixer mes parents avec suspicion.

Considérant qu’on est pas dans le Bon, la Brute et le Truand, et que je suis un peu des trois, j’me permets de tirer la première pour découvrir si j’ai une chance de savoir en faisant des yeux de chat ou si je finis comme Angel Eyes.

Soit me coucher dans ma tombe parce que les deux autres sont contre moi ; ouais, des fois je plane un peu mais la situation me semble très similaire. Sauf que seul Papa est armé. Et qu’il ne l’utilise pas pour m’allumer. Mais osef, c’est pas le sujet : je me ferais allumer après avoir faite la catastrophe, pas avant. Mes parents ne me font peut-être pas confiance mais je leur fais confiance pour m’engueuler tout autant que je leur fais confiance pour m’avoir bien anticipée et que je me fais confiance pour aller droit à la catastrophe, quel qu’elle soit.

Papa soupire lourdement et me répond malgré l’entrouverture effrayée de la bouche de Maman, s’approchant de moi pour me prendre par les épaules.

Lucy, promets-moi de m’écouter jusqu’au bout, d’accord ?

Je dévisage le visage broussailleux et creusé de Papa jusqu’à ce que ma tête penche lèvrement sur le côté, l’expression  de Maman passant sur ma gueule alors que j’hasarde un idée qui me déplait au plus haut point.

C’est Zombie, c’est ça ?

La grimace de mon père me suffit comme réponse mais ses épaules ne s’abaissent pas, se raidissant au contraire pour chercher à maintenir sa prise sur moi ; comme s’il avait la force pour le faire.

Léo ne s’est pas présenté au Manoir Curie depuis quelques jours et sa mère n’a plus de nouvelles non plus.

Parce qu’il a fait ce que vous m’avez interdit de faire… et qu’il n’a pas réussi seul.

Mes poings se serrent et les larmes me viennent aux yeux ; quelque soit la décision que je prenne, elle est toujours mauvaise. Léo a été là pour moi dans les pires moments et j’ai refusé d’en faire de même pour lui parce que je voulais l’approbation des gens qui nous ont condamnés d’avoir agit ainsi.

S’il a été capturé par Anno et les siens, il ne craint rien : ils savent qu’ils seront les premiers suspects et Anno ne va pas prendre le risque de retourner en prison aussi tôt. Laisses les autorités s’occuper de ça.

C’est bien connu que Dominique Anno est sympa avec ceux qui l’emmerdent, tellement sympa d’ailleurs que les témoins se rétractent au mieux ou disparaissent au pire.

Fais-nous confiance.

Je regarde Papa avec dégout, ne sachant pas s’il se contente de me mentir à moi ou s’il se ment à lui-même également mais n’en revenant pas. Je me dégage de sa prise malgré sa volonté de résistance, repoussant ses mains et faisant un pas en arrière.

Lâche-moi !

J’ai aucune raison de leur faire confiance. Pas plus qu’ils ne me font confiance. S’il était question de l’Excalibur, de l’Alliance voir simplement de la Brigade, okay, mais pas des flics. Maman intervient alors que je tourne les talons vers la fenêtre de la pièce, consciente qu’un saut par la fenêtre de celle-ci me permettra d’arriver sur le toit du centre médical sans étage qui se trouve mitoyen à notre bâtiment, mais c’est Papa qui me rattrape par le poignet le premier.

Sa prise glisse sur moi d’un simple geste pour m’échapper et je continue ma marche forcée vers l’échappatoire, sans plus parler ni écouter. Ma marche s’accélère et j’atteins rapidement la fenêtre, entreprenant d’en ouvrir les battants et me décalant par réflexe alors que Papa cherche à m’attraper de nouveau. Il a déjà perdu à ce jeu-là et je n’ai pas l’intention de lui faire mal à nouveau mais il se trompe lourdement s’il croit pouvoir me retenir en obstruant l’ouverture. Mes capacités le dépassent comme cela a toujours été le cas.

Si tu fais ça…

Vous m’condamnerez plus tard !

Je cris cette fois, ne laissant pas plus Maman finir sa phrase que je me tourne vers elle pour lui parler. Papa tente de m’interdire le passage de ses deux mains, gardien de cage ne voulant me laisser outrepasser sa défense, mais ce sont ses mots qui parviennent à me faire hésiter à m’élancer.

Laisse-moi t’aider.

Je le regarde sans savoir quoi répondre ou penser.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 13 Jan 2017 - 11:10


Chapitre VI : La loi du talion

Où est-il ?

La porte claque contre le mobilier, entassé contre les murs comme dans un débarrât, alors que je parle simultanément à mon entrée dans le bordélique vestibule de la demeure de Dominique Anno. Tout l’immeuble est à lui et chaque objet déposé au-dessous des boites aux lettres et entassé ici lui appartient également, directement ou indirectement. D’une certaine manière, tous les locataires aussi, chacun ayant son appartement fonction de ses mérites et des décisions du parrain. J’ignore le rang des deux concierges et je m’en contrefous, ils sont sortis de leur loge en voyant mon arrivée dans la cour et ont entendu ma froide demande. Elle les fait rigoler d’ailleurs, l’un interrogeant l’autre pour savoir s’il a une idée de qui je parle et l’autre lui répondant qu’il ne sait même pas de quoi je veux parler. Je ne doute pas de leur connerie mais n’ai pas de temps à perdre avec elle et serre les poings en inspirant profondément sans les quitter des yeux.

Ils s’interposent dès que je me dirige vers les escaliers et l’un me barre la route de la main pendant que l’autre me conseille de ne pas chercher les embrouilles. Si je voulais les embrouiller, je parlerais. D’un geste vif, j’effectue un pas de côté pour passer au-delà de l’interdiction tout en saisissant la main qui la matérialise par son pouce, tordant à la fois le doigt et le poignet alors que mon autre main s’en va pousser l’épaule. L’un se plie de douleur sous la clé de bras pendant que l’autre sursaute, m’offrant le loisir de taper du pied dans l’un des tibias du premier afin de lui faire mettre un genou à terre et lui offrant une luxation au passage. L’un termine donc en tremplin alors que l’autre se reprend et dresse les poings pour se battre, sa garde cependant trop basse lorsque je prends appui sur le premier pour atteindre le second en un ciseau. Le déséquilibre de l’autre me permet de rediriger sa chute vers mon dos et la position de l’un, empilant sans la moindre douceur les deux hommes en plein milieu de l’entrée. Le fracas est d’autant plus important que des objets sont embarqués dans la chute mais je m’en relève sans grande considération, visage toujours fermé de concentration. L’un est fini mais l’autre tente de gesticuler et je le termine également d’un coup de pied en pleine face.

