On Arkham

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Re: On Arkham

Message  Ivy P. Isley le Ven 16 Déc 2016 - 9:05


J’ai trouvé une cachette pour la nuit comme une tenue plus à mon goût. Canal Point est un quartier prêt de l’eau et marqué par des décennies de pêchés des industries de Gotham, choses qui assurent que les politiciens regardent ailleurs et que les policiers n’aillent pas fouiller trop loin. Cette horreur urbaine est néanmoins un quartier en devenir, du fait des grands espaces à faibles loyers, et quelques lieux tels le Bobby’s Biker Bar en profitent déjà. Construit au sein d’un entrepôt désaffecté dont cette première nature est cachée par un parquet et des lambris de bois mais probablement pas nettoyée des déchets qui y ont trainés, c’est un endroit sans âge où des nomades ne font que passer mais maintiennent une certaine activité du couchant à l’aube et m’assurent donc un système de sécurité minimal si jamais des éléments indésirables s’en venaient à essayer de m’intercepter. La tenancière, Bobby comme on peut s’y attendre, est à son aise dans ce milieu qui roule sur la ligne du légal et de l’illégal : ses tatouages l’identifie comme une ancienne membre de la prison de Black Gates et elle porte deux bracelets de menottes au poignet gauche comme pour faire montre d’une certaine ironie. Elle a de l’ironie et de la malice, suffisamment pour s’en sortir dans sa vie difficile, même si elle se montre souvent désabusée. Elle n’en a pas moins eu un peu de surprise quand à ma commande, peu de ses clients se contentant d’un verre d’eau. A dire vrai, même la blonde ne s’en est pas réellement contentée puisqu’elle m’a mise une tranche de citron au milieu des glaçons qui forment la majorité du contenu du verre à whisky qu’elle m’a rempli directement au robinet. J’attends qu’ils fondent, du fait, tout en observant la faune du lieu.

Les lumières drues des lampes pendant du plafond éclairent des tables carrés aux chaises pliantes ainsi que plusieurs tables de billards, un bon tiers étant occupé par des motards et des loubards aux idéaux de l’Amérique profonde, géographiquement parlant. Leurs origines sont diverses mais il est un courant de pensé très répandu chez eux, quelque soit leur groupe : le machisme. Boddy en fait les frais, sa musculature s’étant accompagnée de formes qui ne manquent d’attirer les commentaires voir le contact de ses clients quand bien même elle n’hésite pas à les remettre en place. J’ai eu le droit à quelques commentaires également, du fait du décolleté de la robe à bustier verte que je me suis appropriée et qui ne me descend qu’à mi-cuisse, mais je laisse-là ces primaires humains croire à leur supériorité de mâle quand leur attitude ne les rend que plus aisés à manipuler. Il en est un duo particulièrement lourd cependant et je décide de m’amuser un peu avec eux, interceptant Bobby quand elle s’en revient à son comptoir de bois où je suis accoudée avec mon verre victime de la fonte des glaces.

Réclamer une bière tendrait à rassurer la barmaid mais je pense qu’elle a compris que ce n’était pas pour ma consommation personnelle. Elle me la sert tout de même et me regarde avec perplexité alors que je trempe mon index dedans, laissant infuser de longs instants afin que l’alcool présent dans la boisson n’entrave pas trop les toxines que je suis en train d’y déposer. Tous les pores de la peau humaine sont susceptibles de laisser s’échapper de la transpiration mais mon hybridation me donne l’occasion de contrôler ce processus, lequel s’apparente désormais aux émanations d’huiles végétales en plus d’aider à réguler ma température corporelle comme il se doit. Je finis de touiller quelques instants supplémentaires puis demande à ma logeuse de porter la boisson à l’un de ses deux envahissants « admirateurs ». Bobby trouverait plus utile que je crache dans la boisson avant de l’offrir mais obtempère tout de même, s’en retournant se faire traiter comme une féline n’attendant qu’un vrai mal pour déclencher ses chaleurs par des gens renvoyant les chiens en rut à un model de féminisme. Heureusement, les choses vont changer et c’est ce qui motive mon sourire lorsque l’explication de la provenance de la bière est fournie à l’idiot le plus insistant des deux. Il la boit rapidement en se félicitant de son attractivité et, une fois qu’elle est revenue à mon côté, j’encourage Bobby à regarder les choses se faire. Les secondes s’écoulent et le discourt de l’empoisonné change petit à petit. Oh, il ne s’améliore pas envers les femmes mais s’intéresse plus envers les hommes et il ne faut que quelques minutes de discussion avant qu’une dispute éclate entre les deux amis, l’infecté cherchant désormais bien plus que cela.

