Le grand bassin

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Le grand bassin

Message  Ivy P. Isley le Mar 19 Juil 2016 - 19:03

Septembre 2016
Congo-Kinshasa

Le printemps austral a commencé récemment et je suis intervenue avec lui. Voici plusieurs mois que j’ai laissée Gotham derrière moi pour des régions qui nécessitent mon intervention urgente. La forêt du Bassin du Congo, en Afrique centrale, est le deuxième massif forestier tropical au monde, couvrant plus de deux millions de kilomètres carrés et six pays humains qui font des dégâts à son écosystème. Au Nord et au Sud, elle devient une mosaïque de savanes arborées, de forêts sèches, de savanes et de prairies. A l’Ouest, elle s’étend jusqu’au Nigéria et au Bénin. A l’Est, elle abouti sur des montagnes qu’elle couvre le long de la partie occidentale de la vallée du grand rift. Cette forêt est le quart de ce qu’il reste de forêt tropicale sur Terre et est l’une des trois dernières forêts primaires de la planète. Peut-être possède-t-elle le plus bas taux de déforestation des zones forestières majeures mais seul un quart à un cinquième du bois qu’on lui arrache respecte les conditions de gestion durable des forêts et ce sacrifice ne bénéficie même pas aux populations qui vivent dans cette zone, celle-ci étant exploitée par des entreprises étrangères dont les super-héros ne devraient pas tarder à venir contrecarrer mes agissements.

Mon corps émerge peu à peu de l’eau, celle-ci collant ma chevelure et ruisselant sur ma peau alors que la gravité cherche à la faire retourner à sa réserve que je quitte. Ma peau ne se verdit pas encore sous l’effet de mes symbiotes, le soleil nous étant caché par le large toit dont la charpente est visible au-dessus de nous, et j’avance en caressant la surface aqueuse vers les bords de la cuve où j’ai dormie. Sur la passerelle qui la longe se trouve Aman et je lui adresse un regard absent, n’étant pas encore pleinement éveillée. Il me tend la main pour m’aider à sortir du bassin mais je n’en fais rien, escaladant seule alors que de mon épiderme s’échappent les lianes rampantes et grimpantes sur lesquelles poussent des feuilles pétiolées et trifoliolées qui couvrent ma nudité du bassin au visage. Cela le dégoûte, je le vois sur son visage émacié sans en tenir véritablement compte alors que je commence à marcher le long de la passerelle, mes pieds nus laissent derrière moi des empruntes mouillées infusées de ma phéromone de contrôle.

Aman est responsable de la maintenance du système de traitement des eaux fournissant l’eau potable de la région et c’est son soutien qui m’a permis d’étendre aussi rapidement mon influence sur celle-ci. Grâce à lui et aux bouteilles que son centre envoie aux scieries, je n’ai plus qu’à m’y rendre pour commander l’arrêt des activités et je suis obéie par tous. Une à une, les stations d’abatage laissent la forêt tranquille et leurs employés dissimulent mes véritables activités par des mouvements de grèves, me permettant de gagner un temps précieux. Temps que j’exploite à saborder leurs outils afin que la nature reprenne ses droits et à préparer l’application de mes préceptes de vie afin que ceux qui furent les bourreaux de la forêt réapprennent à vivre en symbiose avec elle. Les professeurs de ce pays sont formés en cinq semaines, je n’ai que quelques jours pour enseigner à ceux qui le font à nouveau après mon passage mais je pense que cela sera suffisant : la nature est bien plus simple que la « civilisation ». Qu’est-ce que celle-ci leur apporte de toute façon ? Avec neuf personnes sur dix au-dessous du seuil de pauvreté, une personne sur quatre analphabète et une personne sur cinq en insécurité alimentaire, je ne crois pas qu’ils aient grand-chose à perdre à se tourner vers la nature. Elle ne leur apportera ni la richesse monétaire ni l’alphabétisme mais elle leur offrira nourriture et soin, je m’en assure toujours. Je mets fin à l’hégémonie de l’humanité sur mon peuple, pas à l’humanité elle-même. Le plus grave qu’on puisse me reprocher est de ramener les humains que je convertis à des communautés primitives mais c’est là un jugement de valeur quand à la formation d’un écosystème se dispensant de toute technologie moderne.

Je regarde les employés du centre des eaux se préparer aux diverses livraisons prévues, écoutant Aman m’expliquer le planning comme ses préoccupations. L’accaparement des terres effectué par les entreprises transnationales françaises, chinoises et indiennes n’ayant pas véritablement de considération pour le droit de grève, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il n’y ait des débordements face aux actions dont nous sommes responsables puisque, même une fois licenciés, mes convertis continuent d’occuper le terrain. Mais ce n’est pas cette violence qui lui fait peur, confiant qu’il est dans ma promesse que la forêt défendra les siens. Les armes ne seront pas un problème mais les gens comme moi… Aman me fait sourire d’amertume puis je le regarde dans les yeux en lui caressant la joue. J’ai besoin de sa confiance et de son aide, cela n’a pas changé avec les semaines : je ne parle pas le français ni aucun des dialectes des populations que je convertis et il est l’une des rares personnes à parler l’anglais. J’ai besoin d'eau potable afin de rendre les gens sensibles à mon message et il gère l’installation qui c’est accaparée les sources d’eau de la région au profit des entreprises de déforestation, lesquelles la réservent à leurs employés et leurs familles. Je n’aurai rien pu faire sans lui mais il y a également des choses pour lesquelles il ne peut pas m’aider. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, je ne suis pas seule : j’ai l’une des trois forêts primaires avec moi et je l’ai déjà préparée aux affrontements à venir. Quelques soient les forces que l’on enverra sur nous, je ferai face et mènerai mon peuple afin qu’il défende ce qui lui appartient. J’ignore qui arrivera en premier car ce continent n’a pas encore l’indépendance sécuritaire et les Vengeurs, les Champions de l’Europe comme les Last Sons peuvent être amenés à intervenir à l’égal des héros locaux, principalement issu du Wakanda. Les Champions et les Sons sont les plus probables puisque nous menaçons les intérêts économiques de leurs pays mais mon plan devrait fonctionner qui que soient mes opposants. J’emploie de mon temps à saborder les outils de l’Humanité, cela ne se limite pas à ses machines de mort. Aman me demande comment je fais pour ne pas avoir peur et, après un instant d’hésitation, je lui réponds que j’ai peur. Il hoche la tête et ma caresse se perd sur la panicule axillaire lâche supportant des fleurs verdâtres de quelques millimètres que j’ai mêlée à sa chevelure noire peu après notre rencontre.

La journée se poursuit et Aman m’accompagne jusqu’à une nouvelle scierie. Le conducteur et lui sont dans l’habitacle du camion pendant que, la peau d’un vert végétal, je me prélasse sur son toit pour profiter du soleil comme de l’air humide, maintenu sur le véhicule par ces mêmes lianes qui me vêtissent. Je sens la proximité de la forêt devenir toujours plus importante et cela me détend et m’apaise, me revigorant l’esprit à l’instar de ce que fait la lumière à mon corps. Peut-être est-ce du fait de l’agitation de mes nuits mais, malgré les chaos du chemin, je suis certaine que je pourrais m’endormir.

Je ne le fais cependant pas et rétracte mes symbiotes lorsque nous arrivons à la scierie, me restreignant à une peau légèrement verdâtre et un body de sumac vénéneux. Les ouvriers sont déjà là et, l’eau arrivée, ils vont pouvoir prendre le travail. Aman me présente au chef de chantier et celui-ci ne tarde pas à sonner le rassemblement de ses hommes, tous sensibilisés depuis des jours. Je regarde à quelques dizaines de mètres de nous les longs entrepôts où les cadavres de mon peuple sont démembrés et découpés, transportés par des tractopelles dotés de serres d’acier ou des grues n’ayant rien à leur envier d’horreur après que les chaines vrombissantes des ouvriers aient déchiquetées des parties d’eux pour les mener à la mort. Les abattages du jour n’ont pas encore commencés mais cette simple vue me fait déglutir.

La voix d’Aman me fait sortir de mes pensées et je m’avance vers les ouvriers rassemblés à sa suite, plusieurs ayant déjà entrepris de s’hydrater. Je commence à leur parler puis il me traduit.

Mon nom est Poison Ivy. Je suis ici pour que vous arrêtiez les massacres que vous accomplissez dans l’espoir de survivre et de nourrir ceux que vous aimez. Je suis ici pour vous montrer que, si vous choisissez de l’honorer, Dame Nature vous fera profiter de ses bienfaits.

Je tends le bras vers la lisière de la forêt du Bassin du Congo à quelques mètres, paume ouverte et levée vers le ciel, et ma famille répond à mon appel. Le vent transporte des spores de mon corps jusqu’à la forêt et la forêt extirpe ses racines de la terre pour les faire courir sur ce sol déjà malmenés par les déracinements des jours précédents. Les instruments de cauchemar des humains sont envahis et broyés peu à peu et de nouvelles plantes repoussent autour d’eux. Je n’ai pas besoin de parler plus, une démonstration vaut souvent bien mieux qu’une longue explication, et de toute façon ils sont déjà acquis à ma cause.

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Re: Le grand bassin

Message  Diana De Themyscira le Lun 22 Aoû 2016 - 19:05


    La princesse des Amazones subissait une terrible thérapie de choc depuis les dernières années. Consciente des évolutions depuis l’émergence de puissance de la Ligue des Justiciers, elle était malgré surprise par l’élitisme établi depuis les dernières années. Elle avait toujours eu beaucoup d’espoirs envers la jeunesse, et cela s’était présenté avec Cassandra qu’elle avait entraîné ou encore que la jeune Korra qu’elle voyait une sagesse rare. La première avait trouvé son chemin dans un groupe encourageant une jeunesse et un espoir. La deuxième avait peut-être subit un grand choc, mais elle était devenue une membre très importante de l’organisation oriental appelé les Last Sons. Elle ne jalousait pas cette nouvelle époque, elle était plutôt surprise des avancées rapides des différents membres de chacun des groupes pour devenir quelque chose de bien plus concret dans leurs forces respectives.

    Diana avait toujours eu une grande estime d’elle-même, surtout dans le domaine du combat. La difficulté de prendre un recul sur sa position était largement dominé par une colère à ses débuts de la Ligue des Justiciers. Découvrant des talents terrestres pouvant percer des entraînements millénaires par une maitrise multiple et ainsi qu’une volonté de fer, elle avait été surprise. Dinah Lance, Bruce Wayne, T’Challa, Oliver Queen et ainsi que plusieurs autres étaient des combattants fiers et dangereux, même pour les plus grands des Dieux. L’Amazone avait une nécessité de se remettre en question à cette période au niveau de ses talents de combattante. C’était de cette manière qu’elle s’était autant améliorée avec le temps. À la place de toujours croire à sa supériorité par sa longévité ou son entraînement, elle avait décidé de faire confiance à ce Monde pour améliorer ses capacités de combats.

    Aujourd’hui, on dirait que Diana se retrouvait dans le même problème à l’époque. Elle était naturellement troublée par son entraînement au Wakanda. Wonder Woman connaissait très bien le potentiel de Shuri et du nouvel étudiant de T’Challa, mais elle supportait très mal d’avoir autant de difficultés à les affronter. Le Wakanda avec les X-Men formaient peut-être les meilleurs combattants de plusieurs univers, mais Diana croyait nécessairement plus à ses chances devant de telles élites. Après cet entraînement mitigé où aucun victorieux n’était sorti clairement, Diana resta déçu par ses manœuvres, pensant surtout au après de comment mieux gérer ses adversaires.