Tournant les talons, je reprends ma marche vers les escaliers et grimpe les marches deux à deux, m’attendant parfaitement  à y rencontrer de la résistance tant dans mon ascension que sur les paliers qui la clairsement. Mais même si des portes se sont ouvertes et que des curieux viennent observer depuis les étages les causes du raffut, il n’est personne pour me ralentir ; les rares qui essaient par réflexes sont simplement esquivés, mur, fenêtre et rampe d’escalier étant extrêmement aisés à négocier pour franchir les obstacles volontaires et involontaires qui m’observent la plupart sans comprendre. Je n’ai pas besoin de demander le numéro d’appartement de Dominique Anno : d’une, il n’y en a pas sur les portes et, de deux, il sera reconnaissable puisque le Boss se sera gardé le meilleur. Logique.

Et facile à trouver, en plus, considérant qu’il s’agit du dernier étage et qu’il n’est composé que d’un seul appartement par aménagement de l’entièreté de l’étage. J’aurais su, je me serais épargnée les gus à l’entrée pour y passer directement depuis l’extérieur. M’arrêtant dans mon avance rapide, j’examine la porte et constate son absence de poignée, étant de celles qui possèdent plusieurs verrous et ne s’ouvrent qu’avec la clé même lorsqu’elles ne sont pas scellées. Je pousse un soupir agacé en levant les yeux au ciel alors que les choses s’agitent dans l’escalier et entreprends de sauter pour atterrir d’un coup de pied au niveau de la serrure, chose complètement inefficace.

Domique Anno ! Dom !

Je continue de crier son nom quelques instants encore, réitérant mon coup de pied contre la porte en guise de ponctuation, mais les interpellations qui viennent de mon dos me conduisent à me calmer en levant les mains en l’air comme cela m’est demandé. Je me retourne doucement pour faire face à la personne qui me pointe d’une arme de poing en s’avançant depuis la cage d’escalier.

Mes lèvres se pincent à l’observation de cette mère de famille dont l’appréhension est bien plus grande que la mienne et dont la seconde main protège ceux qui sont derrières elle. Elle n’est pas de l’organisation que je viens trouver, son mari en est sans-doute et ses fils en seront probablement s’ils n’en sont pas déjà, mais, elle, elle tente juste de protéger les siens. Je comprends ça et réalise la position dans laquelle je me trouve mais je ne peux de toute manière plus reculer. Je le savais en venant ici et les appels qui raisonnent dans l’escalier confirment ce fait ; je doute que les flics seront prévenus cependant et je ne me laisserai pas à nouveau capturer pour atteindre Dominique Anno. Il a créée lui-même les preuves cette fois et il se fera pincer comme la dernière fois, cependant.

La femme au foyer me demande de me mettre à genou, bien plus effrayée que moi, et j’obtempère donc même si je ne crains en rien son arme. Je suis fermement croyante dans le fait qu’elle s’enraillera comme les précédentes l’ont fait si l’inconnue me tire dessus mais ça ne m’empêche pas de demander un truc :

Juste comme ça, t’as enlevé le cran de sureté ?

La question est aussi normale que légitime et, lorsque la femme regarde son pistolet pour vérifier sous le coup du stress et du doute, j’accomplie une roulade plongée. Ses réflexes la font pointer de nouveau l’endroit où je ne suis plus, me suivant avec un temps de retard, et je me redresse devant elle tandis qu’une de mes mains lève l’arme vers le plafond et que l’autre lui heurte la mâchoire. Le coup de feu part, répondant à la question, et un nouveau crochet du droit le suit, déséquilibrant la tireuse. Je me recule d’un pas alors qu’elle cherche à me frapper à son tour, laissant son poing passer entre nous sans lâcher sa main armée,  et prends l’élan à un direct qui ne tarde pas à atteindre son visage. Un nouveau coup de feu part et je joins donc mes mains pour tordre le poignet afin de récupérer l’arme avant qu’il n’y ait un blessé. Il me faut quelques secondes pour que ça soit efficace et le pétoire ne touche pas le sol, rattrapé au vol pour ne pas risquer de tir accidentel, puis l’un de mes pieds s’en vient heurter le bas-ventre de mon adversaire. Celle-ci tombe en arrière en se serrant l’estomac, me laissant seule avec son arme qui dissuade les autres observateurs au sein de l’escalier d’intervenir.

Ils ont peur de moi et nombre sont également armés à défaut d’être entrainés, me serrant le cœur et les tripes de dégout. Tous semble gagner du temps, sans doute pour que les véritables membres rappliquent, mais aucun ne prend plus d’initiative et je les laisse donc là. Après les coups de feu, les flics rappliqueront aussi mais j’aurais prise la porte avant ça. Considérant un instant l’automatique, je pointe la serrure et appuie sur la détente. Guère convaincue par le premier impact, je vide les quelques munitions qui restent afin de déformer au mieux le verrou puis reprends ma tentative de défonçage de porte. Cette fois-ci, le panneau s’ouvre.

Il n’est personne pour venir chercher Dominique Anno sur son territoire et cela explique que sa bande ne cherche pas vraiment à défendre sa demeure néanmoins je me doute que la bande suscitée ne devrait pas tarder même si j’espérais qu’elle soit déjà là et lui aussi. Mais je constate pleinement leur absence une fois arrivée dans le grand appartement bien entretenu et où les bruits sont ceux d’un écran de télévision encore branché sur un jeu vidéo. Il ne me faut pas longtemps pour dénicher l’adolescent de deux ou trois ans de moins que moi qui a laissé preuve de sa présence, celui-ci apparaissant au détour d’une porte que j’entrouvre, et son coup de batte de base-ball ne m’atteint jamais, heurtant la porte suscitée avant que je n’ai finie de l’ouvrir.

Je me baisse un instant trop tard et me glisse de deux pas sur le côté à l’intérieur de ce qui s’avère être une cuisine alors que Stéphane Anno termine de fermer la porte avec son coup qui aurait dû me la faire fermer. Je me mets en garde alors qu’il balaie de nouveau avec sa batte, me baissant pour éviter le coup et frappant directement dans l’estomac. Stéphane sera aussi grand et baraqué que son père, il est déjà plus grand que moi, et a une certaine expérience de l’empoignade malgré sa précipitation précédente : il cesse rapidement d’être dos au mur en usant de sa taille pour me forcer l’écart alors qu’il fait un pas en avant tout en poussant de sa basse à l’horizontale. Le réflexe du pas en arrière s’accompagne d’un rattrapage du projectile bon-gré mal-gré qui me conduit à éviter le crochet qui s’ensuite par pure chance, me baissant en poursuite de la batte qui tombe au sol. J’arrête de la chercher dès que je réalise et évite de peu un coup de pied en roulant sur le côté, finissant dans les placards sous les plans de travail.