L’amour comme l’attirance ne sont que des réactions chimiques déclenchées par des hormones et des phéromones, avec la toxine appropriée j’ai déclenchée ces réactions chez l’un des loubards et ses affinités l’ont conduit à se focaliser sur celui dont il croit en être la source ; retraduit plus simplement, j’ai transformée leur bromance en romance. Enfin d’un côté. L’autre étant toujours dans ses valeurs de « Mâle », les choses se délitent entre eux par l’inacceptation de l’homosexualité. Je traiterais bien ces deux idiots de primates mais un certain nombre d’espèces de singes a déjà intégrée l’homosexualité dans leurs relations sociales. Bobby s’amuse de la situation et moi j’en retourne à mon verre d’eau citronnée, en prenant une gorgée. Je le finirais avant de m’en aller me coucher mais, à regarder l’amoureux transit se faire rejeter par son sensément meilleur pote, j’en viens à avoir quelques pensées pour Darshan. Comment va-t-il ? Comment vit-il ce qui c’est passé ? Je me souviens son discourt, lorsqu’il déplorait que c’était l’un des jours où il avait l’impression de perdre la tête. Il aide une personne dans le besoin, elle est intelligente même si un peu à côté de la plaque, elle est belle même si assez étrange, et quand il découvre que ce n’est pas une fille ordinaire… j’aimerai connaitre la suite à présent, j’aimerai la lui demander. J’aimerai lui dire deux mots que je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de dire de toute ma vie. A présent que je suis partie, j’éprouve l’envie de lui parler, de répondre aux questions qu’il me posait sur moi, sur mon passé, sur comment j’en suis arrivée là.

Combien de temps que je ne me suis plus confiée à quelqu’un ? Je dirais deux décennies. Les deux décennies depuis que j’ai perdu les dernières personnes qui me rattachaient à l’Humanité, depuis que j’ai perdu les orphelins à Robinson Park. Les deux décennies que j’ai vécu en trop. A l’époque, je serais morte en bonne personne avec les bonnes personnes que j’aimais. Aujourd’hui, je suis une mauvaise personne. Les règles de Gotham, toujours : soit tu meurs en tant que bonne personne soit tu vis assez longtemps pour devenir mauvaise. Je soupir lourdement. Roy Westerman est une bonne personne comme l’Épouvantail le fut jadis. Darshan Bapna est une bonne personne comme sa voisine aux chiens le fut jadis. Emily Parker comme Bobby sont sur la pente qui les conduit, doucement mais surement, à devenir mauvaises. Je suis sur cette pente, également, étant mauvaise aux yeux des autres mais pouvant encore devenir pire. Est-ce à cause de cette transition que j’en viens à vouloir revoir une personne qui m’attristait parce que, au final, elle était l’être humain le plus décent qu’il m’ait été donné de rencontrer dans cette ville ?

Les questions apportent des problèmes, je le sais, mais j’aimerai des réponses cette fois. Juste cette fois.

Je bois mon verre d’un coup et emprunte le téléphone à Bobby puis me dirige vers l’étage construit et aménagé en loft pour servir de résidence à celle-ci, m’emportant avec moi que la tranche de citron dont le pépin à l’intérieur commence à germer. Je m’isole en tapant le numéro de Darshan alors que la plante me tient dans la paume de la main à présent, écoutant avec un calme toujours moindre les tonalités du téléphone.