    Elle avait félicité ses rivaux et pour leurs jeunesses, ils pouvaient encore devenir des guerriers encore plus tenaces et fiers dans le futur. Cependant, elle resta amère de ses attitudes depuis l’apparition des nouveaux projets de chaque organisation se trouvant à travers le globe. Diana ne pensa pas se retirer, elle voulait toujours se battre et ce n’était pas à elle de faire des gestions de Themyscira. L’ancienne membre de la Justice League était beaucoup plus animée à continuer le combat que de rentrer dans des classes politiciennes ou diplomatiques. Diana avait déjà les responsabilités, mais elle savait très bien que l’ambassade des Amazones dans l’entité étatique appelé le Brésil faisait un meilleur travail qu’elle.

    Au moins, elle pouvait penser à autre chose pour cette fameuse journée. Le Wakanda s’obligeait à plusieurs missions à travers l’Afrique et aujourd’hui, il existait une crise importante dans le bassin du Congo. Déjà que le pays connaissait des échos de guerres par des nationalismes trop présents dans la mentalité de la population, c’était maintenant une autre crise qui s’imposa dans les longs problèmes historiques que ce pays pouvait avoir. S’habillant avec son habituelle armure des amazones, pantalon noir, haut rouges et ses différentes armes habituelles dont son épée et ainsi que son bouclier, elle était partie en direction du fameux bassin.

    Habituée par les missions à travers l’Afrique, elle ne s’ennuya pas en se dirigeant vers le territoire, repensant aux très peu de détails techniques qu’elle avait reçu sur le bassin. La population locale avait perdu contact avec les autorités et des vies étaient en jeu. Arrivant proche du bassin, il semblait avoir beaucoup de mouvements. Les oiseaux partaient par des minimes tremblements de terres sur le territoire, pendant que le paysage changeait de couleurs par une volonté surhumaine.

    Les yeux de Diana passèrent un peu partout sur le territoire. Elle avait vu une silhouette au loin ses mains en hauteur en train de redessiner le paysage par la nature. Elle vérifiait un moment autour de cette menace avant d’intervenir. Ce n’était pas la nature de Diana d’intervenir brusquement et usant uniquement de la violence pour faire arrêter des gestes insensés. Atterrissant à une grande vitesse derrière le dos de Pamela, la lame de Diana était déjà sortie pour la diriger vers le cou de l’écologiste.


    « L’esclavage et la destruction ne sont pas des outils acceptables pour faire passer un message. Gotham est très loin d’ici, mais tes actions sont toujours similaires. Je ne suis pas aussi gentille que Batman, Poison Ivy, mais je suis capable de trouver des compromis à place d’agiter uniquement la défensive de la violence. Je peux comprendre tes envies de protéger ce que d’autres êtres peuvent détruire, mais tu ne peux pas le faire seule. Le Wakanda pourrait t’aider beaucoup par son influence ou sa science. Je te demande uniquement d’arrêter cet esclavage inutile et ainsi que tes provocations qui peuvent créer beaucoup plus de chaos pour tes propres combats. »

    Faire passer un message positif était quelque chose d’honorable, mais comme la Ligue des Assassins, se perdre dans la violence faisait souvent qu’on oubliait comment régler réellement les problèmes de toutes sociétés. Les buts de certains ennemis pouvaient être justifiables, mais l’esclavage ne résonnait rien, et la violence précipitée se résultait souvent aux violences de plusieurs groupes ou gouvernements bien plus violents que l’Amazone. Wonder Woman espéra résonner Pamela sans utiliser une violence excessive par cette diplomatie et lui laissant aussi le désir d’aider sur un territoire réellement pacifique.

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Message  Ivy P. Isley le Dim 28 Aoû 2016 - 13:14


Je vois leurs chuchotements et j’entends leurs murmures, sans rien comprendre de ce qu’ils disent. Mais je perçois clairement leur fascination mêlant de l’admiration ou de l’appréhension, selon les gens. Il me faut des secondes pour défaire des jours de labeur tout comme leurs jours de labeur ont détruit des années de croissance végétale. Notre plus grande différence est que je tâcherai de faire au mieux pour tout le monde, non pour moi-même, puisque je ne profiterai pas de ce que je leur apporte. Peut-être pourrais-je connaitre le fruit de ma croisade un jour mais je ne pense pas pouvoir changer le monde et y périrais surement. Cela me laisse étrangement calme et apaisée, sans doute du fait de la recrudescence naturelle que j’encourage tout comme de ces gens qui en bénéficieront ; peut-être ne puis-je changer le monde mais je peux déjà changer des vies et apporter la paix et l’abondance à celles-ci tant pour les végétales que pour les humaines.

Je sursaute alors qu’un météore me frôle, m’interrompant et me retournant par réflexe pour me retrouver avec une arme de fer vers la gorge. Il ne me faut que quelques instants pour comprendre et la peur primaire face à l’inconnu est remplacée par une crainte tout aussi naturelle d’un connu qui, sans être familier, est identifié comme le danger qu’il est. Je contemple le plastron et les armes d’une guerrière réputée pour être parmi les meilleures, d’une  figure dont la plupart des gens sur Terre doivent connaitre le visage alors qu’elle n’appartient pas véritablement à leur espèce ni même à leur condition. Ma gorge se sert alors que les lèvres de la super-héroïne s’ouvrent, la nature aux alentours répondant à mon appréhension par une tension toute aussi importante que celle qui tient mes muscles. Les paroles se font dans un anglais qui m’est parfaitement compréhensible, tout autant que l’attitude de menace de Wonder Woman.

J’écoute les mots qu’elle me dit et ils me font grimacer de désarroi ; je suis d’accord avec l’esclavage et la destruction mais qu’y a-t-il d’autres ici ? Je sais que Gotham est loin tout, elle me manque, comme le fait que mes actions soient similaires mais alors pourquoi les en empêcher ? Je n’ai jamais perçu Batman comme gentil, il est fascinant dans sa lutte par la violence et la terreur pour maintenir l’ordre sur son territoire même s’il est vrai qu’il m’a sauvée par deux fois par le passé. Trouver des compromis avec l’esclavage et la destruction ne fait pas parti de mon intention et l’utilisation défensive de la violence est ici une perception faussée exclusivement destinée à la légitimer : qui agresse qui ici ? Il suffit de regarder qui porte le glaive et la menace face aux promesses d’une vie meilleure que Gotham a prouvée possible lorsqu’elle m’avait laissée m’occuper des orphelins dont elle ne voulait pas.

Je prends une inspiration désagréable alors qu’il est question de me comprendre et de ma solitude, tant ces choses sont fausses. L’intervention du Wakanda me répugne quand aux sous-entendus qu’elle porte et la demande qui conclu les paroles me fait détourner le regard vers ces hommes à qui j’ai fait une promesse, fixant tout particulièrement Aman. Il savait que cela arriverait, il le craignait tant. Moi aussi.

Regardez autour de vous, s’il vous plait. Regardez bien et vous comprendrez que je ne détruis ni n’asservis. Les êtres abattus chaque jour sont ceux de mon peuple et ceux qui les massacrent le font pour espérer pouvoir survivre aux conditions de vie imposées par ceux qui récolent les fruits de leur labeur. L’esclavagisme ici est double, tant celui de l’Homme sur la Nature qu’il consume avec avidité que celui de l’Homme sur l’Homme afin de se donner les moyens d’accomplir ce qu’il souhaite.

Mon introduction terminée, je retourne mon visage vers l’Envoyée des Etats et des Entreprises, défenseuse d’un système avec lequel elle n’a jamais chercher à interférer. La Justice League c’est dissoute à cause de cela, pourquoi cette conduite fonctionnerait-elle mieux aujourd’hui qu’alors ?

Faisant face, j’inspire par la bouche tout en tâchant de me montrer brave. Je sais que Diana de Themyscira,  Déesse de la Guerre des Amazones et ancienne membre de la Justice League, pourrait me tuer avant même que je n’ai cligné des yeux. Je sais aussi qu’elle ne le fera pas pour des raisons idéologiques. Il y a nombre de qualités dans cette doctrine, sans quoi elle n’aurait jamais autant inspiré, mais il y a aussi l’éternel défaut d’anthropocentrisme pratiquement vaniteux.

Vous dites que l’esclavage et la destruction ne sont pas des outils acceptables pour faire passer un message. Je ne souhaite pas faire passer de message et l’esclavage et la destruction sont déjà présents en ce lieu. Voyez ces machines de mort industrielles qui consument mon peuple et voyez ce qui arrive aux gens de celui que vous défendez : ces hommes ne sont pour la plupart pas capable de lire ni d’écrire et ils travaillent ici pour espérer gagner de quoi préserver leurs familles de la faim et de la soif sans avoir l’espoir de quitter leur pauvreté ou cette crainte. Tout comme les richesses qui résultent des massacres qu’ils sont contraints de faire, l’eau et les terres appartiennent à des entreprises étrangères ; ces mêmes entreprises qui leur refusent les droits de grève entrepris depuis mon arrivée et apporteront après vous cette violence que vous portez à la pointe de votre glaive. Ces mêmes entreprises dont vous servez les intérêts en venant m’arrêter. Je n’apporterai pas la richesse à ces hommes mais je leur apporterai l’écosystème nécessaire à ce que la forêt les nourrisse et qu’ils puissent vivre en harmonie avec elle sans plus lui nuire. Il n'y a ni destruction ni esclavage à cela.

Je crois ce que je dis et, si je ne me serais jamais attendu à pouvoir partager ma croyance envers des Champions de l’Europe ou des Last Sons, peut-être ai-je une petite chance de convaincre et d’éviter tout affrontement. Je m’y prépare cependant car, si les racines et les plantes ont marqué un temps d’arrêt à ma frayeur et se tiennent sur leurs gardes dans cette orée boisée qui s’avançait vers moi précédemment, il est toujours des végétaux pour se faufiler discrètement sous la terre vers nos positions. Qu’importe que nous ayons tous le sentiment de nous défendre s’il y a bataille, les bons sentiments n’ont que peu de poids face à la violence.

Je ne vois pas pourquoi le Wakanda m’aiderait alors qu’il n’a pas aidé ces gens ou la forêt jusqu’ici. Les pays qui sont impliqués se sont développés différemment de lui et, même pour négocier avec une terroriste, il n’y a guère d’intérêt à remettre en question le fonctionnement économique qui est impliqué. J’ignore si la nation que vous servez se permettrait une ingérence impérialiste afin de dicter à six autres états la conduite à adopter envers leurs forêts et leurs peuples mais je sais que ce n’est pas dans leur intérêt. Et, quand bien même il le ferait, ce sont des entreprises étrangères, sous protection de l’Alliance des Champions de l’Europe ou des Last Sons, qui contrôlent véritablement la région.

Je suis une personne intelligente, toute folle qu’on puisse me dire. Je ne me suis pas aventurée ici sans m’être renseignée sur les forces en présence et les implications qui rendent mes actions si graves, suffisamment pour qu’on envoie l’une des plus puissantes créatures de la Terre m’arrêter. Je lui fais pleinement face à présent, toujours effrayée mais portée par une légitimité qui ne doit pas être différente de la sienne et que Wonder Woman doit percevoir tout aussi grotesque que l’est sa légitimité pour moi.