Une main accrochée à ceux-ci, je peux me relever rapidement et me sert du mobilier comme prise pour une esquive conduisant mon adversaire à s’exploser la main sur celui-ci. Un pied en appui sur le plan de travail, mon genou s’en vient heurter le visage de Stéphane et mon poids le renverse, nous conduisant tous les deux au sol dans un impact qui lui couple le souffle. Il tâtonne un instant à la recherche de la batte mais je la pousse d’un geste rapide tout en appuyant encore plus du genou sur sa cage thoracique. Une fois l’arme hors de sa portée, je relache ma pression et me contente de rester à califourchon au-dessus de l’adolescent, le fixant du regard.

Son père a Zombie et Dieu sait ce qu’il lui a fait, la loi du talion qui sert de devise familiale implique que je pourrais prendre Stéphane en otage et lui faire tout ce que Dom fait à Léo en plus de proposer un échange entre eux. L’idée me traverse l’esprit mais je m’y refuse en tremblant, consciente que si je fais cela je suis aussi pourrie que celui que je chasse. Je n’ai pas remis en question mes actions lorsque je suivais Arlequin, je ne dois plus jamais le faire.

Je vais attendre ton père ici, libre à toi de te casser ou de rester mais tente pas de m’en mettre une à nouveau, okay ?


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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Lun 23 Jan 2017 - 11:45


Chapitre VII : Face à Face

Où est-il ?

Pieds sur le canapé et assise sur son dossier auquel mes mains s’accrochent également, je regarde Dominique Anno franchir le seuil de sa porte défoncée. Il est plus massif que dans mes souvenirs, grand et large d’épaule dans son costume trois pièces, mais moins impressionnant. Sa peau glabre se marque de l’âge puisqu’il avance dans la quarantaine mais son attitude est inchangée, toujours relaxée et confiante. Il n’apprécie pas que je sois venue chez lui et le signifie mais s’amuse surtout de savoir qu’en laissant les flics rentrer chez lui, il peut m’infliger la même sentence qu’il a pris à cause de moi : il sait pour mon procès et constate que je n’ai pas changé depuis mes actions avec Arlequin, me faisant me tendre d’avantage à chaque pas qu’il fait dans son antre. En plus de mettre fin au sursis dont je bénéficie, Dom Anno m’avoue son envie de me poursuivre pour entrée par effraction et agression à main armée avec port d’arme illégal puisque, après tout, toutes les personnes de l’immeuble m’ont vu et aucune d’elle n’a osé se dresser contre le révolver que j’ai apporté avec moi. Il tape dans ses mains en me parlant de la loi du talion et je souffle sèchement sans détourner le regard.

Je connais la devise familiale et en ai déjà terminée avec celle-ci, ne regrettant pas de ne pas avoir accomplir cette mauvaise action également, ainsi le voir monologuer en grand vainqueur m’agasse prodigieusement. Ce ne sont pas les quelques suivants qui l’accompagnent, la plupart d’une ou deux décennies de moins que lui, qui m’empêcheront de lui faire cracher le morceau et de composer avec les conséquences après ; conséquences qui servent déjà d’épée de Damoclès d’ailleurs, n’étant pas réellement possible à aggraver de toute façon. Je le déçois, Dom Anno insiste là-dessus, puisque j’avais été bien plus prometteuse trois ans plus tôt. S’il ne s’était pas attendu à mon action à l’époque, il l’a fait aujourd’hui et m’a donc laissé créer les preuves qui permettront de m’incriminer.

Quoi qu’il arrive, je suis baisée ; chacun choisi comment il perd sa virginité et je ne serais pas celle qui saignera si ça doit être aujourd’hui. Où est-il ?

Dom Anno s’amuse que je le prenne pour un faible en plus d’un idiot et considère donc à son tour que je suis les deux. Personne ne m’a dit qu’il n’était pas assez stupide pour s’en prendre à un proche de celle qui l’a fait condamner juste après sa libération ? Si, probablement, mais je n’en ai fait qu’à ma tête. Comme toujours. Un point pour lui mais il ne m’apprend rien du fait et je n’apprécie vraiment pas le parallèle qu’il trace entre nous : pour lui, je suis hypocrite à lui reprocher de suivre une loi différente de celles des policiers alors que je ne suis aucune loi de mon côté et fais, au final, autant parti de la criminalité que lui. Pire, je ne cherche pas à construire pour vivre mais à détruire pour empêcher de vivre. L’un après l’autre, mes pieds touchent le sol alors que je lui fais face physiquement, poings serrés et dégout pour ses dires clairement affiché. Etre destructrice pour les vies et les actions de criminels me va mais l’Alliance m’ouvre sur un aspect constructeur qui différentie les « super-héros » des vigilants puisque je découvre que la sécurité n’est qu’une partie de ce qui constitue les groupes de super-sécurité et qu’ils veulent faire du mieux, non protéger aveuglément comme je le faisais par le passé. Après, ce qui fait réellement mal est cette hypocrisie qu’il souligne et à laquelle répondre que je me bats pour que mes proches soient plus en sécurité conduit à la mise en évidence que j’ai menacés les proches d’autrui pour ce faire et parler de justice est complètement hors de propos. Chaque être est le proche de quelqu’un et tout ce que Dominique Anno m’a vu faire jusqu’ici le conduit à conclure que je suis exactement ce que je lui reproche d’être. Il est simplement plus facile pour moi de le condamner lui que de me condamner moi. Heureusement, le juge des enfants a eu le bon sens de le faire, lui. De plus, nouvelle preuve de mon hypocrisie, je n’ai pas accepté son jugement puisque je me retrouve ici à faire justice moi-même. Enfin, le meilleur étant gardé pour la fin, j’ai également trahi et assassiné celui à qui je devais la vie, Arlequin, tout en continuant d’agir comme lui.

J’aimerai dire, crier, hurler que c’est faux mais je n’y arrive pas. J’aimerai aussi faire fermer sa grande gueule au grand connard qui me fait face mais je n’y arrive pas non plus. A la place, mes épaules comme ma tête se baissent et mes yeux comme mes lèvres se plissent. Je sais que Dom Anno joue avec mon esprit mais il y arrive. Il a néanmoins fait une erreur et, alors que les larmes coulent le long de mes joues, je relève les yeux vers lui en contenant la tristesse qui me ronge comme un acide. Je ne m’effondrerais pas, je n’abandonnerai pas. Contrairement à lui, je ne me bats pas pour moi.