Je tombe sur le répondeur, écoutant sa voix s’excuser de son indisponibilité et encourageant à laisser un message ou à rappeler plus tard. Ce que j’ai à dire est trop long pour un message et rappeler plus tard est exclus, du fait de la possibilité que le GCPD soit mis au courant et tente de remonter jusqu’à moi à travers cela ; et dans l’optique où il ne le pourrait pas, Batman risque de le faire tout de même. Je suis incapable de dire pourquoi Darshan m’aurait trahie, tout comme j’étais incapable de le comprendre à l’époque où Jason l’a fait. Je sais juste que cela a été fait et que cela peut recommencer. Je ne veux pas que cela recommence, jamais.

Je laisse donc un silence, même après le bip signifiant le début de l’enregistrement, puis me décide à parler.

Darshan, c’est moi. Je voulais te dire… au revoir.

Je raccroche et je reste là à regarder la pousse de citronnier que je tiens dans la main. Son espérance de vie est d’environ quatre-vingt ans ; autant qu’un être humain.

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Re: On Arkham

Message  Ivy P. Isley le Lun 19 Déc 2016 - 10:19


Je suppose que vous voulez tout savoir de moi ? Je vais vous le dire alors.

Les questions apportent des problèmes, même une aussi rhétorique puisque je doute que l’inconnu à côté duquel je me suis assise et que j’ai embrassé désir autre chose que fuir, mais je réponds à celle-ci et anticipe déjà les problèmes qu’elle va m’apporter. J’ai cependant besoin de dire à quelqu’un ce que je ne pourrais jamais dire à Darshan, c’est ainsi. Le temps se délite dans l’abîme que représente ma mémoire et je raconte les choses telles que je m’en souviens.

Le récit de ma biographie n’est pas quelque chose que l’on doit entendre souvent mais je crois bien que le faire prendra plus de temps qu’à ce qu’il soit oublié mais je le fais tout de même. Je le fais et je me souviens.

1976. Ma vie est brisée pour la première fois alors que des membres du GCPD viennent me poser des questions après avoir abattu mon père suite à un différent avec le trafique des plantes dont je m’occupe seule depuis plusieurs mois dans le jardin arrière de la maison. Je ne comprends pas véritablement ce qui ce passe parce que j’ai toujours respecté ce que m’a dit mon père : les questions apportent des problèmes. C’est pour cela que je refuse de répondre aux policiers. Ils croient que je suis en état de choc et m’accordent mon silence. Lorsqu’il est question de partir, il est une question que je ne peux me retenir de leur poser et je fais attention à ne pas formuler à l’interrogative, espérant que cela passera mieux : « je voudrais savoir si les plantes dont je m’occupe seront encore plus belles maintenant que Papa est mort parce qu’il m’avait dit cela lorsqu’il a enterrée Maman dans le jardin ». Mes plantes sont confisquées par le GCPD pour être détruites. Papa avait raison, les questions apportent des problèmes. Je pars sans savoir ce qui va m’arriver et sans avoir l’intention de le demander, ne pleurant pas mais comprenant bien que je viens de perdre tout ce qu’était ma vie jusqu’à lors. J’ai douze ans. Je suis sous le choc.

2011. Je suis au bord du gouffre alors que les Vengeurs s’en viennent détruire tout ce que j’ai reconstruit. Debout sur l’une des branches de mon ainé, premier et plus gigantesque arbre de l’île que j’ai nommée Nouvel Eden, je me prépare à connaitre le même sort que la Confrérie des Mutants et à défendre jusqu’au bout ce que j’ai essayé d’accomplir ici. Les humains qui m’ont aidée durant toutes ces années ont été renvoyés chez eux, afin que leurs familles ne les perdent pas, et moi comme mes enfants nous apprêtons à défendre ce qui aurait pu sauver notre monde de ceux qui s’acharnent à combattre les menaces afin de le protéger. Nos chances de victoire sont maigres mais nous n’avons d’autres alternatives qu’un dernier carré car j’ai refusé d’abandonner ma famille. Je vais probablement mourir mais ce sera avec les miens. J’ai quarante-sept ans. Je suis résolue.