Vous croyez que je suis seule, c’est faux. J’ai la nature avec moi, cette même nature avec laquelle je suis liée et qui m’a faite survivre à ce que l’Humanité m’a infligé. J’ai mon peuple avec moi, toutes ces plantes qui sont massacrées jour après jour par ces pauvres gens alors qu’elles pourraient les nourrir et les protéger comme elles le faisaient jadis. J’ai ma famille avec moi, cette famille qui se tiendra à mes côtés et ne m’abandonnera pas jusqu’à m’être arrachée par des êtres comme vous, des Super-Héros. J’ai même des hommes avec moi, des hommes qui considéraient leur esclavage comme normalité jusqu’à ce que je leur montre qu’il y a une autre alternative et que je leur donne la force de la saisir.

Je me détourne de Diana pour regarder à nouveau ces gens que je cherche à aider, qu’ils soient humains ou végétaux, tout en m’arrêtant particulièrement sur Aman. Il n’a pas plus de chance que les autres, humains ou végétaux là-encore, s’il doit y avoir confrontation. Il le sait. Nous le savons tous. La question reste de savoir jusqu’où nous sommes prêts à aller ? C’est une question à laquelle je connais la réponse pour moi comme pour les plantes et je ne peux que la supposer pour eux. Je leur ai fait une promesse. Revenant à regarder Wonder Woman, je les désigne de la main avant de reprendre la parole.

Ensemble, nous pouvons créer quelque chose de mieux pour eux comme pour la forêt. Oui, nous sacrifierons les intérêts économiques d’inconnus anonymes et sans visages se trouvant à l’autre bout du monde mais ce sera la seule chose qui souffrira de notre choix. Ces hommes et leurs familles seront nourris à leur faim, ils auront un abri et un mode de vie certes différent du votre mais plus en adéquation avec leur environnement. Je peux tenir cette promesse, je peux aider ces hommes, je peux sauver cette forêt… si vous me laissez faire. Les seuls chaos et violences qui viendront seront ceux que vous apporterez car nous nous défendrons.

Je n’ai pas de glaive à pointer sur la gorge de mon interlocutrice et, même si j’en avais un, je ne le ferais pas. Je ne suis pas ici pour provoquer ou pour violenter, je suis ici pour améliorer les choses à travers une alternative. Non, je ne demande pas réellement l’avis de ces hommes avant de les aider. Pas plus que les autorités ne leur demanderont leur avis avant de les renvoyer. Pas plus que Wonder Woman ne me demande mon avis afin de cesser mes actes. Tout est question de rapport de force, toujours. Je me n’y suis que trop soumise et cela ne m’a que trop coûté.

Je suis l’enfant de deux peuples et j’aspire à les voir en harmonie. Il est des lieux où cette harmonie existe déjà mais ce n’est pas le cas ici alors je viens essayer de l’apporter. Tout comme j’ai pu l’apporter à Robinson Park, il y a tant d’années. Les choses n’ont guère changé depuis Gotham, vous avez raison, et je n’ai pas plus l’intention de provoquer aujourd’hui qu’à l’époque. Si vous voulez vraiment nous aider, assurez-vous que les autres envoyés des nations humaines n’usent pas de cette même violence défensive que vous évoquiez afin de briser les mouvements de grèves des communautés que j’aide à établir.

Je sais ne proposer de compromis mais je ne vois pas quel compromis faire avec les détenteurs de camps d’extermination. C’est ce que sont les scieries de cette forêt, à mes yeux : des camps de la mort pour mon peuple. Les abattages sont des massacres et les cadavres sont transformés en matière première, tout comme dans l’industrie agro-alimentaire. Celle-ci n’est pas moins cruelle que ce qui ce passe ici mais les animaux d’élevage m’indiffèrent alors que les végétaux font parti de ma nature. Ils sont tous ceux qu’il me reste.

S’il le faut, je suis prête à me faire arrêter et emprisonner au Wakanda en échange de l’assurance que je pourrais terminer mon œuvre et que la forêt comme les communautés en symbiose seront protégées.

Je n’ai pas l’intention de servir de trophée ou de grossir les chiffres de la super-sécurité, même s’il est moins pire de le faire pour des gens comme ceux du Wakanda que pour des célébrités comme les Vengeurs, car il est bien trop de choses à accomplir encore. Cependant il est intéressant d’évoquer cette possibilité de sacrifice dans la négociation. Une fois encore, je n’aspire pas à bénéficier des améliorations que j’apporte. J’ai perdu cet espoir il y a longtemps, à Robinson Park.

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Re: Le grand bassin

Message  Diana De Themyscira le Jeu 8 Sep 2016 - 1:13


    Diana de Themyscira avait compris quelque chose à travers les années dans ce monde très complexe. La démarcation des individus, vivants dans ce monde, était riche, mais parfois problématique par les revendications et les diversifications de tous. Il était rare de voir un développement démographique aussi important dans les autres mondes qu’elle avait visité, soit en guerrière amazone ou soit en tant que membre de la Justice League. Cette population était si importante qu’il se consolidait par tous les rapports possibles. Sur ce continent, il existait tant de possibilités par une population, une technologie et ainsi que des concepts souvent très différents entre chaque individus ou groupes d’intérêts. Il était triste de voir le monde se déshumaniser par la pauvreté, par les guerres ou encore par la destruction, mais les théories autour d’une nature humaine néfaste avaient toujours été pleinement refusées par les membres de son ancienne équipe.

    Le Monde s’était amélioré. La courte existence terrestre ne permettait pas de voir comment ce monde était bien, comparativement aux années 60. L’existence du problème environnemental n’était pas dans la mémoire de la plupart des politiciens. Aujourd’hui, Diana avait un regard plutôt négatif envers les individus concentrés uniquement sur un discours. Aujourd’hui, elle avait de la difficulté avec la Ligue des Assassins, toujours concentré sur un discours révolutionnaire voulant tout changer d’un coup, quand les sociétés étaient obligées de changer avec les individus de toutes les sociétés. Elle avait souvent l’impression de voir des organisations se déconnecter complètement de leurs idéologies pour simplement revendiquer dans un vide absolu, pour éviter d’affronter la réalité.

    Malgré tous les discours de Poison Ivy, Diana ne portait pas une grande attention à son discours. Mélangeant ainsi plusieurs éléments dont dans l’économie ou encore dans l’environnement, Diana avait quand même retenu les éléments théoriques révolutionnaires touchant encore ces fragments de populations, mais Ivy semblait parler sans connaître les transformations sociaux du continent. Elle était dégoutée surtout d’entendre un discours aussi primaire dans une place aussi importante que celle-ci. La femme-verte se vida dans un individualisme vaniteux pour Diana, ce qui la dégoutait naturellement pour tout ce qu’elle pouvait offrir. Elle refusait systématiquement le monde qu’elle était pour poser un regard plutôt simplet sur la situation.

    Elle ne connaissait même pas l’harmonie entre la nature et la technologie du Wakanda. Elle ne savait même pas les avancées du Wakanda sur les territoires, non par les armes ou la soumission, mais bien par une diplomatie et une aide, ne se voulant pas impérialisme. Aujourd’hui, Poison Ivy se voyait comme une réponse aux problèmes, quand elle risquait d’être plus le problème dans l’avenir. Elle ne connaissait pas l’Afrique, ni la mentalité ou ni les évolutions de la société. Elle semblait se perdre ainsi.


    « Il est mystérieux ce Monde quand on n’affronte pas les réalités ou les évènements qui changent chaque facette de chacun des continents abritant les sociétés. Je me demande une question bien plus personnelle sur ta vision de ce que tu crois libérer, tu es ici depuis combien de temps? Toutes les critiques que tu apportes ici sont une effusion d’idées, mais on dirait que tu n’as jamais habité longtemps sur ce territoire. Je ne suis nullement habituée aux discussions politiques, ou aux théories de la justice sociale, ou des idées de chaque entité commandant les frontières de chaque pays, mais je vois une ignorance dans tes paroles. Je comprends toutes tes envies, je comprends tes idées de représentation, mais tu t’en prends d’une mauvaise manière.

    Et cette mauvaise manière, tu vas le faire perdre finalement aux acquis que la population, que les Organisations non-gouvernementales aidant les ouvriers contre la pauvreté ou les groupes voulant un monde plus protégé, car tu décides de vouloir imposer ta vision au monde sans consulter ce monde. J’ai connu le monstre des marais à une époque, et celui-ci ne s’est jamais revendiqué de la vie végétale, mais il savait comment défendre ses intérêts.

    Ton discours ressemble à celui qui n’a pas avancé. Pourquoi la Ligue des Assassins ne vient plus conquérir ou manipuler des gouvernements? Pourquoi ils sont retirés dans la Somalie? Parce qu’ils savent comment la société fonctionne, ils savent comment les organisations fonctionnent. Ton idéologie propre est suffisante à un discours que je pouvais avoir, il y a environ deux décennies. Ce discours était aussi populaire dans la Ligue des Assassins, et même dans la Confrérie… mais nous avons tous compris comment le monde a changé.

    Tu ne représentes pas la vie végétale ou le peuple, tu représentes ce que tu veux faire de ton idéologie. Il peut être le plus noble, mais cette influence que tu émets n’est pas la nature, mais une manipulation de la nature. On ne contrôle pas la nature, la nature ne se conduit pas par une seule femme. Ils ne s’agitent pas autour d’un discours révolutionnaire, ils s’agitent par une société qui avance avec elle.

    Hélas, tu fais fausse route. Tu parles, en te voyant comme une omniprésence de cette nature, mais tu la consumes sans réfléchir au monde autour de toi. Je sais comment il est difficile de voir une cause qui te tienne à cœur, prendre des années avant de se concrétiser, mais ici, tu me parles comme si je n’étais pas au courante de ses problèmes, tu me parles comme si tu regardais un documentaire datant de plusieurs décennies, mais ne voyant pas comment la société s’était transformée.

    La plupart des pays africains dépendent du Wakanda, mais ils ne veulent pas se retirer des projets pour devenir totalement dépendants à un seul État. Et qu’est-ce que tu connais de ce continent si tu ne connais pas les avancées du Wakanda depuis son ouverture au monde? Quoi que tu dises aujourd’hui, tu manipules des individus pour ta vision du monde.

    Tu ne peux pas acheter l’Humanité, tu ne peux pas dire aux hommes et aux femmes ce qu’ils veulent, et si tu le fais, tu es bien plus immorale que les grandes entreprises voulant arracher des arbres. Tu descends au niveau des dictateurs comme Victor Von Doom. Je ne comprends pas une telle envie de ta part aujourd’hui, ce que je vois, c’est uniquement toi qui veut commander ce changement sans connaître les facteurs autour de toi.

    À place de faire un tel spectacle, il avait juste une solution valable et cette solution t’aurait beaucoup plus aidé que ta situation actuelle. Le Wakanda est reconnu mondialement pour son équilibre entre la technologie et la nature, mais toi, on dirait que tu voulais t’exempter de cette possibilité, pour uniquement faire parler du totalitarisme. Je suis déçue de voir un tel comportement, surtout vu toutes les possibilités qui pourraient vraiment t’aider avec une légitimité valable.