Je ne suis pas ici pour la justice ou pour changer qui je suis. Je suis ici pour un ami.

Dominique Anno s’assoit dans son fauteuil de chef de famille, comprenant parfaitement cela ; néanmoins, comme dit, il n’a pas Léo. Il sait cependant qui l’a et accepte de m’aider par partage de la valeur d’entraide que l’on partage. A son tour d’être hypocrite, je ne suis pas stupide au point de ne pas voir qu’il m’utilise et m’attends parfaitement à un piège ; je n’ai cependant pas le choix que d’obtempérer. Mais ce n’est pas pour autant que je m’assois lorsqu’il m’indique de le faire d’un geste de la main, chose qui entraine un grand silence entre nous. Son insistance orale dans le fait que je n’accepte pas sa main tendue me donne la gerbe et je tremble à nouveau, fermant les yeux en continuant de refuser de me soumettre. Je dois me calmer si je ne veux pas tout faire foirer mais ne veux pas lui permettre d’exploiter sa victoire plus que de raison. Ça le fait soupirer de me voir ainsi me montrer impolie face à sa gentillesse et il m’invite donc à m’en aller si je ne veux pas de son aide. Lourdement, je m’affale sur le canapé, mains pendantes et regard dans le vide.

Bien.

Ce mot fait mal. Ce simple mot démontre l’ampleur de sa victoire et le gouffre de ma défaite. Dominique Anno le sait et c’est sans doute pour cela qu’il me le dit. Il me révulse mais j’accepte cela parce que, au final, c’est moins important que la personne pour qui je suis venue ici. C’est peut-être notre seule différence, considérant que lui n’a pas hésité à mettre en danger sa famille pour me piéger alors que je me soumets pour essayer de sauver la mienne. Mais je n’en dis rien, de peur de me foutre dans la merde comme à mon habitude ; je n’ai pas encore touché le fond car je n’ai pas encore perdu Zombie.

Les explications commencent alors, Dominique Anno me révélant qui détient mon « petit ami » et qui l’a forcé à sortir de prison pour essayer de limiter la casse au niveau de ses affaires ; qui ne m’intéresse cependant pas : c’est où qui importe.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 27 Jan 2017 - 12:03


Chapitre VIII : Arlequin

Le Masque d’Arlequin est rébellion et insolence, celui qui tombe dans le désespoir s’il se contrait à suivre les règles. Il est aisé de comprendre pourquoi ton prédécesseur t’a choisie.

J’ai brisé le masque d’Arlequin lorsque je l’ai tué, lui donnant raison sur le fait que je devrais apprendre à tuer sous peine de mourir moi-même, mais il est indéniable que des éclats de ce qu’il était sont toujours fichés en moi. L’homme grand et robuste vêtu d’un trench-coat et d’un masque qui me guide au sein des planches de bois verticales doit déjà le savoir et je n’ai pas envie d’en parler, regrets et remords continuant d’assaillir mon esprit depuis la discussion avec Dominique Anno. J’ai eu tord, j’ai fait une erreur, ça en devient presque un pléonasme avec mes actions mais je ne peux juste pas craquer, pas avant d’avoir retrouvé Léo.

J’ai fait une erreur en croyant que les adversaires n’importaient pas car ils me sont tout aussi liés que l’autre connard, si ce n’est plus. J’ai fait plus d’erreur que je ne peux en énoncer et viens le moment où je vais les payer. J’ai remonté la signification d’Arlequin au génie malfaisant Halequin du XIIIe siècle et à son origine Hellequin, pour Helleking, mais j’aurais pu m’arrêter au XVIe siècle avec la Commedia dell’arte italienne. Cela m’aurait permis d’anticiper l’existence des Neuf Masques ayant survécus jusqu’à nos jours, cela m’aurait permis de comprendre qu’Arlequin ne travaillait pas seul même s’il agissait en marge de l’ordre formé par les autres. Il Capitan me le dit, lui qui est l’un des deux plus importants Masques de la Commedia.

Même si cela n’est pas vraiment un prix de consolation, j’avais raison pour l’importance du lieu. Le choix d’un ancien bâtiment dédié au Laser-Game offre une base d’opération quasiment imprenable pour des forces de l’ordre standardisées ou des organisations criminelles dépourvues d’outil de démolition. Les normes anti-incendie assurent que les panneaux de bois ne puissent être utilisés pour prendre au piège les occupants et ils forment un labyrinthe qui brisera toute formation et minimisera les angles de tir, offrant un avantage incroyable aux acrobates spécialistes du corps-à-corps que sont les membres de la Commedia. C’est pour cela que les hommes de Dominique Anno n’ont jamais été capables de leur faire face, c’est pour cela que la police aura le plus grand mal également. La Cour des Miracles s’en serait peut-être mieux sortie mais l’entièreté de notre groupe n’avait été suffisante à faire face à Arlequin. Quoi qu’il arrive ici, tout est déjà perdu par ma faute.

Les explications du Capitan s’arrêtent simultanément à une pièce dégagée au second étage du labyrinthe et je vois celui que je suis venu chercher, lequel ne manifeste pas la moindre surprise à me découvrir. Le visage tuméfié de Zombie baisse les yeux et pince les lèvres en une tristesse que je ne l’ai jamais vu manifester jusqu’ici, me retenant de courir vers lui par compréhension qu’à ses yeux je n’aurais pas du venir. Je m’approche doucement pour le regarder, appuyé contre le mur du fond et rendu plus coloré encore par les lumières des néons bien plus présents dans cette pièce, et les larmes me viennent. Passé et présent sont déjà foirés, j’inspire à l’appréhension que le futur ne soit pas différent.

Un tour d’horizon me permet de compter jusqu’à sept, donc huit témoins masqués en y ajoutant celui qui m’a accueillie et guidée jusqu’ici, puis je m’accroupie au côté de Léo, sentant les regards des Masques dans mon dos, et regarde ses vêtements sales comme son affaiblissement physique en grimaçant.

Comme d’hab’, t’as eue la bonne réaction et moi pas. J’devrais pas t’appeler Zombie, tu mérites ton Jiminy Cricket. Sinon, tu peux marcher ?

Je tâche de sourire et espère le faire sourire également mais je sais aussi pertinemment que lui que, si je l’avais accompagné, ça ne serait pas arrivé. Il est dans un sale état, même s’il a connu pire, et c’est de ma faute ; comme le pire, à l’époque. Comme beaucoup trop de chose pour que je puisse le supporter. Je me suis cachée au procès de la Cour des Miracles mais maintenant je ne dois plus le faire ; une belle progression que de larmoyer devant mon meilleur pote plutôt que de sangloter dans les chiottes. J’aimerai éviter mais je ne dois pas.