1985. Je reçois mon diplôme de licence en Biochimie à l’Université de Gotham avec la mention très bien. Les membres de ma famille d’accueil me sourient et je leur souris à mon tour, ce moment de complicité est faux car je n’ai jamais réussi à m’attacher à eux malgré tout les soins et l’amour qu’ils m’ont donné. Je fais leur fierté aujourd’hui comme j’aurai pu faire leur honte un an plus tôt. Je ne leur ai jamais dit que j’ai failli être renvoyée pour avoir été interpelée par un agent de sécurité du campus en train de revendre de la drogue. S’il y avait erreur sur la marchandise, c’est bien celle-ci qui m’a permise d’étouffer l’affaire. Manipuler le matériel universitaire pour fabriquer de mes phéromones modifiées et les revendre aux étudiants afin d’étudier leurs effets m’avait conduite à développer une phéromone incitant les gens à m’obéir sans se poser de question et le directeur n’a pas fait exception. Ne voulant pas attirer des attentions néfaste et restant perturbée par cette découverte, je n’ai pas poussée mes recherches plus loin et ai continuée ma scolarité sans incident. Je veux comprendre comment les humains fonctionnent pour savoir ce qui cloche chez moi, pourquoi je suis incapable d’aimer les Isley comme ils m’ont aimée, et faire une vie tranquille, pas m’attirer des ennuis. Mon regard et mon sourire se détournent d’eux pour s’en aller vers Jason Woodrue, un enseignant de mon cursus, et ses félicitations s’accompagnent de la proposition de devenir mon directeur de mémoire. J’ai vingt-et-un ans. Je suis joyeuse.

2008. Je franchie la sécurité du G20, réuni à Washington afin de discuter de la crise économique mondiale, et stresse toujours plus à mesure que me dirige vers la salle de réunion. Tous les dirigeants qui s’y trouvent ont déjà du boire un peu de l’eau qui leur a été servie, eau préalablement infectée par mes phéromones de contrôle, et m’obéiront simplement lorsque je leur ordonnerai d’adopter des lois de protections de la vie végétale à l’échelle internationale. L’économie étant déjà à terre, je ne crois pas qu’il y aura des difficultés supplémentaires à ce relever avec ce que j’impose et espère même que ça pourra aider, puisque créant des emplois et restructurant des secteurs. Pas de violence, pas de blessé, pas de morts, le monde sera changé et d’innombrables vies sauvées. Je ne comprends pas comment mais l’alerte est donnée, les chefs d’état étant rapidement évacué tandis que le SHIELD cherche à m’arrêter. Tout ce que je ne voulais pas arrive, il y a de la violence, il y a des blessés, et je réagis entièrement à l’instinct pour m’échapper, complètement paniquée. J’ai quarante-quatre ans. Je suis désolée.

1990. Les derniers soubresauts que j’accomplis sur la table d’opération à laquelle je suis attachée sont des réflexes dus aux douleurs qui me parcourent et non à une volonté de vivre qui a disparue à présent. J’allais tout avoir mais j’ai tout gâché. Les questions apportaient des problèmes, je le savais pourtant, mais j’avais confiance en l’homme de ma vie et suis toujours incapable de comprendre sa trahison. Jason me répète que c’est pour moi qu’il fait ça, tout comme j’ai accepté de faire des phéromones de contrôle pour lui. Pour qu’on puisse s’approprier une jarre remontant à l’Egypte Ancienne qui était sensée conserver une plante encore non-étudiée jusqu’ici ; personne n’avait cherché à le faire car, si l’on ouvrait la jarre, l’air allait endommager l’objet. J’avais associé ça au chat de Schrödinger, pour plaisanter. Désormais, c’est moi qui suis dans la boite. Deux fois, je me suis sentie mourir sous les toxines qui me sont injectées afin de me préparer à celle de la plante antique mais la personne que j’aime ne m’a pas laissée partir et la confusion et les suppliques ont finies par se tarir. Comprendre n’importe plus. Lutter n’existe plus. L’injection finale ce fait et j’ai mal comme je n’ai jamais eu mal. J’ai vingt-six ans. Je perds la raison.