    Mais, il n’est pas trop tard. Sans conséquence, sans prison et sans punition quelconque, je te demande de libérer le territoire et de rejoindre le Wakanda pour aider leurs scientifiques et leurs naturalistes à une vision bien plus positive de l’équilibre sur tout le continent. Tu ralentis le progrès possible sans une réelle entité reconnaissant tes actions. Oublie les grands apartés idéologiques et révolutionnaires primaires, je te suggère de te reconnecter au monde que tu essaies d’améliorer. C’est à toi de décider cela, car si ce n’est pas moi qui t’arrête, cela peut être des monstres bien plus terribles que des entrepreneurs avides de pouvoirs ou d’argents. »


    Il ne fallait jamais sous-estimer les capacités offensives ou défensives des possibilités de chaque continent. Bien sûr, les Last Sons ou l’ACE pourraient intervenir, mais les craintes d’un totalitarisme qu’il soit étatique ou écologiste, peuvent devenir bien plus vastes comme alliances défensives. Les organisations comme la Ligue des Assassins ou la Confrérie pourraient réagir, comme le Wakanda pourrait réagir à une menace importante. Plusieurs entités pouvaient aussi engager des groupes mercenaires, peut-être minimes pour l’ACE, les Vengeurs ou les Last Sons, mais problématiques par leurs tactiques et leurs connaissances du terrain. La princesse des Amazones avait rangé son glaive à son dos pour une proposition sincère. Ivy n’était pas consciente comment elle pouvait améliorer le monde sans subir les courroux des différentes influences. Le Wakanda était un repère moral pour plusieurs, que cela soit au niveau environnemental ou tout autre, et c’était un modèle parfait pour Ivy.

    Ivy avait seulement un choix à faire et Diana n’allait pas forcer ce message, comme l’ancienne criminelle avait faite aux pauvres hommes contrôlés par celle-ci. L’Amazone n’allait pas se lancer sur les grandes théories du droit de travailleurs, mais elle savait que le Wakanda faisait les efforts nécessaires pour améliorer le monde au long-terme.

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Re: Le grand bassin

Message  Ivy P. Isley le Jeu 8 Sep 2016 - 11:01


J’ai l’impression que Wonder Woman n’écoute pas réellement ce que je dis, j’ignore pourquoi. Je suis franche et sincère mais, comme les psychiatres de l’Asile d’Arkham avant elle, sans doute attend-t-elle une docilité et une confiance aveugle parce qu’elle déclare être ici pour m’aider. Je ne le lui reprocherai pas plus que je ne leur reprochais à eux mais j’aimerai interroger sur la différence entre cela et ce que j’accompli auprès des hommes qui se tiennent à mon côté. Sont-ce mes idéaux de paix et d’harmonie qui la dégoutent ainsi ? Je ne poserai pas la question, les questions apportent des problèmes.

Une fois encore, on me reproche ma folie et on parle dans le général afin d’éviter de me permettre de trouver les failles d’une argumentation creuse par manque d’un approfondissement qu’on me reproche. La question est pertinente mais, comme pour la violence, nous pourrions nous renvoyer la balle inutilement puisque mes quelques mois ici me sembleront plus vrais que ses années au Wakanda. Fort heureusement, la question est rhétorique car jamais Diana de Themyscira ne me laisse le temps d’y répondre, continuant un discourt qui se saborde seul. Il est une ignorance dans mes paroles mais il est étrange de vouloir m’éclairer quand, l’instant d’avoir, elle se déclare nullement habituée aux discussions politiques ou aux théories de la justice sociale.

Faire perdre les acquis de la population locale, voici qui ne me dérange pas le moins du monde puisque la nature leur apportera plus que je ne leur prendrais. Faire perdre les acquis de la population qui cultive la misère des autres pour ses propres intérêts ne me gène pas non plus car ils sauront s’adapter, ils en ont les moyens, et je ne les consulte pas puisqu’il est évident qu’ils refuseront de perdre ce qu’ils jugent comme leur appartenant ; que cela soit financier, matériel ou humain. C’est là que ce trouve l’esclavage que je remets en cause et que Wonder Woman, dans une volonté de compromis, défend.

Le monstre des marais est peut-être la seule personne dans ce monde qui puisse réellement chercher à me comprendre, même si son engagement envers la nature est différent. J’aimerai le rencontrer, j’aimerai trouver quelqu’un de similaire que je ne dégouterais pas par ma simple existence comme c’est le cas pour mon interlocutrice, j’aimerai ne plus être seule… je ne peux pas. J’ignore si je le pourrais un jour.

Diana de Themyscira me parle d’une Ligue des Assassins dont j’ignorais l’existence et ignore toujours la nature même si la simple notion d’assassinat me porte à préférer l’éviter. J’ignore pourquoi elle a renoncé à ses envies dominatrices ou pourquoi elle c’est retirée en Somalie, je ne suis pas dans les secrets des organisations occultes de ce monde. Non seulement ne m’intéressent-elles pas mais, mieux encore, je ne les intéresse pas. Tant mieux qu’elle sache tant de choses mais je ne me sens pas concernée. La Confrérie des Mutants pourrait être une alliée, oui, mais je n’escompte pas participer à des actions entrainant la mort d’autres individus. Et puis je la croyais détruite suite à la mort de Magneto ; une autre « victoire » des Vengeurs que la Justice League n’a jamais pu obtenir.

Wonder Woman aurait pu me comprendre vingt ans plus tôt, lorsqu’elle appartenait encore à la Justice League ; qu’y a-t-il à y comprendre ? Je préfère pas savoir, n’accordant peut-être pas assez de crédit aux dire de Carol Danvers mais n’étant de toute façon pas concerné par cela. Je ne suis nullement surprise qu’elle attaque ce que je suis, ce que j’essaie d’être, afin de me briser. Son objectif est de m’arrêter et je la dégoute, elle n’a aucune raison de m’épargner dans ses mots.

Je ne suis pas omniprésente, j’ai essayé de l’être avec ma bombe afin de pouvoir protéger partout simultanément et cela a été un immense échec. J’aimerai l’être afin de pouvoir agir à chaque endroit où il faut mais je ne peux. Alors je fais au plus vite et au mieux dans les endroits les plus critiques du monde. Je ne la consume pas, cependant, je lui offre le renouveau face aux massacres des Hommes et la prépare à se défendre à l’avenir tout comme à accepter ceux qui voudront vivre en harmonie avec elle plutôt que de vivre de son massacre.

Qu’est-ce que je connais de ce continent si je ne connais pas les avancées du Wakanda ? C’est à mon tour d’être dégoutée. Je connais les recherches que j’en ai faite et l’expérience que j’en ai eue à côtoyer les populations pauvres et exploitées que je cherche à aider. Il est si aisé, lorsque l’on se trouve dans un paradis, de se satisfaire de l’influence de ce paradis sur les pays qui l’entourent sans rien faire ; c’est tellement plus aisé que de se dire que lesdits pays ne sont pas l’égal du paradis. Qu’est-ce que l’on connait de l’entièreté de ce continent si l’on est nombriliste sur l’un des rares pays qui y est riche ? Tout cela n’a pas le moindre intérêt dans mes agissements, ce n’est qu’une question de point de vue.

Je ne peux pas acheter l’Humanité, non, mais dire aux hommes et aux femmes ce qu’ils veulent est quotidien dans celle-ci ; tout particulièrement pour les entreprises vendant des choses dont les gens n’ont pas besoin. Mais ce n’est pas cela que je remets en cause, cela m’indiffère une fois de plus. Descendre au niveau de dictateurs comme Victor von Doom, qui a fait progressée la Latvérie sur les plans économiques et technologiques et a repoussée la Justice League de ses frontières, m’irait. La plus grande différence étant que je n’escompte pas profiter des lauriers de mon œuvre car je ne me bats pas pour moi.

Je déçois peut-être mais les déceptions des autres ne sont importantes que lorsque lesdits autres comptent. Mes proches m’étant toujours enlevés, il n’est plus personne pour réellement compter. Et, si je dois décider de décevoir quelqu’un entre Diana, Princesse de Themyscira et Wonder Woman du Wakanda, et Aman, simple ingénieur congolais… je préfère la première car j’ai faite une promesse au second. Pour une super-héroïne, cela ne changera pas grand-chose à son existence ; pour des ouvriers exploités, cela le fera.

Diana de Themyscira range son arme et pose une alternative « sans conséquence, sans prison et sans punition quelconque ». Rejoindre le Wakanda, rejoindre un pays reconnu mondialement pour son équilibre entre la technologie et la nature, afin d’aider à améliorer les choses sur tout ce continent… je pourrais. J’ai été capable de concevoir un plan de modernisation de Gotham basé sur l’agriculture urbaine et les travaux de Vincent Callebaut dans l’agriculture verticale, je pourrais en faire de même au Wakanda… non, la situation est différente. Le Wakanda a déjà tout cela alors que Gotham, il s’agissait simplement d’un espoir d’amélioration pour une ville ne massacrant pas la nature. Ici, tous les jours l’on abat et l’on dépèce l’une des trois dernières forêts primaires du monde, on la massacre si rapidement que les plus alarmistes la voient disparaitre bien avant la fin du siècle. D’un autre côté, le Wakanda peut freiner cela également et s’il la reboise à la manière dont je comptais le faire, il est possible d’améliorer durablement l’harmonie. Mais ils n’ont aucun intérêt à le faire, tout influant qu’ils puissent être, et ce n’est pas une vision meilleure qui rendra la réalité meilleure. Encore qu’en les manipulant, il me serait possible de devenir bien plus efficace. Je ne suis pas certaine d’en être capable, ils ne me feront probablement pas confiance. D’un autre côté, cela ne vaut-il pas la peine d’essayer, comme à Gotham ?

Les questions apportent des problèmes : je suis perdue. Je doute. Je doute de ce que je fais. Je doute de ce que je suis. Je perds mon regard sur ce qui m’environne sans plus le voir réellement, perdue entre le rêve qui se trouve derrière moi et le cauchemar qui se trouve devant moi. Wonder Woman et son offre, Aman et sa foi, les ouvriers et leurs tronçonneuses, la forêt et sa nature, la scierie et ses machines de mort, le sol sous lequel rampent tant de vie alors qu’elle a été chassée de sa surface, moi avec mes rêves et mes souvenirs.

Je ne crains pas les monstres terribles que vos alliés pourraient lâcher sur moi ; il y a une grande part d’ignorance, je ne le nie pas, mais je crois que je n’ai plus assez à perdre de toute façon. Ce qui me reste est quotidiennement détruit, déchiqueté et abattu… je ne peux pas tourner le dos à ce massacre en espérant que dans des décennies les choses aillent mieux. Je ne sais pas comment la Justice League a-t-elle fait pour cesser son activité parce qu’elle n’était pas assez efficace, rendant les choses moins efficaces encore, mais j’en suis incapable. Il est difficile de voir la cause qui me fait vivre prendre des années avant de se concrétiser, vous avez raison. Il est encore plus difficile de se relever une fois que ces années ont été détruites en quelques heures. Robinson Park… le Nouvel Eden…

Je ferme les yeux et inspire profondément, laissant la nature environnante m’apaiser de sa bonne santé renouvelée.