Je ne t’ai jamais assez remercié, pourtant tu as toujours été là. Depuis que je t’ai approché parce que t’étais bizarre, t’as toujours été là. Que ce soit pour que je t’emmerde en classe, pour qu’on s’entraine ensemble, pour que tu me dises que je fais une connerie face à une prise d’otage ou pour me venir en aide alors que j’étais complètement cassée sur le toit au-dessous de ma fenêtre, t’a toujours été là. Et moi non.

Léo m’a toujours bien plus fait confiance que je ne le méritais, comme les autres. Comme tous les autres. Je suis chanceuse et j’en fais mauvais usage, créant le chaos et apportant les problèmes plus que je n’en résous.

Je… regrette. Je regrette que tu ais été blessé au sein de la Cour des Miracles. Je regrette de t’avoir laissé sur le bord du chemin parce que tu avais la sagesse de ne pas franchir une ligne que je ne voyais même pas. Je regrette de t’avoir trahi et tourné le dos, alors même que je pouvais compter sur toi jusque dans un plan suicidaire pour Dom Anno ou une absence de plan total pour Arlequin.

Cela avait besoin de sortir depuis si longtemps. Cela sort. Et, malgré une pause pour tenter de retenir les choses, cela continue de sortir. Les larmes soulagent le corps, l’aveu soulage la conscience. Je n’ai pas avoué quand on a fait le procès de la Cour, aujourd’hui je fais les deux : tant mon procès que mes aveux.

Je regrette d’avoir fait subir le même sort à Abeille et Macky, j’ai abusé de leur confiance et leur ai menti. Mes parents… j’en parle même pas ; toute la chance que j’ai doit compenser la malchance qu’eux ont de m’avoir pour fille. Je regrette d’être leur fille parce qu’ils méritaient tellement mieux que moi. Je regrette de leur avoir fait plus de mal que de bien, je regrette de les avoir mis en danger… après tout Arlequin en avait après mon père au final.

Je déglutis difficilement à cette évocation, prenant ensuite une inspiration pour continuer d’énoncer cet échec que j’étais la seule à ne pas admettre. Mais je le fais pour la bonne cause.

Je regrette ce que j’ai fait avec Arlequin comme ce que je lui ai fait. Même s’il était la personne… je ne sais pas comment dire. Même si c’est celui qui a le plus cherché à m’avoir à son côté, il n’a pas mérité de mourir. Il n’a pas mérité que je le tue.

Si je peux me donner bonne conscience, ou tout du moins essayer, en voulant réparer tout le reste, la mort d’Arlequin ne pourra jamais être changée. Pas par moi. Il est important que les Masques le sachent, cela sert leur plan. Cela les confirme dans le fait que mon désir de bien faire peut être encore manipulé.

Je regrette aussi avoir pourrie Aislinn en lui montrant les mauvaises parties de moi en guise de sincérité, elle n’avait pas à subir ça. Je regrette ne pas avoir compris les encouragements de progression et d’amélioration qu’elle m’offrait malgré sa froideur, les interprétants comme encouragements à dépasser les limites morales qu’on s’impose et que j’avais déjà échoué à m’imposer. Je regrette avoir mal faites les choses avec les Currie et Tom, étant encore une nouvelle fois incapable de voir la limite. Je regrette de n’avoir pu être l’élève que Valerie et William auraient mérité, étant toujours trop conne pour retenir des cours magistraux qu’ils se sont pourtant emmerdés à préparer. Je regrette ne pas avoir été à la hauteur des attentes d’Emma. Je regrette…

Mon premier sanglot intervient et j’étouffe les suivants du mieux que je peux… ce qui n’est pas un franc succès. Je joue avec mes émotions et, comme bien souvent, je fous les pieds dans le plan en commençant par le gauche ; c’est pour ça que j’ai autant de chance, à force de marcher dans la merde du bon pied. Mais les minutes s’écoulent et je continue d’intéresser mon auditoire, enfin j’espère.

Mettant une main dans une poche, j’en ressors un poing fermé alors que je n’écoute nullement la réponse de Zombie. Je lui tends le présent sans ouvrir les doigts, attirant son attention comme celles des Masques et m’offrant quelques instants de répits pour me reprendre. Je dois tout de même avaler plusieurs fois ma salive et renifler d’autant plus pour réussir à reparler.

Je regrette que la plus grande chance de ma vie soit de rencontrer des êtres exceptionnels et de toujours leur faire défaut. Je suis désolée. Pour tout. Et aussi pour ce qui va suivre.

Les larmes continuent de couler mais je m’absence un instant dans les yeux bruns de Zombie, continuant de manifester l’effondrement de tristesse que mes regrets provoquent alors que mon discourt change. Alors que je fais l’effort pour qu’il change. Je regrette tant de choses envers tant de gens que la fuite est une solution logique, que l’abandon est la porte de sortie qui peut sembler la plus attirante. Hors, j’ai un point de fuite en avant, comme je l’ai fait toutes ces années. Hors, j’ai un abandon à ce que je suis, quand bien même cela condamne tout ce que j’ai essayé d’être et de faire. Est-ce réel ou est-ce une illusion de mon esprit ? Je ne sais pas. Je ne saurais probablement jamais.

Arlequin m’a formée pour reprendre son Masque au sein de la Commedia…

Autrefois, j’ai trahi les miens parce que j’étais trop conne pour voir que je le faisais. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je fuis le regard de mon meilleur ami vers ses mains et me saisie de l’une d’elle pour y déposer le secret que renferme mon poing, closant ses doigts après cela pour qu’il soit le seul à sentir et pouvoir décider de voir le fin mot de tout cela.

Pourquoi ?

Je ne lui réponds pas, me détournant avec un certain soulagement d’avoir vidée les vagues et continuant de renifler alors que je vais faire face aux Masques de la Commedia. J’espère qu’il comprendra, j’espère qu’il sera le seul à comprendre. J’espèce qu’il reconnaitra la petite puce qui se trouve au creux de sa main, similaire à celle que j’avais piqué et avalée afin de pouvoir être tracée lorsque Dominique Anno et les siens m’ont capturée.

Vous m’avez, il ne vous donc sert plus à rien. Vous allez le laisser partir comme promis ?


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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Ven 3 Fév 2017 - 13:25


Chapitre IX : Jusqu’au bout

J’étais sincère. Je regrette toute ces choses. Je regrette avoir fait défaut aux personnes qui sont importantes pour moi par bêtise.