2000. Je marche escortée par des membres de la sécurité de la zone de soins intensifs d’Arkham Asylum où je me laisse vivre ou mourir, je n’en suis pas certaine. On revient des tests, tour à tour psychiatriques ou scientifiques, qui rythment ce qui reste de mon existence et m’indiffèrent alors même qu’ils sont les seuls contacts que j’ai avec d’autres êtres humains. Je les entends discuter cependant. J’ai admise ma passivité végétale face aux exactions animales mais ils me redonnent espoir. Ils parlent d’un homme seul qui défie le monde, ayant pris le contrôle de Gotham et repoussée la Justice League, par la menace d’une bombe. Je m’identifie et comprends alors ma capacité à me défendre et protéger ce que je m’évertue à construire. Je suis enfermée dans ma cellule et y attends le bon moment pour découvrir un mystère que les études d’Arkham n’ont pas encore percé : ce que je suis capable de faire. Les plantes répondent à mon appel et je provoque la croissance démesurée de la flore de l’asile. Je force ma cellule et m’échappe pour accomplir ce que j’aurai toujours un chercher à faire. J’ai trente-six ans. Je suis lucide.

1991. Je suis dans le bureau de mon supérieur à Wayne Enterprises et il me licencie. J’y ai été recrutée après un séjour concluant à Arkham, lui-même accompli en suite de mon sauvetage par la chauve-souris de Gotham, et en avait usé pour chercher à comprendre ce qui m’était arrivé. Je ne sais pas comment vivre les réponses que j’ai découverte : organisme parfaitement fonctionnel malgré qu’il soit composé de cellules animales et végétales, système immunitaire neutralisant les effets des drogues et capable de les reproduire par la suite, influence inexpliquée sur les plantes… je suis désormais une surhumaine, une super, une méta-humain, un mutée ou quelque soit le nom qu’on donne pour classifier. Ce que je sais en revanche, car on me l’explique fermement, c’est que le détournement du matériel de l’entreprise est une infraction et qu’elle est condamnée comme il se doit. Je suis sans emploi et, les Isley ne pouvant pas m’aider, je m’avère incapable d’en retrouver un du fait de mes antécédents. Rapidement, je finis à la rue. J’ai vingt-sept ans. Je suis perdue.

2004. Je pose le pied sur une île devenue déserte suite aux tests d’armement faits sur elle par une compagnie Gothamite. Derrière moi, les membres de ladite compagnie déchargent des caisses diverses et variées qui vont me permettre de transformer ce paysage ravagé en Eden ; c’est ainsi que je décide de la nommer d’ailleurs, Nouvel Eden. Après quatre années à être une fugitive échappée d’un asile psychiatrique, je vais me construire une nouvelle maison. Je laisse aux humains le soin d’interagir entre eux, me servant de ceux qui me sont liés comme interface avec les autres, et me concentre sur les plantes comme leur protection. A l’instar de Bane avant moi, je veux préparer une bombe mais celle-ci n’a pas pour but de menacer : mon arme est biologique et devra, une fois qu’elle aura explosée dans la stratosphère et répandu son contenu dans les vents globaux, empêcher l’Humanité de détruire des végétaux. Des années de recherche me seront nécessaires à comprendre comment le faire cependant. J’ai quarante ans. J’ai espoir.