Je désespère de posséder des alliés tels que vous, malgré votre certitude de supériorité et votre suffisance vous êtes une personne qui a du cœur et de la sagesse. J’aspire à des lieux tels que le Wakanda, des endroits qui ont déjà tout et sont d’une perfection innommable. Mais vous finirez par me trahir. Vous jetterez à bât ce que j’ai fait, vous me prendrez ma famille…

Je ne crains pas les monstres terribles, leur survivre fait toujours moins mal que survivre à sa famille et à ses proches. Je n’ai pas pu les défendre à Gotham,  je n’ai pas pu les sauver à l’Eden… je suis plus puissante aujourd’hui. Je suis dans l’un des trois lieux sur Terre où je ne dispose pas de quelques alliés mais d’une véritable civilisation pour m’aider. Je n’ai pas besoin de m’en remettre à la félonie des hommes lorsque j’ai la bienveillance d’une forêt primaire.

Mes yeux se rouvrent et fixent Wonder Woman alors que je commence à lui sourire, bien plus sure de moi.

Je crois, à tord peut-être, qu’il vaut mieux une mauvaise manière avec de bons résultats qu’une bonne manière avec de mauvais résultats. Et, avant de me contredire, réfléchissez à votre propre action Wonder Woman : votre bonne manière consiste à négocier ma reddition hors, si elle ne donne aucun résultat, vous emploierez la mauvaise manière qu’est la violence « défensive » afin de l’obtenir tout de même.

Tout est toujours une question de rapport de force, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Pour ma part, j’écarte légèrement les bras, paumes ouvertes dans une position de démonstration.

Vous croyez que je manipule simplement la nature à mon envie. Vous avez tord. Je suis liée à elle, je la ressens. Et elle répond à mon appel. Voyez-le. Voyez-la revivre et reprendre ce qui lui appartient.

La croissance végétale reprend de plus belle et que l’orée de la forêt avance de nouveau. Les sols ne sont plus éventrés par l’arrachage des souches mais ce percent de multiples espèces et êtres vivants ; le sol se couvre de feuilles et de racines alors que les tiges et les troncs ce dressent toujours plus tout autour de nous. Mon sourire s’agrandit et je m’émerveille de la dense forêt tropicale qui nous entoure. Je quitterai ce territoire lorsque j’aurai finie mon œuvre ici car d’autres ont besoin de mon aide également. Si le Wakanda a réellement un objectif similaire au mien, il saura protéger et utiliser les legs que j’ai fait à cette forêt afin d’améliorer le sort des populations locales. Sinon, cela prouve que j’ai eue raison de ne pas leur faire confiance.

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Re: Le grand bassin

Message  Diana De Themyscira le Jeu 8 Sep 2016 - 14:18


    Les opposants politiques de plusieurs systèmes semblaient souvent être dans l’incapacité de comprendre ce qui faisait une société au long-terme. Elle était belle les promesses de la dame verte pour la population à court-terme, mais elle ne semblait pas penser aux conséquences probables de ses gestes sur un long lap de temps. Diana n’était peut-être pas habituée aux discours sociaux ou politiques, mais elle avait été sur le terrain bien plus longtemps que Poison Ivy pour comprendre les différents enjeux qui faisaient la puissance de plusieurs acteurs sur ce territoire. Nul être avait besoin des arguments sociétaires ou politiques pour comprendre l’évolution du monde actuel, il suffisait simplement de regarder comment les êtres pouvaient changer entre chaque époques pour découvrir une planète bien plus positive que les plus pensées des grands nihilistes de ce monde.

    Comme plusieurs dictateurs, Ivy pensait peut-être bien faire, mais son individualisme se refusait de voir les différents principes pouvant accompagner hommes, femmes et enfants de chaque région. Ivy pouvait critiquer la planète entière de son isolement ou de son rejet, mais c’était souvent à elle de faire le reste du devoir pour trouver des êtres pouvant l’aider dans ses buts. Ignorant les penseurs écologistes comme le Paladin dans les X-Men ou même les organisations étatiques comme le Wakanda, elle se vouait dans la solitude sans vouloir trouver une porte de sortie. Diana ne comprenait pas cette obstination, la force de la solitude devant les possibilités offertes pouvait grandement aider sa cause.

    Son envie d’omniprésence illustre bien le paradoxe entre son être et le totalitarisme coulant dans ses veines. Elle s’aveuglait ainsi par ses idées pour éviter d’affronter la réalité et de laisser la réelle liberté aux hommes, aux femmes et à la nature. Même son ignorance du Wakanda permettait une autre argumentation du totalitarisme, croyant être la seule capable de trouver des solutions potables. Si elle était capable de penser outre sa propre personne et son interprétation à l’environnement, elle pouvait devenir bien plus. Mais bien sûr, la mégalomanie le remporta sur la raison. Dans de nombreux mondes alternatifs, c’était de cette manière qu’un régime sanguinaire se plaça.

    Son empathie envers l’idéologie de Victor se conservait dans le même ordre d’idées du manque de clartés envers la population. Cette idée anti-Justice League plaisait pour de nombreux opposants à l’ONU, mais Ivy oubliait certainement que la Latvérie était dans la situation la plus répugnante de la planète. Si elle pensait que les entreprises étaient violentes contre l’Homme, elle avait manqué une grande partie de son savoir en pensant au dictateur Latvérien. Elle ne connaissait pas les expériences inhumaines sur les mutés? L’embrigadement des jeunes et des vieilles générations? Les camps de détentions, devenant parfois des camps de la mort? Il était triste de voir une telle complaisance à la souffrance pour satisfaire une idéologie imprégnée surtout par la mégalomanie.

    Peut-être que malheureusement cela décrivait plus l’être qu’Ivy voulait être : Descendre aussi bas, ignorer les alternatives et surtout éviter des solutions au long-terme. La dame verte croyait que Diana n’écoutait pas, mais l’écologiste n’écoutait pas le monde autour d’elle. Elle semblait se croire comme la seule et unique alternative sur la vie végétale, quand mutants, mutés et êtres d’autres mondes pouvaient être encore plus à l’écoute que celle-ci. Sa représentation unique illustrait aussi sa manipulation sur la vie végétale à place de regarder plus loin.


    « Alors, tu veux uniquement condamner la nature, les hommes et les femmes de ce monde parce que tu as tout perdu, et que tu veux prouver que ton message fonctionne? Tu tournes déjà dos aux conséquences au long-terme à place de construire cet avenir que tu veux préserver. Si tu es ignorante dans les actions que tu fais ici, tu consolides aussi ton ignorance dans la fin de la Justice League. Pourquoi notre équipe s’est arrêtée? Non, parce que le monde était désœuvré, non parce que les guerres frappaient encore ou parce que la classe politicienne ne comprenait pas notre idéologie. On avait arrêté parce que le monde pouvait avancer positivement sans qu’on préconise nos messages.

    Si tu avais pris le temps de voir les avancées sur le continent africain, peut-être que tes paroles seraient plus sensées. Et si tu penses que tu es la seule à avoir perdu beaucoup par tes divers combats, je crois que ton individualisme t’aveugle beaucoup des sentiments de tous êtres autour de toi. »


    Il avait bien d’autres raisons pourquoi la Justice League s’était arrêtée, et encore plus d’interprétations, mais s’il fallait uniquement rappeler le négatif dans cette fin, la plupart des membres de la Justice League seraient partis de cette planète sans attendre. Ivy continua de parler autour d’arrogance ou de suffisance, mais Diana resta insensible à ce discours. Se remettre en question était l’une des façons de voir le monde d’une autre manière, mais seuls les êtres imbus de leurs personnes restaient dans leurs idées. L’arrogance, la suffisance, les croyances idéologiques et ainsi que les actions opprimant des peuples sont l’illustration la plus propre du plus grand vice pouvant accompagner des valeurs humaines ou universelles.

    Se lançant encore dans un charabia sur les actions, Ivy refusait les réalités autour de ses actions. C’était peut-être dans le don de plusieurs ennemis d’aller dans la philosophie ou dans la théorie plutôt inutiles dans de vrais dialogues. Wonder Woman ne déposa qu’un regard plutôt amusé à cette envie d’argumenter sur les phases des pouvoirs ou de rapports de forces, lui rappelant beaucoup la théorique de d’autres époques sur la composition de la force d’une autre époque dans le continent Est.

    Un autre spectacle commença pour Ivy pendant que Diana resta encore différente. En quoi ce contrôle de la nature prouvait réellement que la nature n’était pas manipulée? Cette vie végétale, qui poussait encore, était encore une preuve du contrôle d’Ivy sur la nature et non le contraire. Poussant un soupire à cette illusion de liberté, Diana n’appréciait pas qu’on joue avec celle-ci.


    « Tes ennemis à ta cause devraient plutôt te remercier. Ils attendent juste qu’un mouvement se radicalise d’une manière aussi reculée que la tienne pour agiter le danger que tu peux être. Tu veux changer le monde quand tu ne veux même pas faire l’effort de voir ailleurs. Est-ce que tu crois sincèrement être la seule ayant un contact avec la nature? Est-ce que tu penses être la seule pouvant rentrer en contact avec la vie végétale? Et est-ce que tu penses sincèrement pouvoir représenter tout de la nature sans aller voir les autres, ayant des capacités similaires aux tiennes? Ton insuffisance ne te permet pas d’aller plus loin que la trahison ou que les maux partout, ton arrogance va permettre de faire du court-terme pendant que je te propose de faire du long-terme. Est-ce que tu es uniquement habitée par le sentiment d’être la seule réponse de tous les maux? Ta solitude t’enferme dans des envies autoritaires, ta solitude t’enferme dans l’intolérance des autres et ta solitude va condamner ta cause. Évite de me sortir les grands apartés du type : Je ne suis pas dans la solitude, la nature est avec moi. Je l’ai entendu ce discours d’une façon différente pour plusieurs causes et en changeant uniquement le mot nature. Je veux aider ta cause, à toi de me dire si tu crois réellement à ton discours, ou si tu crois uniquement en toi. »

    Le spectacle offert pouvait impressionner de nombreux individus, mais Diana voulait conserver un pacifisme offert tant par ses principes de la Justice League ou par le Wakanda. La princesse des amazones voyait plutôt le discours d’Ivy comme une être fermée au monde extérieur et surtout aux autres visions pouvant l’aider à s’améliorer.

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Re: Le grand bassin

Message  Ivy P. Isley le Ven 9 Sep 2016 - 9:49


Je ne connais pas le détail de la situation en Latvérie, c’est véritable ; une fois de plus j’ai parlée d’une ignorance motivée par le désintérêt. Je ne suis plus tant attachée à l’être humain qu’aux végétaux ainsi je préfère me battre pour les seconds sans faire de mal aux premiers que continuer dans la logique égocentrique qui guide cette espèce. Néanmoins, si la situation est réellement aussi catastrophique, c’est à ce demander l’hypocrisie des Champions de l’Europe de reconnaitre la Latvérie comme de leurs membres et sous leur protectorat. Néanmoins, cela offre cependant un point de comparaison avec la situation végétale dans la Forêt du Bassin du Congo, d’une certaine manière.