Je parle calmement à présent que je me suis vidée, consciente que cela m’a fatigué alors même que je vais devoir faire l’un des plus gros efforts de ma vie. Je ne suis pas sur la performance, que ce soit dans le domaine des sports ou dans celui du social, mais j’ai réussi à convaincre. Léo Valentin est sauf à présent et sa question a du trouver réponse. Je fais ça pour le sauver lui, oui, mais aussi pour gagner du temps. Le temps que les gens qui l’ont récupéré aux abords du terrain puissent progresser en son sein et ne connaissent pas l’embuscade qui à motivé la Commedia à prendre place ici. J’ignore qui Papa aura réussi à motiver mais l’intrusion violente chez Dominique Anno et mon entrainement par la Section Junior de l’Alliance devraient avoir permis de monter une équipe d’élite de la BAC voir du RAID afin de m’arrêter puisque j’ai franchies les conditions de mon sursis ; peut-être même, considérant les circonstances, que des membres de la Brigade Chimérique interviendront. J’ai déçue Dom Anno de ne pas avoir de plan, comme la précédente fois où nous nous sommes confrontés, mais j’en avais un. Comme d’hab’, il laisse la part belle à l’improvisation car étant plutôt une ligne directrice pour que chacun sache quoi faire mais il fonctionnera aussi bien que son prédécesseur : à nouveau, je sers d’appât. Juste que cette fois, Papa est conscient de me courir après. Il ne sera pas en danger puisque ses collègues ne le laisseront pas intervenir mais je dois tout de même m’assurer qu’eux ne se fassent pas massacrer. Quand à moi…

Je pousse un soupir, faisant face au Capitan et à ses accusations. Il était évident que les voitures d’intervention seraient rapidement repérées, tant que Zombie avait le temps d’évacuer c’était bon et cela l’a été. Je suppose que, comme Arlequin, les Masques de la Commedia ont renoncé à leurs proches et à leurs attaches afin d’être intouchables, considérant qu’il est impossible de leur prendre quoi que ce soit s’ils n’ont rien à perdre. J’aurais pu en faire de même en coupant les ponts face à mes regrets mais cela n’aurait pas empêché les maux que j’ai déjà faits comme ceux que je pourrais faire ; cela aurait empêché les chances que j’ai de bien faire, de faire mieux à l’avenir. Abandonner, ce n’est pas abandonner ses échecs, c’est abandonner ses chances de réussir.

Tristesse et fatigue perdent du terrain sur mon visage alors que mes lèvres se plissent en un petit sourire et que j’hausse les épaules.

Du coup, je ne vais pas le faire volontairement.

Oui, j’ai fait mon possible pour n’avoir à choisir entre le vigilantisme et ma famille, j’ai saisie l’opportunité de me servir de la loi pour transgresser la loi en utilisant l’Alliance et la Section Junior pour me protéger du sursis qui plane au-dessus de moi. Mais j’ai réussi à m’accorder avec ma famille ce faisant, afin de sauver un membre qui ne lui appartient peut-être pas par le sang mais est d’égale importance à mes yeux, et à user dudit sursis pour m’assurer que les choses me soient aussi favorables que possible. La Chance est la possibilité qu’un événement positif et mélioratif advienne, je manipule ma chance ainsi cela ne devrait surprendre personne que je manipule aussi les événements.

Tu as condamnés ces hommes comme tu t’es condamnée toi, Arlequin.

Sortant ma balle rebondissante et me positionnant de biais avec une garde moyenne, je me permets un ultime sourire confiant. Je n’ai pas réussi à vaincre Arlequin, pas plus que je ne souhaite le devenir, mais je n’ai pas besoin de vaincre les Masques ; juste de les retenir suffisamment longtemps pour que les forces d’intervention ne soient pas embusquées.

I’m the Lucky One.

Seul Il Capitan s’intéresse à mon cas et son poing frôle ma gorge alors que je pivote sur moi-même, prenant de l’élan à un lancé de balle à destination de l’un des autres Masques s’engageant entre deux planches de bois qui devraient permettre beaucoup d’impacts à mon projectile rebondissant. Poursuivant dans l’élan de mon mouvement, je vrille sur moi-même alors qu’Il Capitan, suivant similaire logique à la mienne, pivote pour essayer de faucher mes pieds. Posant les pieds à quelques pas de lui, je pique immédiatement un sprint pour rejoindre à mon tour le décor et l’un des autres Masques. Un saut groupé me permet d’atterrir en appui sur la planche et de plonger en saut de chat sur ma cible, l’attrapant par les épaules avant de lui expédier mes genoux dans le bas du dos. Une roulade me permet de me relever plus vite que lui et un coup de pied directement au visage fait voler son masque avant de le laisser de retomber au sol alors qu’un bruit d’air pressé se fait entendre.

Il Capitan se tient à l’entrée du labyrinthe, pointant vers moi une dague tubulaire similaire à celle possédée par Arlequin et dont le micro-grappin vient de me frôler le dos avant de se ficher dans la planche de bois qui marque une intersection quelques mètres plus loin. Aidé de son gadget, il charge avec plus de vitesse que moi lors de mon saut et l’impact m’envoie valser jusqu’au panneau suscité, me bloquant entre le bois et l’homme mais me permettant de repérer un autre des Masques. Je reste un instant sonnée alors qu’Il Capitan s’éloigne de moi pour frapper et son direct frôle mon visage pour s’enfoncer dans le panneau alors que je me baisse et pousse contre son torse pour reprendre ma course. Je ne perds pas ma cible de vue et la rattrape alors qu’elle ralenti le rythme pour utiliser une mezzanine du second étage afin de faire de l’équilibre sur les tranches hautes des planches du premier.

Je ne réfléchis pas et bondis à mon tour, peinant à trouver mon équilibre là où personne n’est sensé marcher alors même que le Masque se retourne vers moi en un coup de pied horizontal. La perte d’équilibre me conduit à tomber en quadrupédie et l’attaque me passe au-dessus de la tête, littéralement, puis je tente de faucher l’appui de mon adversaire d’un coup de patte. C’est inefficace vu que son second pied revient toucher la tranche supérieure de la planche de bois lorsque le premier la quitte mais je n’ai plus qu’à me renverser sur le côté pour entrainer mon adversaire dans une chute de plus de deux mètres.