1993. Je rentre à Robinson Park, où je vis depuis maintenant deux ans comme sdf, porteuse d’une bonne nouvelle : j’ai réussie à trouver de l’argent en quantité suffisante pour que les services sociaux ne soient pas un problème. Aucun des orphelins dont je m’occupe n’est là pour s’enjouer et, à mesure que le temps passe et qu’ils devraient rentrer, l’inquiétude grandie. Je finis par craindre que Jason ne soit derrière tout cela, lui qui m’a faite enlever pour me proposer une forte somme d’argent en échange de mon ADN, et m’en retourne à lui. Il déclare avoir tenté de me laisser une chance de prendre un nouveau départ puis me révèle recommencer les expériences ayant conduites à mon existence sur mes protégés. L’horreur est telle que j’essaie par instinct de me battre mais, mes pouvoirs n’ayant pas été maitrisés au-delà de ce qui m’était nécessaire à assurer une nourriture végétarienne saine et variée pour mes orphelins, je suis rapidement vaincue. Batman sauve encore la situation. Je suis effondrée de soulagement.

2011, à nouveau. Je suis au pied du cadavre calciné de mon ainé et sens parfaitement que tous mes enfants sont morts ou mourants, consumés par les flammes et cachés par la fumée. Je suis la seule que l’Humanité a épargnée alors même que je suis la seule à avoir voulu faire une bombe et que je suis la seule à ne vouloir blesser ou tuer qui que ce soit.  Je pleurs de mon échec et d’avoir survécu. Les ombres humanoïdes s’approchent de moi mais je n’ai plus la force de me battre. Je ne pose pas de question à ma capture ou après, incertaine de ce que je vais devenir mais ne voulant pas aggraver mon cas par des questions par savoir de combien mon père avait raison. J’ai quarante-sept ans. Je suis effondrée de culpabilité.

1994. Je suis paniquée, pressée entre les orphelins que je n’arrive pas à sauver et les forces du GCPD qui menacent d’arroser  le parc avec de désherbant si je ne me rends pas. Les expériences de Jason ont déjà emporté un tiers des orphelins sans que les contrepoisons et les anti-venins que j’ai pu créer ne soient efficaces et j’en suis à essayer de transférer les consciences des morts dans des êtres végétaux. Je finis par abandonner, suppliant qu’on prenne les enfants dans un hôpital malgré que nous n’ayons pas l’argent pour le payer, et suis mise aux arrêts comme une criminelle. Les accusations comme quoi je suis responsable de l’empoisonnement ou que j’ai pris en otage les enfants ne m’intéressent pas plus que la bonne presse que ce sauvetage fait au GCPD, je veux juste que quelqu’un réussisse là où j’ai échoué. Je veux que quelqu’un les sauve. Je finis à Arkham Asylum à poser une unique question en boucle, sans jamais qu’elle trouve de réponse. Les questions apportaient des problèmes, Papa avait raison tout ce temps. Mes orphelins étaient morts. Mes enfants étaient morts. Les derniers liens que j’avais avec l’Humanité étaient morts et même la seule famille qui me restait était la nature, dont ma cellule me privait. J’ai trente ans. Je suis brisée.

2016. Je me suis à nouveau échappée d’Arkham Asylum et je suis là, au milieu de nulle part, à raconter ma vie et mon but à un inconnu que j’ai infecté avec mes phéromones de contrôle, celles-là même qui m’ont condamnée il y a plus de trois décennies. Ce n’est plus dérangeant de les employer à présent, c’est rassurant car les attentions qu’elles m’ont attirée m’ont déjà entièrement détruite et elles m’assurent que cela ne se reproduise plus jamais. J’ai cinquante-deux ans. Je suis en paix.

Je vous remercie de m’avoir écoutée. Je crois que cela m’a fait du bien de parler à quelqu’un, que quelqu’un sache. Plus j’y réfléchis, plus j’en suis certaine. J’avais besoin que quelqu’un sache pourquoi je me bats. Je ne suis pas perdue, je ne suis pas folle. Je me bats juste pour des êtres auxquels vous n’accordez aucune importance, persuadés que vous êtes de l’anthropocentrisme et de la pureté de votre espèce. Rentrez chez vous à présent, vivez et oubliez ce qui c’est passé ici. S’il est une chose à vous souvenir de notre rencontre, c’est ceci : nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. C’est un proverbe amérindien, le peuple qui ce tenait ici avant vous et vous connaissez la suite. Au revoir, confident d’un jour.



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