La nouvelle question rhétorique de Diana de Themyscira n’aura pas plus de réponse que les autres puisqu’elle ne me laisse pas le temps d’en fournir, sans doute afin d’éviter les problèmes qui seraient déclenchés par ma réponse. Croire que je veux condamner nature et humanité alors que je protège la première et que j’apporte plus à la seconde que je ne lui prends est sans doute preuve de cette santé d’esprit que l’on me dit ne plus avoir depuis longtemps à présent. Et cette obsession du message est tellement désolante : parler, toujours parler, toujours se référer à l’image que l’on donne… je n’en suis plus là depuis bien longtemps. J’agis. Je ne tourne pas le dos aux conséquences à long-terme mais il vaut mieux éviter de les évoquer pour l’heure. Toute folle que l’on puisse me qualifier, jamais l’on ne m’a considérée comme une idiote.

Je comprends la fin de la Justice League et ne l’avais jamais perçue ainsi. C’est pourtant d’une logique incroyable ; d’un espoir également et c’est surement cela qui m’a rendue aveugle à cette possibilité. Arrêter non pas par l’abandon mais parce que l’exemple avait été donné et que les conséquences de nos actions porteraient leurs fruits sans nous… c’est ce que j’espère faire ici et ailleurs également. Peut-être devrais-je m’y prendre autrement, peut-être devrais-je chercher à faire passer un message en effet. S’il est des gens pour ne pas s’arrêter au diagnostique d’Arkham et me considérer comme sensée, peut-être puis-je aider à leur côté. Mais cela implique de croire en eux. Je n’y arrive plus.

La déforestation se ralenti peut-être, après tout les États-Unis et le Canada ont stabilisé leur déforestation en artificialisant les forêts selon leurs besoins tandis que l’Europe et le Japon ont des forêts qui stagnent voir gagnent en surface malgré la perte de biodiversité et d’intégrité écologique, mais, lorsqu’on considère qu’elle continue de faire disparaitre chaque année une surface équivalente à celle de l’Angleterre selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la situation n’en reste pas moins dramatique. Au Bassin du Congo, les estimations parlent d’un cinquième des coupes qui seraient faites selon les réglementations en vigueur. J’ai surement une amnésie sur les progrès faits dans les massacres de cette forêt, c’est véritable, mais ils n’en continuent pas moins.

Quand à mon aveuglement par individualisme… je me retourne vers les hommes qui m’accompagnent. La plupart ne comprend pas ce qui ce passe et nous ne leur accordons aucune attention, certains s’émerveillent du réveil de la nature tandis que d’autres s’en effraient, malgré leur nombre restreint leurs réactions sont diverses et peut-être y en a-t-il en effet pour se satisfaire de l’esclavage et ne pas vouloir les bienfaits que j’apporte. Je ne pose pas de questions car elles apportent des problèmes, je ne peux donc réellement savoir. Peut-être devrais-je… même si cela fini toujours mal.

Mes ennemis devraient me remercier de pouvoir m’utiliser pour leurs messages concernant le danger que je puisse être, c’est possible ; Wonder Woman a elle-même dit qu’ils employaient des monstres terribles alors tourner les faits à leur avantage ne doit pas leur être bien difficile. Ce n’est qu’un exemple de plus de la dictée aux hommes et aux femmes de ce qu’ils veulent : je suis la méchante, il faut m’arrêter. Il faut vouloir m’arrêter. Et après l’on s’étonne que je m’indiffère de telles choses.

J’ai l’espoir ne pas être la seule à avoir un contact avec la nature et avec la vie végétale mais avoir cela ne signifie pas ce battre pour cela. Je pense sincèrement pouvoir représenter la nature et je crois que, parce qu’il est dans le principe même de nature que les choses forment un tout, nos actions sont complémentaires. Si le monstre des marais trouve que je ne suis une menace pour la nature, alors même qu’il ne c’est jamais revendiqué de la vie végétale, il n’a qu’à venir me parler. Les choses fonctionnent dans les deux sens, comme bien souvent.

Mon arrogance laisse penser au court-terme, je ne peux que le concéder ; je préfère passer par l’intelligence pour le long-terme. Quand à être la seule réponse à tous les maux, c’est une ineptie. J’ai fait le choix de ceux pour lesquels je peux agir et j’agis, tout simplement. Je force les choses car c’est ainsi que l’on arrive rapidement aux changements, je ne tolère pas les massacres car j’accorde de la valeur à des êtres qui ne sont autrement traités que comme du matériau, je ne condamne pas ma cause car je me condamne moi dans sa réussite.

J’ai déjà dit que je n’étais pas seule, me citer afin que je ne le répète pas est une bonne chose puisque m’épargne l’effort de le refaire. Néanmoins, il est véritable que cette « aparté » peut être déclamé par notre de personnes pour se justifier de nombre de choses, je ne l’avais pas vu ainsi. Ces gens y croient-ils comme je le fais ou n’est-ce là que message comme Wonder Woman aime à en parler ? Je l’ignore. Je m’en moque. Je crois en ce que je dis, je le ressens et ce n’est pas une maladie mentale telle qu’on me l’a diagnostiquée. J’en suis persuadée.

A la fin, vous me laissez l’occasion de répondre. Je crois réellement à mon discourt et, si je doute sur ma capacité à l’accomplir, je ferais de mon mieux. Je comprends à présent votre attachement à faire passer des messages : la Justice League a réussi à faire passer les siens de manière à ce que les choses s’améliorent grâce à l’effort de tous et non exclusivement au leur. Cela fait rêver… mais il est trop tard pour moi. Le Wakanda ou vous-même ne pourrez jamais me faire confiance car, comme vous l’avez dit, je ne peux pas aller plus loin que la trahison et les maux « partout ».

Entourée d’une nature toujours grandissante, je prends confiance en moi. Un peu trop même. Je crains que cela ne fasse cliché de monologuer longuement mais je vais le faire. Après tout, dans les messages qui ressortiront de ce qui ce passe aujourd’hui, je serais la méchante.

Sans protecteurs, la forêt et les communautés indigènes ne seront jamais laissés en paix ; je suis lucide sur les actions humaines. Je ne pourrais éternellement rester ici et, même si les ONG contre la déforestation interviendront en soutien des mouvements de contestation que j’ai déclenché chez les locaux, il viendra un moment où la violence des hommes consumera de nouveau la forêt. Mes enfants pourront la défendre contre les humains mais pas contre les surhumains ; seuls les surhumains le pourront. Dans mon idée première, je devais convertir les super-héros qui seraient envoyés contre moi afin qu’ils puissent prendre la défense de ma cause après mon départ. Avec une telle ligue prête à se défendre par la violence et la certitude que je ne menaçais pas leurs souverainetés, les états auraient finis par concéder la protection de la forêt voir des communautés sur le long terme. Mais après avoir discuté avec vous, je crois voir une meilleure option.

Je sens les caresses des fougères alors que je m’avance vers Wonder Woman, la forêt continuant de s’étendre autour de nous et les hommes de douter, Aman entreprenant de leur parler d’une chose que j’ignore.

Vous allez me vaincre. Cela n’affectera en rien les mouvements de contestation que j’ai déclenché ni les modifications que j’ai apportée à la forêt pour qu’elle puisse se défendre mais, afin d’éviter la violence et la mort, vous pourrez saisir l’occasion pour faire valoir votre efficacité à gérer les conséquences de mes actions. Mes détracteurs ne pourront pas vous contester cette capacité à avoir vaincue ma dangerosité et le Wakanda sera libre d’importer ses technologies afin de créer la symbiose entre la forêt et les humains pour laquelle vous déclarez qu’il se bat également. La forêt sera rapidement protégée et la reconnaissance de cette protection se fera en évitant les confrontations violentes entre les différents partis. Toute la région se trouvera améliorée pour nos deux peuples. La véritable difficulté est de m’assurer que vous le fassiez et que votre message ne soit pas vaines paroles.

Diana de Themyscira veut aider ma cause, en voici l’occasion. A moi de dire si je crois réellement à mon discourt ou si je crois uniquement en moi. Je crois en mon discourt. Je crois en moi mais je sais que je ne peux l’accomplir seule. Et je ne connais qu’un moyen de croire dans les autres.

Je sais que les questions, lorsqu’elles attendent une véritable réponse, apportent des problèmes. Mais, n’étant certaine de pouvoir vous le forcer, je voudrai savoir si vous m’accorderiez un baiser ?

Je suppose bien que non ; cela a fonctionné sur Aman mais je ne crois pas que cela fonctionnera sur Diana. J’ignore si mes phéromones fonctionneront sur elle également. Mais je n’ai pas d’alternative à essayer.

Je déteste cette partie. Je déteste cette partie où les troncs environnants vont ployer pour attirer l’attention de Wonder Woman vers les hauteurs et la menace qu’ils semblent représenter. Je déteste cette partie où les racines, parfois hautes comme des hommes adultes, vont s’échapper de terre afin de faucher les jambes puis de chercher une constriction des membres de mon adversaire autour de son corps. Je déteste cette partie où je vais projeter sur elle des tentacules de mon symbiote végétal imbibées de ma sueur et de toxines influençant la production de ses hormones pour l’anesthésier au contact tout en reculant afin d’éviter un coup probablement mortel. Je déteste cette partie car mes enfants vont souffrir pour ma cause. Elle est malheureusement nécessaire.

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Re: Le grand bassin

Message  Diana De Themyscira le Ven 14 Oct 2016 - 1:04


    L’être humain avait une grande bonté, ils pouvaient tant faire pour les autres ou pour des causes d’une grande noblesse. Plusieurs hommes et femmes avaient combattu contre un régime opprimant l’être humain à chaque siècle. Les avancées, tant dans la cause pour les homosexuels, pour les minorités visibles ou pour les mutants, n’avaient pas attendu un leader charismatique pour avancer. Les populations avaient décidé de changer leurs sociétés et leurs leaders avaient souvent suivi pour travailler avec les autres. Au cours des soixante dernières années, l’être humain avait décidé de changer sa perception pour une positivité. Il était dans la certitude de plusieurs que parfois les causes n’avançaient, mais c’était de cette manière que l’être humain était une exception. Leurs génies et leurs créativités avaient permis une grande évolution que les Dieux et les Déesses n’avaient pas eue. Pour certains, la Ligue des Justiciers avait été une création de plusieurs surhumains qui recherchaient la protection globale, mais pour la princesse des Amazones, c’était différent.

    La Ligue des Justiciers était le résultat d’une somme de travail du pourquoi les humains avaient une si grande bonté. Poison Ivy pouvait avoir des principes merveilleux, elle pouvait avoir un contact unique avec la nature, elle avait peut-être raison sur quelques points, mais ses actions trahissaient l’évolution possible dans la société actuelle. Victor Von Doom parlait beaucoup de démocratie ou de société libre, mais l’envers du décor ne laissait rien à envier de ce sadisme politique. La Famille Al Ghul et Maximoff avaient même un sens de la justice plus poussée, mais leurs actions semblaient se limiter pour éviter de retrouver la vision d’un terrorisme violent, gratuit et aveugle.

    L’Afrique était un continent si riche, il était malheureux de le percevoir comme une pauvreté quand les possibilités pouvaient être si riches. Les évolutions de la société changeaient malgré les guerres et il fallait parfois entreprendre des changements par d’autres manœuvres. Le Wakanda et la Confrérie changeaient le continent entier en arrêtant parfois des guerres, et en offrant souvent des alternatives viables aux mercenaires, aux compagnies ou aux gouvernements. Il était ainsi dommage de condamner de telles avancées pour des préjugés venant du nihilisme et d’une noirceur des idées humaines.