Ma seconde main toujours accrochée sur le haut de la planche, j’y pends alors que ma première main relâche la cheville d’une personne qui n’a pu se rattraper correctement. Percevant deux autres Masques se déplacer sur les sommets des planches avec probablement l’intention de prendre par surprise les assaillant, je me tracte pour retourner sur le terrain d’équilibre et m’y déplacer à mon tour, m’habituant aux oscillations des panneaux alors qu’ils supportent mon poids. Les deux hommes s’interrompent pour moi de nouveau, dégainant leurs étranges dagues et raffermissant leurs appuis pour le combat alors qu’Il Capitan se joint à la partie.

Evitant de regarder le labyrinthe entre les planches de bois sur lesquelles nous nous tenons, je sors à mon tour mon cran d’arrêt et la lame se déploie dans l’instant, semblant tout simplement ridicule face à mes adversaires. Le moindre coup risquant de se solder par une chute, je suis obligée de m’en charger en première par manque de temps et saute de manière à percuter le panneau de bois d’un de mes adversaires, le déséquilibrant comme je l’ai été l’instant d’avant avant de me réceptionner dans le labyrinthe en une roulade. Le Masque cherche à me tomber dessus avec l’avantage de la hauteur et sa dague me laisse une entaille dans l’épaule alors que je la saisi au cours de mon esquive, accompagnant mon adversaire au sol pour empêcher sa réception. Ma chute est bien moins dure que la sienne et enfoncer ma lame dans son bras lui fait lâcher son arme, me permettant de la récupérer. En une roulade également, Il Capitan arrive à mon niveau.

Toujours au sol, je pointe la dague volée vers le plafond en couinant de douleur et la presse sans y réfléchir, déclenchant le mécanisme de grappin à direction du second Masque toujours à nous surplomber. Il esquive peut-être le projectile mais la charge que m’a montré Il Capitan à l’instant et accomplie et j’heurte à mon tour l’homme, le conduisant à chuter alors que je suis incapable de garder l’arme-grappin en main une seconde de plus et cherche à retrouver mon équilibre en haletant. Le Masque s’est rattrapé d’une main à la planche contre laquelle il a buté et accomplie une traction pour y revenir, me conduisant à faire un bond pour lui atterrir sur les épaules en pliant les appuis pour enchainer sur un autre saut  et pouvoir contrôler ma chute.

Les bruits d’avance et les formes des forces de l’ordre se manifestent alors qu’un groupe nous braque malgré la petite distance permise par le labyrinthe mais ils n’ont pas le temps de nous demander d’obtempérer qu’un nouveau Masque leur fondre dessus en usant du terrain de l’exacte manière que je craignais. L’escouade d’intervention risque d’être neutralisée rapidement et j’interviens à mon tour, usant des corps appuyés contre les parois comme appuis et tremplins pour atteindre l’agresseur en ciseau. Je frappe de ma main libre comme de celle qui tient mon arme, m’explosant les phalanges sur le masque mais sonnant également son porteur, et roule rapidement au sol quand le Masque trébuche sur l’une des personnes qu’il a désarçonné. Mon épaule me fait très mal mais je me relève aussi vite que possible pour aligner à nouveau un coup de pied au visage du Masque, réussissant à l’atteindre mais finissant prisonnière de sa poigne. L’instant d’après, il le tire au sol pour me surplomber avec sa dague, alors même qu’un nouveau bruit de pression gazeuse indique un tir de grappin.

Le filin m’a loupée de peu mais le Masque s’apprête à me planter de son arme, étant interrompu par un coup de feu tiré par l’un des policiers entassé avec nous. Un coup de poing dans la gorge de mon adversaire me permet de le renverser sur le côté mais je n’ai pas l’occasion de me relever qu’Il Capitan est sur moi, se réceptionnant sur le panneau devant moi avant d’accomplir un coup de pied en guise d’atterrissage. Une roulade sur le côté me permet de sortir du tas de corps puis de me remettre sur mes pieds mais ma garde souffre grandement de mon entaille à l’épaule et ma fatigue est palpable.

Je lance mon couteau avec une grande précision, lacérant le trench-coat d’Il Capitan malgré son esquive, et profite de son mouvement pour charger également. Une prise d’appui sur l’un des panneaux de bois me permet un saut et un crochet descendant, espérant faire reculer mon adversaire dans le terrain difficile composé de vaincus, mais je rate alors qu’il se baisse et m’acène un violent coup au dos. Une rotation me permet de lui faire face mais il avance et, si ni son premier ni son second coup de pieds latéral ne m’atteint, je finie au sol à nouveau au direct qui les suit. Une roulade arrière pour être sur mes pieds, un coup de poing qui me frôle le buste puis un autre qui me frôle la joue et ma réplique directe n’atteint que le vide en laissant une ouverture à un coup de coude entre mes omoplates. Une tentative de roulade est interrompue par un coup de pied qui m’envoie rouler jusque contre une planche de bois alors que je peine à respirer.

Il Capitan me saisie par l’épaule pour me redresser, me plaquant contre le panneau, puis interrompt mon cri de douleur d’un coup de poing, rapidement suivi d’un retour du dos de la main. Me saisissant du poignet qui me tient, je constate les plaies qui s’y trouvent et joins mes doigts aux déchirures faits par le bois qu’il a transpercé tout à l’heure, serrant d’autant plus fort qu’il me serre et le conduisant à serrer plus fort à son tour. Les coups de sa main libre pleuvent, me ravageant le visage au point que je ne sois plus capable d’y voir, mais je ne lâche pas. Après quelques instants de cette lutte, son avant-bras se place sur ma gorge et m’étouffe. Mais je regrette pas.

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Re: To be The Lucky One

Message  Lucy "Lucky" Prissy le Lun 13 Fév 2017 - 9:21


Chapitre X : Affection

Fallait pas s’en faire… Les chats ont neuf vies… et moi… il doit m’en rester une bonne moitié.

Le blanc aseptisé de la chambre dans laquelle je me suis réveillée contraste énormément avec les marrons poussiéreux du labyrinthe dans lequel j’ai perdu connaissance mais mon égocentrisme m’assure que je ne loupe pas le point commun entre les deux : mon sale état. Je ne saurais réciter mon dossier médical, quand bien même on me l’a reproché dès mon réveil, et me contenterai de résumer au fait que mon épaule gauche et le bras qui y est lié ne répondent plus tandis que mon visage est tellement tuméfié que j’en peine à parler et que mon œil droit n’arrive plus à s’ouvrir. J’essaierai bien de positiver en me disant qu’on ne peut pas mieux voir que j’ai le sang bleu que quand j’en suis couverte, de bleus… après, je m’en serais bien passée. Des bleus, pas de mon sang. J’en ai suffisamment perdu de celui-là.

Crétine.