    Là où les moralités devraient être un exemple pour faire les avancées, certains groupes ou individus cherchaient à forcer le terrain, à place de réfléchir aux possibles conséquences de leurs gestes, ils fonçaient vers une idéologie pouvant résulter souvent aux conséquences au long-terme. Hélas, Ivy semblait avoir déjà fait un trait sur les possibilités d’une union avec les autres groupes. Se profanant dans sa vision, elle ne pouvait que se résoudre à victimiser sa position devant les nouvelles possibilités autour d’elle.


    « Ton aveuglément personnel ne laisse aucune chance à ce que tu veux défendre. Je te laisse une chance et tu décides déjà de te condamner? Je me suis remise en question souvent dans mon existence et je te demande pour une fois de te remettre en question pour ce que tu recherches vraiment. Les conséquences risquent de détruire la vie végétale et la vie des êtres humains, si des ennemis décident d’en vouloir plus. Je te propose de faire quelque chose au long terme, mais tu préfères choisir celui de l’esclavage à place d’évoluer dans ce monde… »

    Diana resta encore pacifique, mais les discours d’Ivy laissaient Diana songeuse à aller dans un chemin plus respectable pour ses buts. Jamais était souvent un mot à tort, utiliser surtout pour des maux difficiles. C’était une devise simple pour éviter les réalités du changement, usant ce mot pour essayer de décrire la nature humaine ou l’ordre des choses. La suite des idées laissait Diana encore plus confuse : Ivy ne voulait pas uniquement esclavager la nature ou l’humain, mais aussi les métahumains pour avoir une facilité de défense.


    « Je n’ai jamais entendu un plan aussi stupide. Tu ne vois pas comment tu travestis tes valeurs pour essayer de reconstruire ton monde à ta manière? Tu crois vraiment que le Wakanda et la Somalie vont laisser des métahumains se faire contrôler par toi? Ivy, tu ne connais pas ce qu’il se passe et ce que tu proposes, risque plus de provoquer une guerre que de créer une paix et surtout un respect envers la vie végétale. »

    Ivy était en train de s’aventurer vers Diana pour parler de son plan. Ces logiques suivaient et l’Amazone espérait qu’Ivy se ravise pour éviter un conflit au long terme. L’écologiste parlait même de faire intervenir le Wakanda pour éviter une descente en enfer, mais elle ne pensait pas que ces actions engendrées pouvaient faire reculer beaucoup la région. Le Wakanda n’était pas un peuple impérialiste, et il fallait simplement connaître l’Histoire du Congo pour savoir que cette région n’aimait pas voir des puissances extérieures, interagir dans leurs affaires.

    Au lieu de laisser une chance, Ivy avait décidé de se condamner. La violence était la solution pour l’écologiste à place de laisser une chance. Diana de Themyscira avait attendu à la provocation pour sortir les armes. Deux de ses poings avait touché brutalement le sol pour créer une secousse de puissance faisant reculer toute personne autour d’elle. S’envolant rapidement, elle avait sorti son glaive pour couper des plantes qui essayaient de l’attraper. Au moins, Ivy pouvait se compter chanceuse, bien d’autres, seraient partis arracher directement les racines pour en finir avec le danger.

    Cependant, Diana était en désavantage. Après quelques défensives, l’Amazone ne pouvait pas continuer autant. Elle pouvait endurer des heures, mais il suffisait qu’Ivy arrête pour que toutes les plantes arrêtent. La princesse des Amazones fonçait sans attentes vers l’écologiste pour la prendre d’une main sur sa nuque et la glaive proche du visage de la femme verte quelques mètres loin du sol.


    « Je ne vais pas te le demander une seconde fois. Arrête cette folie et disc… »

    Diana de Themyscira pouvait se débattre, mais après un temps, les plantes avaient réussi à bloquer ses jambes et commencés à monter sur ses bras. Elle avait coupé une plante voulant bloquer sa mobilité, mais il était trop tard quand elle revenait son épée au visage d’Ivy. Elle ne pouvait pas la tuer, ce qui l’empêchait d’avoir un avantage contre elle. Les branches avaient parcouru le reste de ses membres et ceux-ci venaient d’envoyer Diana vers le sol pour libérer leur maitresse.

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Re: Le grand bassin

Message  Ivy P. Isley le Mer 19 Oct 2016 - 15:16


L’aveuglement à la réalité, cela fait parti de la folie je crois ; je ne crois pas plus être folle qu’être aveugle. Et je cherche la chance à ce que je veux défendre. Pas à moi. Plus à moi. Je me condamne, oui. Mille fois oui. C’est la nature que je veux sauver non ma personne. Mourir en accomplissant ce que je cherche à faire ne me gène pas, je crois même quelque part que ce serait un soulagement. Je ne veux pas détruire la vie végétale ou la vie humaine et c’est pour cela que j’ai adoptée l’alternative que Diana de Themyscira rend possible, non celle qu’elle offrait mais une autre grandement similaire. Wonder Woman fera quelque chose au long terme, oui, non par esclavage mais par tromperie. Je ne veux plus évoluer dans le monde des humains mais je peux laisser d’autres le faire évoluer pour moi.

Je ne vois pas en quoi je travesti mes valeurs mais assume parfaitement chercher à reconstruire un monde à ma manière afin qu’il soit plus juste et sur pour les plantes en nuisant le moins possible aux humains, voir en améliorant leurs conditions de vie. Mes utilisations des rapports de force sont peut-être problématique mais je ne cherche pas à éviter les problèmes, je cherche à ce qu’ils soient constructifs. J’ignore ce que vient faire la Somalie dans cette discussion mais je ne pense pas que le Wakanda ne laisse des surhumains prendre le parti de défendre la forêt alors qu’il prétend vouloir l’aider me fait m’interroger sur son objectif réel. Oh, je comprends bien qu’avoir une éco-terroriste au contrôle de la région poserait problème mais là n’a jamais été mon objectif. La guerre est déjà entrain d’arriver quand les briseurs de grève viendront et ce n’est pas le Wakanda qui défendra les ouvriers contre le Congo-Kinshasa et les firmes étrangères à moins que Diana ait raison et que je réussisse à la jouer extrêmement fine.

La réaction de Diana à la diversion des arbres n’est pas celle escomptée et le choc sismique me fait m’écrouler à terre. Les racines tangent et s’élancent à la poursuite de la déesse pour finir déchiquetées par son épée. Je sens la douleur alors que je me relève, serrant les dents et tournant le regard vers cette figure angélique dont l’auréole de lumière disparait sous la canopée. Mon symbiote s’en joint au combat, des tentacules poussant depuis mon corps vers Wonder Woman afin de l’empoisonner et de faciliter le travaille des plantes plus fortes. Nous sommes en orée d’une forêt primaire, l’un des trois lieux de ce monde où mes appels à la nature sont les plus puissants, et c’est toujours plus de végétaux qui se mêlent à la tentative de saisie. Racines et branches, lianes et arbres… le monde végétal ce dresse pour me protéger et pour m’aider. Les animaux que sont les humains témoins de cela trembles de peur, s’enfuyant ou criant, mais  je n’entends pas réellement la voix d’Aman alors qu’il est l’un des seuls à s’approcher malgré le danger et l’incessante étreinte de la forêt s’opposant toujours au tranchant de fer de l’Humanité.

Les branches explosent et les lianes se déchirent alors que l’Amazone fond sur moi alors que mon corps se tend sous la sensation de douleur. Mon corps est supérieur aux possibilités humaines mais je n’ai pas réellement le temps de bouger que je sens sa main sur ma nuque et mes yeux s’écarquillent face au glaive dont la pointe s’apprête à me mordre le visage. La peur succède à la surprise puis je ferme simplement les paupières alors que tout semble se ralentir alors qu’on s’élève loin du sol ; Diana qui m’intime d’arrêter, Aman qui crie mon nom, la forêt qui crisse et se referme sur nous. Rien de tout cela n’arrive à son terme. Wonder Woman aurait pu gagner mais elle a commise une erreur : elle m’a touchée.

L’anesthésiant que je sécrète est environ cent fois plus concentré que celui qui serait efficient sur un humain et, s’il ne suffit pas à bloquer l’Amazone de part sa constitution encore supérieure, je crois qu’il l’affaiblit. Elle s’est protégée de mon symbiote mais est entrée en contact avec ma peau, laquelle est toute aussi ruisselante de sueur anesthésique et celle-ci s’infiltre dans la sienne de peau pour être portée par son système sanguin accéléré par l’adrénaline de la confrontation. Chaque instant de contact est aussi dangereux pour moi que pour elle et les plantes l’entravent d’autant plus. Sa constitution est si titanesque qu’elle bouge encore mais la coupure qu’elle inflige pour se désengorger le bras est tout simplement la dernière qu’elle infligera à la forêt aujourd’hui.

Je rouvre les paupières pour fixer Diana de Themyscira dans les yeux, m’attardant sur ses iris afin de les détailler. La croyance voulait que les yeux soient les fenêtres de l’âme et ceux de l’Amazone sont purs même en cet instant, même alors que le reste de son corps se plisse sous l’effort et qu’elle se retient de mettre fin à ma vie. Alors que sa main est éloignée de ma nuque par la végétation qui lui parcourt toujours plus les membres afin de l’immobiliser, ma main est levée pour que je passe mes doigts sur sa mâchoire et sa joue alors que la végétation tout en s’en vient me soutenir, une racine se plaçant sous mes pieds. Wonder Woman me croit seule et folle de penser que je ne le suis pas car j’ai la nature avec moi mais à présent c’est elle qui est seule ; je plisse les lèvres et baisse les paupières, attristée. Je ne connais que trop bien la solitude et l’impuissance mais, comme les douleurs que les plantes guérissent rapidement, elles sont malheureusement nécessaires. Je déteste cette partie et je crois que, lorsque je l’accomplie, je me déteste moi-même.

Je sursaute lorsque Wonder Woman est violemment ramenée contre le sol, restant interdite un instant à la fixer avant de libérer un simple mot.

Calme !

L’ordre, sec et concis, est obéit dans l’instant. Loin de relâcher leurs étreintes, les végétaux s’immobilisent et l’agitation de la forêt se fige. Seul mon symbiote continue d’agir, rapprochant ses excroissances de moi afin qu’elles s’enroulent autour de mon corps et de mes membres, puis je suis l’exemple de cette partie de moi en reprenant la parole.

On se calme. Je peux sentir vos peines mais vos blessures seront vite guéries, croyez-moi. Et je vais bien, vous m’avez protégée.

Alors que la racine s’en descend posément jusqu’au sol, je me concentre à guérir les entailles et les découpent faites aux végétaux afin qu’ils soient de nouveau en pleine santé, cicatrisant et repoussant. C’est un certain soulagement et ceux n’étant pas impliqués dans le maintient de l’Amazone s’en retournent à leurs places, recréant la quiétude millénaire d’une forêt primaire. Quiétude que l’on perturbe, malheureusement.

De nouveau les pieds sur la terre retournée et labourée, je tourne la tête vers Aman qui est bien plus essoufflé que moi. Je m’autorise un sourire avant de me détourner de lui pour avancer vers ma prisonnière. Racines et lianes l’enserrent toujours, la maintenant prisonnière contre un sol rapidement recouvert de végétation à mon avance, et je finis simplement par m’installer à califourchon à niveau de son ventre. Me penchant en avant, je détaille une nouvelle fois son regard, un fin sourire plissant mes lèvres.

Merci. Pour n’avoir cherché à déraciner d’arbre ou à blesser gravement des membres de mon peuple. Et désolée. Pour avoir du agir ainsi.

Courbant le dos, je me rapproche de son visage et y place mes mains de part et d’autres, mélangeant mes doigts aux plantes qui l’entourent et le maintienne. Je ne connais pas précisément la dose d’anesthésiant qu’il faudrait pour la neutraliser complètement, j’ignore même s’il y en a eue ou si c’est complètement inutile face à sa physionomie, mais tant qu’elle s’avère incapable de bouger et qu’elle ne souffre pas les choses me vont.

Vous avez raison, aucun groupe de sécurité ne me laissera contrôler des surhumains sur leur territoire. Aucun groupe de sécurité ne me laisserait même être en liberté sur leur territoire. Le Wakanda ne vous a pas envoyée me recruter, il vous a envoyé m’arrêter. Vous avez voulu m’offrir une chance de le rejoindre mais vous savez pertinemment que j’aurai cherché à manipuler ses membres afin de construire mon monde. Je l’ai déjà fait au Nouvel Eden et à Gotham.

Mon Nouvel Eden a brûlé dans les feux des Vengeurs. Gotham sera peut-être plus viable considérant les personnes impliquées et influencées.

Mon idée première est mauvaise, vous avez raison. Heureusement, elle n’est plus à l’ordre du jour. Je suis prête à me battre mais si je peux l’éviter, je le ferais. Avec votre aide, cela sera possible. Je suis le problème et vous êtes la solution ? D’accord. Voici ce que je peux vous proposer :

Ou bien je vous utilise comme otage afin de forcer un arrêt du massacre par aménagement du territoire de façon durable et radicale, impliquant que le Wakanda intervienne aussi ouvertement pour améliorer les conditions de vie des êtres humains et végétaux de la région qu’il le fait pour protéger les intérêts économiques en vous envoyant m’arrêter. C’est du chantage simple qui risque de voir des renforts venir à votre secours et de la violence se refaire, ce que je préfèrerais éviter.

Ou alors vous pouvez me vaincre et mettre en avant le fait que vous soyez apte à gérer les conséquences de mes actions. J’ai apportée à la forêt des moyens de se défendre et les hommes pourront essayer de les apprivoiser pour en tirer des bénéfices mutuels ou bien de les détruire à leurs risques et périls. Cela offrira une ouverture pour que les scientifiques et naturalistes du Wakanda puissent réaliser leur « vision bien plus positive de l’équilibre sur tout le continent » bien plus rapidement, accélérant ainsi les opérations déjà entreprises pour stabiliser la forêt de manière durable.

Courbant toujours plus l’échine, je rapproche d’autant plus mon visage de celui de Diana sans la quitter des yeux. Une fois nez à ne, de façon parfaitement intime, je conclus doucement.

Je sais que le taux général de déforestation dans le bassin du Congo est encore bas, si on le compare à des régions comme l'Amazonie et l’Indonésie, mais c’est la seule forêt primaire dans le monde où le taux annuel de déforestation légale est en hausse. La moitié de la déforestation annuelle des forêts tropicales de ce continent ce situe ici et les six états que la forêt couvre n’ont pas fait de plan d’action commun depuis plus de dix ans. Pire, l’année dernière le gouvernement du Congo-Kinshasa, où nous nous trouvons, a accordé trois licences d'exploitations forestières en violation du moratoire sur l'attribution de nouvelles concessions d'exploitation forestière industrielle datant de 2002. Je ne crois pas qu’ils chercheront réellement à améliorer les choses pour mon peuple car plus il va mal et plus ils vont bien. Vous avez confiance dans le Wakanda pour le faire ? Soit. Je ne connais qu’un seul moyen de vous faire confiance.

Mon nez glisse contre celui de Diana et mes lèvres s’apposent aux siennes afin de faire le baiser long et langoureux que je lui ai demandé. Ce n’est ni romantique ni même sensuel, c’est un transfert de fluides afin que les phéromones présentent dans ma salive sensibilisent l’Amazone à celles que je dégage dans ma simple odeur corporelle. J’ignore quelle dose faudrait-il afin que cela soit aussi efficace que sur un humain ainsi je maintiens l’embrassade longtemps, ne l’interrompant que lorsque j’ai besoin de respirer.

Je me redresse et inspire profondément, essuyant d’un pouce ma lèvre inférieure avant d’accorder de nouveau mon attention à Wonder Woman.

Allez-vous m’aider, Diana de Themyscira ?


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Re: Le grand bassin

Message  Diana De Themyscira le Sam 26 Nov 2016 - 1:53


    Un seul grognement sourd fut entendu quand les plantes avaient réussi à repousser la guerrière amazone au sol. Elle connaissait la défaite, ce n’était pas difficile de l’affronter, sa défaite lui faisait un mal d’âme par le facilité que l’empoisonneuse avait eu de la propulser au sol. Les plantes s’enroulaient autour d’elle, ses membres étaient complètement bloqués, elle lança quelques cris de rages devant cet affront. Diana de Themyscira avait le don d’une abnégation aveugle dans ces combats. Déçue par elle-même de sa défaite contre le couple Asgardien, elle était encore plus déçue par sa défaite contre la femme-plante. Elle se sentait oui faible, mais son mental refusa de concéder la victoire. Incapable de bouger physiquement, quelques secousses de sa tête furent stoppées plutôt rapidement par l’immobilisation de la nature. Elle lâcha un premier appel envers Héra dans cette position.

    Pamela faisait son travail, victorieuse et insouciante pour réparer les dommages engendrés par l’Amazone, mais la princesse refusa de concéder encore une victoire malgré les secondes qui passaient et les plantes qui venaient encore s’enrouler autour d’elle pour stopper toute agressivité. Physiquement, après quelques secondes, les mouvements physiques étaient pratiquement impossibles. Elle pouvait peut-être bouger quelques doigts, mais cela serait complètement impertinent devant cette force du milieu naturel de la criminelle.

    Rageant encore intérieurement de cette défaite, elle se souvenait des commentaires de son ami John Stewart de se retenir trop souvent contre ces adversaires. Elle avait tué, et son regret restera éternellement, mais la première lanterne verte lui rappela souvent que ces ennemis n’hésitaient pas à utiliser les grands moyens pour la faire tomber. Il avait hélas raison, les principes de l’amazone le remportaient trop souvent des coups qu’elle pouvait donner ou des actions dans le but de faire échouer les opérations ennemis.

    Poison Ivy profita de cette occasion pour faire tomber l’amazone. Plusieurs de ses ennemis avaient aussi profité de la même opportunité que l’empoisonneuse pour cet acte. Par cette faute, son étudiant de la Ligue des Justiciers fut tué par Michael Williams et Gorgone, déterminant peut-être qu’ils ne méritaient pas la même retenue que contre les autres ennemis. Elle avait toujours voulu essayer de raisonner Barbara à sa transformation en Cheetah, malgré ce que tous les anciens membres de la Ligue pouvaient dire, pour Diana, la féline restera toujours son amie.

    Maintenue par les racines, Pamela prenait plaisir à regarder Diana qui possédait un regard de rage devant cet emprisonnement. Son remerciement pour sa retenue naturelle la faisait plutôt mettre en colère que l’aider vraiment.


    « Ton hypocrisie me fait plutôt regretter de combattre avec autant de retenue. »

    La colère était en train de parler à place du pragmatisme. Prenant son visage, Diana essaya de résister en vain à cause du poison de la dame verte. Quelques mots furent ajouter, où encore l’ignorance venait de travailler pour elle. Toute la non-violence avait donc passé dans le vide ou quoi? Par Héra, comment être aussi idéaliste et hypocrite à la fois? Pamela représenta peut-être beaucoup plus l’humanité que la vie végétale, par ses détournements et ses oublis.

    « Est-ce que j’ai parlé dans le vide plus tôt? Je le crains. Je ne suis pas venue t’arrêter ou te recruter, je suis venue te raisonner pour réellement aider ta cause.  »


    Diana de Themyscira avait encore de la rage dans ses yeux, imprégnée par une frustration d’être toujours contrôler, mais elle pouvait articuler des mots encore. La princesse des amazones lança un petit rire, malgré sa position, à l’idée de la tenir en otage pour convaincre les autres de suivre sa raison. Encore une fois, elle était déconnectée par les systèmes qui l’entouraient. La princesse n’écouta pas réellement l’autre suggestion, essayant toujours de se démêler des racines et des lianes.

    Pamela Isley s’approcha de plus en plus vers le visage de Diana, et comme à son habitude, elle essaya de donner un coup de tête vers l’écologiste, mais la résistance était futile. Désintéressée par les discours technique et sans intérêt de la dame verte, elle lança un lourd soupire devant de telles idioties. Est-ce que celle-ci était réellement consciente comment elle était totalement déconnectée par les différents systèmes de l’Afrique? Hélas oui, elle semblait plutôt lire les actualités idiotes ou les articles du fameux internet qu’écouter les alternatives possibles offertes par la princesse.

    Mais il était trop tard pour que Diana lui réponde, Pamela commença à l’embrasser comme cette empoisonneuse pouvait faire aux hommes. L’amazone avait bien essayé de bouger, il était cependant trop tard pour une résistance directe. Elle donna toute son énergie pour essayer de sortir des racines, mais Ivy pouvait ressentir après la petite secousse, une faiblesse de l’amazone, une facilité à son baiser à place des mouvements saccadés que l’Amazone pouvait offrir. Poison Ivy ne pouvait que voir, durant son redressement, une Diana qui semblait au bout de son souffle et complètement épuisée, presque en train de dormir les yeux fermés.

    Les yeux de l’amazone s’étaient ouverts durant la question de la femme verte, ayant toujours avec colère, mais avec une fatigue dans ses yeux. Elle résista encore, mais Ivy pouvait très bien voir que la violence était bien moins importante dans les mouvements de l’amazone que précédemment.


    « J’aime mieux être tuer que te servir de cette façon. Tu me désoles en tant qu’être, j’étais honnête avec toi, je cherche vraiment à t’aider et à aider cette forêt, mais que me fais-tu? Tu veux m’utiliser comme pantin, comme outil à place de considérer vraiment ma position. Tu veux me détruire pour toi et pour tes intérêts personnels. Non, tu ne te bats plus pour ces plantes, tu les obliges de te suivre aveuglément comme une sectaire cherchant être la raison suprême. Alors, non, je ne vais pas t’aider, tu feras mieux de me tuer immédiatement que de continuer ainsi. »


    Moins de forces, moins de combattivités et moins d’orgueils pouvaient se faire entendre par ce discours, bien que cette obstination pouvait paraître moins convaincante, son mental restera combattif. Il existait beaucoup plus de chances de la voir s’endormir que donner un crédit supplémentaire à son ennemie. Diana allait certainement souffrir par son orgueil et cette force d’amazone. Sa résistance physique pouvait l’aider, mais elle était l’une des membres de la Justice League qui avait toujours refusé de rester au sol durant les combats. Mentalement, elle allait toujours résister aux tentatives, il faudrait bien plus pour la faire craquer. Elle se débattait encore légèrement dans les racines, mais Ivy pouvait bien voir qu’elle était en perte d’énergie presque totale.

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