Papa est contre la fenêtre, non-loin du lit, avec les bras croisés et son air encore plus renfrogné qu’à l’habitude. Il est aussi épuisé et, pour une fois, ébranlé. La peur, surement. Je ne me suis pas vue sortir du labyrinthe mais ça devait être encore plus moche à voir que maintenant, sachant que j’imagine seulement ma gueule vu que je n’ai pas eue l’occasion de me lever du lit d’hôpital depuis mon réveil. C’est con, les jambes sont ce qui marche encore normalement chez moi ; ça peut sembler logique mais, avec mon équilibre, marcher sur les mains aussi fonctionne d’habitude. Et du coup, l’esprit bouillonne aussi comme d’hab’, malgré un ralentissement du fait des drogues.

Tu ne nous fais plus jamais ça.

Maman est assise au chevet du lit, dos à la fenêtre, et se retient de me toucher par conscience que ça me ferait bien couiner. Elle a aussi l’intelligence de ne pas formuler de question, sans quoi je pourrais répondre à la négative, même si un ordre ne m’a jamais empêché de désobéir. Je suis peut-être dans un état encore pire que suite au combat avec Arlequin mais au moins je ne regrette rien. Pas même les visages inquiets de mes proches présents qui, au final, ne démontrent que l’affection qu’on partage. Cette affection qui résiste envers et contre tout, pour ne pas dire envers et contre moi.

Un point à améliorer dans tes lignes directrices serait d’arrêter de prévoir que tu te fasses casser la gueule pour arriver à tes fins.

Je galère à voir Léo, et plus généralement la partie de la pièce où il se trouve, du fait de la nécessité de tourner la tête pour palier à mon œil clos. Cette fois, c’est moi qui aie fini dans un plus sale état que lui ; contrairement à la fois dans le métro mais comme la fois contre Arlequin, et celle contre Dom Anno, et… bon, c’est pas un concours, mais je remporte la palme. Et, comme je suis moi, elle m’est bien arrivée dans la gueule, la palme. Je devais le mériter… Et puis, la seule chose à pas être à la hauteur ici, c’était mon discourt de nomination. Tous les gens, même ceux du mauvais côté de mon champ de vision, sont au top. Zombie possiblement moins que les autres vu qu’il a connus quelques mauvais jours mais bon, ma faute.

Abeille bourdonne autour du lit, ne sachant quoi dire et faisant le commentaire du récapitulatif médical, tandis que Macky se retient de me faire une morale dont il a surement largement discuté avec mes parents en bon allié qu’il est. Fira et Liza n’ont pas du être aussi soft dans leurs parols, surtout considérant que la seconde avait proposée son aide dans cette affaire, tandis que Tom a du être égal à lui-même, quelques soient les qualificatifs qu’on puisse accorder aux gens venus d’autres dimensions et ayant pas mal de différences culturelles avec notre bon sens. Aislinn est là également, distante et froide mais présente ainsi tout est-il dit sans le moindre mot. Je crois fermement que Valerie et Emma se tiendront au courant de ma santé également, heureusement que je guéris vite, et qu’elles seraient venues si elles avaient pu. Beaucoup l’ont fait, malgré que cela ne se soit déroulé que quelques heures plus tôt, et ça fait chaud au cœur.

J’ai fait beaucoup de choses, avec une part inégalitaire d’erreurs et de réussites, mais, malgré que j’ai pu blesser et trahir, les gens sont venus et continuent d’être là. Je me suis battue, pour ne pas dire débattue, afin qu’ils aient des raisons de croire en moi et le fassent. Mais j’étais incapable de voir clairement quand c’était le cas. Et pourtant, le Dieu de Tom sait que c’est le cas ; et probablement toutes les personnes ci-présentes également. Mes parents ont acceptée la Section Junior, et j’ai été acceptée en Section Junior, parce qu’ils croyaient en moi ; ils essayaient que je ne parte pas trop en vrille mais ils ne l’auraient pas fait ainsi sans un fond de croyance. Pas plus qu’ils ne m’auraient aidé pour retrouver Léo. Zombie, Abeille, Macky, Liza et Fira ne m’auraient pas suivi non plus s’ils n’avaient pas déjà cette reconnaissance de mes capacités que je recherchais ; même si ce n’était pas auprès d’eux. Aislinn ne m’aurait jamais recrutée si elle n’avait pas crue en moi et, malgré toutes les raisons qu’elle avait de ne plus le faire suite audit recrutement, elle ne m’aurait encore moins emmenée en mission sans cela. Mais elle l’a fait, elle m’a offerte une seconde chance dans ma seconde chance et m’aide à me développer à sa manière. Tout comme Emma l’a fait, en essayant de me diriger afin que je comprenne moi-même la façon dont je me développe, et Valerie aussi, en m’offrant des séjours supplémentaires au Manoir Braddock et en me prenant sous son aile.

I’m the Lucky One, je suis Celle-qui-a-de-la-Chance, et la plus grande chance de ma vie est de rencontrer des êtres exceptionnels ; tellement exceptionnels qu’ils me pardonnent lorsque je leur fais défaut et continuent de m’aider en se tenant à mon côté. Sans doute que l’énergie que je mets à essayer de réparer mes conneries, même si elle me conduit à en faire de nouvelles, les motives dans le fait que, malgré tout, j’en vaille la peine. Je l’ai dit à Aislinn, je ne veux pas décider de ce que je représente pour les autres même si je veux faire des efforts pour les encourager à croire en moi. Et, si cette croyance est acquise, je dois réussir à la conserver. Ça ne signifie pas que j’arrêterai d’aller au-devant de ceux qui ne la possèdent pas afin de poursuivre ce combat mais j’ai conscience à présent que je ne pourrais convaincre tout le monde et que je ne dois pas essayer de le faire si cela me coûte ceux qui sont déjà convaincus.

Je le vois au travers de toutes ces personnes qui m’entourent. Les Masques de la Commedia renoncent à leurs proches de crainte qu’on s’en serve contre eux tandis que les gens comme Dominique Anno se servent de leurs proches pour accomplir leurs objectifs. Pour moi, mes proches sont non seulement une motivation, puisque je veux me battre pour eux de quelque manière que ce soit, mais également un filet de sécurité, puisqu’ils savent quand je dévie même si je ne les écoute pas toujours ; voir rarement, je l’admets. Et, surtout, ils sont mes proches. Ma famille, comme dirait l’Alliance et les vieux-jeux de la Justice League. Je les regarde en sachant cela et je me dis que si le proverbe "pleurs, tu pisseras moins" est vrai… ben je vais pas pisser des prochains jours, même si je pleurs moitié moins dans cette chambre vu qu’il me manque un œil.

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